jeudi 24 janvier - par Dr. salem alketbi

La Stratégie des Etats-Unis au Moyen Orient a-t-elle Changé ?

JPEG

Le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo, a prononcé à l’Université américaine du Caire (AUC), un discours important dans lequel il a présenté la stratégie de l’administration du président Donald Trump au Moyen-Orient. Le discours a présenté la politique étrangère des États-Unis pour la prochaine phase.

Pompeo a souligné que son pays continuerait à coopérer avec ses alliés par le biais de la « diplomatie » pour expulser les milices iraniennes du territoire syrien. Il a cité "l'aventurisme agressif du régime iranien" comme raison de l'engagement des États-Unis à soutenir la suprématie militaire d'Israël.

Pompeo a également déclaré que les Etats-Unis s'engageaient à lutter contre le terrorisme, malgré leur retrait de la Syrie, faisant écho à ce que le président Trump avait déclaré lors de sa visite à Noël des forces américaines en Irak. Trump avait fait remarquer que la présence militaire américaine en Irak remplissait les fonctions de retrait des forces américaines de Syrie si nécessaire. En d'autres termes, les États-Unis peuvent lancer des frappes aériennes contre le terrorisme depuis le territoire irakien.

Pompeo a laissé entendre que Trump pourrait ordonner de nouvelles frappes de missiles contre l'armée syrienne au cas où elle utiliserait à nouveau des armes chimiques. « Il est prêt à recommencer, bien que nous espérions qu'il n’aura pas à le faire. » Il est clair que le gouvernement Trump est déterminé à dissuader Daech autant qu'il est déterminé à se retirer de la Syrie.

Dans un geste diplomatique intelligent, le secrétaire d'État a utilisé le retrait des troupes de Syrie comme une carte de pression sur l'Iran, rappelant que « l'Amérique a toujours été et sera toujours une force libératrice, et non une puissance occupante. Pouvez-vous en dire autant de l'Iran ?

Peut-être les États-Unis veulent-ils utiliser la carte de légitimité pour faire pression sur l'Iran, cherchant une résolution de l'ONU qui considère la présence militaire de l'Iran en Syrie comme une « puissance occupante ». Cette partie-là soulève toutefois des questions sur la présence militaire russe et turque en Syrie.

Pompeo avait probablement l'intention d'envoyer également un message implicite à la Russie et à la Turquie. Washington veut qualifier toute présence militaire étrangère en Syrie en tant que « puissance occupante ». Cette carte de pression diplomatique peut sembler forte, mais les intérêts imbriqués des Etats-Unis, de la Russie et de la Turquie en Syrie et la présence militaire comparable des Etats-Unis à l'Irak la rendent moins efficace.

Le Secrétaire d'État américain a affirmé que l'Iran élargissait la portée géographique de sa menace militaire. Pompeo a souligné que « le travail pour réduire les ambitions meurtrières du régime ne se limite pas au Moyen-Orient », appelant tous les pays à coopérer pour contrer l'expansionnisme iranien.

Le message était probablement pour l'UE, qui a une façon différente de traiter le projet expansionniste iranien. L'UE et les États-Unis sont en profond désaccord sur l'accord nucléaire iranien. Depuis que l'administration Trump a été la première et la seule partie à se retirer à ce jour, l'UE a doublé ses efforts pour éviter que le contrat ne s'effondre.

Pompeo a également averti le Hezbollah libanais que les Etats-Unis ne laisseraient pas son statut militaire se maintenir, en particulier en ce qui concerne le déploiement par le Hezbollah de roquettes visant directement Israël.

Pompeo a proposé des mécanismes pour la mise en œuvre des objectifs stratégiques mentionnés dans son discours, notamment la création d'une coalition réunissant les États-Unis, les pays du CCG, l'Égypte et la Jordanie. Son appel aux pays du Moyen-Orient pour qu'ils dépassent les « vieilles rivalités » et affrontent l'Iran montre le désir des États-Unis d'instaurer une paix globale entre les pays arabes et Israël, afin que Tel-Aviv s'engage dans des efforts pour traiter avec l'Iran.

Dans l'ensemble, Pompeo n’a rien ajouté à ce que le gouvernement Trump avait annoncé précédemment et à ce qui avait été dit lors de réunions tenues entre des responsables américains et leurs homologues du Moyen-Orient au cours des derniers mois, mais son discours était une déclaration officielle de l'ère de la construction d'un Alliance dirigée par les États-Unis pour faire face à l'Iran.

Le discours de Pompeo a souligné une nouvelle stratégie américaine au Moyen-Orient - associant tous les pays de la région à un effort visant à contrecarrer le projet expansionniste de l'Iran - sans toutefois établir de lien avec le recours à la diplomatie pour débarrasser la Syrie de la milice iranienne et la coalition envisagée, ni mentionner quoi que ce soit sur la façon d'atteindre les objectifs fixés.

L’essentiel de son discours est que le gouvernement Trump prend la menace iranienne au sérieux et s’engage à la contrer en collaborant avec ses alliés au Moyen-Orient, le président Trump faisant passer la politique étrangère des États-Unis de l’unilatéralisme à la responsabilité de toutes les parties pour leur propre sécurité.

La différence entre Trump et son prédécesseur, Obama, est que le président actuel ne veut pas imposer de fardeau matériel ou militaire aux États-Unis pour défendre leurs alliés, privilégiant le leadership par derrière.

Dans la doctrine Trump, chacun devrait assumer les coûts financiers et humains de tout nouveau plan, bien que réaliser de tels plans ne soit pas dans l'intérêt exclusif des alliés, mais aussi dans l'intérêt stratégique des Etats-Unis, compte tenu de l'importance de la région du Golfe et du Moyen-Orient pour l’administration américaine.



8 réactions


  • sls0 sls0 24 janvier 19:06

    Pompeo et l’auteur feraient bien de relire la charte de l’ONU avant de sortir autant d’âneries


  • phan 24 janvier 20:42
    Pour défendre sa décision de retirer les troupes américaines de Syrie, le locataire de la Maison-Blanche a déclaré que son pays luttait contre Daech au profit de la Russie, de l’Iran et d’autres États, relate le Washington Examiner. Il a également souligné que Washington avait « fait une grande faveur » au Président Bachar el-Assad.
    Il ne reste que la fuite en avant par des activités criminelles du Boucher corrompu de Tel Aviv après la guerre d’un jour à Gaza et la démission du videur de boîte de nuit Avigor Lieberman (« victoire pour Gaza, qui a réussi, par sa résistance, à ébranler la scène politique » israélienne (14/11/18)).

  • Massada Massada 25 janvier 08:03

    Le représentant du guide suprême iranien auprès des Forces Al-Qods, Ali Shirazi, a prévenu que Téhéran pourrait bien « détruire Israël ».
     

    Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a conseillé très ironiquement le chef militaire iranien Qassem Soleimani d’examiner mercredi « l’état des bases iraniennes qu’il tente de mettre en place en Syrie ».
     
    21 personnes ont été tuées dans la nuit de dimanche à lundi lors d’une riposte aérienne israélienne en Syrie, dont 12 membres appartenant au corps des Gardiens de la révolution islamique.


  • Massada Massada 25 janvier 08:08

    Comment l’Iran est tombé dans le piège d’Israël ?
     
    Tout comme en mai dernier, Tsahal a fait réagir les Iraniens en Syrie selon un plan bien défini de façon à supprimer leurs installations militaires.
     
    Dimanche, tout comme lors de la première attaque en mai, l’armée de l’air israélienne a frappé la région. Les Iraniens, tout comme lors de la première attaque de mai, ont été poussés à réagir de manière anticipée en lançant leur missile sur le mont Hermon.
     
    Israël avait prédit cette réaction et avait mis en place une batterie dôme de fer permettant d’abattre la roquette. Il a également utilisé cette attaque comme une occasion de “vengeance”.
     
    Des avions de combat des Forces de défense israéliennes ont frappé lundi, avant l’aube, des cibles militaires iraniennes et syriennes, des batteries de défense antiaérienne et des personnels des forces Qods, visant des cibles militaires appartenant à la force Qods iranienne en Syrie, notamment des sites de stockage d’armes, un site situé à l’aéroport international de Damas, un site de renseignement iranien et un camp d’entraînement iranien.


  • phan 25 janvier 09:10
    L’aide américaine a octroyé 38 milliards de dollars d’aide militaire à Israël sur 10 ans. Pendant ce temps, des fonctionnaires aux États-Unis contraints aux banques alimentaires après un mois de shutdown.
    Le représentant de la Syrie à l’Onu Bachar al-Jaafari : la Syrie est en droit de bombarder l’aéroport de Tel Aviv.
    Montez une cagnotte pour l’enterrement des Motherfuckers anglo-sionistes !

    • Massada Massada 25 janvier 10:25

      @phan
       
      L’aide américaine à Israel fait vivre des milliers de travailleurs américains, puisque Israel achète aux industries américaines.
      De plus ces aides sont utilisées pour la recherche et développement en israel dont les retombées profitent aux USA.
       
       le shutdown est un problème interne du à la mauvaise foi et au blocage des démocrates.
       
       L’Iran et la Syrie menacent sans cesse mais sont incapables de mettre leurs menaces à exécution. L’Iran ferait mieux d’abandonner son reve ruineux de destruction d’Israel et se s’occuper de sa population. Idem pour la Syrie qui a un pays à reconstruire. Mais ils sont tellement idiots, qu’ils s’obstinent dans leur haine ruineuse et sans avenir


    • phan 26 janvier 10:02

      @Massada

      Cette aide militaire sert bel et bien à créer des colonies dans les territoires occupés. Les accords limitent l’usage de l’équipement militaire américain comme strictement défensif : les Israéliens l’utilisent pour des activités criminelles à l’export.
      L’aide militaire américaine en direction d’Israël correspond à une véritable subvention de l’appareil militaro-industriel israélien.
       L’Iran et la Syrie sont deux nations héroïques qui ont résisté et mené des victoires indéniables contre les agressions de l’empire wahhabo-anglo-sioniste.
       Malgré les attaques sous faux drapeau (JFK, Golfe du Tonkin, USS Liberty, 11 Septembre 2001 ...) ces cons d’Américains continuent d’être roulés dans la farine.

      Le Monde diplomatique a publié au mois de septembre un article à propos d’une enquête réalisée par la chaîne Al-Jazira, propriété du Qatar, sur l’action du lobby pro-israélien aux États-Unis. Orient XXI en a publié les versions arabe et anglaise. Ce documentaire, réalisé notamment grâce à un journaliste infiltré, devait être diffusé au début de l’année 2018. Il ne l’a finalement pas été, suite à un accord entre le gouvernement du Qatar et une partie du lobby pro-israélien qui a, en échange, accepté d’adopter une attitude neutre dans le conflit entre l’Arabie saoudite et le petit émirat. 
      Le lobby — USA - Première partie : La guerre secrète
      Le lobby USA  Orienter les élites (épisode 2)
      Le Lobby USA  épisode 3

      Tièdes durant la dernière présidence de M. Barack Obama, les relations entre l’Arabie saoudite et les États-Unis se sont réchauffées depuis l’entrée en fonctions de M. Donald Trump. Une amélioration surprenante quand on connaît la virulence des attaques de ce dernier contre la monarchie wahhabite avant son élection, mais qui doit beaucoup à l’efficacité du lobby américain prosaoudien.

  • Julyo Julyo 25 janvier 18:30

    Là,

    http://www.dedefensa.org/article/bolton-voyou-en-balade

    suivi par Pompéo...dont il est question dans l’article.

    Puis, comparer « là » et l’article.../ l’information.


Réagir