mardi 5 juin 2007 - par Marc Bruxman

La tragédie du droit d’auteur

Le débat sur les droits d’auteur ressemble de plus en plus à une tragédie grecque. Alors que les grands pontes du droit d’auteur rivalisent de propositions comme la riposte graduée, ils ne voient pas qu’une force plus puissante rend ces développements futiles. Le droit d’auteur est né avec l’imprimerie. Il mourra avec le numérique. Et le « peer to peer » n’y est pas pour grand-chose.

Jusqu’à une période récente, le droit d’auteur correspondait à une nécessité sociale. Cette nécessité sociale est née avec l’imprimerie (la plupart des pays ont découvert les droits d’auteur peu après) et s’est considérablement développée avec l’apparition du disque et des moyens de diffusion audiovisuels.

A cette époque, l’auteur était en effet dépendant d’une infrastructure lourde (l’imprimerie, la presse à disque) qui nécessitait de sa part un investissement important. Ainsi, tirer un livre pour répandre ses idées avait un prix important et l’auteur devait donc payer pour exercer son métier. Et ce, bien sûr, sans compter le temps, l’énergie et le coeur nécessaires pour réaliser son oeuvre.

Plus ce lien entre l’infrastructure et l’auteur a été en faveur de l’infrastructure, plus la notion de droit d’auteur avait du sens. Dans un premier temps pour l’auteur afin qu’il ait une chance de pouvoir recouvrir les frais engagés.

Mais très vite l’auteur ne pouvait plus payer lui-même sa propre diffusion, et on vit l’apparition d’une tierce personne : le producteur. Pour ce dernier, la création était un simple business et il lui fallait un maximum de garanties pour qu’il puisse investir les sommes énormes demandées par son métier. Et plus l’infrastructure s’alourdit, plus ces sommes augmentent. Ainsi l’apparition de la télévision et de la radio ont renforcé le droit d’auteur. De même, le marketing fait autour d’une oeuvre peut être considéré comme étant une part importante de l’infrastructure.

Ce processus a conduit à ce qu’une part de plus en plus importante du droit d’auteur soit attribuée non plus à l’auteur mais au producteur. Ainsi, lorsque vous achetez un disque, seulement 10% du montant revient aux artistes. Le reste est absorbé dans l’infrastructure.

Lorsque Internet apparaît, l’infrastructure devient une commodité et les artistes sont de nouveau en mesure de diffuser leurs oeuvres en se passant de leur producteur. Et cela change tout pour plusieurs raisons :

  • Si les artistes n’ont plus d’infrastructure à payer, ils ont également des besoins de financement bien moindres. Ainsi un musicien qui diffuse sa musique gratuitement pourra se contenter de ses concerts pour avoir une vie décente (à condition d’acquérir un peu de notoriété). Depuis l’an 2000, l’industrie du spectacle connait d’ailleurs un boom spectaculaire. Car une partie de l’argent que les gens ne mettent plus dans les disques, ils le mettent dans des spectacles. Or vivre un échange en direct avec les musiciens, ce n’est par définition pas piratable ! Et c’est ainsi que, des DJ aux groupes comme La Ruda Salska, de plus en plus d’artistes vivent avant tout de leurs spectacles ! Le disque devenant alors un moyen de promotion plus qu’une fin en soi.
  • La technologie offre de plus en plus de moyens qui aident le créateur et lui font gagner du temps. Que ce soit la création d’un morceau de musique ou l’écriture d’un livre, tout peut se faire plus vite grâce aux synthétiseurs, au traitement de texte...

Et surtout, il reste une constante spécifique à l’homme. Ce besoin de créer, de laisser une empreinte dans son présent. Donnez aux gens des guitares et ils joueront de la musique, donnez-leur des stylos et ils écriront. Parmi les auteurs de premiers romans, nombre d’entre eux ne le font que pour le plaisir d’être lu. Et plus que tout, ils espèrent la gloire. Peu ne le font que par simple souci commercial. Et beaucoup de créateurs professionnels finissent par regretter le temps ou ils rêvaient encore et faisaient de leur art leur idéal. Etre forcé d’écrire ou de créer pour vivre, cela peut devenir une prison lorsque l’on n’a momentanément plus rien à dire.

C’est ainsi que l’avénement du numérique a libéré les créateurs. En permettant à chacun de tenter sa chance sans avoir besoin d’un producteur. De plus, c’est bien ce besoin d’un producteur qui créait de la rareté sur les marchés de la création. S’il n’y a plus besoin de producteur, il y a abondance ! Et s’il y a abandance, devenir célébre dans le monde entier et le rester longtemps devient de plus en plus difficile. La conséquence, c’est le phénoméne de la longue traine décrit par Chris Anderson : Les consommateurs achètent de plus en plus les produits trés ciblés par rapport à ce qu’ils aiment et délaissent les "hits" formatés par l’industrie. Ce phénoméne est ravageur pour les producteur professionnels. Plus que le piratage, il mine les fondations de leur business model qui était justement basé sur les quelques hits planétaires qu’ils allaient produire. Non seulement il y a moins besoin d’infrastructure, mais posséder une telle infrastructure n’est même plus la garantie du succès.

Et le droit d’auteur dans tout ca ? Il a pris son essor avec l’irruption des infrastructures lourdes dans la création. Si ces infrastructures sont moins nécessaires, alors il sera sans cesse moins utile car les sommes d’argent à récolter pour faire vivre un artiste seront en forte baisse alors que l’audience potentielle atteindra des niveaux inégalés. Et ce n’est ni les DRM, ni la repression judiciaire qui viendront à bout de la longue traine ou qui obligeront les artistes à recourir à des modes de diffusion obsolètes.

Mais cela ne voue pas les auteurs à leur perte, il s’agit juste d’une crise passagère. Et comme la sagesse chinoise l’a remarqué, une crise est la conjonction en un même moment de dangers et d’opportunités. Danger car le monde de la création avec ses producteurs et ses studios avait un côté sécurisant pour ses participants une fois qu’ils étaient rentrés dans le circuit. Opportunité car de nombreux artistes n’auront plus à subir le diktat de leur studio et de leur maison de disque. Ils pourront créer les oeuvres qu’ils ont dans leur coeur. Le monde de la création redeviendra alors ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un moment d’échange entre un artiste et son public. Il est alors fort possible que certains artistes demandent des dons à leur public comme cela s’est fait pendant des siécles. Et nul doute que le public donnera volontiers lorsqu’une oeuvre lui aura procuré du bonheur. Les artistes qui sauront en bénéficier seront les grands gagnants de la crise de la création.

Le droit d’auteur est mort ! Vive la création !



32 réactions


  • jakback jakback 5 juin 2007 12:50

    Actuellement les droits d’auteur sont des rentes de situation, n’est ce pas Mr Eddy Mitchell farouche opposant au telechargement


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 5 juin 2007 16:29

      A l’auteur

      Le droit de propriété intellectuelle est clairement exprimé : L’auteur d’une oeuvre de l’esprit jouit sur cette oeuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous.

      Il est important de discerner les différentes facettes de la propriété intellectuelle : le droit moral, le droit d’auteur et les droits mécaniques. Le droit moral est inaliénable. Le droit d’auteur peut-être négocié. Les droits mécaniques sont les montant que les producteurs doivent payer aux auteurs pour pouvoir reproduire leurs œuvres.

      Voilà un débat intéressant. Il ne faut pas oublier les droits des réalisateurs et cinéastes qui revendiquent également d’avoir un droit de regard sur leurs oeuvres. Un distributeur pourrait-il refaire le montage d’un chef-d’oeuvre aux seules fins de le reproduire sur un DVD ? Essayons d’imaginer un instant un film d’Eiseinstein revisité par une entreprise de production de DVD.

      Au même titre, il ne viendrait à l’esprit de personne de retoucher une toile Gaughain pour satisfaire les exigences d’un éclairage de musée ou l’espace physique qui doit l’accueillir.

      Les moyens de reproduction massive que sont les téléchargements sur Internet font basculer, bien évidemment, toutes les règles établies en matière de protection des droits de propriété intellectuelle.

      Trop souvent hélas ! on ne voit que le côté mercantile de cette perversion des règles : la lutte aux majors américains. L’artiste est la victime oubliée de ces manoeuvres. Il faut dire que les multinationales américaines du droit d’auteur n’aident pas à apprivoiser le public avec le respect du droit moral d’une oeuvre. Le bâton a remplacé l’éducation. Malheureusement.

      Pierre R.

      Montréal (Québec)


    • finael finael 6 juin 2007 19:14

      Effectivement, il y a confusion, volontairement entretenue par les producteurs entre le prix à la consommation et le reversement à l’auteur d’une portion (10% est en fait le maximum, cela peut descendre à 5% voire moins) du prix de vente.

      Mais la confusion vient des producteurs qui prétendent défendre les « droits d’auteurs » alors que ce sont leurs bénéfices qu’ils défendent âprement.

      Petit détail : la seule exception au « droit d’auteur », en droit français, concerne les logiciels. Les informaticiens n’ont aucun droit sur leurs créations ou inventions. Bien sûr la majorité sont salariés d’une société, mais leur salaire n’a aucun rapport avec les bénéfices de la société. Mieux encore, si un informaticien invente (ou écrit) un logiciel, chez lui, avec son matériel, il ne pourra même pas revendiquer de droits d’auteurs car la cour estimera que c’est « en rapport avec son métier ».

      Et pour finir, comment se fait-il que l’on paie des « droits d’auteurs » sur les oeuvres de Mozart ?


  • Ploum 5 juin 2007 14:42

    L’analyse me semble en partie correcte, néanmoins prédire la mort du droit d’auteur me semble un peu exagéré, à mon sens il mutera pour prendre une forme plus adaptée.

    Actuellement on entend partout une litanie comme quoi c’est le piratage qui a rendu plus difficile le développement d’offres de téléchargement légal, c’est une idiotie sans nom. C’est la pauvreté des offres légales qui pousse au piratage, ou plus précisément leur forme, ce qui fut entre autre prouvé par une étude dans une université américaine : les étudiants avaient un accès gratuit à un site de téléchargement légal de fichiers avec DRM, mais l’inconfort de l’offre faisait que malgré la gratuité, ceux ci préféraient continuer à télécharger des fichiers libres illégalement.

    L’étau commence à se déssérer doucement, iTunes vient d’ouvrir son site sans DRMs avec les titres du label EMI, vendus un peu plus chers néanmoins 1$30 au lieu d’1$ je crois, mais c’est un très bon début. D’autres initiatives naissent ainsi un peu partout avec un succès certain, et elles me conduisent à penser que le piratage va reculer de lui même sans besoin de répression intense, les gens préférant malgré tout une solution légale, payante et souple à une solution illégale (y’a pas 10 millions de délinquants en France).

    Le monde du jeu vidéo a réussi en grande partie à contrer le piratage en modifiant son business model et en orientant son développement vers le multijoueur et le réseau, c’est maintenant à l’industrie musicale de réussir son passage à l’ère numérique.


    • Lapinator Lapinator 5 juin 2007 15:39

      Je suis très pessimiste sur l’avenir des site téléchargement « légal » ( je dirais plutôt commercial ), leur modèle économique est bancale.

      Je m’explique quand on regarde le coeur de métier de ces sites, c’est de dupliquer l’oeuvre et de le distribuer au consommateur, et il se paye sur la prestation de ce service. problème, n’importe qui équipé d’un ordinateur peut dupliqué une musique à l’infini, il n’y à donc plus de légitimité à fournir ce service. Idem pour ce qui est de la distribution au consommateur, n’importe qui équipé d’une connection internet peut distribuer l’oeuvre. En fait pour ces sites il ne reste plus qu’une seul légitimité, se sont les accords négocier avec les ayant droits, mais cette légitimé n’est qu’artificiel ( ne repose que sur le droits, mais sur rien de naturel ) et pouvant disparaitre à tous moment ( voir les cries d’horreur des sites commerciaux quand est apparue la licence globale ).

      bref pour moi les sites commerciaux sont de toutes façons condamnés au mieux à un succès relatif smiley au pire à un échec cuisant smiley

      Toutes les autres initiatives, riposte gradué, fermeture des site « pirate », chasse au P2P ... ne sont là que pour compensé l’inadéquation de ces site a internet.


    • Ploum 5 juin 2007 16:14

      Remarque pertinente, mais je ne partage pas votre pessimisme en la matière, voyant plutôt ces sites devenir plutôt un outil de promotion des artistes et de leurs concerts, et un concert c’est impiratable ça. Les artistes qui marchent le mieux sont ceux qui font salle comble et mouillent la chemise, c’est un fait incontestable et une tendance que je vois bien s’accentuer pour ma part.

      La plupart des gens fonctionnent en se réservant un budget loisir, s’ils économisent sur l’achat de titres, ils reporteront leur budget sur autrechose, donc ils seront plus enclins à s’offrir des places de concert pour leurs artistes préférés par exemple, ou bien à acheter des produits un peu plus aboutis comme des DVD bien packagés de concerts en live (effet collectionite et plaisir d’avoir un bel objet).

      Enfin bref je pense que c’est le schéma de l’album CD que l’on achetait car 2 titres sur 10 nous plaisaient qui va exploser, ce qui n’est pas un mal, et puis cela va encourager à plus de créativité et peut être un peu plus bouger certains artistes établis à se renouveler.


    • Lapinator Lapinator 5 juin 2007 17:12

      @Ploum

      Je vous rejoins sur le fait que c’est sites vont évolués, je les verrais bien en fournisseur de prestations pour artistes :

      * Information détaillés des artistes
      * Téléchargement gratuits de la musique ( pour faire découvrir )
      * Vente de CD/DVD de l’album
      * Vente de billet de concerts
      * Vente de Sonnerie téléphoniques
      * Forum Fan
      * ....

      Mais que ce soit par votre vision ou la mienne, il faut reconnaitre que le modèle actuel de la vente directe de la musique est complètement obsolete, et ne durera plus très longtemps. Il faut passé à autre chose


  • Bernard Allin Bernard Allin 5 juin 2007 19:13

    A propos du packaging standard des cd des années 90’, quelle honte ! Format pourri, impossible à ranger (la tranche est trop fine donc illisible), matériaux cheap et fragiles. Une sacrée régression par rapport aux 33 tours.

    Il y a de l’avenir pour l’objet « disque » en lui-même, indépendamment de son contenu. Beaucoup sont prêts à y mettre le prix, alors un peu d’imagination messieurs les éditeurs.


  • Gasty Gasty 5 juin 2007 19:20

    1- Le chanteur chante ses oeuvres

    2- Les spectateurs viennent écouter et rétribuer le chanteur.

    3- Le major veut enregistrer et vendre l’oeuvre du chanteur.

    4- Le chanteur se fait rétribuer ses droits sur les ventes du major.

    5- Le copieur ne vendant pas l’oeuvre du chanteur il ne doit rien au major.

    6- Le chanteur n’est pas content qu’on achète pas au major.... ? mais pourquoi donc ?


  • kesketudi kesketudi 5 juin 2007 20:16

    Les articles présents réduisent le droit d’auteur à la musique et fausse ce débat sur un principe d’ordre général. Les peintres, sculpteurs, plasticiens, cinéastes, poètes, romanciers, plasticiens, graphistes, illustrateurs, designers, stylistes, photographes, inventeurs et créateurs de toutes disciplines se condamneraient à l’extinction en acceptant l’utilisation, la transformation, le détournement de leur travail sans rémunération.

    Il s’agit là d’une nécessité de survie économique et plus encore d’un problème de simple respect. Longtemps encore copier, plagier, modifier, utiliser une œuvre intellectuelle sans les droits afférents sera considéré par le législateur comme de la contrefaçon.

    Photographe publicitaire mon travail fait connaître des produits, dope les ventes, fait gagner de l’argent à mon client direct : l’agence de pub et à son annonceur . Il n’est que justice que mes gains croissent en fonction de l’étendue dans le temps et dans l’espace de l’usage qu’il est fait de mes œuvres.

    Je ne vois aucune raison de confisquer ce droit indispensable à une catégorie particulière tel que les musiciens

    Non le copyright n’est pas mort.


    • Marc Bruxman 5 juin 2007 22:48

      «  »« Les articles présents réduisent le droit d’auteur à la musique et fausse ce débat sur un principe d’ordre général. Les peintres, sculpteurs, plasticiens, cinéastes, poètes, romanciers, plasticiens, graphistes, illustrateurs, designers, stylistes, photographes, inventeurs et créateurs de toutes disciplines se condamneraient à l’extinction en acceptant l’utilisation, la transformation, le détournement de leur travail sans rémunération. »«  »"

      J’ai bien abordé le probléme des autres domaines comme les romanciers (liée à l’imprimerie) mais effectivement traiter le probléme en détail eut nécéssité un article beaucoup plus long. Ce qui sortirait du cadre d’Agoravox.

      Mais pour les cinéastes par exemple le probléme est le même. Longtemps, le simple fait technique de réaliser le film puis diffuser les bobines (une bobine de ciné c’est trés cher) ont fait du cinéma un des domaines les plus dépendents d’une infrastructure lourde. Aujourd’hui, on peut faire un film avec des moyens légers et le projecteur numérique va permettre de le diffuser sans pour autant avoir besoin de bobine physique. Pour le coup, les cinéastes vont être les prochains à se cogner au probléme.

      Pour ce qui est des arts comme la sculpture ou la peinture, l’objet physique et le travail en lui même a un certain prix. Et le cout d’infrastructure est quasi nul. Pour ce qui est par contre des reproductions des oeuvres dans les livres, ou a la télé il risque d’être plus difficile de lutter contre.

      « Il s’agit là d’une nécessité de survie économique et plus encore d’un problème de simple respect. Longtemps encore copier, plagier, modifier, utiliser une œuvre intellectuelle sans les droits afférents sera considéré par le législateur comme de la contrefaçon. »

      De survie économique non. Le modéle changera car si il n’y a pas de survie économique, il n’y a plus de création. (Je pense que nous sommes d’accord la dessus). Cela va certainement tanguer violamment dans les prochaines années, mais le travail en lui même restera rémunéré. Mais il faut bien se rendre compte des défauts suivants dans le système des droits d’auteurs :

      - Rémunération abusivement longue. X années aprés la mort, c’est largement trop. Et il n’y a rien qui puisse justifier un reversement de thune lorsque quelqu’un est mort, vu qu’il ne travaille plus. Les héritiers toucheront l’argent accumulé pendant sa vie ce qui est déja beaucoup. Une oeuvre devrait obligatoirement tomber dans le domaine public aprés la mort de son auteur. - La demande d’autorisation avant toute exploitation. Non, je ne vois pas pourquoi je demanderai l’autorisation de la SACEM et de l’auteur avant de remixer un disque. Payer des droits je n’y suis pas opposé, passer par un processus communiste de demande d’autorisation c’est dépassé.

      «  »« Photographe publicitaire mon travail fait connaître des produits, dope les ventes, fait gagner de l’argent à mon client direct : l’agence de pub et à son annonceur . Il n’est que justice que mes gains croissent en fonction de l’étendue dans le temps et dans l’espace de l’usage qu’il est fait de mes œuvres. »«  »

      Oui c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle dans ma boite, on fait appel à des freelances situés dans divers pays du monde (Pas forcément dans des pays à bas cout de salaires, même si on ne s’en prive pas sur certains projets, mais pour d’autres on va chercher aux US). Tout ca justement, pour ne pas avoir à s’enmerder avec des problémes juridique. On paye une flat fee, le gars qui a fait le boulot en vit bien et globalement ils bossent bien si ils sont managés par un créa qui connait bien la culture du pays de destination. Comme tu vois, plus de droit d’auteur, mais pas abscence de rémunération pour l’artiste qui fait le boulot.

      Maintenant ce que tu demandes (rémunération en fonction de l’utilisation) n’est pas forcément dépendent du droit d’auteur. Cela pourrait tout simplement être défini de façon contractuelle en toi et ton client.

      Par ailleurs le probléme de la photographie me rappelle le coup des photos pendant les concerts et le cas d’une (trés grosse) société d’organisation d’événements néerlandaise. Ces derniers ont tentés pendent des années d’interdire l’utilisation d’appareils photos pendant leurs soirées techno (de gros événements qui rassemblaient plus de 40 000 personnes dans divers stades des pays-bas). Ils vendaient même des Kodak Fun dans l’enceinte des stades avec les droits pré-réglés. Un non sens. Et bien ils ont fini par faire marche arriére grâce aux téléphones portables avec photo et aux gens qui rentraient des APN dans leur calecons. Les incidents de plus en plus répétés à l’entrée des stades ont fait que la sécurité a fini par jeter l’éponge. Et bien aujourd’hui, cette société existe toujours, est trés rentable et encourage même ses spectateurs à photographier puis à poster les photos sur son site web. Mieux ils se sont appercus qu’ils fesaient plus d’argent comme cela (grace à la pub google) que ce qu’ils fesaient avants avec leurs kodak funs. Logique, les 40 000 présents veulent voir des photos de la soirée dés le lendemain ! Que du benef ! Et ils continuent également à payer des photographes pros pour garder la mémoire des événements...

      «  »"Je ne vois aucune raison de confisquer ce droit indispensable à une catégorie particulière tel que les musiciens

      Non le copyright n’est pas mort.«  »"

      Je n’ai en soi pas parlé de le confisquer. J’ai juste évoqué la possibilité que ce droit soit obsoléte. Auquel cas il mourrera de mort naturelle.

      D’ailleurs note que je travaille dans l’informatique et que nous sommes également trés affectés par la fin du droit d’auteur comme on le connaissait. Le logiciel libre même si il se base sur le droit d’auteur a boulversé le marché du logiciel. Mais bien que je vive de ce métier, cela a juste transformé mon boulot. Je suis même payé pour écrire du logiciel libre ! (Qui sera donc diffusé gratuitement ensuite). Et le tout c’est passé exactement comme dans l’article, ce n’est pas les programmeurs qui ont souffert du logiciel libre, mais toute l’infrastructure qui était autour (service marketing pléthorique, management, tout ce qui n’était pas productif a été réduit a peau de chagrin et les programmeurs continuent de programmer !).

      Bref, don’t panic, le droit d’auteur est en train de disparaitre, mais cela ne sera pas un drame ! (Comme j’espére ces quelques exemples l’ont montrés).


    • Marc Bruxman 5 juin 2007 23:04

      Merci à tous pour vos réponses !

      Pour ceux qui font remarquer que le droit d’auteur est inaliénable, c’est vrai en France mais pas partout. Dans de nombreux pays, un auteur peut céder ses droits à sa maison de production. (Si son contrat le prévoit). Et je suis donc parti du cas « général ».

      Pour ce qui est des sites de téléchargement légal, leur principal défaut est qu’il ne fournissent pas de service. La plupart des sites n’offrent pas de valeur ajoutée par rapport a Kazaa. Et vu la façon dont ils rémunérent les artistes (quelques centimes), cela ne vaut pas la peine de s’en servir. J’ai par contre acheté souvent sur un petit site spécialisé dans les musiques éléctroniques (www.dance-tunes.com) tout simplement parce qu’il m’a fournit un service trés spécialisé par rapport aux musiques que j’aimais. Un truc tout bête, lorsque j’avais la tracklist d’un mix techno, je pouvais utiliser l’écoute de ce site gratuitement pour me représenter le mix. Et j’ai du coup fini par acheter des MP3 (sans DRM) chez eux.

      Outre être spécialisé dans un domaine (je cherche encore un site de musique en ligne spécialisé dans le Jazz) ces sites peuvent proposer des services de suggestion (vous avez aimé ... vous aimerez), permettre une écoute gratuite de toutes les nouveautés pendant deux mois (pour découvrir de nouveaux artistes). Bref, il doivent justement déployer une véritable infrastructure qui les rendra indispensables. Et ce faisant ils sauvegarderont le droit d’auteur pour quelque temps...

      Pour ce qui est du temps passé par l’auteur lui même, la nécéssité d’abandonner son travail, je ne nie pas ce point. Je dis juste que c’est souvent financable par d’autres biais que le droit d’auteur. Je citais les concerts pour la musique entre autres... Et bien 10 Euros la place * 200 places par exemple, cela fait 2000 Euros de recettes. De quoi se faire un bon salaire (une fois les frais payés) en fin de mois. Bien sur cela restera un métier difficile et beaucoup de ceux qui tentent n’y arriveront pas. Mais c’est déja le cas. Combien d’écrivains sans éditeur et de zicos sans producteurs ?


  • ExSam 5 juin 2007 21:43

    L’article pose un vrai problème, mais la question de l’auteur n’est pas assez explicitée.

    Si on parle de l’auteur au plan moral, reconnaissance de la paternité d’une oeuvre à un individu bien identifié, il me semble que quelques vérités sont à répéter.

    Les auteurs font la majeure partie du travail. Si au plan moral leur droit est reconnu - même les musiques et les textes libres mentionnent l’auteur et celui-ci demande cette mention -, au plan commercial, les musiciens ne touchent que dix pour cent et les écrivains entre six et dix pour cent des bénéfices, bien souvent à compter d’un certain nombre d’exemplaires de l’oeuvre vendus.

    Par ailleurs, proposer de la musique ou des textes au public n’est pas fait n’importe comment. L’auteur s’investit, travaille son oeuvre. Si son investissement grandit, il aura du mal à oeuvrer et travailler en même temps. Ainsi, il sera amené à libérer une part grandissante de son temps pour développer son oeuvre.

    Problèmes financiers à la clé. Il est donc nécessaire que cette oeuvre en construction trouve un certain financement pour continuer à se développer. D’où l’incontournable rémunération des auteurs.

    Problème qui n’est pas esquivé par, par exemple, Jamendo qui propose aux auditeurs de faire un don aux musiciens. Lesquels musiciens attendent d’en pouvoir subsister. Lesquels musiciens donnent leur musique librement en espérant une reconnaissance ultérieure qui attirera l’oreille des producteurs, sauf exception qui peut se consacrer à son art sans voir cette vocation confrontée au problème de la gamelle.


  • numahel 5 juin 2007 23:02

    j’ai pas eu le temps de tout lire, je garde ce débat sous le coude, mais allez voir du côté des licences libres pour les arts : http://fr.creativecommons.org/ il me semble que c’est une évolution intéressante pour les droits d’auteurs (pour tous les arts transposables au numérique au moins il me semble : photos, écrits, musique, images, ...)


    • Marc Bruxman 5 juin 2007 23:34

      Oui tout à fait j’aurais d’ailleurs du en parler dans mon article (merci de l’avoir fait). La créative commons tente d’apporter au monde de l’art la même chose que la GPL a apporté au monde du logiciel. Une licence se basant sur le droit d’auteur mais l’assouplissant suffisamment pour l’adapter au monde moderne.


  • Forest Ent Forest Ent 6 juin 2007 02:31

    Pas d’accord avec cet article. Le droit d’auteur a encore un avenir après l’industrie. Il suffit de trouver un moyen de le financer sans passer par les industriels de la diffusion, et ces moyens ne manquent pas.

    Ce à quoi l’on assiste actuellement est une tentative des industriels d’entraîner les droits d’auteurs et les auteurs dans la chute de leur industrie obsolète.

    Ils font cela en pratiquant la désinformation, le lobbying, la corruption, ... Cela ne les sauvera pas à terme, mais c’est distrayant en attendant.

    Les dés roulent toujours.


    • Ploum 6 juin 2007 09:38

      100% d’accord monsieur West, c’est un peu comme quand des artistes veulent donner des leçons de DRM, de P2P et de technologie web à des informaticiens, ils ne peuvent que raconter des conneries dans la mesure on ils n’ont pas les 5 années d’études et les 15 ans d’expérience qui vont avec ;).


    • Marc Bruxman 7 juin 2007 01:12

      >>>>>>>>>> « Ingénieur, scientifique, et passionné de politique, je m’intérésse particuliérement aux rapports entre le progrés techniques et les conditions sociales des gens. »

      On se demande quelle mouche vous a piqué, pour que vous veniez dire aux artistes comment ils devraient gérer leur patrimoine. <<<<<<<<<<<

      Et bien je crois que c’est au contraire cohérent avec ma fiche. Il y a des évolutions techniques que je connais trés bien pour bosser en plein dedans et cela change la condition sociale des auteurs et des artistes.

      >>>>>>>>>>>> Ils ne sont pas encore sous tutelle des ingénieurs. Etudiez d’abord le sujet, du point de vue artistique, juridique et technique avant de nous parler de vos tragédies. <<<<<<<<<<<<

      Il n’y a aucun projet de mettre sous tutelle qui que ce soit. Quoi que en ce moment ils sont sous tutelle de leur maison de disque ou d’édition. Quand à la plupart des techniques qui concernent les artistes, leur connaissance et leur utilisation est disponible librement et gratuitement pour peu que l’on sache ou chercher.

      Vous devriez d’ailleurs savoir que souvent ce ne sont pas les scientifiques ou les techniciens qui mettent les gens sous tutelle car ils sont souvent trés surpris de l’usage qui est fait de la technique qu’ils ont inventé. Mais ils peuvent eux même comme l’ensemble de l’humanité devenir otages de la technique qu’ils ont inventé.

      Prenez Mr Gutemberg et son imprimerie. Gutemberg était un croyant convaincu. Un jour il déclara : « Dieu souffre parce qu’une grande multitude ne peut être atteinte par la parole sacrée. La vérité est captive dans un petit nombre de manuscrits qui renferment des trésors. Brisons le sceau qui les lie, donnons des ailes à la vérité, qu’elle ne soit plus manuscrite à grands frais par des mains qui se fatiguent, mais qu’ils volent multipliés par une machine infatigable et qu’ils atteignent tous les hommes. » (1455)

      Il crut ainsi que sa machine allait renforcer l’Eglise et en était visblement trés fier. Pourtant il ne se passera pas 62 ans avant que le contraire advint. Le pamphlet de Martin Luther à l’origine de la Réforme allait se diffuser à trés grande vitesse grâce à l’imprimerie. En temps normal, l’église aurait stoppé sans probléme la diffusion des théses de Luther. Grâce à l’imprimerie, elle n’a pas pu. Plus tard, c’est grâce encore à l’imprimerie que les philosophes des lumiéres pourront faire connaitre leurs idées et que nous aurons la révolution, le régicide et la fin des priviléges du clergé.

      Si vous aviez annoncé tout cela à Mr Gutemberg le jour ou il a inventé son imprimerie, il aurait surement été trés triste. La morale de cette histoire, c’est que Mr Gutemberg n’a personellement soumis personne à son invention. Mais le monde s’est soumis de lui même à cette nouvelle donne.

      Et il en est de même pour tous ceux qui travaillent dans les nouvelles technologies actuellement, nous créons beaucoup de choses, nous en ignorons complétement les conséquences réelles qui sont souvent avec le recul trés différentes de celles que l’on imaginait au premier abord. Parfois on est agréablement surpris, parfois on est triste. C’est ainsi.

      Neil Postman a écrit en 1979 : " Change the form of information, or its quantity, or speed, or direction, or accessibility, and some monopoly will be broken, some ideology threatened, some pattern of authority will find itself without a foundation. We might say that the most potent revolutionaries are those people who invent new media of communication, although typically they are not aware of what they are doing." (Je ne me risquerai pas à massacrer cette phrase en la traduisant de façon maladroite)

      Et c’est justement de cela qu’il s’agit.

      >>>>>>>>>> D’ailleurs, dans votre présentation vous avez écrit : « intérésse » au lieu de « intéresse » ; et « particuliérement » au lieu de « particulèrement ». Vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup de fautes en si peu de mots, pour en dire des leçons aux auteurs ? <<<<<<<<<<

      Pardon, Maitre Capello... Alors rupture de sujet quand on a plus rien à dire afin de distraire l’attention. La le lecteur se dit, c’est vrai le salaud, il écrit comme une merde ! Et hop, centre de Ribéry et on passe à la suite !

      >>>>>>>>>> C’est invraisemblable, tous ces matheux qui n’ont jamais écrit une dissertation. Et qu’ils voudraient mettre en ordre le monde, en ignorant les sciences humaines. <<<<<<<<<<

      Excellent ! Donc suite au centre de Ribéry, Demian nous tente un tir et .... sur la barre !

      Donc on décortique l’action... Un « C’est invraissemblable » de liaison pour atirer l’attention du lecteur, suivi d’une définition « tous ces matheux ». Donc la on a compris je fais partie des méchants et les méchants c’est les matheux. Cool. Remarquez jusque la remplacez matheux par n’importe quelle autre profession ou catégorie sociale et ca marche. Par exemple, rempacez Matheux par Communiste ca marche aussi. Une fois l’ennemi défini, on tente un tacle grossier avec le « qui n’ont jamais écrit une dissertation ». Gros mais ca marche toujours. Cela permet également de définir pourquoi les matheux sont les ennemis. Parce qu’ils sont vils, ce sont des tanches de l’écriture ! ! ! Et la aussi c’est remplacable ! Si on reprend notre communiste d’exemple on pourra dire « qui n’ont jamais dirigés une boite du CAC 40 ». Pof, tacle réutilisable en dehors de tout contexte.

      « Et qu’ils voudraient mettre en ordre le monde » : Ah oui, le Matheux en plus d’être vil et complétement inutile vu qu’il sait pas faire une dissert’ c’est un gros méchant ! Les salauds, ils voudraient mettre en ordre le monde... Ca m’rappelle ma mére quand elle me demandait de ranger ma chambre... Ah putain salauds de matheux ! Et la, on notera que cette phrase est trop bien parce qu’il n’y a pas besoin de la changer. Pour le communiste la même phrase fonctionne. Mais ca marche aussi pour les curés, les gosses, les minorités ethniques, les étrangers, enfin bref tout ce qu’on a décidé arbitrairement de ne pas aimer !

      « en ignorant les sciences humaines » : Ah ben oui, dans le jeu de l’opposition sciences dures, sciences molles, le vil matheux ne peut être opposé qu’aux sciences humaines. Euh au moins, c’est pas des PD ils savent faire une dissert’. Donc la, hein toujours pareil, prenez un truc que le premier sait pas faire et le second sait faire.

      Bon allez je m’en fait quelques unes : C’est invraisemblable, tous ces communistes qui n’ont jamais dirigé une boite du Cac ! Et qu’ils voudraient mettre en ordre le monde, en ignorant les actionnaires !

      C’est invraissemblable, tous ces littéraires qui n’ont jamais résolu une intégrale ! Et dire qu’ils voudraient mettre en ordre le monde en ignorant la réalité mathématique des choses.

      Allez une p’tite derniére pour la route : C’est invraissemblable, tous ces chinois qui n’ont jamais mangés avec une fourchette ! Et dire qu’ils voudraient mettre en ordre le monde en ignorant les bonnes moeurs occidentales !

      Allez hop, je peux rajouter ca à mon pipotron.php, ca m’en fait une de plus, circulez m’ssieurs dames ! ! !


    • Marc Bruxman 7 juin 2007 02:07

      REPOST : A AGORAVOX, votre truc bug, si on met des chevrons dans le texte (que j’avais utilisé comme guillemets), ca tronque complétement le texte quand ca l’affiche. J’ai pas tout retrouvé dans mon browser, je reposte ce que je peux.

      «  »«  »«  » « Ingénieur, scientifique, et passionné de politique, je m’intérésse particuliérement aux rapports entre le progrés techniques et les conditions sociales des gens. »

      On se demande quelle mouche vous a piqué, pour que vous veniez dire aux artistes comment ils devraient gérer leur patrimoine. «  »«  »"

      Et bien je crois que c’est au contraire cohérent avec ma fiche. Il y a des évolutions techniques que je connais trés bien pour bosser en plein dedans et cela change la condition sociale des auteurs et des artistes. M

      «  »«  »" Ils ne sont pas encore sous tutelle des ingénieurs. Etudiez d’abord le sujet, du point de vue artistique, juridique et technique avant de nous parler de vos tragédies. «  »«  »«  »

      Il n’y a aucun projet de mettre sous tutelle qui que ce soit. Quoi que en ce moment ils sont sous tutelle de leur maison de disque ou d’édition. Quand à la plupart des techniques qui concernent les artistes, leur connaissance et leur utilisation est disponible librement et gratuitement pour peu que l’on sache ou chercher.

      Vous devriez d’ailleurs savoir que souvent ce ne sont pas les scientifiques ou les techniciens qui mettent les gens sous tutelle car ils sont souvent trés surpris de l’usage qui est fait de la technique qu’ils ont inventé. Mais ils peuvent eux même comme l’ensemble de l’humanité devenir otages de la technique qu’ils ont inventé.

      Prenez Mr Gutemberg et son imprimerie. Gutemberg était un croyant convaincu. Un jour il déclara : « Dieu souffre parce qu’une grande multitude ne peut être atteinte par la parole sacrée. La vérité est captive dans un petit nombre de manuscrits qui renferment des trésors. Brisons le sceau qui les lie, donnons des ailes à la vérité, qu’elle ne soit plus manuscrite à grands frais par des mains qui se fatiguent, mais qu’ils volent multipliés par une machine infatigable et qu’ils atteignent tous les hommes. » (1455)

      Il crut ainsi que sa machine allait renforcer l’Eglise et en était visblement trés fier. Pourtant il ne se passera pas 62 ans avant que le contraire advint. Le pamphlet de Martin Luther à l’origine de la Réforme allait se diffuser à trés grande vitesse grâce à l’imprimerie. En temps normal, l’église aurait stoppé sans probléme la diffusion des théses de Luther. Grâce à l’imprimerie, elle n’a pas pu. Plus tard, c’est grâce encore à l’imprimerie que les philosophes des lumiéres pourront faire connaitre leurs idées et que nous aurons la révolution, le régicide et la fin des priviléges du clergé.

      Si vous aviez annoncé tout cela à Mr Gutemberg le jour ou il a inventé son imprimerie, il aurait surement été trés triste. La morale de cette histoire, c’est que Mr Gutemberg n’a personellement soumis personne à son invention. Mais le monde s’est soumis de lui même à cette nouvelle donne.

      Et il en est de même pour tous ceux qui travaillent dans les nouvelles technologies actuellement, nous créons beaucoup de choses, nous en ignorons complétement les conséquences réelles qui sont souvent avec le recul trés différentes de celles que l’on imaginait au premier abord. Parfois on est agréablement surpris, parfois on est triste. C’est ainsi.

      Neil Postman a dit un jour (citation approchée) : "Les techniciens

      «  »«  » D’ailleurs, dans votre présentation vous avez écrit : « intérésse » au lieu de « intéresse » ; et « particuliérement » au lieu de « particulèrement ». Vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup de fautes en si peu de mots, pour en dire des leçons aux auteurs ? «  »«  »

      Pardon, Maitre Capello... Alors rupture de sujet quand on a plus rien à dire afin de distraire l’attention. La le lecteur se dit, c’est vrai le salaud, il écrit comme une merde ! Et hop, centre de Ribéry et on passe à la suite !

      «  »" C’est invraisemblable, tous ces matheux qui n’ont jamais écrit une dissertation. Et qu’ils voudraient mettre en ordre le monde, en ignorant les sciences humaines. «  »"

      Excellent !


  • Gilles Gilles 6 juin 2007 10:09

    Les droits d’auteurs peuvent dans certains cas être une barrière infranchissable à la création.

    Exemple : un ami qui fait des documentaires. Pour chaque musique, chaque référence, chaque bout d’image, chaque Mickey utilisé il doit retrouver les ayant droits, négocier le paiement de droits, attendre longtemps et parfois, même assez souvent si j’ai bien compris, les ayant droits ne se donnent même pas la peine de répondre car la somme à lui faire payer serait trop faible comparé au dérangement. Du coup il ne peut les utiliser ou détourne les images. Et si son oeuvre n’est pas nickel chrome concernant les droits, impossible qu’une chaine de télé ne le lui achète.

    En tant que « petit » artiste il n’a ni le temps ni les moyens pour cette charge administrative et se trouve dépourvu au moindre refus.

    Là il y aurait quelque chose à faire.


    • Gilles Gilles 6 juin 2007 10:21

      Un autre détournement du concept de droits d’auteur au profit de la finance mercantile.

      Régulièrement, aux USA (quid de l’Europe ?), ces droits sont étendus dans la durée, à chaque fois en fait que Disney voit pointer la fin de ses droits exclusifs sur des oeuvres qui approche les 100 ans. Ils flippent, prennent leur téléphone, appelle quelques politiques, un peu de lobbying, et hop, une nouvelle loi leur donne gain de cause.

      Ces abus tendent à faire de ces droits des rentes et n’ont plus rien à voir avec une quelconque incitation à la création.

      Une bonne politique en terme de droits d’auteur serait de les conditionner à la créativité en ne les accordant qu’à des oeuvres vraiment originales et en les limitant dans le temps drastiquement, genre 5 ou 10 ans, voir 20 ans (comme pour les médocs). ça laisse amplement le temps à l’auteur de se faire du blé, voir beaucoup même s’il devient célèbre, mais ensuite il lui faudra continuer à créer au lieu de compter sur une rente.

      Le système en serait simplifié, les profiteurs qui s’épanouissent sur le travail des autres en achetant des rentes seraient out et cela boosterait la créativité puisque libérant les créateurs des entraves qu’ils doivent subir pour chaque référence à une oeuvre existante


    • Marc Bruxman 7 juin 2007 00:09

      Oui clairement, le droit d’auteur est d’une telle lourdeur administrative qu’il est impossible de créer légalement ou alors il faut engraisser des non-productifs (des avocats) qui font eux même partie de la lourde infrastructure à trainer.

      Supprimer les demandes d’autorisations serait déja bien. Et obliger les gens à indiquer clairement qui et ou payer (par exemple dans le générique de l’émission) serait encore mieux.

      Sans ca le piratage continuera à marcher trés fort.


  • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 6 juin 2007 10:31

    Il n’y a pas que le producteur qui s’en met plein les poches, il y a aussi l’éditeur (pour les musiciens, écrivains, paroliers de chansons, & autres créateurs y compris de logiciels)ce n’est pas nouveau (Schubert est mort dans la misère et n’a jamais touché un centime sur l’édition de ses œuvres) car non content de voler les auteurs ces bandits réussissent à imposer des taxes aux consommateurs sur les supports avec l’aide des politiques (auxquels ils reversent bien sûr une part du butin)...

    L’artiste a tout intérêt a être copié (+ il est copié + sa côte monte),vous trouvez normal vous que des ayant droits (qui n’ont rien fait) touchent des royalties leur vie durant et interdisent la diffusion par exemple des paroles de certaines chansons de Trenet ?....

    La droits devraient s’arrêter à la mort de l’artiste et non pas courir 50 ou 100 années après,ils enrichissent aussi surtout les organismes chargés de recouvrir ces droits SACEM,SACD ect, qui ont du mal souvent à les reverser aux auteurs comme pendant et après la guerre 39-45 (ou la SACEM a retenu les droits des artistes juifs ce qui représentait des sommes énormes)...


    • Philippe D Philippe D 6 juin 2007 11:52

      @ Marcel Chapoutier

      Veuillez lire mon poste ci-dessous, j’espère que vous modérerez un peu votre propos.

      Un éditeur passe un contrat avec un artiste. Il doit moralement promouvoir au mieux des intérêts de l’artiste les oeuvres dont il a les droits d’édition. Il est dans de nombreux cas bien plus judicieux de faire une distribution limitée et contrôlée dans certains domaines, sur certains supports. Ni l’éditeur ni l’artiste n’ont intérêt à voir les oeuvres galvaudées, sorties du contexte et utilisées d’une façon uniquement mercantile.

      Votre attaque des éditeurs est ridicule.


  • Philippe D Philippe D 6 juin 2007 11:43

    Il y a dans de nombreux domaines liés à la création de vrais problèmes de droits d’auteurs. Ne nous y trompons pas, ce sont des pans entiers de différentes industries qui sont concernées et le coût économique des pillages des droits d’auteurs est astronomique. Par ricochet évident les créateurs qui travaillent pour ces industries sont eux aussi touchés de plein fouet.

    Je ne parlerai pas de ce que je ne connais pas, mon domaine d’activité est l’édition d’artistes graphiques : peintres, illustrateurs, photographes, designers etc...

    Après une formation artistique, j’ai crée et dirigé pendant 20 ans une petite société d’édition d’art qui travaille et rémunère des artistes vivants, sur la base de royalties. Nous avons toujours eu des problèmes de copies, et cela nous a valu des aventures judiciaires contre des copieurs ou leurs diffuseurs, dont je me serais bien passé.

    Premier problème la Mondialisation : Dans de nombreux pays la copie illégale est une activité économique qui a pignon sur rue. Pour en citer quelques uns : l’Italie qui a fait des efforts, la Turquie, la Chine, les pays de l’Europe de l’est ... Les législations des droits d’auteurs ne sont pas harmonisées, même pas au niveau européen. La France est en ce domaine le pays qui protège le mieux la création. C’est donc un véritable casse tête juridique pour essayer vainement de stopper les copieurs dans leur pays d’origine.

    Prenons le cas précis d’un artiste que j’édite sous forme d’affiches et de cartes postales. En 2000, des clients (professionnels) me rapportent avoir vu à la foire de Canton, en Chine, des centaines de produits avec des reproductions de toutes tailles de ses œuvres, sur des supports aussi variés que plateaux, petits meubles, cadres, boites, assiettes ... Les œuvres sont galvaudées sur des produits de mauvaise qualité qui sont diffusés partout à travers le monde sans évidemment aucune demande d’utilisation ni paiement de quelque droit que ce soit. Attaquer en Chine est impensable financièrement. La seule solution consiste à attaquer systématiquement en France, les importateurs des produits. Ce que j’ai fait, entre autres contre une société allemande qui a eu la mauvaise idée d’exposer à 1 même salon professionnel que moi. Prise de tête, huissiers, saisie d’objets contrefaits, avocats, jugement, appel, 3 ans de procédures pour arriver à faire condamner la société en question à payer une très forte somme pour partie à l’artiste et pour partie à ma société. Heureux dénouement d’une aventure qui m’a pourri la vie pendant 3 ans, tout cela parce que des commerçants sans aucun scrupule se foutent du droit d’auteur. J’estime qu’il y a mieux à faire dans la vie que faire des procès mais il est impératif de frapper les profiteurs (solvables) du système.

    Deuxième problème l’invention du photocopieur et de l’imprimante couleurs : C’est une boutade pour indiquer que l’on est confronté à un phénomène d’une telle ampleur que l’on ne peut pas l’arrêter mais seulement porter quelques coups aux plus gros profiteurs. Tant que la copie reste privée il est illusoire de chercher à agir. Dès que la copie devient commerciale il est impératif de poursuivre.

    Troisième problème, Internet. La culture internet se double d’une inculture générale des droits, ce qui arrange tout le monde ou presque. Les droits d’auteurs, donc les créateurs, sont ici les grands perdants de la toile. N’importe qui illustre son blog, son site commercial ou non, avec des visuels, des textes, des musiques dont il ne se demande même plus s’il y a des droits à payer. C’est tellement généralisé, anonyme et vaste qu’il est pratiquement impossible de se faire prendre, sauf pour des phénomènes d’ampleur importante qui mettent en cause des grandes sociétés, et encore.

    Nous sommes donc entrés dans l’ère du pillage systématique et toutes les règles que nous avions essayé de mettre en place sont à revoir.

    Je trouve un peu cavalier de parler du problème et de s’asseoir dessus en disant que les droits d’auteurs sont morts. Il faut au contraire réfléchir à de nouvelles façons de rémunérer les auteurs, ce qui ne sera pas facile, et faire payer tous les profiteurs professionnels.


    • Lapinator Lapinator 6 juin 2007 14:44

      Bonjour Mr Philipe D

      j’aime beaucoup votre commentaire qui est constructif, et qui raconte une vrais tranche de vie, ce qui manque un peut dans ce débat, cependant vous faite un amalgame entre 2 pratiques qui même en ayant pratiquement les même conséquences on deux finalités complètement différentes.

      Une de ces finalité est une recherche du gain immédiat par spoliation ou contrefaçon d’une oeuvre de l’esprit. Dans ce cas là je vous rejoint totalement, et je condamne sans partage c’est pratique. Je vous invite aussi à lire le live « Du bon usage de la piraterie » de Florent Latrive http://www.freescape.eu.org/piraterie/

      L’autre pratique est plus complexe et intervient massivement sur internet, c’est l’échange culturel. Ici le but n’est pas de faire de l’argent sur une oeuvre, mais de partager ces oeuvres pour les faire découvrir à d’autres ( que l’on connait ou non ). Apres tout une oeuvre est faite pour être partagée. Cette pratique soulève bien des problèmes comme celui du contrôle par l’auteur de son oeuvre, ou bien celle de la rétribution financière. Mais là on rentre dans un débat de société.

      PS : Faite attention au mot « pirate », qui est un mot a connotation négative, on l’utilise pour décrire un phénomène, mais on part du principe qu’il est mauvais ( connotation négative ), ce qui empêche regard neutre et constructif sur ce phénomène.


    • Philippe D Philippe D 6 juin 2007 16:09

      @ Lapinator

      D’accord en partie avec votre commentaire.

      Sur votre PS à propos du mot pirate, j’ai relu mon post et je n’ai pas utilisé ce mot. Je parle de ’’pillage généralisé’’ à propos d’internet mais pas de pirate.

      Sur le fond du problème, vous comprenez que ma colère est principalement dirigée contre les professionnels de la copie sans droit et l’exploitation commerciale qu’ils en font.

      Vous dites : ‘’L’autre pratique est plus complexe et intervient massivement sur internet, c’est l’échange culturel. Ici le but n’est pas de faire de l’argent sur une oeuvre, mais de partager ces oeuvres pour les faire découvrir à d’autres ( que l’on connait ou non ). Apres tout une oeuvre est faite pour être partagée. Cette pratique soulève bien des problèmes comme celui du contrôle par l’auteur de son oeuvre, ou bien celle de la rétribution financière. Mais là on rentre dans un débat de société.’’

      Certes l’échange culturel qu’internet permet est fabuleux. Tant qu’il reste au stade du privé et sans exploitation commerciale il n’y a pas grand-chose à dire, et encore moins possibilité d’agir contre.

      Je n’exonère pas pour autant les copieurs privés (presque tout un chacun sur internet) car ils banalisent un état de fait et ils s’affranchissent de lois que beaucoup cependant connaissent un peu. Internet développe un vrai phénomène de la culture de la gratuité : Téléchargements sauvages par exemple. Tout cela est soit une illusion, la gratuité étant compensée par des recettes publicitaires, soit une réelle punition économique pour les activités qui tirent (qui tiraient) leurs revenus de la diffusion d’œuvres d’art, et par voie de conséquence pour les artistes. Pour les artistes reconnus ce qui est dommage pour eux, mais aussi et surtout pour les artistes en phase de démarrage qui ne trouvent plus de structure pour leur permettre de présenter leur travail. Ils peuvent toujours mettre leurs créations à destination du public par internet mais ce faisant ils y consacre un temps et une énergie qu’ils devraient plutôt employer à créer et ils ne génèrent aucun revenu.

      J’entendais la semaine dernière le résultat des ventes de disques en France sur une semaine : Le disque le plus vendu ne totalisait que 7000 ventes en 1 semaine ce qui est dérisoire. La conséquence directe est déjà sensible, les maisons de disques n’investissent presque plus. Des artistes qui n’ont jamais été des gros vendeurs, parce que plus élitistes par exemple, ne peuvent plus se faire éditer. Et le nivellement se fait comme toujours par la base. Les grosses machines continueront à nous proposer des produits formatés avec force produits dérivés sur lesquels ils pourront se refaire un peu financièrement. L’art n’est plus rémunéré en tant qu’art, mais par ses possibles déclinaisons sur n’importe quel support : C’est la culture ‘’Disney ‘’qui triomphe, la vente de licences commerciales.

      ‘’L’échange culturel’’ risque donc aussi d’assécher une bonne partie de la culture !


    • Lapinator Lapinator 6 juin 2007 20:23

      @Philippe D

      C’est vrais que vous n’avez pas utilisé le terme « Pirate » autant pour moi, par contre faut se méfier des termes guerrier.

      Pour ce qui est de la gratuité de la culture sur internet, c’est une conséquence inévitable. Prenons pour hypothèse que le « les échanges culturels n’existe pas » et retournons sur internet. Il existe des artistes qui donne gratuitement leurs œuvres, il n’y à qu’a allez sur www.jamendo.com pour vous en rendre compte. Mais on trouve aussi des livres et programmes informatique ( et pas des moindres ) gratuitement sur internet. C’est œuvres vont faire pressions sur les œuvres commercial vers la gratuité. Dans c’est conditions la gratuité est inévitable sur internet, si ce n’est pas les « pirates » qui l’impose, se sera le marché qui l’imposera. On pourra le financé comme vous dites de façon indirecte comme avec la publicité. Par contre je vous retrouve sur le fait que cette gratuité et cette abondance d’œuvres entrainent une démystification de l’œuvre, on ne se rend plus compte que c’est le fruits d’un savoir faire, d’une recherche, d’un travail, ce qui est réellement préjudiciable à l’auteur.

      Sur le point des 7000 ventes de musiques sur une semaine ce qui je vous l’accorde dérisoire, mais faut pas grier les étapes ni tous mettre sur le dos d’internet. Regardons les pratique moderne d’utilisation de la musique, les jeunes on maintenant des lecteurs MP3 et des PC et échange leurs musiques dans les cours de récréation ou à la maison. Le format MP3 est un format qui leur permet d’échanger directement leurs musiques, d’écoute cette musique chez le copain pour leur faire découvrir sa dernière nouveauté. Dans ces conditions le CD à déjà pris un coup de vieux, un lecteur MP3 est incapable de lire un CD, pourtant maintenant il se vent plus de lecteur MP3 que de lecteur CD. Mais pire les éditeurs on mis des « protections » qui empêche le transfert de la musique sur CD en MP3. Déjà que les CD avaient déjà pris un coups de vieux, la il les on directement coupé du nouveau marché naissant, par contre c’est « protections » pause de réel problèmes à des utilisations légitimes, comme par exemple la lecture des CD dans les autoradios qui ne fonctionnait pas bien ou pas du tout. Les personnes qui sont tombé 2 ou 3 fois sur ces problèmes on arrêté d’acheter des CD.

      Si on voulait sauvé le CD, fallait mettre les MP3 directement dedans, de pas mettre de technique anti-copie, et faire un max de travail sur l’emballage et le dire, ne pas poursuivre les internautes par contre les invités à acheter les CD.

      Bref à la lumière de ces éléments on assiste pour les ventes de CD à un chronique d’une chute annoncé.

      On assiste à la fin d’un modèle commercial, soit on s’adapte soit on dépose le bilant. C’est la dire lois de l’économie. Même si à chaque fois sa laisse plein de monde sur le bas coté de la route.


    • Marc Bruxman 7 juin 2007 01:50

      Concernant votre mésaventure en Chine, oui c’est effectivement regrettable. Mais sur le point de vue du pillage de la culture Chinoise on est pas innocent non plus... (Je parle du comportement des européens au siécle dernier).

      Effectivement, la mondialisation crée des défis pour le droit d’auteur, de même que les télécoms en créent. Et oui comme vous dites, attaquer auprés d’un tribunal c’est la loose (encore que si vous avez un contact chinois dans la diaspora française c’est déja plus réaliste). Et c’est une partie des raisons pour lesquelles je dis que le droit d’auteur est mort de fait.

      >>>>>>>>>>>>>>>> Deuxième problème l’invention du photocopieur et de l’imprimante couleurs : C’est une boutade pour indiquer que l’on est confronté à un phénomène d’une telle ampleur que l’on ne peut pas l’arrêter mais seulement porter quelques coups aux plus gros profiteurs. Tant que la copie reste privée il est illusoire de chercher à agir. Dès que la copie devient commerciale il est impératif de poursuivre. <<<<<<<<<<<<<<<<

      C’est marrant ca me rappelle une réunion chez des ayants droits pour le boulot. J’ai manqué d’exploser de rire quand le monsieur m’a dit « le probléme c’est internet ! ». Le photocopilleur ca a quand même bien d’autres usages que la piraterie. Même si j’ai effectivement connu quand j’étais étudiant un magazin qui en faisait un usage pas trés licite. Dire si c’était bon ou pas, je ne le sais pas. En tout cas, c’était apprécié des étudiants car cela fournissait un meilleur service que la bibliothéque universitaire.

      En tout cas, récemment, j’ai recu un proto de papier électronique au bureau. Trés bien techniquement. Mais effectivement ca va être un bordel du diable avec les droits d’auteurs. Je sens déja qu’on va être encore enmerdé pendant des mois par l’industrie du livre. Mais la encore, cela va permettre avant tout à des écrivains de se faire éditer sans même claquer un euro d’imprimeur. Et vu ce que touche un auteur quand un éditeur vend son livre à carrouf, il aura plutot intérêt à vendre son livre contre le prix d’un allopass (appel téléphonique surtaxé). 1 Euros 34 le livre je suis prêt à payer ce prix pour un livre sans meme penser à me faire chier à ouvrir une mule. Et 1 Euros 34, l’auteur n’aurait guére touché plus si j’avais acheté son livre à carrefour. Alors quelque part, il n’est pas perdant. Et si Gallimard est perdant ? Tant pis !

      >>>>>>>>>>>>>>>>> Troisième problème, Internet. La culture internet se double d’une inculture générale des droits, ce qui arrange tout le monde ou presque. Les droits d’auteurs, donc les créateurs, sont ici les <<<<<<<<<<<<<<<<<

      Non ce n’est pas une inculture, c’est souvent un refus tout à fait conscient. L’internaute moyen sait généralement que trop bien ce qu’est le droit d’auteur.

      >>>>>>>>>>>>>>>>>> grands perdants de la toile. N’importe qui illustre son blog, son site commercial ou non, avec des visuels, des textes, des musiques dont il ne se demande même plus s’il y a des droits à payer. C’est tellement généralisé, anonyme et vaste qu’il est pratiquement impossible de se faire prendre, sauf pour des phénomènes d’ampleur importante qui mettent en cause des grandes sociétés, et encore. <<<<<<<<<<<<<<<<<<<

      Bien ce que vous dites la par exemple, oui autant je vais payer des droits si je fais un usage commercial, et que je fais de l’argent grace à l’oeuvre de quelque un.

      Mais payer pour illustrer son blog, faites moi rire. On dirait que vous vivez dans un autre siécle. Si je ne fais pas de profits grace à mon blog, je n’ai aucune raison de payer.

      Quand même pour la petite histoire, un jour je voulais lancer un business honnéte dans la musique en ligne. J’étais jeune et naif, alors j’ai écrit à la sacem. Et ces gros crétins m’ont répondu qu’il fallait l’autorisation des auteurs pour chaque morceau. Impossible de faire un business plan la dessus. Et bien mon magazin « légal » n’a jamais ouvert. (NB : Et je n’étais pas contre payer un pourcentage du chiffre d’affaires si celui-ci avait été raisonnable, mais nous n’en sommes pas allé jusque la). A cette époque iTunes n’existait pas encore et la mule est restée seule sur le terrain de la toile. Cette histoire est tragique...

      >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> Nous sommes donc entrés dans l’ère du pillage systématique et toutes les règles que nous avions essayé de mettre en place sont à revoir. <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

      Ce n’est pas forcément du pillage. Je réclame par exemple que les artistes mettent en place un bouton paypal pour que l’on puisse les rémunérer directement quand on a aimé un disque que l’on a piraté.

      Car souvent lorsque j’aime bien un disque que je commence généralement par pirater, je finis par aller chez le disquaire me l’acheter justement pour encourager l’auteur à poursuivre dans cette voie. Mais ca me fais mal au coeur de donner X Euros à ces raclures d’universal, alors si je pouvais payer directement les musiciens et que les vingt euros leur profite directement cela serait cool. Aprés tout, qui a besoin d’une fnac, d’un support physique et de tout ce qui va avec ? Plus grand monde. Et vu que 10% du prix du CD seulement sont reversés utilement, et bien si un téléchargeur sur 100 donne 20 Euros de son plein grés, on a largement permis aux musiciens de vivre.

      Nous ne sommes pas tous des pilleurs, bien au contraire. Je ne demande qu’a avoir les moyens de faire les choses correctement.

      >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> Je trouve un peu cavalier de parler du problème et de s’asseoir dessus en disant que les droits d’auteurs sont morts. Il faut au contraire réfléchir à de nouvelles façons de rémunérer les auteurs, ce qui ne sera pas facile, et faire payer tous les profiteurs professionnels. <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

      Les nouvelles facons sont déja dans mes écrits. Et pour les droits d’auteurs tels que nous les connaissons oui je pense que cela a vécu.


    • Marc Bruxman 7 juin 2007 02:01

      >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> Vous protestez contre la durée de ces droits intellectuels (illégitime selon vous) et leur montant puisqu’ils continuent de rémunérer des structures de productions que la technologie à tendance à faire disparaître. Seul le ceéateur, lui même, donc, aurait à vos yeux une légitimité. Mais je ne parviens pas à imaginer comment, alors que l’ensemble des droits intellectuels disparaîtraient, celui qui rémunère les créateurs, les auteurs pourrait subsister. <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

      D’une part parce que vu les sommes ridicules que touche un créateur actuellement, une solution de micropaiement peut trés bien s’y substituer. Et l’on sait déja par expérience que les gens n’hésitent pas à utiliser le micro paiement par SMS ou téléphone si ils savent qu’ils auront derriére un accés immédiat au fichier. Et bien ces solutions, n’importe qui peut les mettre en place sur son site web et l’auteur pourra donc donner un accés payant à ses oeuvres. Et cela sera tellement facile et pas cher de consommer qu’ils auront des revenus grace à cela.

      D’autre part parce que les gens ne sont pas des monstres. Aux Etats Unis ou les serveurs sont rémunérés quasiment exclusivement grace au pourboires, les gens payent un pourboire car ils savent trés bien que c’est le seul moyen de subsitance du serveur. De même si le droit d’auteur disparaissait complétement, je serai tout à fait enclein à rémunérer volontairement un artiste qui m’a donné du plaisir. Et je le serais même d’autant plus si je sais que vingt euros donné à un groupe iront réelement aux gens qui ont travaillés sur la musique et pas à une maison de prod’.

      >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> Pourquoi vouloir que seule la propiété des biens immatériels disparaisse et pas la propriété privée tout court ? Pourquoi l’un et pas l’autre ? <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

      Parce qu’il y a une différence fondamentale que vous ne saisissez pas : - La propriétée sur les biens physiques est justifiée car il y a un nombre finis de ces biens. Il y a un nombre total de Ferrari produites dans le monde, en produire une nouvelle coute. - Le droit de reproduction d’une oeuvre ou d’un logiciel (rappelez vous je travaille dans l’industrie du logiciel et on est aussi bien enmerdé avec le piratage, mais bon on s’adapte) sert à rendre artificiel quelque chose qui devrait être infini. Puisque la reproduction d’un logiciel ou d’un disque ne coute rien. Pour utiliser la métaphore du logiciel on peut considérer que la premiére copie a couté trés cher et les suivantes n’ont rien couté. Et bien depuis qu’on est passé au logiciel libre, on s’est appercu qu’il y avait toujours quelqu’un qui allait payer la premiére copie car il a un réel besoin. Et aprés il y a toujours des gens pour faire des dons. Et les programmeurs ont toujours du boulot.... Bref le déclin du droit d’auteur dans l’informatique on est en train de le vivre et ce n’est pas si terrible que cela.


    • Marc Bruxman 7 juin 2007 02:01

      >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> Vous protestez contre la durée de ces droits intellectuels (illégitime selon vous) et leur montant puisqu’ils continuent de rémunérer des structures de productions que la technologie à tendance à faire disparaître. Seul le ceéateur, lui même, donc, aurait à vos yeux une légitimité. Mais je ne parviens pas à imaginer comment, alors que l’ensemble des droits intellectuels disparaîtraient, celui qui rémunère les créateurs, les auteurs pourrait subsister. <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

      D’une part parce que vu les sommes ridicules que touche un créateur actuellement, une solution de micropaiement peut trés bien s’y substituer. Et l’on sait déja par expérience que les gens n’hésitent pas à utiliser le micro paiement par SMS ou téléphone si ils savent qu’ils auront derriére un accés immédiat au fichier. Et bien ces solutions, n’importe qui peut les mettre en place sur son site web et l’auteur pourra donc donner un accés payant à ses oeuvres. Et cela sera tellement facile et pas cher de consommer qu’ils auront des revenus grace à cela.

      D’autre part parce que les gens ne sont pas des monstres. Aux Etats Unis ou les serveurs sont rémunérés quasiment exclusivement grace au pourboires, les gens payent un pourboire car ils savent trés bien que c’est le seul moyen de subsitance du serveur. De même si le droit d’auteur disparaissait complétement, je serai tout à fait enclein à rémunérer volontairement un artiste qui m’a donné du plaisir. Et je le serais même d’autant plus si je sais que vingt euros donné à un groupe iront réelement aux gens qui ont travaillés sur la musique et pas à une maison de prod’.

      >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> Pourquoi vouloir que seule la propiété des biens immatériels disparaisse et pas la propriété privée tout court ? Pourquoi l’un et pas l’autre ? <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

      Parce qu’il y a une différence fondamentale que vous ne saisissez pas : - La propriétée sur les biens physiques est justifiée car il y a un nombre finis de ces biens. Il y a un nombre total de Ferrari produites dans le monde, en produire une nouvelle coute. - Le droit de reproduction d’une oeuvre ou d’un logiciel (rappelez vous je travaille dans l’industrie du logiciel et on est aussi bien enmerdé avec le piratage, mais bon on s’adapte) sert à rendre artificiel quelque chose qui devrait être infini. Puisque la reproduction d’un logiciel ou d’un disque ne coute rien. Pour utiliser la métaphore du logiciel on peut considérer que la premiére copie a couté trés cher et les suivantes n’ont rien couté. Et bien depuis qu’on est passé au logiciel libre, on s’est appercu qu’il y avait toujours quelqu’un qui allait payer la premiére copie car il a un réel besoin. Et aprés il y a toujours des gens pour faire des dons. Et les programmeurs ont toujours du boulot.... Bref le déclin du droit d’auteur dans l’informatique on est en train de le vivre et ce n’est pas si terrible que cela.


    • Marc Bruxman 7 juin 2007 02:02

      Désolé, je viens visiblement d’être victime d’un bug d’agoravox.

      **** Vous protestez contre la durée de ces droits intellectuels (illégitime selon vous) et leur montant puisqu’ils continuent de rémunérer des structures de productions que la technologie à tendance à faire disparaître. Seul le ceéateur, lui même, donc, aurait à vos yeux une légitimité. Mais je ne parviens pas à imaginer comment, alors que l’ensemble des droits intellectuels disparaîtraient, celui qui rémunère les créateurs, les auteurs pourrait subsister. ****

      D’une part parce que vu les sommes ridicules que touche un créateur actuellement, une solution de micropaiement peut trés bien s’y substituer. Et l’on sait déja par expérience que les gens n’hésitent pas à utiliser le micro paiement par SMS ou téléphone si ils savent qu’ils auront derriére un accés immédiat au fichier. Et bien ces solutions, n’importe qui peut les mettre en place sur son site web et l’auteur pourra donc donner un accés payant à ses oeuvres. Et cela sera tellement facile et pas cher de consommer qu’ils auront des revenus grace à cela.

      D’autre part parce que les gens ne sont pas des monstres. Aux Etats Unis ou les serveurs sont rémunérés quasiment exclusivement grace au pourboires, les gens payent un pourboire car ils savent trés bien que c’est le seul moyen de subsitance du serveur. De même si le droit d’auteur disparaissait complétement, je serai tout à fait enclein à rémunérer volontairement un artiste qui m’a donné du plaisir. Et je le serais même d’autant plus si je sais que vingt euros donné à un groupe iront réelement aux gens qui ont travaillés sur la musique et pas à une maison de prod’.

      ********** Pourquoi vouloir que seule la propiété des biens immatériels disparaisse et pas la propriété privée tout court ? Pourquoi l’un et pas l’autre ? ***********

      Parce qu’il y a une différence fondamentale que vous ne saisissez pas : - La propriétée sur les biens physiques est justifiée car il y a un nombre finis de ces biens. Il y a un nombre total de Ferrari produites dans le monde, en produire une nouvelle coute. - Le droit de reproduction d’une oeuvre ou d’un logiciel (rappelez vous je travaille dans l’industrie du logiciel et on est aussi bien enmerdé avec le piratage, mais bon on s’adapte) sert à rendre artificiel quelque chose qui devrait être infini. Puisque la reproduction d’un logiciel ou d’un disque ne coute rien. Pour utiliser la métaphore du logiciel on peut considérer que la premiére copie a couté trés cher et les suivantes n’ont rien couté. Et bien depuis qu’on est passé au logiciel libre, on s’est appercu qu’il y avait toujours quelqu’un qui allait payer la premiére copie car il a un réel besoin. Et aprés il y a toujours des gens pour faire des dons. Et les programmeurs ont toujours du boulot.... Bref le déclin du droit d’auteur dans l’informatique on est en train de le vivre et ce n’est pas si terrible que cela.


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