jeudi 12 mai - par César JULES

Le Bien-Pensant et le Mieux-Pensant

Le Bien-Pensant et le Mieux-Pensant

 

Le " bien-pensant " de l'époque Gallo Romaine est celui qui se felicite de la gloire de César..

 

Le " bien-pensant " du premier millénaire est celui qui croit en la Chrétienté..

 

Le " bien-pensant " du siècle des lumières est celui qui croit en la majesté humaine.

 

Le " bien-pensant " du 20ème siècle est celui qui adhère à la pensée dite "de gauche". Le mot typique employé était "Solidarité"

 

Au 21ème siècle le "bien pensant" est partout et multiple. Il milite dans d'innombrables associations et il est convaincu de posséder la vérité, vérité qu'il se doit d'imposer à ses contemporains.

 

A l'époque Royale, D'ailleurs, les biens pensants étaient largement représentés dans les rangs de la noblesse (d'ailleurs le mot noble a conservé un sens très positif) . Le mot typique était "Charité" avec par exemple des Hospices de Charité un peu partout en France.

 

Dans les cas de charité ou de solidarité, il s'agit de dons des plus riches vers les plus pauvres. Au temps des "Dames patronnesses" les donations vers les bénéficiaires étaient directes, en numéraires ou en temps. (à noter que la société Etasunienne fonctionne encore largement sur ce principe)

 

La solidarité du vingtième siècle est une aide des populations "favorisées" vers les populations "défavorisées". Elle passe par les services de l'Etat qui collecte des impôts et reverse ensuite des subventions aux bénéficiaires.

 

L e noble se devait d'être généreux, le bien pensant se doit d'être solidaire.

 

Et pourtant, la révolution de 1789 a proclamé un autre mot : "La Fraternité" au côté de la liberté et de l'égalité.

 

Pourquoi ?

 

Parce que le bien pensant du 20ème siècle est Athée et le mot fraternité possède une forte connotation Chrétienne dont il faut se débarrasser.

Et pourtant, ce mot "fraternité" est le seul à ne pas stigmatiser celui qui reçoit les bienfaits de la solidarité.

 

Mais nous savons tous que le "mieux" est l'ennemi du "bien". Nous savons que l'équilibre des civilisations humaines est fragile. Ainsi, l'exploitation abrupte d'une "bonne" idée peut conduire à un désastre : (exemple : Le communisme de Karl Marx qui partait d'une idée remarquable et qui fut un échec effroyable)

Autre exemple, lors de la création de la CMU, nombreux ont été les professionnels de santé qui ont constaté des comportements excessifs de la part des bénéficiaires

 

Nous savons aussi que la nature humaine est complexe et désire autant la liberté que la solidarité. (des peuples payent très cher le prix de la liberté, Haïti en N°1). Ainsi la solidarité doit être maniée avec précaution pour ne pas nuire à la liberté, c'est la grande question de l'équilibre.

 

Les bien-pensant emploient un langage approprié pour que le bénéficiaire puisse considérer que les dons qu'il reçoit sont des dus. Cette bonne idée a pour dessin que le bénéficiaire ne se sente pas dépendant et donc pas dévalorisé.

exemples : "revenu" de solidarité, personne en "situation défavorisée", personne en situation de Handicap" etc.. (Le mot revenu est totalement détourné de son sens)

 

Cette méthode est effectivement efficace. Elle aide une bonne partie des bénéficiaires mais pourtant, certains (assez nombreux quand même) perdent leur motivation à vouloir sortir de leur situation difficile et deviennent plus exigeants auprès du donateur, l'Etat.

 

Chaque système peut être détourné, la question est : jusqu'à quel point ? Ainsi, par exemple, à quel moment les contribuables, qui alimentent l'essentiel du budget de l'Etat, refuseront de financer les abus si ces abus deviennent trop nombreux et trop visibles.

 

 Notre système doit trouver le bon équilibre entre contribuables et bénéficiaires pour garantir un besoin essentiel : la paix sociale.

 

Avant l'industrialisation et pendant des siècles, le châtelain vivait en son château, au milieu de son village généralement très pauvre, et tout se passait fort bien s'il celui-ci se comportait de façon responsable.

 

Puis ce fut la révolution.

 

 Au début de l'ère industrielle les "maîtres de forges" vivaient en leur manoir dans l'enceinte de l'usine et tout se passait généralement bien dès lors qu'il respectait ses employés.

 

Puis ce fut Germinal.

 

Le 19ème siècle a transformé très rapidement le mode de vie de la société.

- Invention de l'électricité et fin de l'éclairage à la bougie.

- Création de l'eau courante dans les habitats au lieu d'aller au puits.

- Création d'un réseau ferré en lieu des diligences.

- Reconstruction du centre des grandes villes, (Paris, baron Hausmann, Lyon, rue impériale.)

- Développement des colonies. etc…

- Et aussi, institution des prémices de la sécurité sociales.

 

Le 21ème siècle

 

Les Français bien pensants ont été, tour à tour, royalistes, révolutionnaires, républicains, chrétiens de droite puis chrétiens de gauche, puis athées et actuellement islamophiles, Climatophiles, ou encore colèrophiles (70% de soutien aux GJ).

 

Aujourd'hui, par exemple, on ne peut pas dire dans un grand média bien-pensant :

 

- Que Femmes et Hommes sont différents et que c'est là une richesse

- Que le Coran sert de référence aux terroristes islamiques.

- Que le réchauffement climatique est naturel à 99%.

- Que les milliardaires sont aussi des êtres humains.

- Que nous avons un gouvernement responsable.

-Que nous devons TOUS respecter les lois, aussi bien les jeunes que les religieux et que les zadistes.

- Que, comme les animaux ordinaires, les humains se répartissent en plusieurs races selon les continents ou les pays ou encore les régions.

- Que les enfants sont issus de conjugaison d'une femme et d'un Homme.

- Que nous naissons tous différents et donc inégaux.

etc..

C'est dommage une partie du débat est verrouillée, notre société n'est sans doute pas encore mure !

 

En conclusion le bien-pensant n'est sans doute pas le mieux-pensant.



9 réactions


  • eddofr eddofr 12 mai 12:02

    En soi, « bien penser » devrait être une qualité.

    Le problème c’est la définition.

    La prétendue bonne pensée est en fait la pensée conforme.

    Ce qui me désole et me fait pourtant rire aux larmes, parfois, c’est que « bien pensant » est devenu péjoratif sous la plume de certains, qui ne manquent pas alors de traiter de « bien pensants » ceux dont la pensée n’est pas conformer à la leur.

    Paradoxe étonnant et misérable.

    L’intelligence est bien plus souvent dans la question, même « naïve », que dans la réponse surtout quand elle est péremptoire et la certitude de détenir la Vérité (notez le « V » majuscule) est presque toujours l’assurance de l’erreur


  • hans-de-lunéville 12 mai 12:04

    Avé !

    et vous voulez vraiment affirmer que :

    « Aujourd’hui, par exemple, on ne peut pas dire dans un grand média bien-pensant :


    - Que Femmes et Hommes sont différents et que c’est là une richesse

    - Que le Coran sert de référence aux terroristes islamiques.

    - Que le réchauffement climatique est naturel à 99%.

    - Que les milliardaires sont aussi des êtres humains.

    - Que nous avons un gouvernement responsable.

    -Que nous devons TOUS respecter les lois, aussi bien les jeunes que les religieux et que les zadistes.

    - Que, comme les animaux ordinaires, les humains se répartissent en plusieurs races selon les continents ou les pays ou encore les régions.

    - Que les enfants sont issus de conjugaison d’une femme et d’un Homme.

    - Que nous naissons tous différents et donc inégaux. » ?????


    • eddofr eddofr 12 mai 12:10

      @hans-de-lunéville

      Que de conformisme dans l’anticonformisme de vos propos !

      Seriez-vous un de ces bien pensants de la « contre pensée » ?

      Je blague.


  • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 12 mai 12:30

    La bien pensance dans l’empire du mensonge ?

    Non, merci.


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 12 mai 12:52

    Il vaut peut-être mieux être « pensant » tout court que « bien-pensant ».

    S’en remettre à d’autres pour savoir ce qu’il faut penser est soit du conformisme (par crainte de déplaire aux puissants), soit de l’opportunisme (pour obtenir un avantage en « adhérant » à l’idéologie dominante), ou tout simplement de la bêtise.


    • César JULES 13 mai 11:44

      @Séraphin Lampion
      L’Homme est un animal pensant, Il doit en être « Fier » mais il doit aussi garder beaucoup de modestie et ne pas chercher à imposer SA vérité par la force.
      Ainsi nous pourrons vivre dans une société apaisée. Le Viatique Citoyen est un outil sociétal qui favorise l’épanouissement de chacun.


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 13 mai 12:07

      @César JULES
       
       ’’L’Homme est un animal pensant, Il doit en être « Fier »’’

       Il ne suffit pas de penser pour être fier : encore faut-il penser dans le respect de son prochain.


  • macchia 12 mai 16:07

    Est modus in rebus, ultra citroque nequit consistere rectum

    Horatius


  • Un des P'tite Goutte Un des P’tite Goutte 13 mai 14:54

    Bonjour, et merci pour votre article.

    Je me permets de reproduire le commentaire à peine laissé chez M. Bernard Grua, en rapport à la notion de civilisation qu’aucuns croient déceler chez soi, et non chez...autrui :

    « Pays civilisés ? Dans les domaines touchant la vie publique, seuls lois, règlements dont quelques-uns touchent à la vie harmonieuse en société, structures administratives et autres, et surtout technologie érigée en divinité du XXIème siècle ont évolué depuis les romains.
    Quand au Cœur, l’empathie, le vivre vraiment ensemble et non sous la férule d’une autorité, la spiritualité, et j’en passe : pratiquement aucune avancée, ou si peu.
    Pourtant un bon nombre de « grands hommes » prouvent qu’avec volonté opiniâtre et/ou simplement prédispositions l’évolution est possible dans ce domaine, dans cette direction, pour, si non tout un chacun, au moins un nombre conséquent d’entre nous.

    J’utilise le terme conséquent en rappel d’une citation de bon sens trop négligée : « cherchez le Royaume (évolution intérieure traduite par un comportement en société) et le reste vous sera donné de surcroit ».
    A part quelques communautés, tribus, individus épars nous avons tous fait l’inverse : chercher le bien-être matériel, le bonheur si fugitif, alors qu’il est évident que chercher à s’améliorer soi-même en se bonifiant vis-à-vis d’autrui, vis-à-vis d’« autour » est le préliminaire.
    Comment imagineriez-vous quelqu’un de bien intentionné, de changé, en toutes profondeur et intelligence, gravir des échelons vers un pouvoir politique ; concevoir une oppression pour augmenter des possessions personnelles ; chercher la célébrité, etc., en bref encore et toujours demeurer, demeuré, l’homme loup pour l’homme ? »

    Ceci dit, je crois votre définition de l’homme erronée : nous ne sommes pas des animaux pensants dans la mesure où nous avons, en plus et uniques, des dons qui relèvent du divin. C’est un postulat de croyant, bien sûr. Indémontrable et inversement/simultanément démontrable.

    Le « je pense donc je suis » de Descartes est extrêmement fructueux, savoureux même...mais n’en demeure pas moins qu’un sophisme. Ajoutez l’existentialisme, et déduisons qu’a priori comptent plus nos actes que nos pensées. Ou dit autrement : nous recevons un corps à la naissance, acquérons la capacité de penser, du choix : « qu’en faire » ? Et là intervient la grandeur ou la petitesse d’âme de l’homme, soit ce « Plus » non mentionné dans votre article. Si ce n’est qu’il passe, j’en suis convaincu, par la fraternité, la vraie.


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