vendredi 17 avril 2020 - par Djam

Le concombre se masque parce qu’il a peur

Peur, trouille, avoir les j'tons, avoir les miquettes, s'angoisser, avoir de l'anxiété, de l'effroi, de la frayeur, de la terreur, s'alarmer, s'épouvanter, s'inquiéter...

 

Sur le net, les pythonisses y vont à plein. Chaque jour charrie en ligne son volume de vidéos d’individus qui, face caméra d’ordinateur, lâchent leurs impressions, le résultat de leurs recherches et bien sûr leur opinion personnelle.

Car l’opinion personnelle est la notion la plus présente au cœur de l’homo sapiens de la modernité en phase terminale, ou de pourrissement pour ceux qui pensent, sans doute à raison, qu’on en a encore pour un bon moment à supporter les délires d’une poignée de fous dont le projet sent de plus en plus le nouvel ordre mondial si cher à nos évangélistes de la prospective messianique mondiale.

Tout esprit humain de l’époque cherche, et en général trouve, sur internet, suffisamment de personnes qui pensent comme lui, et va élaborer ses articles et ses échanges de façon à ce que ses croyances intériorisées soient renforcées toujours plus. Le courageux cherchera à renforcer son courage, le peureux... sa peur indéfectible.

L’ancien café du commerce qui s’animait autrefois de débats parfois anthologiques a été totalement remplacé par le e.café, lieu indéfini, sans fond, sans limite, en flux constant dont le débit s’apparente de plus en plus à un pipe-line qui traverse à présent tous les pays, tous les états, tous les foyers et, plus embêtant, tous les esprits dans tous les recoins du monde modernisé.

Qui peut affirmer aujourd’hui qu’il pense par lui-même ? Quasiment personne. Nous ne faisons que répéter ce que nous avons sciemment ou pas prélevé dans le treillis de plus en plus emberlificoté de la toile mondiale pour le régurgiter avec assurance sur les forums préalablement choisis comme comptoir des bobards en ligne.

Car, tous nous mentons… par ignorance, tout simplement. Tous, nous nous fourvoyons. Tous, nous croyons exprimer un bout de cette grande Vérité après laquelle nous courons, pour souvent de bonnes intentions, mais qui toujours nous échappe puisque nous n’avons accès qu’à une infime partie du vivant. Le réel se manifeste dans les détails, comme le Diable. La réalité, elle, demeure éternellement inaccessible… comme Dieu. 

Que cela nous plaise ou non, depuis l’avènement de l’homme moderne, la quincaillerie mentale s’apparente de plus en plus à une barbarie technologique. Comme toute technologie, elle est nickel, propre, et ses rouages tournent tant que l’énergie alimente le moteur. Et quelle est cette énergie qui alimente ces milliards de processus mentaux qui aboutissent à ce bla bla en continu que nous déposons toutes les secondes dans un espace virtuel ? D’où vient que chacun d’entre nous croit vraiment détenir un petit morceau de cette Vérité recherchée comme l’inaccessible graal ? La réponse ne serait-elle pas de l’ordre de la recherche du Sens de la Vie ?

Est-on si sûr d’être le représentant le plus abouti de la création ? Ne sommes-nous pas plutôt la queue de comète d’une création, darwinienne ou pas, dont la caractéristique effrayante est de n’être plus du tout capable de vivre dans un environnement terrestre qui se manifeste par sa production permanente de dangers petits et grands émaillés de petits et grands bonheurs ? Mais pourquoi est-ce la peur qui l'emporte toujours ? Pourquoi sommes-nous devenus aussi manipulables par cette émotion pourtant vieille comme le monde au temps du premier hominidé ?

Fragilisé jusqu’à la caricature, l’homo modernus craint absolument tout. La peur, dont j’ai déjà parlé dans un précédent article à propos de la terreur du covid19, est devenue chez cette engeance le moteur de tous les conflits, qu’ils soient intimes ou étrangers. Loin de tout conflit à domicile, cet homoncule tremblotant peut continuer son repas en matant des centaines de morts dans l’écran télé qui lui sert de bible quotidienne. Mais si d’aventure la mort se pointe sous son pif, tout près de lui, le voilà alors qui réclame à l’état – qu’il déteste pourtant copieusement – qu'il le protège comme une mère protège ses petits.

Le « que fait la police » est le cri de ralliement du citadin des mégapoles de notre époque, terrorisé par le moindre changement saisonnier. Sa mémoire est devenue si courte, si cantonnée à l’immédiateté comme les personnes atteintes de neuro dégénérescence, qu’il oublie d’une année sur l’autre que, par le passé, les hivers ont déjà été très doux, les étés incendiaires et les printemps plein de flotte. Il a oublié que les pandémies ne datent pas d’hier et que les guerres ne sont que la continuité d’une autre calamité propre à l’esprit humain et qu’on appelle la politique.

La peur est l’ennemi n°1 de l’homme de la post modernité occidentale tant on lui a promis l'éternité, tant il s'est cru exempté des maux qu'il matait de loin en bouffant son steak frites. Cette peur, revenue par toutes les portes et fenêtres du monde ouvert à giorno lui fait accepter aujourd’hui ce que nos arrières grands parents n’auraient même pas imaginer possible... l'enfermement chez soi, coiffé par le foucaldien "Contrôler, surveiller, punir". Parce qu’il a peur, le singe nu ne réclame pas une innovation technologique pour qu'on lui sauve la peau, non, il réclame qu’on le protège, qu’on le soigne tout de suite de la moindre fièvre. Il veut vivre, lui, parce qu'on lui a promis l'éternité, la vieillesse sans bobos et la mondialisation heureuse.

Et parce qu’il a peur de sa propre mort dont il ne sait plus que faire, parce qu’il la voyait depuis des années sur écran télé sans odeur et sans réalité et parce qu’il la voit aujourd'hui comme une saison à épisodes avec effets spéciaux terrorisant, il accepte d’être séquestré pour la première fois dans l’histoire des modernes.

La mort n'est pas rappelée d'une façon humaine, non, elle est "chiffres effrayants", elle est "images angoissantes", elle est... enfermement dans sa carrée d'inquiétude intime, gantée, masquée, pathétique.

C'est une victoire totale pour les adeptes du Nouvel Ordre Mondial qui savent très bien qu’il restera suffisamment de lois d’exception post corona19 pour achever la destruction de l’ordre ancien au profit d’un délire mondialiste dont la planification ne date pas d'hier.

Depuis que les civilisations existent, la peur a toujours joué un rôle majeur dans toute volonté délibérée de changement anthropologique totale. La supposée pandémie du covid19 restera dans l’histoire des modernes comme la preuve indiscutable que l’esprit moderne et sa quincaillerie technologique envahissante ne l’ont pas fait évolué d’un iota en matière de conscience élevée et encore moins de courage guerrier.

L'homme émasculé, la femme qui rêve du phallus, l'adolescent qui refuse de grandir, tous resterons les éternels dindons d'une farce à dimension mondiale. Nous resterons les exploités de tous les esprits malins, les jouets de tous les petits dictateurs maquillés en acteur de série catastrophe et des pervers du management mondial.

L’après covid19 est un grand pas en avant pour le Nouvel Ordre Mondial, que ce dernier soit encore pour un temps américano-sioniste ou en passe d'être russo-chinois. L'esclave anonyme dont nous faisons tous partie ne se relèvera jamais plus. S'il avait dû se relever de sa reptation il l'aurait déjà fait depuis le début de cette énorme arnaque qu'est le mondialisme. 

Nous reste à apprendre à vivre comme aux USA... en mode pauvre et précaire. L'american way of life est notre futur depuis 45. Le covid19 aura été le choc stratégique utile à ceux qui ne renonceront jamais à leur puissance.



47 réactions


  • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 17 avril 2020 09:25

    « S’il avait dû se relever de sa reptation il l’aurait déjà fait depuis le début de cette énorme arnaque qu’est le mondialisme.   »

    c’était trop bon d’être sous perfusion de soma

    le sevrage sera pénible et long


    • Djam Djam 17 avril 2020 09:30

      @Séraphin Lampion
      Absolument Séraphin ! 
      Et il est également reposant d’entendre la douce musiquette sémantique de la doxa émise par la branquignolerie gouvernante smiley


    • chantecler chantecler 18 avril 2020 08:15

      @MargaretKJ82
      Attention ! Virus probable .


  • Yann Esteveny 17 avril 2020 10:55

    Message à avatar Djam,

    Que cherchons nous en communiquant ? Si nous recherchons un confort dans nos certitudes, nous nous fermons aux faits et réalités. Nous nous refermons sur nous-mêmes. La communication dans un sens noble vise à aller plus loin que nous. La communication de spectacle gouvernementale comme la décision de nous enfermer à domicile visent toutes les deux à nous enfermer sur nous-mêmes.

    Nous entrevoyons le Monde et Dieu. Entrevoir n’est pas le contraire de voir. Nous voyons dans notre finitude humaine mais nous entrevoyons beaucoup plus si nous savons être à l’écoute en développant positivement notre foi.

    Le peur rend esclave et la vérité rend libre.

    Croire que nous pensons exclusivement par nous-même, c’est manquer de discernement dans notre activité humaine où nous interagissons pour le meilleur et le pire.

    Respectueusement


  • sylvain sylvain 17 avril 2020 11:05

    j’ai fait berger pendant quelques années en montagne .

    des milliers de brebis, moi et mes deux chiens pour les garder .

    ca a donné un nouveau sens au dicton « on est tous des moutons » . Ce serait trop long à détailler dans un commentaire, en tout cas elles essayaient régulièrement de m’échapper et il est rapidement devenu évident qu’elles n’avaient aucune chance . Elles y croyaient à chaque fois, c’était évident et parfois elles ont réussies parce que je faisais une sieste, ou que je flanais ailleurs . Je ne suis pas un bon vigile .

    Mais c’était seulement l’occasion pour le voisin berger de m’engueuler parce que mes brebis étaient dans son troupeau, ou les chasseurs, ou mes éleveurs qui me surveillaient à la jumelle, ou les gars du parc parce qu’elles paturaient des zones « protégées » ... Bref la seule chose qu’elles y gagnaient c’était 2, 3 heures de « liberté » euphorique, puis le fait de me faire passer pour un guignol, puis retour au parc .

    Je me suis beaucoup posé la question de ce que j’aurais pu faire à leur place, avec leurs moyens, leurs perceptions... et je me suis dit qu’en fait elles étaient loin d’être si mauvaises, elles n’avaient quasi aucune chance en fait . Les seules qui m’ont vraiment échappées sont les brebis kamikazes : de temps en temps il arrive qu’une brebis n’ait plus peur de rien, elles fonce sur les chiens ou sur le berger qui essaie de les faire rentrer dans le troupeau et fonce dans les travers . Inarrétable, sauf à la faire bouffer par les chiens . Celles là je les ai jamais revues en général, mais ça veut pas dire pour autant qu’elles ont atteint le paradis des brebis...


    • Djam Djam 17 avril 2020 11:28

      @sylvain
      J’aime bien votre histoire et votre propre expérience ! Il n’est pas rare d’observer parmi les animaux, domestiqués ou encore sauvage, des attitudes « kamikazes » chez quelques Sujets... sont-ce des individus qui permettraient justement des sauts qualitatifs de la masse par effet mimétique ? C’est une question à laquelle je ne saurai répondre fermement, mais c’est intéressant de constater que le mystère du Vivant offre ainsi régulièrement des sortes de portes de sortie aux habitudes rassurantes...


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 11:49

      @Djam

      Comme quoi on est toujours le mouton de qq’un d’autre ^^


    • Djam Djam 17 avril 2020 11:56

      @bouffon(s) du roi

      Tout juste ! smiley


    • sylvain sylvain 17 avril 2020 13:18

      @Djam
      j’ai constaté beaucoup de comportements très surprenant chez mes brebis, j’aurais vraiment pas imaginé ça avant . Je regrette de ne pas en avoir filmés quelques uns
      Par exemple une fois mon troupeau était de super humeur, j’ai senti une sorte d’effervescence, des bêlements pas habituels, puis quelques unes se sont mises à courir et à faire une cabriole à un endroit précis, puis une autre, une autre ... Ca a durée 15 minutes et des centaines de brebis ont fait une acrobatie pile au même endroit, à tour de rôle, et la plupart du troupeau en train de regarder . J’étais sur le cul, en plus quelques unes arrivaient même à en faire des belles !
      Ca m’est ensuite arrivé 4 ou 5 fois en 6 ans de garde ... Et j’en ai plein d’autres comme ça ! Ca donne une autre vision des choses


    • Djam Djam 17 avril 2020 13:32

      @sylvain
      Et en avez-vous parlé à un véto ? Ne serait-ce que pour éventuellement avoir un éclairage sur ces comportements qui ne semblent pas du tout être faits au hasard...


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 13:51

      @Djam @sylvain

      Dans l’Entraide -un facteur de l’évolution-, Kropotkine relate une anecdote où les crocodiles aident les buffles à passer les rivières en crues, lors des migrations avec les changements de saisons...
      Les brebis font du hip-hop à leur manière ^^


    • sylvain sylvain 17 avril 2020 13:55

      @Djam
      non, je connais pas de véto, et franchement je doute qu’ils soient même au courant . Je vous confirme que ce n’est absolument pas du hasard, par ex c’est en savoie, à la grande sassière, que j’ai eu quasi toutes mes brebis kamikazes . Les conditions y étaient très dures : plus de 3000 brebis, de la pluie tout le temps, du piétain, des parcs boueux ... en général mes brebis craquaient le soir, après une journée de merde et juste avant de rentrer dans leur parc pleins de boue .

      Elles s’arrêtaient, se mettaient à regarder en direction du parc sans un mouvement . Au début elles ne fuyaient pas le troupeau, elles le laissaient avancer puis se retrouvaient seules . En voyant que les chiens n’y arrivaient pas, j’allais voir et ce que je jurerais avoir vu dans le regard de ces brebis, c’est un mélange de dégout, de colère et de détermination . Je ne pense pas que ce ne soit qu’une impression, car ce n’était pas ce que je m’attendais à voir

      En tout cas, je n’ai jamais eu de brebis kamikazes quand le troupeau avait la belle vie . Les jeunes brebis qui perdent leurs petits ont un peu le même genre de comportements, mais pas pour se casser ( je ne dirais pas fuir), pour défendre le corps de leur petit . J’ai eu quelques jeunes chiens en apprentissage qui l’ont appris à leurs dépens ! les vieux ne faisaient plus la bêtise d’aller les voir !


    • sylvain sylvain 17 avril 2020 13:58

      @bouffon(s) du roi
      je la connaissais pas, en tout cas les explications darwinistes s’appliquent mal à ce genre de comportements


    • Djam Djam 17 avril 2020 14:02

      @sylvain
      Je ne pense pas, en effet, que vos brebis agissent au hasard. Les comportements hasardeux n’existent nulle part dans le règne animal.
      Du coup, je vous transmets ce lien d’une toubib (Jade Allègre) qui s’est formée à la communication avec les animaux. L’échange muet qui s’établit entre ceux qui savent faire ça et les animaux ne permet pas vraiment de doute quant à la capacité des animaux à « dire » des choses aux hommes...
      http://jade-allegre.com/communication-animale/


    • sylvain sylvain 17 avril 2020 14:06

      @Djam
      je vais aller voir ça, merci


    • Djam Djam 17 avril 2020 14:10

      @sylvain
      Je crois avoir compris (?) que le darwinisme est au départ une théorie valable mais, comme pour beaucoup de théories, elle a été récupérée par des théoriciens patentés qui y ont vu le pervers moyen de « scientifiser » l’affirmation de la fameuse « struggle for life ». Une fumisterie que l’observation de plus en plus affinée des animaux dément d’année en année.


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 14:15

      @sylvain

      oui c’est marrant de voir que 2 constatations faites par 2 scientifiques (Kropotkine -géographe, explorateur, zoologiste, anthropologue, géologue-, et Darwin-naturaliste et paléontologue) mèneront à 2 visions politiques d’organisation du groupe.


    • Djam Djam 17 avril 2020 14:22

      @bouffon(s) du roi

      Oui, ils ne cessent de nous étonner les animaux smiley)


    • Djam Djam 17 avril 2020 14:25

      @bouffon(s) du roi
      Ce qui nous emmène à une autre question passionnante...
      Qu’est-ce qui fait qu’un groupe d’individus travaillant sur l’organisation de leurs semblables opte pour une théorie plutôt qu’une autre ?
      Hypothèse : sont-ils in fine totalement dépendant de leur propre penchant ? En l’occurrence celui de ne pas trop s’embarrasser des plus faibles ?


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 14:29

      @sylvain

      Ah ça pour nous étonner smiley

      Pour l’autre question, à part l’ego (les 1ers seront les derniers ^^ ), je ne vois pas trop ^^


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 14:33

      @bouffon(s) du roi

      heu @ Djam ^^ ça y est ça déconne smiley


    • Djam Djam 17 avril 2020 14:43

      @bouffon(s) du roi

      Oui... quoi qui déconne ? Moi pas pigé smiley


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 14:49

      @Djam
      le pseudo, qd je vous ai répondu,
      des fois sur Av les pseudos s’emmêlent qd on repond, et là ou ça devient chiant ce sont les sujet avec trop de reponses smiley ..
      rien de grave, bon bref ^^


    • Djam Djam 17 avril 2020 14:53

      @bouffon(s) du roi

      Naaannn ! tout va bien... smiley


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 15:10

      @Djam

      "Qu’est-ce qui fait qu’un groupe d’individus travaillant sur l’organisation de leurs semblables opte pour une théorie plutôt qu’une autre ?« 

      Je réfléchissais ^^.. c’est une question d’ethnologie, d’anthropologie et de sociologie. Si on lit P.Clastres, la société contre l’etat on en a un bref aperçu.

      Mais déjà Tchouang-tseu (IVe siècle av. JC) :  »L’erreur moderne a noyé la vérité antique. Elle est si ancrée, si invétérée, que les plus grands sages au sens du monde, U le Grand y compris , en ont été les dupes. Pour soutenir la vérité, je me trouve presque seul."
      ^^


    • sylvain sylvain 17 avril 2020 15:14

      @Djam
      connaissez vous le dilemme du prisonnier ? C’est un problème « darwinien » qui a donné naissance à la théorie des jeux .
      ce dilemme et la théorie darwinienne ont donnés naissance au principe selon lequel un individu ( dans le sens d’une entité capable de se reproduire, ce n’est par ex pas valable pour une fourmi sauf si elle est reine) ne peut adopter un comportement qui favorise un autre si ce comportement le défavorise un tant soit peu . C’est pour ça que je parlais de darwinisme dans le cas du croco qui aide les bufles, c’est sensé être interdit par la nature


    • Djam Djam 17 avril 2020 15:16

      @sylvain

      Ce serait donc une sorte d’intelligence instinctive consistant à accepter une petite part de perte personnelle pour sauvegarder un contexte qui nous est utile aussi... non ?


    • Djam Djam 17 avril 2020 15:20

      @bouffon(s) du roi

      Intéressant car nous retombons sur ce que j’évoque modestement dans mon article... cette recherche de LA Vérité que l’on croit tous pouvoir choper par un petit bout selon nos avancées dans le monde de la réflexion et de l’observation. Ce qui nous enfume tous ça reste quand même notre approche subjective... difficile de sortir de cette cage mentale...


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 15:22

      @Djam

      Je crois que c’est une analyse trop « mecanique » (ceci entraine cela etc.) de notre esprit, or ds la nature tout ne marche pas comme ça, même s’il y a des forces qui gouvernent à notre insu (ou presque) -l’attraction terrestre étant une des forces par exemple.
      Dans cet exemple (le dilemme du prisonnier), c’est la compétition qui est le moteur.


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 15:24

      @bouffon(s) du roi

      là c’etait @sylvain (qd je dis que ça déconne ^^)


    • Djam Djam 17 avril 2020 15:27

      @bouffon(s) du roi
       smiley


    • Djam Djam 17 avril 2020 15:28

      @bouffon(s) du roi

      Je vous rejoins...
      M’en vais relire le dilemme du prisonnier... smiley


    • sylvain sylvain 17 avril 2020 16:01

      @Djam
      Dans ce dilemme, il y a un résultat claire : l’altruiste perd toujours en moyenne contre l’égoiste . C’est plus ou moins censé démontrer la rationnalité du darwinisme sociale et la puérilité de la coopération
      Ce qui est plus intéressant, c’est que des chercheurs ont ensuite créés des modèles ou des tas de prisonniers répètent ce choix, changent de « partenaires » et peuvent adapter leurs stratégies . On ne sait pas prévoir les résultats par déduction, on est obligé d’interpréter les résultats de millions de calculs et d’itération .
      Il y a eu des tas de simulations avec des tas de variantes . Les meilleures résultats sont pour les stratégies oeil pour oeil positif : vous rendez à l’autre la monnaie de sa pièce en lui rappelant de temps en temps que ce serait sympa de coopérer . C’est déja très différent de l’égoisme pur et dure .
      En introduisant quelques variantes qui laisse le résultat de base inchangé ( egoisme= meilleure stratégie), on est aussi arrivé à des simulations ou apparaissent systématiquement des « ilot » d’altruistes, qui se maintiennent un moment jusqu’à se faire bouffer par les égoistes et réapparaissent ailleurs . En changeant certains paramètres les altruistes peuvent même prendre le pouvoir ( tout en ayant une cellule de base egoisme=meilleure stratégie) les égoistes aussi... un résultat beaucoup plus complexe que le laissait penser la thèse initiale


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 17:33

      @sylvain

      Certes mais il pourrait y avoir un égoïsme intelligent ^^

      La Controverse entre messire Pao et le Maître qui Embrasse la Simplicité, tiré de ELOGE DE L’ANARCHIE PAR DEUX EXCENTRIQUES CHINOIS Polémiques du troisième siècle traduites et présentées par Jean Levi.

      3eme siècle, mêmes interrogations ^^

      Maître Pao, lecteur assidu des oeuvres de Lao tseu et de Tchouang tseu, use de son habilité dialectique pour démontrer que les époques reculées sont supérieures aux temps présents, parce que les souverains y étaient inconnus. Voici les arguments qu’il développe dans ses essais :

      Les confucéens prétendent que l’Auguste Ciel, après avoir donné naissance au peuple, l’a doté d’un monarque. Mais le Ciel a-t-il une langue pour prodiguer ses conseils ?
      Les faibles se soumettent aux forts et les sots se laissent commander par les fourbes. Les rapports entre prince et sujets reposent sur cette soumission des faibles, comme le contrôle des masses ignorantes sur celle des sots. Ainsi esclavage et la corvée sont l’expression d’un rapport de force et d’intelligence entre les hommes où l’Azur n’a aucune part.

      Dans l’indistinction primordiale l’absence de différenciation était la règle et la foule des êtres vivants trouvait sa joie dans la satisfaction de ses instincts. Il n’est pas dans la volonté des canneliers d’être écorcés ni dans celle des arbres à laque d’être incisés. Les oiseaux ont-ils demandé que l’on arrache leurs plumes ? Est-il dans la nature du cheval d’être poussé par le mors et la cravache et dans celle du bœuf d’être plié au joug ?
      Les germes de la fausseté et de l’artifice sont nés de là. On utilise la force des animaux, faisant ainsi violence à leur être. On tue la vie pour façonner des objets inutiles ; on attrape oiseaux et quadrupèdes pour se pourvoir en brimborions. On transperce des nez que la nature a créés intacts, on ligote des pattes que le ciel a faites libres. Est-ce le désir de la myriade des créatures ?

      On accable de corvées la multitude afin qu’elle assure l’entretien des officiers. Les nobles ont des prébendes tandis que le peuple vit dans la misère. Certes, un mort rappelé à la vie éprouve une grande joie ; mais n’est-il pas préférable de ne pas avoir traversé cette épreuve ? De même il vaut mieux ne pas avoir à les décliner que de refuser appointements et charges afin de se gagner une vaine gloire. La loyauté et l’équité ne resplendissent que dans un monde en proie aux convulsions. La piété filiale et l’amour parental ne brillent que lorsque les relations familiales se dissolvent.

      Dans la haute antiquité il n’y avait ni prince ni sujets. On creusait des puits pour boire et l’on labourait la terre pour se nourrir. On réglait sa vie sur le soleil. On vivait dans l’insouciance sans jamais être importuné par le chagrin. Chacun se contentait de son lot, et personne ne cherchait à rivaliser avec autrui ni à exercer de charges. De gloire et d’infamie point. Nuls sentiers ne balafraient les montagnes. Ni barques ni ponts n’encombraient les cours d’eau. Les vallées ne communiquaient pas et personne ne songeait à s’emparer de territoires. Comme il n’existait pas de vastes rassemblements d’hommes la guerre était ignorée. On ne pillait pas les nids des oiseaux, on ne vidait pas les trous d’eau. Le phénix se posait dans la cour des maisons et les dragons s’ébattaient en troupeaux dans les parcs et les étangs. On pouvait marcher sur la queue des tigres et saisir dans ses mains des boas. Les mouettes ne s’envolaient pas quand on traversait les marais, lièvres et renards n’étaient pas saisis de frayeur quand on pénétrait dans les forêts.
      Le profit n’avait pas encore fait son apparition ; malheurs et troubles étaient inconnus. Lances et boucliers étaient sans emploi et il n’y avait ni murailles ni fossés. Les êtres s’abattaient dans l’indistinction et s’oubliaient dans le Tao, les maladies ne prélevaient pas leur lourd tribut sur les hommes qui tous mouraient de vieillesse. Chacun gardait sa candeur native sans rouler dans son cœur de froids calculs. L’on bâfrait et l’on s’esclaffait ; on se tapait sur le ventre et on s’ébaudissait. La parole était franche et la conduite sans façons. Comment aurait-on songe à pressurer les humbles pour accaparer leurs biens et à instaurer des châtiments afin de les faire tomber sous le coup de la loi ?

      Puis la décadence vint. On recourut à la ruse et à l’artifice. Ce fut la ruine de la vertu. On instaura la hiérarchie. On compliqua tout avec les génuflexions rituelles, les salamalecs et les prescriptions somptuaires. Les hauts bonnets de cérémonie et les vêtements chamarrés apparurent. On empila la terre et le bois en des tours qui percèrent la nue. On peinturlura en émeraude et en cinabre les poutres torsadées des palais. On arasa des montagnes pour dérober à la terre ses trésors, on plongea au fond des abysses pour en ramener des perles. Les princes rassemblèrent des monceaux de jade sans réussir à satisfaire leurs caprices, ils se procurèrent des montagnes d’or sans parvenir à subvenir à leurs dépenses. Vautrés dans le luxe et la débauche, ils outrageaient le fond primitif. L’homme s’éloigne chaque jour davantage de ses origines et tourne le dos un peu plus à la simplicité première. Que le prince prise les sages, et le peuple cherche à se faire une vaine réputation de vertu, qu’il convoite les biens matériels et il favorise la rapine. Car dès lors que l’on fait miroiter des objets susceptibles d’attiser les convoitises on ruine l’authenticité que l’homme abrite en son sein. Pouvoir et profit ouvrent la voie à l’accaparement et à la spoliation. Bientôt l’on se met à fabriquer des armes tranchantes, déchaînant le goût de la conquête. On craint que les arcs ne soient pas assez puissants, les cuirasses assez solides, les lances assez acérées, les boucliers assez épais. Mais sans guerres ni agressions tous ces engins de mort seraient bons à mettre au rebut.

      Si le jade blanc ne pouvait être brisé y aurait-il des tablettes de cérémonie ? Si le Tao n’avait pas périclité, aurait-on eu besoin de se raccrocher à la bonté et à la justice ? C’est ainsi qu’il fut possible aux tyrans Kie et Tcheou et à leurs émules de faire griller leur prochain à petit feu, de mettre à mort ceux qui leur adressaient des remontrances, de couper en rondelles les princes feudataires, de transformer en hachis les chefs territoriaux, de disséquer le cœur des sages et de scier les jambes de qui bon leur semblait ; ils se livrèrent aux pires excès de la barbarie, allant jusqu’à inventer le supplice de la poutre ardente. Si de tels individus étaient restés de simples particuliers, même dotés du plus mauvais fond et des désirs les plus monstrueux, jamais il ne leur aurait été loisible de se livrer à de telles exactions. Mais du fait qu’ils étaient princes, ils purent donner libre carrière à leurs appétits et lâcher la bride à leurs vices, si bien qu’ils mirent l’empire à feu et à sang.

      Ainsi l’institution des monarques est la cause de tous les maux.

      Comment agiter les bras quand ils sont pris dans les fers et faire preuve de résolution quand on se morfond dans la boue et la poussière ? Prétendre apporter la paix grâce aux rites et corriger les meurs par les règlements, dans une société où le maître des hommes tremble et se tourmente en haut dans son palais tandis qu’en bas le peuple se débat dans la misère, me semble aussi vain que de vouloir endiguer les eaux du déluge avec une poignée de terre et obstruer avec le doigt la source jaillissante et insondable d’où proviennent les océans !


    • Djam Djam 17 avril 2020 17:45

      @sylvain
      Très intéressant !
      Cela me rappelle un jeu que proposait l’une de mes collègues, formatrice, jeu qui s’appelait « jeu du A, B, x, y ».

      Deux groupes sont en compétition pour l’obtention d’un max de points. Pour obtenir ces points, il faut que chaque groupe élabore une stratégie relationnelle comportant un petit discours de négociation qu’un seul porte parole du groupe fait à chaque proposition de rencontre.

      Effectivement, au départ on constatait qu’il y avait une toute petite minorité de coopératifs dont le comportement trahissait au départ l’espoir que l’autre allait forcément être aussi coopératif puisque le proposant l’était..Que tchi ! l’autre profitait de la crédulité de l’offrant coopératif pour le trahir et remporter les points. Au bout de deux ou trois claques, le coopératif passait à son tour en mode égoïste avec un brin d’esprit vengeur !

      Pour autant, comme vous le soulignez, il était intéressant de constater que sur la durée c’était bien le mode coopératif qui gagnait, moins certes, mais honorablement si le jeu durait assez longtemps. Les non coopératifs gagnaient pas mal au départ mais perdaient toujours sur le long terme.

      Je crois qu’en effet l’humain a des ressources tout à fait étonnantes lorsqu’on le pousse dans ses retranchements. Il trouve des détours, des modes originaux, parfois assez complexes pour s’en sortir.

      C’est toujours lorsque nous sommes hors de tous nos modes habituels de sécurité et d’accès aux ressources que nous faisons preuve de courage, d’ambition, d’ingéniosité et autres tactiques qu’on délaisse lorsqu’on vit dans un monde archi organisé, bordé, plein de procédures et de sécurité... smiley


    • sylvain sylvain 17 avril 2020 21:50

      @bouffon(s) du roi
      rousseau doit être la réincarnation de maitre pao . Avait t il son mandeville ??
      ma curiosité malsaine m’a poussé à rechercher le supplice de la poutre ardente, mais il semble trop terrible même pour google


    • sylvain sylvain 17 avril 2020 22:13

      @Djam
      J’ai essayé de retrouver cette simulation, pas moyen, mais elle se présente comme un carré quadrillé, chaque pion représentant un prisonnier, dedans les egoistes ont une couleur, les altruistes une autre ( mettons noir et blanc, pour pas être manichéens) . Quand un pion accumule plus , par exemple, de 100 années de prison, il disparait et est remplacé par un autre pion avec une proportion déterminée ( de base, 50/50)

      . Ils ont changé les paramètres dans tous les sens, nombre d’années, proportions, peines selon les choix

      les chercheurs qui ont fait ces simulations ont aussi constatés, et cela semble évident, que si les égoistes ou les altruistes devenaient hégémoniques alors la simulation cessait d’évoluer, il y avait une forme de mort évolutive . Avec certains paramètres, cela arrive à tous les coups . On imagine en effet mal un monde ou toutes nos décisions sont altruistes, ou l’inverse . Il se peut en effet qu’il y ai des égoismes intelligents, et que l’altruisme nuise même à celui qui est censé en profiter

      Un autre résultat intéressant est que seul les altruistes produisent des structures . Sur tous les quadrillage que j’ai regardé, si on laisse évoluer la situation ( au début, c’est aléatoire), alors on voit quasi systématiquement des structures blanches de formes diverses apparaitre, qui sont entourées d’un fond noir sans structure . Quand une structure blanche commence à s’altérer, elle est en général rapidement détruite . Il y a une sorte de moment critique, quand trop de noirs ont introduit la structure blanche, ou elle se disloque . Les paramètres de base changent considérablement la forme des structures, mais pas le fait qu’il y en ai


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 22:24

      @sylvain
      "Soyez aussi avide, égoïste, dépensier pour votre propre plaisir que vous pourrez l’être, car ainsi vous ferez le mieux que vous puissiez faire pour la prospérité de votre nation et le bonheur de vos concitoyens" Mandeville

      Le juste équilibre, c’est ce qui devrait faire une juste société ^^


    • Djam Djam 17 avril 2020 22:27

      @sylvain
      Tous ces jeux de simulation imaginés, faut pas se leurrer, pour étudier les comportements humains avec le dessein de mieux le contrôler, démontrent me semble-t-il un phénomène unique et universel... tout système vivant recherche sans cesse l’équilibre entre les points de force et de tension. Cet équilibres est en mouvement permanent et les forces en tiraillement aussi. 

      Le génie du Vivant c’est précisément cet équilibre toujours en oscillation, tiraillé par les forces environnante. On constate que dès que l’homme met son grain de sel, pour modifier, contrôler, tenter de contrôler ce Vivant, il modifie le mystérieux équilibre en mouvement et produit des catastrophes.

      La nature sait très bien maintenir son équilibre, son homéostasie. L’homme ne le sait pas parce qu’il n’est qu’une des forces extérieures agissantes et souvent malheureusement pour le pire. Et c’est exact qu’un altruiste ne fait pas forcément que du bien. Tout est une question de point central d’équilibre... les chinois et leur tao ont parfaitement bien compris ça depuis l’antiquité.


    • Djam Djam 17 avril 2020 22:34

      @bouffon(s) du roi
      Mandeville alias Man Devil comme le nommèrent les anglais qui découvrirent sa théorie basée sur le fait de laisser agir les mauvais, les pervers, les voleurs parce que leurs actions génèreraient un « ruissellement » profitable à tout le monde.

      Dany Rober Dufour dans son dernier ouvrage « Baise ton prochain » a analysé la théorie mandevillienne pour mettre en lumière les grands déséquilibres économiques d’aujourd’hui, lesquels découlent effectivement de cette religion du ruissellement repris par certains économistes starisés au siècle dernier.

      Le « laisser faire » ne fonctionne jamais dans les organisations humaines mais uniquement dans les organisations de la nature car le génie de l’harmonie est au cœur du vivant et pas dans le cœur de l’homme qui n’est qu’une créature parasite imparfaite et toxique.


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 22:48

      @Djam

      Merci pour les compléments d’infos smiley


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 avril 2020 11:48

    Il n’y a pas grand chose dont on est certain : on nait, on vit, on meurt, autant le faire du mieux possible, pour le reste ... ^^


    • Djam Djam 17 avril 2020 11:55

      @bouffon(s) du roi

      Je suis bien d’accord avec vous... pour le reste, on fait en effet ce qu’on peut...


    • samy Levrai samy Levrai 18 avril 2020 11:44

      @Djam
      Il y a quand même la thermodynamisme qui semble la seule loi universelle et le fait que 100 hommes en une heure feront toujours plus qu’un homme en 100 heures.


    • Djam Djam 18 avril 2020 13:01

      @samy Levrai
      Tout à fait !
      La seule consolation pour l’homme seul qui bosse pendant 100 h c’est qu’il peut produire une œuvre comme l’artisan s’inscrit dans le temps d’un Savoir faire qui peut s’inscrire dans une vie entière smiley


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