mardi 28 avril - par Baptiste B.

Le confinement c’est le monde rêvé des GAFA

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Notre vie a basculé dans le monde rêvé des GAFA. Discussion virtuelle plutôt que vraie rencontre, série TV plutôt que cinéma, livraison plutôt que shopping, sous vide plutôt que frais, médecine à distance, traçage et dépistage à outrance, PDF plutôt que professeur, voyage par procuration…. Le printemps a laissé place à la monotonie, les likes et les hashtags ont remplacé les sourires. La confrontation au monde s’envole et avec elle notre liberté. Bref, ça vous donne envie ? Moi pas.

 

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Assis seul à la fenêtre de ma chambre parisienne, je contemple le monde. Hier, cette ville était mienne, aujourd’hui elle est celle de quelques mouettes et pigeons. Tout semble être éteint, inerte. Mais en réalité des millions d’appareils électroniques sont allumés et permettent à l’homme de se soustraire artificiellement à sa solitude. Je vois mon voisin, il est seul allongé sur son lit, les yeux rivés sur son ordinateur. Il y a quelques semaines à peine nous parlions d’aller voyager ensemble, aujourd’hui nous ne discutons que des vues sur notre live Facebook ou de nos victoires sur Fortnite. Le seul bruit qui rompt l’effroyable monotonie du silence est la sonnerie de mon interphone qui annonce l’arrivée d’un livreur Amazon. Je ne vis que par eux, ces géants du numérique. Netflix me fait rire parfois pleurer, Amazon me livre, Google m’instruit et me nourrit, Apple me permet de travailler et Facebook me divertit.

 

Le confinement nous oblige à vivre le monde de demain. Un monde d’overdose d’écran, de routine et de répétions. Un monde à portée de clic, mais sans saveur ni odeur. Surtout, un monde où nous ne sommes plus maitres de nos propres vies, car dans ce monde, ce sont les GAFA qui nous contrôlent. 

 

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En fait, le confinement c’est une aubaine pour eux parce qu’il accélère notre transition vers le numérique. Le confinement c’est le monde en slow motion où notre inactivité est telle qu’elle en devient fatigante. L’économie avance au ralentit, les petits commerces mettent la clé sous la porte et les états s’endettent. Mais la vague numérique continue d’avancer à un rythme toujours plus frénétique : Amazon embauche plus de 100 000 employés, les téléchargements Netflix explosent et l’utilisation de Google est tellement importante qu’il a fallu réduire le débit. Cette vague nous nous la prenons de face à une violence inouïe alors que les géants du numérique surfent dessus paisiblement.

 

Les irrésistibles gaulois d’aujourd’hui ou les hommes libres de notre temps sont ceux qui refusent de s’assujettir aux géants de ce monde : les GAFA (Google-Amazon-FaceBook-Apple). Ces géants américains du numérique prennent toujours plus de place et s’immiscent toujours plus profondément dans la vie privée de ses clients. Aujourd’hui, ils contrôlent ce que nous achetons, ne les laissons pas contrôler nos vies !



15 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 28 avril 15:19

    c’est tellement vrai qu’il ne faudrait pas grand chose pour se demander à qui tout ça profite

    avez-vous remarqué aussi que le tracking est le B A BA des techniques de connexions pratiquées par les GAFA ?

    C’est leur fond de commerce, l’alpha et l’omega de leur univers identique à celui du « cr »dit social" chinois.

    quand tous les connectés auront leur fiche à jour, il ne restera plus qu’à cueillir à leur domicile les déviants pour assainir une société sécurisée, traiter pas lobotomie ceux qui sont récupérables et neutraliser les autres, comme on neutralisait les terroristes quand c’était à la mode


  • pemile pemile 28 avril 15:29

    Baotiste B. « les GAFA (Google-Amazon-FaceBook-Apple) »

    GAFAM avec Le M de Microsoft c’est plus cohérent, non ?


    • pemile pemile 28 avril 15:30

      Et en accord avec la photo qui illustre l’article !


    • Baptiste B. 28 avril 15:37

      @pemile
      Oui totalement. J’ai utilisé GAFA parceque c’est un acronyme populaire. 
      D’ailleurs je parle aussi de Netflix qui n’est pas inclus dans l’acronyme non plus. Une appellation plus adaptée aurait pu être : les géants du numérique.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 28 avril 15:44

      @Baptiste B.

      du numérique... et du monde connecté
      je pinaille, mais sans internet, le numérique n’a pas cette fonction de pieuvre centripète


    • Abou Antoun Abou Antoun 28 avril 17:52

      @Baptiste B.
      Oui c’est drôle vous utilisez GAFA dans tout l’article pour en donner la définition à la fin. J’aurais procédé en sens inverse.


  • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 28 avril 17:45

    Si on faisait l’inventaire de tout ce qu’on nous a imposé sans choisir, la liste serait longue...

    Et pourtant nous vivons à l’instant présent comme si tout ce que nous avons et ce que nous connaissons est légitime.


  • Abou Antoun Abou Antoun 28 avril 17:50

    c’est le monde en slow motion

    Voulez-vous dire en ’mouvement lent’ ?


  • Spartacus Lequidam Spartacus 29 avril 10:35

    C’est le syndrome de Stockholm.

    Appeler à la haine des moyens qui offrent un peu de liberté et se ranger au coté des bourreaux qui nous en ont privé. 

    Les GAFA ne sont en aucun cas responsables du confinement, du malaise actuel, mais au contraire la meilleure aide à chacun pour passer cette contrainte copiée d’un pays communiste.

    C’est pas les GAFA qui imposent un laisser-passer, contre les libertés, mais les haut fonctionnaires de la nomenklatura d’état.

    Les GAFA ne sont pas responsables de malaise actuel, ils sont au contraire le signal qui montre que nous sommes devenus un pays communiste qui s’ignore.

    Ce ne sont pas les GAFA qui ont mis dans la tête le conditionnement de la haine des riches, de la haine du profit, de la haine des entreprises riches,de antiaméricanisme, de la haine du spéculateur et qui cherche à imposer l’idée que chacun doit vivre aux dépens des autres par l’intermédiaire de l’état, mais au contraire l’éducation nationale politisée, sans aucune diversité intellectuelle.

    C’est elle qui refuse de montrer que le capitalisme est le meilleur moyen social qui existe et qui fournit l’incitation a donner le meilleur de soi-même pour aider à servir des gens qu’on ne connait pas dans l’échange dans la paix sans distinction de classe sociale, là ou le socialisme est la pire des incitations a détester ceux qui offrent les libertés par la contrainte forcée des gens qu’on ne connait pas et des distinctions de classes sociales.

    Mauvais combat imposé par une société ou le socialisme est partout. Le problème n’est pas les GAFA, c’est qu’il n’y en a pas assez pour nous échapper du socialisme. Le problème c’est l’état.


  • Surya Surya 29 avril 11:33

    1/2

    « Les irrésistibles gaulois d’aujourd’hui »

    Je crois qu’on parle plutôt d’irréductibles Gaulois, mais je suis d’accord pour dire qu’ils étaient également irrésistibles dans leur genre.  smiley

    .

    « Notre vie a basculé »

    C’est vrai que cela peut meubler une certaine solitude en ce moment, et c’est tout à fait compréhensible, mais ça doit s’arrêter au problème du confinement. 

    .

    « Le confinement nous oblige à vivre le monde de demain. »


    Ca ne nous oblige à rien du tout. Vous n’êtes absolument pas obligé de passer vos journées devant votre ordi, ni de le faire à l’avenir. Si vous ne télétravaillez pas, choisissez un bon bouquin et lisez le, comme les gens faisaient avant l’invention de l’internet.

    .

    Et puis je ne vois pas pourquoi il faudrait absolument que notre façon de vivre le monde numérique d’avant le confinement ne puisse pas être retrouvée après.

    On n’est pas sur une pente savonneuse qu’on ne pourra plus jamais remonter. C’est à vous de décider ce que doit être votre vie, maintenant et demain. Si vous laissez d’autres choisir pour vous, tant pis pour vous...


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    Ce n’est pas une obligation (en règle générale) de vivre la tête plongée en permanence dans son ordi, de dépendre des GAFA, mais je peux comprendre que le monde du numérique aide beaucoup de gens à passer le cap du confinement, je ne veux pas non plus les juger, seulement, au risque de me répéter, une fois le confinement terminé (si toutefois il ne doit pas être de nouveau appliqué plus tard, ça risque d’être le cas si les gens ne respectent pas la distanciation sociale, ne se lavent pas les mains etc) il faudra absolument revenir à une vie moins connectée, c’est à dire où l’on utilise les outils numériques comme des outils, justement, qui peuvent faciliter la vie si on en a un réel besoin, et pas comme un nouveau mode de vie, ou pire, une drogue.

    .

    Personnellement je mets un point d’honneur à vivre une vie aussi déconnectée que possible. C’est pour moi la nouvelle forme de vie « alternative », un peu comme les Hippies autrefois qui avaient choisi de vivre différemment, car ils rejettaient la société de consommation et de surabondance de leurs parents, ceux des années 50.

    On se moquait d’eux à l’époque, ou alors ils étaient rejetés, parfois pourchassés par la police, maintenant, on reconnait qu’ils ont ouvert la voie sur beaucoup de sujets (la nourriture bio, il me semble que c’est eux qui ont commencé à s’y mettre, par exemple et à l’époque tout le monde les prenait pour des dingues) et on s’inspire de plus en plus de leur philosophie de vie. Beaucoup de gens ne savent d’ailleurs pas que ces choses viennent du mouvement Hippie.

    .

    Je pense que les déconnectés (à différents stades, certains, dont je fais partie me semble-t-il, ne déconnecteront pas totalement de tout, mais sait-on jamais après tout) sont les Hippies d’aujourd’hui.

    OK, on ne les reconnait pas à des jupes à fleurs et des turbans dans les cheveux.

    Mais les personnes non connectées passent néanmoins pour des attardées, des gens pas « dans le coup », ou pour des marginaux à remettre dans le droit chemin, comme autrefois les Hippies.

    .

    Certes, aller au cinéma c’est impossible pour l’instant, mais on n’est pas contraints de payer un abonnement mensuel chez Netflix pour voir des films. Les DVD avec une bonne vieille télé, ça existe encore.

    Les DVD (et autrefois les cassettes VHS) , c’est le meilleur moyen de voir des films sans être obligés de souscrire un abonnement mensuel qu’on voudra ensuite rentabiliser en regardant n’importe-quoi-n’importe-quand (et le plus de trucs possibles, ça fonctionne comme les restaus « buffet à volonté »)

    Les DVD ça s’achète d’occas (ici £0.5  c’est à dire 50 pence dans les charity shops), ça peut s’échanger, se prêter... Echanger, se prêter, ça participe à un mode de vie plus convivial, plus social, « alternatif ».

    .

    On peut écouter la radio aussi, personnellement j’adore ça, la radio, surtout sur un vieux poste bien vintage  smiley

    .

    Et rien de mieux de toute façon, en dehors du cinéma (le cinéma de qualité, pas les éternelles poursuite en bagnole, le sang qui gicle partout, j’en passe et des meilleures), qu’un bon bouquin sur un sujet qui vous passionne.


    • Surya Surya 29 avril 11:34

      2/2

      Je n’ai jamais eu Facebook, et ça ne me manque pas du tout. J’ai jamais compris à quoi ça servait vraiment, ce truc, à part à rien du tout.

      Si on veut papoter avec ses amis, le téléphone ça existe encore (et ça marche très bien, alors pourquoi le remplacer par autre chose ???), ou alors si vous voulez être plus moderne, ok, des apps sur votre smartphone qui vous permettent de « téléphoner » gratuitement.

      Inutile de s’exhiber devant le monde entier non plus, d’autant plus que les gens ne se rendent même pas compte qu’à part vos vrais amis ou votre famille, tout le monde s’en fiche royalement de votre vie privée. Du moins je l’espère...

      Nous sommes dans une société du narcissisme plus encore que dans une société du numérique.

      .

      Au delà des GAFA, c’est également le monde des réseaux sociaux (autres que Facebook, qui est inclus dans les GAFA) qu’il est plus que temps de remettre en question.

      C’est bien d’essayer, pour voir ce que c’est, après tout faut pas rester idiots, mais il faut ensuite voir si on a un réel besoin de ce truc. Et la réponse sera, invariablement, non.

      .

      Beaucoup de gens sont paniqués à l’idée de perdre leurs « followers » s’ils ne postent pas en permanence (tweets, photos...) sur les réseaux sociaux. Ils ont l’impression, carrément, de perdre des amis, ou alors de ne plus être populaires. Un peu comme un acteur qui aurait été au sommet de la gloire puis aurait sombré dans l’oubli. C’est insupportable pour eux.

      Et là, on vit dans une société de la recherche de la célébrité, plus encore que dans une société du numérique.

      .

      Personne n’est piégé contre son gré dans le monde du numérique, parce que c’est juste une question de choix de vie.

      Ceux qui sont (ou deviendront à cause du confinement) hyperconnextés, ne savent plus qu’un livre, ça existe, qu’il y a une vie en dehors de Facebook, Twitter... Ils ont en réalité fait le choix de se laisser piéger par le monde du tout numérique, du tout technologique.

      Savez-vous que l’on peut même (encore maintenant) vivre totalement déconnecté de la vie numérique ? Juste une question de choix. 

      .

      Vivre en marge de la norme, vivre une vie différente, ne signifie pas rejetter, haïr, la société dans laquelle on vit, et s’enfermer dans une bulle, ou pire tomber dans une secte, ça signifie juste évaluer au mieux ses réels besoins, et prendre ce qu’il y a à prendre, si toutefois on en a un réel besoin, et laisser de côté le reste.


    • tobor tobor 30 avril 02:31

      @Surya
      « le monde de demain, rien ne sera jamais plus comme avant... »
      C’est ce que rabâchent les mono-médias, sous-entendant que tout-le-monde se réjouis d’un monde plus hygiéniste avec quand-même un peu de liberté sous-surveillance si on est sage...

      Ces gens qui font semblant de ne pas avoir compris ce qui se passe ont plutôt choisi leur camps, peu importe les arguments !


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