lundi 17 octobre 2011 - par Paul Villach

Le cri d’alarme d’Alain Bentolila au « Salon littéraire » de Vaux-le-Pénil

On pourrait croire qu’un linguiste est un personnage un peu myope à force de s’user les yeux à décortiquer les textes dans sa tour d’ivoire. Alain Bentolila (1) a montré tout le contraire, dimanche 9 octobre 2011, au « Salon littéraire » de Vaux-le-Pénil, pendant la conférence de deux heures qu’il y a donnée sur le thème « Qu’est-ce que lire ?  » (2).

L’enjeu sociétal d’une langue commune

D’entrée, il a fait prendre la mesure de l’enjeu d’une langue commune pour la survie de toute société. Si ses membres ne la partagent pas et ne comprennent ni les mots ni «  la syntaxe qui les met en scène  », alors c’est l’incompréhension et le repli communautariste qui en résultent. Le mythe biblique de la Tour de Babel devrait mettre en garde : une société qui ne partage pas une langue commune court à sa destruction.

La langue est, d’autre part, la condition première de toute science pour déchiffrer le monde. A. Bentolila a pris l’exemple de Galilée qui a été fort bien compris du pouvoir ecclésiastique quand il a affirmé en 1633 que « la terre tournait autour du soleil  » et non l’inverse. La langue fixe une place au sujet et au complément qui n’est pas négociable : chacun doit apprendre à s’y conformer sous peine de confusion. Et la preuve que Galilée a bien été compris de ses juges qui soutenaient le contraire, c’est qu’il a été assigné à résidence pour le restant de ses jours à Arcetri, dans la banlieue de Florence.

Langue et science ne peuvent s’exprimer enfin que dans une société libérée du carcan de tout dogme. Par l’échange que seule rend possible une langue commune, les hommes s’autorisent à aller voir derrière les apparences. C’est sans doute la meilleure définition de la Laïcité qui seule permet de "penser ensemble" et de questionner le monde au-delà des croyances invérifiables.

« 35 à 40 ans de mensonges ! »

L’enjeu d’une langue commune ainsi perçu, Alain Bentolila s’en est pris alors à ce qu’il a appelé « 35 à 40 ans de mensonges  » qui ont conduit la société française à une situation bien proche de celle de la Tour de Babel où ses membres ne peuvent plus se comprendre et se replient sur leurs divers communautarismes.

1- La négation d’un dictionnaire mental originel

Un premier mensonge a été de nier que l’apprentissage de la lecture dépend du stock initial de mots qu’un enfant de 6 ans détient dans « son dictionnaire mental  » et qui lui vient de son milieu culturel. Il peut varier de 1 à 7, selon A. Bentolila. Qu’on songe à ce qu’il peut en être quand une masse d’enfants apprennent à l’école une langue qui n’est pas leur langue maternelle !

Une méthode pernicieuse venue d’Amérique a prétendu laisser tomber le déchiffrage de la relation entre lettres et sons au profit de la simple photographie de « la silhouette  » des mots à mémoriser.

- Quand ces mots correspondent à des images du "dictionnaire mental" dont dispose déjà l’enfant grâce à son milieu culturel, il les assimile très bien.

- Mais quand ils ne renvoient à rien, l’enfant ne peut apprendre à lire : il est perdu et renonce. En revanche, la méthode syllabique lui donne une assurance, en lui permettant d’avancer pas à pas : il apprend à déchiffrer, mémorise, et reprend confiance.

Les deux méthodes ne doivent donc pas s’exclure : leur pertinence respective dépend du contexte culturel de l’enfant.

2- La négation du labeur qui précède le plaisir

Un second mensonge a été de faire croire qu’il fallait d’abord rechercher le plaisir de lire, quand, dit A. Bentolila, c’est « le labeur (qui) précède le plaisir de savoir lire  », selon le titre d’un de ses récents articles. L’apprentissage du code - à quoi bon le cacher ? - nécessite un rude effort : seules, la relation entre lettres et sons, d’une part et, d’autre part, leur mise en ordre selon une syntaxe invariable ouvrent sur le sens. Nul ne peut s’opposer à ce code sous peine de ne rien comprendre et ne pas être compris.

Deux perversions qui ont été contractées

À ces mensonges se sont ajoutées des perversions dont on a pas su se garder.

1- Les deux attitudes préalables à toute compréhension

Car l’acte de comprendre exige deux attitudes qui doivent s'équilibrer, comme « les deux plateaux d’une balance  », selon A. Bentolila. 

- L’une est « le respect et l’obéissance dus à l’auteur  » qu’on a fini par oublier. Or, pourtant, n’est-il pas important de savoir qu’un auteur est celui qui a pris la peine d’écrire pour transmettre à ses lecteurs contemporains ou futurs avec précision ce qu’il souhaitait transmettre de son expérience ? Cela ne mérite-t-il pas qu’on lui en doive reconnaissance en commençant par faire effort pour saisir au plus juste ce qu’il a écrit ?

- La seconde attitude est celle qui découle de la singularité de chaque lecteur avec sa propre histoire et son expérience originale, c’est-à-dire son cadre de référence personnel à travers le quel est filtrée sa représentation de la réalité.

2- Les deux perversions qui peuvent en découler

Seulement ces deux attitudes complémentaires peuvent ouvrir sur deux perversions.

- La soumission aveugle à l’autorité

L’une est une soumission aveugle à l’autorité de l’auteur qu’on ne se permet pas de critiquer. Le meilleur exemple est la lecture religieuse des textes sacrés qui s’interdit de contester « la parole de Dieu » ou celle des prophètes. Ne reste alors que la psalmodie, la répétition et l’agenouillement devant l’autorité qui ne se trompe pas et ne peut tromper.

Or Dieu sait si une autorité, puisqu’elle est humaine, peut non seulement se tromper mais délibérément tromper. Il est singulier que la lecture prétendument laïque des textes ait imité ce mode de lecture religieux, la parole des Classiques n’ayant jamais fait que remplacer celle des Prophètes.

- L’interprétation personnelle fantaisiste

L’autre perversion est au contraire l’interprétation toute personnelle que le lecteur s’autorise à donner du texte de l’auteur. Il « picore quelques mots  » ici et là et perd le sens du texte que l’auteur a tenu à transmettre. C’est le problème des illettrés aujourd’hui qui ne retiennent que quelques mots et construisent autour une histoire fantaisiste sans aucun rapport avec les informations transmises.

A. Bentolila a cité une expérience de huit mois menée avec ses assistants sur un millier d’illettrés, détectés lors des Journées Défense et Citoyenneté (JDC) qui ont remplacé les Journées d'Appel de Préparation à la Défense. La plupart étaient incapables de restituer la brève histoire qui leur était lue : ils inventaient les anecdotes les plus loufoques à partir de quelques mots saisis ici ou là. Et quand l’histoire originelle leur était relue, ils prétendaient... que l’histoire avait été changée !

Lecture et écriture, conditions de l’autonomie du citoyen

Enfin, A. Bentolila a insisté sur la nécessité d’inscrire l’apprentissage de la lecture dans un projet que le lecteur doit ressentir comme vital pour lui. On ne fournit pas un effort aussi gigantesque qu’est l’assimilation du code de lecture et d’écriture, si on n’est pas certain d’en tirer un bénéfice à la mesure du sacrifice consenti. Or, point de salut aujourd’hui sans la maîtrise de la lecture et de l’écriture, sous peine de rester dépendants des autres et de devoir renoncer à toute autonomie !

Voilà une approche de « l’acte de lire » qui est bien éloigné de ce qu’en a fait l’École. Rien d’étonnant à ce que tant d’enfants n’accèdent pas à ce savoir rudimentaire qui conditionne pourtant la qualité de leur vie future. Ce qui étonne, c’est l’obstination dans l’erreur dont fait preuve l’Éducation nationale et ses prétendus experts, en dépit d'échecs cuisants et répétés. « Errare humanum est, perseverare diabolicum  ». Même si A. Bentolila ne s’est pas aventuré sur le terrain, on est en droit de se demander si cette obstination dans l’erreur n’entre pas dans un plan de démolition de l’École perçue désormais comme dangereuse, après avoir été jugée utile et nécessaire à la première révolution industrielle : n’est-il pas suffisant aujourd’hui qu’une minorité sache déchiffrer sa langue et le monde, tandis qu’une majorité d’incultes ne se verrait offrir pour toute perspective que d’entrer au service des clientèles de la minorité pour survivre ? Paul Villach

(1) Alain Bentolila est professeur à l’Université Paris V.

(2) Le 2ème « Salon littéraire » de Vaux-le-Pénil était organisé par l’Association de la Ferme des Jeux, Familles Laïques de Vaux-le-Pénil, la bibliothèque municipale de l’Arcature et Ciclop 77 ateliers d’écriture.

Pour toutes informations : [email protected]



17 réactions


  • LADY75 LADY75 17 octobre 2011 11:11

    Lady Panam’ s’étonne :

    .. Qun enseignant aussi classique que M’sieur Villach écrive du bien de Monsieur Bentollila, souvent pourfendu par le mouvement néo réactionnaire des « antipédagogues », pour avoir défendu l’idée que le français devait d’abord être enseigné par la lecture d’écrits courants du monde moderne plutôt que par celle des « Grands Classiques »...

    Cette polémique avait été portée un temps par Alain Finkielkraut..

    Bentollila, un temps célèbre pour ses méthodes (fort bien conçues) de lutte contre l’illétrisme et d’apprentissage du Français pour les adultes étrangers était passé de mode et s’était fait oublier..

    Le voilà revenu et cité en référence par Paul Villach « himself » ?

    Ce monde est en plein bouleversement !


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 17 octobre 2011 11:15

    Cher Monsieur,


    Merci pour ce billet. Tout y est dit. 

    « Tous les moyens de l’esprit sont enfermés dans le langage ; et qui n’a point réfléchi sur le langage n’a point réfléchi du tout. » écrit Alain.

    « Le barbarisme préfigure la barbarie », écrit encore Cécile Ladjali dans son remarquable ouvrage intitulé Mauvaise langue (seuil).

    J’ai appris à lire dans la méthode Boscher, tout comme mes enfants, devenus de fins lettrés. BA : ba ; BE, be etc...des briques, du ciment, un mur, une maison, et surtout de patients architectes sans qui rien de tout cela n’eût été possible : des maîtres cultivés, exigeants pour eux comme pour les autres, conscients et fiers de leur métier.

    La lecture comme la langue sont la condition première de toute science pour déchiffrer le monde, le comprendre et s’y inscrire.

    Bien à vous,

    Renaud Bouchard


       et



    • LADY75 LADY75 17 octobre 2011 11:24

      Lady Panam n’est pas sûre..

      Que ce constat de déclin soit exact..

      Plus d’illettrés aujourd’hui qu’hier ? La faute à la méthode globale , (Opposée au B-A BA, B-E BE), à la disparition d’enseignants exigeants ?

      L’éternelle ritournelle du « c’était mieux avant ».. en oubliant qu’autrefois, une grande partie des illettrés qui arrivent au collège aujourd’hui, ne provoquaient guère de débat car après un bref passage dans les classes dites « de transistion » l’industrie les absorbaient, dans cette période de plein emploi d’avant les délocalisations.

      Les illettrés étaient invisibles, voués à la chaine et aux postes d’OS..


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 17 octobre 2011 11:26

    « Ce qui étonne, c’est l’obstination dans l’erreur dont fait preuve l’Éducation nationale et ses prétendus experts, en dépit d’échecs cuisants et répétés.  »


    Quelle est l’erreur de l’Education nationale ? Les enfants savent-ils moins bien lire qu’autrefois ? Que les profs constatent que leurs élèves sont nombreux à ne pas bien lire, c’est évident. N’en aurait-il pas été de même autrefois si l’on avait permis aux petits bergers ou galibots ou ouvriers de la métallurgie de poursuivre leurs études au lycée napoléonien ? N’oublions pas non plus le changement de statut de l’écrit dans notre monde actuel. Lire les panneaux indicateurs et les publicités suffit aujourd’hui à bon nombre de nos concitoyens. 
    Bentolila insiste sur l’importance de l’apprentissage du « code ». Nul ne le conteste. Encore faut-il que le mot déchiffré soit connu et trouve sa place dans une phrase comprise globalement. On a daubé sur les enseignants qui apprennent à lire sur des étiquettes de bouteilles de soda. Au moins cela correspond-il plus à l’expérience réelle des enfants que l’apprentissage sur des textes de Chateaubriand !
    Que l’apprentissage de la lecture demande un effort, rares sont ceux qui le contestent, mais il n’est pas interdit de rendre l’apprentissage plus souriant et de motiver les élèves. Freinet écrivait qu’on ne faisait pas boire un âne qui n’avait pas soif !

    • LADY75 LADY75 17 octobre 2011 11:32

      Lady Panam répond..

      à M’sieur Mourot :

      « Totalement d’accord avec votre propos.. D’autant plus que Bentollila se positionne pour l’apprentissage »contextualisé" de la lecture et de l’écriture !


  • gaspadyn gaspadyin 17 octobre 2011 11:47

    à J. Mourot : Freinet a eu certainement, incontestablement du mérite. Ca ne fait de lui un homme infaillible.

    Se référer à l’âne qui ... est aussi idiot qu’assener : « c’est au pied du mur qu’on voit le maçon ».

    D’abord un âne est un animal qui boit selon ses besoins, et qui n’a pas besoin d’apprendre à lire et à écrire.

    Un enfant est un jeune être humain à qui il faut apprendre, inculquer l’enseignement.

     

    Il est possible ( à condition que les enseignants soient formés, et qu’ils aient l’honnêteté de discuter de leurs difficultés avec des collègues, et qu’ils puissent aussi faire appel à un conseiller pédagogique) de varier les stratégies d’apprentissage, afin de ne pas lasser tout en faisant répéter les nouveautés.

    Mais la rigueur et l’exigence me semblent être nécessaires. Une séance de lecture ne doit pas ressembler à une séance de peinture libre ( qui ne sert à rien, sauf à occuper).

    Faire lire des étiquettes n’est pas idiot en soi, mais ça ne doit être qu’une partie du déchiffrage et de la lecture. Un manuel avec une ou plusieurs histoires est indispensable pour tracer un fil conducteur.

    Et le tout devrait permet d’accéder à Chateaubriand plus tard.

     

     

     


    • LADY75 LADY75 17 octobre 2011 12:13

      Lady Panam précise :

      « Inculquer l’enseignement » ?
      L’étymologie voudrait qu’inculare soit à rapprocher de calx/calcis, le talon.... et qu’inculquer serait donc faire entrer quelque chose dans la tête de l’élève « à coup de talon »..

      Ca eût marché.. aurait dit ma grand-mère..

      Ca eût marché ?

      Personnellement, j’en doute...

      Une bonne partie de ceux à qui cette vision était pédagogique ne convenait pas quittaient prestement le système scolaire dès l’âge du pré apprentissage et entrait dans le monde du travail..

      Je ne pense pas que des enseignants consacrent une année scolaire au déchiffrage des étiquettes de bouteilles de soda sans exercices complémentaires... mais qu’un bon nombre, heureusement réfléchit sur la modernisation nécessaire des méthodes et à leur adaptation au monde actuel...


    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 17 octobre 2011 15:01

      Si tout est bon dans le cochon, tout n’est pas forcément bon chez Freinet. Mais il n’est pas interdit (et pas forcémenr « idiot ») de citer des formules imagées quand elles sont pertinentes. Aurait-il fallu écrire : « On ne fait pas apprendre à un enfant qui n’en a pas envie ? » Ce à quoi certains répondent : s’il n’aime pas ça, tant pis pour lui. On le fera apprendre de force, il nous remerciera plus tard... Je ne suis pas sûr que cela marchera souvent ! 

       
      A part cela, qui a dit qu’une séance de lecture doive ressembler à une séance de peinture libre ? Même les émules de l’AFL et les partisans de l’accès direct au sens ne le disent pas.

  • gaspadyn gaspadyin 17 octobre 2011 13:20

    à Lady : j’aurais dû me relire.

    Je rectifie : inculquer des connaissances.

    Vous devriez éviter de faire appel à des souvenirs d’étymologie, ou ne pas en inventer ; quoique .... c’est vous qui passez pour une sotte savante.

    Et vous devriez vous relire aussi, au lieu de laisser tomber vos remarques d’une manière toute pétasse.


    • LADY75 LADY75 17 octobre 2011 13:36

      Lady Panam répond au malotru :

      "ous devriez éviter de faire appel à des souvenirs d’étymologie, ou ne pas en inventer ; quoique .... c’est vous qui passez pour une sotte savante.« 

      Z’en avez une autre à proposer ? Apparemment non !
      Vous répondez par la définition mais ne dites mot sur l’étymologie... »

      Pétasse ? Ca me rappelle un film consternant qui se déroulait dans un collège.. On y voit un enseignant en dessous-tu traiter une de ses élèves de pétasse !

      Serait-ce une de vos référence ?


  • lavabo 17 octobre 2011 18:04

    Article ridicule ecrit par le maitre du genre..... Ah si on avait laisser les cles de l’educ nat au maitre Popol on serait envahi par les polytechniciens.....


  • Orélien Péréol Aurélien Péréol 17 octobre 2011 18:45

    Les discours qui font peur

    qui disent que tout fout le camp
    ont un succès considérable...

    C’est humain.

  • Orélien Péréol Aurélien Péréol 17 octobre 2011 18:55

    Les idéologues bâtissent le discours de l’autre de façon in conséquente, disons, et s’oppose au discours de l’autre préalablement divergé.


    Un passage : « Une méthode pernicieuse venue d’Amérique a prétendu laisser tomber le déchiffrage de la relation entre lettres et sons au profit de la simple photographie de « la silhouette  » des mots à mémoriser »
    C’est une invention.

    La lecture n’est absolument pas syllabique.
    Exemple : « J’ai un âne au pré dans l’enclos ». Le premier « a » ne se dit pas, à la place se dit « ai » comme è, le troisième a ne se dit pas, à la place se dit « au » comme « o », le quatrième « a » ne se dit pas, à la place se dit « an » comme « enclos ».
    La méthode syllabique n’existe pas plus que la méthode qui aurait laisser tomber le déchiffrage de la relation entre lettres et sons au profit de « la silhouette  » des mots.

    C’est une violence intellectuelle que d’écrire la phrase « Une méthode pernicieuse venue d’Amérique a prétendu laisser tomber le déchiffrage de la relation entre lettres et sons au profit de la simple photographie de « la silhouette  » des mots à mémoriser »

  • guylain chevrier guylain chevrier 17 octobre 2011 21:38

    Bien vu Villach ! Derrière l’idée d’une seule langue il y a une France qui est encore cet Etat unitaire hérité de la Révolution française, c’est-à-dire : une langue, une loi, un territoire, un peuple, qui permet cette solidarité d’un modèle social français unique en son genre, fondé sur l’intérêt général et le bien public. ceci, contrairement à la plupart des pays européens déjà prêts à s’invaginer dans le projet d’une Europe supranationale qui prône le marché pour tous, le règne de l’argent comme seule morale, l’individualisme pour chacun, et les religions comme seules références collectives, l’opium du peuple grand allié du libéralisme et des divisions sur lesquelles il prospère en détruisant tous les biens propres à une humanité digne de ce nom. Une langue commune c’est le début d’une mise en partage avec en perspective la liberté de ne faire qu’un peuple d’égaux.
    GC.


  • anne guedes 18 octobre 2011 00:50

    L’inacceptable n’était pas la position que défendait Galilée en soi, mais le fait qu’elle démentait les Écritures.
    On a le coeur serré lorsqu’on pense à ces jeunes enfants dont la seule chance d’accès à la littérature est l’École républicaine mais dont la famille ne peut ou ne veut considérer cette chance comme un droit.


  • Richard Schneider Richard Schneider 17 novembre 2011 19:17

    Je ne comprends pas la virulence de certains commentaires ... Mais bon. Pour certains tout va bien dans notre pauvre école, étouffée, démantelée par le pouvoir depuis 2007. Pour d’autres, c’est la faute à ... à qui au fait ?

    Vouloir porter 80% d’une génération au Bac, même son initiateur (J.P. Chevènement) reconnaît que c’était une erreur ; en Fac, il faut organiser des cours de Français écrit à des étudiants, bacheliers, incapables d’aligner trois phrases compréhensibles par tous !
    Il y a déjà eu sur ce site un long débat sur les méfaits du « pédagogisme ». On ne va pas le refaire.
    Juste un lien : Débat Gauchet-Meirieu :


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