lundi 15 février - par lephénix

Le cri du coeur brisé

 

"J'ai vu le futur, c'est le meurtre"... Le « prince des poètes » ressentait comme personne la beauté froide de la lumière. Comme celle du métal d'une clé... Leonard Cohen (1934-2016) avait sa clé des chants incomparable pour faire tinter ensemble musique, spiritualité et haute littérature en un subtil amalgame « du transcendant et du terrestre ». Une nouvelle traduction des psaumes contemporains de Book of Mercy (« Livre de la Miséricorde ») vient de paraître.

En 1984, année résolument « dystoptique » et difficile pour lui, Leonard Cohen a cinquante ans et un septième album dans les charts. Peu avant, l’humanité venait d’échapper de justesse à un holocauste nucléaire, suite à une « fausse alerte », grâce à la vigilance russe et aux décisions de Youri Andropov (1914-1984) alors aux commandes de la mégamachine soviétique. Leonard avait déjà vécu tant de vies, dont celle de poète consacré - quoique réfractaire aux honneurs...

Son très liturgique album, Various Positions, riche de « tubes » appelés à devenir planétaires au fil des décennies à venir comme Dance Me to the End of Love, Hallelujah ou If It Be Your Will, ne décolle pas – il se classe au 52e rang au Royaume-Uni. Sa fascinante lumière noire s’épuisait-elle à éclairer notre part d’ombre ?

Ce n’est pas étonnant : la personnalité de Leonard Cohen est radicalement étrangère aux vanités du star system et du vedetteriat. Ce métaphysicien du coeur brisé se laissait juste conduire par ce qui donnait sens profond à notre aventure commune... Un besoin de sens qui passait par celui des mots, dont la justesse allumait les feux inconditionnels de la conscience – pas ceux de la rampe...

Cette année-là, l’homme des mots qui savait trop bien qu’il n’y a jamais de « dernier mot » s’était équipé d’un synthétiseur Casio bon marché, en sus de sa guitare espagnole qui lui donnait des frappes rapides selon la technique flamenca du rasgueado. Puis il avait écrit rien que pour lui un livre comportant cinquante psaumes d’inspiration biblique, grattés jusqu’à l’os, sans penser le moins du monde à un hypothétique public. L’auteur compositeur interprète, si discret sur sa vie intérieure, entendait simplement traduire les mouvements d’un coeur se fracassant dans l’épreuve avant de se régénérer dans un accord bien frappé avec un mystère plus grand que lui, plus grand que la vie. Il l’envisage comme un retour aux sources dédié au Nom – sa légendaire chanson Hallelujah, appelée à devenir « l’hymne universel, oecuménique et laïque » du millénaire à venir, se lit comme des « Louanges à YHWH »... Existe-t-il pour chacun d’entre nous un « torrent de miséricorde » qui nous régénererait selon notre abandon et notre foi ?

Mais des psaumes aussi, ça se chante – tout comme il y a des chants d’église ou des chants chez Homère. Bob Dylan disait que les chansons de son ami Leonard ressemblaient « de plus en plus à des prières »... Tout est chant et prière chez Leonard Cohen – et dans cette longue plainte passionnée qu’un humain adresse à son Créateur dans le saisissement du rythme universel accordé au simple fait d’exister. D’abord, il compte intituler son livre The Name (« Le Nom ») puis The Shild (« Le Bouclier ») avant d’opter pour Book of Mercy (« Livre de Miséricorde »). Le livre et l’album sont « intimement liés l’un à l’autre » rappelle en avant-propos Alexandra Pleshoyano, représentante académique des Archives Leonard Cohen, qui y voit une « démarche pénitentielle » : «  Le mot « coeur » est le plus cité dans ses psaumes. En acceptant de renoncer à sa petite volonté pour devenir l’instrument d’une plus grande volonté, Cohen collaborait modestement à l’oeuvre qui se réalisait à travers lui : « tu deviens toi-même le travail, tu n’es plus à côté, tu deviens l’instrument de l’énergie. (...) L’espérance viscérale de guérir ou de réparer ce qui a été brisé, afin d’obtenir la réunification de l’être par un retour au Nom, est inhérent aux psaumes de Leonard Cohen. » Les paroles du psaume 18 s’ancrent dans la réalité exsudée par l’expérience et les épreuves de chacun. Elles s’insinuent comme en un chant parlé, puissamment murmuré, en équilibre entre ironie et désespoir sur cette capacité innée de ne pas s’arrêter de vivre et celle, durement acquise, de dire : « Prenez courage, vous qui êtes nés dans la captivité d’un malheur établi ; et tremblez, vous les rois de la certitude : votre ferraille est devenue semblable à de la vitre, et la parole qui la fracassera a été prononcée. »

Celles du psaume 24 élargit la métaphysique du coeur brisé et l’expérience des blessures comme des défaites sur le tranchant de l’existence, au plus vif de la plaie - jusqu’à la pleine grâce de la chute vécue de l’apesanteur à la découverte de sa densité propre : « la blessure élargit chaque coeur. L’exil général se densifie, le monde entier devient la mémoire de ton absence. Combien de temps nous traqueras-tu avec le chagrin ? Combien de temps feront-ils rage, les feux purificateurs ? Le sang buvant le sang, la blessure avalant la blessure, le chagrin torturant le chagrin, la cruauté répétant son rôle dans la nuit incommensurable de ta patience. »

Le psaume 35 correspond à la chanson If it Be Your Will, enregistrée avec Jennifer Warnes. Inspiré d’une prière juive, le Kol Nidre, il dit cet abandon sans réserve à la volonté de l’autre : « Attache-moi à ta volonté, attache-moi avec ces fils de chagrin et rassemble-moi hors de cet après-midi où j’ai déchiré mon âme sur vingt autels monstrueux, offrant toutes choses hormis moi-même.  »

« J’ai vu le futur, frère, c’est le meurtre » psalmodiait le chercheur de sagesses (The Future, 1992) de sa voix de « violoncelle usé ». Nous y sommes et le poète n’est plus. Il a eu le temps de finir en patriarche et en « perdant magnifique » qui a renversé la table de jeu avec une oeuvre dont l’âpre poésie « touche le coeur des hommes ». Une oeuvre majeure, arrachée à l’épreuve du feu comme à la flamme incertaine de ces « millions de bougies qui brûlent, pour le secours qui ne vient jamais » (You want it darker, 2016)... La poésie est-elle vraiment « la trace d’une vie, non la vie même », les « cendres plutôt que le feu » comme il l’écrivait ? De quoi le silence glacé de l’univers est-il la preuve ?

Leonard Cohen, Livre de la Miséricorde, Seuil, collection « Fiction & Cie », 128 p., 15 €



43 réactions


  • Arogavox Arogavox 15 février 08:37

    Un clin d’œil à Blaise ? :

    « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie ». 


  • velosolex velosolex 15 février 10:26

    Depuis le début, en fait, dés 66, les chansons de Cohen, tels « sisters of mercy », ou « Nancy » sont des prières. Elles n’ont en rien vieilli, car il se situait déjà à part, de l’autre coté du temps et des modes.il n’a sorti finalement que quelques albums, mais qui sont tous de vrais chefs, d’oeuvre, Le poids de la culture est hébraïque est omniprésent dés ses premiers textes, mais distillée dans une transfiguration. Et si il y a une religiosité mystique, Cohen n’appartient à aucun clan. Il s’était retiré du monde, et de la chanson, et je crois que son retour était en grande partie liée à un agent qui l’avait dépouillé. So long, Léonard. 


    • lephénix lephénix 15 février 10:47

      @velosolex
      le « retrait » était sa tentation constante et son « retour » était une chance qui nous a valu trois chefs d’oeuvre de plus il n’avait pas le choix, sa manager l’avait dépouillé de quelques millions et il y avait les impôts à payer sur ces millions qu’il n’avait plus...« créer » pour raisons fiscales...il ne souciait guère de questions d’« argent », ne lisait que distraitement les contrats et s’est retrouvé volé dans ses débuts avec « suzanne » en 68 sur laquelle il n’a pas touché ses « droits » que son arrangeur s’est arrogé...


    • velosolex velosolex 15 février 22:50

      @lephénix
      Comme quoi les escrocs sont parfois des bienfaiteurs de l’humanité. 
      Les footballeurs se font avoir très souvent par leur agent aussi. Peut être pour ça qu’on dit que d’est des artistes. 


    • velosolex velosolex 15 février 22:56

      @lephénix
      Je me souviens que Cohen disait dans un interview, que le grand bénéfice de la célébrité était que ça lui avait permis de baiser les nanas dont il rêvait à quinze ans. Bien sûr, ce genre de déclaration ne passerait plus maintenant. La boutade et l’humour, sont devenus insupportables. Mieux vaut donc parler du coté religieux de Cohen.
      Mais enfin, que veut il dire par « Suzanne takes you down » ?


    • lephénix lephénix 15 février 23:04

      @velosolex
      seule Suzanne V pourrait répondre  elle vit encore... Une vie de Leonard c’était aussi au service de ces dames, « la chair comme tapis de prière » : il était « victime » de son succès et les fuyait dans le désert, au monastère zen... peine perdue : elles s’y bousculaient au portillon... autant revenir à la « vraie vie » avec le quotidien comme exercice...


    • velosolex velosolex 16 février 00:09

      @lephénix
      Au début, le paradis c’est d’avoir une fille nouvelle chaque soir dans son lit
      Après, l’enfer, c’est c’est d’avoir une fille nouvelle chaque soir dans son lit

             C’est de John Lennon, mais je cite de mémoire.
      Il est possible qu’il parle du matin, au lieu du soir. 


    • velosolex velosolex 16 février 00:27

      @lephénix
      Merde. j’ai pas assez travaillé « jeux interdits » à la guitare, quand il n’était pas trop tard pour faire une carrière de folk singer. 
      Vive la vraie vie, et la maitrise de la frustration et du désir, comme dirait surement Léonard.
      Peu de folk singer ont eut ce pouvoir d’envoutement, et une voix et des textes si magnifiques.
      Bob Dylan, pendant quelques années, de 61 à 65 à peu près eut de pouvoir lui aussi. Je me souviens d’un interview de Pete Seeger qui disait que la première fois qu’il a entendu miser tambourine man à la radio, il a réalisé qu’il pouvait mourir tranquille, que la relève était là


    • lephénix lephénix 16 février 09:08

      @velosolex
      lou reed disait : « nous avons la chance d’être les contemporains de leonard cohen »
      il était bien plus qu’un folk singer  et avant tout, un poète...
      c’est ce poète timide mais déjà reconnu pour son talent que son amie Joni Mitchell a littéralement précipité sur scène, elle lui a forcé la main en toute amitié pour qu’il interprète lui-même ses propres chansons qu’il écrivait pour les autres...c’était en 67, il avait déjà l’âge du christ et s’estimait trop vieux pour commencer une carrière« d’interprète en sus d’une vie d’auteur-compositeur... la suite fut un magnifique démenti, une constante réinvention et une perpétuelle interrogation sur le sens de l’aventure vitale présumée »humaine"...


    • velosolex velosolex 16 février 11:47

      @lephénix
      Il me semble que le premier album« songs of the room » date de 66.
      Ma soeur avait le disque, et à l’age de 12 ans, j’ai été envouté
      Joni Mitchell, une personne lumineuse, dont en octobre, arte à entretenu la mémoire, au milieu d’autres mythes, dans un reportage en deux morceaux, Je ne sais pas si c’est encore disponible. 

      A Laurel Canyon, avec les Doors, Joni Mitchell, David Crosby…





    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 16 février 12:05

      @velosolex

      Salut. Lorsque tu pense qu’il n’a pas touché un fifrelin pour « Suzanne » ... Dégoûté !
      .


    • lephénix lephénix 16 février 12:31

      @velosolex
      d’après sa biographe, son premier album est sorti en décembre 67 après un enregistrement épique commencé au printemps de cette année-là...


    • velosolex velosolex 16 février 13:20

      @Aita Pea Pea
      Il a quand même bu un tasse de thé au jasmin, avec Suzanne, en regardant la rivière couler, et cela vaut tous les trésors du monde !
      Et même que la théière n’est pas vide. Chacun peut se resservir


    • velosolex velosolex 16 février 13:23

      @lephénix
      Une erreur alors. J’avais lu aussi « the favorite game », le roman qu’il avait publié, mais dont il faut dire que son succès tient à sa réputation de poète. Néanmoins, en le lisant, j’avais retrouvé son univers onirique, plein d’ombre et de non dits


    • velosolex velosolex 16 février 13:30

      @Aita Pea Pea
      Il y a aussi un reportage sur Leonard, qui date du début des années 70, où on le voit, très accessible, comme c’était la règle tout de même assez à l’époque, avec les fans montant sur scène, ou l’interpellant, quand le concert est interrompu pour une raison technique, et demandant à se faire rembourser. Ce qui donne lieu à de longs palabres, sur la dialectique dominant dominé, ou finalement Cohen sort son portefeuille pour rembourser le pseudo révolté. .
      Genre « Qui est tu pour prendre un micro, as tu une légitimité supérieure à la mienne
      . Débat foireux et rigolo, remettant dans la dynamique révolutionnaire de ces années là. Je me souviens de Lacan, apostrophé aussi par un étudiant remettant sa légitimité en question. Et Lacan rebondissant sur cela pour se lancer dans un speech sur »l’ange rédempteur". 
      Et dire qu’à cette époque on pensait que le monde serait meilleur. 


  • eau-pression eau-pression 15 février 10:27

    Avait-il lu Bernanos ?

    « On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »

    Georges BernanosLa France contre les robots (1947)


    • lephénix lephénix 15 février 10:41

      @eau-pression
      probablement quoique sa biographe Sylvie Simmons ne le mentionne pas... il avait sa vie entre les lignes des biographes et hors des radars... dont une bonne partie au « mont chauve » dans le monastère zen..


  • popov 15 février 11:16

    Avant de connaître L. Cohen, je trouvais que l’anglais était une langue moche.


    • Lampion Séraphin Lampion 15 février 14:24

      @popov

      Ce n’est pas une langue, c’est un outil de transactions commerciales internationales.


    • velosolex velosolex 15 février 21:21

      @Séraphin Lampion
      C’est aussi la langue de Shakespeare. 


    • lephénix lephénix 15 février 22:05

      @popov
      toute langue peut être transcendée ou « remise à son état naissant » (francis ponge) par la force poétique... c’est flagrant avec L. Cohen qui a changé le plomb de la langue du « business as usual » en pure ferveur poétique, en célébration, en psaumes et en prières...


    • velosolex velosolex 15 février 22:46

      Par contre Woody Allen disait qu’à chaque fois il entend Wagner, il a envie d’envahir la Pologne. 

      Hitler, lui même, était sorti de la dépression en écoutant la chevauchée des walkyrie. Peut être pour ça que Coppola l’a employé dans « Apocalypse now. Des hélicos à la place des bourrins. 

      Quant à Cohen c’est sûr qu’écouter »Suzanne" ne donne pas envie de partir sur le front 

      Mais je pense que si Goering l’interprétait en Allemand, ça donnerait tout autre chose. On ne parle jamais assez de la force de l’interprête. Ach so !


    • @velosolex

      Mais je pense que si Goering l’interprétait en Allemand, ça donnerait tout autre chose. On ne parle jamais assez de la force de l’interprête. Ach so !


      Penser que Goëring était un gros porc stupide est une erreur, c’était un amateur d’art éclairé. Un type infiniment plus intelligent et éduqué qu’Adolf qui n’était en fin de compte qu’un paysan inculte.

      C’était aussi un pilote exceptionnel, et un meneur d’hommes. Le petit caporal, par contre...

      Mais l’histoire est écrite par les vainqueurs (je suis quand même bin contain qu’ils se soient pris une branlée, je précise).

      C’est juste qu’au delà de la propagande, il faut aussi regarder les faits, sans passion.


    • cyrus CoinCoin 15 février 23:04

      @Philippe Huysmans, Complotologue

      Goering était certe bien plus complexe que ne le dit « la legende » 

      Mais traiter hitler de paysan inculte c’ est vachement le sous estimé 
      il avais reusit a infilter et a prendre la tete d’ un parti d ’extreme gauche pour en faire un parti fasciste ... c’ etait un cameleon , charismatique et capable de convertir les gens comme un bon psychologue , il exercais une veritable emprise sur ses proi ...

      Goebelles lui etait notre P1000 de service , capable de te faire croire qu’ il fait nuit en plein jours a coup d’ auto citation ...

      himler , un feru d’ ocultisme dark a su prendre contact avec les secte les plus obscure d’ allemagne et d’ europe ..

      N’ oublions pas non plus Krupp celui sans le fer de qui la remilitarisation n’ aurais pas ete possible aussi vite ...

      Toute ces ordure avait de reel talent , croire le contraire c’ est se preparer a le revivre une nouvel foi .


    • velosolex velosolex 15 février 23:04

      @popov
      En fait ,tout dépend de qui parle anglais. .
      Quand c’est la Suzanne de Léonard Cohen, c’est cool. Quand c’est miss Thatcher, ça l’est moins.
      La même chose avec l’Allemand, entre Goebbels et Marlène Dietrich. 

      Giscard n’a pas très bien promotionné non plus notre langue. 
      J’imagine qu’il aurait traumatisé n’importe qui , en chantant Suzanne en Français, tout en s’accompagnant à l’accordéon. 


    • @CoinCoin

      Le seul talent d’Hitler était son pouvoir hypnotique. C’était un con fini.

      Himler par contre était un manager né, il avait le génie de l’organisation.

      Pour la propagande, Goëring était une bille c’était le génial Goebbels qui était à la barre. Linguiste passionné, amoureux des mots et de la langue. Cerveau très aiguisé.

      Non, pas cons, du moins pas tous, ou pour le dire autrement, tous avaient un talent.


    • velosolex velosolex 15 février 23:15

      @Philippe Huysmans, Complotologue
      Pilote exceptionnel, sans doute, et amateur d’art aussi. Par contre la façon dont il complétait sa collection laisse critique. Pour ne pas parler du reste de ses oeuvres. On prend un homme dans sa globalité. Il est possible aussi que Dutroux ait un talent particulier, mais l’homme n’est pas qualifié pour diriger un pensionnat de jeunes filles.
      Pour revenir à Goering, il a été victime d’une balle lors de la première tentative de putsh d’Hither, en 23, et poursuivi par des spartakistes, il n’a trouvé miraculeusement son salut que par l’accueil de deux vieilles dames qui l’ont caché, et lui ont donné les premiers soins.
      Hors il s’est avéré que ces dames étaient juives. Dans les années trente, avant la nuit de cristal, elles ont reçu une grosse somme d’argent, et un ticket de bateau pour les états unis.
      Je ne dirais pas pour autant que c’est ce qui sauve Goering, mais c’est ce qui lui donne une humanité. Nul doute que c’était un meneur d’hommes et un séducteur. On sait qu’il obtint d’un GIs américain l’ampoule de cyanure qu’il cachait dans une valise à l’intendance de la prison de haute sécurité. Une relation d’amitié s’était nouée entre les deux hommes, sans aucun doute dans ce but précis ; Fait troublant, cet américain était le sosie de Goering. . 


    • cyrus CoinCoin 15 février 23:23

      @Philippe Huysmans, Complotologue

      Non toujours pas d’ accord , meme si hitler etail le plus petit QI de la bande doté de peut de culture profonde (plustot du vernis) ca n’ en fait pas un « taré » ou un con finit .Tout comme poutine , il s’ est fabriquer par l’ espionage et la manipulation des gens et pour cela in faut une sorte d’ intelligence que tout le monde n’ as pas .

      c’ est un peut trop facile de l’ imaginer comme le dictateur de charlie chaplin ...

      c’ est lui aussi un personage complexe dont on est tres loin de connaitre toute les facette ... On as principalement retenus le dictateur fou , viellissant handicapé , mais il y a eu un homme bien plus performant avant ...

      Enfin bon on va pas passer la nuit la dessus smiley
      t’ as bien sur le droit de ne pas etre d’ accord 


    • velosolex velosolex 15 février 23:23

      @Philippe Huysmans, Complotologue
      Là encore à quoi ça sert d’être performant dans un domaine, si la globalité est faussée.
      Martin Heidegger était tout autant un philosophe hors pair, mais pourtant il souscrit à cette aberration de nazisme, qui est un désaveu de la pensée.
      Il y a là une psychose de la pensée et de l’être. Une absence de communication entre intelligence formelle et émotionnelle, au profit du cerveau labyrinthique et reptilien. La seule explication est la soumission à ce projet dingue, est le profit hormonal lié au pouvoir sur les autres.
      Pour cela, les psychopathes n’ont aucun problème à adhérer. Là ou les autres seront dans l’empathie avec la souffrance des victimes, eux seront dans le plaisir. 


    • @velosolex

      Tous les hommes sont humains, et donc capables d’humanité, et aussi capables d’être de parfaits salauds. C’est ce qui rend le jugement complexe.

      Pour Dutroux, assez d’accord, je ne comprends même pas qu’on ne l’ait pas « bavuré » lors de l’interpellation, en tout cas moi, j’aurais pas hésité un quart de seconde.

      Ce que je retrouve en vous lisant, c’est la mesure. Elle est un peu trop aux abonnés absents, bien souvent, sur ce site.


    • cyrus CoinCoin 15 février 23:27

      @velosolex

      On prend un homme dans sa globalité. Il est possible aussi que Dutroux ait un talent particulier, mais l’homme n’est pas qualifié pour diriger un pensionnat de jeunes filles.

      c’ est tout as fait ca , tout les homme ont des facette , c’ est tres reducteur de ne les regarder que d’ un seul bloc ...on tombe dans la caricature ...

      Quand les monstre sont des imbecile , il font bien moins de degats .

      (n’ y vois bien sur aucune apologie des monstre , plutot le regard d’ un zoologiste sur des animaux extrement dangereux mais fascinant tout autant que repugnant)


    • velosolex velosolex 15 février 23:39

      @Philippe Huysmans, Complotologue

      Je ne surprendrais personne en disant qu’Hithler était aussi un meneur d’homme. Il a mis un certain temps, cependant à s’en apercevoir. Comme beaucoup d’ailleurs, qui le découvre dans l’exercisme d’un profession, ou s’aperçoive de leur aura sur une scène de théatre. Un peu ce qui est arrivé à Adolph. En 1918, alors qu’il y a le début d’une révolution communiste en Allemagne, l’était decide de former des tribuns, afin de prévenir la propagande par une autre propagande. Aussi, par voix d’affichage dans les casernes, on convie des volontaire afin de prendre la parole devant les soldats. C’est à cette occasion qu’Hitler s’apercevra de son talent, et de son pouvoir électrique sur les foules. Talent qu’on sait qu’il perfectionnera, avec l’aide de professionnels. La machine nazie est avant tout une affaire de propagande et d’emprise. Avant les américains ils réalisent que le cinéma est capable d’un impact décisif. Leni Rifensthal, on le sait tournera « la puissance de la volonté », les dieux du stade. Toute une mythologie inspirée des péplums est au service du parti. Dés lors, plus rien n’arrêtera la machine. Ce qui est sinistre, c’est que la cinématographie allemande et son esthétisme qui donnera la grande vague de l’expressionniste est inspirée par des cinéastes d’origine juives, que Rifensthal pillera et tentera de les faire disparaitre. Pour moi ces sinistres guignols relèvent du crime en bande organisée, à un point omega. C’est la pire expression de la ciminalité humaine, et la pire tentative d’influence sur les foules, s’inspirant il est vrai de pionniers qui leur avait ouvert la voie 


    • velosolex velosolex 15 février 23:50

      @Philippe Huysmans, Complotologue
      J’ai bien aimé les polars de Philipp Ker, mort malheureusement il y a deux ans, mais qui s’est servi du théâtre de la guerre en Allemagne, pour faire une série très subtiles de romans policiers, avec un inspecteur, Bernie Gunther, issu de la Kripo, qui était la police d’investigation avant la guerre, avant qu’elle ne soit incorporée à la SS, ce qui abouti au fait peu connu que tous les soldats SS n’étaient pas des volontaires. Bref, c’est ce fil qui permet à Ker d’imaginer des intrigues au sein du nazisme, et surtout de dresser le climat ambiant, tout en se servant des faits historiques et de la trame des personnages connus, que l’inspecteur Gunther rencontrera au fil de ses enquêtes. 


    • velosolex velosolex 15 février 23:58

      @CoinCoin
      Quand je cite le fait divers de ces deux vieilles dames juives que Goering sauva, et que je dis que c’est qui lui donne son humanité, je veux l’inclure dans la société des hommes. Dire qu’un homme est un monstre est trop facile, car nous l’excluons ainsi de notre champ critique. Nous refusons de penser les mécanismes qui ont abouti aux crimes. La folie, évoqué souvent, est tout aussi pratique, pour faire forclusion du malaise. Ce n’est pas l’horreur d’un crime qui fait le fou, c’est sa structure mental, indépendamment du crime. 
      Si Goering sauve les deux vieilles dames juives, c’est ce qui le sauve, mais c’est ce qui l’enfonce aussi. Car se faisant il révèle qu’il sait pertinemment bien ce qui les attend s’il ne fait rien. En cela il dévoilé aussi qu’il maitrise le projet nazi de A à Z, bien avant qu’il ne soit lancé. 


    • velosolex velosolex 16 février 00:04

      @Philippe Huysmans, Complotologue
      Il faut sans doute être très humble pour déterminer ce qu’on aurait fait nous mêmes, dans certaines circonstances, à un certain âge, à une certaine époque, emporté par le climat. C’était un peu le propre du film « Lacombe Lucien » de Louis Malle, racontant le destin d’un jeune gars qui veut s’embaucher dans la résistance, et qui après un refus, et qu’il ai été victime d’une crevaison en vélo, se voit aidé et récupéré par un milicien. 


    • cyrus CoinCoin 16 février 00:04

      @velosolex

      Oui c’ est peut etre a reformuler , les monstre tout comme les saint font partis de l’ humanité , et parfois ont peut meme etre saint/humain/et monstre dans le meme corp humain ...il n’ est pas question de les depersonaliser par revanche idiote , puisque c’ est justement de depêrsonalisé d’ autre humain leur plus grand crime .

      cyrus


    • @velosolex

      Oui, ce que j’aime bien chez toi, l’analyse humaine et la raison passent avant le dogmatisme.

      On ne sera sans doute jamais d’accord sur tout, mais moi ça ne me dérange absolument pas.

      J’ai déjà eu cette discussion avec mon épouse, à propos du nazisme, et je lui ai dit : « je n’ai absolument pas la moindre idée de ce que j’aurais été ».

      J’espère juste...

      Le grand père de ma femme a fait Stalingrad, côté allemand. Un brave petit homme, gentil comme tout. Mais qu’a-t-il fait là-bas ? Il n’en a jamais parlé.

      La première fois que je l’ai rencontré il est rentré dans l’appart en faisant le salut hitlérien et en disant « Heil Hitler ». 

      C’est piquant parce qu’au moment de la guerre il détestait autant que faire se peut les nazis.

      J’ai connu sa femme, sa fille et sa petite fille (ma femme), c’était bien un type extraordinaire de gentillesse et de dévouement.

      La complexité de l’homme... Je commence à la comprendre et du coup je suis nettement plus modeste s’agissant de juger.


    • pemile pemile 16 février 00:20

      @Philippe Huysmans, Complotologue « La complexité de l’homme... Je commence à la comprendre et du coup je suis nettement plus modeste s’agissant de juger. »

      A encadrer ! smiley


    • cyrus CoinCoin 16 février 00:27

      @pemile

      tu t’ ennuyait tout seul mon sucre d’ orge smiley
      Allez va faire dodo , n’ ais pas peur du noir smiley


    • @pemile

      A encadrer !

      Pense à faire une photo et à me l’envoyer, pipile.


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