vendredi 10 novembre 2023 - par Magali Guerrero

Le danger du cybermonde ou la disparition du libre arbitre accompagnée de troubles autistiques ?

Cet article, de 2017 actualisé, supplée celui publié le 8 novembre 2023 intitulé "L'humanoïsation du cerveau humain". Il sera suivi d'un troisième "La consommation de l'acte juridique"....

Les lecteurs "curieux" du choix de partir de la justice [plutôt de la prestation juridique] pour débattre des conséquences de l'IA sur notre avenir "cérébral" en comprendront les raisons. 

Commençons notre sujet du jour....

Les réseaux sociaux sont devenus les bancs publics sur lesquels nos aïeux s'entretenaient de la vie du "quartier". 

L'actualité y était décortiquée, critiquée en toute bonne foi. Bien entendu, les ragots ont toujours fait bon ménage !

  • Aujourd'hui, ça va bien au-delà...avec le virtuel...

Afin d'avoir à l'esprit, tout le long de la lecture, cette conscience de la porosité de ce monde "préfabriqué", dessinons le contour du cadre "juridique". Gouvernance d'une protection des individus face à cet espace virtuel avec l'nstitution d'un garde-fou contre les abus de l'informatique.

Au préalable, interrogeons-nous...

Avions-nous besoin d'une "police" de la parole lorsque nous nous rencontrions sur nos "bancs" ? Les raisons de cette nécessité ?

Cette prise de conscience du danger Internet provient du tollé général que rencontra le projet gouvernemental "SAFARI" des années 70. Un média le qualifia de "chasse au Français". Le Premier ministre Pierre Messmer s'obligea au retrait. Dès 1978, création de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).

L'informatique doit être "au service" du citoyen et aucunement "le citoyen" au service de l'informatique

Illustration :

Dans une décision du 17 mai 2017, l'Autorité de protection des données personnelles pointait du doigt un réseau social pour des manquements à la préservation des données personnelles des internautes. 

La condamnation par la CNIL à 150 000 € d'amende de ce "service" concernait la transmission de donnéees personnelles et pistages à l'insu des Individus "avec ou sans compte". 

Ce cadre étant posé....revenons à notre cybermonde...

Constat : de nos jours convaincre l'Autre à partir d'images, d'albums tout en couleur afin de susciter l'admiration béate est devenu légion.

  • L'apparence plutôt que l'Etre...

L'image infantilise, concentre l'attention sur le sensationnel, le beau, le romancé bien plus que sur le contenu, la raison éclairée : Cibler l'émotivité de chacun, c'est endormir le discursif, c'est freiner l'intellect.

  • L'atrophie cérébrale guette-t-elle l'espèce humaine ?

L'intelligence artificielle engendrerait-elle une diminution ou perte des fonctions neurologiques ?

La rhétorique, si cher à Aristote, céderait-elle sa place aux buzz....à du vindicatif...nettoyés de toute argumentation ou raisonnement logique ? 

Illustrons : Pour diriger nos pensées, notre choix sur une personne, que publient certains médias ?

"Il est beau, il est intelligent" [alors que l'Individu nous est inconnu]...

Appauvris, nos perceptions sont anesthésiées. Cet anesthésiant nous inculque [inconsciemment ?] d'éviter de nous fier à notre instinct, notre intuition qui sont, rappelons-le, des signaux, des alertes face à un danger à la base de nos propres perceptions "naturelles".

Les smartphones occupent nos cerveaux en nous focalisant sur des jeux ou sur la vie des "amis" [qui ne sont, pour la plupart, que de simples "contacts" inconnus] qui s'étale sans limites pour certains.

  • Le réseau, un faire-valoir associé à un exhibitionnisme à outrance ?

Le cyber-harcèlement a fait son entrée dans la politique de prévention et de lutte contre le harcèlement à l' Ecole : l'une des modalités.

  • Faut-il banaliser l'enfant, l'adolescent ou même l'adulte, victime et son acte de suicide ?

Pouvons-nous dès lors affirmer que cet enfermement fait disparaître l'essentiel, le lien social, le dialogue ?

  • L'Etre humain qui débat, serait-il devenu le différent ? L'intrusif ? Le gênant ?

La société du relationnel physique cède, de plus en plus, sa place à l'écran, à l'éloignement...

  • Le virtuel serait-il en train de supplante le réel ?

Avec l'usage des blogs, l'impression que nous avons de pouvoir nous dévoiler indéfiniment vient de ce que l'autre est virtuel.

  • Souffre-t-on du regard d'autrui, de la peur d'être jugé ?

Certains cachent les commentaires indésirables.... D'autres espèrent derrière leur écran... Combien de "j'aime" aujourd'hui ? Démonstration de notre notoriété "virtuelle".

Un sentiment de liberté absolue nous envahit... C'est l'inverse du face-à-face dans lequel le regard de l'autre pourrait s'assimiler à un dénigrement de soi. Nous nous sentirions rabaisser à tort ou à raison.

Pourtant....

  • Se sentir exister et accompagner dans une société "réelle" : Nos aïeux l'ont fait ! Nous l'ont léguée...suite à la prise de conscience que les Individus pouvaient s'adonner à de la déshumanisation...

Etonnant voire bizarre de devoir défendre la réalité alors que nous sommes des individus réels "vrais" de chair et de sang... Pour nous en convaincre, si besoin, établir un parallèle avec les "humanoïdes" que certains personnifient. Ce qui rend difficile, parfois, la démarquation entre deux mondes, le nôtre et le parallèle que nous nous fabriquons.

Or, le cybermonde, le virtuel ne sont que l'intrusion, dans le pire des cas, ou l'association d'une machine pour faciliter la relation à l'autre ou l'assistance dans les tâches du quotidien. Alors que s'adresser à son "voisin", même inconnu, nous maintient dans un lien social riche, nous construit en référence à l'intelligence collective. Nous sommes complémentaires avec nos différences pour bâtir...

Concluons....

Le cybermonde peut devenir un enfermement - Tout rapport vivant à l'autre et à la réalité perd de son intérêt.

De la part du blogueur, la tendance à l'exhibitionnisme traduit parfois un goût du danger. Quand il en dit le plus possible sur lui-même, quand il se raconte de manière transgressive, il cherche à surprendre, mais aussi à provoquer. Cela peut attiser la curiosité des visiteurs ou susciter des réactions violentes.

Un jeu pervers d'agressivité réciproque risque alors de s'enclencher.

L'Etre humain, touché par une psychose, trouve un terrain propice au développement de sa pathologie au même titre qu'un corpuscule d'individus déterminé à en découdre pour obtenir l'asservissement d'une population, l'anéantissement de toute démocratie, la division d'un peuple. La manipulation émotionnelle devient alors un outil au service d'une minorité à l'écart de ces fragilités pour la destruction d'une civilisation.

  • Aujourd'hui, chacun peut se manifester sous différents pseudos.

Ce jeu du dédoublement, un peu schizophrénique, n'a toutefois rien de vraiment pathologique car il ne s'agit que d'une simulation. Pourtant, quel que soit le moyen utilisé, c'est la logique de la similitude qui prévaut. Nous jouissons de nous reconnaître dans l'autre plutôt que de chercher à découvrir celui qui est étranger à nous-mêmes.

Derrière les ordinateurs, il y a des hommes qui vivent par leur corps et leur esprit, "affectivement". Ils ne pourraient pas exister seulement derrière leur écran, il y aurait insuffisance.

Le réseau internet ne peut fonctionner qu'avec des Etres humains, du réel pour s'énorgueillir de la qualification d'outil de communication.

  • Du virtuel peut donc sortir le pire comme le meilleur. Tout dépend de la conscience de celui qui en fait usage.

Sous couvert d'une liberté d'expression, nous laissons se propager la violence au travers des réseaux sociaux nous atteignant dans notre subconscient. Nous vivons dans la peur et donc dans la soumission.

  • Un régime de terreur s'installe...

Souvenons-nous, le jeu Pokémon go. Il a permis de tester la capacité à diriger un groupe d'êtres humains malgré lui. Rien de mieux pour multiplier les menaces mais aussi pour emporter dans la boucherie un nombre exponentielle de victimes.

  • Notre libre arbitre est-il toujours présent ?

A vous....

A moins que, vous continuiez avec ce supplément.... :-)

Pendant la rédaction de cet article, en 2017, actualisé, un documentaire mettait en relief l'idée "créatrice" d'un "employeur" illustre [le fondateur du réseau condamné] : la création d'une ville pour notamment y maintenir ses salariés à demeure. Le journaliste parlait d'innovation.

Quel fut mon étonnement !!!

Le phalanstère, le familistère de Guise en France ? C'est quoi ?

Reconnaissons à la France sa précocité dans les idées. Mais comme toujours, ce sont les Autres qui s'en approprient le mérite en l'abence de sursaut.

Quelle tristesse !

En 2014, je participais à un débat sur la laïcité. Je vous fais part d'une partie de mon intervention sous emprunt de deux expressions prononcées par les intervenants :

  • "On commence à 0", c'est à dire "nous sommes des enfants de l'Universel".

C'est à prime abord, la pensée de l'époque des Lumières.

Pourrions-nous fonder la société contemporaine laïque à partir de cette réflexion ?

Sans culture, dans un monde "fabriqué", virtualisé, la laïcité peut-elle survivre ? Car l'accès à la culture permet une ouverture d'esprit, une compréhension "éclairée" du monde dans lequel nous vivons.

S'enfermer dans le cybermonde, dans le virtuel facilite la captation par des idées inhumaines et sans relation avec l'autre, destructrices du lien social...ou contrat social pour reprendre Jean-Jacques Rousseau (Philosophe des Lumières)..

Conclusion :

Devrions-nous rouvrir ou apprendre à ré-ouvrir un livre ? Multiplier les rencontres débats ? Qui pourraient être complétées par un entretien virtuel...en tant qu'assistant...transmetteur....facilité....

Par le développement de nos pensées, la neutralité et l'objectivité dans le savoir-être apporterait une réalité à la laïcité.

La fermeture d'esprit ne ferait que l'exclure au profit de l'individualisme et de l'intérêt privé.

Dès lors, le cybermonde devrait-il primer sur l'existant ?

Pour les parents....un lien sur les dangers pour l'enfant...

L'écran : un danger pour l'enfant



5 réactions


  • S. Lampion Grincheux 10 novembre 2023 08:44

    « Avions-nous besoin d’une »police« de la parole lorsque nous nous rencontrions sur nos »bancs«  ? Les raisons de cette nécessité ? »

    « Nous » n’en avions pas besoin, mais elle a toujours existé.

    A quoi servait la confession et l’inquisition, à votre avis ? A quoi servaient les mouchards de Vidocq ? Aquoi servaient la Gestapo, les commissaires politiques, les comités de quartier ? A quoi servent les « communautés » faciles à contrôler ?

    La lutte contre les voyous et le « terrorisme » ont toujours été des prétextes pour infiltrer tous les réseaux, bien avant l’apparition d’internet. Le rôle de la police et de l’armée (les gendarmes font partie de l’armée) est de « maintenir l’ordre » (quel ordre), et ils ont toujours utilisé tous les moyens d’information pour localiser et identifier ce que le pouvoir considère comme des trublions potentiellement dangereux.


    • S. Lampion Grincheux 10 novembre 2023 08:45

      @Grincheux

      le « cybermende » accélère et renforce l’efficacité de tous les processus, positifs et négatifs, mais les processus ne sont pas nouveaux.


    • Magali Guerrero 10 novembre 2023 16:35

      @Grincheux
      L’arrivée des nouvelles technologies facilite, en effet, l’intrusion au sein de la vie privée des individus à son insu...d’où l’importance d’un garde-fou...
      Par ailleurs, avant l’avènement des réseaux sociaux, la société se réunissait « physiquement » et aucunement « virtuellement »... Nous savions à qui nous nous adressions...en principe...puisque le face à face était présent.
      Aujourd’hui, il nous arrive de discuter avec des Etres humains sans les avoir rencontrés... Certains d’entre eux abordent sous couvert d’un pseudo...
      En parallèle, on nous incite à dialoguer avec une « machine » animée d’algorithmes introduits par son initiateur. Tel est le cas du chatGPT...


  • troletbuse troletbuse 10 novembre 2023 17:37

    Depuis la fausse pandémie, je ne rencontre plus mes anciens amis même ceux d’enfance car je n’en ai plus envie. Ils ont participé même sans le savoir à l’établissement du totalitarisme. Et même aujourd’hui certains sont toujours dans le déni même en ayant perdu leur conjoint.

    En revanche, dans les manifs, j’ai retrouvé beaucoup de personnes avec qui je suis en phase. Et on se rencontre tous les week-ends. Ni musées, ni EHPAD smiley mais sortie soirées ou restaurant. Ca me permet de vivre.

    D’ailleurs au revoir pour ce week-end.  smiley


  • mcfr 10 novembre 2023 22:51

    Les pouvoirs de répression des hommes de l’Etat sont énormes. Leur répression secrète Haarp vise tout le monde.

    https://ladictatureinvisible.wordpress.com/2023/09/25/gene-vision-des-seniors/


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