vendredi 31 janvier - par Desmaretz Gérard

Le froid tue 17 fois plus que la chaleur !

La virée en motoneige de huit touristes français accompagnés d'un guide local, mardi 21 janvier à 225 km au nord de Québec a mal tourné. Les motoneigistes après avoir atteint l'embouchure de la rivière « La Grande Décharge », la glace a cédé emportant six personnes, deux coreligionnaires ont pu secourir un des leurs transi de froid, rejoindre la terre ferme et alerter les secours. Les sauveteurs ont récupéré le guide qui décédera d'hypothermie et les corps de deux motoneigistes seront retrouvés quelques jours plus tard à deux kilomètres de là, trois corps n'ont toujours pas été retrouvés. « Personne ne comprend comment on a pu diriger des gens vers ce secteur. C’est le pire secteur où aller. C’est l’incompréhension totale. (...) Les eaux de la rivière ne gèlent pas tout à fait pendant l'hiver. Souvent la glace est peu épaisse ou c’est à l’eau vive ». Le groupe s'est-il égaré (nuit tombante) ? a-t-il voulu emprunter un raccourci pour rejoindre l'hôtel Saint-Guédon distant d'une quarantaine de kilomètres en passant par le lac Saint Jean ou le guide a-t-il mal renseigné les waypoints  ?

L'homme est un animal homéotherme ce qui signifie qu'il maintient sa température centrale à 37°C. Si la température extérieure est sévère, l'organisme va veiller à la maintenir compatible au maintien en vie. On distingue le « noyau » situé en profondeur et qui représente 65 % de la masse corporelle, et l'« écorce » située en surface du corps d'une épaisseur d'environ 2.5 centimètres qui représente environ 35 % de la masse corporelle dont la température est variable. La température centrale (interne ou profonde) correspond à la température, rectale, orale (sous la langue) ou de la membrane tympanique.

Quatre-vingt dix pour-cent des pertes de chaleur se font par la peau le reste par la respiration (problème chez les plongeurs respirant de l'hélium). Le transfert thermique est lié à : la température ambiante, au rapport surface corporelle/volume, à l'altitude (perte de 1°C par tranche de 150 m), à l'adaptation au froid, à la capacité aérobie (consommation d'O2) et à l'épaisseur de la couche graisseuse. Les nageurs qui effectuent la traversée de la Manche s'enduisent le corps de plusieurs kilogrammes d'un mélange de vaseline et de graisse de mouton. L'adulte dont les tissus adipeux atteignent 15 % de la masse corporelle, dispose d'une protection équivalente à une combinaison de Néoprène de 5 mm : « protection équivalente à 4°C pour une baigneur immobile, 5°C pour un nageur loisir, et 6 à 7°C pour un nageur de haut niveau ».

Le confort thermique correspond à une température centrale de 37°C et cutanée de 33°-34°C, conditions réalisées dans une pièce à 25°C (ou dans une eau calme de 33-34°C), la puissance de chaleur dégagée équilibre les pertes. La température n'est pas répartie uniformément et on constate des variations de 0,2 à 1,2°C. La température mesurée chez un sujet légèrement vêtu dans une pièce à 20°C est de 35° dans les muscles de la cuisse et de 27 au milieu du pied. Pour une température de la peau de 28°C, une modification aussi infime que 0,02°C par seconde est ressentie comme un refroidissement rapide ! La sensibilité tactile au froid apparaît entre 15 et 20 °C, la température critique pour la dextérité manuelle se situant entre 12 et 16 °C, la valeur inférieure du seuil de la douleur est approximativement de 10°C.

La différence de la température de confort est liée à la conductibilité thermique. Le coefficient de convection cutanée par 1°C de Δt° (différence de température de deux corps en présence) et 1m2 de surface corporelle est de 2 watts dans l'air calme, et de 100 watts dans l'eau. La surface corporelle étant d'environ 1,8 m2 chez l'adulte, chaque fois que la peau sera plus chaude d'un degré de la température ambiante, l'organisme perd 3,6 w et 180 w dans l'eau.

Lors d'une activité physique quelconque, près de 80 % est transformé en chaleur et 20 % en travail. A une dépense énergétique de 2.000 calories dans l'air correspond à une dépense de 50.000 calories dans l'eau à température égale. Quatre phénomènes thermiques sont susceptibles de modifier l'équilibre (apports ou déperditions) :

- la convection : circulation d'un fluide environnant (air, eau) qui entre en contact avec la peau, elle est accrue par le mouvement, le vent, la respiration, et le courant ;

- la conduction : transfert de chaleur par contact du corps chaud vers un objet plus froid (s'allonger sur le sol, par exemple) ;

- le rayonnement : échange de la chaleur à distance entre deux corps, exemple, les infrarouges émis par le corps (50% par la tête) qui diffusent la chaleur et ce d'autant plus que la différence de température entre l'air et la température du corps est importante ;

- l'évaporation : changement d'état de liquide à vapeur qui consomme de l'énergie thermique ; la sueur engendre un refroidissement par évaporation,

Sous l'effet du froid, le corps se met à frissonner et on claque des dents. Le mécanisme de la chair de poule est déclenché par l'hypothalamus relié aux capteurs thermiques de la peau. Le sujet frissonne pour accroître la production de chaleur (dépense de 400 calories/heure), les follicules pileux se contractent et les poils se hérissent. Le frisson thermique, la contraction réflexe des muscles, 5 à 10 fois par seconde, des frissons intenses peuvent élever la TC de 0,5°C, il multiplie par 20 le métabolisme basal pendant quelques heures (selon le différentiel de température). Le frisson est supprimé par l'alcool, hypercapnie ou l'hypoxie.

La sécrétion d'une hormone (la vasopressine) entraîne la vasoconstriction des vaisseaux, la peau devient pâle et froide et mauvaise conductrice de la chaleur. Les vaisseaux superficiels vont diminuer de diamètre (vasoconstriction) pour ralentir les pertes thermiques, l'évaporation cutanée disparaît. L'irrigation sanguine de la peau passe d'environ 20 ml/min à 3 à 4 ml/min. « Pour protéger les zones périphériques des extrémités, une vasodilatation intermittente se produit toutes les cinq à dix minutes. Cette vasodilatation est perçue sous la forme de picotements intermittents de chaleur ». Quand l'irrigation est intense, il y a 200 fois plus de sang qui parcourt les vaisseaux de la peau. La redistribution du volume sanguin dirige une partie de l'eau contenue vers les reins, l'urine est éliminée par la diurèse, la miction abaisse légèrement la température corporelle.

Publicité

La baisse de la température centrale contribue à maintenir les fonctions vitales de l'organisme qui va dans un premier temps produire de la chaleur en consommant les lipides. Une collation riche en protéines accroît le métabolisme pendant plusieurs heures : un gramme de glucide fournit 4 calories (cela nécessite 0,85 litre d'O2, soit 17 litres d'air), les protides 7 et les lipides 9). Si le sujet reste exposé à un froid intense trop longtemps, il court le risque de se refroidir et son organisme ne plus être en mesure de réguler sa température (Les médecins nazis avaient constaté que la combinaison caféine/éphédrine contribuait à un meilleur maintien de la température interne). L'humidité rend l'air plus froid en raison de sa conductibilité thermique 25 fois supérieure à celle de l'air. Les gelures touchent en premier lieu les extrémités : le nez, les oreilles, les doigts et les orteils car les tissus sont insuffisamment irrigués. engelures : picotements, engourdissement, peau pâle et froide au toucher, peau foncée (bleue, violette, noire).

Signes annonciateurs de l'hypothermie : arrêt des frissons, somnolence, respiration superficielle, perte de mémoire, confusion, manque de coordination, pouls ralenti et faible.

  • à 36°C, l'organisme cherche à lutter contre la baisse de température et apparaît une augmentation de la fréquence cardiaque et de la consommation d'oxygène ;

  • 35 °C apparition des frissons, irritabilité et diminution de la volonté de lutter ;

  • 34°C altération de la mémoire, contractures musculaires, perte du contact avec la réalité. le sujet va ramasser son corps pour limiter les pertes par conduction et rayonnement. Il est alors dans une phase de compensation qui se situe entre 37 et 34°. Si la température centrale continue à baisser, il tombe dans la phase d'insuffisance relative ;

  • 33°C il y a bien une réaction de lutte de l'organisme, mais si rien n'est entrepris pour relever la température centrale, le bilan devient plus marqué, et les erreurs d'appréciation de la situation redoublent. L'hypothermie va entrer dans sa phase d'insuffisance relative ;

  • 32°C la disparition des frissons marque l'entrée dans une hypothermie grave ;

  • 30°C l'arythmie cardiaque est installée, rigidité musculaire, le plongeur n'éprouve plus de réaction à la douleur et devient incapable de faire un mouvement. La perte de conscience est possible ;

  • 28°C œdèmes, hémorragie cérébrale. L'hypothermie est profonde et la mort peut survenir par fibrillation ventriculaire ;

  • 27°C état de mort apparente ;

  • vers 25°C apparaît la phase terminale ;

  • 20°C arrêt cardiaque (10°C correspondant à la température hypothermique thérapeutique lors de certaines opérations cardiaques).

L'immersion volontaire ou non dans une eau froide représente un danger accru, elle : « provoque un stimulus respiratoire brutal et intense : hoquet inspiratoire - tachycardie - vasoconstriction périphérique - hypertension. Une apnée inspiratoire de quelques secondes est suivie d'une augmentation de la ventilation pulmonaire. La réaction est presque impossible à contrôler volontairement. (...) On peut se noyer brutalement » (Wouter A.Lotens). Une immersion de cinq minutes dans une eau à 24°C brûle autant de calories qu'une marche de 45 minutes. «  Tenir une heure dans une eau à 20°C est donc à la portée de tout le monde. Deux heures, ça commence à être plus difficile. Cinq à six heures, c’est beaucoup plus difficile. (...) Dans une eau à 16°C, la température peut descendre en dessous de 30°C après six heures, on rentre alors dans la zone critique  »  (Philippe Fort, adepte de la nage en eau glacée).

Publicité

La température corporelle évolue en fonction de la température de l’air, de l'eau (risque d'hydrocution) et du temps passé dans l’eau. Joly s'est livré à des travaux visant à déterminer la durée avant la survenance de la perte de conscience et la durée moyenne de survie en fonction de la température de l'eau.

Temp - Perte de conscience - Survie moyenne

0°C       15 min    :    15 à 30 min

5°C       20 min    :     40 min

10°C       30 min à 1 h :   1 à 2 heures

15°C      2 à 4 h  :     6 à 8 h

21°C      5 à 8 h  :     24 h

26°C     10 à 20 h   :    2 à 3 jours

On ne doit jamais réchauffer un noyé ayant séjourné dans une eau froide (l'hypothermie est un réflexe protecteur). La réanimation doit être poursuivie plus longtemps que dans les autres cas. Des personnes ont pu être ranimé après un séjour de 60 minutes dans une eau glacée ! On pratique la respiration artificielle, si possible avec un mélange enrichi en oxygène, et on achemine la victime le plus rapidement possible vers l'hôpital. Le réchauffement de la victime se fera à l'hôpital et par voie interne. Le cœur réchauffé, le personnel hospitalier peut tenter une défibrillation. En cas d'insuccès, le décès ne peut être prononcé qu'une fois le corps revenu à la température normale.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

JPEG



32 réactions


    • Desmaretz Gérard Desmaretz Gérard 31 janvier 15:57

      @JL
      Bjr, en effet, je suppose qu’il s’agit d’un vêtement textile + caoutchouc comme le volume constant (mes cours datent) sans tenir compte du port de lainages en dessous. D’une manière générale, à épaisseur égale, un tissu est meilleur isolant thermique qu’il est moins dense, la quantité d’air emprisonnée étant plus grande (coton coéf 1.1, laine 1.5). Cela explique le principe des trois couches conseillées par temps froid. poignée de main virtuelle.


    • Jean Guillot le retour Jean Guillot 31 janvier 20:14

      @Desmaretz Gérard
      l’homme est un animal tropical venu d’Afrique , dans nos contrées sans habits , il meurt 
       smiley


  • velosolex velosolex 31 janvier 09:57

    Lire « Construire un feu » de Jack London, une des nouvelles les plus fortes que j’ai lu, construite autour d’un thème que l’auteur traitera plusieurs fois ; La mort par le froid….En l’occurrence, l’histoire d’un trappeur tombant à l’eau, après que la glace se soit cassé. Il sait qu’il n’a que quelques minutes pour s’en sortir, c’est à dire réussir à faire partir un feu, dans un univers désolé. 

    Il y a aussi les magnifiques romans de Joan Riel, en particulier « le jour de la fin du monde », réunissant dans un igloo une vieille femme et son petit fils, blotti l’un contre l’autre, isolés de tous humains, affrontant l’indicible. La mort par le froid est une figure d’épouvante pour l’homme, tant il sent sa fin venir, avant de s’endormir. 


    • Francis JL 31 janvier 10:15

      @velosolex
       
       ’’La mort par le froid est une figure d’épouvante pour l’homme,’’
       
       J’ai entendu bien des avis contraires.


    • Trelawney Trelawney 31 janvier 10:18

      @velosolex
      Lire « Construire un feu » de Jack London, une des nouvelles les plus fortes que j’ai lu, construite autour d’un thème que l’auteur traitera plusieurs fois ; La mort par le froid….En l’occurrence, l’histoire d’un trappeur tombant à l’eau, après que la glace se soit cassé. Il sait qu’il n’a que quelques minutes pour s’en sortir, c’est à dire réussir à faire partir un feu, dans un univers désolé. 
      je pense plutôt que ce livre symbolise deux choses :
      La connerie humaine où le type qui visiblement n’a pas les compétences pour se balader là bas, allume avec sa dernière allumette, un feu sous un arbre (la fonte de la neige fait le reste.
      L’émancipation où le chien observe et attend vainement la mort de son maitre pour enfin retrouver sa liberté


    • velosolex velosolex 31 janvier 13:03

      @JL

      L’épouvante ne vient pas de la douleur en elle même, mais de la perte justement des sensations, d’abord dans les membres, préfigurant la perte de mobilité et la fin inéducable. 


    • velosolex velosolex 31 janvier 13:14

      @Trelawney
      La compétence ?...
      Il n’y a pas lieu de parler de connerie sur l’histoire d’un trappeur, ou un de ces types qui se lançaient au Klondike dans la ruée vers l’or.. Des démarches qui étaient liées à la nécessité, pas au tourisme de l’absurde.
      Est ce que l’expertise de la pauvreté est de choisir la mort la plus en rapport avec ses moyens ?
      On peut faire le parallèle avec les migrants africains qui se sont trouvés amputés, après avoir tenté de passer le col de l’échelle l’hiver, dans les vallées du Briançonnais…..Le jugement qu’on peut avoir sur ses gens, sur « leur compétence » quant on est né au bon endroit, dans la bonne famille, et qu’on est assis au chaud, est donc très relatif. 
      Sur le domaine de la connerie humaine, il y a beaucoup à dire. La température qui monte ne va pas calmer les choses me semble t’il


    • Trelawney Trelawney 31 janvier 13:51

      @velosolex
      Relisez le livre. London qui n’avait pas une trés haute opinion des hommes en général et cette histoire en est le symbole. Que ce soit Martin Eden, Le loup des mers, Le vagabond des étoiles ou l’appel de forêt ; l’homme n’en sort jamais grandit.


    • velosolex velosolex 31 janvier 14:17

      @Trelawney
      Je me souviens qu’il a donné plusieurs versions de cette histoire. London n’a pas fait que des bons textes. Mais il a distillé quelque chose de nouveau, l’expérience de l’homme de terrain, qui fera florès, mélangé avec le mythe persistant de la route, de l’aventurier, et de la frontière, qui est dans l’adn des états unis. Ces histoires viennent soit d’’expériences singulières, ou de celles qu’il a entendues, dans les bars et les cabarets de la dernière chance où il s’est lui même perdu, tout en en faisant la narration. La différence avec un Sylvain Tesson, qui vit ces aventures en touriste n’a pas besoin d’être explicité. Mais même s’il a réussi à s’extraire de la pauvreté London restera dominé par la dépression et l’instabilité. Certains romans qu’il a écrit me sont tombés des mains, par contre j’aime beaucoup certains textes. Je me souviens d’un dans « l’amour de la vie », où il raconte l’odyssée crépusculaire d’un chercheur d’or qui tente de rejoindre la civilisation, traversant des paysages de toundras infinies. Il a trop tardé dans la saison pour partir, tout à l’appât du gain, et le froid est arrivé. . Son compagnon est mort, et il s’est fait une entorse dans un trou d’eau...Un vieux loup malade le suit, attendant qu’il tombe...London a un vrai talent dans ce texte pour parler de l’indicible, de la lente attente du loup, des jours durant... Il s’en sortira ; verra au loin le trois mat dans la baie...Secouru, il demandera aux marins de laisser au loup quelques vives. 


  • velosolex velosolex 31 janvier 10:08

    Film très intéressant à visionner ; Duel au sommet https://bit.ly/37HrbYc Pendant l’été 1936, deux militaires bavarois se lancent à l’assaut de la face Nord (Nordwand) de l’Eiger, réputée l’une des plus inaccessibles du massif des Alpes bernoises.

    Ce film, retrace une histoire authentique qui s’est déroulée dans un endroit mythique à une époque particulière .

    Il retrace aussi avec exactitude les conditions d’alpinisme de l’époque, au niveau de l’image, de l’aide éventuelle à attendre, des vêtements qui étaient pour la plupart bien moins adaptés que maintenant pour lutter contre le froid. Efficaces par temps secs, ce n’était plus que des éponges par temps humide. Ne parlons pas des chaussures et des cordages


    • nono le simplet nono le simplet 31 janvier 13:08

      @velosolex
      je le télécharge de suite ...
      à noter la voie du pilier Bonatti dans les drus disparue en 2005 en s’écroulant à cause d’un réchauffement qui n’existe pas


    • velosolex velosolex 31 janvier 13:29

      @nono le simplet
      L’Eiger est un mythe. Un monstre. Pas de soleil pour réchauffer les parois. Des cordées s’y sont perdues par dizaines. L’aventure de kurz dont parle ce très bon film est mythique.  Lorsqu’ils ont dû rebrousser chemin à la suite d’une blessure consécutive à une chute de pierres, ils ont entamé une descente mortelle : Toni Kurz est mort le dernier à quinze mètres au-dessus des sauveteurs, un nœud étant coincé dans le mousqueton. Ses dernières paroles ont été : « Ich kann nicht mehr » (« Je ne peux plus »).

      Une fois j’ai eu très peur. Je n’avais pas la compétence. En passant la frontière irano turque au mont Ararat .
      Je ne savais pas que la température descendait à moins trente au mois de Février.
      Un semi remorque m’a pris.
      Surtout pour aider à mettre les chaines sur la piste.. Faire, défaire.....
      Le matin, on allumait le feu sous le camion pour faire fondre les congères . Fallait pas trainer pour pisser. L’urine se congelait avant d’arriver à terre. Trois jours à faire des têtes à queue, à se cramponner dans la cabine. Des camions partout en bas du ravin. Des Mercedes en tas pillées. L’iran du shah à cette époque aspirait les capitaux et exigeait un flot de transit routier sur des pistes défoncées. 


    • nono le simplet nono le simplet 31 janvier 14:36

      @velosolex
      un de mes cousins éloignés, portant le même nom que moi, était un grand alpiniste ... ma jeunesse a baigné dans ces récits et drames de la montagne ...


    • velosolex velosolex 31 janvier 14:58

      @nono le simplet
      La montagne et la mer sont très semblables. Elles se referment sur toi dans un grand silence. 
      Nombre de drames quand on est plus aux aguets. Dans les simples descentes, le long d’un simple sentier à vache. Je me souviens d’un témoignage d’un gars que je connaissais et qui a un moment s’est arrêté de parler, attendant la réponse. Depuis combien de temps son collège n’était plus derrière lui ? Une question sans réponse. Dans les alpes, actuellement, le grand risque vient de la chute des pierres, qui tombent avec la fonte du permafrost qui ne les scelle plus à la montagne 

      Magellan est mort alors qu’il avait triomphé des mutineries, et des dangers. Trop sûr de lui après avoir tout controlé ?...Il est mort connement, alors qu’il avait fait le plus dur de son tour du monde, et qu’il était de retour dans la partie connue... Un banquet sur une ile d’indonésie donné en son honneur par un roitelet local...Le type se plaignant de son voisin, Magellan a décidé avec ses marins d’aller lui donner une leçon. 
       


    • velosolex velosolex 1er février 00:53

      @CLOJAC
      On peut remonter à la pèche à la traine pas mal de saloperies et de porte monnaies perdus parfois par les skieurs, sans avoir même de lignes.
      Suffit pour ça d’attendre le printemps. 

      Et en montagne on tire aussi souvent des bords pour monter. 
      Les politiques aussi d’ailleurs.
      La différence avec les montagnards c’est qu’ils se font moins mal en tombant.
      Et avec les marins, qu’ils ne se noient pas
      Parfois, mirage, ils parviennent même à rebondir !
      Ou à marcher sur les eaux. 


  • Trelawney Trelawney 31 janvier 10:37

    A l’armée, lorsque vous faisiez une formation grand froid (En Norvege ou dans le Jura), il y avait une épreuve assez intéressante qui se nomme « briser la glace ».

    Imaginez la situation, il fait entre -20 et -30°C vous marchez sur un lac gelé et la glace se brise sous votre poids. Donc l’épreuve est : vous plongez avec tout votre équipement dans un trou d’eau préalablement creusé dans ce lac.

    1° chose à faire : garder son calme, rester dans l’eau et enlever son sac à dos pour le déposer sur le bord du trou. Pendant que vous restez dans l’eau afin de faire redescendre vos pulsations cardiaques, vos collègues allument un feu (environ 3 4 mn). une fois le feu allumé et bien alimenté, vous sortez vous enlevez tout vos vêtements par -20 -30 (c’est saisissant) et vous restez prés du feu et une fois sec commencez à vous rhabiller avec des vêtements secs.

    Ca parait simple comme cela, mais si vous n’avez pas la condition physique et surtout le calme mental, vous êtes sacrément dans la merde.

    Comme il fallait tous y passer, je m’en suis sorti avec une une bronchite qui a trés vite virée en pneumonie et de la conjonctivite. 


    • Desmaretz Gérard Desmaretz Gérard 31 janvier 16:10

      @Trelawney
      Bjr, l’expérience montre que le vent sur des vêtements mouillés augmente la perte de chaleur. Par - 30°C, un vent de seulement 1.6 km/h entraîne une perte de 1.000 Calories/m2/h. A 7 km/h, la peau exposée gèle (perte de 1500 Cal/m2/h). Le manuel de survie au combat (TTA 115) passe ces points sous silence... poignée de main virtuelle


  • popov 31 janvier 11:57

    Excellent article mais qui glace le sang. Heureusement qu’on n’est pas des phoques condamnés à se les geler sur la banquise.

    Mais je ne suis pas convaincu qu’on soit plus résistants à la chaleur qu’au froid.

    10 à 20 h dans l’eau à 26° avant de perdre connaissance. 26°, c’est 11° de moins que la température du corps. Combien de temps dans l’eau à 48° (11° de plus) ? Dans l’eau chaude, le corps n’a aucun moyen de se refroidir et une fièvre de 48° ça cuit le cerveau.


    • pemile pemile 31 janvier 13:50

      @popov « Mais je ne suis pas convaincu qu’on soit plus résistants à la chaleur qu’au froid. »

      Oui, le corps peut sortir sans séquelles d’une température de 5° à 7° en dessous de la température normale, mais pas d’une température de +5°


    • velosolex velosolex 31 janvier 19:18

      @pemile
      L’incroyable incendie en Australie qui détruit un paysage en trois minutes https://bit.ly/36NdmG8

      Du coté de Cambera bien qu’on en parle plus, à cause du virus chinois, les incendies géants cernent la ville.

      Cette video ahurissante espérons fera assez froid dans le dos pour rafraichir un peu l’atmosphère. 


  • sls0 sls0 31 janvier 15:32

    Et la canicule on oublie ?

    25 km/h en vélo en Espagne par une température de 32°, on pédale sans problème pendant 7h, il faut boire c’est tout. Chez moi avec la même température mais avec l’hygrométrie importante qui gêne la transpiration, au bout de 37 minutes on atteint le critère d’alarme de 0,8°. Après c’est le coup de chaud avec son taux de mortalité de 30%. Référence : norme 12515 travail en ambiance chaude.

    Dans les années 70 j’étais souvent en Norvège même l’hiver. Des locaux morts de froid c’était pas trop la mode.


    • foufouille foufouille 31 janvier 15:42

      @sls0

      un bon paquet en france tous les ans, c’est rien ...........


    • Xenozoid Xenozoid 31 janvier 15:51

      @sls0

      d’ailleur il y a plus(+) de pneumonie dans les pays le long tropique ou tres humide sub tropical qu’ici.a cause de cela....et le port du t short est souvent en question en question,cela avait été remarqué au debut du 20 eme siecle a bornéo entre la population native et les autres,et ce n’était pas le cabinalisme


    • Kylo REN 42 Chaussette42 31 janvier 15:58

      @Xenozoid

       smiley smiley

      T’es pas encore arrivé en 🇩🇲 !! smiley

      Et pour la Twitch Con, j’espère que tu te seras pas pour de vrai de vrai fait déchiqueté par un Troll velu velu sorti direct de WOW4 avant qu’on se rencontre ! smiley

      Mais c’est la vie, p’itit zombi, tant qu’on s’est pas checké une fois pour toutes les yeux dans les yeux ! smiley


    • Xenozoid Xenozoid 31 janvier 16:07

      @Chaussette42

      j’en ai rien a glandé de twitch,mais si tu a besoin d’un lit,on peut voir, le prendrais le canapé


    • Xenozoid Xenozoid 31 janvier 16:08

      @Xenozoid

      shaw shaw ...ps : dis rien a personne,ok ?


    • Kylo REN 42 Chaussette42 31 janvier 16:10

      @Xenozoid

      Blaireau, d’ici le 5 mai, ton canapé qui put la mort sera devenu insupportable par rapport aux Futons****** qui seront enfin devenus mon quotidien... bouillotte comprise ! smiley smiley smiley smiley


    • Xenozoid Xenozoid 31 janvier 16:12

      @Chaussette42

      oink oink


    • velosolex velosolex 1er février 00:33

      @sls0
      Ce sont surtout ceux qui croisent les cyclistes qui les plaignent, quant ils pédalent sous le cagnard.
      Le vent et la vitesse rafraichissent le pédaleur.
      Comme vous dites, il faut boire beaucoup !
      Et c’est sûr qu’en Bretagne la canicule est plus facile à supporter que sur la costa del sol au mois d’aout
      Même les plans de vigne commencent à avoir du mal à se mettre en danseuse.
      Le minervois dans le sud tasse maintenant ses quinze degrés.
      Certains prévoient la mort de la vigne dans ces régions, et ne voient que le remplacement des cépages comme solution. 


  • rugueux 1er février 05:09

    Beaucoup d’approximations confuses voire douteuses...dommage de les mélanger avec des données « sérieuses »...comme le schéma bleu que je reconnais bien en fin d’article....

    Quelques exemples :
    "Le transfert thermique est lié à : la température ambiante, au rapport surface corporelle/volume, à l’altitude (perte de 1°C par tranche de 150 m), à l’adaptation au froid...« 

    1°C perdu par tranche de 150m.....qu’est-ce que cela veut dire ? Une hausse de 150m d’altitude équivaut à une baisse de T de 1°C ?...pas clair du tout...

     »L’adulte dont les tissus adipeux atteignent 15 % de la masse corporelle, dispose d’une protection équivalente à une combinaison de Néoprène de 5 mm..« 

    Ca c’est totalement fantaisiste, 15% de gras c’est un homme en très bonne forme pas enrobé du tout, les athlètes sont plutôt vers 8% voire beaucoup pour les coureurs....dire que c’est équivalent à un néoprène de 5mm c’est pas sérieux...On se demande bien pourquoi alors dans de l’eau à 20°C les plongeurs ou les chasseurs un peu ou très enrobés avec 23% de gras s’obligent à portent une combi....
    D’ailleurs vous l’écrivez plus loin :
     »Tenir une heure dans une eau à 20°C est donc à la portée de tout le monde. Deux heures, ça commence à être plus difficile. Cinq à six heures, c’est beaucoup plus difficile...

    un gramme de glucide fournit 4 calories (cela nécessite 0,85 litre d’O2, soit 17 litres d’air)

    17 litres d’air contiennent environ 3,4 litres d’02, 20%....


  • Désintox Désintox 1er février 17:29

    OK.

    Cependant, la température du corps est de 37°C.

    Si la température extérieure est 37°C plus basse, alors elle est de 0°C, et avec de bons vêtements, on survit sans problème.

    Par contre, si la température extérieure est de 37°C plus haute, elle est alors de 74°C...


Réagir