mardi 16 octobre 2007 - par Forest Ent

Le ministère des industries culturelles

Un point sur l’action du « ministère de la Culture » et des retours d’ascenseur en cours.

La concentration des médias

Dans nos sociétés démocratiques, le contrôle des médias est la clé du pouvoir. Depuis six mois, en application d’un mandat impératif qui lui a été donné par Nicolas Sarkozy, la ministre de la Culture, Christine Albanel, s’active plus ou moins discrètement pour le renforcer.

En 2005, son prédécesseur, M. Donnedieu de Vabres avait confié à Alain Lancelot une mission de réflexion sur la concentration des médias. Sa conclusion a été que non seulement ils n’étaient pas trop concentrés, mais qu’il serait opportun de supprimer les seuils de détention existant.

Un peu avant les élections présidentielles, les syndicats de journalistes ont interpellé les candidats sur plusieurs thèmes, dont celui de la concentration dans les médias. La réponse de Nicolas Sarkozy a été la suivante :

L’industrie des médias a besoin d’avoir des groupes solides qui la structurent et la renforcent. (...) La situation actuelle me paraît satisfaisante dans ses grandes lignes. Elle n’exclut pas pour autant des adaptations. Un rapport a été remis à ce sujet par Alain Lancelot en 2005. Il a ouvert de premières pistes.

En octobre, Mme Albanel a annoncé son intention de supprimer les seuils de détention pour les chaînes de télévision, et leur permettre d’augmenter leur volume de publicité.

La Tribune du 8 octobre 2007, article d’Isabelle Repiton

(...) La seconde réflexion à mener concerne la publicité sur les écrans télévisés. Les investissements publicitaires en télévision en France sont proportionnellement inférieurs à ce qui existe dans d’autres pays. L’assouplissement des règles pourrait être proposé à l’occasion de la transposition en France l’an prochain de la future Directive européenne sur les services audiovisuels. (...) Enfin, Christine Albanel compte lancer une réflexion sur les seuils anti-concentration, qui interdisent par exemple à un groupe de détenir plus de 49 % du capital d’une chaîne de télévision. Il s’agit de "favoriser la création de groupes audiovisuels plus puissants face à la concurrence de groupes étrangers et d’opérateurs télécoms" a expliqué la ministre.

L’action de TF1 a augmenté le lendemain de 15 % en une journée.

A peu près dans le même temps, un sénateur UMP, M. de Broissia a proposé un « plan de sauvetage de la presse » supprimant les seuils de détention pour les journaux.

Le Monde du 10 octobre 2007, article de Pascale Santi

Louis De Broissia, sénateur de Côte-d’Or (UMP), a présenté un rapport, mercredi 10 octobre. (...) Afin de favoriser la constitution de groupes plurimédias, la commission souhaite également assouplir les règles anti-concentration et lever l’incertitude sur les droits d’auteur en permettant aux éditeurs d’exploiter le travail de leurs journalistes sur l’ensemble des supports.

Nous devons donc comprendre que les règles anti-concentration empêchent nos groupes de médias de se développer et de devenir « multi-médias ». Cela ne semble pourtant pas empêcher le groupe Lagardère d’être présent sur tous les segments et d’être par exemple un des premiers éditeurs mondiaux. L’avant-dernier ministre, M. Aillagon, avait d’ailleurs voulu lui faire revendre l’ensemble de l’édition de Vivendi, ce qui lui aurait donné deux tiers du marché français, et n’a été arrêté que de justesse par l’UE. Et la constitution du grand groupe multimédia mondial qu’a été un bref instant Vivendi n’a pas été au bénéfice des contribuables français.

Il nous faut plus de concentration ? Cela ne semble pas l’avis de la totalité des syndicats de journalistes professionnels qui appellent à s’insurger contre cette concentration et contre les ingérences politiques. La rédaction des Echos va sans doute attaquer Pearson en référé à propos des conditions de vente à LVMH, et la Fédération européenne des journalistes fait le même constat dans toute l’Europe :

Le 5 novembre sera un jour de protestation au sein des médias européens. Des dizaines de milliers de journalistes préparent une journée de protestation dans les capitales européennes pour mettre l’accent sur la terrible crise des médias : pressions politiques, déclin qualitatif et mauvaises conditions de travail sont des phénomènes présents partout en Europe.

Marc Gruber, directeur de la FEJ « a comparé la France de Nicolas Sarkozy à l’Italie de Silvio Berlusconi, et souligné les dérives actuelles des médias hexagonaux soumis à des pressions économico-politiques ».

Les principaux bénéficiaires de tout cela devraient être les groupes en place, Bouygues, Lagardère, Vivendi, Hersant, Ouest-France, etc., dont les propriétaires sont tous sympathisants UMP et beaucoup « amis » de Nicolas Sarkozy.

Le marché de l’art

Défiscaliser le marché de l’art est un exercice obligé à ce poste, et Mme Albanel tente de n’y pas manquer. Elle a publié en septembre un plan de renouveau pour le marché de l’art français dont le contenu porte presque uniquement sur des aspects fiscaux.

La ministre a dressé un bilan de la situation actuelle et souligné que si la France demeure un grand marché de l’art, elle se situe désormais très loin derrière les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Elle a rappelé que le chiffre d’affaires de Drouot en 1950 équivalait à la somme de celui de Christie’s et Sotheby’s, alors que ces deux maisons contrôlent désormais, à elles seules, plus de 70 % des ventes mondiales.

Ce sont exactement les mêmes arguments qui avaient été utilisés par M Aillagon en 2003 pour créer les fondations défiscalisées, truc qui s’est avéré bien pratique pour quelques personnes comme le patron de Vivendi. Ce qui est amusant est que la société Christie’s appartient au groupe Pinault, chez qui M. Aillagon a exercé après son poste de ministre, comme directeur de son musée d’art moderne finalement installé en... Italie. Bernard Arnault avait lui failli racheter Sotheby’s, et s’est consolé avec quelques enseignes un peu moins connues, comme Philips et Tajan.

Le groupe Pinault possède également le groupe Fnac, ce qui nous conduit au sujet habituel du commerce des immatériels.

Les suites de la DADVSI

Mme Albanel a confié une mission sur l’avenir de la vente d’immatériels à M Olivennes, président du groupe Fnac, sous-groupe du groupe PPR de M. Pinault. Elle est contente des premiers résultats.

Concrètement, les positions exposées lors des auditions convergent vers trois points de consensus : la mise en oeuvre, inspirée d’exemples étrangers, notamment américain et britannique, d’un système d’avertissement en cas de téléchargement illégal et de sanction proportionnée à la gravité des actes en cas de récidive ; la recherche d’assouplissements, au bénéfice des consommateurs, des modalités de téléchargement légal des fichiers, s’agissant notamment de l’interopérabilité et de la rapidité de mise à disposition des oeuvres ; la nécessité de poursuivre plus avant les travaux sur la question du filtrage des contenus illicites.

Du flicage et des promesses creuses : la routine UMP. Tous les participants ne sont d’ailleurs pas d’accord sur ce « consensus ».

Mais la palme tient sans doute dans ce communiqué qui figure bel et bien sur le site du ministère (fort bien relevé par pcinpact).

Depuis quelques jours, une évolution du service de partage de fichiers dl.free.fr permet de transporter des fichiers beaucoup plus volumineux, réduisant la durée de téléchargement d’un film à quelques minutes. La ministre a fait remarquer que, même si tel n’est pas l’objet du service conçu par Free, il permet aux internautes de télécharger anonymement et massivement des contenus pirates sur dl.free.fr. (...) La ministre considère que l’engagement tangible de Free dans la lutte contre le piratage est un prérequis essentiel à l’examen de leur dossier d’attribution d’une 4e licence de téléphonie 3G.

Mme Albanel a refusé à Free, groupe Iliad, une licence de téléphonie pour des raisons financières. Et elle explique maintenant explicitement que cela est conditionné par l’arrêt d’un autre service de prestations internet. Ceci est aberrant pour des tas de raisons :

  • si ce service est illégal, il faut le faire fermer et pas le négocier (et il y a peu de chance qu’il le soit, puisqu’il n’est pas d’après la ministre « manifestement destiné à... ») ;

  • Vivendi offre le même service (« 9giga » de NeufCegetel) ;

  • on ne marchande pas une autorisation d’exercer.

Je ne sais même pas si de tels propos sont légaux. Mais ils traduisent en tout cas bien le comportement général de l’UMP : ce n’est pas un parti libéral, mais interventionniste, et qui intervient au profit de groupes « amis » et pas des autres.

Conclusion

Après MM. Aillagon et Donnedieu de Vabres, on aurait pu penser que le fond avait été atteint sur le lobbying et l’autisme des industries « culturelles ». On peut décidément toujours être surpris.



30 réactions


  • tvargentine.com lerma 16 octobre 2007 09:40

    Je ne suis pas UMP,mais ce sujet mérite une reflexion plus approfondie comme disent les rédacteurs pour justifier le rejet d’un article,car ici il n’y a pas de reflexion mais un discours militant simpliste anti-UMP.

    Etrange,d’ailleurs de vous voir défendre un groupe « privé » comme free,qui à l’image des autres groupes dans son activité pratiques les mêmes politiques commerciales.

    La reflexion aurait été de dire pourquoi ne pas faire ce qui existe ailleurs avec une meilleure gestion des fonds publics et de permettre à l’Etat d’investir dans des structures qui puissent rapporter de l’argent.

    Quand nous voyons les recettes des super-productions américaines qui rapportent des centaines de millions d’euros ou de dollars aux producteurs ,ont se dit qu’en France,les subventions ne rapportent rien aux contribuables et qu’il faut revoir les participations étatiques dans le cinéma français,qui est une industrie et non « un instrument de culture » déficitaire.


    • Forest Ent Forest Ent 16 octobre 2007 13:01

      Mme Albanel a clairement affiché son soutien au système actuel de subvention du cinéma dont le premier bénéficiaire est Vivendi.

      Mais je vous rassure : je ne pense pas que ce serait beaucoup mieux si le PS était au pouvoir et Mme Hidalgo ministre à la place de Mme Albanel.


    • Pelletier Jean Pelletier Jean 16 octobre 2007 23:08

      @Forest

      la pirouette est facile de renvoyer Ps et UMP dos à dos... pour autant si S Royal avait été élue, je ne te suis pas sur ce constat, car au moins le temps de la concertation et de la réflexion aurait eu lieu ... et non pas ces décisions ne rafale sans concertation .... exemple la mission olivennes où tout est écrit d’avance.

      Bien à toi.


    • Forest Ent Forest Ent 16 octobre 2007 23:41

      Le programme de l’UMP était clair : flicage et encore flicage. Le programme du PS était plus flou. Il disait bien qu’il fallait faire quelque chose à propos de la DADVSI, mais ...

      Mme Hidalgo et M Lang avaient soutenu cette loi et attaqué violemment la LG de l’extérieur pendant que M. Paul (PS) et M Suguenot (UMP) la soutenaient dans l’assemblée.

      Les deux programmes s’inspiraient du « rapport Lévy-Jouyet ». M Lévy est patron de Publicis, et ça ne l’avait pas gêné de proposer de financer le patrimoine public par la publicité. Le principal actionnaire de Publicis est la famille de M. Badinter, sénateur PS.

      M Jouyet était un « gracques » du PS. Il est maintenant secrétaire d’Etat d’un gouvernement UMP.

      Il y avait un autre « gracques » du PS, monsieur ... Olivennes, qui vient de démontrer ses talents de concertation en publiant ses conclusions avant d’avoir reçu les opposants à sa démarche. Donc je ris. Oui je ris. Aaah je ris ... smiley


    • Pelletier Jean Pelletier Jean 16 octobre 2007 23:47

      @forest ent,

      Tu peux rire ... tout ce que tu veux. Mais franchement pendant le débat de la loi DAVSI à l’assemblée il me semble qu’il y avait aussi Patrick Bloche (PS), et quelques autres, pendant il est vrai qu’Anne hidalgo défendait un autre point de vue. MMe Royal avait pris aussi position pour la LG... Je persiste de penser que son élection aurait sensiblement changè les choses dans ce que j’estime un bon sens.


    • Forest Ent Forest Ent 16 octobre 2007 23:53

      J’ai été il me semble un des rares sur AV à appeller franchement à voter Royal. C’est bien parce que je pense que ça aurait été moins pire que Pinocchio. Ca ne veut pas dire pour autant que je souscris à tout ce que dit le PS.

      Il y a en particulier une tendance « moderne » au PS que je n’aime pas. DSK, qui a offert Aérospatiale à Lagardère. Fabius, qui a fait plein de cadeaux à Pinault et Arnault (avant le TCE). Et des apparatchiks comme Besson, Jouyet, Kouchner dont je ne regrette pas le départ à l’UMP.

      Hollande a bien résumé tout cela, malheureusement après les présidentielles : « ce n’est pas le marché qui pose problème, c’est la mondialisation ». Seulement il y a beaucoup de gens au PS qui vivent de la mondialisation ...


  • Vilain petit canard Vilain petit canard 16 octobre 2007 10:09

    « Il s’agit de »favoriser la création de groupes audiovisuels plus puissants face à la concurrence de groupes étrangers et d’opérateurs télécoms« a expliqué la ministre ».

    Tu as tout à fait raison, Forest, en fait et en gros, il s’agit de « favoriser la création de groupes audiovisuels plus puissants » pour mieux diffuser des films et séries américaines d’une part (voir les programmes de TF1), et d’interdire leur téléchargement gratuit par le biais d’une opérateur telecom non contrôlé, d’autre part. Comme en plus, on va bien réglementer aussi les cinémas, plus d’échappatoire possible : Straight from Hollywood to your brain.

    Quelle politique « culturelle » ! Avec de tels rustres, Rembrandt aurait été payé au poids de ses toiles...


    • LaEr LaEr 16 octobre 2007 16:54

      En plus des séries américaines (qui ne sont pas toutes pour me déplaire, au contraire de la plupart des made in France), on va surtout devoir supporter le système américain : 3 minutes de série, 5 minutes de pub, 4 minutes de série, 6 minutes de pub...

      Bref, encore pas de lobotimisés en perspective (spéciale dédicace au « non-ump » Lerma) : Regardez TF1, achetez Bouygues-Vivendi, votez Sarkozy ...


    • LaEr LaEr 16 octobre 2007 16:58

      Correctif :

      Bref, encore pas MAL de lobotOmisés en perspective (spéciale dédicace au « non-ump » Lerma) : Regardez TF1, achetez Bouygues-Vivendi, votez Sarkozy...


    • Vilain petit canard Vilain petit canard 16 octobre 2007 18:23

      ou encore ... « loboptimisés » ? smiley


    • wolf wolf 16 octobre 2007 20:46

      Le pire n’est pas forcément les séries américaines, mais bien les adaptations (copie...) Françaises qui en sont faites. les série « Les experts » en sont un parfait exemple. smiley


    • wolf wolf 16 octobre 2007 11:19

      Une fois de plus, le west propage sa haine propaganda à l’encontre de ceux qui ne vénèrent pas ce président, et les personnes non pas élues, mais nommées du gouvernement.

      Il est pourtant facile de voir à ce jour la politique totalitaire qui se joue. Cela à des effets. Que ce soit à propos de la politique de l’anti-immigration tirée d’une autre droite, de la gestion de l’argent public(1), de la politique pro-industrie culturelle consommable, tout comme la politique judiciaire, dont la séparation des pouvoirs législatifs et exécutifs n’existeront désormais plus du tout...

      Ce n’est pas un dialogue militant simpliste anti-UMP (hein lerma !!), mais bien un constat d’échec d’une politique qui ne vise que le totalitarisme, au dépend de la démocratie.

      Nombre de manifestations (dans les rues, salles combles..Etc) non organisées par des syndicats, démontrent clairement que cette politique est totalement contraire à la volonté du peuple. Qu’aucune concertation n’est prise en compte.

      La mission OLIVIENNE va en être un nouvel exemple (2 - 3).

      (1)http://neo2006pf.blogspot.com/2007/10/prparez-vous-travailler-pour-eux_13.html (2)http://www.april.org/groupes/institutions/mission-olivennes.html (3)http://www.odebi.org/new2/?p=453


    • Forest Ent Forest Ent 16 octobre 2007 13:04

      @ Morris

      « Forest Ent est tout simplement hanté par une vision passionnelle de l’industrie et de la culture. »

      C’est exact. Merci.

      @ Wolf

      J’ai cité dans l’article la réaction de l’April plutôt que celle de Odebi pour ne pas être partial. Disons que tous les mouvements attachés aux libertés s’étonnent de ce que M Olivennes parle d’un « consensus » qui semble étrangement préfabriqué.


  • Le péripate Le péripate 16 octobre 2007 11:18

    Ploutocratie. Nous sommes en ploutocratie. Et les riches ont des domestiques chargés de fabriquer la légitimité qui leur manque.


  • ZEN ZEN 16 octobre 2007 12:09

    « Mais ils traduisent en tout cas bien le comportement général de l’UMP : ce n’est pas un parti libéral, mais interventionniste, et qui intervient au profit de groupes « amis » et pas des autres. »

    Bonjour Forest,

    Tu as dit l’essentiel.Pour ceux qui n’en sont pas convaincus,qu’ils aillent faire un tour sur ton site, « La forêt des medias »..


  • alberto alberto 16 octobre 2007 13:51

    Merci, Forest, d’apporter vos lumières sur un secteur d’activité dont vous rappelez l’importance de son contrôle par le Pouvoir.

    Cela ne fait qu’ajouter une pièce a l’inventaire des activités que tente de contrôler et de verouiller le Pouvoir actuel : Médias, Information, Justice, Commerce, Environnement, Santé... La liste est longue des tentatives d’interventions dans tous les domaines où malheureusement je ne vois pour l’instant que peu d’intention de servir le « bien public », mais au contraire de se partager la galette entre gens du même monde, celui des élus inamovibles, des hauts fonctionnaires pantouflards, des chefs de grandes entreprises incompétents et cupides...

    Ainsi marche notre pauvre Pays en ces temps, et c’est vrai aussi que les enquêteurs de Transparancy International sont des pauvres débiles...

    Bien à vous.


  • Antoine Diederick 16 octobre 2007 15:57

    ah, l’industrie de la Kultur, ach zo !


  • Antoine Diederick 16 octobre 2007 16:11

    Depuis la fin des années 50 (ds l’autre siècle) et pendant les années 60 et 70, le commerce culturel et de l’art s’est déplacé d’Europe vers les usa.

    Tout est là...les mouvements socio-économiques signent les déplacements et les contenus....

    Faut-il lutter... ?

    S’il fallait compter uniquement sur la « marchandisation » de l’art et de la culture pour produire des chefs-d’oeuvre, cela se saurait....

    Cherchons les talents d’abord....on verra ensuite....

    Il ne reste donc plus aux créateurs pour remuer nos sensibilités que de dépasser les contextes d’aujourd’hui , s’ils le peuvent et s’ ils en ont le courage, ce qui n’est pas sûr.


  • minijack minijack 16 octobre 2007 16:24

    Bravo Forest. Je te trouve parfait dans le rôle de gardien de la vigilance. Je vois bien que certains se fatiguent qu’on revienne toujours sur ces sujets, mais même quand il s’agit de redites —et ce n’est pas le cas ici— il est important que taper et retaper sur le clou.

    On ne le redira jamais assez : C’est la Démocratie qui est en danger avec la concentration toujours plus dense des médias et des « producteurs d’artistes » à la chaîne, détenteurs uniques du « seul bon goût français » qui ait droit de cité sur les antennes... Sans oublier les journaux, dont la DIVERSITE est seule garante d’une INFORMATION OBJECTIVE.


    • wolf wolf 16 octobre 2007 19:35

      Heureux de lire de tels propos, venant de vous jack. Car j’avoue, qu’à lire vos interventions au sein-même du forum de la ligue odebi, s’obstinant à parler toujours et encore d’une LG (Licence Globale), qu’on oublierait que vous sachiez parler d’autre choses.

      Somme toute, j’avoue ne pas vous lire partout smiley

      Mais lorsque vous dites qu’il est là question de la démocratie et de sa sauvegarde, je vous applaudi et vous souligne, car trop nombreux sont ceux qui restent indifférents à cette politique engagée par Môsieur N. Sarközy de Nagy-Bocsa, ou ceux qui sont endoctrinés.

      Par ailleurs, il est effrayant de voir, comment depuis que Mr Sarközy de Nagy-Bocsa est au pouvoir, il n’est plus possible de critiquer la politique en place, sans se voir affublé de critiques acerbes, des noms d’oiseaux, ou des préfixes réducteurs... smiley

      Et un artiste qui ose critiquer ce pouvoir, cette fabrication à la chaîne de pseudo « stars », est à souligner...


    • Antoine Diederick 17 octobre 2007 00:51

      il y a un point que Forest a bien montré, c’est la réaction des journalistes qui commencent à sentir que l’industrie des médias devient leur ennemi et surtout l’ennemi de la recherche de la vérité...

      J’ai des exemples en Belgique qui montre que la presse n’a plus le temps de rétablir la vérité ni mme d’accorder des droits de réponse..grave.

      Enfin , hors les contraintes de l’industrie, il y a que de plus en plus, l’industrie des médias substitue à la vérité des fictions plus ou moins réussies qui pertubent le sens et la perceptions des valeurs et redefinissent fallacieusement les connaissances communes de base permettant l’exercice de l’esprit critique chez tout un chacun.


    • Forest Ent Forest Ent 17 octobre 2007 01:32

      C’est expliqué dans Orwell.

      Il n’y a pas de « progrès technique », il y a du « piratage ». Le vrai « progrès technique », c’est i-phone, youtube, PS3, des trucs contrôlables.

      Le libéralisme, c’est être pour le libre-échange. La mondialisation est inéluctable. Etre moderne, c’est accepter l’inéluctable.

      De la novlangue deux heures quarante par jour, moyenne de télé US par citoyen de 1 à 120 ans.


  • bulu 17 octobre 2007 10:23

    un bemol tout de meme : Personne n’est encore oblige de leur offrir une seule seconde de son temps de cerveau.

    Le debat ne devrait plus porter sur le controle industriel mediatique mais sur « comment se passer des medias industriels dans la vie de tous les jours » et remplacer ce temps perdu par la communication avec autrui, l’art, le sport, l’ennui, la literrature et autres activites lubriques,...la liste des rejouissances est longue. C’est malheureusement plus difficile que ca en a l’air.


  • moebius 17 octobre 2007 11:16

    Georges-marc Benemou, éditorialiste à la Provence, conseiller spécial de Sarkosy. Catherine Pégard journaliste au point qui a suivi la campagne de Sarkosy à l’Elysée. Jean Marc Plantade du Parisien, cabinet de Christine Lagarde comme conseiller à la communication, Myriam Lévy du Figaro à matignon. D’autres noms, Patrick de Carolis protégé de bernadette Chirac à la tete de France télévision . Jean Pierre Elkabbach d’europe 1 demandant conseil à Sarkosy pour le choix d’un journaliste. Laurent Solly, Directeur adjoint de la campagne de sarkosy nommé dans le comité directeur de TFI. D’autres encore Arnaud Lagardére, propriétaire de journeaux et « frére » de notre président. Bernard Arnault, propriétaire de la tribune et Martin Bouygues propriétaire de TFI, tout deux témoins au mariage de Sarkosy. Ces transferts de compétences pour services rendus et ces amitiés témoignent d’une réelle porosité entre les rédactions et le pouvoir politique. A terme ce mélange des genres conduit insidieusement a une perte de crédibilité et de confiance et pour le pouvoir politique et pour nos médias. La mission essentielle de nos medias est de nous communiquer la rumeur du monde, celle de la politique ne peut en aucun cas etre réduite à la seule communication. Quant au « choc de confiance » proné par notre président c’est une bien belle réussite. Quand le « tous pourris » aura gagné le coeur de l’ensemble de nos concitoyens nous seront sans doute plus aptes à relever les défis de notre monde


  • merlin7511 17 octobre 2007 11:41

    Le plus drôle, c’est que Madame le Ministre fait exactement ce qu’elle reproche à Free de faire :http://www.pcinpact.com/actu/news/39468-zephyrinextculturefr-DLFreefr-free.htm

    Son ministère a mis en place une plateforme d’échange de fichiers pour tous ses fonctionnaires qui est pratiquement identique à celle de Free !! Comme disais Coluche : « faites ce que je dis, faites pas ce que je fais ».


  • orsi 18 octobre 2007 00:29

    et dans la grande ingiénièrie culturelle, vous avez oublié la location des collections nationales (et pas seulement celles du louvre comme on tente de nous le faire croire) au plus offrant d’Atlanta et la Chine jusqu’à Abu Dhabi, dans le but de vendre nos industries délocalisées et nos armes. Dans les deux derniers cas, il s’agit de pays dont on imagine que la transaprence et l’intégrité financière sur ce genre d’échange et de constructionde bâtiments gigantesque se font via des mafias douteuses ... vue les sommes mises en jeu, de nouveaux scandales type « frégattes de taiwan » se préparent, mais entre-temps certains s’en seront mis plein les poches ... au détriement du patrimoine français.


    • Forest Ent Forest Ent 18 octobre 2007 14:27

      Il suffit de lire le rapport Lévy-Jouyet qui parle bien d’exploitation privée du patrimoine national.


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