mardi 14 mai - par oscar fortin

Le Pape François et le Venezuela

QUE FAIT-IL EN TANT QUE CHEF D'ÉTAT DU VATICAN ?

 

 

La responsabilité du pape François n’est de nature purement spirituelle comme nous serions enclins à le penser. À sa fonction de Pasteur suprême de l’Église catholique s’ajoute celle de Chef d’État du Vatican, membre de plein droit de l’Assemblée générale des Nations Unies. En tant que chef d’État, il se doit de répondre des divers engagements que prend le Vatican dans la géopolitique mondiale. À première vue, nous pourrions penser qu’il s’en tient prioritairement au respect de la Charte des Nations Unies qui reconnait les droits fondamentaux des personnes et des peuples et états à leur indépendance et souveraineté. Une reconnaissance qui interdit le non-respect des personnes et toute forme d’interventionnisme non justifiés, par les Nations Unies, à l’encontre des peuples.

On voit mal l’État du Vatican, en tant que membre de l’Assemblée générale des Nations Unies, ne pas intervenir pour défendre ces droits fondamentaux lorsque d’autres États agissent à l’encontre de ces derniers. C’est pourtant ce qui se passe, présentement, dans le cas des interventions des États-Unis contre l’État du Venezuela. Non seulement le chef du Vatican ne dit rien au sujet de cet interventionnisme, mais il s’y implique de diverses manières pour que l’actuel gouvernement, élu démocratiquement par le peuple, soit renversé et remplacé par les élus de Washington. L’exemple de cette coopération étroite qui saute aux yeux est cette reconnaissance immédiate, par le Vatican et son épiscopat vénézuélien, du président autoproclamé de Donald Trump, Juan Guaido, comme président intérimaire du Venezuela. 

Personnellement, j’ai beaucoup de respect pour le pape François et ses efforts pour ramener les hiérarchies ecclésiales à un mode de vie qui colle à celui de leur peuple. Cela ne justifie toutefois pas que l’État du Vatican soit complice de Washington dont les objectifs sont loin de ceux que nous enseignent les Évangiles. et la Doctrine sociale de l'Église. Ce qu’il veut n’est rien de moins que la prise de contrôle de l’État et de ses richesses pétrolières et minières. La démocratie et les souffrances du peuple ne sont là que pour couvrir ses véritables intentions. Il peut compter sur un épiscopat vénézuélien militant et qui tient lieu d’une véritable opposition à la Révolution bolivarienne. Cet épiscopat dit à tous ceux qui veulent l’entendre que le pape est avec eux de tout cœur et qu’en cela il a tout son appui. À ce jour, le pape François n’a pas démenti ces dires. 

Le plus tragique c'est que le peuple est la première victime de la guerre économique et des sanctions que Washington impose. Sa stratégie est la même qu’il utilise contre ceux et celles qui protègent, en ce moment, l’Ambassade du Venezuela à Washington. Il leur a coupé l’électricité, l’eau, la nourriture. C’est exactement ce qu’il fait avec le peuple vénézuélien qui lutte pour défendre son indépendance et sa souveraineté. Par les sanctions, il le prive d’aliments, de médicaments et de bien d’autres choses essentielles au bon fonctionnement des industries. Son objectif est d’affamer le peuple pour qu’il se mette à genoux et qu'il se rende par lui-même. Pour cela, il peut compter sur l’épiscopat vénézuélien qui ne se gêne pas, par ses déclarations, à imputer. de façon mensongère, la responsabilité de tous ces maux au gouvernement et à la révolution bolivarienne. Le Vatican, pour sa part, se fait silencieux sur ces questions. Il laisse les évêques faire leur travail de désinformation et de dénigrement du gouvernement. C’est ainsi, depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez, en 1998.

 Conclusion

On peut reconnaître au pape François de grandes qualités humaines et un profond désir de ramener l’Église à un mode de vie de proximité avec les humbles et les plus démunis. On peut également reconnaître son courage pour avoir dénoncé ce capitalisme sauvage qui fait que 10% de la population mondiale possède 90% des richesses de la terre et que 90 % de la population doivent se débrouiller avec ce 10% restant. Il faut dire que cette Exhortation apostolique Evangelii Gaudium s’est vite retrouvée dans l’oubli. 

Malheureusement, s’ajoute cette contradiction du pape François qui se fait complice, en ce moment même, des É.U., source de ce capitalisme sauvage, qui lutte contre la Révolution bolivarienne dont l’objectif est justement d’en finir avec ce capitalisme sauvage. Une contradiction qu'on ne peut passer sous silence.

De toute manière, en tant que Chef d’État, il ne peut se soustraire à sa responsabilité de défendre la Charte des droits des Nations Unies et de hausser la voix pour dénoncer ceux et celles qui s’aventurent dans les affaires internes d’autres pays sans leur consentement ou celui du Conseil de sécurité des N.U…c’est pourtant ce qu’il s’abstient de faire contre l’interventionnisme des É.U. au Venezuela, 

Faut-il croire que l’État du Vatican soit devenu un allié incontournable de Washington et que ce dernier ait son mot à dire dans l’élaboration de ses politiques et du choix de ses dirigeants ?

Le point d’interrogation est là.

Oscar Fortin

13 mai 2019 



10 réactions


  • troletbuse troletbuse 14 mai 11:31

    Le point d’interrogation est là.

    Pas de point d’interrogation pour moi.

    Cette nouvelle sous-pape est là pour achever la religion catholique

    PS : Je ne suis pas croyant mais comme beaucoup, j’ai été élevé alors que cette religion était omniprésente..


  • Pascal L 14 mai 17:03

    La position du pape est conforme à la position de l’Eglise. Il doit se tenir le plus loin possible de toute forme de pouvoir, qu’elle soit bolivarienne ou américaine car ce ne sont là que l’œuvre de Satan. Le soutien au peuple qui souffre passe dans ces conditions par des canaux parallèles et confidentiels. Maduro ou Trump n’ont pas à savoir car ce serait la fin de ce soutien. Pour les mêmes raisons, il paraît évident que les Nations Unies ne peuvent être un canal d’information. 

    On a longtemps reproché aux finances du Vatican de ne pas être transparentes. Evidemment, il y a eu des abus, mais cela permet principalement de faire transiter l’argent vers ceux qui en ont besoin par les canaux confidentiels de la diplomatie en contournant les canaux de la corruption ou de la répression. Les pays de l’OCI n’ont pas besoin de connaître les montants accordés aux chrétiens en Syrie ou en Irak. De même au Vénézuela. Il en va de l’indépendance de l’église Catholique. 

    J’avais déjà remarqué que vous prépariez les esprits à une répression contre l’Eglise Catholique. Je vois que vous insistez dans cette voie. Je m’attends au pire.


    • oscar fortin oscar fortin 14 mai 17:34

      @Pascal L : Ce qui se passe au Venezuela répond en grande partie aux multiples interventions des États-Unis pour prendre le contrôle d’une opposition sans contenue et en faire son acteur principal dans le pays. Les États-Unis reconnaissent eux-mêmes leur interventionnisme au Venezuela. https://reseauinternational.net/les-etats-unis-reconnaissent-leur-responsabilite-dans-la-crise-venezuelienne/

      Vouloir résoudre le problème du Venezuela sans passer par les États-Unis est faire diversion. Ce que le présent article met en évidence est le rôle joué par l’État du Vatican, sous la direction du pape François, qui s’abstiens de dénoncer, en tant que membre des Nations Unies, le non respect du droit international des États-Unis et de ses alliés en intervenant directement, comme il le font présentement, dans les affaires internes d’un pays. Le Vatican a signé avec tous les autres membres de l’AGNU la charte des droits des personnes et des peuples. Le Conseil de sécurité, en deux rencontres a condamné ces interventions qui s’avèrent criminelles dans le cas du Venezuela. La question qui se pose est Le pourquoi du silence du pape sur cet interventionnisme à la base des problèmes qui se vivent au niveau du peuple ? La critique portée contre le pape François n’est pas une critique contre l’Église, mais bel et bien une critique contre le pape qui déroge lui-mème à cette Charte en reconnaissant le candidat de Donald Trump, Juan Guaido comme président autoproclamé à l’encontre des cinq millions et plus de Vénézuéliens qui ont choisi Nicolas Maduro comme Président. C’est ce qu’on appelle intervenir dans les affaires internes d’un pays. L’ONU maintient la légalité du gouvernement de Nicolas Maduro, ce que le pape François se refuse de faire.


    • Pascal L 15 mai 09:02

      @oscar fortin
      « Le Vatican, combien de divisions ? » (Staline)
      La puissance du Vatican n’est pas dans ce qui est visible, le stalinisme est mort alors que le Catholicisme existe toujours depuis 2000 ans et la répression de Staline n’a fait que renforcer le Christianisme. 

      « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre » (Jean 8,7), C’est la réponse de Jésus à une injonction du même ordre de ce que vous demandez. Vous exigez que le Vatican prenne le parti de Satan. Ici, prendre parti n’a aucun sens, c’est favoriser Satan contre Satan. Que le Vénézuela renonce à Satan et rétablisse la démocratie... Je réitère qu’aider le peuple qui souffre ne peut se faire que dans le silence. « Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite » (Matthieu 6,3).


    • kirios 15 mai 09:15

      @Pascal L
      « La position du pape est conforme à la position de l’Eglise. Il doit se tenir le plus loin possible de toute forme de pouvoir, »
      sauf que le Vatican siège aux Nations Unies.


    • oscar fortin oscar fortin 15 mai 12:29

      @kirios : il est uni au pouvoir de Washington à travers deux pactes signés, le premier en 1982 entre Jean-Paul II et Reaganin, le selon en 2014 entre le pape François y Obama. Ce que nous constatons présentement est le résultat de ces deux pactes. https://humanisme.blogspot.com/2015/02/la-prostituee-de-lapocalypse.html


    • Pascal L 15 mai 18:04

      @kirios
      « sauf que le Vatican siège aux Nations Unies. »
      Quel pays ne siège pas aux Nations Unies ?
      Siéger aux Nations Unies ne veut pas dire « obligation de voter dans le sens qui convient à qui que ce soit » Chacun est libre et en l’occurence, je ne vois pas pourquoi le Vatican voterait pour la politique de Satan. La diplomatie du Vatican est une diplomatie discrète.


    • Pascal L 15 mai 18:37

      @oscar fortin
      J’ai fais quelque recherche sur ces pactes et je ne trouve qu’une seule source recopiée à divers endroits dont votre propre blog. C’est tout de même curieux d’utiliser votre propre prose comme preuve. Cela ne fait pas une vérité aux yeux de n’importe quel historien. Il me semble curieux de dévoiler “l’une des alliances les plus secrètes de tous les temps”. Il y a comme une contradiction. En fait, vous n’avez aucune idée de ce qui a pu être dit mais vous faites comme si ; après tout, personne ne viendra vous contredire.

      Votre volonté de détruire l’Eglise Catholique me semble obsessionnelle. Vous n’êtes ni le premier, ni le dernier. Un psychanalyste pourra peut-être vous expliquer. De toutes façons, ce n’est pas le pape qui en est le centre mais le Christ vivant lui-même. C’est donc avec lui que vous devez vous expliquer et si ce n’est pas dans cette vie, ce sera dans la prochaine. Vous pouvez tuer les hommes mais ne pouvez pas détruire l’Eglise. « Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. » (Matthieu 16, 18)
      « Je vous le dis : si eux se taisent (les disciples), les pierres crieront. » (Luc 19, 40)


    • oscar fortin oscar fortin 15 mai 19:19

      @Pascal L : vous auriez pu suivre le lien que qui figure dans mon article pour y trouver la référence principale qui ne vient pas de moi.

      https://www.mondialisation.ca/nouveau-pacte-entre-le-vatican-et-washington/5421955


    • Pascal L 17 mai 21:15

      @oscar fortin
      Je n’ai pas dit que ça venait de vous, mais qu’il n’y avait qu’une seule source qui a été recopiée et traduite plusieurs fois. S’agissant d’un accord secret, il est permis de douter des intentions de l’auteur et cela ne peut être validé par un historien.


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