vendredi 5 avril - par Michel J. Cuny

Le pouvoir d’achat de cette pauvre France à laquelle il ne reste plus que la brasse coulée

 

Grâce à la vidéo qu’il a publiée sur Xerfi Canal (https://www.xerficanal.com/) le 10 avril 2012, Alexandre Mirlicourtois va nous permettre de découper, avec lui, le pouvoir d’achat des Françaises et des Français en rondelles plus fines à partir desquelles nous allons mieux comprendre – nous, aujourd’hui – où en était la population qui avait accepté sans broncher que son Etat attaque la Libye et y détruise l’ensemble du système de vie ainsi que l’on fait lorsqu’on s’avise d’anéantir un nid de guêpes…

Globalement, du point de vue du pouvoir d’achat, elle poursuivait sa route dans le sens entamé depuis les années 1995-2002… Il s’y trouve un coup de frein assez sensible. C’est tout au moins ce qui ressort de ce premier graphique et du commentaire qui l’accompagne :

« Certes, malgré les crises, le pouvoir d’achat ne cesse d’augmenter depuis 1985 comme le montrent les statistiques. Et 2011 n’a pas dérogé à la règle avec une hausse de 1,1%. En vérité, seul le rythme de progression a considérablement diminué au fil du temps. Un rythme de 2,4% par an entre 1995 et 2002, tombé à 1,9% entre 2002 et 2007. Et un rythme bien en dessous de 1% ces 5 dernières années. »

De quoi développer un certain spleen… Mais ce n’est pas tout…
« D’abord, Il faut bien avoir en tête que le pouvoir d’achat est calculé pour l’ensemble des ménages. Sa hausse globale peut donc masquer une grande variété des situations individuelles. La moyenne ne veut rien dire si l’écart de pouvoir d’achat se creuse entre les catégories sociales. »

Afin de passer des chiffres qui concernent les ménages à ceux qui concernent les individus, il faut tenir compte de la croissance de la population entre des mesures décalées dans le temps, ainsi que de la taille et de la composition des ménages eux-mêmes, pour tenir compte de la diversité des consommations obligatoires pour tous mais qui se répartissent différemment selon que le ménage est nombreux et qu’il comporte des personnes d’âges différents…
« Pour intégrer ces phénomènes, nous dit Alexandre Mirlicourtoisles statisticiens utilisent la notion d’unité de consommation. Par convention, dans un foyer, le premier adulte compte pour une unité de consommation, une personne supplémentaire de plus de 14 ans pour 0,5 unité de consommation et chaque enfant pour 0,3 unité de consommation. »

Dans ce contexte bien plus précis, que devient le pouvoir d’achat de l’individu ordinaire dans cette France dirigée par l’assassin de Muammar Gaddhafi  ?… Voici ce que montre le graphique à deux niveaux (trait bleu, trait orangé) que nous proposent Xerfi Canal et Alexandre Mirlicourtois

« Ce simple glissement entre pouvoir d’achat global et pouvoir d’achat par unité de consommation est lourd de conséquence. Depuis 2008, le pouvoir d’achat par unité de consommation stagne. Sa hausse peine même à atteindre 0,2% l’an contre +0,9% pour le pouvoir d’achat global. C’est près de 5 fois moins rapide. »

Voici donc la prise réelle de l’économie française sur chaque individu… Mais au-delà des individus, on imagine que les différentes classes sociales n’ont pas été rivées au même clou… Certes, occupé à nous montrer autre chose, Alexandre Mirlicourtois nabordera pas cette question ici, mais nous allons le suivre avec plaisir du côté des prévisions qu’il était alors possible de faire quant à l’évolution du pouvoir d’achat « populaire » pour la suite de 2012 après la fracassante victoire sur la Libye…

Première constatation :
« Comment envisager la suite ? Il faut d’abord regarder d’où on part. Et l’on part de très bas. »

Voyons cela…
« Le pouvoir d’achat par unité de consommation a reculé aux 3ème et 4ème trimestres 2011. »

En gros… dans les temps où Muammar Gaddahfi mourait (20 octobre 2011)… Sans bien sûr faire référence à cela, Alexandre Mirlicourtois, qui s’en tient à la seule économie, déclare :
« Pour faire bref, nous partons avec un handicap. Un handicap dont on voit mal comment il pourrait être surmonté cette année. »

Allons bon !… Et pourquoi donc ?…
« Tous les paramètres convergent en effet vers un tassement des ressources financières des ménages en 2012. Comme les entreprises n’ont plus aucune marge de manœuvre, les salaires progresseront peu ou pas du tout en 2012. Quant aux fonctionnaires, le gouvernement a annoncé que la valeur du point d’indice salarial ne serait pas augmentée en 2012, pour la deuxième année consécutive. »

Voilà qui commence, effectivement, à faire beaucoup !…
« De surcroît, la priorité de la droite comme de la gauche est d’assainir les finances publiques. Quelque soit le scénario électoral il faut donc s’attendre à un durcissement de la fiscalité. En clair, il faut s’attendre à de nouvelles ponctions sur les revenus et à une réduction des prestations sociales. »

Est-ce là bien tout ?… Il paraît que non !… Décidément, Alexandre Mirlicourtois ne nous épargnera plus rien…


« Coté prix, ce n’est pas mieux. Depuis maintenant un an, l’inflation campe au-dessus de 2%. Et vu la dynamique des prix, notamment dans l’énergie, le retour durable sous ce seuil des 2% n’est pas d’actualité. Que l’on prenne le problème par le numérateur, c’est-à-dire les ressources, ou par le dénominateur, c’est-à-dire les prix, le constat est le même : le pouvoir d’achat par unité de consommation reculera en 2012. Il reculera de 0,7% selon notre prévision. »

Sans doute était-ce le prix à payer en face d’un… dictateur… Lequel ? Où ça ? Dans quel pays ? Mais, voyons, Sarkozy, c’est la belle France de toujours !…

La preuve ? Nous pouvons la trouver dans les propos d’Alexandre Mirlicourtois qui ne font bien sûr, eux, que s’en tenir au pouvoir d’achat :
« Avec un tel scenario, les Français vont avoir du mal à consommer plus. Et certains même devront consommer moins. »

Et quant aux prochaines élections présidentielles, elles n’y feront rien non plus :
« Pour le consommateur il n’y a aura pas d’état de grâce après le 6 mai prochain. »

Françaises, Français, qu’avez-vous donc fait de votre prétendue souveraineté, tandis qu’on se joue de vous comme d’un pauvre mannequin tout dépareillé ?

NB. Cet article est le quinzième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici



6 réactions


  • Eric F Eric F 5 avril 11:15

    La situation décrite date de 2011, il y a des facteurs nouveaux tels la hausse de la pression fiscale, le quasi-gel des retraites, la part croissante des très hauts revenus, les coups de pouces limités aux minimas.


    • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 5 avril 11:42

      @Eric F
      Merci.
      Vous faites bien d’ajouter tous ces éléments.
      La suite de mon travail nous permettra de voir comment, peu à peu, la situation s’est effectivement développée depuis ce temps-là.
      Mais, également, de regarder quelquefois en arrière, du côté, par exemple, de la situation politique aux lendemains de la Libération et en présence de l’Allemagne telle qu’elle était alors et en présence de l’Union soviétique...


    • Habana Habana 5 avril 15:15

      @Eric F
      Même question ! Comment sont faits ces calculs ? S’il s’agit de chiffres INSEE, ils sont tout simplement bons pour la poubelle !
      Lorsqu’on voit les hausses colossales des postes les plus importants tels que carburants, gaz, électricité, impôts, CSG-CRDS, coûts des études universitaires, logements, mobilité (autoroute, parkings...)....je doute fort que le pouvoir d’achat soit même resté nul mais plutôt en net régression ! Et ce n’est pas qu’un sentiment !


    • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 5 avril 15:54

      @Eric F
      La suite vous montrera que tout cela a été peu à peu intégré dans les travaux d’Alexandre Mirlicourtois et d’Olivier Passet...
      Par ailleurs, si vous disposez de chiffres plus fiables, il ne faut pas hésiter à le dire.
      Tout cela doit pouvoir se discuter en y regardant de plus près.


    • Cyril22 5 avril 22:29

      @Habana
      Effectivement les « moyennes statistiques » ne sont pas significatives de l’effet réel, certains postes de « dépenses obligées » augmentent plus vite que l’inflation.
      Mais si on regarde sur le long terme on voit que de nouveaux biens ou services se sont ajoutés, ainsi au début des années 90 personne n’avait de PC ni de téléphone mobile et encore moins d’internet (sauf le minitel), les sèche linge était rares, la télé n’avait que quelques chaines, extrêmement peu de monde allait à l’étranger, la bouffe et les fringues prenaient une part plus importante du budget, etc. Donc le « bilan » est difficile à établir, mais sur le court terme le pouvoir d’achat, notamment des retraités, diminue effectivement de manière tangible et mesurable.


  • zygzornifle zygzornifle 5 avril 17:35

    Le pouvoir de crachat de Macron sur nos têtes ....


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