mardi 27 avril 2021 - par Taverne

Le rêve de la Connaissance totale

Ils étaient les trois mousquetaires de la pensée. Par ordre d'apparition au monde : Michel Eyquem de Montaigne (1533 - 1592), René Descartes (1596 - 1650), Blaise Pascal (1623 - 1662). Chacun voulut trouver la Vérité, chacun a suivi une voie personnelle. Montaigne n'aspira à rien d'autre qu'à se mieux connaître avant de mourir, Descartes eut la révélation d'une science totale ! Pascal enfin, après avoir suivi les idées de Descartes, connut la Révélation et rejeta la raison comme unique moyen d'atteindre le savoir et voua le reste de sa vie au sentiment (religieux surtout).

Le rêve de connaissance totale

Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1619, s’étant couché en ayant décidé de consacrer sa vie à l’amour de la vérité, René Descartes eut une illumination, la vision des « fondements de la science admirable ». Il se prit à croire qu'il lui serait possible d’établir « les fondements d’une science admirable  », capable d’unifier toutes les connaissances. Son oeuvre, si elle est fondatrice, n'a cependant pas permis de dégager tous les moyens du Savoir. Hegel essaya à son tour. Husserl sera le dernier à poursuivre cette recherche impossible.

Impossible ? Mais "impossible" n'est pas français. En effet, si l'on dresse le bilan de nos trois brillants mousquetaires de la pensée, si on croise leurs idées, on obtient un tableau intéressant et qui semble exhaustif sur ce que j'appelle le "principe connaissant". Autrement dit les différentes voies d'accès à la connaissance.

L'auteur de cet article a créé les critères de la ligne horizontale en considérant qu'ils sont universels (du point de vue humain !) et qu'ils permettent de mettre en valeur la pensée de ces trois grands philosophes.

Ce tableau montre les voies de la connaissance des trois philosophes. On reconnaît Montaigne à la ligne "corps" du principe connaissant. Montaigne se peint en effet comme un homme très physique, proche des purs instincts dont celui de l'amitié. Inutile de préciser, je suppose, que l'étage de la Raison est celui qui décrit Descartes, philosophe qui ne jurait que par la raison et, ayant, contrairement à Montaigne, du mépris pour le corps tandis qu'il déifiait l'esprit. Quant à Pascal, il n'a suivi la voie d'aucun de ses deux prédécesseurs. Il prit la voie du sentiment. Ce fut un fervent croyant qui croyait plus au coeur qu'à la raison.

Jugeons du résultat de ce croisement de méthodes. N'y voit-on pas toutes les nuances du savoir ? Détaillons les choses avec des citations adéquates.

1 - Montaigne (1ère ligne du tableau)

Pour cet homme sensuel, la perception (case 2) est le principal moyen d'accès à la connaissance : « toute connaissance s'achemine en nous par les sens, ce sont nos maistres : La science commence par eux, et se résout en eux. »

Néanmoins ses Essais sont pleins de citations en latin des grands auteurs de l'Antiquité. La mémoire (case 1) comme patrimoine et comme transmission comptent aussi énormément pour Montaigne. Il prise en particulier les "Vies" de Plutarque et se plaît à relater nombre de récits exemplaires. Le récit et la mémoire sont les meilleurs vecteurs du savoir. Ils ont d'ailleurs certainement précédé l'existence de l'écriture. Les peintures rupestres et les légendes étaient des moyens de communiquer un savoir de génération à génération.

Dans ses essais, il est beaucoup question du corps, comme moyen de jouir de la santé mais aussi comme moyen de connaissance de ses humeurs et des limites de sa vie de mortel. Jouir du bonheur présent est sa devise mais jouir en honnête honnête homme en côtoyant - mais sans excès d'érudition - les auteurs grecs et latins. Montaigne a trop conscience de la fragilité de l'existence pour ne pas en profiter à plein : "c'est chose tendre que la vie et facile à troubler". Alors pourquoi ne pas vivre à l'exemple des animaux qui n'ont pas la conscience et la santé troublées ? « Je reçois la santé les bras ouverts, libre, plaine, et entiere : et aiguise mon appétit à la jouir, d'autant plus qu'elle m'est à présent moins ordinaire et plus rare : tant s'en faut que je trouble son repos et sa douceur, par l'amertume d'une nouvelle et contrainte forme de vivre. Les bêtes nous montrent assez combien l'agitation de nostre esprit nous apporte de maladies. »

Montaigne "marche à l'instinct" au point qu'il ne parvient pas à expliquer par des mots sont amitié très forte avec la Boétie. Il résuma par cette expression devenue célèbre : "Parce que c'était lui, parce que c'était moi". Voilà, c'est tout. C'est l'instinct du corps et du coeur. La raison n'entre pas en ligne de compte. C'est l'instinct (case 4) et l'émotion (case 3)

La première forme du principe connaissant est donc corporelle, sensuelle, instinctive.

2 - Descartes (2ème ligne du tableau)

Pour Descartes, tout savoir vient de la conscience. L’intellect humain possède deux outils : l’intuition (case 4) et la déduction. Descartes pense que les idées peuvent naître soit de la conscience même, soit du monde extérieur, soit enfin d’une instance supérieure contenue en germe dans la conscience. Mais, en fin de compte, c'est la conscience qui préside tout, c'est elle qui règne (je suis une chose qui pense). Il constate qu’il a en lui-même (connaissance par voie de conscience) l’idée de Dieu. L’existence de Dieu et démontrée grâce aux idées claires et distinctes, et c’est Dieu qui garantit la vérité de ces idées. La boucle est bouclée.

Les quatre principes qu'il énonce dans le Discours de la méthode relèvent de l'analyse (une noble fonction de la raison). Mais, voyant les limites de la pure raison, il plaide aussi pour une "morale par provision" (fonction de synthèse  : respect des lois et opinions dominantes) en attendant que la raison, par son analyse radicale, les corrige éventuellement).

Quant à l'apprentissage (case 3), c'est l'éducation de sa jeunesse et qu'il remet en question au moyen du doute radical pour entrer dans une voie d'apprentissage supérieure.

3 - Pascal (3ème ligne du tableau)

Ce qui prime chez Pascal, c'est le sentiment, un mot qu'il faut traduire par confiance (case 1) et foi. "Je ne puis pardonner à Descartes" écrit-il. Il reproche à Descartes d'avoir tout misé sur la Raison alors que le sentiment compte autant. "Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît point ; on le sait en mille choses." (Article XXIV - 5).

Pascal connaît une expérience mystique dans la nuit du 23 novembre 1654, une révélation (case 3), qu’il consigne dans le Mémorial. Dès lors, il consacrera sa vie au renforcement et à la divulgation de sa foi et « non des philosophes et des savants ». Adieu la Raison, adieu à ce fou de Descartes qui méprise le sentiment, Pascal renonce au monde pour se donner tout entier à Dieu. Il se retire à Port-Royal. 

Pascal dit toutefois : "Deux excès : exclure la raison, n’admettre que la raison." (Article XIII - 3). Puis il théorise cette intuition : "Il y a donc deux sortes d’esprits : l’une, de pénétrer vivement et profondément les conséquences des principes, et c’est là l’esprit de justesse ; l’autre, de comprendre un grand nombre de principes sans les confondre, et c’est là l’esprit de géométrie." (Article VII - 2)

La foi intense chez Pascal n'est-elle pas un remède contre l'imagination (case 2) effrayante ? Je cite à ce propos : "Combien de royaumes nous ignorent ! Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraye." (Article XXV 17) Un autre passage témoigne de l'imagination maladive du philosophe : "Le plus grand philosophe du monde, sur une planche plus large qu’il ne faut, s’il y a au-dessous un précipice, quoique sa raison le convainc que de sa sûreté, son imagination prévaudra. Plusieurs n’en sauraient soutenir la pensée sans pâlir et suer." L'imagination provoque la frayeur. La foi est le refuge.

Cette dernière image (celle du philosophe épouvanté) est empruntée à Montaigne. D'ailleurs, que pense Pascal de Montaigne ? Pas que du bien ! Il le trouve trop sensuel, rustre. Il reproche à Montaigne sa foi trop lâche et dit qu'il pratique une éthique « naïve, familière, plaisante, enjouée et pour ainsi dire folâtre  », qui consiste à suivre ce qui charme et à vivre « mollement dans le sein de l’oisiveté tranquille  ». Montaigne n'a pas suivi la seule voie du sentiment, de la foi. Il est impardonnable. Il s'est trop approché de la connaissance naturelle du corps : c'est un homme charnel. Pascal dit que la foi est la seule vraie voie de la connaissance, que la foi est une forme de savoir supérieure à celle des sens : "La foi dit bien ce que les sens ne disent pas, mais non pas le contraire de ce qu’ils voient. Elle est au-dessus, et non pas contre." Article XIII - 4).

En conclusion

Ces trois penseurs des temps anciens ont à eux trois résumé les diverses voies d'accès à la connaissance. Ils permettent de définir le principe connaissant. Ce principe premier ne fait que recenser de façon systémique les différentes voies d'accès au savoir mais il ne dit rien des erreurs et des défaillances que l'on rencontre sur les chemins de la connaissance (erreurs des sens, de jugement, de raisonnement, etc.). Ce serait une autre affaire, celle du principe de jugement.

On le voit : on est encore loin de toucher au rêve de la Connaissance totale !

Ce modèle est une proposition. On pourra le juger discutable. Mais, comme dirait Descartes, faute de mieux, optons pour une synthèse provisoire. Celle-ci en vaut bien une autre.

 



33 réactions


  • Étirév 27 avril 2021 09:08

    « Ces trois penseurs des temps anciens ont à eux trois résumé les diverses voies d’accès à la connaissance. »
    Pour trouver la Vérité, il n’y a que deux voies à suivre : celle de la Science et celle de l’Amour.
    La Religion, c’est la voie de l’Amour.
    L’Amour, c’est le Lien moral qui unit l’homme à l’Esprit féminin, et c’est ce Lien qui est la Religion ; c’est le Cordon métaphysique par quoi l’Humanité tient toujours à l’Essence ; rien ne l’a rompu ; rien ne l’a relâché, et cela sera ainsi tout le long du temps.
    L’un des livres sacrés des chinois porte le titre de Tao-Te-King. Suivant les anciens dictionnaires chinois, « Tao » signifie « un chemin », « le moyen de communiquer d’un lieu à un autre » ; ce chemin n’est-il pas ce lien moral qui relie l’homme à l’esprit féminin ?
    L’Esprit est le reflet de soi-même, en plus beau.
    « Ainsi devras-tu dégager de toi l’être immortel qui dort son calme sommeil et le tendre vers la clarté divine. Comme du ver naît le papillon, de l’homme rampant naîtra l’ange à l’esprit lumineux. Cherche en toi les mystères que tu veux connaître : l’homme possède en lui le miroir profond qui réfracte la Vérité. Mais, de même qu’un lac troublé agité par le vent reflète imparfaitement l’azur, l’âme agitée ou troublée par les passions ne peut refléter dans toute sa pureté la Vérité sacrée. Calme donc en toi les vains tourments de la vie, libère-toi des attaches d’en bas, et la révélation attendue t’apparaîtra éblouissante et claire. Que ton seul ennemi soit l’ennemi caché en toi, car c’est toi-même qu’il faut vaincre. » (M. Boué de Villiers, Les Chevaliers de la Table Ronde).


  • Clocel Clocel 27 avril 2021 09:17

    L’occident crève d’avoir cédé trop de place au mental et aux sens, il a tout renié pour ça, cramé ses vaisseaux et il se rend compte qu’il se retrouve égaré sur un continent sans avenir viable.

    Les sages l’avaient bien compris, l’intellect n’est pas la solution mais le problème, Sri Aurobindo est sans doute celui qu’il l’a le mieux formulé avec nos mots à nous.

    « JE est un autre »...

    Le mal que nous a fait Descartes, il n’a d’intérêt que pour la déconstruction de son discours...

    C’est une boussole inversée quasi exacte.


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 09:43

    Bonjour Taverne. Oui, c’est ce qu’on appelle des personnes à Haut Potentiel. Au Rorschach. Test psychologique des taches... Ils perçoivent plutôt tout dans la globalité plutôt que dans les détails. Ils veulent tout savoir. Que rien ne leur échappe. Comme un besoin de tout contrôler. Ils donnent beaucoup de réponses kinesthésiques (des personnages qui sont en mouvement). Ils sortent de la moyenne. sont parfois des génies,, des créateurs. Freud, Descartes. Ils passent par des phases dépressives pour ensuite se ressourcer. Ils sont plutôt solitaires, ne voyant pas la même chose que la moyenne des individus. Ils sont hors-normes. Ce qui ne veut pas dire anormaux. 


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 09:57

    J’oubliais une caractéristique : l’épistémophilie. Le besoin de savoir. La curiosité. D’un point de vue winnicotien ce sont des personnes qui ont vécu douloureusement le moment de la séparation avec la mère dans la petite enfance. Ce qu’ils ont compensé par une hyper vigilance créative. Reconstituer le bon sein dans sa globalité et perdu...un moment. C’est exactement le contraire du pervers-narcissique. Lui ne voit que les détails (exemple, concernant le Covid, il s’attachent au chiffres, vous voyez, il n’y a que 3 millions de morts, des vétilles, tendance complotistes). Sont toujours dans l’action. N’ont aucune vie intérieure mais ont besoin de « sucer » celle des autres. Qu’ils copient le plus souvent. Hélaas, les deux ont tendance à s’attirer. Voulant ce que l’autre possède. Le Haut-potentiel : l’indifférence et la capacité à tout surmonter du pervers narcissique bloqué au stade reptilien (la survie avant tout) et le pervers-narcissique, le savoir de l’autre. Cette vie intérieure qu’au fond ils envient. Et comme ils en sont incapables (ayant sauté la phase dépressive de l’enfance), il préfèrent détruire. Mon conseil aux Haut-potentiels. apprenez l’indifférence et pensez à vous. On vous traitera d’égotiste (ce qui est fondamentalement faux). 


    • Taverne Taverne 27 avril 2021 12:24

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Sur le narcissisme  : Quand Pascal a écrit « le Moi est haïssable », on dit qu’il pensait aussi à Montaigne auquel il reprochait ses descriptions intimes. Mais la formule vise plus globalement les narcissiques de son temps.

      Sur l’esprit de curiosité : « Car la maladie principale de l’homme est la curiosité inquiète des choses qu’il ne peut savoir ; et il ne lui est pas si mauvais d’être dans l’erreur, que dans cette curiosité inutile. » (Pascal Pensées Article VII / 17) Pascal ne borne la curiosité qu’aux choses non connaissables. Il ne la voit pas comme une maladie sinon. Moi non plus. La curiosité est une chose naturelle et utile. Chacun doit savoir se borner. La curiosité indiscrète, par exemple, est malsaine. Je réintroduis ici ma conception récurrente sain / malsain qui est indépendante de l’opposition Bien / Mal, laquelle est empreinte de morale ou de religion.

      Sur la créativité : votre théorie selon laquelle les enfants privés précocement de l’univers maternel essaient de se recréer une forme d’univers ensuite ne me paraît devoir être écartée d’un point de vue philosophique. J’ai l’intuition qu’il a du vrai là-dedans.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 12:36

      @Taverne la curiosité malsaine est intrusive.... Il est vrai que les premiers médecins allaient la nuit dans le cimetière déterrer des cadavres... Là, nous parlerons de sacrilège. 


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 12:49

      @Taverne

      Un objet transitionnel est un objet utilisé par un enfant dès l’âge de 3 ou 4 mois pour représenter une présence rassurante (comme celle de la mère).

      Donald Winnicott fut le premier à parler de l’objet transitionnel ainsi que des phénomènes transitionnels au début des années 1950, soulignant soigneusement que leur existence dépend de chaque enfant. En effet, si tous les enfants occidentaux n’y ont pas recours, le phénomène est plus rare encore — voire souvent inexistant — dans les sociétés extra-occidentales. Perso, je me souviens très bien de la fée clochette que m’avait offert ma mère. Je lui racontais tout.. intéressant : dans les sociétés extra-occidentale, les enfants y aurait moins recours. Il est vrai que l’Occident pourra toujours être (je n’aime pas fière) mais considérée comme largement supérieure sur le plan culturel. Même s’ils sont aller puiser leur inspirations dans d’autres contrées. Gauguin et l’Océanie. Une chose à savoir : l’art premier n’est jamais signé. Ce sont des oeuvres qui ont une signification tribale. L’Ego s’efface derrière le groupe. Un bien, un mal.... !!!


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 10:01

    La dépression du haut-potentiel n’est pas narcissique. Mais comme une sorte de nuit de l’âme. Une perte qui permet de se remplir à nouveau et de créer. https://www.youtube.com/watch?v=E9AO3OXvI3w


  • Bendidon ... voila l'Ankou ! Bendidon 27 avril 2021 10:06

    Ouais bon on ne va pas aller très loin en suivant ces 3 penseurs (tout comme l’auteur) adeptes de la masturbation intellectuelle

    TROIS BELLES VOIES DE GARAGE

    Rien ne vaut un bon coup de nirvana pour obtenir la connaissance totale

    « La vérité ne vient pas dans le monde nue, mais en signes et en image » Évangile gnostique de Philippe

    source : Agnostiquevox et pas Agogovox

     smiley


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 10:08

    Feud comme Jung connurent des phases dépressive et de deuil ; Ils étaient vraiment faits pour se comprendre. Jung a le plus créé au moment de sa séparation avec Freud. Mais dans une totale souffrance. 


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 10:13

    Ah, un P.N. est au poste pour me mettre une étoile...


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 10:15

    Au fond, le H.P. rêve surtout de ne jamais atteindre cette connaissance totale. Quel ennui....


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 10:18

    Ce rêve de connaissance totale a beaucoup à voir avec la « scène primitive » des psychanalystes. Comment fus-je conçu..... ? Comment cela s’est-il passé ? Raison pour laquelle on en trouve beaucoup parmi les historiens, les archéologues, les rats de bibliothèque, les psys bien sûr...les détectives,...


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 10:25

    Leur hyper-sensibilité a développé particulièrement leur odorat, le capacités gustatives, leur vision, leur écoute. Sont sujets aux synchronicités. Ce qui fait d’eux d’excellent musiciens (Bach). Sont-ils fous (BACH,...). Non, excepté les Asperger. l’Asperger se reconnaît en ce qu’il développent surtout une seule capacité. Ex ; Dans la Saga Millénium. La hacker en informatique...Zuckerberg qui n’a pas saisi tous les dangers de Facebook...


    • Taverne Taverne 27 avril 2021 12:46

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Pourquoi je lie la perception au mouvement ? (Voir tableau). Je développe ce point pour mieux me faire comprendre.

      L’oreille capte le mouvement des ondes sonores, l’œil les formes éclairées par les ondes lumineuses. Le nez capte les mouvements des atomes et perçoit ainsi les odeurs. La main doit bouger pour sentir le mouvement. Enfin, la langue est un organe en mouvement perpétuel. Tirez la langue devant le miroir et constatez par vous-même : elle est animée en permanence de micro mouvements. Et je ne parle pas des macro mouvements qu’elle fait à longueur de journée pour saliver et parler.

      En cas de perte d’un sens, d’autres sens peuvent développer une hypersensibilité aux mouvements des ondes et atomes.

      Pour finir, j’entends par « Connaissance totale » un Savoir total et non la faculté de capter sur le moment toutes les informations. Je parle de la Voie vers le Tout connaissant. Un idéal philosophique et scientifique.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 12:52

      @Taverne. je peins et à un moment de concentration totale, nous pouvons laisser glisser le pinceau sur la feuille. Peinture automatique...... Le résultats est parfois étonnant. On peut même essayer avec un bandeau sur les yeux...


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 avril 2021 10:28

    On pense surtout au PIC DE LA MIRANDOLE.


  • Laconique Laconique 27 avril 2021 11:18

    Hum… Oui… Un net progrès par rapport à la dernière fois. Les concepts sont plus nettement posés, vous citez vos sources. Ce n’est pas très rock’n roll tout ça mais vous méritez des encouragements. Merci pour cet article.


  • Taverne Taverne 27 avril 2021 14:13

    Meurtre de Madame Halimi et principe connaissant.

    Le principe connaissant tel que je l’ai développé montre (accessoirement car ce n’était pas le but de ma recherche) que le tueur de Sarah Halimi savait ce qu’il faisait au moment des actes. En effet, les canaux du savoir sont nombreux et efficients. Ils ne peuvent être tous paralysés à la fois.

    Mais s’il « savait ce qu’il faisait », en était-il moralement conscient au sens du principe dirigeant  ? Le principe dirigeant est un autre principe premier que je développe actuellement. L’expression est empruntée à Marc Auréle, dans la traduction française de ses « Pensées pour moi-même ». Le sens que je lui donne pour le moment est : « volonté contrôlée par la conscience ». Je n’ai pas terminé de penser cette notion.

    Cela dit, pénalement, je trouve anormal que l’article 122-1 du Code pénal propose en première option l’abolition du discernement et seulement en seconde option (alinéa 2) l’altération et l’entrave.

    La logique devrait être inversée, à savoir que la seconde hypothèse (altération, entrave) doit prévaloir et doit être examinée à fond avant de recourir à l’excuse de l’abolition du discernement. L’abolition ne devrait être invoquée que de façon exceptionnelle.

    En outre, il faut prouver, pour l’actionner, que l’accusé une fois mis sous traitement thérapeutique ne serait pas apte à assister à son procès et à le comprendre ni apte à procéder à une reconstitution des faits.

    Enfin, le terme « abolir » me semble impropre car ce verbe signifie amnistie ou suppression d’une loi. C’est un abus de langage de parler de discernement aboli. Cela signifierait que le principe dirigeant serait totalement anéanti. Je trouve cette hypothèse invraisemblable.


    • Taverne Taverne 27 avril 2021 14:24

      Pour la raison que j’ai donnée (l’anéantissement total de la conscience relève de la quasi impossibilité), il devrait y avoir une gradation de nuances entre altération et abolition. Avec gradation des peines en rapport au degré de déconscientisation (de destruction momentanée du « principe dirigeant »). La notion d’abolition est trop radicale et des nuances devraient, à mon sens, être créées.


  • troletbuse troletbuse 27 avril 2021 14:24

    Ce que nous ne saurons jamais

    Voyages au frontières de la science

    Marcus du Sautoy Flamarrion-Mars 2019


  • sylvain sylvain 27 avril 2021 19:25

    Descartes pensait qu’avec ses lois de la dynamique, on pouvait prévoir le mouvement de chaque particule et en conséquence prédire l’avenir, qui est écrit à un instant t du fait du déterminisme des lois . En somme il croyait au destin et pensait même que l’homme pouvait le connaitre

    La suite a montré qu’il s’était royalement planté, même si les lois de la dynamique sont très utiles, le comportement des particules n’est pas déterministe


    • Taverne Taverne 27 avril 2021 21:04

      @sylvain

      Descartes était un grand philosophe, Pascal un grand scientifique, Montaigne un homme très sage. Le tout fait une belle synthèse : les trois mousquetaires de la pensée française. Gardons le meilleur de chacun et « Un pour tous, tous pour un ! »


    • Taverne Taverne 27 avril 2021 21:07

      Notons cette coïncidence : Montaigne était gascon comme d’Artagnan.


    • sylvain sylvain 28 avril 2021 13:47

      @Taverne
      Les lois de la dynamique sont la base de toute la physique classique, descartes était un grand scientifique aussi . Mais il me semble que l’essence de sa pensée a toujours tourné autour du déterminisme, d’un univers mécanique, en cela il ne m’est pas franchement sympathique


  •  C BARRATIER C BARRATIER 27 avril 2021 20:58

    Approche intéressante, merci.

    Par une réactivité parfois inconsciente à nos lectures, nous ébauchons nos idées et notre conduite, de manière non définitive.Nous sommes à la fois semblables à ces trois auteurs classiques, et différents d’eux. Notre époque est différente ! Les poètes, les politiques nous influencent aussi.. Adhérer à quoi que ce soit de manière définitive nous enfermerait.il vaut mieux rester un peu détaché de tout, ce qui nous ramène plutôt à Montaigne que j’apprécie beaucoup.


    • Taverne Taverne 27 avril 2021 22:13

      @C BARRATIER

      Montaigne est un excellent compagnon de lecture et de vie. Relire les Essais, c’est entretenir des interactions sociales de niveau qualitatif élevé car chez Montaigne le principe de l’altérité est fortement présent. Avec le cocktail des trois penseurs, nous avons : la pensée et la Raison (Descartes), la joie de vivre et l’altérité (Montaigne), la science et l’amour (Pascal, inventeur notamment du calcul des probabilités).

      Ces trois-là constituent pour l’esprit un anti-virus ultra puissant.


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