mercredi 28 avril 2010 - par Céphale

Le scandale des stages étudiants

Tatiana est étudiante en deuxième année dans une école supérieure de commerce de province. Son père, professeur de lycée en retraite, m’a fait part de son inquiétude. Cette ESC exige que tous les étudiants fassent un stage de quatre mois dans une entreprise au premier trimestre de leur troisième année d’études, de préférence à l’étranger. Mission impossible.

L’ESC ne fait rien pour aider les étudiants à trouver un employeur pour un stage de quatre mois. Comble de cynisme, elle leur propose une autre formule qui serait une période de six mois en alternance dans une banque ou une compagnie d’assurances, l’entreprise devant payer les études en échange de l’obligation de rester dans l’entreprise pendant un certain nombre d’années. Cette formule était encore possible au siècle dernier, quand les banques avaient des difficultés à recruter certaines catégories de personnel. Maintenant, c’est presque impossible. Tatiana a rempli de nombreux formulaires sur Internet, elle a envoyé son CV avec une lettre de motivation à de nombreuses directions du personnel. Elle n’a reçu que des réponses négatives. Son père a fait appel à ses relations, sans succès jusqu’à présent.
 
Gérard est étudiant en deuxième année dans une autre ESC de province. L’exigence d’un stage est la même. Heureusement pour lui, son père est un ancien chef d’entreprise connu dans la région. Il a trouvé un stage pour son fils dans l’entreprise d’un de ses vieux amis, chef d’entreprise et vice-président de l’union patronale.
 
Une enquête rapide m’a montré que près de la moitié des ESC demandent à leurs étudiants de trouver un stage de plusieurs mois au cours de leurs trois années d’études. Sachant que les ESC sont au nombre de 30 et que l’effectif moyen d’une promotion est de 300, il y a donc en ce moment près de 5.000 étudiants qui cherchent désespérément un stage de plusieurs mois dans une entreprise, entre septembre et décembre. Quelles sont leurs chances ?
 
Les statistiques de l’INSEE annoncent que les entreprises de plus de 200 salariés, toutes branches confondues, emploient 9 millions de personnes. Pour placer 5.000 étudiants, il faudrait donc, en gros, qu’un stagiaire travaille plusieurs mois en CDD parmi 2.000 salariés. Par exemple il faudrait mettre un stagiaire dans une entreprise de 2.000 personnes, deux stagiaires dans une entreprise de 4.000 personnes, etc. Ce calcul montre bien la difficulté de ce qui est demandé aux étudiants des ESC, sachant qu’un grand nombre d’entreprises sont actuellement en grande difficulté.
 
L’attitude des directeurs des ESC est irréaliste, elle est scandaleuse. Ils ne veulent rien savoir de la crise actuelle. Ils se réveilleront peut-être à la fin de l’année quand ils constateront qu’une grande partie de leurs étudiants n’a pas trouvé de stage. Pour l’instant, les étudiants et leurs parents devraient unir leurs forces pour mettre fin à cette situation kafkaïenne, en faisant des pétitions auprès des chambres de commerce. Le père de Tatiana ne croit pas que ce soit possible. Les étudiants des ESC sont trop individualistes, dit-il. 
 


40 réactions


  • Ploucman 28 avril 2010 10:13

    C’est l’effet inverse dans l’informatique, un stagiaire coute 2 a 6 fois moins cher qu’un diplômé ...
    et les SS2I vendent n’importe quoi a n’importe qql tarif, cmb de fois a ton vu un presta « stagiaire » envoyé chez un client qui payent pour un ingé info ...


    • Gabriel Gabriel 28 avril 2010 11:40

      Pratique courante ou le stagiaire est exploité, le client floué, et ou le prestataire s’enrichit. Cela se nomme le libéralisme !... 


  • Deds 28 avril 2010 12:11

    Hélas !!!
    Aux 5000 étudiants des ESC que vous citez, il faut, pour faire le compte, ajouter ceux issus des Masters : eux aussi ont l’obligation d’effectuer « dans l’entreprise de leur choix » un stage de fin d’études de 4 mois....
    Et sans le coup de pouce paternel logistique et financier, la mission est bien compliquée !


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 28 avril 2010 15:00

      pourtant, on peut trouver des stages meme en universite


    • King Al Batar King Al Batar 28 avril 2010 17:07

      Merci Eleusis....

      effectivement, comment on a fait nous les universitaires pour trouver nos stages ????

      Ben pareil que tout le monde, on en a chier !

      Et j’ai pas eu de papa qui a fait un cheque de 30 KE pour etre sur que je termine cadre à la fin de mon cycle...


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 28 avril 2010 23:21

      bon, disons le clairement, cet article est nul, parce qu il traduit le desarroi de gens à qui on a dit « l’ecole vous promet la lune ».

      oui c’ets la crise, et alors ? si des etudiants de MSG de Paris VIII Vincennes Saint Denis trouvent des stages, alors OUI tout le monde peut trouver des stages

      seulement, faut peut etre accepter de bosser pour moins de 1500 euros par mois, à plus de 10 km de chez soi, et ne pas oublier qu’il y 27 pays dans l’UE, pas juste sa petite region.

      Autant le concept de stage etait inconnu en Europe il y a quelques années, autant avec Londres, Geneve, Luxembourg et Bruxelles dans le top 20 des villes francaises, maintenant on peut trouver un stage partout avec une telle diaspora.

      A l’auteur de l’article : faut se sortir les doigts du ***, comme ils disent dans les BDE d’ecoles de commerce, entre de negos de partenariat avec Ricard pour la prochaine soiree.


  • Marc Bruxman 28 avril 2010 12:13

    Ca n’a rien de scandaleux et c’est ce qui différencie les écoles de l’université. Il y a une expérience pratique et donc le diplomé est employable.

    L’obligation de trouver un stage est donc la car ca fait partie de la formation. Ce n’est pas trop problématique à Paris mais peut l’être gravement dans certaines villes de province ou l’économie n’est pas très florissante. Cela dit, un stagiaire c’est de la main d’oeuvre pas cher pour l’entreprise, donc logiquement c’est simple à trouver. Et puis 1 pour 2000 vous êtes vraiment en dessous des moyennes. En général c’est minimum 1% de stagiaire voir bcp plus. (Jusqu’à 10% chez un grand éditeur de logiciel que je ne citerai pas (en 2002))

    Et effectivement dans l’informatique, jamais eu de mal à en trouver quand j’étais étudiant.


    • Céphale Céphale 28 avril 2010 12:36

      Marc

      5.000 pour 9 millions soit 5,5 pour mille c’est la moyenne générale. Rien d’étonnant que ce chiffre varie de zéro à 10% suivant les secteurs. Et ce n’est pas parce que certains étudiants trouvent facilement un stage que tous les étudiants peuvent le faire. Voir l’expérience des billes rouges.

    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 28 avril 2010 23:23

      En fait, Marc, il faut comparer ce qui est comparable. En ESC on fait de la finance, du market, des RH, des SI, alors qu en université on étudie la socio, l’archeologie, les maths ou le latin, mais aussi e la finance, du market, des RH, des SI.

      Et si on compare les filieres economie et gestion des universités avec les ESC, alors on voit qu il n ’y a pas de problemes d’insertion


  • leypanou 28 avril 2010 12:14

    « L’attitude des directeurs des ESC est irréaliste, elle est scandaleuse » : pas du tout, c’est conforme à leurs intérêts. Comme il y a plus de demandes de stagiaire que de stagiaires, la concurrence joue à fond. Cela fait une main d’oeuvre pas chère pour les entreprises. Il n’y a qu’à voir ce qu’on demande à faire faire à certains stagiaires qui doivent accepter pour avoir une bonne note de stage bien sûre toujours subjective. Quand vous êtes en 3ème année de droit et qu’on vous demande de faire des photocopies dans un cabinet d’avocats, vous ne devez pas être très content ! Les ESC n’étant pas « publiques », il faut payer des milliers d’euros pour financer ses études et beaucoup d’étudiants/familles doivent s’endetter pour pouvoir y faire face. Que c’est beau la société moderne ! Bref, tout cela fait partie du programme de privatisation de l’enseignement !


  • jmcn 28 avril 2010 13:26

    Le scandale ce n’est pas ce que demandent les dirlos d’ESC, le scandale c’est que personne ne s’étonne que l’entreprise ne soit pas impliquée complètement dans le processus éducatif.

    Peut-on espérer avoir des diplômés productifs clefs en main en appuyant toute la charge sur le dos des écoles ou des universités ?

    Si les entreprises ne le comprennent pas, il faudra que le législateur intervienne en forçant les entreprises d’un secteur à accepter toute demande de stage d’étudiants en formation dans ce même secteur.


  • populi 28 avril 2010 13:39

    Bonjour,

    Sortant d’une de ces ESC , je sais parfaitement que le probleme des stages est bien entendu un point difficile dans la scolarite d’un etudiant. Cela etant dit il n’est pas vrai que cela est irrealiste ou stupide.
    Pour ma part j’ai eu a faire :
     un stage de 2 mois pendant l’ete en 1 er annee
     un stage de 4 mois pendant l’ete en 2ieme annee
     Une alternance sur 2 ans pour les deux derniere annee ou a defaut 2 stages de 6 mois.
     
    « pas de vacances, de l’experience » c’etait le slogan debile, mais pas totalement faux qu’on nous avait donne

    Ce que je retiens des grandes periodes de stress dites de « recherche » entre deux examens, c’est que generalement on recherche des postes qui nous interessent beaucoup mais pour lesquels aucune entreprise ne prendrait une personne aussi peu qualifiee qu’un etudiant en 1ere ou 2ieme annee (considerant que des plus experimente postule pour ces poste egalement)meme si dans la theorie , c’est tout a fait adapte

    La verite c’est que lorsqu’on cherche des postes un poil moins prestigieux /stimulant (de prime abord) on trouve tres vite. Combien d’amis se sont reves dans des services marketing de grande societe ? plein, aucun d’eux n’a trouve (sauf avec piston)

    Pour resume j’ai ete assistant chef de rayon dans une grande surface en premiere annee, assistant chef de projet la deuxieme dans une entreprise industrielle.

    Resultat j’ai pu trouver un contrat d’alternance grace a de vraies experiences. trop d’etudiants cherche du glamour. C’est tres dur a trouver, et les 90% du temps ca finit en drame a la fin des etudes, car toutes ces experience difficilement trouvees ne valent rien (le nom d’une entreprise ne remplace pas l’experience)

    Avec du terrain , pur et dur, on ne fait peut etre pas rever les gens, mais a l’arrivee on a quelque chose a raconter en entretien lorsqu’on finit ses etudes et on decroche les postes que l’on voulait depuis le debut.

    Tout ceux dans ma promotion qui ont eu des experiences terrain brutes (assistant chef de rayon en grande distribution par exemple) ont evolue (petit a petit evidement) et ont aujourd’hui tous une situation stable et enviable. ceux qui avait decrocher LE stage de reve au debut, continue dans leur entetement, et s’enferme dans des maters supplementaire et autres stages post-etudes car il n’ont pas d’experience (pas de realite du terrain, mis a part faire des cafe)

    Dites a tatiana de postuler sur des metiers ou
    -1) il y a de la demande (la main d ;oeuvre pas chere en grande distrib , c’est de l’or)
    -2) meme si ce n’est pas glamour, on apprend beaucoup (la durete de ces metiers , la vie un peu aussi)
    -3) on aura quelque chose a montrer a un recruteur par la suite.

    Cordialement

    P.


    • populi 28 avril 2010 15:56

      Desole pour les innombrables fautes d’orthographe et de grammaire. Mon message a ete ecrit dans la precipitation !

      Bien a vous

      P


  • Yohan Yohan 28 avril 2010 14:40

    Notez que les stages, c’est bien pratique pour écourter les temps de face à face pédagogique, manière de faire des économies d’heures de cours à dispenser et à payer. Au final si on enlève les stages pratiques, les heures de formation non formelles, le travail personnel, et les contenus inutiles ou les cours en amphi qui vous renvoient aux publications de l’intervenant, il ne reste pas bcp d’heures d’apprentissage réel.

    Pratique aussi quand, incapables de délivrer des savoirs faire, quand on a que du théorique à offrir, les écoles délèguent ce boulot par les entreprises qui, elles, se rattrapent en faisant turbiner les stagiaires pour des clopinettes.

    La qualité d’un stage peut se mesurer à l’aulne du temps que consacre l’école au suivi du stage en entreprise. La plupart du temps, ça se résume rien ou à peanut.
    Il y a donc une grosse hypocrisie, autant du côté des écoles que des entreprises. Les deux gagnent à l’affaire et les stagiaire lui ne gagne pas souvent au deal.


  • Yohan Yohan 28 avril 2010 14:41

    erratum « délèguent ce boulot aux entreprises »


  • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 28 avril 2010 15:05

    je ne comprends pas trop le chapitre « Les statistiques de l’INSEE annoncent que les entreprises de plus de 200 salariés, toutes branches confondues, .... »

    Il y beucoup plus de PME de 20 salariés et moins, pourquoi les ecarter comme piste de recherche de stage ?


    • Yohan Yohan 28 avril 2010 19:19

      Faut pas rêver, ces gens là visent les grosses boîtes, là où ils pensent qu’on va les caresser dans le sens du poil. Après tout ils font partie de l’élite. Travailler en PME ou TPE, non mais... ? smiley


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 28 avril 2010 23:10

      lol yohan smiley


  • King Al Batar King Al Batar 28 avril 2010 17:05

    Les pauvres futurs cadres et classe elevé et dirgigeants commerciaux....

    C’est vrai le vie d’etudiant est dure... l’ESC l’ecole à 30 Ke payé par papa maman.....

    Ils devraient aller voir comment les non diplomés galèrent pendant 40 ans à travailler, avant de chialer pour 6 mois de stages....

    Si tout le monde se plaint de ses petits problèmes de riches, c’est sur qu’on avancera jamais. Arretez de schialer et bouger vous le cul ! Tous les systèmes ont des imperfections, si chacun qui e subit, se met le cul par terre à schialer parce que c’est dur, on y arrivera jamais. Je sais bien que la plupart des gosses de riches ne sont pas habitués à affronter les difficultes de la vie, mais quand meme, on va pas les couver jusqu’à la fin de leur 25 ème année.

    Comment ils font ceux de leur age qui n’ont pas fait d’etudes et qui cherchent du boulot ? On leur ecrit des article sur AV ?

    A ce propos, pour pas que vous pensiez que je suis un jaloux, j’ai un master. J’en ai juste ras le cul que tout le monde crie et reclame de l’assistanat à outrance, et je refuse de schialer pour les problèmes des riches. Y a suffisement de gens qui crèvent la dalle, et de SDF pour que les futur mecs qui vont gagner 5 Ke par mois grace à l’argent de papa qui leur paye leur ecole m’indiferent eux et leur porblème. J’ai certainement la compassion selective. DSL


    • paninise 28 avril 2010 23:04

      Non vous n’êtes pas jaloux. Vous êtes juste haineux et vous aimez entretenir l’opposition ESC / université.

      Vous parlez de fils de riche : Déja en quoi est ce un tort d’être un fils de riche ? De deux que savez vous de la situation sociale des élèves d’ESC ? De trois pourquoi, si les « fils de riche » comme vous dites y sont surreprésentés, ceci vous choque-t-il plus que leur surreprésentation dans les autres filières sélectives ?

      Enfin, pourquoi ne parlez vous pas des ESC rattachées à l’université ? IECS et ICN principalement.

      Dernier point pouvez vous arrêter d’avoir un language aussi grossier ici. Je ne sais pas ou vous vous croyez mais c’est pas la récré ...


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 28 avril 2010 23:16

      http://www.lexpansion.com/carriere/classement/jeune_dip.asp?idc=124718&tf_id=2

      FormationRémunération annuelle globale (en euros)A l’embaucheAvec trois ans d’anciennetémédiantotal
      ICN Business School33000 à 380004550048000

      faut arreter avec le mythe de l’ICN ou de l’IECS (qui ne s’appelle plus comme ca, il me semble) ecoles de proletaires allant à la mine.


    • King Al Batar King Al Batar 29 avril 2010 11:00

      A Panini....

      Vous me posez la question :

      « Déja en quoi est ce un tort d’être un fils de riche ? »

      Il n’y en a pas, mais juste je n’ai pas envie de les plaindre. Et je trouve que les plaindre c’est ce foutre de la gueule de ceux qui ont des vrais problèmes. Pas plus compliqué que ça.

      Si ma grossièreté vous dérange, sachez que cela m’honore.... Mon discours n’a absolument pas le but de vous plaire.


  • fifilafiloche fifilafiloche 28 avril 2010 22:08

    L’expérience montre que la formation généraliste des Ecoles de Commerce ne correspond pas à un vrai besoin du marché de l’emploi. Les spécialiste, comme dans l’exemple des SSII, n’ont aucun problème pour être utile en entreprise.


    L’Ecole de Commerce sert avant tout aux fils de cadres. Elle leur donne un statut Bac+5 justifiant leur ascencion rapide dans une entreprise où la famille est déjà installée. Un passe droit au prix d’une voiture de luxe neuve.

    • paninise 28 avril 2010 22:46

      Bien sûr nous ne correspondons pas du tout aux besoins du marché de l’emploi. C’est pour ca que les diplômés des écoles bossent dans tant de secteurs différents et dans des fonctions aussi variées.

      Le pire est que vous semblez réellement croire que nombre de diplômés d’ESC finissent dans l’entreprise familiale. Vous êtes en dehors de la réalité et vous déversez votre venin contre des gens qui se sont donnés les moyens de réussir. C’est ca qui doit vous énerver je pense.


    • paninise 28 avril 2010 22:51

      Et puis puisque vous parlez des SSII vous devez savoir qu’il y a beaucoup d’ex ESC qui bossent dans ces boites.


    • King Al Batar King Al Batar 29 avril 2010 11:01

      Les gens qui se sont donné les moyens de réussir.

      Vous parlez de moyens financiers je présume....

      Dans ce cas, pour se les donner, encore faut il les avoir !


  • paninise 28 avril 2010 22:44

    Les réactions de certaines personnes font preuve d’une absence de connaissance des E.S.C. et d’une haine non dissimulée envers ces pseudo privilégiés que sont les étudiants d’ESC.

    Etudiant d’une ESC de province (ecricome) je ne pense pas être un privilégié puisque ma mère est infirmière et mon père est agent de maitrise dans la fonction publique. On est donc là dans le cadre d’une famille de nantis. La plupart de mes camarades d’école sont des gens d’une origine sociale équivalente. Bien sûr il y a des fils de cadres sup mais pas plus que dans toutes les filières sélectives (droit médecine...)

    Pire encore, j’ai fait un prêt étudiant afin de financer mes 3 années d’E.S.C. Et je n’ai demandé d’aide à personne.

    Enfin j’ai fait deux ans de classe préparatoire, à bosser à un niveau quasi inconnu des étudiants de faculté (à quelques exceptions près).

    Et malgré ca on parle de nous comme des priviligiés. Mais qui sont les privilégiés dans ce pays ? Les enfants de profs qui intègrent les meilleures écoles d’ingé payées par le contribuable ou nous ? Les gens qui passent 5 ans à l’université pour finalement ne pas avoir de formation intéressante pour les employeurs ou nous qui bossons et payons des impôts ?

    Ce qui est un scandale, c’est que l’on doive payer son E.S.C. de sa poche alors que ce pays a fait le choix de rendre les études supérieures accessibles au plus grand nombre en les rendant peu ou pas coûteuses.


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 28 avril 2010 23:33

      bonsoir paninine,

      c’est vrai qu il y a a enormement d’incomprehension mutuelle, je ne savais pas que tous ces clichés persistaient !

      a titre perso, je me demande bien pourquoi preferer une ecole de commerce type ESC Palavas les Flots à une université étrangère de renom (Solvay, HEC Lausanne, London School of Economics, CASS Business School, HEC Montreal) ou meme à une bonne université francaise (Sorbonne, Dauphine, Toulouse), mais c’est votre (libre) choix.

      Vous dites j’ai fait deux ans de classe préparatoire, à bosser à un niveau quasi inconnu des étudiants de faculté
      ==> 1er cliché. Les etudiants qui réussissent en fac bossent. Et ils ont l’image de gens des ESC glandeurs finis.

      Mais qui sont les privilégiés dans ce pays ? Les enfants de profs qui intègrent les meilleures écoles d’ingé payées par le contribuable ou nous ?

      ==> 1000% d’accord avec vous. Le scandale c’est X, ENA et Normale Sup publiques. Il fait les privatiser le plus vite possible !

      Ce qui est un scandale, c’est que l’on doive payer son E.S.C. de sa poche alors que ce pays a fait le choix de rendre les études supérieures accessibles au plus grand nombre en les rendant peu ou pas coûteuses.

      ==> Non car vous avez fait le choix de faire une formation soit disant top niveau et payante Il n ’y a qu a voir la difference de salaire entre un master de Dauphine et l’ESC Brest pour comprendre que ESC n’est pas synonyme d’excellence.


  • paninise 29 avril 2010 00:36

    Mettre sur le même plan Lausanne et Montréal d’un côté et LSE de l’autre me semble très injustifié.

    Et quand vous parlez d’ESC Palavass les flots, je trouve que cela sonne assez méprisant. En dehors des parisiennes il y a une dizaine d’écoles de commerce de qualité qui ouvrent nombre de portes. Bien sûr l’ESC Brest ou l’ESC la rochelle ne sont pas dans cette catégorie, mais combien de gens recrutent-t-elles ?


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 29 avril 2010 08:49

      « ESC Palavas les Flots » est une expreession generique. Ne prenez pas tout au 1er degré ... on ne vous a pas donné de sens de l’humour, au BDE de votre Sup de Co ?


  • paninise 29 avril 2010 00:44

    Et on en vient alors à la question du nombre des E.S.C. Ne faut-t-il pas fermer les plus faibles et réglementer un peu plus le cadre de ces formations de manière à ne plus avoir des boites à fric qui pourrissent l’image de toute un pan de l’enseignement supérieur français ?

    Par ailleurs pourquoi ne pas imaginer des rapprochements entre E.S.C. et université ? C’est déja le cas à Strasbourg et à Nancy (campus commun ICN et école des mines et école des beaux arts). Pourquoi ne pas prendre le meilleur des deux mondes. Comment passer outre les conflits de clans et de notables ?


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 29 avril 2010 08:54

      Non car les ESC sont consulaires, c’est le meme probleme que les trees nombreux areoports de province qui sont en sous fonctionnement, cf rien qu’en Normandie les aeroports de Rouen, Deauville et Caen ou l’ESC Rouen et l’EM Normandie.

      Le processus de libre concurrence doit permettre d’etablir une hierarchie et de faire survivre les plus aptes des ecoles.

      Quand aux « boites à fric », ne vous faites pas de soucis, personne ne confond l’ESCP et l’ESG ou l’ICN et l’ISG , si il y a des etudiants pour les preferer, tant mieux pour elles et pour leurs managers. Par contre a vous de prouver que les gens de l’ICN sont effectivement mieux formés que ceux de l’ISG.


  • Killy 29 avril 2010 01:22

    Il y a 5 ans j’etais encore etudiant en éciole d’ingénieur plutot cotée, et bien un bon quart de la promo n’a pas trouvé de stage.


    La faute aux entreprises qui ne veulent plus former de jeunes qui sortent de l’ecole. La faute aux recruteurs, qui ne font plus leur boulot, et oui, meme chez les ressources humaines c’est moins cher de prendre des jeunes qui n’ont pas l’expérience ^^. Il faut alors se former sur le tas, avec plus ou moins de reussite, pour la bonne (sic) et simple raison que deux personnes qui font le meme boulot, ce n’est pas productif...

    Il y a dix ans, quand j’etais encore au lycée, on m’avait dit que a notre époque, les ’vieux’ seront tous partis quand on arrivera sur le marché du travail. Perdu, maintenant, les entreprises preferrent payer a prix d’or leur retraités qui passent dans le camp des prestataires de service, au lieu de transmettre le savoir de leurs anciens quand ils sont encore dans la boite, a des jeunes que ces memes entreprises pourraient embaucher. Tout ca parce que ’ca coute trop cher’

    Completement à l’ouest.

    - Un jeune employé deja completement blazé, qui se considère comme un mercenaire.

  • deovox 29 avril 2010 01:51

    c’est bien connu que les ecoles de commerce sont difficiles a integrer mais que quand on a franchi la porte on branle rien pendant trois ans. c’est pas dans un amphi ou dans une salle de cours qu’on a la moindre possibilite de toucher la realite du terrain et de la vie. c’est donc pendant les quelques mois de stage qu’on a une petite chance d’apprendre quelque chose. et puis quand on se destine a une carriere commerciale, la moindre des choses est de savoir se vendre.


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 29 avril 2010 08:55

      quand on se destine a une carriere commerciale, la moindre des choses est de savoir se vendre

      +1 !


  • chmoll chmoll 29 avril 2010 07:53

    quand j’vois tout ça,ben j’ai failli en ètre, mais je suis aller dans l’école de la vie, sur le tas koi

    croyez moi,je l’ai échappé belle


  • Noor Noor 29 avril 2010 17:11

    franchement d accord, merci pour cet article !

    En tant qu’étudiante , je me retrouve complètrement dans ce que vous dites.
     je peux dire que c est pas évident de trouver des stages , moi j ai du faire 2 stages en 2ans et j’avais galéré pour les trouver .
    Faut savoir, que je bosse dans l immobilier , métier de R......  par exellence...lol
    C’est déja pas évident de trouver des stages mais aprés faut esperer tomber sur une bonne agence. 
    Aprés la galère vient encore la galère, une fois l agence trouvée , on a 80% de chances de tomber sur des patrons salauds qui te font faire des trucs de merde. Le temps passe , 2 mois aprés tu te vois tjs a faire le larbin....
    Les stages , c est un peu comme jouer au loto en fait , on sait jms sur qui on risque de tomber...
    Ca a l’air marrant à expliquer comme ça , mais c est vraiment frustrant et ça peut te pénaliser tes études sérieusement !

    Le pire, c’est que pour ce problème , je ne vois malheureusement pas d’issue,
    mais pour les stages en eux meme, je pense que l état devrait obliger les entreprises a avoir un quota d étudiants stagiaires.... Meme si ce n’est qu’un début , c’est déja ça de pris honnetement...


  • Céphale Céphale 29 avril 2010 17:53

    Noor

    Merci pour ce témoignage. Personnellement ce n’est pas mon problème. J’ai écrit cet article pour le père de Tatiana, un ami qui se fait du souci pour sa fille. Les responsables du problème sont d’une part les directeurs des ESC qui se moquent de leurs étudiants en leur demandant des choses presque impossibles, et d’autre part les patrons qui font guère d’efforts pour participer à la formation de leurs futurs salariés. Je pense que ni les uns ni les autres ne lisent AgoraVox. Ils se croient tellement supérieurs !

    Cordialement

  • pierregael 10 mai 2010 11:33

    Bonjour à tous !


    Etudiant à l’EM Strasbourg je suis déjà un peu vexé par eleusis qui parle du mythe IECS, pour information l’IECS n’existe plus depuis sa fusion et s’appelle maintenant EM Strasbourg !

    Pour ce qui est des stages à l’EM Strasbourg :

    Première année : Les étudiants doivent savoir trouver un stage, l’Ecole ne sera pas derrière ses étudiants toute la vie, se secouer un peu et devoir se heurter à des difficultés fait entièrement partie de la formation. Et franchement trouver des stages ne relève vraiment pas du grand défi ! Un peu de débrouillardise et un peu d’huile de coude et l’affaire est pliée.
    Personnellement j’ai creusé pas mal à l’étranger, et j’ai trouvé un stage chez Campus France a Santiago au Chili.

    Deuxième année : Le stage est déjà plus axé sur nos spécialités, donc forcément le champs d’action peut vite se réduire.
    Voilà pourquoi en début d’année nous inscrivons le type d’offre qui pourrait nous satisfaire, et nous recevons en moyenne 5 annonces par semaine !

    Pour toute la scolarité :
    Nous disposons sur notre intranet la liste des stages effectués dans la passé à l’étranger par des étudiants de l’école avec les contacts de ces étudiants en question.
    L’école est entrain de généraliser cette base de données à l’ensemble des stages effectuées.

    Et oui en sup de co il faut savoir développer son réseau, et notre réseau commence avec les gens qui sont autour de nous.

    Pierre-Gaël

  • kirikoo 13 mai 2011 13:34

    Allez sur le site www.fle.fr, un stage est proposé en Afrique pour donner des cours de français à Total (combien de milliards de bénéfice ?), pour 250 euros par mois, les frais d’avion et de visa et le reste étant à la charge du stagiaire.

    Ce stage est proposé par l’alliance française, association qui en principe devrait un peu prendre ses distances avec le règne du cynisme néo-libéral. On précarise de plus en plus les jeunes, en les prenant pour des cons, et leur faisant miroiter un avenir meilleur s’ils font des sacrifices. C’est effectivement du grand foutage de gueule et un vrai scandale.

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