mardi 11 février 2014 - par astus

Le sexe a-t-il mauvais genre ?

Quand j’étais à l’école primaire, à une époque où les sexes n’étaient pas mélangés dans les classes, mon instituteur apprenait aux enfants qu’il existait en français des mots de genre masculin et d’autres de genre féminin, comme « un bateau » et « une table ». Mais depuis peu, comme le révèle un article de Médiapart du samedi 8 février intitulé : « Circulaires, manuels, livres : les ministères censurent le mot genre », l’Éducation Nationale a entrepris d’éradiquer ce mot de tous les textes officiels pour faire face aux contestations sociales entrainées par son projet ABCD visant à lutter contre les stéréotypes de genre à l’école et promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes. 

Sauf à utiliser des périphrases compliquées je ne sais pas comment les enseignants vont pouvoir expliquer désormais que lorsqu’une porte est « bleue » il faut mettre un « e » à l’adjectif, parce que le nom qui le précède est de genre féminin, mais qu’il n’en faut pas quand il s’agit d’un fauteuil de même couleur car ce mot est masculin. Le sexe traverse le langage et je n’aimerais pas être à leur place en ce moment car entre les consignes contradictoires d’une institution qui utilise la dénégation voire le « double lien » pour former les futurs citoyens, et d’autre part l’utilisation perverse de la « théorie du genre » par tous ceux qui contestent l’intérêt d’une réflexion sur les disparités qui existent dans le monde entre hommes et femmes, je trouve qu’il y a du souci à se faire.

La préoccupation que j’ai est celle d’un citoyen de base qui pense que la censure et le tripatouillage des mots sont dangereux. Si « Mal nommer les choses c’est ajouter du malheur au monde » aurait dit CAMUS c’est parce que « Quand les mots perdent leur sens, les hommes perdent leur liberté » (CONFUCIUS). Un auteur comme George ORWELL ne s’y est pas trompé. Dans son roman « 1984 » il introduit le mot « newspeak » traduit en français par « novlangue », qui assez curieusement est tantôt masculin, tantôt féminin, selon les sources. Les idéologues homophobiques vont être ravis. Mais ils ont tort à mon avis de se réjouir parce quel que soit le « genre » de ce mot il s’agit de diminuer le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent penser dans le but masqué de les rendre de plus en plus dépendants et stupides. D’ailleurs GOEBBELS l’avait parfaitement compris quand il affirmait que « Le jour où les mots n'auront plus de sens, nous aurons gagné ».

Entre l’Éducation Nationale qui propose assez maladroitement de faire réfléchir les enfants sur les « stéréotypes de genre », avant d’éradiquer ce gros mot de son langage désormais châtré, et les partisans d’une lutte inconditionnelle contre la « Théorie du genre », est-il encore possible sur Agoravox de réfléchir au sens des mots ? Je vais au moins essayer, avec quelques définitions pour savoir de quoi on parle. Un texte de présentation du CNRS donne celle-ci : « Le genre n’est pas le sexe, mais le produit d’une construction sociale, d’un rapport social qui organise les divisions du travail, du pouvoir, et de la pensée sur la base de la différence de sexe. Cette catégorisation sert à fonder une hiérarchie sociale entre les hommes et les femmes. » Wikipédia propose une autre définition assez voisine, mais politiquement plus neutre : « Le genre est un concept utilisé en sciences sociales pour désigner les différences non biologiques entre les femmes et les hommes. Alors que le sexe fait référence aux différences biologiques entre femmes et hommes, le genre réfère aux différences sociales, psychologiques, mentales, économiques, démographiques, politiques, etc. »

Le mot  « genre » trouve son origine dans les "gender studies" anglo-saxonnes. Dès 1972, dans son essai « Sex, Gender and Society », la sociologue et féministe britannique Ann OAKLEY proposa le terme « gender » afin de distinguer le sexe, donnée biologique, et le genre, construit social variable et évolutif. Le psychologue et sexologue néo-zélandais John MONEY a aussi utilisé le terme de « gender » et créé les expressions de « gender role » (rôle de genre), et de « gender-identity/role » (identité rôle de genre) pour tenter de caractériser les manifestations extérieures et sociales qui permettent de déterminer si une personne est un homme ou une femme par-delà les différences physiques. Mais John MONEY est surtout connu pour sa complaisance répréhensible envers la pédophilie et ses folles tentatives béhavioristes pour changer le sexe de Bruce REIMER, rebaptisée Brenda, puis redevenu David à l’adolescence en raison de l’échec prévisible de ces expériences à la FRANKEINSTEIN qui le conduisirent au suicide ainsi que son frère jumeau. Il n’est pas étonnant que ce personnage atypique ait contribué à discréditer ce qui touche au genre. Mais il existe beaucoup d’autres sources, souvent antérieures, qu’on ne peut toutes citer ici. Avec son livre « Le deuxième sexe » en 1949 Simone de BEAUVOIR ne réfère pas explicitement au genre mais sa formule célèbre : « On ne naît pas femme, on le devient », qui est la transposition de celle d’ÉRASME : « L’homme ne naît pas homme, il le devient », implique l’idée sous-jacente d’un processus graduel arrimé au temps de l’être avec l’incitation à se cultiver pour y parvenir.

Dans son ouvrage « Trouble dans le genre » la philosophe et féministe Judith BUTLER, qui se situe dans la mouvance d’ALTHUSSER, FOUCAULT, LACAN, LEVI-STRAUSS, NIETZSCHE, ou HEGEL dénonce les binômes habituels sexe/genre ou nature/culture pour examiner les normes, injonctions et construits culturels normatifs qui déterminent notre identité sexuelle. Pour elle le « gender » renvoie à un vécu sociologique qui se différencie du sexe parce que ce mot désigne en français simultanément la différence anatomique et culturelle. Par-delà l’hétérogénéité anatomique réelle la quête pour chacun de son identité sexuée suppose une adhésion aux normes et aux codes sociaux en vigueur sur le mode d’un conformisme mimétique qui peut s’accompagner de honte pour celui ou celle qui sort du cadre habituel. Dans une interview récente au magazine « Philosophie Mag » elle précise un point intéressant pour ce débat : « Je ne pense pas que nous soyons libres de choisir tout ce que nous voulons et de nous traiter nous-mêmes en marchandises métamorphosables à l’infini (…) Déconstruire [le genre] n’est pas détruire ». Et dans un article d’Universalis Françoise COLLIN écrit ceci : « Loin des accents triomphalistes d'une queer theory sommaire qui se veut une libération de toute forme d'identité contraignante – nouvelle version de l'universalisme –, Judith BUTLER souligne toujours plus fortement la réalité du deuil à laquelle est soumise toute constitution d'identité, qu'elle soit transgressive ou conforme à la norme. »

Pour finir cet aperçu rapide on ne peut passer sous silence le travail original de l’anthropologue Margaret MEAD qui a été l’élève de Franz BOAS et la compagne de Gregory BATESON. Son livre « Coming of Age in Samoa » publié en 1928 fit l’effet d’une bombe dans l’Amérique puritaine de l’époque car il parlait d’une société tolérante où les relations sexuelles entre les adolescents ne suscitent pas de conflit ou de répression particulière. En 1935 MEAD étudie trois tribus primitives de Nouvelle-Guinée, (in « Mœurs et sexualité en Océanie »), où elle analyse à partir d’observations sur le terrain les différences de caractère entre les hommes et femmes. Chez les ARAPESHS, l’ordre social s’organise en fonction de l’attention portée aux enfants, et la douceur, l’altruisme, la délicatesse et des valeurs partagées par les deux sexes. Mais chez les MUNDUGUMORS l’agressivité et l’individualisme sont de mise : les hommes pratiquent l’anthropophagie, se livrent des guerres meurtrières, et tout dans l’univers des deux sexes n’est que méfiance, violence et affrontement. Dans la tribu des CHAMBULIS enfin, les différences de sexe semblent plus marquées : les hommes y sont avant tout des artistes, occupés à plaire aux femmes car celles-ci possèdent le pouvoir économique. De ces trois études MEAD conclut que les différences entre les sexes sont largement culturelles et qu’il n’y a pas de « nature féminine ». Ainsi, les rôles sexuels occidentaux ne seraient qu’une variante parmi une infinité de possibles. À partir de son expérience Margaret MEAD s’est ensuite attelée à une tâche éducative dans son pays, notamment avec son livre « Male and Female » de 1948 où elle cherche à promouvoir avec sensibilité et optimisme une meilleure entente entre les sexes et les générations à partir de réflexions sur des situations concrètes de la vie quotidienne.

Au final les « études sur le genre » traversent la plupart des sciences humaines : psychologie, sociologie, économie, politique, ethnologie, histoire, pédagogie, philosophie, anthropologie, avec des approches très différentes qui ne représentent en aucune manière un champ fédéré constitutif d’un savoir unifié. On ne peut donc pas parler d’une « théorie du genre ». Celle-ci n’existe pas et il est donc inapproprié de s’y référer comme si c’était un projet globalisant du Nouvel Ordre Mondial ou d’autre chose visant à étendre son pouvoir sur toute la planète. Naturellement cela ne signifie pas que des luttes politiques et des conflits d’influence soient inexistants car dans une démocratie il est possible de faire valoir ses idées pour que la loi puisse fixer ensuite, pour un temps, celles qui sont retenues. Je pense personnellement, pour l’avoir étudiée d’assez près pendant longtemps, que la création de l’identité sexuée, qui interroge aussi notre mort, est un processus complexe et parfois douloureux qui fait intervenir beaucoup de facteurs interdépendants entre eux en lien avec de multiples relations. Or même s’il n’y a pas de différence entre les cerveaux des hommes et ceux des femmes pour ce qui concerne les fonctions cognitives et sensorielles, en dehors du contrôle physiologique de la reproduction, il semble difficile de parler d’égalité des sexes. De fait il n’existe pas plus d’égalité entre deux hommes ou deux femmes qu’entre une femme et un homme car l’identité sexuelle, qui suppose le manque de ce qu’on n’est pas, est avant tout le marqueur d’une différence à l’Autre, psychique et/ou physique, sans laquelle la rencontre avec lui ou elle ne peut vraiment exister. On l’a dit : les facteurs sont multiples : anatomie, biologie, hormones, génétique, organisation pulsionnelle, éducation, modèles, rencontres, identifications, mais aussi contraintes ou normes sociales plus ou moins valorisées forment un tableau vivant d’où émerge quand tout va bien une couleur préférentielle que personne n’a le droit de juger au nom d’une morale qui empêcherait de reconnaître autrui comme un semblable, différent de soi, mais porteur de toute « l’humaine condition » selon MONTAIGNE.

Entre les sexes et les genres, comme dans d’autres domaines, nous devons interroger la notion d’égalité et examiner avec soin si celle-ci ne fait pas parfois le lit de l’injustice, voire de la barbarie. À l’égalité arithmétique du 1 = 1 (vagin = pénis ?) nous pouvons peut-être préférer celle qui instaure l’être dans son lien au désir et à ses potentialités. Ce qui peut renvoyer à des différences ontologiques et éthiques respectueuses de l’Autre car soucieuses d’un bien commun avec des droits et des devoirs partagés qui donnent un tout autre sens à l’égalité. Il est illusoire en tous cas de penser que l’on peut construire ou déconstruire les genres comme un jeu de lego. Ce fantasme prométhéen de toute puissance est fort heureusement voué à l’échec car il signifierait la possibilité volontaire et immédiate de modifier par une sorte d’auto engendrement tout ce qui nous entoure. C’est le thème des Métamorphoses d‘Ovide : quand Apollon échoue à séduire la nymphe Daphné qui s’enfuit, celle-ci se transforme magiquement en laurier que le bellâtre pourra arborer sur sa tête, et le tour est joué ! Mais dans la vraie vie cela ne se passe pas ainsi car le langage, les traditions, les normes et valeurs à ce moment de l’histoire préexistent à notre venue au monde. Il n’est pas exagéré de parler du poids d’une hérédité sociale largement inconsciente qui s’ajoute à l’autre mais qu’il est très difficile de modifier sans tenir compte d’un temps long. Est-ce à dire qu’il ne faut alors rien faire pour changer ce qui semble légitime de l’être ? Certes pas. Il existe en effet dans le monde et en France des situations de disparités inacceptables entre les hommes et les femmes qui requièrent de chercher à les faire évoluer pour des raisons de justice et de droits humains.

Alors il faut dire aux défenseurs de la famille, dont je fais partie moi aussi, que pour protéger celles-ci il y a peut-être plus urgent que de ressasser autour du mariage pour tous que la loi rend possible mais qui n’est imposé à personne et concerne très peu de monde. Car aujourd’hui ce qui est important c’est que dans tous les milieux sociaux, y compris chez les défenseurs des familles, des femmes subissent encore des cruautés inqualifiables, des incestes et des viols sont commis. Les différences de salaire à travail égal, jusqu’à 25 %, sont par ailleurs courantes. Et l’ascenseur social est plutôt bloqué. Bien sûr on dira pour minimiser ces problèmes qu’il en existe de beaucoup plus sérieux à régler dans notre pays comme le chômage, et qu’ailleurs, là où les femmes sont bâchées de haut en bas, excisées ou esclavagisées pour des diverses raisons, c’est encore pire. Chacun appréciera alors l’intérêt qu’il peut y avoir à s’intéresser ou non à des questions qui concernent prioritairement la moitié de l’humanité mais en réalité la totalité de celle-ci. Quant à ceux de l’Éducation Nationale qui veulent lutter contre les stéréotypes sociaux, ce qui semble légitime, il est utile de leur dire que les missionnaires LGBT envoyés dans les écoles ne sont pas une bonne solution, et pas davantage cette BD ridicule comme « Tous à poil » qui n’a rien à faire dans un cadre scolaire, sauf alimenter de nouvelles polémiques. Pour réaliser ce travail long et difficile il serait plutôt nécessaire de veiller à une représentation mieux équilibrée du nombre d’enseignants masculins et féminins correctement formés par des professionnels de l’enfance pour créer un climat de confiance réciproque qui facilite de réels échanges avec les familles et une information honnête sur ces stéréotypes, ceux des uns, comme ceux des autres. 



40 réactions


  • paulau 11 février 2014 12:21

     Au delà de la polémique, je trouve surprenante cette attirance de la gauche pour tout ce qui touche au sexe : mariage gay, homophobie, avortement , le genre à l’école...
     
    Libérer le sexe pour asservir l’individu ?

    • Aldous Aldous 11 février 2014 12:58

      Le réalisme soviétique prônaient l’Homme nouveau, libéré du tabou « petit bourgeois » de la famille hétérosexuelle et monogame.


      Un art du nu strictement homosocial (non mixte) ou la proximité homosexuelle exacerbait la camaraderie... 

    • Aldous Aldous 16 février 2014 12:06

      Réalisme soviétique et le nu homosexuel :





    • JL JL 16 février 2014 12:38

      Mais oui, Aldous,

      on sait bien que les Peuples primitifs sont tous fascistes et communistes en diable.

      Pour s’en convaincre, il suffit de visionner au hasard, le film ’La Forêt d’émeraude’ ou bien des films qui montrent tous ces noirs enchaînés nus à fond de cale dans les vaisseaux du Commerce triangulaire.

      Au fond, Christophe Colomb et tous ces pacificateurs chrétiens qui ont vêtu les sauvages ont fait œuvre utile du point de vue de dieu dont vous vous faites ici le zélé porte parole.


  • foufouille foufouille 11 février 2014 12:24

    il faut regarder le doc d’ARTE sur égalia


  • viva 11 février 2014 12:33

    Un article dont je ne parviens à définir ce qu’il veut nous amener à conclure.

    Je ne répondrais qu’une seule chose.
     L’homme bénéficie de plusieurs centaines de milliers d’années d’expérience en matière d’éducation des enfants, cela doit continuer ainsi. Les pouvoirs publics n’ont pas à s’en méler. 

    Je rajouterais qu’il conviendrait de savoir quel est le poid des pédophiles dans cette tentative d’émancipation sexuelle de la jeunesse.


    • Luc le Raz Luc le Raz 11 février 2014 15:55

      « quel est le poid des pédophiles » Ben voyons ! Pédéraste, pédé, pédophile, il n’y a qu’un pas ! Lamentable ! smiley


    • Le421 Le421 12 février 2014 13:14

      Parlons-en...

      De quelle façon ont été traités les religieux pédophiles par leurs pairs...

      Et là !! Botus et mouche cousue.

      Ben voyons.


  • Aldous Aldous 11 février 2014 12:52

    C’est fou le nombre d ?articles de gens sachant que la théorie du genre n’a jamais existé. 

    Comment fait-on pour être convaincu de l’inexistence d’une chose ?
    On reçois un petit billet ?

    Pourtant elle etait assumée il n’y a pas longtemps par les même qui jurent leur grand Architecte qu’elle n’existe pas. Y’a l’feu à la loge ?


    « Un genre androgyne

    Depuis qu’il existe, l’être humain se manifeste à travers le genre masculin et le genre féminin, qui incluent respectivement les hommes et les femmes. De nos jours encore, ces deux genres sont très marqués sur le plan psychologique, en ce sens qu’il y a des façons de penser et de ressentir plutôt masculines, et d’autres plutôt féminines. Sous l’effet de l’évolu- tion, les hommes et les femmes en viendront à vivre au diapason de pensées et d’émotions communes. Autrement dit, ce que Jung désignait sous les mots « animus » et « anima » s’équili- brera à travers un genre androgyne. Précisons que cet androgynat n’aura rien d’anatomique, car aussi longtemps qu’ils vivront sur Terre, les hommes seront de sexe masculin et les fem- mes de sexe féminin. »


    Mais ce texte n’était évidemment pas destiné au grand public...

    • viva 11 février 2014 13:10

      Ça n’existe pas pas, mais je trouve qu’il y a bien du monde qui s’interresse a nos gosses tout à coup.

      Il va falloir qu’ils planquent leurs miches si ça continu.

    • astus astus 11 février 2014 13:30
      Le mien écrit dans un média citoyen s’adresse justement au grand public pour que chacun puisse faire part de ses remarques sur le contenu ce qui suppose d’avoir lu l’article et d’avoir compris ce qui est réellement écrit. Est-ce trop demander en retour du travail qui a été nécessaire pour le faire ?
       

    • Aldous Aldous 16 février 2014 12:09

      merci de prendre la peine de répondre, cependant vous bottez en touche.


      Comment justifiez vous votre conviction que la theorie-qui-n’existe-pas n’existe pas.

      En dehors d’une démarche partisane, je veux dire.

  • FritzTheCat FritzTheCat 11 février 2014 13:55

    Dit plus simplement. S’interroger sur la construction des identités Homme / Femme avec sa proportion d’inné et d’acquis social est une chose qui peut avoir son intérêt universitaire. En revanche, vouloir faire de la théorie du genre le ferment d’une idéologie où l’objectif est de formater les esprits, est une entreprise totalitaire sortie de cerveaux malades.


  • Denzo75018 11 février 2014 14:40

    Poussons le paroxysme jusqu’à exiger de la science et de la société que les enfants soient conçus indifféremment par deux parents de sexes opposés ou identiques et que la gestation soit portée indifféremment par l’un des deux sexes ... C’est vrai ? N’est-on pas dans un pays de droit et d’égalité absolue !??


  • lisca lisca 11 février 2014 15:01

    « il serait plutôt nécessaire de veiller à une représentation mieux équilibrée du nombre d’enseignants masculins et féminins correctement formés... »


    ... à partir de textes littéraires et scientifiques ; et non pas d’idéologie.
    Les jeunes fuient la profession de l’enseignement car on lui a ôté son autorité. Se présentent des gens dont les motivations sont le fonctionnariat, et non pas l’amour du métier.
    En lui redonnant l’autorité, les candidats de qualité viendront. Il faut maintenir la condition d’un concours exigeant.
    Article intéressant, merci. smiley

    • astus astus 11 février 2014 15:44

      Merci lisca pour vos remarques et vos encouragements. Je suis naturellement tout à fait d’accord avec vous sur la nécessité d’un concours exigeant avec des formations de qualité mais la non revalorisation financière de la profession est aussi un frein au développement de celle-ci. Sur le plan de l’idéologie véhiculée par l’école, celle-ci a été très traditionnelle dès son origine pour les filles (en faire de bonnes ménagères pas trop savantes) ce qui ne les a pas empêchées avec le temps de s’émanciper pour le plus grand bénéfice (à tous les sens du mot) de la société toute entière. Aujourd’hui les pays en retard sur tous les plans sont ceux qui ne scolarisent pas bien celles-ci, pour des raisons politico-religieuses, et cela va de pair avec le fait qu’elles sont encore davantage la cible de diverses violences. Il faut donc ne pas désespérer de l’école, même si en réalité celle-ci ne fait le plus souvent qu’accompagner un changement sociétal beaucoup plus large.

      Bien à vous. 

  • L'enfoiré L’enfoiré 11 février 2014 16:20

    Bonsoir astus,

     Un article qui était resté un peu trop longtemps en backlog.
     Il y a plus de dix jours, j’écrivais ce commentaire.
     Je rappelais aussi : « Je me demande ce que vous feriez si vous deviez enseigner en plus le néerlandais. Les genres des mots ne seraient plus seulement masculins ou féminins, ils pourraient être aussi neutre. Ce n’est pas de l’unisexe pour autant. »
    Si vous voulez en savoir plus, c’est ici.. 

  • JL JL 11 février 2014 16:24

    Bonjour astus,

    j’ai apprécié cet article équilibré et juste.

    J’aime bien cette phrase : ’’Il est illusoire en tous cas de penser que l’on peut construire ou déconstruire les genres comme un jeu de lego. Ce fantasme prométhéen de toute puissance est fort heureusement voué à l’échec car il signifierait la possibilité volontaire et immédiate de modifier par une sorte d’auto engendrement tout ce qui nous entoure.’’

    Si la novlangue ça sert, pour faire court, à castrer la Langue, alors les théoriciens du genre se posent là.

    nb. Au sujet du fantasme d’auto-engendrement il y aurait beaucoup à dire, mais gardons cela pour une autre occasion.


    • L'enfoiré L’enfoiré 11 février 2014 16:35

      Exact, cela s’appelle l’hermaphroditisme.

      Qui serait peut-être intéressant en Chine et en Inde, puisque là-bas, on a eu tendance à éliminer la gente féminine.

    • astus astus 11 février 2014 16:50

      Bonsoir l’enfoiré et JL, 

      Et merci pour vos réflexions : je crois qu’il est absolument nécessaire de sortir des polémiques actuelles et d’envisager les choses sainement : le genre n’est en effet pas un jeu de lego et même Judith Butler ne dit pas autre chose. Il ne doit par conséquent pas être l’objet de tentatives de manipulations (on a vu ce que cela donnait avec le béhavioriste John Money). L’école n’a donc pas à imposer quoi que ce soit qui heurte les gens. Mais elle doit en revanche accompagner les mouvements sociétaux pour que les enfants soient tout simplement en phase avec le monde dans lequel ils vivent. Et c’est naturellement valable pour d’autres domaines : impact des images, utilisation d’internet ...etc. qui finalement se rejoignent souvent. Néanmoins il est surprenant qu’à notre époque, ou l’accès au savoir est considérablement plus facile qu’autrefois, des gens puissent rester arc boutés sur des positions revenant à nier, à la fois l’impact sur les individus de ce que j’appelle « l’hérédité sociale » , et aussi une disparité anormale de situations entre les hommes et les femmes qui apparemment les arrange.
      Cordialement.

    • L'enfoiré L’enfoiré 11 février 2014 16:55

      Ce soir, chez nous, revient à la télé ’Les hommes viennent de Mars et les fammes de Vénus"

      Si cela passe chez vous, n’hésitez pas d’y aller voir mais à deux, évidemment. 

    • L'enfoiré L’enfoiré 11 février 2014 17:01

      Je m’aperçois que j’ai fait une faute d’orthographe à « fammes ».

      Pour la corriger, je vois deux possibilités :
      - écrire « femmes »
      - ou ajouter une lettre « flammes »

      A vous de choisir smiley

    • L'enfoiré L’enfoiré 11 février 2014 17:05

      Pour fixer votre choix, une info pertinente.


  • Raymond SAMUEL Raymond SAMUEL 11 février 2014 16:53

    Merci ASTUS pour ce travail.

    - « ...est-ce à dire qu’il ne faut alors rien faire pour changer ce qui semble légitime de l’être ? »

    et « ...et une information honnête sur ces stéréotypes, ceux des uns et ceux des autres. »

    Une observation : Ce que je peux faire est égal à rien. Par contre une ministre émanation d’une idéologie, peut relativement beaucoup. Au nom du combat contre les stéréotypes elle et son idéologie fabriquent et diffusent impunément des palanquées de stéréotypes, leur outil de prédilection.


  • ahtupic ahtupic 11 février 2014 17:20

    Comme nos politicards de droite ou de gauche veulent appliquer la pseudo-théorie de merde du genre afin que tout les français soient égaux, je leur propose ce qui va suivre et j’espère que beaucoup de contributeurs d’AV seront d’accord avec moi.

    D’abord, je veux faire remarquer que le sexe féminin occupe beaucoup de poste à égalité avec le sexe masculin.

    Mais vous avez tous remarqué que nos politicards, pour la plupart véreux, occupent des postes bien rémunérés, bien reposants et qu’ils profitent de leurs influences pour placer la famille, les copains, les maîtresses, ...On pourrait appeler ca la théorie du politicard. Mais pour nous montrer la vraie égalité, je leur propose d’occuper des postes qu’ils ne choisissent jamais. Ils pourraient par exemple travailler dans les crèches et ainsi torcher le cul aux nourrissons car, en général, ils savent bien remuer la merde. Il suffirait malgré tout de s’assurer avant qu’ils ne soient pas pédophiles. De même, la population française est vieillissante et il faut de plus en plus de services aux personnes âgées. Ils pourraient tout aussi faire auxiliaires de vie et aller leur donner leurs repas, les torcher éventuellement, les aider à s’habiller. On manque également de main d’oeuvre dans les travaux publics : il n’y a pas de honte à étaler du macadam par 30° à l’ombre ou de faire du terrassement par tous les temps. Ils pourraient aussi faire des ménages, faire la cuisine au lieu d’aller s’empiffrer dans les grands restaurants, faire cuisinier ou serveurs surtout le week-end vu qu’ils autorisent partout le travail du dimanche, balayer les rues, ramasser les poubelles et je crois que le meilleur boulot pour eux serait de vider les fosses sceptiques. Il n’y a pas de sots métiers et tout ce que j’ai énuméré est bien plus utile que leur travail car jusque aujourd’hui, pour amener la France en état de décomposition, inutile de prendre ces gens qui ont fait l’ENA, on y arriverait sans leur aide.

    Il n’y a vraiment aucune raison que la politique soit un métier à part et qu’elle soit mieux rémunérée que n’importe quel autre travail.


    • astus astus 11 février 2014 17:27

      Heuh... je me demandais si vous ne vous étiez pas trompé de rubrique. Mais si ce n’est pas le cas et que je me trompe, car cela m’arrive, écrivez-nous vite un article sur le sujet.


    • ahtupic ahtupic 11 février 2014 17:44

      Je ne sais pas si je me suis trompé d’article mais la théorie du genre n’est qu’un enfumage de toute cette caste improductive que sont les politiques qui veulent créer deux castes : la caste des profiteurs qu’ils sont afin de garder leur prérogatives et le reste qui devrait bosser afin qu’ils gardent leurs aises et qu’ils puissent puiser dans cette dernière caste pour leur plaisir personnel. La première catégorie est donc à détruire.
      PS : Je ne suis pas assez doué pour faire un article. Contrairement aux politicards, je connais mes limites.


  • viva 11 février 2014 18:25

    Et lui aussi il dit n’importe quoi sur la théorie qui n’existe pas ?

    Puisque vous voulez un débat intellectuel, en voici un sous forme de questions réponses et pas du premier venu.

    • astus astus 11 février 2014 22:21

      @ viva :

      les risques que font courir pour l’individu une perte des repères identitaires de base, ou l’absence de différence entre les personnes, notamment sexuelle, sont bien réels car ils renvoient en effet au narcissisme et à la perversion qui sont à la base des systèmes totalitaires. Mais je ne partage pas l’avis du conférencier quand il place la divinité comme seul rempart possible à ces dérapages. Car il suffit de constater les abus historiques ou actuels des religions, surtout monothéistes, pour se convaincre que le totalitarisme fait feu de tout bois : il s’empare de toutes les idées qui passent, qu’elles soient politiques ou religieuses parce que la plupart des humains ont besoin de croire pour calmer leurs angoisses. Ceci est le propre de l’homme, et bien sûr de la femme. C’est la raison pour laquelle il ne me parait pas souhaitable d’ encourager certaines croyances : aussi bien celles qu’un égalitarisme parfait entre des individus asexués serait possible et utile, que de la bonté infinie de la puissance divine, qui, dit-on, aurait créé l’homme à son image, car, malheureusement, on a vu le résultat.
      Cordialement.

  • viva 11 février 2014 23:03

    Le sujet des enfants est sensible. Je n’évoque pas l’aspect religieux, parmi les détracteurs de cette théorie on trouve des croyants , des agnostiques, et des personnes de tout bord.

    Pour moi, il s’agit d’ingénierie sociale c’est à dire l’utilisation de groupes humains en vue de transformer les individus et la sociétés. 
    Les personnes qui mettent cela en place en instrumentalisant les militants féministes et LGBTsont malveillantes dans la mesure ou elles agissent pour leur seul et unique interêt. 
    Cela est trop long à explicité ici en quelques phrases.
    J’ai appuyé sur l’aspect « influence des pédophiles » parce que ces personnes sont forcément elles aussi interressés par ces actions autour et auprès des enfants. 
    Le point de vue que je défend est fondamentalement lié a des principes éthiques qui veulent que depuis des centaines de milliers d’années les parents ont su très bien géer l’éducation de leurs enfants. Nous sommes programmé pour cela. 
    Faire autrement c’est jouer avec le feu, s’agissant d’enfant cela est innacceptable. 
    Personne n’a le droit de mettre en péril la santé mental des jeunes et les équilibres de la société en voulant transformer tout les individus en devenir d’une génération.

  • Mowgli 12 février 2014 07:40

    Margaret Mead ? Cela passe encore mais renseignez-vous quand même sur la controverse Freeman vs Mead.

    Lacan ? Vous vous moquez du monde ? Un charlatan de première magnitude. N’avez-vous donc pas lu sa péroraison sur la racine carrée de -1 ? Et vous osez mettre Nietzsche dans le même sac ?

    Gregory Bateson ? J’ai brièvement correspondu avec lui à propos du langage des dauphins. Brièvement, car j’ai vite compris qu’il n’avait rien à contribuer hormis du vent emballé d’oripaux mais seyants et joliment nommés (la « fonction mu » par exemple)

    « À l’égalité arithmétique du 1 = 1 (vagin = pénis ?)... » écrivez-vous. Bravo, c’est du Lacan tout craché. Vous auriez bien fait de nous parler aussi de Ferenczi et de ses élucubration sur le pénis de la girafe, ça aurait mis de la gaîté dans les chaumières en ces sombres soirées d’hiver.


  • fredvd 12 février 2014 07:52

    Surement le premier article pondéré et réfléchi sur le sujet. Ce qui semble avoir disparu sur AV depuis des mois.


    Je lisais un article ce matin : Des bibliothèques françaises victimes de la « théorie du genre ». La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a dénoncé lundi les pressions exercées contre des bibliothèques par « des mouvements extrémistes ». 
    Info ou intox, je ne sais pas. Mais on est pas loin de brûler des livres comme en 40

  • 65beve 65beve 12 février 2014 09:08

    Concernant la suppression (supposée) des genres dans l’écriture, les anglo-saxons la pratiquent depuis toujours.

    C’est pas pour ça qu’ils sont plus cons ou moins que nous.

    cdlt


    • Aldous Aldous 16 février 2014 12:11

      Ca reste a prouver.


    • JL JL 16 février 2014 12:32

      ’’Concernant la suppression (supposée) des genres dans l’écriture, les anglo-saxons la pratiquent depuis toujours.’’ 65beve

       ?

      Vous pouvez nous expliquer ça ?


  • François Nicolas François Nicolas 12 février 2014 22:29

    Votre article est d’une lecture aussi plaisante que stimulante pour l’esprit, bravo !
    Mais les compliments sont courts, et les objections toujours trop longues ; j’essaierai donc de mentionner au plus bref les réserves que m’inspirent votre paragraphe conclusif.

    Vous écrivez :
    « aujourd’hui ce qui est important c’est que dans tous les milieux sociaux, y compris chez les défenseurs des familles, des femmes subissent encore des cruautés inqualifiables, des incestes et des viols sont commis. Les différences de salaire à travail égal, jusqu’à 25 %, sont par ailleurs courantes. »

    Des hommes aussi subissent des cruautés inqualifiables. Les violences domestiques, familiales ou autres ne sont pas l’apanage d’un sexe. Voyez ici même (Agoravox) O. Malvolti, http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/la-violence-feminine-les-enjeux-76256, pour une forte synthèse sur le sujet.

    Quant aux « différences de salaire à travail égal » et prétendues discriminations salariales, elles sont introuvables sur le marché du travail en France et ne sont qu’une image résultant d’une lecture artefactuelle des données statistiques sur l’emploi. Permettez-moi de vous suggérer les développements que j’ai consacrés à la question (http://critiquedufeminisme.wordpress.com/category/i-le-plafond-de-verre-et-autres-fables-sur-la-discrimination-salariale/).

    L’« aujourd’hui » que vous évoquez est à ces égards bien disparate. Il y a je crois aussi peu de sens à traiter en général des femmes et des hommes en France indépendamment de toute situation qu’à parler de « la » condition féminine en la référant d’un même trait aux phallocraties du Golfe et aux gynocraties scandinaves.

    Ce disant, le renvoi que vous faites à Margareth Mead me paraissent inviter à une réflexion sur l’usage que les doctrinaires genreux font de l’anthropologie et par lequel ils accommodent la vieille question du relativisme culturel. Trop vaste pour ce commentaire, je le note pour y revenir ailleurs…

    Bien à vous


  • lsga lsga 16 février 2014 14:43

    comment peut-on s’accrocher à ce point à des sottises pareilles ?


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