vendredi 25 novembre 2011 - par Nicolas Cadène

“Les barons appellent toujours à la discipline ceux qu’ils piétinent”

Disons les choses clairement : j’ai avalé des couleuvres, supporté des insupportables et ai toujours voulu être du côté de la proposition constructive. Les actes internes qui contredisent nos principes de base doivent être dénoncés. À la lecture de blogueurs/militants comme Marc Vasseur (ici ou ) ou Isaway, on constate que ce “ras-le-bol” est assez généralisé dans les partis politique français.

Si je pars d’une situation personnelle actuelle (j’y reviendrai plus bas), c’est le cumul des expériences, la succession ininterrompue du spectacle de la médiocrité politique, qui préparait ce moment.

Un constat de départ : le PS n’est pas un parti de militants issus de toute la diversité de la société, mais un parti d’élus. Résultat, l’appareil ne sert plus en premier lieu les intérêts de la base, mais d’abord ceux des élus, et parmi eux, des plus puissants.

Les “barons” sont ces grands élus locaux, souvent cumulards, qui sont également des hommes d’appareil. Appareil qu’ils maîtrisent parfaitement pour leurs intérêts personnels (et cela dépasse largement le cadre électif), au moins dans leur région ou leur département.

Ainsi, au sein du PS (du reste, comme dans les autres formations politiques), ne croyez pas que le choix des candidats à telle ou telle élection émane toujours des militants. Si c’est souvent le cas, conformément alors aux statuts et au règlement intérieur de cette formation politique, c’est régulièrement le fait de ces seuls barons (sauf à être inquiété par une direction nationale qui leur serait opposée).

Militant depuis une dizaine d’années, j’ai une certaine expérience de ce que sont les batailles d’appareils en amont d’élections ou de congrès socialistes. Après être passé au MJS, j’ai eu la chance de vivre de près la campagne présidentielle de 2007 en étant collaborateur du codirecteur de campagne d’alors, Jean-Louis Bianco (1) ; le malheur de vivre d’aussi près le congrès de Reims (2). J’ai participé depuis à plusieurs campagnes d’élections intermédiaires :européennes en 2009, régionales en 2010, cantonales en 2011.

Chaque fois, ce sont les manœuvres d’appareil qui ont désigné nos candidats (3). Chaque fois, ce sont les militants sincères qui ont été évincés. Chaque fois, ce sont des talents qui ont été écartés jusqu’à s’en aller d’eux-mêmes d’un parti qu’ils jugeaient “pourri jusqu’à la moelle”. Des départs qui sont bien souvent souhaités par les “apparatchiks” : Moins il y en aura (de militants sincères), plus tout pourra se teinter de l’illusion démocratique et s’emplir del’arrangement de l’entre-soi.

Je connais bien ces manœuvres et les désapprouve. Ainsi, n°2 de la fédération du PS du Gard, je lutte -le mot n’est pas excessif- pour un changement des pratiques. Bien sûr, je continue de mener des campagnes de terrain, d’être actif dans l’opposition nîmoise -combat essentiel-, de participer -dans l’ombre- à la rédaction de programmes électoraux nationaux ou locaux. Reste un souhait : celui de mener campagne sur mon nom, puis être élu pour mettre en actions les principes auxquels je crois et en pratique les propositions que je formule.

Le blocage est là. Les barons sont ravis de votre présence pour mener leurs campagnes ou pour rédiger les programmes, mais ils refusent que l’on puisse “émerger” si on est extérieur à leurs pratiques. Personne ne doit leur faire d’ombre. Ils nous accusent des pires maux, souvent publiquement et dans la presse (4). Ils nous traitent “d’intellos” ou, par de formidables contorsions intellectuelles -ils n’ont jamais peur du ridicule-, d’apparatchik (!).

Dans leurs “territoires”, le renouvellement et la diversité votés lors de la convention sur la rénovation en juillet 2010 n’ont pas de valeur. S’il faut quelques jeunes, blacks ou beurs, ce seront certains de leurs fidèles qui ne sauraient sortir du rang. Ou quelques figures qu’ils exposeront pour l’affiche, dans des zones ingagnables ou à des postes sans enjeu.

Cette réalité n’est pas surprenante mais n’en reste pas moins insupportable. Un ami blogueur et militant, Romain Pigenel, l’écrit très justement : “L’idéalisme militant se heurte à un constat simple : les partis sont des organisations humaines et, en tant que tels, sont travaillés par des logiques et des tensions communes à toutes les organisations humaines. Ambitions. Arrangements. Passe-droits. Combines. Haines personnelles. Cliques et bandes. Oligarchies internes. Etc.”

C’est parfaitement exact. Néanmoins, ce constat ne justifie pas l’adhésion. C’est pourquoi il ajoute : “Pour changer le monde, il faut commencer par le prendre tel qu’il est (…) Quitter un parti par rejet d’individus ou de pratiques, c’est laisser le champ libre à ces individus, et à ces pratiques, et finalement manquer à ses idéaux”.

Là encore, nous sommes d’accord. Mais ça ne suffit pas. Les barons ne cessent de tout faire pour nous conduire à la sortie

Et on ne se bat pas à armes égales. Quand on fait adhérer par conviction quelques personnes, les barons font adhérer en masse des “alimentaires”, des salariés de leur collectivité, tout à fait extérieurs au parti et par ailleurs tout à fait honnêtes, mais qui voteront en interne dans le sens souhaité par leur patron. Voilà une façon de biaiser un vote militant. Quant aux scrutins de listes, il suffit aux barons de vous en exclure -si vous êtes candidats-, tout en intégrant quelques noms peu “gênants” -qui ne leur font pas “d’ombre”- et pouvant satisfaire le plus grand nombre.

Il y a mieux : l’utilisation de la parité et des partenaires politiques (5). Je viens d’en être la victime en ayant formulé l’été dernier le souhait d’être candidat à la candidature -au vote militant- pour les élections législatives à Nîmes en juin 2012.

Alors que les secrétaires de section, les militants concernés et les instances fédérales du PS avaient demandé par une majorité très claire -pour ne pas dire la quasi-unanimité- de laisser les deux circonscriptions législatives nîmoises au PS, une des deux a été donnée à Europe Écologie – Les Verts (EELV), l’autre a été féminisée. N’étant ni à EELV, ni une femme, je suis donc dans l’incapacité totale de seulement candidater devant les militants, même si le travail de terrain de notre section est reconnu par tous. Malgré quelques adhésions douteuses de leur part, les barons locaux me savaient capables d’emporter un scrutin interne et l’ont donc empêché. Ça a le mérite de la simplicité et de la clarté.

Pourtant -ils le savent-, donner une circonscription nîmoise à EELV alors que le PS se reconstruit (6) obère sérieusement la reconquête de la municipalité en 2014. Les secrétaires de section l’avaient rappelé, sans succès.

Sans parler de la pertinence d’un tel accord, plus que contestable  : le programme de fond est occulté et la dynamique unitaire est inexistante. Il offre plus de 60 circonscriptions à un EELV qui pourra néanmoins présenter des candidats contre nous sur toutes les autres circonscriptions, qui n’hésite pas à reprendre le nom de notre ancienne candidate comme adjectif dévalorisant, à qualifier notre candidat actuel de potiron qui a pris le melon, à comparer les socialistes à des marionnettes et à juger notre projet archaïque.

Mais qu’en est-il du libre choix des militants ? “On s’en fout” disent les barons. Le travail de terrain ? “Ça sert à rien” répètent-ils. La rénovation du PS votée en 2010 ? “On s’en contre-fout” affirment-ils. Dans le Gard, sauf surprise, il n’y aura aucun renouvellement, aucun respect du non-cumul, aucune diversité. Rien.

Sans vouloir généraliser, tout cela est néanmoins transposable à de nombreux départements. Cette situation étant donc plutôt “banale”, on imagine comme il devient compliqué de renouveler notre classe politique. Et si “renouvellement” suppose “compromission” et trahison de ses idéaux, alors autant laisser tomber.

Ces pratiques ne cessent de creuser le fossé entre citoyens et élus. Un peu d’espoir : comme dit un ami en détournant un proverbe africain, “ils ont la montre mais on a le temps”.

Quant à la phrase qui ouvre cette note (son titre), elle prévient ce que l’on va me reprocher : On dit toujours à ceux qui l’ouvrent qu’ils doivent se taire faute de quoi il font le jeu de l’opposition. Et c’est ainsi que d’année en année, de scandale en scandale, on réduit au silence au nom de la discipline ceux qui voudraient faire de la politique de manière droite et responsable. Le parti n’a pas besoin de moi, ni de ceux qui sont encore lucides et qui dénoncent, pour être affaibli. Rien ni personne ne l’affaiblissent autant que ces méthodes et ceux qui les emploient.

Nicolas Cadène

Notes :

1 ”Grand élu”, qui n’a rien d’un baron puisqu’il est tout à fait extérieur -fait rare- à l’appareil et n’a été élu que sur son travail de terrain.

2 Auprès de Ségolène Royal et, à l’époque, Vincent Peillon, François Rebsamen, Gérard Collomb, Manuel Valls, Patrick Mennucci, Julien Dray, Éric Andrieu et beaucoup d’autres

3 Aux élections comme aux instances internes de notre parti.

4 Rarement en leur noms propres, préférant l’anonymat ou les “portes-flingues”

5 Europe Écologie Les Verts -EELV-, PCF, PG, PRG, MRC.

6 À Nîmes, au sein de la gauche, le PS est “derrière” le PC.



56 réactions


  • mortelune mortelune 25 novembre 2011 12:57

    Comme les autres le parti Socialiste participe activement à la mondialisation mise en place à la demande des milliardaires sionistes. Il s’est fait rouler dans la farine comme tous les ’grands’ partis des pays Européens. Pour prendre le pouvoir il n’a d’autres choix que de faire ce que font les autres et malheureusement il prend aussi tout ce qui est mauvais. 

    Peut-être un jour, sauront-ils se sauver eux-mêmes et détruire les baronies pour mettre en place une véritable démocratie tant au niveau du parti qu’au niveau national et mondial. Je rêve ?


  • luluberlu luluberlu 25 novembre 2011 13:04

    Le pouvoir rend fou. Et s’il n’y a de nature humaine que culturelle il semble que dans cette « nature humaine » il y a le fait que la volonté de puissance doublée du pouvoir rendent le sapiens addicte à ce pouvoir et à la Puissance, et lui face perd re sa« volonté de puissance »au sens nietzschéen du therme....En résumé ne sont pas finis les apats rancies.


  • bernard29 bernard29 25 novembre 2011 13:22

    mais enfin depuis le temps qu’au PS on parle de rénovation démocratique, pourquoi vous ne posez la question radicale sur le mandat des élus. Vous tergiversez en permanence. ( Montebourg qui était contre le cumul, s’est empressé de cumuler quand l’occasion s’est présentée.). Même votre proposition actulle n’est qu’un faux fuyant.

    Pourquoi les militants ne demandent pas une interdiction radicale du cumul des mandats et dans la durée. (ce qui empêche la création de fiefs)

    voici une proposition ;
     
    Non cumul des mandats et des fonctions.

    Art 1) – « Les mandats nationaux, régionaux et départementaux, ne peuvent se cumuler qu’avec le simple mandat de conseiller municipal ».


    Art 2) –
    «  Nul ne peut être éligible à plus de deux mandats successifs pour la même fonction hormis celle de conseiller municipal ».

    Art 3) les députés, les sénateurs, les membres d’un exécutif régional, départemental ou municipal ne peuvent cumuler leurs mandats avec une fonction rémunérée dans un autre organisme public.

    --------------------
    Ainsi vous réglerez beaucoup de problèmes. ( les personnes qui considérent leur siège, leur région, leur département, leur ville etc.. comme leur propriété,).
    Mais vous vous arrêtez toujours au bord du chemin. Ainsi dans votre proposition actuelle, un député, un sénateur pourra encotre être conseiller régional ou général. ca ne tient pas la route si vous voulez rendre votre parti vivant et permettre un renouvellement.


  • caramico 25 novembre 2011 13:36

    La seule solution pour se faire bien voir par le chef de meute, c’est de faire la « pute », et ensuite patiemment lui bouffer peu à peu les entrailles, jusqu’à ce qu’il laisse la place, la seule loi qui compte c’est la loi de la jungle, et le reste, c’est des contes pour enfants attardés.


    • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 25 novembre 2011 14:08

      @ Caramico : J’entends bien, mais dans ce cas, ce sera sans moi (ce qui n’est pas bien grave). Si je devais mettre au placard mes convictions pour parvenir à être élu, au final, ça ne servirait à rien et fairait perdurer des pratiques insupportables.

      Amicalement

  • logan 25 novembre 2011 13:59

    Assez typique d’un militant PS :
    1) d’avoir l’ambition d’être élu
    2) de croire que tous les partis fonctionnent comme au PS

    Au PG, il n’y a pas de barons, il n’y a pas de gens qui font passer leurs ambitions avant l’intérêt général, ces tares ne sont spécifiques qu’à des vieux partis d’élus corrompus par le pouvoir.


    • bernard29 bernard29 25 novembre 2011 14:13

      La question se pose moins dans un parti en construction (et encore !! faut voir). Les apparatchicks éclosent trés vite dans un terreau fertile.

      Mais si cela fonctionne un peu, les habitudes se prennent rapidement ; (voir les Verts). d’après un article du Point.fr chez les (Verts, 50 % des adhérents vivent du parti ( élus ou permanents etc...) et « cette caste » a comme premier objectif de se maintenir en place et de pérenniser leur situation. 

      la seule solution est « la précarisation du pouvoir » . et donc une réglementation drastique sur le cumul des mandats et fonctions.


    • logan 25 novembre 2011 15:27

      Oui une fois que le PG aura des élus, ou alors pour peu qu’il gouverne, il commencera fort logiquement à attirer les gens ambitieux.

      Mais pour l’instant ce n’est pas le cas. Les ambitieux vont indéniablement majoritairement au PS ou à l’UMP. C’est là bas qu’il y a les meilleures gamelles.

      Donc il ne tient qu’aux gens de conviction d’intégrer maintenant des partis politiques comme le PG pour empécher que cela ne dérive ensuite comme le PS.

      Mais comme je disais il est impressionnant de voir comment les militants du PS n’arrivent pas à imaginer qu’ailleurs ce soit différent. Pour eux c’est forcément partout pareil.
      Ca en dit long sur leur aveuglement.


    • mike gallantsay 27 novembre 2011 01:41

      « Au PG, il n’y a pas de barons, il n’y a pas de gens qui font passer leurs ambitions avant l’intérêt général »

      Waf ! waf ! waf !

      Tu peux nous le refaire avec un petit numéro de claquettes pour agrémenter ?
      Ça passerait mieux !

      Pour info j’y ai passé 18 mois au PG...


  • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 25 novembre 2011 14:06

    @ Logan : je souhaite que ce soit vrai mais certains de ce même parti ont déclaré en être déçu. Quoi qu’il en soit, la rénovation doit être la plus large possible dans l’ensemble des formations politique, histoire d’arrêter de creuser le fossé entre citoyens et « élites politiques ».

    Amicalement

    • logan 25 novembre 2011 15:39

      Bah tu l’as dis toi-même, c’est une association humaine, tu ne peux pas éviter qu’il y ait des querelles et des conflits, et donc qu’il y ait des gens aigris.
      Et puis il y a beaucoup de gens qui racontent des mensonges aussi, je ne compte même plus le nombre de gens qui ont inventé des trucs sur le PG ou qui comme toi les ont gobé et répété sans même vérifier si c’était vrai.
      Tous ceux qui bousculent l’ordre établit dérangent. Et il n’y a même pas besoin d’être militant, le zèle des gens pour essayer de marginaliser le PG ou le front de gauche en général est impressionnant et tous les moyens sont bons.

      Le vote utile ne suffisant plus, maintenant le PS a inventé la parole utile. Si t’es de gauche, tu n’as plus le droit de critiquer les actions, les décisions ou les propositions du PS, tu n’as plus le droit que de dire Amen ou de te taire, sinon tu fais le jeu de la droite et de Sarkozy. Le PS va jusqu’à exiger la discipline que tu dénonces à l’ensemble de la gauche. Et si tu ne respectes pas cette discipline tous les moyens sont bons pour te descendre.


  • LE CHAT LE CHAT 25 novembre 2011 14:24

    merci pour ce témoignage ! le Gard n’a rien à envier aux Bouches du Rhône sauce Guérini...........

    Je reste sidéré de la façon dont les socialistes locaux soutiennent leurs élus corrompus et mafieux jusqu’à la moelle , ce qui se passe ici en région marseillaise est similaire au Napoli décrit dans le bouquin « Gomora »


    • bigglop bigglop 26 novembre 2011 20:10

      Bonsoir à tous,
      Certes vous soulevez un problème.
      Mais le plus important se trouve dans les vidéos, commentaires, du blog incontournable d’Olivier Berruyer sur Goldman-Sachs

      http://lescrises.fr/


  • dom y loulou dom y loulou 25 novembre 2011 14:24

    quand un pays « démocratique » est colonisé, tous les ténors de partis le sont fatalement.


    c’est pourquoi je dis que les partis aujourd’hui sont précisément ceux qui ont pourri la démocratie en Europe en prétextant remplacer les corporations de métiers par le collectivisme des multinationales

    Autrefois la démocratie se tenait sur les places de villages, tous pêle-mêle et gare aux menteurs et non dans des chambrettes maçonniques où l’on parque les citoyens suivant leurs convictions pour les tirer par la barbichette dans le grand agenda planétaire des anglo-saxons aux commandes de l’Europe aujourd’hui. 

    je me souviens du grand rassembement de la gauche des gauches en 2002 à Le Mans ... je croyais être dans un théâtre avec les « stars » sur scène et les militants habitués au spectacle de leurs favoris aplaudissant leurs héros télévisés dans l’obscurité

    comme au cinéma

    rien d’une assemblée politique en fait, mais un spectacle.

    Les citoyens ne devraient jamais plus accepter que les merdias rothschild les traitent de public


  • Le printemps arrive Le printemps arrive 25 novembre 2011 14:45

    Bonjour,

    une piste... voyez aussi ses conférences sur la toile.

    Cordialement.


  • Gemini Gemini 25 novembre 2011 15:03

    Gardez intact votre intégrité et votre conviction. Les personnes comme cela sont trop rares pour être perdues, tant cette tambouille politicienne, que ce soit l’UMP, le PS ou EELV est écœurante. Vous posez les bonnes questions et vos constats correspondent à l’image que j’ai pu avoir des partis et qui, jusqu’à présent, m’a toujours découragé de m’impliquer. Mais effectivement, suite à votre exposé, il me semble que ce n’est pas forcément la meilleur attitude à avoir si l’on souhaite un jour changer les choses. Il ne me reste plus qu’à trouver le temps …


  • Richard Schneider Richard Schneider 25 novembre 2011 15:49

    @à l’auteur :

    Je vous comprends parfaitement.
    C’est pareil dans tous les partis de gôche ! La politique est devenue un métier ; et ceux qui en vivent ne lâchent jamais le bon nonos qu’ils sont en train de ronger ! Et s’ils peuvent en ronger deux ou trois, ils ne vont pas se gêner. 
    Mais le pire, c’est quand on vous demande de vous effacer au profit d’un autre même pas de votre famille politique - alors que que c’est vous qui avez fait tout le boulot. Les Verts dans ce domaine sont particulièrement voraces - cf. « Pourquoi je meprésente contre Cécile Duflot » par Danièle Hoffman | Rue89
    Je suppose que c’est la même chose dans les partis de droite. Au FN, c’est carrément la fille qui remplace le père ! Ça s’appelle comment, ça ?
    J’ai arrêté assez tôt d’être « encarté » : je suis devenu un « free-lance », et je m’en porte beaucoup mieux.
    Amicalement,
    RS

  • kev46 kev46 25 novembre 2011 16:58

    Bonjour.

    Constatant que vous êtes plus qu’un simple militant au PS, je saisie l’occasion pour vous poser les questions suivantes :

    Pourquoi êtes-vous encore membre d’un parti avec de telles pratiques ?

    Lors des primaires, Montebourg a milité en faveur du protectionnisme et en même temps Valls a milité en faveur de plus de libéralisme. Comment un parti peut-il proposer des idées autant opposées ? Est ce pour ratisser large ? Qu’elle est réellement la ligne du PS ??

    J’ai mon idée au vue du passé et du présent. Le PS se plaint toujours de cette mondialisation et de cetteEurope aussi peu sociale et anti démocratique. Pourtant n’a t’il pas sa part de responsabilité ?? Mitterrand et Delors pour Maastricht, Jospin qui n’a pas récusé les traités et qui les appliqué, Lamy pour l’AGCS et l’OMC, DSK au FMI ! Des membres du PS qui s’abstiennent au lieu de voter contre le traité de Lisbonne (refusé par le peuple !). Quand on sait les conséquences sociales de cet ultralibéralisme, comment pouvez accepter d’être membre d’un parti qui ne se remet même pas en question sur ces actes passés et qui ment au français ?

    Je vois que vous êtes également passionné d’Europe. Que pensez-vous de cette Europe ? Que pensez-vous de la démocratie dans l’UE ? Pourquoi le PS ne propose pas plus de démocratie et clarté dans l’UE au lieu de nous mentir qu’ils vont faire ca et ca en l’imposant au 26 autre pays (comme s’ils avaient la même vision que le PS) ? Que pensez-vous de la contribution du PS à l’UE ?

    Enfin que pensez-vous des tractations du PS et EELV qui ont acté de proposer de donner le siège permanent de la France au conseil de sécurité à l’UE et ainsi affaiblir la voie France dans le monde ? Pourquoi le PS ne propose t-il pas de même avec le siège du royaume uni ? L’UE aurait ainsi 2 sièges ? ou est ce dans un but d’affaiblissement de la France que le PS et EELV travaillent (Montebourg, Valls, Hollande, Cohn-Bendit sont des Young leaders de la fondation franco américaine, pensez vous qu’il y a un lien) ?

    Voila. Vous vous plaignez de ce parti mais vous en êtes encore membre. Peut être pensez vous que c’est le seul moyen pour faire carrière ? Ainsi vous appliquerez la même politique que les autres.


    • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 25 novembre 2011 18:46

      En fait, je crois que je pense plutôt ce que vous pensez sur ces différentes questions... ;)

      Mais je reste au PS justement pour éviter de le laisser à qu’une partie de militants apparatchiks et souvent éloignés des idéaux initiaux du socialisme et même du réformisme. Mais ce n’est pas chose aisée et, plus que partir, j’aimerais que beaucoup me rejoignent !

      Merci pour votre message.

      Amicalement

    • logan 26 novembre 2011 03:14

      C’est un peu facil je trouve comme posture ...

      Des personnes sont restées 30 années au PS en disant la même chose ... A un moment il faut être réaliste, le PS est perdu ...
      Toutes les personnes de gauche qui se retrouvent isolées et marginalisées finissent par quitter le PS, que ce soit au niveau national par les courants et parce qu’ils se retrouvent privés de représentation, ou au niveau local par les barons.
      En même temps les personnes qui adhèrent aux idées des courants majoritaires affluent.
      Pour ces deux raisons, le PS ne peut que dériver de plus en plus vers le centre et l’emprise des barons locaux ne peut que se renforcer. C’est inévitable.

      Si vous voulez être utile, il faut rejoindre le front de gauche.


  • Yvance77 25 novembre 2011 17:35

    Là l’auteur met dans le mille : « le PS n’est pas un parti de militants issus de toute la diversité de la société, mais un parti d’élus »

    C’est tout a fait cela, un parti de notables, et historiquement ils n’ont que trop rarement été aux cotés de ceux qui en bavent des ronds de chapeau. Et la seule solution, c’est de faire comme Mélenchon.

    Un gars comme Montebourg, s’il veut qu’un jour ses bonnes idées voient le jour, n’a qu’une chose à faire. Devinez laquelle


    • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 25 novembre 2011 18:48

      Oui, je crois que le fond du problème est bien là... Il nous faut un parti de militants, un parti de masse.


      Merci pour votre message.
      Amicalement

    • logan 26 novembre 2011 03:15

      Je pense qu’Yvance voulait dire que la seule chose qu’il lui reste à faire c’est de quitter le PS.


  • Dzan 25 novembre 2011 18:52

    Faut aller à l’UMP ou au « centre » c’est bien mieux
    Il y a aussi Marine.


    • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 26 novembre 2011 11:20

      Sans parler de la ligne politique de ces partis -que pour ma part je conteste totalement-, là-bas, il ne s’agit de démocratie biaisée de temps en temps, il s’agit d’une absence totale de démocratie. 


  • gegee gegee 25 novembre 2011 23:46

    pourquoi rester dans un parti qui ne vous convient pas et où visiblement vous avez du mal à avoir une place ? et surtout, pourquoi vouloir changer un parti de l’intérieur ? (surtout que là, c’est mal parti visiblement).
    ce qui compte, c’est convaincre la population dans son ensemble et pour pouvoir défendre ses idées, il faut être dans un parti qui est proche de vos idées (et si vous êtes un « vrai socialiste », ce n’est malheureusement plus le PS qui pourra défendre vos idées).
    bon courage à vous.


    • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 26 novembre 2011 11:26

      On peut effectivement se poser la question. Mais me concernant, le PS est le parti politique qui a la ligne idéologique (cf. son projet pour 2012) qui me convient le plus (même si je ne suis pas toujours d’accord avec ceux que disent certains de ses membres). Ce que je déteste dans ce parti, ce sont certaines pratiques d’un autre âge et qui finalement entrent en complète contradiction avec nos idéaux et principes de base. Mais partir, c’est laisser la place aux pires apparatchiks qui « cassent » ce parti et les idées qu’il défend. Néanmoins, tout va se jouer en 2012. Soit nous l’emportons et nous pourrons rebondir, soit nous perdons et, alors, il faudra effectivement (sans doute) reconstruire un autre parti, en espérant qu’il soit parfaitement démocratique et représentatif de la société. 


  • FYI FYI 26 novembre 2011 04:27

    Ce que vous décrivez dans votre secteur est identique dans le monde de l’entreprise.
    Ce sont toujours les compétents non pistonnés qu’on accablent et qui gênent la nomenclatura.
    Ceci dit on n’arrête ni l’évolution ni le progrès aussi le bataillon des médiocres peuvent gagner des batailles mais jamais la guerre. Rappelez-vous des collaborateurs pendant l’invasion... Et pourtant à la libéralisation il faut vivre avec cette armée de médiocres, s’en est à vomir ...


  • Blé 26 novembre 2011 04:51

    Ce qui se passe au sein du P.S se passe ailleurs, c’est un phénomène que Bourdieu a parfaitement analysé mais que les « barons »du P.S ne veulent pas savoir.

    Le pouvoir tel qu’il est assumé à présent par ceux qui le détienne n’ a pas de parti. On voit toujours les mêmes durant 30-40 ans, comme à la belle époque de l’ ancien régime. Il est évident que dans ces conditions tôt ou tard, les gens s’écartent de ce système, ils ont assez d’un patron (parce qu’il paye, il a tous les droits), s’il faut subir à peu de chose près la même chose dans un parti et en plus en payant une cotisation, effectivement, pas besoin d’éléments extérieurs au parti pour que ce parti ne tienne plus la route pour le plus grand nombre dont je suis. J’ai quitté le P.S depuis 25 ans pour les raisons que l’ auteur de cet article décrit parfaitement.

    Depuis combien de temps voyons-nous Hollande dans les média ? Et toute la clique ?

     Faut croire qu’au sein du P.S il n’y a pas de gens entre 35-40 ans ! Faut croire que les adultes de ce parti sont incapable de former des jeunes, plus grave, incapable de fonctionner de manière vraiment démocratique.


    • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 26 novembre 2011 11:28

      Oui, c’est assez vrai ! D’ailleurs, les parlementaires PS actuels sont plus âgés en moyenne que ceux des années 80... En 30 ans, on a reculé sur l’objectif de diversité générationnelle (sans parler de la diversité tout court) !


  • Christoff_M Christoff_M 26 novembre 2011 10:04

    la nouvelle génération doit bousculer les cadors pour entrainer un renouveau !!

    Mais malheureusement il y a plus de cire pompes et de gens qui visent un placard doré et un plan d’épargne dans ceux qui arrivent, d’ou l’inertie et la médiocrité de la vie politique française ou tout est réservé et la cooptation et les réseaux marchent à fond, empechant un renouvellement dans des partis vieillissants et coupés de la réalité d’une partie des français !!


  • Clojea Clojea 26 novembre 2011 11:23

    Très bien votre article. Il résume ce qu’est la politique de gauche comme de droite. Uniquement centrée sur les profits personnels et non le profit du peuple. Mais la majorité des français comme la majorité des habitants de cette planète s’en accomode, car les gens en majorité sont des spectateurs et non des acteurs. Il est plus facile de confronter ses chaussons, sa TV, son confort douillet que de confronter ses propres problèmes et de surcroit les problèmes de sociétés. Cela implique que les gens laissent les mêmes décider de leur sort. Une seule solution peut être : Que l’homme évolue.


    • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 26 novembre 2011 11:30

      Effectivement, ce système perdure notamment parce que le monde se « dépolitise », ce que pousse d’ailleurs le système. Moins les citoyens s’impliquent, moins ils contestent. D’où l’importance de la démocratie à tous les étages, et notamment de la démocratie participative. 

      Merci, amicalement


  • chantecler chantecler 26 novembre 2011 11:46

    Bonjour Nicolas ...

    Un vrai choix , idéal , n’existe pas .

    La démocratie est gâchée par les opportunistes , carriéristes et lobbyistes .

    Et les petits partis qui sembleraient plus vertueux n’ont aucune chance d’arriver aux commandes ...

    C’est une sorte de dîner de cons où les organisateurs sont absents ...Mais ils veillent .

    Faut pas jouer avec leurs intérêts ...

    Par hasard ce matin je suis tombé sur cet interview :

    http://www.dailymotion.com/video/xldqty_etienne-chouard-la-dette-et-la-fin-de-l-etat-providence_webcam

    Les frontistes nous reprochent d’être aveugles ou innocents ...Je pense qu’ils s’assoient vite sur les évidences structurelles , historiques de leur parti .

    Soit ils sont aveugles , soit ils sont complices . Mais affirmer qu’il n’y a pas de contradictions ou de tensions au FN, faut pas manquer d’ air , être inculte ou avoir la foi du charbonnier .

    Conclusion ?

    Il n’y a pas de conclusion . Chacun fait comme il le sent .

    Cr .


  • hacheii 26 novembre 2011 12:11

    Ce que vous décrivez se passe dans tous les partis, la différence c’est qu’aujourd’hui avec internet les gens peuvent témoigner.
    .
    Mais de toute façon, à la base la gauche est mauvaise, viciée, parce qu’elle ne fait que suivre la propagande, la propagande est faite par ceux qui tiennent les médias, haut fonctionnaires et CAC40 ; En défendant cette propagande vous ne faites que vous mettre à leur service.
    .
    La foule suit la propagande et vous suivez la foule, vous courrez désespérement derrière elle, pour qu’elle vous donne ses suffrages.
    Ce n’est pas cela un homme politique, ce n’est pas un suiveur, un type qui se met à la remorque de la propagande, c’est quelqu’un qui montre la route, qui est en avant, sinon c’est juste un dem-agogue, un type qui veut être chef du peuple.
    .
    Dans les années 1930 la propagande vous donnait les juifs pour boucs émissaires, aujourd’hui elle vous donne les Français, et vous suivez ... que faites-vous d’autre ?


  • bo bo 26 novembre 2011 12:31

    Tant que le système majoritaire à 2 tours sera en place....il n’y aura aucun renouvellement : des élus c’est le meilleur cadenas pour contrôler la vie politique par l’UMPS.
    Si vous voulez qu’un candidat autre est une chance et qu’en fait il y ait plus de démocratie........il faut un système électoral uninominal à un tour....tout le reste est littérature inutile...


  • jcbouthemy jcbouthemy 26 novembre 2011 14:53

    C’est une bonne chose que certains à l’intérieur des partis commencent à vouloir un peu plus de tranparence, de démocratie.
    Mais nous mêmes à l’extérieur des partis sommes nous réduits à ne pouvoir agir que par un bulletin de vote ? N’existe-t-il pas d’autres voies pour obliger les élus à nous représenter réellement ? A ne pas être uniquement les porte paroles d’une seule caste ???
    Personnellement j’ai décidé d’agir en justice contre des partis qui renoncent à rendre effectif le droit constitutionnel d’obtenir un emploi.
    L’affaire est en appel.
    Pour voir mes conclusions
     http://jcbouthemy.blogspot.com/2011/10/mon-initiative-devant-la-cour-dappel-de.html


  • Serpico Serpico 26 novembre 2011 17:18

    Bref, une poignée d’ambitieux enrôlent des idéalistes ou des « alimentaires » pour assouvir leur ambition.

    Cela a toujours été comme ça : il suffit de voir les partis comme ce qu’ils sont. Un moyen de grimper sur le dos des autres.

    Il n’est jamais trop tard pour s’en rendre compte et en fait, c’est vrai : il faut leur laisser la place car vous n’y pourrez rien.

    Pourquoi ? demain, quand vous aurez acquis une place dans ce sommet de Rastignac(s), vous ferez comme eux.

    Car pour y arriver, vous aurez marché sur vos principes. Sinon, pour « grimper », il n’y a pas d’autres moyens.

    Vouloir résoudre cette question, c’est s’user à trouver la quadrature du cercle.


    • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 27 novembre 2011 15:58

      C’est possible en effet. Mais dans ce cas je préfère ne pas être élu et agir autrement. Nous verrons bien. Il y a tout de même des cas (des exceptions ?) qui prouvent qu’être élu sans compromission est possible.

      Merci pour votre message,

      Amicalement

  • PAS GLOP PAS GLOP PAS GLOP PAS GLOP 26 novembre 2011 22:17

    Article 35 de la déclaration des droits de l’homme.

     Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

  • Deneb Deneb 27 novembre 2011 05:30

    Le problème des partis c’est le même que celui des légumes : sans arrosage, ils meurent. Aréva nucléaire le sait très bien : elle régnera sur la France jusqu’à ce qu’il y ait un sérieux pépin style Tchernobil. Combien d’irradiés faudra-t-il pour faire tomber ce monstre bureaucratique qui dit que la France s’écroulerait si on démantèle les centrales. Mais, vu que c’est deux fois plus compliqué de défaire une centrale que de la construire, il y aura encore du boulot pour un bon moment.

    Je voudrais un jour comprendre la différence concrète entre le PS et l’UMP. L’interprétation des chiffres ? On voit qu’ils n’ont pas les mêmes comptables, mais à part ça ?


  • Aldous Aldous 27 novembre 2011 11:34

    Merci pour cet article qui montre la mécanique à l’oeuvre.

    Il a aussi pour avantage de démontrer comment les quotas servent d’outils antidémocratiques. :

    N’étant ni à EELV, ni une femme, je suis donc dans l’incapacité totale de seulement candidater devant les militants,

    Les quotas ne sont pas démocratiques et devraient etre supprimés


    • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 27 novembre 2011 15:59

      J’avoue que les quotas sont le plus souvent un aveu d’échec. Ça ne résout pas le problème de fond et parfois, ils constituent même un artifice...


      Merci pour votre message.
      Amicalement

  • Francis, agnotologue JL1 27 novembre 2011 11:46

    « “Les barons appellent toujours à la discipline ceux qu’ils piétinent” »

    Ce titre m’évoque cette vérité ancestrale : Les riches exigent des pauvres une vertu sans faille dans tous les domaines qu’eux-mêmes ne s’imposent naturellement pas. Mais ils n’hésitent pas à traiter les demandeurs d’emploi de fainéants quand ils ne savent pas les exploiter.


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