mardi 7 octobre 2014 - par Dan

Les fractures de la mondialisation culturelle et identitaire

Existe-t-il, concrètement, un choc des civilisations ? existe-t-il concrètement une lutte des classes ? Si l'on admet qu'il existe bien ces deux phénomènes, qui à la primauté de l'une sur l'autre ? sont-elles solubles ? exclusives ? indépendantes ? 

En agitant souvent un bouc émissaire, les acteurs de la cupidité entraînent la majorité silencieuse dans ses desseins. La diabolisation fonctionne depuis l’éternité avec l’instinct de conservation (instinct de vie) qui réunit et fédère le tribalisme (anthropologique puis sociologique). Le paroxysme étant le passage à la guerre (instinct de mort) pour détruire le groupe d’en face qui va nous attaquer.(projection) La construction de l’ennemi (le diable dans l’ésotérisme religieux par exemple) étant toujours « l’autre ».

Tout en activant également, en mode moteur presque contradictoire, une quête de l’individualisme, qui va fracturer l’esprit collectif (cohésion sociale) difficilement acquise dans la douleur par la sélection et la guerre qui nous a théoriquement ressoudée impliquant un "vivre ensemble" salutaire et salvateur. Or l’esprit de groupe, tribal (l’autre est dangereux car il n’est pas comme nous et nos traditions) va aussi, malgré tout, générer une segmentation formant des castes (élites) à l'intérieur de la communauté nationale donc dans le camp a priori homogène de la tribut, formant culture. Les indidividualités forment des chapelles de pensée, par la notion d'appartenance sociale à un groupe à l'intérieur même de la communauté nationale, donc des sous groupes culturels ou cultuels. Complexité garantie du vivre ensemble : ouvrir les livres d'histoires. 
 
Beaucoup d’exemples existent. On peut prendre l’exemple de la guerre de 39/45 où les coopérations les plus improbables se sont constituées (Roosevelt- Churchill- Staline- De Gaulle) contre l’ennemi aryen devenu commun. Mais cette convergence ne dura pas. A l’image du Comité Nationale de la Résistance qui gouverna la France en France de 1945 à 1947 réunissant les différents acteurs de la résistance. Rapidement il a fallu à tout prix recréer un ennemi « commun » en inventant le terme de "guerre froide" qui ne nous concernait pas en tant que tel, pour former un bloc occidental sous label « monde libre » qui allait radicaliser la vie des partis et des nations. 
 
Partant d’un ciment collectif, on instille pour distiller des subdivisions cellulaires qui se spécialisent et se scindent comme des cellules (classes sociales) faisant éclater l’identification homogène (l’identitaire culturel et/ou religieux) comme le PGCD vers le PPCD. 
C’est le principe (inconscient ?) de la vie cellulaire qui va se reprogrammer dans l’échelle de socialisation. A haute échelle, c’est une loi presque fatale de « destruction » à l'intérieur même des civilisations qui tendent pourtant au départ vers le collectif émanant de la coopération. Ceci par ciment identitaire, les coutumes, les rites, la culture consacrée, mais aussi en poussant les groupes d'identités à l’impérialisme (conquête impérialiste militaire, ou suprématie néo-coloniale par le jeu du "libre marché"). Tout est bon... pour avoir le leader ship du jeu mondial.
Une fois « l’apogée » atteinte, l’édifice conquit se fracture puis s’écroule soit par implosion (telle la bureaucratie soviétique) soit par le système totalitaire de la cupidité perpétuant les inégalités et l'exploitation des hommes ( tels l’Empire coloniale, l’Empire culturel capitaliste américain, etc..).
L’on voit de nos jours que "l’offre intellectuelle" proposant des valeurs se meut comme des "produits" en rayon, installés dans la compétitivité par la propagande (endoctrinement) ou par la communication (formatage). 
 
La guerre économique dont il est question agit comme vecteur de compétition pour proposer "le bonheur" et va entraîner des valeurs de modernité de consommation, lesquels vecteurs se heurtent de fait sans arrêt aux notions d’expression identitaire très anciennes, y compris au XXI siècle. 
Et il y a bien, dans cette concurrence tous azimuts qui désoriente, un "choc des civilisations" qui reprend corps. Chacun y accordera son penchant affectif donc subjectif, à la quête du Graal. 
Il y a bien un dogme avec la spéculation du couple systémique : production/démographie que presque tous, tous les Etats, souhaitent en logique de développement (même de manière inconsciente). considérant bien entendu le progrès médical, le progrès scientifique et la satisfaction des besoins physiologiques comme nécessaires. 
 
Le principe d’adaptation reste entièrement à la charge de la nature. Pourquoi pas ? On compte sur elle !.. L’homme n’ayant pas de volonté réaliste marquant la dichotomie entre les besoins vitaux (du collectif) d'une part et face à la course à l’enrichissement personnel d'autre part. JP Sarte disait :..." les autres ne sont en enfer que parce que nous ne voulons pas partager nos paradis"... Et ce n’est pas la mondialisation, la robotisation optimisée du travail au rendement, l’informatisation à outrance qui détruit l’emploi et le savoir faire d'antan, par la déportation du prix du travail vers des productions esclavagistes dites " low cost" pour les plus grands profits lequels ne vont arranger le consensus et l'objectif commun : au contraire il va cliver.
 
 Les libéraux disent qu'il faut augmenter le gâteau global -mais on ne touche pas au partage tel qu'il est- les socialistes de Jaurès disent que, de toute façon, il faut partager le gâteau à chaque moment. Ces deux approches antagonistes sont un principe d'économie en raccourci. 
Aujourd'hui ou en sommes-nous ? Nous sommes à l’image du Titanic qui faisait jouer l’orchestre pendant que le bateau coulait. Beaucoup de pays modernes (surtout l'Europe du sud) sont en récession ou avec des taux de croissance nuls et un chômage record. Mais l'argent ne "coute" pas cher ! alors, faut y aller, non ?
 
En réalité, on joue dans son camp, pour sa paroisse ; les notions de mixités s’excluent les unes les autres par les acteurs eux mêmes (chiites/sunnites/israëlites aujourd'hui, catholiques/protestants de Rome et chrétiens d'orient de Bysance il y a quatre siècles). Mais, plus grave, aussi par la formation inconsciente d'un "regard ennemi" entre le monde occidental (à culture républicaine venant des Lumières et de la Révolution mais aussi -plus avant- des mixtes Héléno/ Chrétiens, voire Judaïque) face à 'Islam (qui prône la Charia par l'inspiration du Coran). Le développement de l'Islam perturbe les traditions européennes indigènes de souche, en produisant une nouvelle mixité non demandée, sauf par le capital esclavagiste, dans les villes et les quartiers. La religions Hindouiste n'étant pas monothéiste ne posent pas problème.
 
A partir du couple intégration/assimilation la société européenne change organiquement et se transforme par des transerfs identitaires, religieux, ethniques. La suprématies de raisonnements revendicatifs est perçue comme une impasse formant rejet à l'image d'une greffe d'un membre sur un autre membre. Tout n'est pas soluble dans cette affaire reconnaissons le. C'est une boucle destructrice au total car, au-delà des discours et des professions de foi, la coopération entre les hommes n’existe pas -sauf ponctuellement- dès l'instant où l'offre d'emploi n'est pas en adéquation avec la demande. C'est idem pour les logements à trouver et les écoles à batir pour l'Education Nationale qui est au centre du jeu de l'égalité des chances républicaine.
 
On le voit par ailleurs dans d'autres domaines, dans l’échec des prises en compte des analyses des experts sur l’écologie. Le souci productiviste (re-lan-cer "la croissance" ) fait fi des ressources naturelles limitées et de la pollution. Et pour quelle densité de population ?...Les catastrophes ne sont plus probables ; elles sont certaines. Tout ceci réactive des mythes, des croyances, des totems, des tabous, sur lesquels les populations exposées et souvent miséreuses vont s'appuyer. C'est le cas avec des religions monothéistes englobantes, définissant le bien et le mal tout en s’excluant les unes les autres ; ou soit par le biais des idéologies qui mettent en perspective les notions de valeurs, de juste et d’injuste ; de démocratie, de concorde républicaine.
 
Les opérations militaires internationales sont perçues par les peuples comme des agressions de l'occident voulant toujours exporter les principes de liberté et de démocratie dans des pays qui n'ont la prégnance chevillée de cette culture. Il faut admettre que le discours de l'islam véhicule le principe de la Charia en Code Civil et en mode d'organisation sociale. Il y a donc téléscopage culturel entre des modèles différents par essence. Et que chacun est maître chez soi pour organiser sa société. A cet effet, notre lecture première des révolutions arabes a été retoquée en confondant nos désirs d'exportation de démocratie, pour favoriser les échandes des multinationales, lesquelles sont dans le cheval de Troie du paquet cadeau de la démocratie.
 
Dans cette conjoncture globale des peuples nord/sud il y a nombre de facteurs de différenciation qui ne vont pas se dissiper. L'Amérique est en guerre en Afghanistan, elle retourne en Irak, en profite pour piétiner le pouvoir de Damas élu démocratiquement par le peuple, elle lorgne sur le Liban, peuple multi confessionnel mais laïc, comme la Syrie. Elle lorgne aussi sur l'Iran en piaffant d'impatience en espérant que son peuple s'en charge. On peut toujours rêver...
Le délire des djihadistes de l'E.I, et le comportement raciste et fanatique des moudjahidins vient jeter de l'huile sur le feu sur l'expression de l'Islam, donc de tous les musulmans, qui se trouvent de fait "récupérés" peu ou prou au projet moyen âgeux qui réapparait soudainement, dans une lutte civilisationnelle, surprenant tous le monde.
 
Pour le coup, ce message porte un coup dommageable à la lutte légitime des résistants palestiniens (qui eux ne sont pas des terroristes comme on le dit) pour la libération des territoires occupés depuis 1967. Les faucons d'Israël ayant beau jeu de dire : "voyez ce qui se passe avec l'Islam radical, le Hamas c'est pareil". Alors que ce n'est en rien le problème de fond bien entendu. Mais c'est un faux nez de dire cela. Eh hop ! le tour est joué, cela est à nouveau reporté aux calendes grecques...
 
Comme si cela ne suffisait pas, l''OTAN pousse le jeu diabolique de la guerre civile en Ukraine afin de liquider les vélléités des séparatistes du Dombass région proche des Russes qui ne veut pas l'assimilation avec Kiev. Les américains ne démordent pas du projet d'implantation rapide de l'OTAN, comme ils l'avaient réussi à la longue, au Kosovo, devenue première base américaine mondiale en Europe. Ceci en échange de la reconnaissance d'un état amputé à la Serbie, sans autre forme de procès. L'amérique puissance colonialiste militaire à beau jeu dans les balkans capitalisant déjà la base du Kosovo, les bases de la Turquie historiquement rattachées à l'OTAN depuis la guerre froide. Si l'on ajoutait l'Ukraine le grenier à blé de la Russie, cela ferait une belle petite ceinture à ogives nucléaires sous le nez de Poutine. Mais la Russie n'est pas prête à s'en laisser compter et encore moins à se laisser faire. C'est l'existence même du nationalisme russe qui est concerné. Ils céderont sur un arrangement mi figue avec Kiev sur le Dombass, sans doute, mais cela n'ira pas plus loin. Voilà donc un contexte international extrèmement instable comme il ne l'a jamais été sans doute. Dans cette configuration on s'aperçoit que Hollande s'est empressé de se mouvoir en Blairiste, du jamais vu en politique francaise.
 
Cet ensemble de cartes rebattues n'est pas de bon augure pour la paix des peuples.
 

 



4 réactions


  • politzer politzer 7 octobre 2014 16:29

    bonjour 


    «  C’est l’existence même du nationalisme russe qui est concerné. Ils céderont sur un arrangement mi figue avec Kiev sur le Dombass, sans doute, mais cela n’ira pas plus loin.  » 
    Vite dit ! tout dépend du rapport de force politique en Russie . Les pro occidentaux sont à acheter et prêts à vendre tout comme Hollande.
    Faut pas prendre ses désirs pour la réalité ! lol Mais cela dit je suis UN PEU d accord avec une partie du texte .

    • lsga lsga 7 octobre 2014 18:00

      ce qui est rigolo :


      En France, les anti-occidentaux accusent les russes pro-occidentaux d’être à la botte de la CIA. (ce que Politzer vient de faire)
      En Russie, les anti-poutines accusent les européens anti-occidentaux de travailler pour Poutine. 

      Dans tout ça, il est vrai que l’extrême droite français est financée par Poutine, il est vrai qu’une partie des anti-poutines russes sont financés par les occidentaux ; mais surtout, il est vrai qu’il faut dégager la Bourgeoisie Occidentale, et dégager la Bourgeoisie Russe. 

      Vous qui parlez tout le temps de NWO, je ne comprends pas que vous ne compreniez pas que Obama, Merckel et Poutine marchent main dans les main et provoquent volontairement des conflits comme le conflit ukrainien. 

      Vous qui choisissez un camps contre un autre, vous êtes les dindons de la Farce. C’est toute l’Oligarchie Mondiale qu’il faut renverser, Poutine compris. 

  • Ruut Ruut 8 octobre 2014 08:18

    Il faut apprécier ce que nous avons et non désirer ce que nous n’avons pas.


  • philouie 8 octobre 2014 08:49

    Vous dites :

    Le principe d’adaptation reste entièrement à la charge de la nature. Pourquoi pas ? On compte sur elle !.. L’homme n’ayant pas de volonté réaliste marquant la dichotomie entre les besoins vitaux (du collectif) d’une part et face à la course à l’enrichissement personnel d’autre part

    Effectivement, si l’homme n’a pas de volonté réelle et qu’il abandonne la partie à la nature, alors la solution ne peut venir que par la violence - naturelle. L’ultra-violence du monde occidental à son origine dans ce défaitisme.

    Or les moyens existent, ce sont ceux de la religion.


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