mercredi 12 juin - par roman_garev

Les plus gros problèmes résolus dans le monde

Par Dmitry Orlov – Le 4 juin 2019 – Source Club Orlov

Il y a cinq ans, lorsque Angela Merkel – à l’époque leader respecté de la plus grande économie de l’Union européenne – a été interviewée au sujet des plus grands problèmes auxquels le monde était confronté, elle a estimé qu’il s’agissait des trois suivants :

  • Annexion de la Crimée par la Russie
  • Épidémie d’Ebola
  • ISIS en Syrie

Je suis heureux de vous annoncer qu’au cours de la période qui s’est écoulée, les trois problèmes les plus importants auxquels Mme Merkel était confrontée dans le monde ont été résolus et qu’elle peut maintenant prendre sa retraite en paix. Ironiquement, aucun d’entre eux n’a été résolu par elle, son gouvernement, sa nation, l’UE ou l’Occident dans son ensemble.

Après que la rhétorique entourant la Crimée se soit calmée, il s’est avéré que les habitants de Crimée eux-mêmes ont voté à une écrasante majorité pour rejoindre la Russie alors que la Russie n’a fait qu’accéder à leurs demandes légitimes. Les Tatars de Crimée – une minorité importante – sont particulièrement heureux maintenant que leur langue est devenue l’une des trois langues officielles, rejoignant le russe et l’ukrainien. Entre-temps, la rhétorique des médias occidentaux est restée la même, mais les faits qui la sous-tendent se sont révélés nuls et non avenus. L’emploi du terme « annexion » est particulièrement dépourvu de faits pour étayer son emploi : en droit international, l’annexion exige le recours à la force ; l’annexion volontaire n’a pas même de sens. Bien que l’expression « annexion de la Crimée » soit encore entendue dans les médias occidentaux, elle sonne creux parce que le problème numéro un mondial a ainsi été résolu. Alors, qui l’a résolu ? Humm… Les Russes ?

Le virus Ebola est connu depuis 1976 mais a gagné en notoriété en 2014 lorsque 2258 cas d’infection Ebola ont été enregistrés en Guinée Équatoriale. Plus tard, l’épidémie s’est étendue au Liberia et à la Sierra Leone, pays voisins, mais c’est à ce moment-là que les médias occidentaux ont commencé à intensifier leur campagne de peur, affirmant qu’une pandémie d’Ebola était sur le point d’envahir le monde. L’explication de ce démarrage fulgurant a rapidement suivi et a été proposée librement par ses principaux bénéficiaires : deux sociétés pharmaceutiques occidentales, la multinationale américaine Merck et la britannique THK GlaxoSmithKline. Par un heureux hasard, ces deux entreprises ont développé et stocké des quantités massives de leurs vaccins Ebola respectifs, juste à temps pour la campagne de peur. L’efficacité de ces vaccins s’est avérée très faible, mais ils en ont vendu beaucoup quand même.

Et puis, au plus fort de l’épidémie, un grand groupe de spécialistes est arrivé, a installé des hôpitaux de campagne et a mené une opération massive, parcourant toute la région affectée à la recherche de signes d’infection. En peu de temps, ces spécialistes ont mis au point un nouveau vaccin, Gam-Evac Combi, qui s’est révélé plus efficace que les vaccins américains ou britanniques. L’épidémie a rapidement pris fin. C’est à ce moment-là que tout l’épisode a disparu des médias occidentaux. Mais il aurait été très intéressant d’en savoir plus. Par exemple, l’épidémie était-elle spontanée ou son point zéro a-t-il été choisi spécifiquement ? Des militants ciblant des équipes médicales occidentales ont été signalés dans la région touchée ; commençaient-ils à se douter de quelque chose ? De toute façon, d’où venaient ces autres spécialistes non-occidentaux et qui ont mis au point le vaccin Ebola efficace ? Qui étaient-ils ? C’était… les Russes, encore.

Cinq ans plus tard, la situation en Syrie était en effet catastrophique : ISIS, ou le califat islamique, avait pris le contrôle d’une grande partie du pays, terrorisant les populations locales et menaçant le reste du pays. Mais ensuite…. J’irai droit au but cette fois, la Russie est intervenue. Elle a transformé le meurtre de terroristes en un merveilleux exercice d’entraînement pour ses militaires. Au cours des années suivantes, plus de 63 000 militaires russes, dont 25 000 officiers et plus de 400 généraux, ont été affectés en Syrie. Les forces aériennes et spatiales ont effectué 39 000 sorties, détruisant 121 466 cibles ISIS. L’aviation de transport a livré 6 077 tonnes d’aide humanitaire par parachute. Sur le terrain, 1 220 médecins et 10 équipes médicales spécialisées ont fourni des soins médicaux à 88 318 Syriens. Si vous l’avez remarqué, les médias occidentaux ne mentionnent pratiquement plus ISIS ; c’est surtout parce qu’il n’existe plus. Bien que les Syriens et les Iraniens aient fait beaucoup pour aider, la Russie peut s’attribuer la majeure partie du mérite. (Les États-Unis peuvent s’attribuer le mérite d’avoir détruit la ville syrienne de Raqqa, où il y avait beaucoup de civils, mais dont ISIS était largement absent à l’époque).

Peut-être Mme Merkel aurait-elle l’amabilité de proposer une nouvelle liste des problèmes les plus importants auxquels le monde est confronté… pour que la Russie les résolve ? Ou peut-être devrions-nous commencer à ignorer les bruits émis par les politiciens occidentaux et les médias de masse sur ce sujet des plus grands problèmes du monde parce que, voyez-vous, nous pouvons dire quel est le plus grand problème du monde sans leur aide : ILS sont le problème.

Dmitry Orlov

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

2 liens sur Ebola et le rôle de la Russie



21 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 12 juin 12:54

    Merkel et Poutine n’ont pas le même sens de l’humour !


    • troletbuse troletbuse 12 juin 17:09

      @Séraphin Lampion
      Elle n’a pas ri parce qu’elle sait que dans un pieu, elle ferait plutôt débander son amant  smiley


    • V_Parlier V_Parlier 12 juin 22:52

      @Séraphin Lampion
      Le traducteur a pris d’énormes libertés avec cette blague de Poutine. Ce qu’il a dit réellement est : « Quelle que soit la façon dont vous vous comportez durant la nuit de noces, le résultat sera finalement le même ». Le sens est proche mais c’est tout de même beaucoup moins vulgaire.


  • Julien S 12 juin 13:20

    Tout ceci est très bien ; il ne reste plus à la Russie qu’à régler le problème de la démographie africaine. 

    Il urge que la Russie peuple la Sibérie quasi-vide avant que la Chine ne s’en charge sans lui demander la permission. La Russie peut inviter deux à trois milliards d’Africains dans ces espaces immenses. 

    L’intervention russe en Syrie m’a réjoui en ce qu’elle a enfin permis au Tupolev 95, la quasi-contrepartie du B-52, de recevoir un baptême du feu que son cousin étasunien avait connu un demi-siècle plus tôt ! 


    • roman_garev 12 juin 14:24

      @Julien S
      « Il urge que la Russie peuple la Sibérie quasi-vide avant que la Chine ne s’en charge sans lui demander la permission. La Russie peut inviter deux à trois milliards d’Africains dans ces espaces immenses. »
      Deux fables bien-aimés des soi-disant bienveillants dans les cas où ils n’ont rien à médire sur le sujet de l’article.
      Primo, la Chine a elle-même des espaces immenses quasi-vides sur la grande partie de son territoire sauf des régions surpeuplées du sud. Quoique le climat y est bien meilleur pour les Chinois que celui de la Sibérie, ils ne se dépêchent guère de les peupler. C’est sans parler de la puissance russe nucléaire de dégoûter n’importe quel agresseur potentiel.
      Secundo, les Africains ne survivront pas en Sibérie. D’autre part, la Russie a d’autres chats à fouetter que d’abriter, de chauffer et de nourrir des ordes des fainéants. Ceci revient à l’Allemagne et à vous autres du péninsule européen. Bonne chance.


    • Julien S 12 juin 16:26

      @roman_garev
      .
      C’est curieux, vous n’étiez pas jusqu’à présent familier des fautes d’orthographe ni des maladresses syntaxiques (je dénombre trois de chaque).
      Le fonctionnaire de la propagande sous le déguisement « Roman Garev » a-t-il été changé ? L’ancien a-t-il pris le chemin que je recommande aux Africains ? 


    • V_Parlier V_Parlier 12 juin 22:57

      @Julien S
      Il est vrai que vous n’êtes probablement pas fonctionnaire. Vous seriez plutôt un agitateur freelance. C’est plus tendance de nos jours, ça fait moins ringard et ça fait plus américain smiley


  • foufouille foufouille 12 juin 14:17

    ben oui, la médecine n’est pas magique ni interdite aux russes, chinois, cubains, etc.

    Demain, il est aussi possible qu’un médecin africain ou sud américain fasse une grande découverte ..............


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 12 juin 15:01

    Traduit de l’anglais, car Dimitri Orlov vit et pense aux USA.

    La dissidence trouve des moyens surprenants pour s’exprimer, et la critique la plus vigoureuse du monde occidentale se produit, s’exprime, et se diffuse.... depuis le monde occidental.


  • Pierre 12 juin 15:32

    Reste tout de même savoir si Neymar a violé la pétasse au portable fantôme !


  • alinea alinea 12 juin 15:51

    Bel humour jubilatoire !


    • Julien S 12 juin 16:32

      @alinea
      .
      Ignorez-vous que la Russie soutient avec conviction le nucléaire et, pire que tout, continue à étudier la surgénération ? 


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 13 juin 09:26

      @Julien S

      Tout est bon dans le Poutine, et ses plus fervents défenseurs, ici, l’admirent d’autant plus qu’il est loin.

      Alors, pourquoi des militants anti nucléaires de France ne pourraient pas regarder Poutine avec les yeux de l’amour ?

      Je vous le demande.
      Arrêtez un peu d’être mesquin avec vos remarques smiley


    • alinea alinea 13 juin 09:42

      @Julien S
      Ignorez-vous que le nucléaire est mort en France ? il n’y a pas une semaine !!


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 13 juin 11:31

      @alinea

      et on fait quoi à la place ?


    • alinea alinea 13 juin 16:37

      @Olivier Perriet
      on regarde comment font les autres, et on évite le gaspillage, on huile son coude, on cherche et on trouve plein de trucs déjà esquissés
      vous voulez que je vous raconte la vie en Biélorussie ? le programme ETHOS ?
      non, vous avez raison, restez devant votre télé.


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 14 juin 15:32

      @alinea
      Vous voulez que je vous raconte la vie en Biélorussie ?


      Pourquoi pas, on en parle si peu. On en parle tellement peu que j’ai été bien surpris lorsque j’ai su que la Biélorussie ne reconnaissait pas le rattachement de la Crimée à la mère patrie. Comme quoi.

      Quand aux trucs merveilleux déjà esquissés, c’est un peu faible :
      j’ai pas envie d’une pénurie géante parce que le truc déjà esquissé s’avère épouvantable en pratique.


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