jeudi 15 décembre 2016 - par guylain chevrier

Les primaires contre les partis, symptôme d’une crise profonde de notre démocratie

Pascal Perrineau, professeur à Sciences po, parle dans le Figaro1 d’une « crise de régime », qui ressortirait de l’avènement des primaires à gauche comme à droite. Elles participeraient à la présidentialisation du régime, le présidentiable issu des primaires choisissant seul comment il entend finalement gouverner, dépossédant ainsi les partis de leur rôle démocratique essentiel de promoteur de projet. Les candidats hors primaire sortis d’aucun parti, comme Macron ou Mélenchon, tirent profit de cette situation où le parti s’efface derrière son candidat, qui leur donne une légitimité qu’ils n’attendaient sans doute pas, bien que peut-être éphémère. Si on peut convenir de cette analyse des primaires avec Pascal Perrineau, il laisse de côté un fait qui résume à lui seul l’ampleur du malaise, et l’état de notre démocratie. 

Ces primaires, à être ouvertes à tous les électeurs, ont retiré toute prépondérance des adhérents des partis organisateurs sur le vote. Le choix de leur champion leur a ainsi largement échappé. Mais bien au-delà, cela s’est traduit par la participation à ces primaires d’environ 20% d’électeurs de gauche et 10% d’électeurs du FN, qui sont venus eux choisir le meilleur candidat de droite capable de faire gagner le leur. A gauche, voire à l’extrême gauche, on a choisi de voter Juppé ou Fillon pour faire battre Sarkozy, et même un peu plus Fillon, qui avec son programme très droitier a été pressenti comme vecteur de remobilisation d’une gauche divisée et malade d’avoir gouverné ; Et au FN, on a plutôt voté pour un Juppé plus facilement prenable qu’un Sarkozy ou un Fillon sur la question de l’immigration et de l’intégration, quoi que la victoire de Fillon, très antisocial dans ces primaires, pouvait apporter de l’eau au moulin du programme frontiste présenté comme défendant le modèle social français...

Lorsque Thierry Solère, qui a organisé les primaires de la droite et est aujourd’hui le porte-parole de François Fillon, explique sur France info que ce dernier « a été choisi largement par les Français », pour lui donner une plus grande légitimité, on voit bien la dérive. Il élimine toute idée de référence au choix de ce candidat par un parti ou une coalition de partis. Mais en ayant ouvert ces primaires à tout ceux qui le veulent, est-on bien assuré d’avoir donné plus de légitimité à l‘élu ? Rien n’est moins sûr.

On constatera avec Pascal Perrineau, qu’en inventant les élections primaires pour tenter de répondre à la crise des partis, ce processus a accentué celle-ci. Il s’agit donc ici de savoir, lorsqu’on constate que « le mécanisme de l'élection primaire pour choisir le candidat à l'élection présidentielle a réussi sa greffe sur le système politique français »1, si cela constitue une avancée ou non pour la démocratie. A bien y regarder, il en va plutôt d’une sorte de désarroi généralisé. Les primaires ont permis à ce désarroi en quelques sorte de s’exprimer, à travers ce jeu de massacre du « qui perd gagne », à l’aune de ce mélange improbable d’électeurs de droite, de gauche et d’extrême droite. Les apports d’électorats étrangers aux primaires de la droite font symptôme avec une certaine gravité, même si cela a pu être assez jouissif pour certains électeurs de gauche, que d’aller signer une « Charte de l’alternance » valant adhésion aux valeurs de la droite, pour voter contre la capacité de cette dernière à gagner l’élection présidentielle. Une attitude qui depuis déjà plusieurs élections a été précédée par un vote massif par défaut des électeurs. Un vote par défaut qui s’est traduit dans les faits, par voter pour un candidat uniquement contre un autre, sur le mode démoralisant du moindre mal.

On voit là passer un cran encore, non seulement dans la crise des partis, mais de la démocratie représentative elle-même, par ce mécanisme pré-sélectif qui entend jeter encore un peu plus d’enfumage sur une situation de désaffection croissante du politique. L’incapacité à proposer une offre politique susceptible de redonner un sens d’intérêt général aux partis, les faits apparaitre de plus en plus comme éloignés de la faculté à promouvoir une réponse aux préoccupations primordiales, économiques et sociales, des citoyens. Après avoir été discrédités par une démocratie réduite depuis plusieurs échéances électorales au choix du meilleur gestionnaire, ils le sont à présent par un mode de désignation qui leur fait perdre leur fonction essentielle.

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A l’article 4 de notre Constitution, il est écrit : « Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. (….) Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. (…) La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. » Les partis politiques par la fonction qu’ils occupent ont pour rôle de promouvoir la démocratie. Mais respectent-ils bien la démocratie lorsqu’ils organisent des primaires qui ne les respectent plus dans leur propre fonction ?

Ce ne sont donc pas nos institutions qui sont en crise mais les partis politiques, la façon dont ils évoluent à travers des primaires les ramenant à l’unique rang de staff d’une écurie présidentielle écrasant tout. Ils perdent ainsi leur fonction de mobilisation des citoyens dans l’organisation d’une démarche projet dont le candidat ne devrait être que le promoteur, de la base vers le sommet. Cette évolution renforce une compétition entre des candidats jugés sur leurs compétences personnelles et leur programme de gouvernement, au lieu de le faire sur des projets de société touchant au fond, seuls susceptibles de poser les termes d’une réorientation politique dont la France a le plus grand besoin. Attention que nous n’allions pas, à l’ignorer trop longtemps, vers une véritable crise des institutions qui nous entrainerait sur des pentes aventureuses. Ne serait-il pas temps de montrer la voie vers autre chose que la grisaille de Bruxelles et de Merkel, le capitalisme dé-régulateur ultralibéral et son théâtre d’opération, la mondialisation, comme fin de l‘histoire ?

Ce processus de pré-désignation que partagent les deux courants politiques de l’alternance gouvernementale, neutralisant le rôle démocratique des partis politiques dans l’élection présidentielle, en font plus que jamais la cible de l’accusation d’UMPS par un FN se présentant comme antisystème. Par-delà les sondages et les sondés, au traitement plus ou moins sûr des opinions, fréquemment déjoués par les électeurs, il n‘a jamais autant été en position de risquer de l’emporter. Il faudra plus que se prévaloir de primaires, pour déjouer ce scénario catastrophe, et gagner.

Les partis politiques sont apparus au tournant du XXe siècle, avec pour point de départ le Parti radical en 1901. Ce fut l’aboutissement d’un long processus, qui a vu le remplacement des révoltes violentes jusque là seules capables de faire entendre la voix du peuple, par l’expression libre des sensibilités politiques à travers le système des partis, credo de la démocratie représentative. Il en a résulté une certaine pacification des mœurs en politique, jusqu’à la création du parti communiste en 1920, qui tout en se donnant pour objectif la dictature du prolétariat et donc la fin de la démocratie, procurait contradictoirement à ce système en y entrant, toute sa légitimité. Ne nous étonnons donc pas des périls qui montent, à partir du moment où on s’écarte de cette doctrine qui a ses fragilités. On ne saurait oublier trop longtemps que selon Jean-Jacques Rousseau, le contrat social ne peut tenir qu’à la condition que l’obéissance à la loi vienne du fait que le citoyen en soit l’auteur, ou qu’il ait, tout au moins, le sentiment fondé d’y participer. 

 

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1-Pascal Perrineau, Les primaires changent la nature du mandat présidentiel, Le Figaro. Publié le 13/12/2016

 

Guylain Chevrier



28 réactions


  • Séraphin Lampion Jeussey de Sourcesûre 15 décembre 2016 09:39

    Les sophistes sont capables de démontrer le contraire du réel.

    La primaire « de la droite et du centre » a été organisée par le parti LR pour affaiblir les candidat hors jeu comme Bayrou.
    La primaire de la « gauche » a été organisée par le PS (dès 2012) pour marginaliser les « petits candidats ».
    Ce stratagème copié sur les états-unis vise au contraire à renforcer les appareils et rendre inaudibles les discours de ceux qui ne sont même plus relayés par les médias.
    Le but des primaires est d’imposer la fausse alternance garantissant au 1% d’avoir toujours à la tête du pays des décideurs qui imposeront des mesures favorables à la consolidation de leurs fortunes.
    Cette imposture n’est pas terminée : ceux qui se présentent comme anti-système font aussi partie de la combine. Les choix de personnalités que Trump est en train de faire montrent bien que ce système est en train de serrer les boulons.

    • alinea alinea 16 décembre 2016 10:49

      @kader
      Mélanchon a toujours... ? Une fois ! par un choix démocratique contraint !


    • Francis JL 16 décembre 2016 11:05

      @alinea Kader,

       
       Merci aux amis d’Asselineau de taper si dur sur Mélenchon : ça me conforte dans ma conviction que celui qu’il nous faut.
       

  • Victor 15 décembre 2016 09:46

    Les « chances pour la France » du valet du Medef La Baudruche dit « le receleur régularisateur des trafics négriers des mafias » (qui veut se faire plus grosse que le Flanby...)
     
    détruisent les écoles de Marseille
     
    et ces hordes de crétins n’ont pas besoin de démocratie,
    juste un Roi Nègre corrompu bonniche de l’oligarchie mondialiste, grand maître de sa loge maçonnique (comme toute la gogoche)
     
    1/3 du budget des écoles de Marseille consacré aux réparations
    (inutile ! privatisons l’école ! toute société multiculturelle est sans réel contrat social, c’est l’objectif de gogoche)


  • fred.foyn 15 décembre 2016 09:50

    Les primaires ne sont que la vitrine de la dégénérescence de l’humanité incapable d’union..Mais en politique...what else ?


  • MagicBuster 15 décembre 2016 09:54

    Après avoir déclaré la guerre au nom de la paix ...

    Après avoir défendu le burkini au nom de la liberté ...

    Après avoir accueilli des milliers de terroristes au nom des droits de l’homme ...

    => Il ne faut pas s’attendre à un résultat mitigé.


  • Alpo47 Alpo47 15 décembre 2016 09:57

    Pour qu’il y ait dégénérescence de la démocratie,il faudrait d’abord qu’il y ait un système vraiment démocratique. Ce n’est absolument pas le cas, on l’a dit et démontré des milliers de fois ici.
    Par ailleurs, ce qui s’effondre, c’est la crédibilité des partis et des hommes politiques. Qui croit encore leur programme, leurs déclarations d’intention ? Quasiment plus personne. Mais le « story telling » doit continuer, malgré les démonstrations quotidiennes de son échec.
    Et si le système resserre les boulons, c’est pour tenter de se prémunir contre un « réveil » des peuples qui le rejette de plus en plus.
    Mais ils vont échouer, il y a tellement de paramètres incontrôlables.


  • devphil devphil 15 décembre 2016 11:31

    « Lorsque Thierry Solère, qui a organisé les primaires de la droite et est aujourd’hui le porte-parole de François Fillon, explique sur France info que ce dernier « a été choisi largement par les Français », pour lui donner une plus grande légitimité, »


    Un grand monsieur ce Solere avec son ami Karoutchi .... ! 


  • Francis JL 15 décembre 2016 11:50

    ’’Les partis politiques par la fonction qu’ils occupent ont pour rôle de promouvoir la démocratie. Mais respectent-ils bien la démocratie lorsqu’ils organisent des primaires qui ne les respectent plus dans leur propre fonction ?’’

     
     Vous voulez dire que les primaires empêchent les partis d’exercer leurs fonctions ? Vous pourriez préciser ?
     
     
     ’’Cette évolution (les primaires) renforce une compétition entre des candidats jugés sur leurs compétences personnelles et leur programme de gouvernement, au lieu de le faire sur des projets de société touchant au fond, seuls susceptibles de poser les termes d’une réorientation politique dont la France a le plus grand besoin.’’ 
     
     De fait, vous touchez là à la question développée par Alain Deneault et dont on peut prendre connaissance dans l’article que j’ai posté cette semaine : ’gouvernance et médiocratie’ 
     
     Les candidats qui se présentent aux primaires répondent à la même question que celle que JPF pose à chacune des miss : ’’Pourquoi pensez vous qu’on devrait vous choisir comme Miss France ?’’
     
     Leur programme de gouvernement c’est la bonne gouvernance. Et c’est leur aptitude à faire une bonne gouvernance qu’ils vont essayer de vendre dans ces primaires. La gouvernance dont on sait que la meilleure est celle qui s’approche le plus près possible du niveau zéro de la politique. Et c’est pourquoi on peut dire que la gouvernance est le règne de la médiocratie politique. 

    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 15 décembre 2016 21:17

      @JL
      Meuuuuh non ! La bonne gouvernance est gravée dans le marbre des Traités européens, qu’ils se gardent bien de citer...
      C’est depuis 1992, et Maastricht, le Pacte de stabilité et de croissance :


      "Orientations détaillées sur la manière dont la Commission européenne appliquera les règles existantes du pacte de stabilité et de croissance pour renforcer le lien entre les réformes structurelles, l’investissement et la responsabilité budgétaire à l’appui de la croissance et de l’emploi.« (...)

       »Suivi de l’application : Les pays qui ne respectent pas les règles des volets préventif et correctif du pacte de stabilité et de croissance risquent de se voir infliger des sanctions.

      Pour les États membres qui ont adopté l’euro, ces sanctions peuvent prendre la forme d’avertissements et, en dernier ressort, de sanctions financières, dont des amendes pouvant aller jusqu’à :

      • 0,2 % du PIB s’ils ne respectent pas les règles du volet préventif ou du volet correctif, ou
      • 0,5 % du PIB s’ils enfreignent à plusieurs reprises les règles du volet correctif. En outre, tous les États membres (à l’exception du Royaume-Uni) peuvent faire l’objet d’une suspension des engagements ou des paiements des Fonds structurels et d’investissement de l’UE (par exemple, le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen, le Fonds de cohésion, le Fonds européen agricole pour le développement rural et le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche)." (...)

      Les primaires servent d’écran de fumée pour éviter d’expliquer qu’ils ont tous la même feuille de route à appliquer, les GOPé, les Grandes orientations de Politique économique.


    • Francis JL 16 décembre 2016 09:22

      @Fifi-brindacier

       
       désolé, ma question était adressée à Guylion Chevrier ?

  • soi même 15 décembre 2016 15:13
    Les primaires contre les partis, symptôme d’une crise profonde de notre démocratie.

    Tous semblent converger pour que l’on vote l’improbable, les dernières déclarations de

    Jean-Claude Juncker comfirme que notre campagne électorale est téléguidé depuis Bruxelles :(Jean-Claude Juncker « portera le deuil » si Marine Le Pen est élue présidente en 2017 )

    Comme message subliminal l’on ne fait pas mieux.


  • Fergus Fergus 15 décembre 2016 15:15

    Bonjour, guylain

    Je ne suis pas sûr que le système des primaires soit une mauvaise chose. Comment d’ailleurs penser cela si l’on se réfère à ce qui se passait naguère lorsque le candidats étaient désignés dans l’arrière-cuisine des partis sous la pression occulte des décideurs industriels et financiers ? Cette solution était à l’évidence la pire ! Entretemps, nous avons eu droit à des primaires a priori plus équitables car ouvertes aux seuls militants. Mais là encore, le système n’était pas parfait car il mettait le choix entre les mains des plus sectaires, et ouvrait de surcroît la porte à des manipulations d’adhérents. C’est pourquoi je pense que le système actuel, malgré ses défauts, est le moins mauvais !

    « cela s’est traduit par la participation à ces primaires d’environ 20% d’électeurs de gauche et 10% d’électeurs du FN, qui sont venus eux choisir le meilleur candidat de droite capable de faire gagner le leur. »

    Faux ! La plupart des électeurs de gauche qui ont participé aux primaires de la droite l’ont fait, comme moi, pour écarter Sarkozy, eu égard à ses insupportables casseroles judiciaires qui le rendaient indigne de postuler à un 2e mandat ! S’il y avait eu vote pour l’adversaire le meilleur pour un candidat de gauche, c’est bien évidemment Sarkozy qui en aurait bénéficié.


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 15 décembre 2016 21:33

      @Fergus
      dans l’arrière-cuisine des partis sous la pression occulte des décideurs industriels et financiers ? Cette solution était à l’évidence la pire !

      Les décisions essentielles ne sont plus prises en France.
      C’est la Commission européenne qui a l’initiative des lois.
      Et elle passe 90% de son temps avec les lobbies industriels.
      Exactement ce que vous décrivez.


      Dans un tel système, la question des personnes est secondaire, ils feront tous la même politique !


    • soi même 16 décembre 2016 00:24

      @Fifi Brind_acier, salut la fachotte, je t’es laisse un commentaire sur votre dérnière intervenions.


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 16 décembre 2016 08:10

      @soi même
      Avec le programme du CNR, élaboré par les Communistes et les Gaullistes, l’ UPR est facho ?
      Allez vous recoucher !


    • soi même 16 décembre 2016 11:59

      Se n’est de l’UPR qu’il s’agit mais bien de vous.... !


  • Gabriel Gabriel 15 décembre 2016 16:05

    C’est pas des primaires c’est déprimant...


  • izarn izarn 15 décembre 2016 16:34

    Pourquoi vous illustrez avec la photo de mafieux ?
    On dirait « Le parrain »....
    Pas de commentaire sur les ripoublicains.
    Pour moi c’est classé trou des WC....
    Rien à branler.


  • Vercassivellaunos Vercassivellaunos 15 décembre 2016 16:39

    Aucun de ces partis ne représente pour moi la grandeur de la France, il est loin le temps des Guizot, Thiers, Montesquieu, Colbert...
    Je vois mal la France sans ses grands hommes.
    La France croule sous les dettes, la sécurité provoque un grave déficit économique, nous avons trop de fonctionnaires, les aides sociales crée un gouffre, les français ne travaillent plus, un vrai travail c’est 48 H par semaines....


  • guylain chevrier guylain chevrier 16 décembre 2016 01:21

    Il ne faut pas se tromper sur cette analyse. Nous ne sommes pas aux Etats-Unis où l’alternative en faveur de la transformation sociale ne peut sortir des urnes, le système de l’élection indirecte avec primaires ferme toute possibilité de changement réel de pouvoir. Nos institutions elles, permettent ce changement, c’est bien ce pour quoi on a cru voter en élisant en 1981 François Mitterrand, sur un programme anticapitaliste, qui a dans un premier temps tenus ses promesses puis, est rentré dans le rang. Ce qui dans son cas était écrit par avance. Ces velléités de transformation sociales restent dans l’ADN du peuple français dans le prolongement de 1789, c’est un fait, et c’est bien pour cela qu’il n’y pas pays au monde où on y manifeste plus. Il y a aussi des forces de progrès aujourd’hui éparpillées et divisées qui, à certaines conditions, pourraient bien amener une toute autre alternative que celle de la droite ou du PS.Tout espoir n’est donc pas perdu, à condition de ne pas réduire les partis politiques à de simple soutiens à des personnalités en vue, qui ne rendent de comptes finalement qu’à elles-mêmes.


    Concernant les primaires en France, le problème n’est pas tant les primaires mais le fait qu’elles soient ouvertes, et tentent de passer pour une présélection renforçant la démocratie, alors que ce procédé tue le rôle attribué aux partis dans nos institutions. Ils sont censés jouer un rôle d’aiguillon et de contre-pouvoirs, raccordant le peuple au politique dont il est la source du pouvoir à travers l’élaboration de projets dans lesquels il puisse se reconnaître. Avec les primaires, il n’est question que de concours entre des pseudo-champions, avec une personnalisation de l’élection qui seule compte, les programmes passant après, et qui ne sont discutés par personne, pas même par les adhérents des partis concernés. Il y a là un grave problème de démocratie et d’expression paroxystique de la crise de régime dont parle Pascal Perrineau. 

    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 16 décembre 2016 08:08

      @guylain chevrier
      Mais de quels programmes parlez-vous ? C’est du pipeau pour les gogos !
      Il est interdit d’élaborer des programmes de politique intérieure.


      Junker « Il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les Traités européens. »

      En l’absence de « choix démocratiques », ce sont les Traités européens qui s’appliquent.

      L’Europe a 70 ans, il faudrait peut-être vous réveiller....


    • Armelle Armelle 16 décembre 2016 09:20

      @Fifi Brind_acier
      Les traités européens sont ce qu’ils sont, mais pas plus destructeurs de démocratie que les politiques intérieures !!! C’est une vision déformée car finalement vous ne semblez pas voir l’impact de la concordance des événements ayant positionné dans le temps l’impact des traités à la fin des trente glorieuses !!! Une période charnière ouvrant sur des problématiques insolubles par aucune gouvernance quelle soit de gauche de droite du centre ou d’ailleurs.
      Or le seul point commun à tous les courants politiques tenus en échecs est justement cette notion de gouvernance autocratique quelle soit Française ou Européenne. Le mal commun est indiscutablement l’interventionnisme d’état et/ou d’états dont on considère à tort d’ailleurs qu’il est insuffisant quand les problèmes persistent alors qu’il les créé par nature !!!
      Par exemple je suis horrifiée par le dernier rapport du collectif « morts dans la rue » qui fait état de 497 sdf morts dans la rue en 2015, après 3 années de socialisme dont le but originel, rappelons le est d’obtenir l’égalité sociale, ou du moins une réduction des inégalités !!! C’est une véritablement lamentable et j’ai honte de cette catégorie d’individus votant à gauche pour constater de tels résultats. Se donner bonne conscience à travers un bulletin de vote ne suffit pas, le constat le prouve haut la main, c’est juste bon pour les bobos collabos et les gauchistes atteints de jalousie chronique et maladive 
      Autre exemple qui consiste à mettre en avant l’irresponsabilité de cette même gouvernance face au besoin le plus vital de l’humain qu’est de se nourrir et qui finalement est assuré par des actions privées comme celles des restos du coeurs
      La notion d’état détruit tout, et vous pouvez imaginer tous les programmes politiques que vous voudrez, d’aucun ne saurait régler les problèmes que nous affrontons depuis des décennies
      C’est une vue de l’esprit qui exclue TOUS les principes naturels liés à l’humain, le premier étant la LIBERTE.


  • Elliot Elliot 18 décembre 2016 12:27

    Les Français ont profondément ancrée dans leur atavisme le souci de la verticalité du pouvoir. 

    Et ce ne sont pas les nouveaux Français imprégnés de valeurs patriarcales qui vont changer la donne.
    La révolution a certes coupé la tête du dernier roi mais bien vite le besoin s’est de nouveau fait sentir d’un chef, un chef qui ne discute pas, qui décrète et qui impose.

    Les Français consentent parfaitement à être dirigés à coup de pied au cul : ils en redemandent même et d’ailleurs ils ont tendance à sanctionner ceux qui ont la faiblesse de leur demander leur avis : les référendums ne doivent pas être vus comme une catharsis mais comme le désaveu du jeu démocratique.

    Au sommet de l’état, les têtes autoritaires repoussent sitôt tranchées, elles prennent la figure de Napoléon I et III ou des monarques restaurés et déchus dès lors qu’ils cessent de représenter la main de fer. Le général Boulanger doit à sa pusillanimité son exil de Bruxelles et le général de Gaulle à son énergie très bien mise en scène un succès que, seul, le recours à un référendum qui était aveu de faiblesse a renvoyé dans ses pénates.

    Avec les primaires – soi-disant démocratiques – les partis démontrent surtout leurs faiblesses et le vainqueur des primaires à Gauche ou à Droite est celui qui réussit à donner à son programme l’illusion de la puissance : arrivé au pouvoir suprême, l’élu se coule néanmoins dans le costume couleur souris qui lui a été taillé et il étale sa médiocrité comme un oripeau. 

    Ce fut particulièrement vrai avec les deux derniers présidents qui ont porté leurs insuffisances à incandescence.

    Si l’on fait abstraction de tous les obligés, les partis ne sont plus en terme de militants que des coquilles vides d’où l’idéal est absent, submergé par le clientélisme.

    Il sera intéressant de mesurer la participation aux primaires socialistes dont le résultat finalement importe peu pour évaluer le discrédit qui frappe le parti socialiste crédité actuellement et quel que soit le candidat retenu d’une dizaine de points au premier tour des présidentielles.


  • vesjem vesjem 18 décembre 2016 19:00

    @guilain
    « on a un copié collé du système américain »
    non, aux us, ce sont les encartés qui votent
    ainsi en france, avec ces primaires, on peut imaginer un vote d’électeurs non sympathisants influant sur l’élection pour faire gagner le plus minable des candidats !
    quel danger pour la france !
    heureusement, quel que soit le vainqueur, c’est blanc bonnet ou bonnet blanc 


  • ddacoudre ddacoudre 18 décembre 2016 20:54

    bonjour Guylain Cevrier

    une bonne analyse a compléter par une touche d’anthropologie. tout d’abord il ne faut pas oublier le premier Parti ouvrier vers 1880. le parti r entré en désamour reste la marque de assujettissement de l’humain au dominant, même si aujourd’hui il est systémique.
    la démocratie est un stade de l’homme adulte convié à donner son avis politique et être l’acteur de ceux-ci. ceci demande un effort. Or l’humain est paresseux et il est soumis à ses atavismes innés qui dans un monde sédentarisé doit composer et comprendre en permanence une organisation complexe et le monde qui en découle
    Généralement c’est accéder par ce bais a l’humain civilisé, toujours marqué par ces atavismes, la compétition, la paresse,
    la démocratie impose de par la loi du nombre de s’organiser pour regrouper par affinité les points de vue d’intérêts partagés suivant sa place dans la répartition des taches qui se sont mises en place dans notre lente sédentarisation. cela demande de l’énergie et de l’initiative ce que nous retrouvons dans les « dominants » qui du fait de la sédentarisation n’occupent qu’une distorsion de ce trait inné.c’est pour cela qu’il n’y a jamais foule qui se précipite pour s’organiser en parti et qu’ils se sont développés de haute lutte, même dans un état démocratique. la majorité préfèrent la soumission, nous le savions avec la Boétie, et ce fut dit dans une étude d’opinion paru en 1999 (CCA) ;"

    Dans la vie de tous les jours les Français disent compter sur leur famille et amis pour 82%, sur eux-mêmes 68%, tandis que seulement 2% accordent leur confiance aux partis politiques (enquête CCA, 1999). 

    Dans le même temps les Français attendent de l’État qu’il agisse moins pour l’ensemble de la collectivité, mais qu’il prenne en compte la singularité de chaque citoyen.

    Pourtant ils attendent de l’Entreprise, considération, restauration de liens sociaux par la convivialité et qu’elle invente des solutions aux problèmes contemporains.

    Quand nous analysons l’évolution du comportement des citoyens sur cette base, se comprennent plus facilement ce besoin de rechercher en permanence cet être salvateur qui se présente sous la forme de la présidentialisation. habituer à travailler 8h journalière dans une structure totalitariste qu’es l’entreprise, et n’osant plus se révolter contre sa tyrannie économique quoi, de plus naturel d’en appeler "à dieu" plutôt que de faire l’effort d’une auto organisation syndicale ou politique.

    car il est évident que l’un et l’autre demande un effort celui de participer et de faire fonctionner sa matière grise. c’est plus compliqué que d’avoir à tendre la main quand les choses sont abondante ou que le dominant veuille bien laisser des restes. la responsabilité dans une démocratie coûte de l’énergie dont l’utilité n’est pas à la satisfaction immédiate de ses désirs égoïstes. nous le voyons et le vivons avec le recul de la solidarité au bénéfice de la charité.

    à ce point vue les primaires sont la démarche des hommes politiques vers les citoyens puisque eux ne vont par vers eux et qu’ils ont besoin de leurs votes pour être élus, ce qui satisfait pleinement les citoyens qui ont l’impression d’être pris en compte pour un minimum d’effort touts les cinq ans. en fait ils se font leurrer mais c’est une autre histoire de la place du leurre dans l’anthropologie humaine.

    cordialement.http://ddacoudre.over-blog.com/2016/12/l-energie-de-la-paresse.html..


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