lundi 8 juin 2015 - par J.MAY

Lettre persane sur l’état de la France

USBEK à NESSIR

De Paris, le 5 de je ne sais plus quelle lune. 1721. 

 

 

  Je suis à Paris depuis plusieurs mois, et j'ai toujours été dans une frayeur continue. Il faut te dire que voici quelque temps, à Paris, et à travers la France entière, selon ce qui m'a été rapporté, tout le monde est descendu dans la rue, et il s'y est fait un grand rassemblement.

Tu ne le croirais pas mais, depuis que je suis ici, je n'y ai encore vu âme compatissante ou bienveillante à l'égard de notre religion.

 Mon naturel me porte à la sagesse et au respect d'autrui, mais je ne puis comprendre ni excuser les vilaines paroles que je reçois régulièrement. Je n'ai pas fait cent pas, que je ne sois regardé méchamment et même injurié de quelque façon.

 Je m'étonne parfois d'entendre des gens qui ne sont presque jamais sortis de leur quartier, qui disent entre eux : "il faut avouer qu'il a l'air bien mahométan".

Pourquoi devrais-je m'excuser d'être mahométan ? La sainte religion que je pratique se défend par sa vérité même ; elle n'a point besoin de moyens violents pour se maintenir ou se développer. J'ai beau le dire et le répéter, le clamer et le proclamer : rien n'y fait.

Je trouve de mes descriptions partout ; je vois mon portrait multiplié dans toutes les gazettes, avec prédiction que je me transformerai un jour ou l'autre en membre de la secte des ḥašišiywn, terme de chez nous que les Français traduisent par "bande d'assassins".

 J'ai vite appris cependant que je ne risquais aucunement d'être pris pour un sicaire, car les gens de cette secte, après avoir longtemps fourni le troupeau des boucs émissaires dans le royaume de France, et même dans toute l'Europe chrétienne, ont cessé d'être montrés du doigt par les épigones de l'inquisition, une inquisition désormais réservée aux seuls fils de l'Islam, même les plus pacifiques d'entre eux, ceux de la secte des soufis, pour laquelle je me flatte d'avoir quelque faiblesse.

 Je ne me serais jamais imaginé que je dusse troubler le repos d'une si grande nation que la France. Cela m'a fait résoudre à quitter rapidement l'habit persan, et à en endosser un à l'européenne. Mais hélas, il demeure encore dans ma physionomie quelque chose d'oriental, et quoique libéré de tout accoutrement vestimentaire d'étranger, j'en reste tout de même un. 

"Ah ! Ah ! Monsieur est Mahométan ? C'est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être Mahométan en France", n'ai-je cessé d'entendre depuis mon arrivée, dès lors que j'annonçais la couleur de ma religion.

 

 Les gens de Paris ne semblent pouvoir supporter la vue d'une barbe ou d'un caftan chez un homme, et moins encore celle d'un chaste voile ou d'une pudique vêture noire chez une femme.

Il faut dire qu'ici, nombre d'épouses ou de filles n'ont apparemment aucun souci de la retenue ou de la vertu, et prennent des airs qui donnent à penser qu'elles sont aisément accessibles aux hommages masculins.

Dans ce pays, les femmes, contrairement aux nôtres, ont perdu toute retenue ; elles se présentent devant les hommes à visage découvert, elles les cherchent de leurs regards ; elles les rencontrent dans les lieux sacrés, dans les promenades, dans les jardins, dans les cafés maures et jusques dans leurs demeures, même en l'absence de leurs époux.

 

 Pour quitter le terrain de ces turpitudes et aborder un domaine plus élevé, je te dirai qu'en matière de religion, les gens d'ici dénaturent le sens de notre Alcoran et le traduisent à leur manière, donnant à laisser ou faire croire qu'il enseigne la terreur et prône uniquement la décapitation des Infidèles.

Les tentatives que j'ai pu faire pour mieux éclairer leur lanterne ont été vaines. Transformer un âne, même bâté et chargé, en fringant coursier, me paraît désormais être chose plus aisée.

Mais je ne t'écris point pour te conter mes petites misères. Elles sont le lot de tout voyageur qui entreprend d'aller se frotter à une civilisation différente de la sienne.

 

 Je voudrais te parler à présent, pour ton instruction, des mœurs et des coutumes de la France. J'en ai une petite idée, et j'ai eu plus de temps qu'il ne faut pour m'en pénétrer.

 

 Le roi actuel de la France se croit le plus puissant prince de l'Europe. Il n'a point d'or noir comme l'émir du Qatar son illustre et bienfaisant ami, mais il a plus de richesses que lui, parce qu'il les tire de sa propre vanité et de la soumission de ceux qu'il gouverne.

Il s'honore aussi de la grande servitude qui le lie au Prince des Amériques, dont il se veut l'allié privilégie dans une alliance que ce dernier dirige, alliance composée de nations européennes liguées contre le Moscovite.

On lui a vu entreprendre des guerres contre nos cousins d'Orient ou d'Afrique sans que ses sujets s'en émeuvent. Je crois même que ces derniers ont applaudi en masse à ces néfastes entreprises. Il a d'ailleurs mis dans la tête des dits sujets que ces expéditions étaient indispensables à leur survie, et ils en ont été aussitôt convaincus.

 

 Pour prévenir dans son royaume toute velléité d'user exagérément - à son gré - des libertés publiques existantes, il a fait édicter une loi stipulant qu'il fallait étroitement surveiller, voire réprimer, par services de basse police interposés, les séditieux mahométans potentiels.

Pris moi-même pour un de ces "dormants éveillés", comme ils appellent tous les membres de notre communauté, je n'ai dû mon salut qu'à une déclaration mensongère visant à laisser croire que j'étais un inoffensif diplomate, dûment mandé et mandaté par le Roi d'Arabie, qui désire remplacer ses vieux mousquets arabes, par des fusils, armes modernes de destruction massive, en attendant l'achat de machines volantes, dont j'ai ouï dire qu'un moine mi-brésilien mi-portugais, un certain Bartolomeu Lourenço de Gusmão promet la venue prochaine dans la panoplie des instruments de la puissance.

 

 Mais revenons au Roi de France. Ce roi est un grand magicien : il exerce son empire sur l'esprit même de ses sujets ; il les fait penser comme il veut , et , pardonne la trivialité de cette expression, que je tire des expressions locales, il les trait comme chèvres en enclos.

S'il n'a pas assez d'écus dans son trésor et qu'il ait besoin de renforcer leur nombre, il n'a qu'à leur soutirer ce qui lui manque, et ils acceptent sans mot dire le pillage des grandes jarres où ils cèlent leurs provisions et leurs économies.

Il va même jusqu'à leur faire croire qu'il se préoccupe de leurs maux, notamment celui de n'avoir pas ou de perdre l'immense bonheur de s'adonner au travail.

Moi qui, par la grâce de Dieu, sais les joies que l'œuvre personnelle procure à nos bazaris dans les ateliers et les boutiques d'Ispahan, je comprends mal que les Français puissent souffrir de ne pouvoir s'exténuer collectivement, pour de maigres dividendes, au profit d'intendants voraces, dans de vastes bâtiments que l'on nomme ici fabriques et manufactures. Il ne fait aucun doute que notre illustre ancêtre, Ibn Sînâ, que les Français nomment on ne sait trop pourquoi Avicenne, eût à ce propos rédigé quelques versets d'une haute teneur philosophique et scientifique.

 

 Sur un autre chapitre, que je développerai une prochaine fois, le Roi comble impunément ses sujets de promesses non tenues, tant est grande la force et la puissance qu'il a sur leurs esprits.

 

 Ce que je dis de ce prince ne doit pas t'étonner : il y a un autre magicien plus fort que lui. Ce magicien aujourd'hui déchu ne rêve que de reconquérir son trône perdu.

Tantôt il fait croire aux benêts du royaume que l'illustre Pygmalion n'était pas un sculpteur ennemi de la gent féminine, mais un simple prévaricateur dont il ignorait l'existence, que le pain qu'ils mangeaient du temps de son propre règne était plus blanc que le noir actuel, ou que le vin qu'ils boivent présentement n'est pas du vin mais de l'eau teintée d'un rouge factice, et mille autres sornettes ou balivernes de cette espèce. 

Pour tenir toujours le peuple en haleine et ne point lui laisser perdre l'habitude de croire en ses mensonges, il lui fait donner régulièrement, dans les gazettes qui lui sont acquises, des articles de bonne croyance.

Voici quelques années, il imposa à ses sujets, par un édit que l'on eût pu qualifier de "fait du prince" un fort rétrécissement de leurs prérogatives nationales, dont il délégua une large part à la Ligue Européenne, et ce, en dépit du sentiment contraire qu'ils avaient précédemment exprimé.

Sur les consignes d'un conseiller de basse-cour, un certain Botul le magnifique, qui se prétend philosophe de son état et qui en pays d'Orient se fait appeler Bey Hachel, il guerroya en une contrée qui nous est connue, celle de la régence de Tripoli, où il prétendit transformer en démocrates dignes des Athéniens du temps jadis les barbares de cette terre. S'ensuivit un indescriptible désordre dont j'aurais grand peine à te décrire l'ampleur et les périls.

Plus tard ses sujets lui signifièrent qu'ils ne voulaient plus rien suivre de ses agissements, prétentions, foucades et entreprises. Ils se donnèrent donc un autre monarque, celui qui les régit présentement.

 

 Las ! Les gens qui furent les moteurs de ce changement ont été les plus mal récompensés. Ils ne cessent, depuis, de regretter leur choix, de gémir et de se lamenter.

Par le grand Ali, notre bien-aimé calife, dont je suis scrupuleusement les principes et les enseignements, je pense que si j'étais sujet d'un tel prince, je refuserais d'applaudir à sa médiocre gouvernance intérieure, non plus qu'à l'extérieure, encore plus brouillonne et inconsidérée.

Il a désormais dans son royaume un nombre élevé de factions ennemies, que, malgré les soins infatigables de certains dervis et nervis qui ont sa confiance, il ne peut réduire. Ceci ne saurait m'étonner.

 

 Mais il ne sied pas à l'étranger que je suis d'aller plus avant dans la saine critique des us, coutumes er mœurs du pays dont il est momentanément l'hôte respectueux.

Je te quitte donc en te jurant que si cette lettre parvient à bon port malgré les bouleversements qui agitent nos contrées, je t'en écrirai une prochaine pour te dire la suite de mes aventures en pays de France.

 



22 réactions


  • njama njama 8 juin 2015 13:36

    @ l’auteur
    « mahométan »
    vient de Mahomet, qui probablement est une déformation de Mohamed, qui lui-même dérive de Mouhamad ou Muḥammad (« digne de louanges ») véritable nom du prophète.
    Désigner encore aujourd’hui les musulmans en tant que « mahométans » entretient cette (hélas) historique condescendance des chrétiens vis à vis de l’islam, en ce sens que le mahométisme (terme déjà utilisé au XVIe siècle) serait de suivre leur prophète, (et la sunna), dans lequel « religion ou doctrine de Mahomet » se confondent ... plutôt que considérer la religion en tant que rapport direct du croyant à Dieu, et le prophétisme en tant que manifestation du Verbe divin par la Révélation du Coran. 
    Peut-être avez vous été quelque peu surpris, mais c’est tout fait dans l’imagerie culturelle européenne (occidentale) chrétienne véhiculée par tant de siècles que Mouhamad était considéré comme un moine hérétique, un chef de guerre, ou un aventurier, un illuminé ou un mystique, pour ne pas dire un « faux prophète » (et la Bible mettait en garde qu’ils seraient nombreux) mais il ne fallait surtout pas admettre qu’il aurait pu être Messager de Dieu, Son Prophète, ce qui reviendrait à remettre en cause quelques interprétations théologiques, un certain nombre de dogmes, de rites et d’observances aussi bien pour les Juifs que pour les Chrétiens. L’islam, bien que se référant à Abraham et à tous les prophètes bibliques qu’elle reconnaît ne serait pas « intégré » (ou intégrable ?) dans le « saint club de l’épopée biblique » si je puis dire pour imager.
    Bien voilà, désolé de vous le dire, mais il me semble que cela n’a pas beaucoup évolué depuis le moyen-âge ... autant dire que l’emploi de « mahométans » en lieu et place de musulmans garde une légère connotation péjorative.
    (un de mes anciens posts ici pour expliquer les relations du catholicisme avec l’Islam - autre lien vers > La déclaration Nostra aetate et les relations de l’Eglise avec l’Islam , par Dr.Zeinab Abdelaziz, Professeur de civilisation Française http://www.saaid.net/daeyat/zainab/04.htm )


    • J.MAY MAIBORODA 8 juin 2015 15:11

      @njama



      Vous aurait-il échappé :
      1° Qu’il s’agit d’un pastiche de lettre persane de Montesquieu ( XVIII° siècle) , et qu’en conséquence je me suis efforcé d’uiliser le vocabulaire de l’époque ?
      2° Que le contenu, au delà de la forme, se lit essentiellement au second degré ?
      Merci tout de même pour le ton mesuré de votre propos.
      Cordialement

  • César Castique César Castique 8 juin 2015 15:36

    «  La sainte religion que je pratique... »


    S’il connaissait vraiment l’Islam, ce prétendu Persan, il saurait que ce n’est pas simplement une sainte religion, mais un (saint ?) système religieux, politique, juridique et social, qui encadre l’entier de la société au travers de ses membres, et qu’il en résulte une civilisation aux antipodes de la nôtre, du sextuple point de vue des moeurs, du statut de la femme, de la liberté individuelle, des codes sociaux, de la culture et de l’expression artistique sous la plupart de ses formes (peinture, sculpture, théâtre, musique, danse).

    • J.MAY MAIBORODA 8 juin 2015 17:28

      @César Castique



      Comme « mon » Persan, il se trouve que Goethe, Victor Hugo et Lamartine connaissaient sans doute mal l’Islam.
      Voir à ce sujet ma réponse à Isga
      Que l’Islam soit une religion « totalitaire » en ce sens qu’elle régit  la société sous ses différents aspects semble généralement admis.
      Mais je ne saurais en débattre longuement, car ma connaissance très rudimentaire du Coran ne me permet pas de mener ce type d’analyse.
      Ceci dit, j’apprécie la modération de votre propos à mon égard.


       


  • njama njama 8 juin 2015 15:36

    Non non cela ne m’avait pas échappé. Vous m’avez juste tendu une perche pour rappeler que le manque de bienveillance à l’égard de l’islam puise ses sources loin dans le passé. Fort heureusement il s’est trouvé de belles âmes qui en le rencontrant ont su en faire un miel spirituel qui venait épouser leurs propres cultures, comme quoi il ne fut pas toujours se fier aux rumeurs passagères, seules les belles pensées survivent au temps.

    « J’ai toujours eu une grande estime pour la religion prêchée par le prophète Sidna Mohammed, parce qu’elle déborde d’une vitalité merveilleuse. Elle est la seule qui me paraît contenir le pouvoir d’assimiler la phase changeante de l’existence, pouvoir qui peut la rendre attractive à toute période. J’ai étudié cet homme merveilleux, et, à mon avis, loin d’être un antéchrist, il doit être appelé le sauveur de l’humanité. J’ai prophétisé sur la foi de Mohammed, qu’elle sera acceptable à l’Europe de demain comme elle commence à être acceptable à l’Europe d’aujourd’hui. » Goethe (1819)
    « Pendant de longues années, les prêtres de l’impiété nous ont privés des richesses du saint Coran et nous ont caché la grandeur de son Prophète, grâce aux progrès de la science cette sottise a été dévoilée et ce livre extraordinaire a réussi à attirer l’attention de tous au point de devenir la base de la pensée ».
    « Aussi chaque fois que nous le lisons, dès le commencement, il (le Coran) nous rebute. Mais soudain il séduit, étonne et finit par susciter l’admiration. Son style, en harmonie avec son contenu et son objectif, est sévère, grandiose, terrible, à jamais sublime. Ce livre continuera d’exercer une profonde influence sur les temps à venir »
    J.W. Goethe,cité dans “Dictionary of Islam” de T.P. Hughes, p. 526

    Et puis il se trouve que dans ma jeunesse, parcourant des terres « mahométanes », je fus accueilli ici et là comme un prince ... ceci explique cela.
    Après que chacun trouve le chemin qui lui convient le mieux et le puits pour étancher sa soif ...


  • lsga lsga 8 juin 2015 16:00

    « Pourquoi devrais-je m’excuser d’être mahométan ?  »

     
    Parce que nous sommes au 21ème, et que croire en Adam et Ève en 2015 relève de la débilité mentale. Excuse toi : tu es un crétin profond qui croit dans des tissu de conneries et des superstitions méprisables. 

    • J.MAY MAIBORODA 8 juin 2015 17:02

      @lsga



      Ma foi, tu m’inscris dans une catégorie (débiles mentaux et crétins) où ta culture te fait ignorer que figurent, entre autres, en dehors de Goethe, cité par Njama, Victor Hugo et Alphonse de Lamartine. Tu me fais donc là un honneur que je ne mérite pas.

      Je ne doute pas que tu retrouveras aisément les traces de leurs écrits à propos de l’Islam.

      Ceci dit, une lecture moins précipitée ou moins partisane de mon texte t’eût sans doute permis de découvrir que je suis parfaitement agnostique, bien qu’ayant été dans les premiers mois de mon existence baptisé dans la religion catholique « à l’insu de mon plein gré ».

       


    • OMAR 8 juin 2015 17:36

      Omart147

      @lsga

      A partir de quel siècle nous ne devrions plus croire en Adam et Eve ?


    • lsga lsga 8 juin 2015 17:58

      @OMAR
      à partir de la fin 19ème, début 20ème. 

       
      @OP
      Agnostique ? matérialiste !
       
      Le combat contre les Religions reposant sur des textes prétendus « vérités révélées » doit être sans pitié. Dans le Coran, dans la Bible et dans l’ancien testament sont écrits un grand nombre de choses fausses, en conséquence, ils ne sont pas ce qu’ils prétendent être, ils ne sont pas des vérités révélées. 
       
      Être musulman, ou chrétien ou juif au 21ème siècle relève du crétinisme le plus parfait. Il faut montrer du doigt ces idiots, ces bigots, ces superstitieux, ils devraient avoir honte d’être aussi crédules.
       


    • lsga lsga 8 juin 2015 18:00

      oh, et mon « excuse toi » s’adressait au personnage, pas à l’auteur, bien entendu. 


    • Pascal L 8 juin 2015 21:14

      @lsga
      Et pour combattre les religions, vous affirmez que les textes fondateurs doivent être lus au premier degré. pourquoi donnez-vous raison aux quelques intégristes qui ont cette approche ?

      A partir de quoi pensez-vous que ceux qui ne font la même analyse que vous sont des crétins, idiots, bigots ou superstitieux ?

    • OMAR 9 juin 2015 11:23

      Omar147

      @lsga

      Dommage que tu n’existais pas encore juste après l’avènement des 3 religions monothéistes.

      Cela aurait sans doute éviter un nombre impressionnant de crétins et idiots.

      Mais on va se rattraper, car tu es nominé au Nobe. de la proctologie...


    • lsga lsga 9 juin 2015 11:37

      @Pascal 

      Les intégristes ont raison. Il n’y a pas « d’islam modéré » ou de « christianisme éclairé ». Les textes sont prétendus sacrés. Soit vous les prenez tous, au pied de la lettre, soit vous n’êtes pas musulman, pas chrétien, pas juif. Quelqu’un qui ne croit pas en Adam et Ève ne peut ASBOLUMENT PAS se dire chrétien. 
       
      Si vous ne croyez pas à 100% de ce qui est écrit dans les textes sacrés et leurs vérités révélés par Dieu lui-même ; vous pouvez vous dire « croyant », vous pouvez dire que vous vous intéressez aux textes religieux, plutôt à ceux de telle ou telle religion, mais en AUCUN CAS vous ne pouvez vous prétendre musulman ou chrétien ou juif.
       
       
      L’auteur ce dit agnostique : il a bien raison. C’est exactement ce qu’il est. Celui qui ne croit pas que le monde a été créé il y a 6000 ans par Dieu, celui qui ne croit pas en Adam et Ève, celui qui ne croit pas qu’une Femme n’a pas le droit d’avoir de responsabilité sur l’Homme, celui qui ne croit pas que l’Homosexualité est un pêché, celui là, tout au plus, est un agnostique. Il n’est pas un juif, il n’est pas un chrétien, il n’est pas un musulman. 

    • Pascal L 9 juin 2015 21:02

      @lsga
      « en AUCUN CAS vous ne pouvez vous prétendre musulman ou chrétien ou juif »  


      Ainsi, ceux qui ne savent rien dictent ce qu’il faut savoir à ceux qui savent un peu !
      Faut-il que vous vous sentiez faible sur ces questions pour rejeter ainsi toute forme de dialogue !

  • Jason Jason 8 juin 2015 16:19

    « Il est important de ne pas prendre de la ciguë pour du persil, mais il n’importe aucunement de savoir s’il y a un Dieu ou non ».

    « Dieu est une créature étrange qui se préoccupe davantage de ses pommes que des hommes ».

    Ces citations de Diderot me suffisent. Point de religions, donc point de crimes imputables aux chimères de quelques-uns.

    Cela me suffit.


    • njama njama 8 juin 2015 18:58

      @Jason
      voilà des citations qui vous rapprochent de l’auteur. Diderot et Montesquieu c’est la même époque ...
      vous avez au moins des points communs dans vos références smiley


  • R_o_n_r_o_n, chat sauvage R_o_n_r_o_n 9 juin 2015 11:27

    Bonjour

    Une constatation toute simple et pleine de bon sens (ce qui manque cruellement ici j’ai l’impression) : 
    On admet couramment que les livres sacrés sont truffés d’erreurs et de faussetés. A partir de là, si c’étaient vraiment des messages de Dieu, ils seraient vrais non ? Sans aucune erreur, puisque Dieu est infaillible ? De la même manière, autoriserait-il tous ces crimes et ces délires au nom de la religion ? 
    A cet argument on m’a déjà opposé le libre-arbitre, qui est à mon sens une belle connerie, surtout un autre mensonge pour justifier les délires déistes. 
    Bref, je reprends mon raisonnement. 
    Si les livres sacrés sont pleins d’erreurs, c’est que DIEU N’EXISTE PAS. 
    Si Dieu n’existe pas, si les livres sacrés sont des contes pour enfant, les chefs religieux et autres prophètes sont des tarés, en bref si on retire tous les délires (le rationnel opposé au passionnel, finalement), qu’est ce qui reste ?
    Bingo : un ramassis d’escroc, de voleurs, d’illusionnistes, de menteurs, de tyrans et d’assassins, de manipulateurs et toutes leurs cliques de débiles fanatisés. De tout temps, les gens qui ont exploité les religions s’en sont toujours servis pour empêcher la science et laisser tout le monde dans l’obscurantisme. En effet, que se passerait-il si chacun savait la vérité, à savoir que tout ceci n’est qu’un ramassis d’âneries ? Ils ont tout intérêt, dans un système de castes et d’initiations secrètes, à enfumer tout le monde, et bien se planquer au fond de leurs ténèbres puantes. 
    Plus près de nous, écoutez donc déblatérer tous les « savants de l’islam » : la terre est plate, les mains tomberont enceinte dans l’au delà, j’en passe et des pas mûres). En Europe, remarquez nous avons eu l’inquisition, avec à peu près les mêmes délires. 
    @ Lgsa : 
    Entièrement d’accord. J’irai même plus loin que vous. Croire en 2015 à Adam et Eve, à l’arche de Noé, à Mahomet ou à Boudha et à tous ces délires, en plus de rendre débile, c’est un danger mortel. Pourquoi ?
    Parce que les religions, quand on regarde bien, ne sont que la glorification de la mort. 
    je m’explique, avec quelques exemples : 
    - Pour l’islam, la récompense est après la mort, toujours, et il y a toujours la glorification des martyrs, qui sont... morts. Eh oui. Et il faut tuer des infidèles pour être bien avec son Dieu. Partout où il est c’est la guerre. Même dans un pays conquis, l’islam est toujours en guerre contre lui-même). 
    - Pour le catholicisme et affiliés, pour être saint, il faut être... mort aussi. Et en plus avoir eu une vie bien pourrie. 
    - Pour le boudhisme (qui n’est pas du tout, mais pas du tout, ce que certains croient, c’est à dire une religion d’amour et de lumière et de chamallows), c’est encore plus vicieux. Là, on est carrément dans un système de caste. Tu revis comme esclave, parce que tu paie une de tes vies antérieures (rien que ça devrait suffire à faire enfermer ces gens). Rien ne sert de te rebeller, parce que sinon tu vas tacher ton beau karma et tu seras toujours esclave ou pire dans ta prochaine vie. Donc vis ta vie d’esclave, meurs, et ça ira peut être mieux après !). Dans tous les cas tu meurs. Et avec le sourire en plus. 
    - je passe rapidement sur les religions qui peuvent nous sembler plus « primitives », mais qui après étude se révèlent encore plus mortifères que les autres (culte de mamiwata en Afrique, alors là renseignez-vous, cela vaut le détour. En gros, c’est toute une série de rites plus immondes et ignobles les uns que les autres, tout au long d’une vie de massacres, de tortures, de viols et de rackets, de pratiques avec des cadavres, qui au final rendent immortels le croyant, ce qui l’oblige à mourir tué par son propre fils, écrasé par une pierre. Et ça, c’est une des religions les plus anciennes de la terre ! D’ailleurs on y retrouve beaucoup de symboles utilisés par la suite dans les autres religions, comme la pratique de la mutilation sexuelle, par exemple. Et ce n’est pas tout, cette religion est encore active de nos jours, et ces gens vivent dans des.... tombeaux). On peut parler des aztèques, de ceci, de cela... Des témoins de Jéovah, de tout ce que vous voulez.... Si on creuse dans la même direction, on en arrive au même conclusions. Partout, de tout temps et pour toutes les religions. Des escroqueries complexes qui mènent à asservissement et à la mort. 
    Une fois que l’on a bien déblayé le chemin, et que l’on reste dans le rationnel... Que reste-t-il ? Posez-vous la question. 













    • Jason Jason 9 juin 2015 17:21

      @R_o_n_r_o_n

      « Une constatation toute simple et pleine de bon sens (ce qui manque cruellement ici j’ai l’impression) : »
       
      Mais non, le bon sens existe toujours. Vous connaissez sûrement la remarque de Descartes : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée. La preuve, on n’a jamais rencontré personne qui se plaigne de n’en avoir pas assez » (cité de mémoire).

      Tout le monde est convaincu que la raison triomphera. Voyez les rapports, les proclamations, les réunions, les assemblées d’experts, etc. Mais, ironie de l’histoire, jusque-là c’est la bêtise qui l’a emporté.


  • Jason Jason 9 juin 2015 11:54

    Pourtant, les critiques des monothéismes datent de la fin du XVIIème, avec Pierre Bayle et quelques autres. Ils remettaient en question les révélations, les prophètes, les légendes et contes divers qui parsèment les écrits considérés comme sacrés.

    Les impostures durent depuis des siècles malgré tout ce qui a pu être dit.

    Et ça continue de plus belle. L’humanité a besoin de croire, dit-on. On a trouvé les religions et la politique, berceaux d’illusions sans nombres.


  • popov 9 juin 2015 14:06

    @Maiboroda

    Texte joliment écrit. Mais il est tout de même ironique — et révélateur de la gêne ressentie face à l’islam même par les bonnes âmes telles que vous — qu’il vous faille évoquer l’existence du soufisme pour redorer un peu le blason de l’islam, alors que toutes les tendances soufistes sont considérées comme des hérésies par une écrasante majorité des sunnites et des chiites.

    Comment le brave Persan soufiste serait-il reçu en Iran, au Pakistan ou chez les Saouds ?


    • J.MAY MAIBORODA 9 juin 2015 16:39

      @popov


      Votre commentaire est non moins « joliment écrit ».
      Ceci dit, la partie « religieuse » de mon texte avait surtout pour ambition (une ambition au demeurant contrariée) de traduire le contexte de l’époque en matière de rencontre des cultures.
      J’utilise d’ailleurs à dessein les termes de « rencontre » et de « culture » plutôt que ceux de « choc » et de « civilisation ».
      En matière de religion, je suis agnostique, mais je les respecte toutes, laissant à chacun, au nom de la liberté de culte ou d’expression, le loisir de s’y adonner.
      Pour autant, les fondamentalismes et les intégrismes ne bénéficient aucunement de ma sympathie.
      J’espérais des commentaires sur la partie proprement politique et actuelle. Cela ne semble avoir intéressé aucun « contributeur » d’AgoraVox.
      Je le regrette.

      P.S : rien à voir avec le sujet, mais votre pseudo à consonance slave correspondrait-il à une appartenance ?

    • popov 10 juin 2015 13:27

      @MAIBORODA

      Bonjour

      Non, je ne suis pas un Corse d’origine russe. À l’heure où je tape ce message, il est 20h25 sur mon fuseau horaire de Yakoutsk.


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