samedi 19 janvier - par Emile Mourey

M. le Ministre de la Culture, pourquoi ne répondez-vous pas ? Bibracte, Chalon, Taisey

Monsieur le Ministre de la Culture,

Les 19 octobre et 2 novembre 2018, je vous ai adressé deux courriers sous forme d'articles Agoravox dans lesquels je dénonçais de graves erreurs concernant les origines de notre histoire, au premier chef, celle de la localisation du site de Bibracte au mont Beuvray.

Je viens de relancer mon député, M. Raphaël Gauvain, pour qu'il vous invite, de nouveau, à répondre aux questions que je pose. 

J'attire, de nouveau, votre attention sur les traductions et interprétations erronées faites des textes de César et de Strabon, ainsi que sur la grave méconnaissance qui s’ensuit concernant le riche patrimoine, non seulement de notre antique cité de Chalon-sur-Saône, non seulement de la Bourgogne, mais de l'ensemble de la Gaule, voire au-delà. Cela fait presque trois mois. Suivant la règle de notre démocratie, c'est le temps limite prévu pour une question écrite posée par un député.

Je me permets d’insister. Je ne doute pas que les professeurs certifiés auxquels vous pouvez faire appel confirmeront, à l’évidence, mes traductions et interprétations. Je compte sur eux pour dénoncer avec moi les falsifications qui ont été faites aux siècles derniers par des professeurs cherchant à accorder leur traduction avec les thèses d'archéologues qui se sont complètement fourvoyés. La capitale du peuple éduen ne s'est jamais trouvée au mont Beuvray.

La ville des Celtes qu’évoque Hécatée de Millet au VI ème siècle avant J. C., c’est Nuerax, Nue arx, la nouvelle forteresse, alias Tasiacum, Taisey, antique Cabillodunum (la ville de Chalon ne s’est entourée d’un rempart qu’au III ème siècle).

C’est ainsi que les vestiges archéologiques retrouvés au mont Beuvray ne témoignent que du cantonment passager d’une troupe boïenne, tel que César le dit, et non de la civilisation brillante des Celtes. Il s’ensuit que la civilisation brillante des Celtes ne peut s’expliquer que sur les véritables sites de Bibracte, à Mont-Saint-Vincent (vestige d’oppidum troyen, temple cananéen, style temple de Salomon, devenu église) et à Taisey (tour antiquissima toujours debout, Saint des saints de type judaïque, fossés de défense en attente de fouilles).

Il s’ensuit que nos historiens ont égaré, non seulement nos compatriotes, mais tout le monde érudit européen, en inventant, au moyen-âge, un temps des cathédrales, dit “art roman” alors qu’il s’agit d’un art des Celtes d’avant la véritable christianisation canonique de la Gaule, au temps de l'antiquité tardive.

Voilà pourquoi, de facto, les cartulaires du Moyen-âge ne peuvent donner les actes de fondation. Voilà pourquoi ces historiens en sont réduits à inventer des dates du XI ème au XII ème siècle.

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Voyez la carte de Peutinger dont l’empereur Julien (IVème siècle) n’a pu terminer la rédaction du fait de sa mort imprévue au combat. Toutes les cités gauloises semblent avoir déjà leur basilique. La cathédrale de Chalon y figure sur la rive gauche de la Thalie, affluent de la Saône… Le rhéteur Eumène la qualifie de "plus beau temple de l’univers". Ces merveilleux tympans sculptés que le touriste admire n’évoquent pas la vie ou la crucifixion du Jésus des évangiles, mais ceiie d'un Christ juge à venir ou venu qu'on honore. Ces merveilleux chapiteaux sont cananéens. Tout cela est judaïque.

Mensonges, les actuelles émissions de télévision qui nous montrent une Gaule en bois qu’investissent progressivement de grandes villes romaines ! Lorsque César arrive en Gaule, c’est Rome qui était une ville en bois. Elle n’a commencé à se couvrir de monuments architecturaux qu’après avoir conquis la Gaule.

Notre culture, notre civilisation, nous viennent beaucoup plus du Proche-Orient que de Rome. Les dieux de Rome sont morts. le judaïsme essénien les a vaincus.

Oui, M. le Ministre, je suis stupéfait de constater de telles erreurs historiques. Je suis écoeuré qu’elles perdurent malgré toutes mes interventions. Je suis scandalisé de constater l’incapacité de nos gouvernants à mettre efficacement en valeur ce fabuleux patrimoine celte, ne serait-ce que pour combler le trou du budget et créer des emplois.

En espérant une réponse, veuillez agréer, monsieur le Ministre, l’expression de mes sentiments encore dévoués mais désabusés.

Emile Mourey, 20 janvier 2019



14 réactions


  • mmbbb 19 janvier 16:54

    «  Notre culture, notre civilisation, nous viennent beaucoup plus du Proche-Orient que de Rome. Les dieux de Rome sont morts. le judaïsme essénien les a vaincus. » Je trouve cette allégation un peu osee , nous sommes plutot retourne dans l idolatrerie voir la cerermonie et l adoration paienne lorsque le dernier I Phone sort Quant a moi les esseniens c est a dire les juifs , je ne me sens pas frere d ame . C ’est une tournee vers elle meme qui a de puissants leviers de decision. Raymond Barre le disait La democratie francaise moi issu du peuple ce que j en pense , C ’est pour rester poli Vos esseniens ne peuvent etre qu un sujet de recherche qui n interesse que les chercheurs comme certains ethnologues francais qui vont a l autre bout du monde ecrire des theses sur la structure familiale d une tribu lointaine. 


  • Emile Mourey Emile Mourey 19 janvier 17:32

    Je ne fais que dire ce que tous les historiens disent, à savoir que notre civilisation a des racines judéo-chrétiennes et je ne suis pas le seul chercheur à y voir une influence essénienne.


  • Emile Mourey Emile Mourey 19 janvier 20:44

    Dans mon extrait de la carte de Peutinger de Von Scheyb, mes corrections sont en bleu. 


  • Arthur S François Pignon 20 janvier 08:13

    La notion de « judéo-chrétien » a été inventée au début du 19ème siècle et désigne non pas une culture, une civilisation, mais une « morale », et le plus souvent la morale de la culpabilité et de l’interdiction. En faire le socle des valeurs de la tradition « libérale » est une imposture historique.

    Le terme de « judéo-chrétien » n’est pas utilisé par la pensée juive. D’ailleurs, le préfixe « judéo » est utilisé dans ce néologisme dans le sens que luis a donné le christianisme médiéval, puis l’humanisme anticlérical, qui interprètent le judaïsme et le réduisent le plus souvent à un code moral, ce qu’il n’est pas.

    Pourquoi vouloir faire du judaïsme et du christianisme un ensemble culturel et religieux qui s’opposerait à l’hellénisme, à la romanité ou à l’humanisme de la renaissance ? L’un et l’autre ne sont que des courants idéologiques de ces grands ensembles culturels.

    Si vous vous référez au « judéo-nazaréisme », un courant du christianisme ancien fidèle au messianisme juif et attendant, avec le retour du Christ, le salut d’Israël et l’accomplissement de la Loi, sachez que ce groupe a été condamné par Ignace d’Antioche et a disparu depuis belle lurette, mais qu’il ne s’est jamais aventuré sur les terres gauloises.


    • Emile Mourey Emile Mourey 20 janvier 10:15

      @François Pignon

      Je suis très étonné. Je pensais que c’était une banalité que de dire que notre histoire avait des racines judéo-chrétiennes, mais il est vrai qu’aujourd’hui, c’est la mode de tout remettre en cause.


    • Arthur S François Pignon 20 janvier 10:38

      @Emile Mourey

      je suis étonné que vous soyez étonné


    • Arthur S François Pignon 20 janvier 10:42

      @Emile Mourey

      Notre égo est inversement proportionnel à notre capacité de nous remettre en question.


    • Arthur S François Pignon 20 janvier 10:56

      @Emile Mourey

      D’autres fausses pistes ont été remises en cause, comme le dogme « indo-européen » qui était issu d’une théorie linguistique pour devenir une base idéologique dangereuse.


    • Arthur S François Pignon 20 janvier 11:25

      @Emile Mourey

      Dans la série des accouplements monstrueux, il y avait aussi (pour le registre psychiatrique) le syndrome « maniaco-dépressif » qui est devenu « trouble bipolaire ».
      C’est peut-être moins dévalorisant pour ceux qui en souffrent, mais rien ne dit que la dénomination soit plus pertinente pour identifier une réalité complexe et contradictoire jusqu’à l’incohérence.


    • Arthur S François Pignon 20 janvier 11:50

      @Emile Mourey

      Pour ce qui est des racines, les pratiques religieuses connues des gaulois en disent plus long que la linguistique difficile à utiliser pour une culture qui n’a pas laissé de traces écrites, et rien ne va dans le sens d’un rapprochement avec le judaïsme.

      Les Gaulois étaient polythéistes, même s’ils riaient des dieux romains figurés comme des êtres humains. Taranis, maître du ciel, et Teutatès, dieu de la guerre, Cernunnos, dieu de la fécondité à cornes de cerf, Épona, protectrice des chevaux, Lugus, gardien du feu…

      Il n’existe même pas un seul et même panthéon pour toute la Gaule.Chaque peuple peut avoir ses divinités propres, même si certaines figures sont récurrentes.

      La mort n’est qu’un passage vers le monde d’en haut ou, pour ceux qui ne peuvent y accéder, une descente sous la terre avant que l’âme ne se réincarne et revive. Pour ce qui est des prétendus sacrifices humains, les vestiges archéologiques venant l’étayer sont extrêmement rares alors que les sacrifices d’animaux domestiques (taureaux, vaches, bœufs, moutons, porcs…) sont attestés en grand nombre, autant de caractéristiques étrangères à la « religion du livre ».

      Pour l’aspect sociologique, on sait que les druides formaient une des trois catégories (prêtres, paysans, guerriers), qui structuraient la société gauloise. A la fois savants versés dans l’observation des astres à des fins divinatoires, l’étude des mathématiques et de la géométrie, la pharmacopée…, philosophes, théologiens et accessoirement juges, ces prêtres transmettaient leur savoir par tradition orale aux enfants des familles nobles guerriers. Le druidisme a règné sur la Gaule entre les Ve et IIe siècles avant notre ère, avant de décliner pour disparaître complètement au tournant de l’ère chrétienne. Aucune trace de judaïsme là-dedans, le christianisme étant un syncrétisme qui intégré les dieux gaulois en les transformant en saints, alors que le judaïsme est intégriste.


    • Emile Mourey Emile Mourey 20 janvier 13:46

      @François Pignon

      Ce que vous dites ne me semble pas en contradiction avec les thèses que je développe sur Agoravox mais c’est plus compliqué qu’on ne pense. Par exemple, Eusèbe de Césarée dit qu’il y avait beaucoup de points communs entre la religion des Juifs et celle des druides. J’ai expliqué qu’il s’agissait là d’un druidisme judaïsé de Bibracte, au Mont-Saint-Vincent, qui cherchait à supplanter un druidisme ancien, plutôt cananéen, de Gergovie. Mais toutes choses égales d’ailleurs, cela ne sert à rien de débattre tant qu’on ne remettra pas les deux anciennes capitales pré-citées sur leur véritables sites, ce qui est l’objet de mon article et la question que je pose au ministre ;


  • Antenor Antenor 20 janvier 18:01

    @ Emile

    "C’est ainsi que les vestiges archéologiques retrouvés au mont Beuvray ne témoignent que du cantonment passager d’une troupe boïenne, tel que César le dit, et non de la civilisation brillante des Celtes."

    L’explication du cantonnement militaire ne fonctionne que pour un cas isolé, or on trouve des vestiges semblables à ceux du Mont-Beuvray un peu partout en Gaule. Strabon évoque pour les Galates d’Anatolie un lieu d’assemblée, le Drunemeton où se réunissaient les 300 membres du Conseil. Il est fort probable que des lieux comme Corent ou le Mont-Beuvray aient eu une fonction de ce type même si pour le Mont-Beuvray, on se situerait plutôt à l’échelon inférieur du Pagus.


    • Emile Mourey Emile Mourey 20 janvier 18:45

      @Antenor

      Bien d’accord. Il faut nuancer mais je maintiens en partie. Mais ce n’est qu’une hypothèse.

      Disons, peut-être, qu’il y a un fond culturel de vestiges qui concernerait toute l’Europe et une période, celle de la Tène. Et il y aurait les vestiges qui jalonneraient seulement mais en plus le parcours et l’installation des Celtes, par exemple le temple à Mont-Saint-Vincent et ses chapiteaux sculptés. Vestiges de la Tène sur le mont Beuvray et le Mont-Saint-Vincent, oui. Vestiges celtes sur le mont Beuvray : pas forcément, mais oui sur le Mont-Saint-Vincent. À cela s’ajoutent des particularités comme l’anneau en satropélite qui , manifestement, a été apporté sur le mont Beuvray par les Boïens que César y a installé.


  • baldis30 21 janvier 10:30

    bonjour,

    vous n’êtes pas en phase .... !

    la CULture c’est johny parce que cela rapporte de la TVA et des droits d’auteur... le reste c’est du blablabla des vieux c.... que nous sommes ... !


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