lundi 12 janvier 2015 - par Dan

Ma France de Jean Ferrat

Merci pour cette chanson, peut-être la plus belle dans son genre venant d'un poète qu'il m'ai été donné d'entendre. Elle me donne toujours des frissons. Rappelons nous aussi qu'il chantait "Pauvre Boris" en hommage à Boris Vian et au "Déserteur" pour ne pas aller défendre les intérêts coloniaux, comme Jaurès déjà en 1914, ne pas combattre "au nom de la France" comme en Indochine et Algérie en 1954.

Les guerres que l'on porte au delà de nos frontières, déclenchées "au nom de la France" (celles de Sarkozy et Hollande) je m'en dissocie. Même, je les dénonces. Ainsi, cette émotion légitime que nous ressentons ne dois pas nous faire oublier que nous nous accordons pourtant le "droit moral" de bombarder les terres arabo-musulmanes et d'y faire, là aussi, des morts,avec des justifications très orientées, parfaitement contestables. Au nom de quoi, de la démocratie ? Ce n'est pas demain la veille que l'on va se faire aimer... Chacun étant libre chez soi (chez lui) avec ses modes de vie et..ses choix religieux.

Devant ce foisonnement à Paris ce 11 janvier 2015, de tous ces acteurs VRP internationaux -dont certains peu crédibles- cet après midi- je pense que Ferrat aurait eu, sans doute des chosesà dire. Incontestablement ce meeting est récupéré et me laisse un malaise. C'était prévisible et comme le chantait Ferrat, parlant à Boris "...tu sais rien n'a vraiment changé, les cons n'arrêtent pas de brailler les autres de les écouter..." Bref, je suis essentiellement en recueillement -et mon coeur saigne- avec les mecs de Charlie Hebdo, les dessinateurs, et Bernard Maris. Je ne veux entendre parler de rien d'autre.

S'agissant de la raison, des racines de cette histoire, c'est BEAUCOUP plus compliqué que le cri de l'émotion qui nous est proposé. Et qu'il faut chercher dans les racines du conflit Israëlo-Palestien les ressorts de ces actes insensés. Rien ne sera réglé en élevant d'un cran supplémentaire des mesures sécuritaires pour une paranoïa à l'américaine, à la GW Bush des néo-conservateurs, cycle continué par un Barak Obama qui a abdiqué devant les lobbies.

Rien ne sera gagné à nous inscrire dans une guerre occidentale contre " l'Islam" en faisant un raccourci dans une projection victimaire, accablant les autres en réveillant nos bas instincts et en désignant essentiellement "la faute" vers les pays de "l'axe du mal". Non, ne pas écouter ceux qui veulent nous embrigader dans une guerre des civilisations, arguant qu'il s'agit de notre "onze septembre" à nous, et que la guerre nous est déclarée. Etre en guerre ?.. comme on y va ! contre qui comme entité ? chez nous ? à l'extérieur ? partout ? on ne sait pas vraiment .

Etre en résistance contre un envahisseur, une armée, des troupes, oui surement mais il faut être sûr de fixer les origines du conflit qui donne ce droit moral et c'est tout sauf simpliste.

Il faut déjà et surtout que le conflit au proche orient soit réglé au sens minimum des frontières de 1967. Après cela, vous verrez que la notion de "liberté d'expression" aura une toute autre gueule...pour faire comprendre et respecter la Laïcité et le droit des minorités. Pour autant je doute que ce soit demain la veille, sachant que la pierre angulaire ce conflit, repose en lui même sur une suprématie religieuse entre juifs et musulmans. Cependant la solution passera forcément par la résolution de ce grave échec international. Le plus petit en taille, le plus grand en répercussion.

On voit bien chez nous la problématique du "vivre ensemble" et de la mixité culturelle, en France terre d'accueil. Ceci au regard de seulement deux ou trois générations d'immigrations avec des rapports à l'autre nonobstant les facteurs identitaires de celui qui reçoit, qui se heurte à ceux de celui qui arrive.. Fallait-il laisser s'amplifier une telle situation sans réfléchir aux conséquences des cultures mixées toujours apatrides ? Alors que, après deux mille ans, en terre "sainte" il n'est toujours pas possible à ces deux là (juifs et musulmans) de vivre ensemble..une guerre à mort même.

Il conviendra, non par des mots, de respecter les autres, les divers pays et leur souveraineté en accordant à chacun de vivre sa propre religion, ses propres coutumes et traditions, des frontières reconnues, sans qu'aucune souveraineté ne soit menacée chez elle par une quelconque arrogance culturelle ou cultuelle.

Si ce problème continue d'être nié, si l'on abdique face aux guerres de religions alors il ne faudra pas s'étonner des effets boomerangs.



3 réactions


  • norbert gabriel norbert gabriel 12 janvier 2015 18:28

    Je suis d’accord avec l’ensemble de l’article, à un détail près, depuis 20 siècles le judaïsme ne s’est jamais comporté en conquérant ou en porteur d’hégémonie, il a plutôt été victime, des chrétiens d’abord des musulmans ensuite. Il me semble qu’il n’y a pas eu beaucoup de chrétiens ou de musulmans massacrés par des juifs pour les convertir de force.
    De plus au Moyen Orient, Israël, en plus d’être une religion isolée, est aussi une démocratie dans un environnement de monarchies absolues. Lesquelles n’ont pas non tellement envie de voit un Etat palestinien démocratique, ça pourrait donner de mauvaises idées aux populations...


  • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 12 janvier 2015 23:10

    Je ne vois pas le lien vers la chanson ?? 


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