samedi 2 mai 2020 - par GHEDIA Aziz

Ma réponse à un médecin d’outre-Atlantique à propos du Covid

Je ne suis pas un oiseau de mauvais augure, mais la crise économique qui nous attend fera probablement plus de victimes que cette pandémie de Covid-19. Le pétrole qui s’est vendu, il y a quelques jours, aux Etats-Unis, à des prix négatifs (_ 37 $) n’est qu’un avant goût de ce qui attend notre civilisation consumériste. Aucun pays ne sera épargné par cette crise économique qui arrive tout doucement tel un tsunami qui a pris naissance au large et qui avance inexorablement vers le rivage pour tout engloutir…

C’est la fin d'un monde, certes. Mais ce n'est pas la fin du monde. Loin s’en faut. L’humanité a déjà connu par le passé des tas de crises comme celle que nous vivons actuellement, mais elle ne s’est pas éteinte pour autant. Rien que durant le siècle dernier, il y a eu « La grande guerre » suivie d’une pandémie virale connue sous le nom de « Grippe espagnole », en 1918. Cette grippe avait fait entre 50 et 100 millions de morts. Mais la plupart des décès étaient dus aux surinfections pulmonaires et non au virus lui-même. A l’époque, les antibiotiques que nous connaissons et utilisons aujourd’hui souvent de façon abusive et inconsidérée, n’existaient pas. 

 Quelques années après, c’était le krach boursier aux Etats-Unis qui avait fait des millions de chômeurs et de pauvres parmi les Américains. Cette crise économique sans précédent, a eu des répercussions même en Europe. Elle était, pour certains historiens, le prélude au grand drame qui attendait le monde ! Effectivement, en vertu de la théorie des « battements des ailes du papillon », ce qui s’était passé de l’autre coté de l’Atlantique, amplifié dans l’espace et le temps, s’était mué en une terrible tragédie opposant les armées de l’Europe les unes aux autres avec comme corollaire l’holocauste (shoah). L’entrée en guerre des Américains contre les Japonais à la suite de « l’infamie » de Pearl Harbor, s’était soldée par le largage de la bombe atomique (une nouvelle arme à l’époque) sur les villes japonaises d’ Hiroshima et de Nagasaki. Il y eut des milliers de morts. Et les conséquences des rayonnements ionisants se font sentir jusqu'à aujourd’hui. Durant cette deuxième guerre mondiale, l’humanité avait frôlé son extinction. Il aurait suffit de quelques autres bombes nucléaires pour aboutir à une fin, non seulement des hommes mais de toute forme de vie sur la planète. Point d’exagération !

Voilà pour le préambule.

Un confrère vivant au Canada me reproche le fait d’avoir prôné l’immunité de groupe face à cette pandémie de Covid-19. Pour lui, cette solution est suicidaire. En fait, personnellement, je ne suis ni responsable politique ni une sommité médicale qui a de l’influence sur le pouvoir politique. Ce que j’ai dit et écrit est resté « confiné » dans un espace médiatique très restreint puisque Algérie patriotique fait l’objet d’une censure depuis plusieurs mois et n’est consulté, en Algérie, que par de rares lecteurs. Mes élucubrations ou mon « charlatanisme » -cela doit peut-être faire plaisir à certains commentateurs- n’ont donc pas d’impact médiatique au point de faire basculer la balance vers le non-confinement. Ma conscience est donc tranquille.

Ceci d’une part. D’autre part, il est de mon droit aussi de contester les chiffres qui nous sont présentés par des médecins qui n’ont aucune perception de la réalité des choses en Algérie. En Algérie, le confinement ne se passe pas de la même façon qu’en France ou au Canada. C’est un pseudo confinement. Il ne pourra donc pas avoir le même résultat qu’ailleurs. Et, de toute façon, même dans cet « ailleurs », sous entendu les pays de l’Europe Occidentale et des Etats-Unis, le taux de mortalité par Covid-19 reste dramatiquement élevé malgré le confinement très strict imposé aux populations. Par ailleurs, le plus dramatique dans l’affaire c’est que cela risque, si le confinement se poursuit encore, de se solder par des émeutes de la faim. Ce serait notamment le cas des Etats-Unis où les gens ayant perdu leur boulot et n’ayant pratiquement plus rien pour nourrir leurs enfants commencent à contester de façon très sérieuse cette politique confinatoire. Ce n’est pas simple.

Il est vrai que l’institut Pasteur est une référence en matière de maladies virales. S’il a annoncé un taux de mortalité de 0,5%, c’est que cela ne peut être que vrai et ne souffre aucune équivoque. Mais, cela reste valable pour la France, à mon sens. Cela ne peut être une Loi générale applicable en tout temps et en tout lieu. Faire des calculs à partir de ce pourcentage pour nous balancer ensuite un chiffre faramineux de 147 000 décès c’est aller vite en besogne. A mon humble avis, et l’évolution de cette épidémie en Algérie nous le montre quotidiennement, ce chiffre est trop élevé, plus que celui de nos confrères du CHU de Blida, l’épicentre du Covid-19 en Algérie. Au rythme actuel de nos pertes en vies humaines (3 ce jour du 1er mai), il faudra 30000 jours soit presque 1 siècle pour atteindre ce chiffre. Malheureusement, dans 1 siècle personne ne sera de ce monde pour confirmer ou infirmer ce chiffre. Les chiffres, on peut leur dire ce qu’on veut.

Par ailleurs, si on devait tenir compte de ce que vous suggérez dans votre conclusion c’est-à-dire d’attendre jusqu’à ce « qu’un vaccin soit découvert », chose qui ne pourrait avoir lieu « avant un ou deux ans  », pour contrer le coronavirus, on appellerait donc la population à rester confiner pendant un ou deux ans encore. Est-ce vraiment possible et réalisable ? 

Dans la pratique, voilà ce qui se passe en Algérie. 

Le jour, les gens vaquent à leurs occupations le plus normalement du monde, aucune mesure de distanciation sociale n’est observée, aucune mesure barrière n’est respectée et, à partir de 15 h pour Alger ou de 19 h pour d’autres villes, ils sont sommés de regagner leurs demeures. Et mêmes à ces heures-là, les gens trouvent toujours le moyen de se rassembler au bas des immeubles ou… sur les terrasses pour une partie de dominos ou de Rami. Alors croire que ce genre de pseudo confinement pourrait infléchir la courbe épidémique, c’est croire au père Noel qui descend par la cheminée. 



7 réactions


  • Heinz 3 mai 2020 00:47

    Ce commentaire est de bon sens et ça change par rapport aux imbécilités qu on entend de la bouche de docteurs, professeurs, chefs de services de réanimation.......

    Pas étonnant qu’avec l’aide des médias l hysterie collective augmente de jour en jour. Il s’agit d’une véritable tromperie d une majorité de nos concitoyens.

    On parle de pandémie inédite alors qu il y a eu depuis la 2e guerre mondiale une dizaine d épidémies de grippe ayant fait 5 à 10 fois plus de victimes que le COVID-19 sans qu un seul gouvernement ait jugé nécessaire de mettre son pays sous quarantaine.

    Aujourd’hui dans 2/3 du monde les pouvoirs politiques ruinent l’économie nationale. En l’absence de justification médicale leur arrière-pensée poursuit de toute évidence un objectif méchant et pervers, le virus servant de prétexte.

    Autrement dit, l état dit vouloir nous protéger, mais en vérité déclare la guerre à ses citoyens.

    Qu on nous dise pas que nous avons évité la catastrophe grâce au confinement :

    - La Hollande, un des pays avec la plus forte densité de population, n´ a pas instauré de confinement et compte 289 victimes pour 1 million d’habitants tandis que son voisin Belgique en compte 678 en dépit du confinement !!

    - La Suède, qui également renoncé au confinement, compte 261 morts pour 1 million d’habitants tandis que la France en a 678

    - Le Brésil avec ses 210 millions d’habitants a renoncé au confinement et compte 31 morts. Nota : Je n’apprécie pas la politique en général de Bolsonario mais quant au Corona je l’approuve totalement

    - Rappelons aussi que la grippe de Hongkong a provoqué en 1968 une surmortalité de 800 morts par 1 million d’habitants. Idem en Allemagne

    - Et au niveau mondial la grippe de Hongkong était 9 fois plus mortelle - 0,25 morts pour 1 million d’habitants - que le Corona - 0,028.

    Les gouvernements sont en train de ruiner leur pays sans que ce soit justifié par la crise sanitaire. Donc, il y a bien d autres raisons

    - terrorisme d état
    - Création d’un état de surveillance en rajoutant dans le vaccin un ID
    - élimination d’ une partie de la population avec un vaccin qui tue a retardement
    - Enrichissement de groupes pharmaceutiques

    Personne ne sait dire si l’année prochaine nous aurons une grippe, dont le virus a muté ce qui rendrait tout vaccin inutile.

    Il faut qu’on s’habitue à la grippe comme on l a toujours été dans le passé. On n est bien obligé d’accepter les accidents de la route, les catastrophes naturelles, le cancer....,

    On ne pourra pas confiner 2/3 du monde tous les ans, sachant aussi que personne n a prouvé jusqu’à présent que le confinement ou un vaccin soient efficaces


    • rogal 3 mai 2020 03:09

      @Heinz

      «  On est bien obligé d’accepter les accidents de la route (...) ».

      Non, on ne les a pas acceptés et l’on continue de ne pas s’y résigner. En France leur nombre était monté à 16.000 par an (de mémoire). Des politiques volontaristes et tenaces l’ont réduit des trois quarts.

      L’hécatombe était connue, mais sans doute s’était-on mis collectivement la tête sous la couverture. Voiture, ’’progrès’’, vitesse... griserie de pouvoir jouir sans entrave à tout âge.

      Cela prend des années, durant lesquelles on continue de mourir stupidement (c’est-à-dire sans avertissement et sans une once de gloire).


  • Heinz 3 mai 2020 06:33

    Pour réduire le nombre de morts de la route il n a pas fallu confiner toute la population et de ruiner l economie


  • xana 4 mai 2020 11:52

    Bravo à l’auteur. Malheureusement il n’aura pas gain de cause contre les médias. Ils n’ont même pas besoin de le faire taire, d’ailleurs.

    Bravo aussi au complément du commentateur Heinz. Il est vrai qu’on a lutté (assez mollement) contre le cancer et les accidents de la route, mais les populations, à tort ou à raison, considèrent ces fatalités comme normales.

    Et d’ailleurs, étant nés, comment ne pas mourir ?

    La mort des vieillards, pour révoltante qu’elle soit, permet aussi aux populations de se rajeunir (et on se demande même si cela suffit quand on voit l’évolution des couches d’âge de nos peuples vieillissants).

    Aidez les personnes âgées à mourir dans de bonnes conditions, mais ne vous acharnez pas à les faire survivre à tout prix. C’est idiot !


  • sylvain sylvain 4 mai 2020 13:28

    Les algériens devraient se détendre, il semble que le coronavirus ne fasse de victimes que dans les pays occidentaux . A part l’Iran, il n’y a en effet qu’eux qui ont des mortalités élevées .

    C’est d’ailleurs étrange que personne ne se pose plus de questions là dessus, moi je ne comprends pas . Des populations un peu plus vieilles ne me semblent pas du tout justifier de tels écarts


  • xana 4 mai 2020 18:15

    Je ne sais pas comment c’est en Algérie.

    Les médias sont-ils aussi vendus que chez nous ?


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