mercredi 2 janvier - par Martin de Wallon

Marine Le Pen la N°1 de l’extrême droite française s’indigne et refuse l’imposition d’un examen psychiatrique par la justice

130 morts, environ 400 blessés, une France complètement abattue. C’est un mois après le souvenir encore vif de cette série d’attaque terroriste du vendredi 13 novembre 2015, qui frappait Paris et Saint-Denis que la cheffe de l’extrême droite Marine Le Pen publie sur tweeter des photos d’exactions du groupe djihadiste avec la légende : « Daesh c’est ça ! ».

Dans les faits, Marine Le Pen accuse le journaliste Jean-Jacques Bourdin de BFMTV-RMC d’avoir tenu des propos faisant ouvertement le lien entre l’État Islamique et son parti le Front National, aujourd’hui Rassemblement National. Par la diffusion de ces photos et en mentionnant le journaliste, Marine Le Pen pensait le confronter à la réalité de ses affirmations qu’elle jugeait surréels. Une grosse bourde qui suscite un véritable tollé sur la toile ! Les publications choquent plusieurs internautes encore fragilisés par les attentats terroristes de Novembre 2015 ainsi que toute la classe politique.

 

Le jour même, le parquet de Nanterre, lance une enquête pour « diffusion d'images violentes » à la suite d’un signalement des clichés par le ministre de l'Intérieur. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve avait précisé que ces photos sont « de la propagande de Daesh et sont à ce titre une abjection, une abomination et une véritable insulte pour toutes les victimes du terrorisme, pour toutes celles et tous ceux qui sont tombés sous le feu et la barbarie de Daesh ».

 

« Le tweet de trop »

 

Marine Le Pen est inculpée pour diffusion d’images violentes et risque 3 ans d’emprisonnement et 75000 euros d’amendes. Les photos insoutenables montraient un soldat écrasé vivant sous un char, le journaliste américain James Foley décapité, la tête posé sur le dos ainsi qu’un pilote jordanien brûlé vif dans une cage.

 

Dans cette affaire, le bureau de l'Assemblée nationale avait décidé de lever l'immunité parlementaire de Marine Le Pen. "La liberté d'expression et de dénonciation, qui est consubstantielle au rôle de député, est morte avec cette décision de basse politique politicienne. Mieux vaut être un djihadiste qui rentre de Syrie qu'une députée qui dénonce les abjections de l'EI." S’était indignée Madame la députée devant une telle décision qu’elle qualifiait de « Basse politique politicienne ».

 

Finalement, Marine Le Pen se voit imposée par la justice française un examen psychiatrique. Une décision qu’elle juge révoltante : « Je croyais avoir eu droit à tout : eh bien non ! Pour avoir dénoncé les horreurs de Daech par tweets, la justice me soumet à une expertise psychiatrique ! Jusqu'où vont-ils aller ? » A-t-elle écrit à nouveau sur tweeter en diffusant cette autre fois l’ordonnance de l’examen psychiatrique. Datée du 11 Septembre, émanant du juge qui instruit l’enquête, l’ordonnance demande cet examen psychiatrique « dans les plus brefs délais ».

 

Une décision de justice controversée

 

Affirmant que cette décision était une stratégie politique utilisée par les régimes totalitaires et visant à faire passer les opposant pour des fous, Marine Le Pen avait tweeté son indignation : « C’est proprement hallucinant. Ce régime commence vraiment à faire peur. »

Elle aurait affirmé ouvertement dans les médias qu'elle n’avait aucune intention de se rendre à cet examen psychiatrique. "L'article pour lequel on me poursuit est un article qui sert à poursuivre des détraqués sexuels, des pervers, des prédateurs sexuels, des psychopathes", avait précisé Marine Le Pen. A ses côtés, le député Gilbert Collard solidaire de Marine Le Pen dans la diffusion de ces images avait aussi été frappé par le retrait de l’immunité diplomatique.

Jean-Luc Mélenchon, à la tête de la France insoumise dénonçait une psychiatrisation de la décision politique. Il avait lui aussi posté sur twitter « Ce n’est pas avec des méthodes pareilles qu'on fera reculer l'extrême droite ».

Julien Bayou, porte-parole d'Europe Écologie-Les Verts, quant à lui a ironisé en réagissant sur twitter : « Marine Le Pen se plaint de l'application d'une loi sur laquelle les députés Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard n'avaient rien à redire. Article 7 [de la] loi du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme ».

Pour rappel, les juges s’appuyant sur l'article 227-24 du Code Pénal, maintenaient la sanction contre "le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère violent, incitant au terrorisme, pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine". En conséquence de quoi l'article 706-47-1 du Code de procédure pénale, qui prévoit cet examen psychiatrique, s'applique systématiquement.



19 réactions


  • eric 2 janvier 18:42

    "le député Gilbert Collard solidaire de Marine Le Pen dans la diffusion de ces images avait aussi été frappé par le retrait de l’immunité diplomatique.« 

    Soljenitsyne, Primo Levy, d’autres, ont remarqué que le totalitarisme s’efforçait aussi de faire perdre leur sens aux mots pour rendre les gens fous et la justice impossible. »Le travail rend libre« , et on »rééduque par le travail les koulaks qu’il faut éliminer en tant que classe« .

    Quelle immunité »diplomatique" pour Collard ? L’auteur ne sait pas de quoi il parle.

    Un soldat sous un char, on en voit un dans le documentaire de Costelle sur la guerre du vietnam, et vivant encore. Même, il prie... cela doit être contraire à la laïcité ? Des gens qui brûlent, et bien toujours pour la même période, il y a les bonzes, les fillettes napalmées ; Sans doute des prix pour les photographes coupables...De la propagande de bonne guerre pour les copains des vietmins et -congs...

    Bourdin est capable de mieux que de confondre le Rn et DAESH. Ou pas ? Se souvient il que l’on accusait nos ancêtres d’avoir les pieds de boucs et la langue fourchue ? Y a pas, voter Hollande ne contribue pas à rendre fin. Quand à l’auteur de l’article, il est à la hauteur de ses ambitions. Être dans le vent est celle des feuilles mortes...


  • Odin Odin 2 janvier 19:35

    Après le mur des cons, cette justice montre une nouvelle fois aux français son vrai visage, celui de porteurs de tabliers, qui peuvent maintenant se permettre d’interpréter la loi en fonction des opinions politiques d’une personne sans se préoccuper de la réalité des faits qu’ils manipulent sans vergogne.


  • Pierre Régnier Pierre Régnier 2 janvier 20:53

    L’article rappelle que, dans cette affaire les juges, s’appuyant sur le code pénal, considèrent que montrer la barbarie pratiquée par les terroristes « incite au terrorisme ».

    Faut-il donc considérer que sont sains d’esprit les citoyens qui, voyant les horreurs réalisées par les terroristes seraient eux-mêmes tentés de pratiquer le terrorisme ?

    Ou bien faut-il penser que ce sont les juges qui devraient subir un examen psychiatrique avant d’être autorisés à poursuivre l’exercice de leur métier ?


    • vesjem vesjem 3 janvier 09:30

      @Pierre Régnier
      il se dit que beaucoup de magistrats travaillent en réseaux...
      il faudrait enquêter sur la véracité de ces faits


  • Attila Attila 2 janvier 21:28

    Examen pisse-chiatrique pour les députés et sénateurs ayant voté cette loi :

    LOI n° 2014-1353 du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme

    .


  • waymel bernard waymel bernard 2 janvier 22:42

    Une justice devenue complètement folle. Elle enverrait bien les opposants dans des asiles psychiatriques. Par contre elle bichonne les délinquants immigrés qui ne connaissent pas les codes culturels du monde civilisé.


  • titi 2 janvier 22:45

    Depuis l’affaire du « mur des cons », on sait très bien que les magistrats ne traitent pas les affaires de manière objective.

    Le traitement de Mme Le Pen en est une illustration supplémentaire.

    Assimiler les opposants à des victimes de maladie ce sont des méthodes stalinienne.


  • popov 3 janvier 01:07

    Pour la justice française, dénoncer une organisation terroriste en montrant des photos de leurs crimes, c’est faire de la propagande pour cette organisation.

    Et il y a encore des gens qui font confiance à cette justice ?


  • ticotico ticotico 3 janvier 01:20

    C’est la technique macroniste de gestion de l’opposition : on la laisse en vie, mais sans oublier de lui plonger la tête sous l’eau de temps en temps...

    Une perquisition par ci, une convocation par là... C’est le moyen de montrer que le petit manu est le seul normal dans ce monde là.

    Manque de pot, sa direction le fait voguer de Charybde en Benalla...


  • Pimpin 3 janvier 10:03

    MLP et le RN ne sont pas d’extrême droite, arrêtez de propager ce mensonge destiné à faire peur aux électeurs.


    • Mylène 3 janvier 13:02

      @Pimpin
      pas charrier quand même... que MLP se voit infliger un examen psy pour ce qu’on sait tous déjà est glauque, sans conteste, mais de là à ôter tout doute du parti qu’elle représente me fait sourire... c’est bien la gauche méditerranéenne qui lui a permis d’être là ou elle est aujourd’hui.. à présent que le parti a raflé des voix au parlement, et qu’on l’a eu deux fois aux deuxième tour des élections, à mon avis, c’est bien la gauche PS qui devrait se farcir une thérapie de groupe. Je pense notamment à la bouffonne Royal qui doit avoir un sacré problème d’égo...


    • Mylène 3 janvier 13:03

      @Mylène
      méditerranéenne 

      oups miterrandienne il faut lire sorry...


    • Pimpin 3 janvier 13:07

      @Mylène N’importe quoi ! la gauche « méditerranéenne ? » n’a rien à voir dans la carrière de Marine ! Bien au contraire elle fait tout pour la diaboliser, entre autres avec cette classification mensongère à l’extrême droite.


    • Martin de Wallon Martin de Wallon 24 janvier 20:57

      @Pimpin Comment définissez-vous l’extrême-droite ?


  • zygzornifle zygzornifle 3 janvier 13:09
    « Macron est un psychopathe » : l’analyse d’un psychiatre italien

    https://www.youtube.com/watch?v=NNDgsw39m9s


  • ETTORE ETTORE 3 janvier 14:32

    Ca me fait penser à ce que la la police américaine a cherché avec minutie dans

    le « Fondement » de Mickael Jackson lors de son enquête ayant trait à ses rapport avec des enfants.

    Je pense que le FN (F(r)ondement National) à bien fait de changer de nom...... préventivement ! Se doutait peut être qu’on allait très prochainement lui chercher des « poux » là où ils ne pourraient pas y vivre de toute façon. ( Ahhh, ces maudits voleurs d’idées)

    Après....si il fallait envisager ce protocole de dépistage pour la plupart des politiciens et autres corps d’état, soupçonnés de folie.......Il faudrait voir à recruter des proctologues à gogo.

    Vous me direz.....Tant qu’à faire un doigt d’honneur à tous ces pourris, autant qu’un spécialiste patenté, leur mette le leur, dedans....par procuration du peuple.


  • Germain de Colandon 3 janvier 17:30

    Si ça continue, on va bientôt assister à un procès post-mortem intenté à Claude Lanzmann pour apologie de la barbarie nazie. Si, si !


  • Esprit Critique 3 janvier 19:47

    L’auteur a t-il pensé a consulter pour lui-même, puisqu’il est fan des psy ! ?

    Petite précision :
    M Le Pen n’est pas Numéro 1 de la droite :

    Les électeurs du RN sont a 80 % et plus si affinité anti Macron, des anciens électeurs coco, socialo, écolo, poils au dos, ….

    Lanzmann est le type même du salaud qui encourage au crime raciste !


  • Franchounet 3 janvier 21:32

    Que penser de ces juges ! Ils savent mieux que quiconque que si MLP a diffusé ces images ce n’est pas pour inciter au terrorisme. Ils font semblant de ne pas comprendre l’objet de l’article pénal : sanctionner l’auteur de la diffusion qui apprécie, encourage, approuve de tels actes.


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