mardi 21 novembre 2006 - par Philippe Astor

Mes doutes après l’investiture de Ségolène

Marie-Laure, qui est venue grossir le nombre des adhérents du PS par Internet avant le 1er mai dernier, s’est lontemps interrogée, jusqu’à poser la question à un groupe d’amis, dont j’étais, lors d’une soirée un peu arrosée, à une semaine du vote : Dominique ou Ségolène ? La réponse est tombée, sans appel : Dominique ! A une large majorité.

Je n’avais pas grande légitimité à me prononcer. Je ne suis pas adhérent du PS et je ne vote jamais pour une grande formation politique au premier tour, parce que c’est justement l’occasion de faire dans la nuance, et que j’aime bien la nuance. Ce soir-là, j’ai malgré tout donné ma voix à Dominique, que j’ai déjà eu l’occasion de rencontrer en tant que journaliste et que je trouve brillantissime sur bien des sujets, même si comme dit un de mes amis : « On peut se demander ce qu’il a de vraiment socialiste. »

Marie-Laure, donc, ne nous a pas écoutés. Elle a voté Ségolène, comme plus de 60 % des adhérents du PS. Dans le département où j’ai grandi (l’Aude, qui est un vieux fief socialiste), Ségolène a été carrément plébiscitée par plus de 80 % des adhérents. Pourtant, on est plutôt fabusien dans le coin.

Ce sera donc Ségolène, et quand je vois son sourire en une du Journal du dimanche, je suis bien content pour elle. En pages intérieures, 33 % des adhérents du PS déclarent que ce qui les attire le plus dans sa candidature, c’est qu’elle incarne un renouveau de la gauche (mouais...). Et 30 % invoquent le fait qu’elle soit la seule capable de battre Nicolas Sarkozy au second tour.

Le adhérents du PS ont certainement fait le bon choix

Je crois finalement que les adhérents du PS ont fait le bon choix. Je lui aurais de loin préféré un Kouchner, mais il vient toujours un moment où on ne peut plus prendre ses rêves pour des réalités. Kouchner a le même travers que moi en politique (toute proportion gardée, puisqu’en termes d’engagement, je n’arrive pas à la première maille de sa chaussette) : il se soucie trop, à juste titre, des problèmes internationaux, de la pauvreté dans le monde, de la nécessaire solidarité avec les pays en développement, de notre responsabilité à l’égard de tous les déshérités de la planète.

« Il faut quand même commencer par régler les problèmes que nous avons en interne  », me disait encore ce week-end une amie. « Sauf que les questions planétaires auront un impact qu’on ne soupçonne même pas sur la situation intérieure dans les années à venir, et qu’on refuse tout simplement de voir les choses en face », lui ai-je répondu. Comme on se refuse à entendre Kouchner nous dire que même les plus pauvres d’entre nous devrons un jour prochain être solidaires de ceux qui le sont encore plus qu’eux ailleurs.

Jouons franc jeu. En cas de duel Ségo-Sarko au deuxième tour, il y a peu de chances, sinon aucune, que je vote Sarko. Cependant, il y a quand même quelque chose qui me gêne chez Ségo : elle est complètement à la rue sur les questions internationales. A un point que je ne soupçonnais d’ailleurs pas avant de voir la retransmission du deuxième débat des candidats du PS à la candidature sur LCP.

Le risque d’un repli ombilical de la France

Ma crainte, c’est qu’au terme d’un mandat de Ségolène, la voix de la France sur la scène internationale ne soit plus qu’un insignifiant petit fluet sans effet. Que la France se replie sur une sorte de petit cocon familial dans les jupes de Ségolène. Que notre pays choisisse la voie d’une sorte de repli ombilical qui ne me dit rien qui vaille.

Cela dit, l’issue du premier tour, et le score d’un éventuel candidat unique de la gauche antilibérale ou de Bayrou, peuvent changer du tout au tout la nature et la composition du gouvernement qui serait celui de la France en cas de victoire de Ségolène au deuxième tour. A moins que dans l’euphorie de la victoire, elle ne fasse rien d’autre que reconduire au pouvoir une cohorte d’éléphants du PS, ce qui n’est pas à exclure.

Enfin bon, quoi qu’il en soit, je ne voterai pas Sego au premier tour (toujours ce souci de la nuance). J’avoue que je m’interroge sérieusement sur ce que sera mon vote. N’étant pas à une contradiction près (je suis libertaire, donc libéral, ai-je déjà confié), j’ai caressé l’espoir ces dernières semaines de voir la gauche antilibérale se ranger derrière la candidature d’une Clémentine Autain. Parce qu’elle apporte un sang neuf à la gauche de la gauche, et que son discours m’intéresse.

Kouchner, s’il te plaît...

Ce que je partage avec les antilibéraux, c’est la critique des dérives de l’hypercapitalisme, dont Attali nous donne un effrayante mise en perspective dans son livre Une brève histoire del’avenir. Ce que je ne partage pas avec eux, c’est l’assimilation du libéralisme et de l’économie de marché à cet hypercapitalisme (encore ce souci de la nuance). Cela dit, je trouve urgent de se braquer contre les dérives de l’hypercapitalisme, qui n’a rien de libéral, de mon point de vue.

Malheureusement, si je me fie à ce qu’a déclaré Besancenot samedi soir sur France 2, « c’est le bordel » à la gauche de la gauche, et il y a peu de chances qu’on aboutisse à une candidature unique, encore moins que Clémentine Autain soit désignée. L’entêtement de la LCR à refuser la perspective de participer à un gouvernement de gauche est un des éléments qui va faire capoter le projet.

Vais-je donc me retrouver à voter Bayrou au premier tour ? Excepté au deuxième tour en 2002, ce serait bien la première fois que je voterais à droite. Ou plutôt au centre. Allez, Kouchner, présente-toi, s’il te plaît.



29 réactions


  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 novembre 2006 15:28

    Je ne suis pas d’accord avec vous : SR a une ligne relativement claire sur le plan de la politique internationale qui vaut bien celle des autres, que ce soit sur l’Iran dont elle nous rappelle que l’on ne peut, en ce qui concerne ce pays, dissocier le civil et le militaire nucléaires, Le conflit Israël/Palestine pour lequel elle reprend intégralement la politique du PS , les pays en développement (co-développement sans corruption) et même l’Europe donc ont sait qu’elle veut reprendre la construction constitutionnelle, en tenant compte du non au référendum (alors qu’elle a voté et fait voté oui), sur des bases plus compréhensibles pour les français, en tout cas pour ceux qui ont cru (à tort) que voter « non » pouvait permettre à court terme de renforcer l’intégration européenne sur le plan politique et social (plan B).

    Pour qui vit dans d’autres pays européens, comme moi, il est facile de constater que SR soulève un intérêt (Allemagne, Angleterre) voire un enthousiasme certains (Italie Espagne) et cela vaut aussi pour l’Amérique de Sud (Chili, Brésil) et pour l’Afrique francophone (Sénégal Mali).

    Elle a donc de grands atouts dans les mains et je ne vois pas en quoi elle ne saurait, ni ne pourrait s’en servir ; de plus elle ne sera certainement pas seule dans cette tâche.

    Cette prétendue incapacité de SR en politique internationale me semble un préjugé que je ne qualifierais pas, mais dont tout le monde pourra constater qu’il est fallacieux lors de la future campagne internationale qu’elle a déjà programmée pour se faire mieux connaître et encore plus apprécier de ceux qui la connaissent encore mal.


    • (---.---.192.187) 21 novembre 2006 15:48

      Si si qualifiez le ce préjugé... dites le donc, c’est un préjugé « sexiste » hein c’est ça ?

      C’est pas avec cet argument débile que SR se fera élire (même si visiblement ça a marché au sein du PS).

      Je suis assez d’accord avec l’article, mais j’irai plus loin, SR n’a aucune vision internationale (Sarkozy en as une lui, même si elle est plus Bushienne que intelligente). Et c’est un gros problème, pas pour les élections vu que ça ne rentrera sans doute pas en ligne de compte pour les électeurs français.

      Mais c’est quand même un grave problème... qui aujourd’hui dans la classe politique française à une stature internationale solide ? Quelques éléphants à gauche, Chirac et Villepin à droite... c’est sur que ça se construit sur la durée, mais faire de déplacement à l’autre bout du monde pour serrer une paluche ou ne rien dire, ça a jamais fait un spécialiste des problèmes mondieux... espérons que ça change.


    • mobymatic (---.---.16.88) 21 novembre 2006 19:09

      « que ce soit sur l’Iran dont elle nous rappelle que l’on ne peut, en ce qui concerne ce pays, dissocier le civil et le militaire nucléaires »

      Pourquoi « en ce qui conserne ce pays » on ne pourrait dissocier le civil du militaire ? Dite le moi ?

      Pouvez vous me dire de quel droit, et avec quelle autorité vous pouvez interdire un pays de faire du nucléaire civil ?

      Le traité sur la non prolifération des armes nucléaires, comme sont nom l’indique, ne conserne que les armes... Mais avec la peur les amalgames sont facile à provoquer, les Etats Unis l’ont bien comprient, et après les armes de destructions massives à Sadam, il faut être un peu naif pour continuer à suivre sans s’interoger...

      Ségolène Royal se permet de surfer sur cet amalgame (et ses fans la suivent...), se qui autorise largement à s’interroger sur elle...

      A moins qu’elle ne comprenne réellement pas ce qu’est le traité sur les armes nucléaires, ce qui est tolérable pour un simple militant, mais pas pour quelqu’un qui va peut être avoir l’arme en question entre ses mains !


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 novembre 2006 20:50

      Pour une raison très simple et que tout le monde, sauf vous apparemment, connaît : la gouvernement de ce pays n’a de cesse de menacer de rayer de la carte l’état d’Israël et de manifester sa mauvaise volonté en ce qui concerne les contrôles de l’agence anti-prolifération.

      Si vous avez quelques raisons sérieuses de faire confiance à la volonté pacifique du gouvernement de ce pays, vous êtes le seul à les connaître ; en attendant que vous puissiez en convaincre les instances internationales, le principe de précaution impose que l’on refuse à l’Iran, comme le propose l’ONU, la maîtrise de la filière de l’uranium enrichi , étape pour produire l’armement nucléaire. Ce qui n’empêche pas l’Iran de construire des centrales nucléaires avec du carburant produit ailleurs.

      Vous ne semblez pas suivre de près les négociations en cours...


  • Philippe Astor Philippe Astor 21 novembre 2006 15:54

    Sylvain, étant donné qu’il y a une chance sur deux qu’elle soit élue présidente de la république (oui ou non, je ne fais pas de probabilités ni de bi-partisme), je ne demande qu’à être convaincu de ce que vous dites. Et pour les mêmes raisons, je me félicite de l’intérêt qu’elle peut susciter à l’étranger.

    Sur la question de l’Iran, elle avait manifestement oublié de potasser son dossier et je ne suis pas par ailleurs convaincu que l’on doivent faire deux poids, deux mesures avec certains pays (au nom de quelle morale tombée du ciel ?). Après tout l’Iran peut très bien devenir un jour démocratique, à condition qu’on puisse lui garantir une certaine stabilité, vis à vis de voisins qui ne sont pas tous des amis et dont certains détiennent la bombe. Il faudra leur donner des gages si on veut qu’ils se contentent de développer du nucléaire civil en toute transparence.

    Quant à la pertinence de développer le nucléaire civil comme principale source d’énergie pour les décennies à venir, la question se pose à tous les pays sans exception, y compris à la France, qui n’a jamais demandé son avis à personne.


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 novembre 2006 20:57

      Il ne s’agit pas de morale mais de politique : le gouvernement iranien est un gouvernement en qui on ne peut avoir aucune confiance : il n’a de cesse de menacer Israël et de faire fi des contrôles de l’agence internationale de non-prolifération.

      Il est en politique parfois indispensable de faire deux poids deux mesures ; rappelons nous les accords de Munich : on sait ce qu’il en est advenu. Principe de précaution oblige...

      La politique n’est la morale, ni le droit pris comme des absolus : les principes absolus sont toujours irresponsables et dévastateurs


  • virginie (---.---.149.181) 21 novembre 2006 15:56

    J’ai un peu de mal à comprendre comment une personne, a priori cultivée et ouverte sur l’extérieur, peut, sans frémir, aller voter à l’extrême gauche ??....a ma connaissance, et je suis d’autant mieux placée que j’ai vécu dans d’anciens pays communistes, ces idéologies sont responsables d’un peu plus de 100 millions de morts. Contrairement aux nazis, les divers communistes ont tué « pour le bonheur de l’humanité »...Belle excuse...et pour moi il ne s’agit pas d’une erreur, les idéologies d’extreme gauche sont totalitaires même si la tradition intello gauchiste refuse toujours de le reconnaitre. Parfois je me dis qu’il est dommage que ces gens n’aient pas pu en faire l’expérience par eux-mêmes.. ; Mais les morts sont une chose et le pire fut peut être l’aliénation de la liberté de penser. Comment peut-on s’en réclamer au nom du bien être international ?? Je suis socialiste, mais je suis avant tout démocrate et jamais je ne pourrai aller voter pour des candidats qui sont en réalité porteur d’extrémimes qui sont totalement antidémocratique et antihumaniste...et tout ce que vous faites en donnant vos voix à ce type de candidats, c’est contribuer à saper la base démocratique de nos sociétés, qui ont sans doute des problèmes mais qui sont pourtant bien chanceuses...puisque vous êtes un adepte de l’observation internationale, je ne vous ferai pas insulte en vous rappelant que la démocratie n’est pas le plus répandu des régimes sur cette terre, malheureusement !


    • Philippe Astor Philippe Astor 21 novembre 2006 16:53

      Virgine, je comprends votre réaction. J’avoue être tenté d’apporter ma voix à Clémentine Autin, si d’aventure elle était désignée (ce à quoi je ne crois plus), parce que je ne doute pas qu’elle soit démocrate et que je suis sensible à ses interpellations sur un certain nombre de dérives du capitalisme.

      Elle ne s’incrit pas (de même que Ségolène au sein du PS d’ailleurs) dans un héritage historique mais plutôt dans ce que je considère être un renouveau de la gauche anti-libérale. Je ne suis pas vraiment anti-libéral mais je trouve intéressant qu’elle soit audible.

      En revanche, je ne voterai ni pour Besancenot, ni pour Bové (pas crédible, désolé José), ni même pour Marie-George Buffet, bien que j’ai déjà voté communiste localement, non pas par idéologie, mais parce que les élus locaux que je souhaitais voir reconduire menaient une politique municipale, sociale et culturelle que je soutenais.

      Certains, à la gauche du PS, sont beaucoup plus caricaturaux, idéologiquement parlant, que Clémentine Autin. J’ai pu m’en rendre compte, et vous aussi je suppose, pendant la campagne sur le référendum.

      Je n’imagine pas qu’elle puisse être un jour élue présidente, mais je pense que le premier tour est l’occasion de donner à certaines sensibilités l’occasion de se manifester, ce qui influe toujours plus ou moins sur la composition des gouvernements à venir.

      Et qu’elle ait voix au chapitre dans un futur gouvernement, sur les questions sociales, notamment, ne me dérangerait pas.


    • ropib (---.---.27.229) 21 novembre 2006 17:00

      Vous vous basez sur quoi pour dire qu’ils sont anti-démocrates ? Il faudrait regarder les programmes et tous n’ont pas le même -> gros problème pour trouver une unité justement.


    • virginie (---.---.149.182) 23 novembre 2006 15:55

      Sur quoi je me base ??? vous trouvez que les diverses expériences communistes et d’extreme gauche menées dnas le passé ont été des modèles de démocratie ?? Vous me direz que le PC d’aujourd’hui n’est pas celui de l’ancienne URSS..oui, et le Pen n’est pas Hitler.. ! Ce sont, que je sache les mêmes courants de pensée et ces idéologies sont par essence totalitaires. On peut bien nous les présenter sous différentes formes, même en utilisant des gens fort sympathiques, il n’empeche que le « pouvoir du peuple » est en réalité le pouvoir d’un petit groupe de personnes qui aura l’immense tache de déterminer ce qu’il est bon de faire, ce qu’il est bon de penser et d’éliminer tous les autres...la dictature du prolétariat ça veut bien dire ce que cela veut dire Alors que ce sgens se présentent aujourd’hui comme l’alternative à « un courant de pensée unique » c’est à mourir de rire...mais quand cela ne semble choquer personne, c’est à pleurer vraiment...


  • Cochonouh Cochonouh 21 novembre 2006 16:16

    « Nous allons gravir la montagne jusqu’à la victoire et aujourd’hui c’est un beau jour pour partir au combat, car nous sommes portés par un mouvement populaire généreux et heureux qui sent que nous sommes soutenus par une cause qui est plus grande que nous. »

    Bonne chance pour la suite !


    • ropib (---.---.27.229) 21 novembre 2006 16:55

      Ben moi j’aime bien. Tous les hommes politiques font leurs petites phrase nazes et démago, celle-là est bonne


  • ropib (---.---.27.229) 21 novembre 2006 16:53

    La politique internationale de Chirac est-elle lisible ? Je pense que n’importe qui fera mieux.

    Si on me sort l’Irak, il me semble que le chancelier allemand avait été particulièrement clair pendant sa campagne électoral avant que Chirac ne suive (non sans avoir tester la réaction du publique pendant au moins deux semaines, comme à son habitude chez lui « démocratie=démagogie »). Après bien sûr il y a eu de très beaux discours, mais c’est notre champion là-dessus.

    Comme partour Chirac prend la décision de ne pas en prendre. Royal, elle, a des positions mais elle veut aussi connaître la position du peuple (ce qui ne veut pas dire qu’elle va la suivre à tout coup à mon avis). Et puis il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup de gens de qualité au ps sur ce genre de problème, nous n’avons pas besoin d’un roi ou d’un chef, ou d’un papa qui soit seul à décider.


  • gib (---.---.81.252) 21 novembre 2006 16:59

    Bonjour,

    Je vous dis d’abord en quelques mots d’où je viens. J’ai 48 ans ; plus de la moitié de ma famille a vécu dans des pays dits socialistes ; j’ai été de ceux qui ont entretenu le lien avec la Charte 77 et qui auraient vu d’un bon oeil un éxécutif Dubcek-Havel après la révolution de velours - pour concilier les exigences de liberté et de justice sociale qu’ils auraient si bien incarnés ENSEMBLE.

    Je partage ce que dit Philippe du qualificatif « anti-libéral ». Il est négatif et ambigu. Ce qui doit être combattu, c’est tout ce qui empêche l’émancipation des hommes et des femmes, leur dignité, leur liberté. Et la concentration mondiale à laquelle nous assistons - qui a substitué une guerre Nord-Sud à la guerre froide - est à l’opposé des utopies libertaires.

    Je me suis donc ré-interessé à la politique avec la campagne du réferendum l’an passé. Essentiellement parce que se sont mis ensemble des gens aussi différents que Mélenchon, Buffet, Bové et accessoirement dans mon esprit Besancenot et autres. J’y ai retrouvé Clémentine Autain que je connaissais pour ses écrits du temps où elle était présidente de l’association MixCité.

    J’aimerai vraiment qu’elle devienne la candidate d’une gauche authentique et donc libertaire.

    Il y aura manifestement beaucoup de femmes candidates à cette présidentielle. La marche vers l’égalité des sexes est probablement ce qui restera de plus marquant dans les conquêtes de la civilisation occidentale au XXème siècle. Mais ces candidatures féminines sont des candidatures de régression. Royal veut nous imposer la blairisation qui a fait tant de mal aux peuples britanniques, Alliot-Marie n’est pas moins à droite que ses amis politiques, Voynet réussit ce tour de force de mettre une volonté de renouveau au service d’un rassemblement politicien.

    - Face à toutes ces candidatures, la candidature d’une féministe (ce serait la première comme Dumont fut le premier candidat écolo) serait salutaire et ferait bénéficier tout le mouvement social de ce que le féminisme nous a appris et peut nous apprendre sur le rapport au pouvoir.

    Le résultat de la consultation interne au PS va confirmer les médias dominants dans leur campagne Sarko-Ségo. Je ressens cette campagne médiatique comme une confiscation de l’élection. Changer la donne, redonner la parole au peuple demande un choix audacieux. Royal et Sarkozy - que je ne confonds pas - sont tous les deux dans le marigot depuis la fin des années 70. Ils sont de ces élites qui nous ont amené à la crise politique d’aujourd’hui. Notre choix ne peut pas se limiter au vote utile ou au vote protestataire. Puis le vote par défaut face à l’ancien de la coloniale.

    - Une personnalité politique nouvelle - sans être inexpérimentée - montrerait la modernité, la radicalité, la novation de la démarche libertaire.

    Depuis 1995, les mouvements sociaux se multiplient et se diversifient. Clémentine Autain est de cette génération-la. Elle n’est ni marquée ni comptable des débats, des excommunications et des crimes d’antan. Je pense que les acteurs ce tous les mouvements novateurs de ces denières années peuvent se reconnaître en elle. Et les jeunes plus que les autres !

    - La candidature de Clémentine Autain serait une belle preuve de respect et de confiance en la jeunesse. Et un encouragement à tous ceux qui ont pris, prennent ou sont prêts à prendre le risque de s’engager.

    Enfin, l’émergence de Clémentine Autain comme personnalité depuis ces deux dernières années met en avant l’autonomie de penser des individus au sein d’organisations collectives sans être étouffés par elles. A l’inverse de l’idéologie ambiante qui n’offre à l’individualité que l’individualisme comme perspective.

    L’idée d’une campagne collective de cette gauche-là est également prometteuse. Si une telle campagne a lieu, l’apport de chacun doit enrichir chacun des autres ; et chacun devra accepter de comprendre l’autre. J’apprécie que Clémentine Autain s’engage dans sa déclaration de candidature à la candidature en ces termes : Parce que nos sociétés allient l’exploitation et la domination, nous devons mêler les utopies, les cultures, les apports du mouvement ouvrier, du féminisme, de l’écologie politique, de l’anti-racisme, de l’anti-consumérisme.

    Je recommande la lecture de la biographie de Clémentine Autain commandée par les Editions DANGER PUBLIC et qui s’intitule CLEMENTINE AUTAIN, PORTRAIT


    • JG (---.---.209.125) 22 novembre 2006 02:54

      Et vous croyez que la gauche que Clémentine veux représenter est libertaire ?

      Elle, cette gauche anti-libérale 5et non libertaire), est fortement noyautée par le PC sectaire, spécialiste de l’entrisme et de la récupération.


  • (---.---.25.41) 21 novembre 2006 17:01

  • Jerome (---.---.20.126) 21 novembre 2006 17:03

    Vous comptez donc voter de nouveau à droite (et pas Bayrou, qui ne reussira jamais à avoir suffisament de score, malgrès toute l’estime que j’ai pour lui) au second tour de 2007 ? Faudra-t-il, comme pour les enfant, répéter la lecon sur la logique d’un vote pour une personne avec que 2 personnes au deuxieme tour ?


  • KOUCHNER 2007 (---.---.96.13) 21 novembre 2006 17:40

    MAIS, BON SANG, REJOIGNEZ-NOUS ! Qui vous dit qu’il est trop tard ? Et même si Bernard ne se présente pas, au final, vous aurez au moins trouvé une communauté d’hommes et de femmes modernes, qui partagent les mêmes valeurs ... et pour lesquels rien n’est fini... Bien cordialement


    • www.jean-brice.fr (---.---.23.169) 24 novembre 2006 09:52

      Sauf que vos valeurs sont un ALIGNEMENT INCONDITIONNEL sur les anglo-saxons ! c’est-à-dire PRECARITE ET PAUVRETE !!!


  • aldebaran (---.---.162.39) 21 novembre 2006 18:58

    Eh oui !!! quand on lit votre portrait c’est effectivement tout craché celui du bobo..Une approche des choses qui tient plus de l’esthétisme que d’une analyse sérieuse. Bourdieu en ferait ses choux gras !! Alors pas étonnant, ce bon docteur Kouchner, la coqueluche du pouvoir médiatique et une caricature de superficialité. Pas la droite de la gauche , non un croisement de jack Lang et de Georgina Dufoix !

    Quant à Segolene, erreur d’analyse !!! si elle est élue ne comptez pas vous réfugier dans ses jupes ... ce sera Folcoche !!!


    • Philippe Astor Philippe Astor 21 novembre 2006 19:47

      aldebaran, pour être bobo, il faut déjà en avoir les moyens. La vieille super 5 avec laquelle je roule date de 1985. Et je ne possède rien d’autre, en dehors d’une vieille guitare, d’un ordi qui me sert d’outil de travail, et d’une belle collection de bouquins.

      Quant à dire que Kouchner est une caricature de superficialité, j’aimerais bien être aussi superficiel que lui et pouvoir me réclamer de tous les engagements qui ont été les siens. Vous me faites bien rigoler.

      Pour ce qui est de l’analyse politique, il vous faudra aussi faire des progrès. Si vous n’avez que des accusations d’esthétisme à opposer à ceux qui ne partagent pas vos opinions. Quelles sont-elles d’ailleurs. En avez-vous ? Et aurez-vous le courage de les exprimer ?


  • Piotr (---.---.195.215) 21 novembre 2006 23:29

    A l’auteur, vous allez peut-être changer d’avis sur Ségolène Royal et la politique internationale en lisant l’article suivant paru aujourd’hui qui est une annonce des orientations européennes de l’équipe de Royal : http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2006/11/20/wsego20.xml

    Ce n’est pas vraiment un repli sur soi !


    • caramico (---.---.227.13) 24 novembre 2006 18:46

      a Piotr...

      Segolène a dit aux Anglais ce qu’une grande majorité de Français pensent, à savoir qu’ils doivent choisir entre l’Europe et les USA.

      Bravo


  • Fox (---.---.60.112) 22 novembre 2006 00:30

    Et bien ! N’hésitez pas ! Votez Bayrou au premier tour !

    Pour une fois, vous aurez l’occasion de voter dans la nuance au premier tour, et de faire de même au second en votant à nouveau pour lui !


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 novembre 2006 10:02

    Philippe,

    Je crois nous sommes sur une même ligne de pensée politiques mais orphelin car dépourvus de candidat. J’avais envisagé Bayrou mais sa prestation m’a fait comprendre son inutilité dans la campagne. Je trouve légitime qu’un courant contestataire anti-libéral soit puissant mais quand il s’agit d’offrir des solutions, je n’y adhère plus. Les candidats stars offrent plein de solutions sous forme de saupoudrage et ce n’est pas avec des pansements qu’on réduits une fracture. Il reste à inventer la troisième voie, un libéralisme qui soit opposé au capitalisme.

    Voilà le mot d’ordre, libéraux contre capitalistes


    • MrPiment MrPiment 22 novembre 2006 11:52

      La posture que vous prenez systématiquement dans vos commentaires est décidement la plus facile (et assez navrante je trouve) ; toujours critique, la solution n’est jamais la meilleure alors « inventons la troisième voie »...

      Bref ça ne mène à rien, en tout cas pour le moment car non pas qu’il ne faille pas y réfléchir mais vous passez à coté du débat. Les candidats sont la et il faut choisir, voter blanc en attendant mieux c’est voter pour le vainqueur.

      Il sera toujours possible de trouver mieux et nous aurons 5 ans pour y réfléchir mais en attendant regardons plutôt ce que nous avons aujourd’hui afin de faire le meilleur choix possible.

      Il est clair que le choix Sarko-Ségo sent le piège tellement c’est trop gros alors quel choix au 1er tour sera le plus utile en 2007 ?

      Cet article est très intéressant dans cet optique.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 novembre 2006 12:13

      Bien oui, cet article est intéressant et le choix Sarko Ségo ne me paraît guère excitant. Pas plus qu’aucune des candidatures alternatives (Bayrou ou les antilib).

      5 ans pour réfléchir ? Oui, entre 2007 et 2012, ce qui confirmerait l’inutilité de cette élection. 5 ans pour voir la crise aller vers sa solution ou son aggravation, tout à fait !


    • www.jean-brice.fr (---.---.23.169) 24 novembre 2006 09:55

      encore un chercheur qui veut réformer le capitalisme : pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr


  • caramico (---.---.227.13) 24 novembre 2006 18:32

    Pour ce qui est de la clairvoyance de votre protégé Kouchner sur le plan international, que pensez vous de son engagement pour l’intervention américaine en Irak ?


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