mercredi 2 décembre 2015 - par astus

Moïse et Mahomet, les terribles frères siamois

Il est banal de dire que religion et politique furent toujours liées dans l’histoire de l’humanité pour la conquête et l’exercice du pouvoir. Or ces interactions entre spirituel et temporel sont encore très conflictuelles dans le monde pour le judaïsme et l’islam ce qui interroge sur les figures tutélaires qui sont à leur origine : Moïse et Mahomet. La thèse que je soutiens est que la manière dont ces croyances sont nées autrefois pèse encore sur les évènements actuels, notamment politiques, de la même façon que nos racines familiales sociales et culturelles déterminent souvent notre vie ultérieure.

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Un bref rappel historique comparatif montre que la confusion entre religion et politique a été très répandue. Elle fut totale chez les romains puisque César était non seulement l’imperator disposant de tous les pouvoirs, mais aussi un dieu objet de culte. Henry VIII fut le souverain absolu que l’on connaît mais aussi le chef des anglicans. Et durant mille ans presque tous les rois de France sacrés religieusement à Reims ont été « Rex imago Christi ». Cela a changé dans notre pays avec la loi de 1905 qui instaurait la séparation de l’Église et de l’État mais c’est loin d’être le cas partout car le président des États-Unis, par exemple, doit jurer sur la Bible devant son peuple.

Pour les prophètes à l’origine des deux monothéismes cités il est clair que les sources historiques sont incomplètes ou inexistantes, surtout pour Moïse, moins pour Mahomet. Mais ces lacunes n’empêchent pas d’interroger les représentations mentales qui ont prévalu depuis l’origine bien qu’elles ne soient pas fiables, voire mythiques. Cela signifie que nous adoptons ici un point de vue ethnographique, car rien n’interdit de parler du Père Noël, par exemple, comme d’un mythe aux effets très concrets sur la conscience sociale, malgré son existence réelle imaginaire. Je n’évoquerai donc ici que de ce qui est généralement retenu par la tradition, le plus simplement possible.

L’histoire de Moïse relatée dans la Bible est celle d’un nourrisson abandonné peu après la naissance dans une corbeille au bord du Nil. La fille du pharaon qui se baignait à côté recueille le bébé, le nomme et l’adopte, mais le confie un moment à sa mère pour l’allaiter avant de l’élever elle-même comme son propre enfant bien que Moïse fasse partie de la deuxième génération des hébreux captifs d’Egypte, et que Pharaon ait décidé de tuer tous les nouveaux nés mâles. Devenu adulte Moïse prend conscience de la misère de son peuple asservi et tue un contremaitre égyptien qui violentait un coreligionnaire. Il s’enfuit alors au loin, se marie, et mène une vie de berger avant de recevoir la révélation divine alors qu’il est déjà très âgé. La mission sacrée qui lui est confiée est de libérer son peuple du joug égyptien grâce aux dix plaies envoyées par Dieu pour forcer Pharaon à laisser partir les hébreux. Après le départ de ceux-ci conduits par Moïse, Dieu détruit l’armée égyptienne lancée à leur poursuite durant la traversée de la mer des Roseaux. Parvenu au mont Sinaï, Moïse reçoit du Tout Puissant les dix commandements mais retrouve bientôt son peuple en adoration devant l’idole du veau d’or. Furieux il ordonne alors le massacre de 3000 hébreux et brise les Tables de la Loi qu’il ira chercher de nouveau ensuite. Arrivés enfin devant la terre promise, plusieurs éclaireurs dissuadent leur peuple d’y entrer. Dieu condamne alors les hébreux à errer 40 ans dans le désert. C’est finalement Josué, et non Moïse, mort à 120 ans, qui conduira son peuple comme chef de guerre sur cette terre occupée par d’autres populations, ce qui entrainera les massacres de Jéricho et Canaan.

Mahomet est né vers 570 à La Mecque dans une période historiquement troublée de la péninsule Arabique. Son père meurt avant sa naissance et il est confié à une nourrice puis perd sa mère quand il a 6 ans. Recueilli par un grand père et un oncle de son clan sa vie reste marquée par la pauvreté jusqu’à sa rencontre avec Khadîdja, une riche veuve plus âgée que lui qui l’épouse et lui donne quatre filles. La vie matérielle de Mahomet s’améliore alors et il bénéficie de la considération du clan de sa femme. Et c’est dans une grotte des environs qu’il a l’expérience mystique d’entendre la voix de l’ange Gabriel qui lui dicte la Parole de Dieu. Mais quand il finit par rendre publique ses révélations divines, il suscite l’animosité de ceux qui ne croient pas dans ce nouveau monothéisme qui pourrait mettre en péril les commerces liés aux cultes préislamiques encore vivaces autour du sanctuaire polythéiste de la Kaaba, malgré la présence ancienne de juifs et de chrétiens dans la région. Avec un petit groupe de fidèles Mahomet est contraint de partir pour Médine en 622, ce qui marque le début du calendrier musulman et d’une nouvelle communauté religieuse, l’Umma, ouverte à tous, mais qui précise les droits et devoirs de chacun. Mahomet devient alors rapidement un chef de guerre important qui organise des razzias revanchardes contre les caravanes mecquoises. Les relations avec les tribus juives, bonnes au début, se dégradent au point qu’elles sont bientôt chassées manu militari. Progressivement son statut de prophète grandit et il écarte tous ceux qui lui sont hostiles. Puis il retourne à La Mecque pour islamiser les anciens rituels païens et créer un nouveau pèlerinage qui rassure les notables ralliés à sa cause. Un important réseau d’influence se constitue alors qui lui permet de propager la nouvelle religion sur de larges territoires, avec une visée expansionniste soutenue par une parole de Dieu censée compléter et parachever le cycle des révélations réalisées par les précédents prophètes, qui deviendra le Coran. Mahomet a eu de nombreuses épouses. Il meurt en 632 à Médine où il est enterré.

Si l’on rapproche à présent l’histoire de ces deux prophètes qui ont créé ces religions comme la tradition nous les relate, on est frappé par de très profondes similitudes.

1/ Avec quelques communautés chrétiennes du Moyen Orient ces deux monothéismes ont poursuivi la pratique ancestrale de la circoncision dont l’origine est probablement égyptienne. Or beaucoup de voix s’élèvent aujourd’hui pour réclamer le droit fondamental à l’intégrité physique complète de l’enfant et dénoncer la violence traumatisante durable de ces mutilations sexuelles sur les garçons ainsi que celles dont les femmes sont aussi victimes sur les mêmes aires de population.

2/ Moïse et Mahomet, tous deux orphelins très tôt, sont élevés par des parents de substitution. Ils souffrent vraisemblablement de blessures affectives dues à des liens insuffisants avec la mère, et d’une absence totale du père. Les effets pathogènes de ces carences sur l’édification de la personnalité des enfants et adolescents sont connus : ils augmentent beaucoup le risque de conduites antisociales.

3/ Mahomet et Moïse se sentent aussi victimes d’autres injustices : pauvreté, rejet de ses révélations et absence de descendance mâle pour l’un, violences de la servitude pour l’autre qui font d’ailleurs de celui-ci un meurtrier pourchassé par la police de l’époque. En d’autres termes nous dirions aujourd’hui qu’ils sont tous deux des révoltés sociaux ou des incompris en quête de reconnaissance s’estimant persécutés à tort.

4/ Moïse et Mahomet doivent tous deux fuir leur lieu de naissance pour aller vivre ailleurs. Ce sont des expatriés. Le départ de Mahomet pour Médine marque l’hégire, qui signifie « migration ». Quant à l'exil de Moïse, nous le connaissons par le livre de « l’Exode ». Ils sont donc des « migrants » à la recherche d’un paradis perdu ou d’un monde idéal qui font l’expérience que « Nul n’est prophète en son pays ».

5/ Moïse et Mahomet reçoivent chacun la parole révélée de Dieu : Tables de la Loi d’un côté, et ce qui deviendra le Coran de l’autre, dont les prescriptions s’appliquent à tous les croyants car elles sont l’expression d’une vérité provenant d’un Dieu tout puissant omniscient qui ne peut être mise en doute. L’expérience historique nous montre qu’une idéologie qui ne peut être ni examinée, ni critiquée, ni réfutée, ni modifiée, ni abrogée relève d’un système totalitaire.

6/ Mahomet comme Moïse sont non seulement des guides religieux mais aussi des chefs de guerre en quête d’un pouvoir absolu seulement partagé avec Dieu. Il n’existe aucune séparation pour eux entre religion et politique. L’un n’hésite pas à porter le fer contre tous ses opposants, notamment religieux, et à faire des razzias pour asseoir son expansionnisme. L’autre mène une guerre d’indépendance contre les égyptiens et sacrifie volontairement 3000 sujets dans ses propres rangs. De semblables faits entraineraient probablement à présent une assignation devant la Cour Pénale Internationale pour apologie de la guerre, crimes de guerre, et/ou génocide.

Il s’avère donc que les convergences entre ces deux monothéismes sont fondamentales concernant un mélange entre politique et religion qui attise sans cesse la violence. On ne doit donc pas être surpris que cette confusion attire des jeunes gens en quête de reconnaissance identitaire, particulièrement des adolescents en rupture à la recherche d’un père rêvé qu’ils n’ont pas eu mais qu’ils croient trouver de manière substitutive dans des idéaux politico religieux paranoïaques manipulés par des pervers. Bien sûr je n’affirme pas ici qu’il s’agit de la seule cause du terrorisme actuel, car je suis assez informé des autres raisons pour connaître la relativité d’un tel discours, je dis seulement que c’est une piste de recherche féconde. Coulibaly est l’exemple type d’un petit délinquant narcissique et multirécidiviste qui exhibait ses exploits physiques ou sa toute-puissance infantile dans la cour de la prison face aux autres détenus admiratifs, qui produisait des vidéos critiques de son incarcération montrées à la télé, où il sera interviewé, et qui fut même reçu avec les honneurs par Sarkozy à l’Elysée, l’ensemble de ces signes montrant à l’évidence une personnalité pathologique potentiellement dangereuse facile à repérer pour des gens correctement formés.

Et si l’on se tourne vers le conflit israélo palestinien on est frappé par le fait que ce sont les descendants de Moïse et Mahomet qui s’affrontent toujours avec « frérocité » sous l’égide de monothéismes concurrents mais cependant collés ensemble comme deux frères siamois ennemis inséparables qui alimentent sans cesse de nouvelles violences politico religieuses. Il y a pourtant 2500 ans, l’Orestie d’Eschyle proposait déjà une solution pour mettre fin à ces vendettas. Car pour faire cesser la répétition tragique des meurtres dans la lignée des Atrides, l’auteur faisait intervenir dans ses Euménides la figure tierce incontestable d’Athéna qui, en créant le tribunal athénien de l’Aréopage, venait rendre une vraie justice qui séparait enfin les belligérants. Quand les frères siamois ne seront plus collés dos à dos mais autonomes ils pourront alors peut-être se regarder en face pour prendre conscience de ce qu’ils sont vraiment : les héritiers aveugles d’une violence religieuse obscure non éclairée par la raison. 



55 réactions


  • soi même 2 décembre 2015 11:41

    Ce qui serait moins banal est de dire un peut moins de connerie, sa serait pas banal.
    ( Il est banal de dire que religion et politique furent toujours liées dans l’histoire de l’humanité pour la conquête et l’exercice du pouvoir. -
    Et si l’on se tourne vers le conflit israélo palestinien on est frappé par le fait que ce sont les descendants de Moïse et Mahomet qui s’affrontent toujours avec « frérocité » sous l’égide de monothéismes concurrents mais cependant collés ensemble comme deux frères siamois ennemis inséparables qui alimentent sans cesse de nouvelles violences politico religieuses. ) ?

    Un peut de réflexion, c’est cela qui banalement vous manques..... !


  • astus astus 2 décembre 2015 11:54

    Cet article repose sur une argumentation précise : vous avez tout à fait le droit de contester celle-ci, bien qu’elle fasse largement appel au domaine public universel connu, mais alors il faut présenter d’autres arguments. Bien sûr tout le monde attend impatiemment les vôtres...


    • soi même 2 décembre 2015 12:04

      @astus, chez Palestinien vous avez aussi des chrétiens et chez les Israéliens aussi.
      Ce que je conteste c’est dire n’importe contre vérité historique comme étant une évidence, la Religion a régit la vie Social, ce n’est pas pour autant quelle a toujours fait de la politique.

      Lâcher Marx et les Marxistes, sur le sujet , ils n’ont racontés que des conneries , un hasard , sûrement pas ?

       


    • Alren Alren 2 décembre 2015 18:31

      @astus

      Eh bien moi, astus, je vous tire mon chapeau pour la clarté de votre analyse inédite !
      Je me souviendrai de cet article.

      En Palestine les chrétiens comptent pour du beurre. Et les grandes victimes de la déstabilisation du Liban envahi par l’armée israélienne en 1978 (si j’ai binne mémoire), lors de l’opération « Paix en Galiée » (sic) furent les chrétiens. 

    • Joseph Joseph 16 février 2016 00:01

      @astus
       
      Il y a des approximations dans les faits relatés et sur la religion en général.
      Je ne me pencherais pas sur Moïse dont je ne connais pas très bien l’histoire, si ce n’est celle que vous avez relatée. Gardez aussi en tête que les fait se sont déroulés il y a 1400 ans (islam) et de millier d’années auparavant pour Moïse. Le contexte social et la violence de l’époque n’étaient pas les même que maintenant. Donc nécessite une remise en perspective.
       
      Avant d’épouser sa femme Muhammad avait déjà roulé sa bosse en faisant du commerce caravanier. Durant sa carrière marchande il acquit une bonne réputation, on le surnommait Al Amin (le digne de confiance). Arrivé à Médine il fit un pacte avec les différentes tribus (catholiques, juives et païennes). Les « razzias revanchardes » n’en était pas mais visaient à combattre et affaiblir le clan de la Mecque qui avait voulu et cherchait toujours à le tuer (ils étaient tout simplement en guerre). Le problème avec les tribus juives vient de la trahison de ces tribus qui se sont rallié au clan mécquois hostile à Muhammad. L’« expulsion manu militari » qui a été faite à ces tribus juives l’a été en accord avec les autres tribus de Médine (Yathrib à l’époque) :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Tribus_musulmanes_et_juives_de_Yathrib
       
      Dans tous les cas Muhammad a toujours préféré la voie diplomatique à la voie guerrière. Ce qui lui a même valu de la part de ceux qui le suivaient de prendre une de ces décisions envers les mecquois comme de la faiblesse. Toutefois l’avenir, comme la majorité qui l’a suivie, lui a donné raison étant donnée qu’il a réussi à rentrer victorieux à la Mecque par la voie diplomatique. Les règles qu’il a édicté ont aussi permis de moderniser la société de l’époque (à remettre en contexte avec l’époque bien entendu). Il est mort avant que l’islam se répande et connaisse son essor.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahomet
       
      Pour le reste la religion a effectivement été instrumentalisée à des fins politiques, comme toute idéologie. Je ne crois pas que la religion soit le problème en soi mais le problème vient de ce qu’en ont fait les hommes. Les religions (quelles qu’elles soient) ne sont pas à prendre comme des idéologies mais comme des voies spirituelles, ce point est malheureusement souvent oublié. Étant donné leur pouvoir fédérateur (mais aussi diviseur) il semble logique que certains en aient profité pour s’en servir comme outils de pouvoir en mettant de côté toute forme de spiritualité..


  • cathy cathy 2 décembre 2015 12:30

    Les juifs modernes ne sont pas des descendants de Moïse, génétiquement. Les 10 tribus ont choisis la religion babylonienne. Ils ne peuvent donc pas aujourd’hui avoir changé de religion entre temps. Quant à la tribu de Judas, un tiers s’est converti au christianisme et les autres ont été tués ou mélangés à d’autres peuples. 

    Vous avez oublié de parler du talmud, livre qui n’a rien de commun avec les commandements de Dieu promulgué par Moïse, et ce Dieu qui est apparu à Moïse est Jésus, et il nous dit aujourd’hui qu’il n’est pas venu abolir la loi, mais l’accomplir, c’est à dire qu’il en rajoute un peu plus avec l’amour. Il faut aimer nos ennemis. Il veut notre confiance et non la vengeance.

  • astus astus 2 décembre 2015 12:32

    Je connais bien cette technique : elle consiste à botter en touche pour parler d’autre chose et s’éloigner du sujet afin de tout embrouiller et ne plus savoir de quoi on parle. Nous voici rendus chez Marx, mais ce n’est pas le sujet. Je constate en outre vous êtes en contradiction avec vous-même quand vous écrivez que si « la religion a régit la vie Social, ce n’est pas pour autant qu’elle a toujours fait de la politique » parce que c’est justement ça la définition même de la politique. La politique c’est régir la vie de la Cité, à l’origine, et de l’État aux périodes modernes. 


    • soi même 3 décembre 2015 21:39

      @astus, je voie surtout par vos raccourcies de pensé que vous cultivez des champs de navets, vous faites du matérialisme historique en parlant de fait religieux , heureusement que l’on peut encore disposé d’autres références que votre ordinaire pensé, car vous êtes tellement sur de ce que vous dites vous rendez pas compte de ce que vous dites n’a rien d’original et en plus c’est du plus mauvais goût.


  • astus astus 2 décembre 2015 12:37

    Nous ne sommes pas dans la génétique, mais dans le symbolique : la référence du peuple hébreu à son origine mosaïque est inscrite dans la Bible, et le conflit actuel israélo palestinien excite beaucoup les religieux des deux bords me semble-t-il.


    • cathy cathy 2 décembre 2015 13:23

      @astus
      Alors, vous vouliez sans doute parler de Moïse Maïnonide ?


    • astus astus 2 décembre 2015 13:41

      @cathy

      Vous savez pertinemment que ce n’est pas le sujet.
      Ou alors, encore un effort, relisez tout attentivement.

    • cathy cathy 2 décembre 2015 13:57

      @astus
      Et vous, vous ne savez pas que la Palestine est une marionnette qu’on bombarde de temps en temps pour énerver , et ça marche du tonnerre. 


    • astus astus 2 décembre 2015 14:31

      @cathy


      Je suis tellement au courant de ce que vous dites que c’est même le contenu de tout le dernier paragraphe. Et je propose même une réflexion pour en sortir, mais comprenne qui pourra...


    • astus astus 2 décembre 2015 13:38

      @Henry Canant


      Et oui je me suis souvent diverti, et instruit, à la lecture des articles très documentés d’Alex.
      Merci pour la piqûre de rappel ! 

  • philouie 2 décembre 2015 12:56

    Bonjour,
    l’approche est intéressante mais je ne crois pas qu’il soit utile d’essayer de se livrer à la psychologie des prophètes : la vie de ses personnages a toujours été raconté plusieurs années, voir plusieurs décennies après leur mort par des gens qui ne les ont pas connus. Ce qu’ils en disent nous en apprend sans doute davantage sur les auteurs de ces biographies que sur les prophètes eux-mêmes.
    Personnellement je m’attacherais plutôt à montrer ce qui les distingue que de chercher en quoi il se ressemble et je dirais que Mohammad succède à Moïse.
    On ne peut pas parler de Moïse sans parler de la terre promise et de l’idée de sédentarisation. Moïse c’est l’homme qui se sédentarise, c’est « pousse toi de là que je m’y mette », il découvre la loi qui permet de faire la paix au sein de la communauté et qui dessine le contour de « peuple élu » de laquelle il tire sa force. Il extermine les cananéens et prend leur place. S’il est victorieux, c’est parce que sa loi est meilleure.
    Mohammad succède à Moïse et il universalise la loi de Moïse. Au stade de Mohammad, l’homme est déjà sédentarisé, il n’erre pas dans le désert mais vit installé, là où il se trouve. Aussi la conquête islamique n’est pas une conquête de remplacement : il ne s’agit pas prendre des villes, d’exterminer les gens et d’habiter leurs maisons. Il s’agit de leur apporter la loi, parce que la loi est pacifiante et de créer un empire, fait de peuples différents, mais qui respectent la même loi, valable en raison de notre commune humanité. C’est la même chose qu’ont fait les romains de ce côté de la méditerranée avec le code Romain et la Pax Romana.
    L’Islam est un progrès en cela qu’il apprend à l’homme de se contenter de ce qu’il a , de la part que DIeu lui attribut, de sorte qu’il renonce à la conquête pour voler les terres.
    En ce sens, l’affaire palestinienne est une régression, puisque le sionisme puise ses références dans une judaïsme archaïque qui est celui de la loi du plus fort alors que l’islam, où même un judaïsme moins archaïque comme celui d’Esther, est celui de la loi du plus pieux.
     
    « Concourrez pour le bien, nous vous départagerons de vos disputes »


    • Alren Alren 2 décembre 2015 18:42

      @philouie


      Ces récits sont aussi mythologiques que l’Illiade et l’Odyssée, ou la vie de Bouddha, on le sait bien.
      Mais ceux qui les ont rédigés pouvaient avoir été imprégnés de textes plus anciens. 
       On sait par exemple que le mythe du déluge a été forgé dès la civilisation sumérienne à partir sans doute d’une inondation catastrophique du Tigre et de l’Euphrate en Mésopotamie (« le pays entre deux fleuves »).
      Ce qui est navrant c’est que des personnes puissant de nos jours prendre ces légendes au pied de la lettre ...

    • philouie 2 décembre 2015 19:27

      @Alren
      mythologique ou pas, ces textes sont d’une importance considérable parce que ce sont eux qui ont fait ce que nous sommes. C’est pourquoi nous devons les comprendre, les étudier et les actualiser, c’est à dire les faire vivre.


  • astus astus 2 décembre 2015 13:33

    @ philouie : 

    Merci pour cet intéressant commentaire qui apporte des précisions utiles. Je constate cependant que le lien entre violence et religion, la violence tenant perversement lieu de politique, reste malheureusement très fort dans notre vie actuelle pour alimenter la source de recrutement des apprentis terroristes, qui sont principalement les paumés de nos sociétés, mais aussi les conflits endémiques du moyen orient, où la dimension religieuse dans sa version totalitaire demeure extrêmement présente.
    Cordialement

    • philouie 2 décembre 2015 14:28

      @astus
      D’un point de vue religieux, la violence précède la religion : le premier acte humain est un meurtre, celui d’Abel par Caïn.
      « Nous vous constituons en clans et en tribus »
      L’homme existe d’abord sous forme de meute, c’est sa nature première et cette nature définie son identité : l’homme est défini par son identité et la croyance partagée du groupe : « nous nous sommes... ».
      Cette identitarité (ou grégarité) de l’homme produit une exclusion, i.e le rejet de celui qui n’est pas de la meute, l’autre, l’étranger. La violence humaine est la violence de la meute dans le rejet de celui qui menace la meute soit physiquement, soit identitairement (le fou, le faux-prophète, le métis).
      La religion originelle organise la violence, c’est à dire qu’elle l’organise pour la déporter en dehors d’elle même : la paix interne à la communauté est construite dans une violence externe à la communauté, c’est la logique du bouc émissaire.
      Un niveau supérieur de la religion, qu’initie Moïse(1) à travers la Loi et que parachève Mohammad, est de permettre à l’homme de déconstruire son identité pour qu’il accède à son individualité. Ce passage se fait par le détachement au moyen de la loi et du rite : il s’agit de se détacher de la matrice dont la meute est un substitut.

      1- si Moïse n’entre pas dans la terre promise c’est qu’il fait partie encore du vieux monde.


    • astus astus 2 décembre 2015 15:17

      @philouie

      Puisque vous parlez du bouc émissaire (et vous connaissez certainement la thèse de René Girard) son le but est en effet de sceller la paix du groupe et d’apporter la paix en cristallisant cette violence sur une victime désignée. Je constate seulement que pour les tenants du totalitarisme religieux, les assassinats réalisé par DAECH, par exemple, ont au contraire pour but de prolonger et d’attiser indéfiniment de façon perverse cette violence en détruisant les liens humains, ce qui est le pire des crimes. Mon billet ne traite donc pas des personnes qui se servent de la religion à des fins thérapeutiques pour elles-mêmes mais de celles qui renouent, parfois à leur insu, ou instrumentalisées par d’autres, avec les violences originelles que je pointe dans ce billet et qui sont sont difficiles à réfuter.

    • astus astus 2 décembre 2015 15:30

      @Zip_N


      Ne trouvez-vous pas que la politique obéit elle aussi à des mythes et à des croyances quasi religieuses ? Que serait notre constitution actuelle sans les dix commandements de la loi mosaïque ajoutés aux tables de la loi de Solon, le père de la démocratie grecque, le tout remixé par les idéaux des Lumières ? L’État d’urgence (qui va régler tous les problèmes) ne serait donc pas la croyance actuelle à la mode ? Les promesses politiques n’engagent-elles pas d’abord ceux qui y croient ?


    • philouie 2 décembre 2015 15:33

      @astus
      Avec Daesh on sort du religieux en général et de l’Islam en particulier. Ils se disent musulmans et agir au nom de l’islam mais il n’y a aucun islam, ni aucune religion qui justifie ce qu’ils font.
      Prendre un journaliste et l’égorger à l’écran ? Qui va croire que c’est l’islam.
       
      Non, là la violence est utilisée comme incitation à la violence, c’est fait pour faire entrer le monde dans une spirale infernale de violence. Il en est de même des attentats.
      Rien à voir avec les attentats, mais tout à voir avec des projets politiques de domination mis en oeuvre par des groupes militaro-industriels qui tirent bénéfice de la guerre et du chaos. La religion est ici une farce, un vêtement de clown derrière lequel se cache le criminel mais certainement pas de la vraie religion.
      Une religion qui ne conduit pas à la paix ne peut pas être une religion.


    • philouie 2 décembre 2015 15:34

      @philouie
      Rien à voir avec la religion, mais tout à voir avec....


    • astus astus 2 décembre 2015 17:00

      @Zip_N


      En Arabie Saoudite, qui a détruit volontairement tous ses monuments pré-islamiques, et qui applique le Wahhabisme né au début du XVIII ème siècle en association étroite avec la dynastie Saoud, laquelle a soutenu plus ou moins directement les mouvements terroristes, on décapite et mutile tous les jours au nom de la charia. Et cela n’aurait rien à voir avec la religion ? Bizarre, j’ai du sauter un épisode ! A force de dire ça on cautionne le fait que celle-ci n’a pas d’exégèse à faire pour s’insérer mieux dans les sociétés modernes, ce que beaucoup de personnes de cette même croyance réclament pourtant...en vain jusqu’à présent.

    • AlbertGam AlbertGam 2 décembre 2015 17:54

      @astus
      Eh oui... et les livres que j’ai cités tout à l’heure expliquent en profondeur les raisons de ces destructions de sites archéologiques en Syrie, en Irak, en Iran, en Arabie Saoudite, etc. Pour les pouvoirs religieux de l’Islam il est impératif de détruire tout ce qui peut devenir une preuve de l’énorme mensonge historique que constituent les légendes contenues dans le Coran à propos des origines de l’Islam.


  • sls0 sls0 2 décembre 2015 14:36

    Avant David dont on a des preuves d’existence, on peut avec raison croire que Moïse c’est plus de l’ordre du mythique.
    Faire un profile psychologique d’une personne mythique c’est pas mal.
    Il y a une vidéo d’Arte qui nous offre un regard archéologique/biblique de l’époque.


    • astus astus 2 décembre 2015 14:52

      @sls0


      J’ai le DVD chez moi, mais merci de rappeler cette source utile.
      Quant au profil psychologique d’une personne mythique il est aussi légitime que celui d’une personne réelle pour la raison simple qu’il produit lui aussi des effets concrets sur le psychisme des gens, et leurs actes. L’exemple du Père Noël est là pour le rappeler, chez les enfants, bien sûr, mais aussi chez les adultes qui pourtant n’y croient pas comme réalité physique, mais seulement symbolique. Nous sommes largement gouvernés par les mythes, ce que les religions et d’autres croyances, y compris politiques, nous rappellent tous les jours.

  • OMAR 2 décembre 2015 16:04

    Omar9

    @astus : « ... la figure tierce incontestable d’Athéna qui, en créant le tribunal athénien de l’Aréopage, venait rendre une vraie justice qui séparait enfin les belligérant ».

    Et donc, c’est le Christianisme, immaculé de toute violence religieuse qui tiendra le rôle d’Athéna, n’est-ce-pas ?

    Et si l’on regarde vers la St-Barthélémy, la Guerre de Cent Ans, l’extermination de la civilisation pré-colombienne, etc... vous serez par quoi ?


    • OMAR 2 décembre 2015 16:08

      @Omar9

      Merci de lire : ..... vous serez frappé par quoi ?


    • astus astus 2 décembre 2015 16:36

      @OMAR


      Dites moi où vous avez cru lire qu’il puisse y avoir une confusion entre la pensée grecque, que je cite, et la religion chrétienne dont il n’est pas question dans ce texte ? En quoi pourrai-je dédouaner cette croyance des crimes qu’elle a commis comme les autres religions monothéistes ?
      Tous mes écrits démontrent le contraire que ce que vous supposez de façon erronée.

  • AlbertGam AlbertGam 2 décembre 2015 16:15

    Lisez « Le grand secret de l’Islam » (le livre est gratuit en PDF) ou la thèse en deux tomes d’Edouard-Marie Gallez, ou les travaux de Robert Kerr sur les origines syriennes du Coran et ceux de Tom Holland et Patricia Crone (récapitulés dans cette vidéo en anglais) et cessons une bonne fois pour toutes de considérer l’histoire de l’Islam en ne prenant QUE les sources musulmanes ! Les découvertes historiques et archéologiques démontrent que les origines de l’Islam telles qu’elles sont racontées dans le Coran et dans les hadiths ne sont rien d’autre que des légendes ! La réalité est bien plus sanglante et bien moins avouable ! Et ce qui est grave c’est toutes trois les religions monothéistes y ont leur part de responsabilité. Mais surtout les quatre premiers califes.

    On est loin, loin, à des années-lumière de la légende dorée colportée par le Coran et les hadiths. Et la véritable histoire de l’Islam (celle véritablement historique, pas la légende) explique bien des choses sur le comportement des populations musulmanes depuis 1400 ans mais aussi sur ce qui se passe actuellement au Proche et au Moyen-Orient ! Comportement fallacieux des politiques occidentales y compris !

    A ceux qui n’ont jamais lu ces documents, ayez l’honnêteté de les lire avant de vous faire une opinion sur ce présent commentaire. Il faut cesser d’être borné dans l’aveuglement et les idées reçues. Parce qu’une fois que vous les aurez lus vous reverrez certainement bien des choses...


  • AlbertGam AlbertGam 2 décembre 2015 18:56

    Pour moi il est inutile de tenter d’étudier des légendes si on ne commence pas par connaître de la façon la plus complète possible le contexte historique dans lequel ont été écrites ces légendes.

    Les légendes ont leur importance dans l’esprit qui ensuite guide des sociétés... mais vouloir chercher des significations aux légendes sans chercher à connaître qui les a écrites, pourquoi, et dans quel contexte (religieux, social, et parfois militaire) est une entreprise qui repose sur du sable.

    L’évolution du monde et des hommes repose sur une histoire constituée de faits ! Les légendes ne sont pas des faits ! Les légendes sont des histoires créées pour donner des interprétations (imagées ou parfois fallacieuses) de faits mais ne sont pas ces faits eux-mêmes ! Là où les légendes prennent une importance c’est quand elles influent sur les nouveaux événements qui surviennent mais on revient inexorablement au point principal : rien ne peut être compris sans l’étude historique elle-même.


  • lesdiguières lesdiguières 2 décembre 2015 21:14

    Afin de donner une note d’humour : Génèse

    http://www.atramenta.net/lire/genese/55670


  • lesdiguières lesdiguières 2 décembre 2015 21:33

    Sans vouloir offenser personne, je pense qu’il y a une contradiction extrême sur le fond entre La religion catholique et la religion islamique. Je m’explique. Admettons pour comprendre mon propos, que ces deux religions monothéistes soient fondées sur une réalité avérée.
    La catholique est née avec l’avènement du Christ, il y a 2000 ans. Or le Christ n’est pas un prophète, c’est le fils unique de Dieu enfanté par la venue du Saint-Esprit. D’où la notion de Trinité qui est fondamentale dans cette religion. L’archange Gabriel à fait l’annonce à Marie de sa future maternité.
    Jésus dit à ses apôtres qu’il est le fil de Dieu. Il n’est jamais question de prophète dans le nouveau testament en ce qui concerne Jésus.
    Pour l’islam, religion révélée plusieurs siècles plus tard, on note que Dieu ne peut avoir de fils, car Dieu est assez Grand et n’a besoin de personne etc etc. L’islam s’oppose catégoriquement (toutes sourates confondus (humour)) à la Trinité. L’islam donc ne reconnait pas Jésus comme le fils de Dieu mais comme un prophète parmi d’autres. Et bien entendu, il n’a pu être conçu par la venue du Saint-Esprit, de fait.
    Bon, pour ne parler que de ces points divergents (il y en a bien d’autres, mais ici ce sont les fondamentaux), comment le même envoyé de Dieu, l’archange Gabriel, a-t ’il en connaissance de cause, pu se contredire à ce point ?
    Ou l’archange s’est emmêlé les ailes, ou Dieu était distrait (euphémisme) ou Mahomet ce raconte des histoires (p’tain là je prends les risques d’une fatwa de derrière les fagots).
    Dans un premier temps il annonce à Marie qu’elle enfantera Christ le fils de Dieu et dans un second temps, ce même archange envoyé de Dieu, dit au prophète Mahomet, que Dieu est Unique et n’a pas de fils (bon je résume) et son corolaire, que la Sainte Trinité n’existe pas.
    La logique ici m’échappe. Comment Dieu peut-il créer une religion A et plus tard une religion B qui contredit la A ? Bien sûr nous restons dans l’hypothèse où un Archange fût envoyé par Dieu pour révéler pendant plus de 20 ans, cette religion à base de versets (environ 6200). Il ne faut pas oublier non plus que rien n’était écrit. Le prophète récita les versets appris par cœur (déjà un sacré exploit, n’est pas prophète qui veut), à ses disciples qui eux-mêmes les récitèrent à d’autres, jusqu’au jour (une centaine d’années après je crois) où quelqu’un décida de les noircir sur « papier ».
    Cela me rappelle, ce jeu que tous les gamins ont un jour ou l’autre expérimenté. Le premier, chochotte au creux de l’oreille de son voisin une phrase convenue. Le second fait de même à un troisième et ainsi de suite. La version que donne le dernier à la cantonade est immanquablement complètement déformée du sens de l’original. Bon, c’est une métaphore, mais quand même !
    Il y a donc un sacré problème, un même Dieu, Dieu le père chez les chrétiens et Allah chez les islamiques. Le même ange : l’archange Gabriel et deux religions antagonistes !
    Pour un esprit cartésien, c’est illogique voire tellement contradictoire qu’il y a un gros bug quelque part. C’est tout. Bien entendu, quantité de gens ont fait cette petite analyse, sans, bien entendu obtenir de réponse. Il n’y a pas de réponse, mais chacun à la sienne, bien entendu.
    Voilà pourquoi, j’ai posté la sourate 109

    Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
    1. Dis : « Ô vous les infidèles !
    2. Je n’adore pas ce que vous adorez.
    3. Et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore.
    4. Je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez.
    5. Et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore.
    6. A vous votre religion, et à moi ma religion ».
    Merci pour les diverses traductions postées ici, mais on comprend quand même bien le sens dans cette traduction « basique ».
    On notera bien l’antagonisme des deux religions qui pourtant émanent du même Dieu et « soufflées » par le même ange !


    • philouie 2 décembre 2015 21:55

      @lesdiguière
      En réalité il n’y a pas de différences fondamentales dans l’annonce faite à Marie dans le récit évangélique et dans le récit coranique. Ce qui fait la différence, c’est l’expression « fils de Dieu » dans l’évangile qui est remplacée par « rapproché de Dieu » dans le Coran.
      Or dans la bible l’expression « fils de Dieu » revient à plusieurs reprises pour désigner des hommes, des saints ou des prophètes. (psaume 29.1, job 1:6, génèse 6:1 etc...), donc des rapprochés de Dieu.
      l’hérésie chrétienne ne nait qu’après, lorsque le dogme de la trinité est énoncé comme vérité.


    • lesdiguières lesdiguières 2 décembre 2015 23:45

      @philouie

      Hérésie ?

      « Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont été associés dans des passages du Nouveau Testament : « Allez donc et faites des disciples de toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28:19) et dans la bénédiction apostolique : « La grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous » (II Cor. 13.14) Ainsi, le Nouveau Testament a établi la base pour la doctrine de la Trinité[6]. »

      L’expression ne figure pas dans le Nouveau Testament ; mais les trois personnes y sont clairement nommées, y agissent et s’y manifestent, à la fois dans leur distinction et dans leur unité. Cependant le concept d’un Dieu en trois personnes n’est formulé qu’à la fin du IVe siècle[7].

      Les premières révélations de la Trinité

      La première révélation de la Trinité est une révélation implicite et privée, au seul profit de Marie. Elle se produit lors de l’Annonciation par la voix de l’ange Gabriel : « Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu » (Lc 135). On a bien là le Père dans les cieux ; le Fils dans le sein de Marie ; et l’Esprit Saint descendant du ciel sur Marie pour la féconder.

      La deuxième révélation de la Trinité, également implicite mais pour la première fois publique, a lieu au Jourdain, lors du baptême du Christ : « Et le Saint Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis toute mon affection. » (Lc 322). Elle eut Jean-Baptiste, le précurseur, comme principal témoin. « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et s’arrêter sur lui. » (Jn 132).

      Source Wikipédia »Trinité"


    • philouie 3 décembre 2015 05:38

      @lesdiguières
      Je ne vais pas discuter de la trinité, surtout à partir de l’évangile.
      Mais je vais dire ce que je crois à propos de la formation des religions dans les premiers temps de l’ère chrétienne.
      Je crois qu’il y a avait aux premiers siècles une multitude de sectes dont on aurait eu du mal de dire si elles étaient juives ou chrétiennes et qui professaient à propos du messie diverses thèses plus ou moins contradictoires. Le 4ème siècle a vu le christianisme devenir religion officiel de l’empire Romain, sous le nom d’église catholique et le dogme a été fixé (concile de nicée 325), en 380 env il a été rendu obligatoire et la force publique a été mise au service des évêques pour éradiquer tous les mal pensants appelés hérétiques.
      Je pense qu’une des raisons du succès de l’islam dans le sud du bassin méditerranéen provient de cela : la chasse à l’hérétique a fatigué les gens de la foi catholique romaine et ils sont tout contents d’adopter une religion qui chasse le dogme chrétien : il le chasse de deux façons : en le balayant d’un revers de main : mensonge, et laissant la vérité à Dieu Seul qui départagera les hommes au jour du jugement. La controverse théologique est (en théorie) bannie en islam.


  • eric 2 décembre 2015 22:06

    Encore un article homophobe et raciste.

    Homophobe : "blessures affectives dues à des liens insuffisants avec la mère, et d’une absence totale du père. Les effets pathogènes de ces carences sur l’édification de la personnalité des enfants et adolescents sont connus : ils augmentent beaucoup le risque de conduites antisociales"

    Raciste puisqu’il met ainsi en cause le mariage des tous et leur droit aux enfants voulus par Taubira.

    Le reste n’a pas beaucoup d’intérêt..

    Moïse victime de l’esclavage... alors qu’il est élevé au Palais par le fille du pharaon, tu parle d’exclusion sociale...

    Mohamed exilé ? Alors que tous les derniers résultats des recherches islamiques converge vers le fait qu’il n’a sans doute jamais mis les pieds à la Mecque...

    Comment peut on faire un parallèle entre le décalogue qui contient essentiellement des promesses ( tu ne tuera point...c’est du futur,pas de l’impératif) Et le Coran qui est un recueil désordonné de tas de truc de natures très différentes ?
    A la rigueur avec la Bible, mais manque de bol, elle n’est pas une parole dictée par Dieu.

    Quant aux frères kouachi and co, le problème, c’est qu’ils ont en pratique grandi exclusivement dans des milieux de spécialistes ( animateurs, socio cul, et autres para fonctionnaires bien pensant, en l’absence de toute famille, de tout islam, jusqu’à la tôle. La vraie question est donc de savoir comment ils ont été pédagogiquement préparé à reconnaitre dans des extrémistes ce qu’on leur avait enseigné auparavant à chercher....Il y a donc dans ce passage quelque chose de très juste. Les gens à qui on les a confié, étaient sans doute mal formés et complètement irresponsables. Il est difficile d’oublier qu’on recrute dans leurs rang les forces vives de tous les partis progressistes, rationalistes, laïques et anticléricaux...

    Enfin sagesse grecque ? Certes ! Il ne faut pas oublier quand même qu’ils ont inventé le mot barbare, ( ceux qui ne savent pas parler en gros) et que cela qualifiait tous le monde en dehors d’eux ( et encore, il faudrait parler des femmes et des esclaves....)


  • clostra 3 décembre 2015 01:20

    Je crois savoir que les 3 religions monothéistes ont un ancêtre commun : Abraham qui eut 2 fils Ismaël et Isaac. Ce qui se passe entre ces 3 là n’est pas une histoire banale.
    Ni les erreurs d’interprétation.

    Marie Balmary, psychanalyste s’y essaie dans un ouvrage extrêmement puissant dont le titre est « Le sacrifice interdit » après avoir étudié les textes bibliques en hébreu, langue qu’elle a étudié persuadée en tant que psychanalyste que l’analyse des textes ne peut se faire que dans la langue maternelle qui inclut le langage émotionnel.

    Ce qui est intéressant est que chaque religion se dispute l’enfant qui allait être sacrifié, et chacune pour de bonnes raisons.


  • cathy cathy 3 décembre 2015 08:42

    Les dieux grecs n’étaient absolument pas romantiques, mais hégémoniques. Ils sont le cosmos. Nous les nommons encore aujourd’hui par Venus etc. Les grecs avaient une science très évoluée sur notre univers. L’élite en a hérité aujourd’hui, d’ailleurs vous pouvez entendre de temps en temps les louanges que fait le rabbinat sur les grecs. 

    Aujourd’hui on fait passer les dieux grecs pour des mythologies, mais c’est une véritable religion qui régie toute une civilisation guerrière, surtout en parfaite connaissance du climat de notre terre. 

  • Jonas 3 décembre 2015 10:33

     A l’auteur de cet article un peu confus. 

    Vous oubliez que nous somme au XXIeme siècle et il est inutile de mettre sur le même pied les religions comme le bouddhisme, le shintoïsme , l’Hindouisme , le Judaïsme , le Christianisme et les centaines d’autres avec l’islam qui est une religion de violence. Tous les pays de religion musulmane( même ceux des pétrodollars ) accumulent , l’humiliation, la répression , l’effusion du sang , la violation de la dignité humaine . le manque de liberté, l’inégalité hommes/femmes, le manque d’éducation , l’analphabétisme etc. et dont le seul salut est L’IMMIGRATION . 
    Dans une interview donnée par le regretté Abdelwahhab Medded ( Auteur de la Maladie de l’Islam - Editions Seuil , 20002) dit ceci au journaliste Marc Semo de Libération , septembre 2006. extraits. 
    - La violence dans l’islam est-elle une réalité ? 
    -A.M :« Les musulmans doivent admettre que c’est un fait , dans le texte comme dans l’histoire telle qu’ils la représentent eux-mêmes, en un mode qui appartient plus à l’hagiographie qu’à la chronique . Nous avons a faire à un Prophète qui a été violent, qui a tué et qui a appelé à tuer. La guerre avec les Mecquois fut une guerre de conversion. Il y a eu aussi la guerre avec les juifs et le massacre des juifs de Médine, décidé par le Prophète . Il y avait un jeu d’alliances, une opération politique qui se continue par le militaire. 
    - Que dit précisément le Coran ? 
    -A.M : » Il est ambivalent . Il y a le verset 256 de la deuxième sourate qui dit << point de contrainte en religion>> ; Mais aussi les versets 5 et surtout 29 de la sourate 9, << le verset de l’épée>>, où il est commandé de combattre tous ceux qui ne croient pas à la << religion vraie>>. L’impératif -qâtilû-, que l’on traduit par << combattez <<, utilise une forme verbale dont la racine qatala veut dire<< tuer >>. Le verset 5 est explicitement contre les idolâtres , aménageant, en revanche , une reconnaissance aux scripturaires,aux gens de l’écriture. Le verset 29, lui, englobe dans ce combat les scripturaires désignant nommément les juifs et les chrétiens. C’est le verset fétiche de ceux qui ont établi la théorie de la guerre contre les judéo-croisés . L’islamisme est, certes , la maladie de l’islam, mais les germes sont dans le texte lui-même". etc. 
    A l’auteur , ni Moïse, ni Jésus , ni Bouddha n’ont tué de leur propres mains ni n’ont été des pédophiles. 


    • astus astus 3 décembre 2015 11:46

      Je ne peux répondre à tous mais je constate en lisant les réactions sur ce fil, dont certaines injurieuses, ou franchement à côté de la plaque, comment un article qui traite uniquement de la manière dont perdure encore aujourd’hui une violence qui remonte aux origines de deux monothéismes suscite une certaine confusion de pensée et bien peu d’arguments chez beaucoup d’intervenants, probablement parce que c’est un sujet trop sensible pour eux.

      Qu’il soit donc répété ici que je ne traite dans mon article ni de bouddhisme, ni de shintoïsme, ni d’hindouisme, ni de christianisme, ni de pédophilie, ni de Marx , ni de Moïse Maïmonide, ni de Jésus, ni de la Vierge Marie, ni de la Trinité, ni de la guerre de Cent ans... mais de l’histoire supposée par la tradition de Moïse et de Mahomet qui ont fondé deux totalitarisme religieux (parmi d’autres !) qui génèrent encore une violence très active dans nos sociétés en continuant d’alimenter les conflits politico religieux de notre époque.
       
      Je m’avance même à tenter de les réduire un peu, mais je suis preneur de toutes les bonnes idées...
      A bientôt de vous lire.

    • Jonas 3 décembre 2015 13:12

      @astus

      Vous êtes un pauvre lâche et un pauvre dhimmi qui s’ignore. 
      les Attentats de Boston -Bombay-Ottawa -Sydney-Toulouse-Madrid -Londres-New York -Paris Copenhague-Amsterdam -Bruxelles-Marrakech-Tunis- Nairobi etc sont le fait des adeptes de Moïse et Mohammad ? D’après vous . Tous pareils. Autrement dit Allahou Akbar est intimement lié à Moïse.
      C’est à cause des adeptes de Moïse , partout dans le monde , que des services de sécurité sont pointés, à l’entrée des musées , salles de spectacles , concerts , écoles, lieux de cultes etc. 
      Ce sont les adeptes de la religion de Moïse qui commettent des attentats et envoient des petites filles de 12 et 13 ans à se faire sauter , sur les marchés, dans les files d’attentes. C’est de la religion de Moïse que Boko Haram , se glorifie. 

       Je vais vous donner une liste de pays qui ont été victimes des attentats qui ont fait des milliers de morts sans parler des blessés ( que l’on oublie et dont certains sont handicapés à vie et à la charge de leur famille) : 
      Algerie-Espagne-Angleterre-Maroc-France-Etats-Unis-Inde-Indonésie-Turquie-Tunisie-Danemark-Syrie-Irak-Libye-Nigéria-Kenya-Mali-Cameroun-Thaïlande- Arabie saoudite-Norvège-Suéde -Russie-Pakistan-Afghanistan-Argentine-Malaisie-Yémen-Bahrein-Belgique-Australie-Canada etc. 
      Je ne cite pas Israël parce que les Palestiniens , n’ont pas leur indépendance , mais tous les pays arabes et musulmans qui eux, ont leur indépendance depuis des décennies. ne sont pas à l’abri du terrorisme , ce qui montre qu’ Indépendance ou pas les le terrorisme est une maladie de l’islam , au nom d’Allah et de son Prophète 

      Je vous défie de me citer un seul pays de la liste ci-dessus qui a été victime des attentats criminels des partisans de Moïse. 


    • philouie 3 décembre 2015 14:18

      @Haman
      Dans tous ces attentats, combien sous faux drapeau avec la participation du Mossad et de la CIA ?


    • philouie 3 décembre 2015 14:20

      @astus
      Vous ne parlez pas du christianisme ?
      pourtant en terme de violence, le monde chrétien, c’est quelque chose !


    • astus astus 3 décembre 2015 14:38

      @Jonas
      Je constate que la passion vous aveugle, mais ce n’est pas étonnant car il existe deux usages de la religion : un usage simple et thérapeutique pour la plupart des gens qui vivent tranquillement leur croyance, bien que celle-ci soit toujours le produit d’une invention humaine qui n’a rien à voir avec le divin, et un usage toxique ou le médicament (pharmakon) devient un poison violent qui s’oppose au divin, et même à l’humain. Je ne rentrerai donc pas dans une comptabilité sordide des méfaits représentés par l’impact totalitaire des religions dans le monde. Je rappelle seulement qu’il existe depuis 1948 un conflit israélo-palestinien dans lequel les deux religions citées sont particulièrement actives pour faire des victimes des deux côtés, ce que je déplore profondément. Et je tente même de mettre un peu de baume sur cette plaie ouverte, qui en entretient d’autres dans le monde que vous déplorez pourtant, en disant que seule la séparation de ces frères siamois ennemis, sous l’égide d’une autorité incontestable faisant tiers entre les deux, peut représenter le début d’une solution. Enfin je vous demande de respecter la charte de bonne conduite sur le net en restant au minimum poli avec vos interlocuteurs.


    • Jonas 3 décembre 2015 19:21

      @philouie

      La meilleure réponse que je puisse faire et celle de laisser la parole au journaliste libanais HiSHAM MELHEM, correspondant du quotidien libanais Al-Nahar, qui dénonce les théories du complot dans le monde arabe , qui sont un moyen pour les Arabes de se soustraire à leur responsabilité et d’accuser autrui de ses propres problèmes. sous le titre « Assez de mensonges ,le corps politique arabe a créé le cancer de l’Etat islamique ». et notant face aux atrocités commises , les Arabes choisissent soit le déni , soit la << la déresponsabilisation >> -en accusant différentes puissances et notamment israël , d’avoir créer l’Etat islamique. Et HISHAM MElHEM , explique que la montée de l’islam extrémiste résulte de décennies de Tyrannie où les sociétés arabes sont devenues << Arides sur les plans politique et intellectuel et de conclure la << Triste vérité , est que le cancer de l’Etat islamique a été généré par un corps politique arabe très faible et malade >>. 

      Je pense que cela répond à vos élucubrations , faute de réfléchir et de se demander les raisons du chaos arabe, par paresse d’esprit et par une éducation lacunaire , vous allez vite chercher des boucs émissaires. Cela fait des décennies , que vous utilisez cette méthode et cela fait des décennies que vous êtes constamment en-bas de l’échelle de l’humanité. Pour exister face aux autres nations vous êtes obligé de faire appel a la mythologie du VIIeme siècle, celui de la naissance de l’islam alors que nous sommes au XXIeme à l’ère de Rossetta et Philéa. 
      Pauvres arabo-musulmans , heureusement , que les pays Occidentaux vous ouvrent leurs portes , sinon , vous moisirez dans vos pays. Réveillez-vous arabo-musulmans , il y a longtemps , qu’il fait jour. ( J’écris arabo-musulmans mais je devrais écrire , la majorité des arabo-musulmans car il y a une minorité éclairée , admirable de courage et de lucidité, qui est l’égale dans tous les domaines des meilleures du monde occidental) 


    • Jonas 3 décembre 2015 19:27

      @Zip_N
       Jusqu’à preuve du contraire , l’Iran est un pays musulman, comme le Pakistan, l’Afghanistan , la Turquie , l’Indonésie , la Tchetchénie etc. Donc j’ai bien écris , tous les pays Arabes et musulmans.

       Tous les arabes ne sont pas musulmans , et tous les musulmans ne sont pas arabes. 

    • philouie 3 décembre 2015 19:35

      @Haman
      Haman qui me parle de bouc émissaire, je rève.
      Donc le Mossad, ça n’existe pas ?
      et ça ne commet pas de crime ?


    • Jonas 4 décembre 2015 12:43

      @philouie

      Nasser Khader , politicien d’origine syrienne, ancien membre du Parlement danois : << Pour moi, les islamistes radicaux sont les NAZIS DE L’ISLAM >>. 
      << Les gens les mieux placés pour les combattre sont les musulmans , nous devons être en première ligne.
      Actuellement , mon camp est petit, de même que celui des extrémistes , et au milieu il y a 80% de gens passifs et silencieux, qu’il faut convaincre de nous rejoindre pour mener cette révolution. 
      On ne peut pas continuer de tolérer que les juifs soient traités de singes et les chrétiens de cochons dans les mosquées.

      La démocratie doit venir AVANT la religion comme principe organisateur de la société. Malheureusement, Obama et Hollande n’aident pas en répétant sans cesse que les terroristes n’ont rien à voir avec l’islam. C’EST FAUX. C’EST AUSSI l’ISLAM…

      Tarek Oubrou , imam français né au Maroc : << Les aberrations commises par les islamistes concernent les musulmans en tout premier lieu. Car ces criminels confisquent votre religion, la prennent en otage. 
      J’espère qu’ avec ces citations , émises par des arabo-musulmans vous ouvriront les yeux , mais je ne suis pas convaincu. 


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