vendredi 19 février - par astus

Mourir Dignement

 

LETTRE OUVERTE À EMMANUEL MACRON

 

Monsieur le Président, préserver nos vies,

c’est aussi respecter notre droit à mourir dignement !

 

Monsieur le Président de la République,

Ces derniers mois ont mis en lumière, à travers la douloureuse crise sanitaire que nous connaissons, les insuffisances de la loi du 2 février 2016 sur la fin de vie. Des intubations ou des réanimations ont été imposées à des citoyens, certes âgés mais libres et résolus, à l’encontre de leurs directives anticipées ou de la parole de leur personne de confiance, mandatée à cet effet. Des polémiques ont été nourries et entretenues par des militants anti-choix à la suite des décrets parus sur l’utilisation du Rivotril (clonazepam). Des patients en fin de vie n’ont pas été respectés dans leur conscience et leur volonté. Beaucoup d’inquiétudes ont été exprimées et l’angoisse s’est ajoutée au virus. Plus que jamais, la loi de 2016 a montré ses faiblesses et son inadaptation aux réalités de la fin de vie.

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Ce n’est pourtant pas le corps médical qui est globalement responsable de ces situations qui provoquent des souffrances et nourrissent la crainte des Français à l’égard de leur propre fin de vie. Car la loi de 2016 rend les directives anticipées opposables mais non contraignantes, crée un droit au « laisser mourir » – par la sédation – dans les tout derniers jours de la vie mais refuse un droit au « faire mourir » – par l’euthanasie ou le suicide assisté – lorsque le pronostic vital est engagé, que les douleurs sont inapaisables et qu’aucun espoir ne subsiste et interdit à celles et ceux d’entre nous qui disposent de leur discernement le droit de décider eux-mêmes des conditions de leur propre fin de vie.

Dans le monde, plusieurs pays accordent à leur population la liberté de choisir leur fin de vie. Et cela, sans dérive... Depuis 2001, en Europe, de plus en plus de pays autorisent l’aide active à mourir : la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg. Cette année, l’Espagne, le Portugal et la très catholique Irlande ont entamé un processus législatif, avec le soutien de leur gouvernement, en direction d’une loi de liberté. En Allemagne, en Autriche et en Italie, des décisions des plus hautes juridictions ont ordonné de permettre l’aide active à mourir ; avant 2022, en ce qui concerne l’Autriche... En Grande-Bretagne, Boris Johnson semble vouloir libéraliser le sujet... Seule la Pologne reste figée sur des positions qui, loin de notre laïcité, évoquent la sacralité de la vie. Mais qui voudrait que la France ressemble à la Pologne d’aujourd’hui avec ses nombreuses atteintes aux droits de l’Homme ?

 

Aux États-Unis, dix États (dont DC) ont légalisé le suicide assisté ; l’Oregon, dès 1997 ! En 2014, le Québec a autorisé l’aide médicale à mourir ; deux ans après, c’est l’ensemble du Canada qui a légalisé cette pratique humaine de fin de vie. L’Australie, état après état, légalise l’aide active à mourir : le Victoria en 2017, l’Australie Occidentale en 2019, la Tasmanie sans doute en 2021. La Colombie (depuis 2015) et la Nouvelle-Zélande (dès l’année prochaine) permettent aussi le droit de mourir dans la dignité.

Monsieur le Président de la République, vous le savez, un droit nouveau donne une nouvelle liberté sans créer d’obligation. Un droit nouveau enrichit une société tout entière. L’interruption volontaire de grossesse a permis aux femmes de décider si elles voulaient ou non devenir des mères. Mais aucune, jamais, n’a été forcée dans notre pays à avorter contre sa volonté. Pourquoi ? Parce qu’une loi bien écrite, avec ses contrôles, permet d’éviter les dérives et de respecter les volontés de chacun. Le mariage pour tous a permis à des personnes du même sexe de se marier. Mais aucun homme ni aucune femme n’est obligé de se marier avec un autre homme ou une autre femme.

Chez nos voisins européens qui ont légalisé l’aide active à mourir, depuis bientôt 20 ans pour certains, le recul est largement suffisant pour démontrer qu’il n’y a pas de dérive et que toute la population, même si elle ne souhaite pas user de ce droit, est heureuse qu’il existe. Au cas où...

L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, que je préside et qui s’appuie sur un comité d’honneur de grande qualité et de grande notoriété placé sous la présidence de l’écrivaine Noëlle Châtelet, forte de ses 74 000 adhérents actifs, a élaboré le texte d’une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté et à assurer un accès universel aux soins palliatifs. Ce texte s’inspire fortement de la loi belge qui existe depuis 2002.

À l’Assemblée nationale comme au Sénat, plusieurs parlementaires ont pris des initiatives, souvent très suivies : le député du Rhône Jean-Louis Touraine (et plus de 150 députés de La République En Marche), la députée de Meurthe-et-Moselle Caroline Fiat (et les 17 députés de La France Insoumise), le député de Charente-Maritime Olivier Falorni, la députée des Alpes-Maritimes Marine Brenier, la sénatrice de Paris Marie-Pierre de la Gontrie (plus 50 sénateurs socialistes)...

Les observateurs estiment que plus de la moitié des 577 députés sont favorables à une loi de légalisation de l’aide active à mourir. Beaucoup attendent le feu vert du Gouvernement. Beaucoup attendent une parole de vous pour avancer sur ce sujet.

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La fonction de président de notre République est difficile. Les obstacles sont forts et les sujets d’opposition sont nombreux. Il est pourtant un sujet qui, en France, reçoit l’approbation de 96% des Français (sondage Ipsos pour Lire la politique – mars 2019) c’est celui en faveur du droit de choisir librement sa fin de vie. Ce sujet est d’importance. Il préoccupe à juste titre les plus vulnérables d’entre nous : les personnes âgées et les malades, mais aussi des plus jeunes (rappelons-nous Vincent Lambert, Hervé Pierra, Vincent Humbert...).

Monsieur le Président de la République, soyez l’un de ceux qui, dans l’Histoire de notre pays, laissera la marque de la liberté individuelle ; comme Valéry Giscard d’Estaing a permis l’interruption volontaire de grossesse, comme François Mitterrand a permis l’abolition de la peine de mort, comme François Hollande a permis le mariage de personnes du même sexe.

Monsieur le Président de la République, je vous demande de vous déclarer en faveur de la liberté en fin de vie et de demander au Gouvernement d’autoriser les parlementaires à discuter d’une grande loi qui permette l’euthanasie et le suicide assisté et donne les moyens d’accéder à des soins palliatifs de qualité, dans le respect des volontés et des consciences de tous, patients et médecins.

 

Jean-Luc Romero-Michel et les premiers signataires de la lettre ouverte :

 

Jean Baubérot, professeur honoraire à l’EPHE - Étienne Baulieu, membre de l’Académie des sciences et de l’Académie nationale de médecine - Aurélien Beaucamp, président de Aides - Nicolas Bedos, auteur, réalisateur - Marine Brenier, députée des Alpes-Maritimes - Ian Brossat, adjoint à la Maire de Paris - Jean-Claude Casadesus, chef d’orchestre - Roland Castro, architecte - Julien Cendres, écrivain - Noëlle Châtelet, écrivain, universitaire - Éric Chenu, animateur de l’Espace Fédéral d’Éthique de la Mutualité Française - François de Closets, écrivain - André Comte-Sponville, philosophe - Emmanuelle Cosse, ancienne ministre - Eva Darlan, comédienne - Bertrand Delanoë, maire honoraire de Paris - Muguette Dini, sénatrice honoraire - Olivier Falorni, député de Charente-Maritime - Rémi Féraud, sénateur de Paris - Dominique Fernandez, de l’Académie Française - Caroline Fiat, députée de Meurthe-et-Moselle - Alain Fouché, sénateur honoraire - Irène Frain, écrivaine - Bruno Gaccio, auteur - Jacques Gaillot, ancien évêque d’Évreux - Christian Gaudray, président de l’Union Nationale des Familles Laïques - Annie Gautrat, dite Stone, artiste de variétés - Alex Goude, artiste - Benoît Hamon, ancien ministre - Anne Hidalgo, maire de Paris - Patrick Kanner, ancien ministre, sénateur du Nord - Patrick Kessel, journaliste, président d’honneur du Comité Laïcité République - Brigitte Lahaie, animatrice radio - Philippe Lazar, fondateur du Comité national de Bioéthique dans les sciences de la vie et de la santé - Marylise Lebranchu, ancienne ministre - Claude-Jean Lenoir, pasteur honoraire, membre de l’Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Caen - Thierry Lhermitte, comédien - Noël Mamère, député honoraire - Henriette Martinez, députée honoraire - Olivier Minne, auteur, présentateur - Maxime Minot, député de l’Oise - Véronique Neiertz, ancien ministre - Patrick Pelloux, médecin urgentiste - Emmanuelle Pierre-Marie, maire du 12e arrondissement de Paris - Frédérique Plaisant, présidente de la Fédération Française de Crémation - Christian Rauth, acteur, auteur, metteur en scène - Line Renaud, artiste - Jean-Luc Romero-Michel, président de l’ADMD, adjoint à la Maire de Paris chargé des droits humains - Willy Rozenbaum, professeur de médecine, codécouvreur du virus du sida - Danielle Simonnet, conseillère de Paris - Anne Sinclair, journaliste - Jean-Louis Touraine, député du Rhône - Valérie Trierweiler, journaliste

 



32 réactions


  • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 19 février 14:40

    Soylent green...soleil vert..

    Rédiger ma critique

    Synopsis et détails
    En 2022, les hommes ont épuisé les ressources naturelles. Seul le soleil vert, sorte de pastille, parvient à nourrir une population miséreuse qui ne sait pas comment créer de tels aliments. Omniprésente et terriblement répressive, la police assure l’ordre. Accompagné de son fidèle ami, un policier va découvrir, au péril de sa vie, l’effroyable réalité de cette société inhumaine.
    On commence par une explication contextuelle pour nous dévoiler le monde dans lequel on va évoluer au long du film. Décor planté, R.Fleischer s’intéresse aux personnages dorénavant. Entré du héros et de son acolyte fidèle. Et tout le long ensuite, les personnages feront partis de ce décor, subi, malgré eux et sans révolte. Ils l’acceptent. Survivre est le mot d’ordre et non l’espoir. Un film pessimiste en somme.

    C.Heston enquête sur un meurtre sans jamais savoir où cela va le mener par la suite. L’affaire devenant de plus en plus grosse. Chevaleresque, il y aura un semblant d’histoire d’amour dans un monde où ceci n’a pas sa place. Les personnage étant même mal à l’aise avec leurs sentiments. Chose pratiquement oubliée. Le vieil acolyte (E.G.Robinson) permet de garder cette attache. Ce n’est que dans l’épilogue monstrueux (dans tous les sens du terme) que C.Heston retrouvera ses sentiments, malheureusement.

    Car R.Fleischer nous offre un instant de pur beauté et d’émotion au « Foyer ». Habitué tout le long du film à des décors tristes, sales, en perdition, détruit...Il balance les images de la Nature accompagné d’une musique classique indémodable pour sublimer tout ça. La beauté pour la beauté. C.Heston étant tout aussi ému que nous en (re)découvrant tout ceci.

    Un épilogue qui fait entrer le film dans le cercle des films d’anticipation intelligent et électrisant. Une œuvre à voir assurément car il touche l’âme qu’un jour, qui sait, on pourrait perdre.



    • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 19 février 14:43

      @Géronimo howakhan

      le vieil acolyte du héros se suicide légalement...tout est prévu...y’a des endroits pour cela avec vidéo de nature et petite musique..puis le corps est transformé en nourriture pour les humains..
      Curieux ces humains ils refusent la mort et ne parle et ne pense que à cela, surtout pour les autres

      Discours de la servitude volontaire de Étienne de La Boétie

      Mais ils ne font guère mieux ceux d’aujourd’hui qui, avant de commettre leurs crimes les plus graves, les font toujours précéder de quelques jolis discours sur le bien public et le soulagement des malheureux



    • Bendidon Bendidon 19 février 14:59

      @Géronimo howakhan
      Les indiens peaux rouges eux n’ont pas leur pareil pour mourir.
      Ils montent en haut d’une colline, s’allongent et regardent le ciel
      Ils disent « c’est un beau jour pour mourir » 
      Et ils clapsent dans les bras du grand manitou
      Mais nous pauvres visages pales on n’a pas l’aide de manitou
      Alors SOLEIL VERT que ça serrait bien
      ras le bol de cette vie et ce monde de merde ?
      Ben je bois un dernier canon et je vais au dispensaire
      Perso je choisis du MOZART et comme film la voie lactée 
      waouhhhhh le panard
       smiley


    • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 19 février 15:15

      @Bendidon

      Salut, ah tiens, j’ai revu peau de la vieille hutte il n’y a pas longtemps.
      Ras le bol de cette vie ? non.
      Mais des non relations entre humains , ou du conflit permanent appelé compétition, oui bien sur..mais je laisse couler..dans le sens laissons le bateau couler...car il doit couler, et le fait est nous coulons et la masse ne veut rien changer du tout à elle même donc chacun à soi meme, car moi je suis génial bien sur.., bien que étant la créatrice majeure du désastre..plus con tu meurs !!

      Je ne bois pas, ni autre drogue donc pas de dernier canon, mais je comprends cette tentation d’essayer de fuir que j’ai aussi utilisé et qui marche des fois..,
      Mais le jours où j’ai eu cette vision qui était un ordre « supérieur » que je devais intégrer la mort à la pensée et que elle passe en premier partout où la pensée est concernée, alors de suite sans rien faire je n ’ai plus bu du tout.., mais..ça peut soulager oui..
      Il y a un bon moment par deux fois, j’ai rencontré archie fire lame deer un chaman sioux lakota, il faisait un tour d’Europe pour parler de leur culture et traditions, il eut une époque ou comme tant d’indien parqués il succomba...à l’alcool, il expliquait que il n’arrivait pas à vivre cette non vie imposée..ce fut alors la descente, puis il s’en sorti c’est là où il est réellement redevenu un chaman..et le retours à la vie, pas cette merde que nous connaissons, non bien sur..
      Le chemin reste le même et il y en a un seul, quelque soit les circonstances extérieures...

      respects..


    • astus astus 19 février 15:37

      @Géronimo howakhan

      Merci pour votre commentaire. Le but d’une loi est précisément d’éviter les dérives que souligne le film de science-fiction que vous évoquez, qui pose d’ailleurs surtout le problème des ressources alimentaires plutôt que celui de la fin de vie. Or dans tous les pays, de plus en plus nombreux, qui ont autorisé cet accompagnement vers une issue digne et sans souffrance inutile à la demande individuelle explicite de la personne ou de quelqu’un d’autre de confiance choisi, pouvez-vous citer un seul exemple de dérive autoritaire telle que celles que vous évoquez ? La servitude volontaire, c’est se mettre à genoux devant un tyran. Mais il ne s’agit ici que d’exercer volontairement sa liberté personnelle à être, et seulement pour ceux qui font ce choix. Mais tous les autres restent parfaitement libres de faire un autre choix s’ils le souhaitent. Cdlt.


    • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 19 février 15:46

      @astus

      Salutations..La servitude volontaire c’est de avant tout créer le tyran et par le biais de nos choix majeurs, compétition entre tous qui élimine pour la survie etc, la masse crée le tyran ..j’ai fais 10 ans de marketing, but : comment niquer les autres, les mots positifs je connais et j’en connais l’usage et là il y en a à la pelle..merci mais..j’ai donné dans la manipulation..
      Cela dit respects..


  • pallas 19 février 16:12
    astus,

    Bonjour,

    Ce monde est le votre, l’avez crée tel quel.

    En d’autre mot, nait dans la souffrance, vivra dans la souffrance et mourra dans la souffrance.

    La mort comme fuite n’est pas permise, cela serait bien trop facile, vous ne pensez pas ?

    Salut


  •  C BARRATIER C BARRATIER 19 février 16:45

    Merci pour cet article. Je signerais bien la pétition, mais comment faire ? J’ai honte du retard de la FRANCE . Ceux qui en ont les moyens financiers peuvent seuls bénéficier de cette liberté en se rendant à l ’étranger, avec les frais d’hôtel afférents. Si le gouvernement ne rejoint pas les pays civilisés cités je voterai contre Macron aux prochaines. Je précise que je n’ai aucune maladie annonçant des souffrances ( je touche du bois ! ), je régis seulement en citoyen.


    • Furax Furax 19 février 17:39

      @C BARRATIER
      « avec les frais d’hôtel afférents  »

      Allez, tu peux claquer tes éconocroques !

       smiley


  • astus astus 19 février 17:04

    Bonjour C BARRATIER

    Je trouve aussi que le retard de la France en ce domaine est inacceptable tant les souffrances en général et celles des personnes en fin de vie sont une violence qui peut aujourd’hui être évitée. Et j’aimerais savoir si ceux qui sont opposés à ces lois refuseraient une anesthésie avant leur opération parce qu’il est si normal de souffrir n’est-ce pas ? Mais je pense personnellement que c’est un problème humain qui transcende les courants politiques. Pour la pétition c’est ici en ligne sur change.org : www.change.org/ADMD-LettreOuverte 

    Bien à vous.


    • pallas 19 février 17:10

      @astus

      Allons,

      Mourir n’est pas permis.

      Sisyphe qui voulait être immortel réclame lui aussi la mort comme libération car ne supportant pas le châtiment des Dieux.

      Tel Icare, vos illusions sont effondrer au point de ce suicider.

      C’est bien, mieux même, mais pas suffisant.

      Rester ici !!!, nous sommes bien non ?

      ha ha ha ha

      De choix n’avez pas

      Salut


  • troletbuse troletbuse 19 février 17:17

    Comment se fait-il que je sois réautorisé sur vos articles ? Mystère

    Pas d’accord avec vous. Pourquoi pas Soleil Vert ?

    J’ai vu des très proches partir et la majorité sinon tous se sont accrochés jusqu’au terme à la vie.

    La sédation est là pour mettre fin à la souffrance et c’est suffisant. Sinon bonjour les dérives.

    Pour ma part, j’ai de quoi en terminer avec la vie mais personne ne doit intervenir, même mes proches. Ce sera ma volonté.


    • Furax Furax 19 février 17:43

      @troletbuse
      Totalement d’accord !
      D’abord l’« Obligation de Vivre dans la Dignité »


    • troletbuse troletbuse 19 février 21:08

      @Furax
      Bien sur Furax


    • troletbuse troletbuse 19 février 21:29

      @Furax
      Facile de demander l’euthanasie-pour les autres-quand on est jeune et en bonne santé. Aujourd’hui, avec l’éclatement de la famille, il ne resterait plus que les médecins qui décideraient et ceux-ci ne font pas de sentiments avec l’approbation de politicards.
      Attali n’a-t-il pas préché pour l’euthanasie, mais pas pour lui bien sur, bien qu’il soit d’un âge très avancé.


  • Furax Furax 19 février 17:50

    Perso j’ai donné mon avis il y a longtemps sur le sujet.

    https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/touche-pas-a-ma-vie-99021

    Pas bougé depuis.

    Ils sont très rares les « partisans »du suicide assisté qui passent à l’acte !


  • Samson Samson 19 février 21:09

    « Car la loi de 2016 rend les directives anticipées opposables mais non contraignantes, crée un droit au « laisser mourir » – par la sédation – dans les tout derniers jours de la vie mais refuse un droit au « faire mourir » – par l’euthanasie ou le suicide assisté – lorsque le pronostic vital est engagé, que les douleurs sont inapaisables et qu’aucun espoir ne subsiste et interdit à celles et ceux d’entre nous qui disposent de leur discernement le droit de décider eux-mêmes des conditions de leur propre fin de vie. »

    Ben oui, conformément au serment d’Hippocrate, c’est toute la différence : « Primo non noscere ! ». Et tout praticien avisé et soucieux du respect de la dignité et de l’ultime volonté de ses patients vous expliquera qu’elle est dans la pratique infime en terme de dosage, et donc laissée en son âme et conscience à son seul jugement éclairé. Quant à légaliser l’euthanasie, cela revient qu’on le veuille ou non à légaliser et transgresser un des deux tabous fondamentaux - inceste et meurtre - de toute société humaine et constitue une rupture anthropologique majeure.

    Si même il n’hésite pas En Marche vers Nulle Part à recourir à l’exemplarité mutilatoire à l’encontre de toute revendication de dignité citoyenne, notre très immature et narcissique petit Monarc devrait à n’en pas douter se réjouir de pouvoir précipiter comme en atteste l’« urgence sanitaire » d’administrer du Rivotril à nos anciens en EHPAD le trépas des innombrables surnuméraires qui grèvent de manière intolérable notre Sainte Compétitivité, à fortiori au nom d’un « droit » à mourir dans une « dignité » dont il ignore tout !

    « Chez nos voisins européens qui ont légalisé l’aide active à mourir, depuis bientôt 20 ans pour certains, le recul est largement suffisant pour démontrer qu’il n’y a pas de dérive et que toute la population ... »

    C’est faux ! Si en Belgique, la pratique de l’euthanasie s’est - surtout en Flandres - totalement banalisée (la médecine « $ociali$te » l’appliquait pour sa part en toute discrétion en Wallonie bien avant sa légalisation !), des médecins ont été jugés - et finalement acquittés sous les applaudissement de la salle - pour l’euthanasie expédiée et pour le moins « bâclée » d’une jeune femme de 34 ans affectée d’une souffrance psychique intolérable (ce qui reste débattu en regard d’une expertise pratiquée à la va-vite par une psychiatre dévouée à la « cause » !) : ressortant des actes du procès, l’amateurisme des conditions de son euthanasie n’en était pas moins « glacant » et des plus indignes ! Avis aux amateurs, mon véto est plus « humain » ! smiley

    En vous présentant mes respectueuses salutations ! smiley


    • astus astus 20 février 09:17

      Bonjour Samson

       

      Les données anthropologiques montrent clairement que les humains ont eu un souci constant dans l’Histoire, quoique variable selon les cultures et les époques, de réduire la souffrance. Or aujourd’hui nous assistons à un mouvement authentique qui fait que les humains sont assez d’accord, quel que soit leur gouvernement, pour souhaiter tout à la fois réduire les dommages que les humains infligent à la planète, diminuer la souffrance des animaux, et aussi celle des humains (notamment avec la pandémie). Or ceci est un fait nouveau universel qui n’était jamais advenu auparavant dans toute l’histoire de l’humanité.

       

      Malheureusement l’accès en fin de vie à des soins palliatifs, qui sont souvent remarquables, restent scandaleusement rares et inégaux dans notre pays, selon que vous mourrez ici ou là. Aujourd’hui encore de très nombreuses personnes âgées sont sorties des EHPAD au moindre problème de santé pour mourir de façon lamentable sur les brancards des urgences, seuls dans les couloirs. Et nous avons tous en mémoire les acharnements honteux dont sont victimes de trop nombreuses personnes, parfois des proches.

       

      Car malheureusement beaucoup de médecins imbus d’eux-mêmes se retranchent encore de façon hypocrite derrière un serment d’Hippocrate pour se protéger d’une mort, et de leur propre peur à ce sujet, qu’ils ressentent comme un échec personnel. Ces médecins ne sont pas adultes au sens de « ad ultimum », qui consiste à accepter l’ultime. Or le meilleur médecin du monde avec les meilleures thérapeutiques du monde sera pourtant confronté à cet ultime-là. Heureusement certains acceptent pourtant « d’aider à faire passer », comme l’on dit, ce qui renvoie finalement au geste symbolique du nautonier Charon qui aide à traverser le Styx. Car le début de la vie humaine marqué par la naissance, et la fin de celle-ci, avec la mort, ont impérativement besoin de « passeurs » incarnent des fonctions hautement humaines et signifiantes que toutes les cultures ont célébrées.

       

      Mais les lois d’aujourd’hui sont gravement insuffisantes pour faire face à ces problèmes ce que les citoyens ont compris depuis longtemps comme le montrent les sondages. Et désormais cette volonté populaire, hormis quelques rétrogrades, doit à présent contraindre les politiciens à changer cet état de fait qui n’est pas à l’honneur de notre pays.

       

      Cdlt


    • Samson Samson 20 février 12:34

      @astus

      « Les données anthropologiques montrent clairement que les humains ont eu un souci constant dans l’Histoire, quoique variable selon les cultures et les époques, de réduire la souffrance. »

      Absolument ! Et les avancées scientifiques et pharmaco-médicales nous en offrent aujourd’hui très largement les moyens.

      Sous le prétexte fallacieux d’une stricte rigueur budgétaire appliquée aux nations les plus riches de cette planète, j’entends bien le scandale que constitue l’inégalité croissante d’accès tant aux soins curatifs que palliatifs, ou même dans nos campagnes l’accès à un médecin tout court.

      D’autant que la notion même de « dignité » humaine relève pour part de la représentation que s’en fait chaque individu et qu’il est bien délicat d’en tracer une frontière « objective » - est on encore digne après un AVC, une fois frappé du syndrome d’Alzheimer (et à partir de quel stade ?), quand on souffre d’incontinence, de dépression, de vieillesse, de solitude, ... ??? -, et si même j’entends bien toute la pertinence « pratique » d’une sédation « terminale » dans la stricte intimité déterminée par le colloque singulier entre le patient et le thérapeute qu’il s’est choisi, je crains bien qu’inscrire dans le droit « positif » la notion de « meurtre compassionnel » ne constitue le très redoutable pas de trop !

      Durant ma longue carrière d’éducateur spécialisé un très sévère « burn-out » y a depuis définitivement mis terme ! j’ai personnellement lors d’un débat assisté au vibrant plaidoyer d’honorables psychologues et collègues pour l’euthanasie « compassionnelle » d’une personne déjà particulièrement peu gâtée par la nature et la vie et frappée en sus par un AVC : tout le problème résidait et réside dans le fait que jamais cette personne, toute fragile et diminuée qu’elle soit, n’avait ni avant, ni ensuite ! émis un tel souhait, et que sa souffrance apparaissait donc bien plus intolérable à la notion même de « dignité humaine » qu’en projetaient sur elle certains intervenants qu’à elle-même !

      Au risque donc de passer pour « rétrograde », je persiste à croire que certaines zones grises ont pour préserver la notion même de « dignité humaine » tout intérêt à le rester !

      En vous présentant mes respectueuses salutations ! smiley


    • astus astus 20 février 13:08

      @Samson
      Merci pour vos contributions argumentées et pour l’intérêt que vous portez à la notion de « dignité humaine ». C’est en effet le coeur du débat et toutes les lois qui verront le jour à l’avenir devront, pour être justes et utiles, avoir forcément cela comme axe fondamental. D’où l’intérêt de remplir à temps les directives anticipées  : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32010
      pour éviter les abus sans oublier d’informer les proches et de mieux former les médecins.
      Cdlt


    • Samson Samson 20 février 14:14

      @astus
      « D’où l’intérêt de remplir à temps les directives anticipées : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32010
      pour éviter les abus sans oublier d’informer les proches et de mieux former les médecins. »

      Le tragique précédent de l’ « affaire » Vincent Lambert en fait foi et vous avez absolument raison d’insister sur ce point qu’on ne saurait trop recommander !

      Directement accessible aux éventuels intervenants dans mes papiers et papiers de voiture, je dispose personnellement et depuis quelques années déjà d’un document sinon officiel, dûment daté et signé reprenant mes ultimes volontés en cas de malheur m’empêchant d’autrement les transmettre ! Et j’en ai également fait part à mon médecin traitant !

      Si je ne peux que me fier à la conscience des éventuels intervenants pour leur respect, au moins savent ils d’entrée de jeu à quoi s’en tenir !


    • Samson Samson 21 février 19:23

      @astus

      En « bonus », ce bref poème de Tristan Cabral (in « Du pain et des pierres’) qu’il m’avait plu de mémoriser durant ma déjà lointaine adolescence et qui me semble parfaitement approprié à l’illustration du sujet traité dans votre contribution !

       »Si je n’ai pas la chance de tomber contre mur,
      S’il n’est quelqu’un de libre pour me donner la mort,
      Quand je commencerai à manquer de futur
      Je me pendrai au ciel en entrant dans mon corps"

      En vous présentant mes cordiales salutations ! smiley


    • astus astus 21 février 19:38

      @Samson

      Merci pour ce poème approprié (que j’ignorais) et bonne soirée à vous !


  • I.A. 20 février 10:15

    Il est entendu que votre demande est légitime, je suis d’accord avec vous, et que le timing est sensé être bien choisi pour adresser cette lettre au... Bonhomme de la République.

    C’est juste que lorsque vous écrivez : « Monsieur le Président de la République, je vous demande de vous déclarer en faveur de la liberté [...] », eh bien on se dit que le Petit Bonhomme, ne sachant déjà pas respecter la liberté tout court, comment pourrait-il octroyer celle de choisir sa fin de vie ou de refuser l’acharnement thérapeutique ? 

    N’oublions pas que les vieux et les malades rapportent énormément au lobby pharmaceutique. Que la Sécu va progressivement être remplacée par les mutuelles. Que les Bonhommes de la République sont devenus de vulgaires administrateurs, pour ne pas dire gestionnaires, sans aucun scrupule ni la moindre bienveillance...

    Selon moi, à terme, les vieux pauvres auront le droit de n’avoir aucun soin, qu’ils le veuillent ou non, et les vieux riches n’auront que celui de se faire soigner « quoi qu’il leur en coûte »...


    • astus astus 20 février 10:28

      Bonjour @I.A.

      Comme je l’ai déjà écrit plus haut cette question de la fin de vie transcende tous les courants politiques pour la raison simple qu’elle nous concerne absolument tous. Aussi l’adresse à Macron, qui est le président actuel, ne repose nullement sur une adhésion à ses idées mais sur le fait qu’il est à cette place. S’il s’appelait « Tartempion » la lettre s’adresserait à monsieur Tartempion. Quant à l’état de la société actuelle il est aussi le reflet de ce que les citoyens eux-mêmes en ont fait. Il n’y a aucun « deus ex machina » fusse-t-il Jupiter himself.
       
      Bien à vous


    • troletbuse troletbuse 20 février 10:41

      @I.A.
      Oui il y a les « BONS » et le reste les « RIENS ». Micron en est la synthèse "Le bon à rien’. Attention ne pas confondre avec le bon aryen. smiley


  • xana 20 février 12:10

    Je n’ai pas lu l’article. Je ne sais même pas si je suis d’accord sur le fond.

    Ce qui m’a choqué dès les premières lignes, c’est cette obséquiosité avec laquelle « astus » s’adresse à Sa magnificence Macron 1er...

    Macron n’est PAS le Président des Français, il est seulement le candidat des banques qui a usurpé la présidence.

    Macron n’a pas besoin de formules de politesse obséquieuses, mais d’un coup de pied au cul pour le chasser de l’Elysée, puis d’un coup de couperet sur la guillotine.


  • microf 22 février 12:44

    Ma soeur a travaillé en Occident á hopital dans un pays que je ne donnerai pas le nom, un des pays occidentaux qui est á l´avant garde de l´Euthanasie...

    Dans cet hopital oú la grande partie des patients étaient des personnes âgées, il était interdit au personal médical de porter assistance á une de ces personnes en cas de problèmes...

    Une nuit, une patiente se porta très mal.

    Ma soeur qui était de garde se porta au secours de cette personne une vieille dame, lui administra des soins et la ramena á la vie, ce qui est interdit dans cet hopital.

    Le plus curieux, c´est que cette dame qui était pour l´Euthanasie car ayant discutée pluieurs fois avec ma soeur de ce problème, le lendemain après avoir recouvert la vie, remercia beaucoup ma soeur de l´avoir ramenée á la vie.

    Malheurement quelques jours plus tard, ma soeur perdait son emploi dans cet hopital parceque les autorités s´étaient apercus que c´est ma soeur qui était de garde ce jour lá, qui l´avait ramené á la vie.

    Toutefois comme le dit ma soeur, elle partit de cet hopital le coeur et la conscience tranquile de n´avoir pas participée, aidée, ou permis á un ÊTRE humain de mourir alors qu´elle pouvait le sauver.

    Je suis allée á l´école de médécine pour apprendre á soigner les malades et á sauver des vies pas pour les aider á mourir ou les tuer disait-elle toujours.


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