jeudi 8 novembre - par rosemar

Non, il n’ y a pas eu de tremblement de terre à Marseille...

Non, il n' y a pas eu de tremblement de terre à Marseille... et pourtant, trois immeubles se sont effondrés, des logements de pauvres, bien sûr, dans un quartier où plus de 40 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, où près d'un immeuble sur deux est "indécent ou dégradé".

Les pauvres n'ont droit ni au confort, ni à la sécurité.

L'état de délabrement des bâtiments concernés était connu avant le drame, mais rien n'a été fait à temps pour l'éviter. 

A Marseille, une des plus grandes villes de France, il existe encore des taudis insalubres où s'installe la misère...

Six corps ont été retrouvés dans les décombres et ce bilan est provisoire : il reste encore sans doute d'autres victimes ensevelies.

Ces corps n'ont pour l'instant pas été identifiés : des anonymes, des moins que rien sacrifiés à l'incurie et l'inconscience des hommes politiques qui nous gouvernent.

Comment peut-on laisser au XXIème siècle des gens vivre dans des logements aussi précaires ?

J'ai vu les images de ces immeubles effondrés : on a l'impression qu'un gigantesque séisme les a anéantis, on se trouve devant un champ de ruines.

Comment pourrait-on encore espérer trouver des survivants dans cet amas de pierres et de gravats ?

Des gens sont morts en France victimes de la pauvreté et de la misère.

Qui s'est soucié de leur sort ? 

Sûrement pas les élus en charge de la cité phocéenne, sûrement pas les "responsables" politiques qui ferment les yeux devant la détresse des gens humbles.

Selon un rapport remis au gouvernement en 2015, à Marseille,"un parc privé potentiellement indigne" présente "un risque pour la santé ou la sécurité de quelque 100.000 habitants". 40.000 logements sont concernés, soit 13 % du parc de résidences principales.

Un des immeubles qui s'est effondré était occupé par une copropriété de 10 appartements. Pourtant, depuis 2007, les signaux d'alerte se multipliaient : effondrement du plafond du hall d'entrée, fissures inquiétantes, façades délabrées... Un expert agréé auprès du tribunal avait même visité l'immeuble le 18 octobre sans décider une évacuation des lieux.

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2018/11/non-il-n-y-a-pas-eu-de-tremblement-de-terre-a-marseille.html

 

Source :

https://www.lepoint.fr/societe/a-marseille-une-situation-affolante-sur-le-front-du-logement-indigne-ou-insalubre-06-11-2018-2268950_23.php



29 réactions


  • rogal 8 novembre 12:57

    Déjà lu ou entendu mille fois, hélas, depuis cet effondrement.


  • JL JL 8 novembre 13:52
    Insalubrité, gentrification : même combat !

    « De Noailles à la Plaine, en passant par la Belle-de-Mai et Belsunce, c’est toujours le même plan que la mairie de Marseille et la Soléam imposent : laisser pourrir les quartiers des pauvres pour pouvoir, ensuite, mieux les « valoriser », les « rentabiliser », les gentrifier...

     »




    • rosemar rosemar 8 novembre 20:57

      @JL

      Merci pour ce lien : ce serait, en plus, une politique concertée ?


    • Fergus Fergus 9 novembre 09:33

      Bonjour, JL

      Sans parler du cas spécifique de Marseille, il s’agit là d’une critique récurrente très largement injustifiée, et même caricaturale dans la,plupart des cas.

      Je vous invite à lire l’article que j’ai écrit sur ce sujet en janvier 2018 : Cette « gentrification » qui chasse les classes populaires de Paris.

      Il montre que les choses sont très loin d’être aussi simples et que les discours des opposants aux municipalités en place sont très souvent démagogiques et déconnectés des réalités. Or, ce phénomène de gentrification touche toutes les métropoles du continent, qu’elles soient gérées par la droite ou la gauche, toutes sensibilités confondues !


    • JL JL 10 novembre 09:03

      @Fergusbonjour,
       
       dans la réalité, tout n’est pas blanc ou noir. En l’occurrence les deux visions sont fondés, il n’y en a pas une qui chasserait l’autre.


  • kalagan75 8 novembre 14:02

    ce matin j’ai cru entendre que ces immeubles avaient été rachetés par la mairie donc que personne ne devait les occuper puisque déclarés insalubres. Qui occupaient ces immeubles et à qui payaient-ils un loyer ?


  • egos 8 novembre 14:44

    Le procureur de Marseille, lors d’une déclaration concise, cernait l’état du dossier pénal : qqs éléments relatifs aux expertises commanditées par la Mairie de Marseille ou annexes, un arrêté de péril ou d’évacuation en instance, la récente intervention des pompiers consécutive à l’apparition peu de temps avant la drame de fissures et déplacements d’éléments structurels,

    et 2 faits notables : l’ordre dans lequel les bâtiments se sont écroulés n’est pas encore connu, le bâtiment occupé par des copropriétaires et locataires ne relevait pas de la catégorie de l’habitat indigne.

    Qqs points et questions restent cependant en suspens : les habitants de ce bâtiment étaient-ils accoutumés à ce point aux dégradations graduelles de l’immeuble (hormis une jeune femme) qu’ils ne se soient alarmés des derniers signes précurseurs (et très inquiétants) du désastre,

    quid des associations de soutien aux mal logés,

    sont elles inopérantes lors de telles situations ou simplement indifférentes, concentrent elles leurs actions au seul périmètre du relogement ou aux manifestations protestataires,

    quid des réseaux de solidarité citoyens, n’y a-t-il eu personne dans cette rue ou parmi le voisinage pour donner l’alerte et proposer d’accueillir les occupants ?

    Qd à l’efficacité des services publics (ie canicule meurtrière de 2003, leur manque de réactivité fut attribuée l’absence de J Chirac en vacances au Canada)

    que conclure si ce n’est que l’urgence n’est pas leur domaine de prédilection.

    Qu’il s’agisse de victimes périssant sous les flots, carbonisées dans un tunnel routier, d’un crash aérien annoncé par la défaillance de capteurs, des victimes de l’amiante ou des pesticides,

    la passivité apparente de l’Etat ne relève pas que du simple désintérêt, du manque de volonté ou de moyens, le maquis administratif, celui des recours, du clientélisme ou petits et grands arrangements sous la table, 

    la passivité de l’Etat découle aussi ce celle des ses administrés, 

    à l’exclusion de victimes directes.


    • covadonga*722 covadonga*722 9 novembre 20:21

      @egos
      quid des associations de soutien aux mal logés,

      trop de blancs du crus dans ceux ci pour que cela soit rentable politiquement et en 
      notoriété elles sont trois assoc a ce tirer la bourre dans la course aux subventions 


  • Aéroclette Aéroclette 8 novembre 14:55

    Au vu des reportages, un quartier d’envahisseurs.... Moi aussi je me communautarise, c’est à la mode.


  • MagicBuster 8 novembre 17:09

    Oh putaing !!! Lé fadas !!!

    Une critique sur Marseilles, la ville ou il fait beau 700 jours par an  !!!!

    La poubelle ville de France . ..


  • zygzornifle zygzornifle 8 novembre 17:24

    Mélenchon a poussé sa beuglante après Macron ?


  • zygzornifle zygzornifle 8 novembre 17:27

    Macron fait le tour des lieus de boucherie 14/18 peut être viendra t’il se recueillir a Marseille ? ....


  • eric 9 novembre 00:09

    Peu d’infos sur le net ; En gros, hors, accuser les uns ou les autres pour des raisons politiques, cela n’intéresse pas beaucoup les journalistes.

    Je comprends que c’est du parc privé, loué à des gens qui ne peuvent payer comme loyer que leurs APL.

    Donc des propriétaires qui de toute façon, ne gagnent sans doute pas assez d’argent avec les loyers pour restaurer les locaux ; Ensuite, si c’est comme à Paris, tu ne peux pas augmenter les loyers, tu ne peux pas expulser les mauvais payeurs tu payes de la taxe foncière, éventuellement de l’ISF, de la CSG sur les loyers etc...

    Le demande est forte. C’est pas cher. Si il y a arrêté de péril et que la menace est constatée, tu es prioritaire pour du logement social ; J’ai des amis longtemps clandestins ukrainiens qui ont hérité d’un logeant intra-muro à Paris pour cette raison.

    Sans négliger la part de « pas de chance », le caractère assez rare de ce genre de catastrophe avec 40 milliards par an, 2% du PIB de politique du logement, des choses pareilles ne devraient pas arriver sans des mise en œuvre idéologiques et en dépit du bon sens.


  • Croa Croa 9 novembre 09:52

    Malgré les signes avant coureurs, les pierres qui tombaient, ceux qui habitaient l’immeuble étaient les premiers dans le dénie, sinon ils n’y seraient pas restés et auraient exigés des bailleurs des travaux immédiats.

    Mais bon tout cela n’est rien. C’est toute notre société qui va s’effondrer et nous sommes dans le dénie, personne ne veux croire aux signes avant coureurs qui sont pourtant là, à la terre qui chauffe...  smiley


    • ZenZoe ZenZoe 9 novembre 17:56

      @Croa
      Les locataires n’étaient pas dans le déni, loin de là.
      Ils se sont bien aperçus que les portes d’entrée ne fermaient plus et que les fenêtres éclataient littéralement à cause d’un tassement de la structure, que les murs bougaient et que les craquements se faisaient de plus en plus forts et rapprochés.
      Deux ou trois sont partis dormir ailleurs pour le weekend.
      Plusieurs ont écrit à la mairie ou à leur bailleur. En vain. L’un d’eux était même parti à la mairie tirer la sonnette d’alarme ce matin-là. A son retour, l’immeuble n’existait plus.
      Le plus triste est que parmi ceux qui sont restés, certains n’avaient sans doute nulle part ailleurs où aller. Précarité et isolement, deux fléaux qui marchent main dans la main.


  • baldis30 9 novembre 20:05

    bonsoir,

     plutôt que de commenter l’article venons-en aux faits et d’abord aux lieux ! les responsabilités découleront des constats et pas des imprécations

    la zone sinistrée, pour ceux qui connaissent la ville se situe entre le Lycée Thiers en haut et l’Opéra en bas, ce ne sont pas des critères d’argent qui motivent mon propos mais seulement les données d’altitude et de mélange des quartiers. plus précisément « sous » le cour Lieutaud !

     La vétusté des immeubles : INDSICUTABLE , mais sur la photo et sur bien d’autres on peut voir au milieu de gravats d’apparence fort ancienne des éléments de maçonneries fort modernes... Qui les a mis en place et sous le contrôle de qui ... En somme comment a fut fait l’entretien ? Là on est aux abonnés absents !

    le substrat géologique ... sur du calcaire comme toute la zone marseillaise donc avec ce risque fondamental que les touristes avides de fraicheur vont admirer l’été dans tous les avens et grottes méridionaux de Padirac à l’aven Armand et d’autres ... donc fragile ... fragile pourquoi . parce que L’EAU joue son rôle destructeur dans le faciès calcaire ! ... Comment circule-t-elle ? de haut en bas ... !Mais encore ?

    Mais encore , ce qui m’a le plus surpris est le témoignage d’une survivante trouvant que la zone puait ! certes les riches font souvent état de la puanteur qu’ils ressentent même si un pauvre se trouve à deux kilomètres de distance.. mais là en pleine ville il est plutôt facile d’envisager l’eau sous deux formes, celle quasiment pure issue des réseaux d’eau ou des infiltrations et celle bien plus odorante provenant d’un système d’égouts .. et l’étanchéité des uns et des autres n’est pas la qualité première de bien de ces réseaux quelle que soit la ville concernée ...

    Enfin on est sur une pente .. .. et si cela commence à glisser ce sera naturellement dans le sens de la pente ...

    Facteurs aggravants : la zone est entourée de plusieurs artères à circulation importante : le très proche cours Lieutaud et la plus lointaine rue de Rome ... comme sources vibratoires permanentes c’est une garantie, jour et nuit ... et on ne peut oublier le voisinage du métro quoique plus loin et bien profond et récent.

    Selon la définition du risque de l’Unesco le risque peut s’exprimer de la façon suivante : le risque est le croisement de l’aléa et de la vulnérabilité ...

    Côté aléa anthropique on est servi par le petit inventaire ci-dessus : vétusté et entretien médiocre voire absent ou mal réalisé ! plus éventuel les fuites d’eaux diverses des différents réseaux ... les vibrations n’arrangent rien ...

    Côté aléa naturel : la nature calcaire du support et la pente, y compris l’eau de circulation phréatique ce dont on pourrit se rendre compte avec des cadastres anciens qui en général ( mais pas toujours) comportaient l’existence des puits ( vision approvisionnement en cas d’incendie ).

    Quant à la vulnérabilité : construction ancienne

    Une autre façon de voir à partir de l’analyse faite ci-dessus est 

    Mouvement de terrain = lithologie X pente x eau x facteur vibratoire aggravant

    auquel cas l’aléa est le mouvement de terrain et la vulnérabilité la construction mal conçue ...

     Mais l’analyse n’efface pas le drame ....

    Si on retient la définition du cas de force majeure selon les juristes ( imprévisible dans sa survenance ET irrésistible dans ses effets) on laisse au lecteur le soin de décider ...


    • covadonga*722 covadonga*722 9 novembre 20:16

      @baldis30
      yep , résident a Marseille , il me semble que vous avez omis d’autres facteurs aggravants , l’incurie pour ne pas dire le jem’enfoutisme y regnant , l’incompétence de nombres de services et d’entreprises dans lesquelles règne un népotisme et un clientélisme digne de la Rome Antique .
      Enfin et la les autorités ou pouvoirs ne sont pas seuls en causes une culture de l’inobservance des règlements et des lois qui ferait passer par comparaison n’importe qu’elles villes du tiers monde pour un éden régulé  


    • baldis30 9 novembre 20:42

      @covadonga*722

      bonsoir,
       j’ai voulu rester sur le seul plan du risque localisé , i.e. entre Lycée Thiers et Opéra sans faire référence aux facteurs organisationnels qui en général ne sont pas minces et sous-tendent bien des catastrophes ( à cet égard voir les deux rapports « Martin » publiés à la D.F. au sujet de la rupture d’une digue barrage à Eloy-Giromagny et à Nîmes ... un délice .... enfin certainement pas pour ceux qui subissent...) . A partit du moment où j’ai écrit « qui contrôle » il est évident qu’il y a bien des prolongements tentaculaires ! je me suis arrêté à ce qu’on a l’habitude d’appeler « les barrières » .. au lecteur de réfléchir à la façon dont elles ont été contournées !


    • covadonga*722 covadonga*722 9 novembre 20:48

      @baldis30
       ne vous méprenez pas s’agissant du factuel par vous décrit et j’abonde dans votre sens mais pour rester dans mon tempo
      « au lecteur de réfléchir à la façon dont elles ont été contournées !  »

      ce qui ici confine a de l’art voir a une culture inculquée des le berceau .

      puisque vous semblez connaitre la ville , nous sommes quand meme la seule cité ou un ancien taulard fiché au grand banditisme et sortit de 25 ans de prison c’est fait abattre au pieds de l’immeuble du service des sports municipaux ou il disposait d’un bureau  pas 1957 non .....en 2017 


    • baldis30 10 novembre 09:40

      @covadonga*722

      bonjour,
      « nous sommes quand même la seule cité où un ancien taulard fiché au grand banditisme et sortit de 25 ans de prison c’est fait abattre au pieds de l’immeuble du service des sports municipaux ou il disposait d’un bureau pas 1957 non .....en 2017  »

       smiley la seule cité ????  smiley

      là je conteste ... en êtes-vous bien sûr ? la seule ? ... ô vertueuse France  !
      Il est vrai que les portes des Baumettes ont été élargies et les serrures démontées ...
      par ailleurs : je connais effectivement la ville pour avoir fréquenté ou fréquenter encore des lieux cités dans ma première réponse !
      Le scandale des fuites de réseaux est général ... : certaines villes ont affiché et affichent encore des pertes d’eau potable de l’ordre du tiers ; quelques-unes ont réagi, en général lorsqu’elles sont en régie directe ou que les contrats de concession sont précis ! 
      Quant aux réseaux d’évacuation des eaux usées ( appellation énarchique des cloaques dénommés pudiquement égouts) qui osera en parler ? Cela ne veut pas dire que dans le cas précis de la rue d’Aubagne cela se soit passé ainsi mais le témoignage OLFACTIF d’une des occupantes est plus qu’inquiétant ... 

      l’ensemble des éléments cités dans ma première réponse , exception faite du substrat géologique, conduit de façon absolue à un seul concept : entretien / maintenance ... et ceci exclut de façon absolue le concept juridique de cas de force majeure : c’était prévisible !
      Pire que prévisible ? autrement dit prédictible  ?
      OUI ! puisque un arrêté de péril avait été pris !


Réagir