mardi 4 février - par Alain Alain

Non, mais ! On est en démocratie, quand même !

La démocratie représentative est le moins mauvais des systèmes politiques.
Son principal avantage est qu'il donne régulièrement aux peuples lors des élections, à chaque citoyen à égalité d'influence, un droit de regard sur l'action des élus, du choix des politiques à conduire et de ceux qui les conduisent.
En effet, mais.

Si c'est le moins mauvais, souvent il a été mauvais quand même.
Il a permis à Hitler et Mussolini de prendre le pouvoir jadis, aujourd'hui à Orbán en Hongrie, Bolsonaro au Brésil, Trump aux Etats Unis, Erdoğan en Turquie, Poutine en Russie et à d'autres peu recommandables d'entrer dans les gouvernements de leur pays.
Tous les citoyens ont le même droit de vote mais parfois ils s’en sont bien mal servi, apparemment, non ?

Ce qui pose question c'est la manière dont chaque électeur sélectionne celui pour qui il va voter. Quels critères, quels arguments, quelles connaissances liées aux enjeux sociétaux, économiques, institutionnels, culturels mobilise-t-il pour juger les propositions des candidats et faire son choix ?
Combien parmi ces électeurs peuvent expliquer leur décision par une réflexion personnelle informée, documentée, ou au moins avec trois ou quatre arguments qui ne soient pas sortis de la doxa (vox populi) ou plus trivialement du café du commerce du coin ?

Récemment, à la radio, lors d'un micro-trottoir, on a demandé à un passant ce qu'il pensait du féminisme. Il a répondu « qu'il était contre mais qu'il ne savait pas trop dire pourquoi ».
Concernant l’immigration, un militant questionné par un journaliste de France Télévision a annoncé comme première mesure à prendre « le halal dans les cantines scolaires » !
Un autre, sur la réforme des retraites s’est plaint que « les conducteurs de train de la SNCF prennent leur retraite à 52 ans et vont conduire des trains en Chine ».
Récemment j’ai regroupé les déclarations faites lors des micro-trottoirs de Guillaume Meurice diffusés sur France Inter, dans un article publié sur Agoravox :
POM-POM-POM-POM... (Symphonie nº 5 de Beethoven) Les français parlent aux français.
C’est ce qui m’a amené à rédiger le présent article. En voici quelques exemples. (Verbatim)

 Après l’évasion de Carlos Ghosn :
« Lui, c'était pas son entreprise, il n'était que le patron. La seule chose qu'on apprend aux enfants français, c'est d'aller toucher des allocations machin et des allocations truc. Y a un problème en France, c'est l'inculture économique du français qui commence dès l'école, hein, parce qu'il y a une chose dont on parle jamais à un enfant français, c'est : qu'est-ce que c'est un franc ! »
 Un visiteur du salon nautique concernant les pauvres :
« Ah, ça m'énerve ça. Un pauvre entre guillemets, si c'est malheureusement celui en train de râler parce que il a même pas 1 000 euros. Non, par contre ce qu'il faut c'est être optimiste et puis bosser surtout, hein, bosser. En France celui qui réussit un petit peu, c'est un nanti. C'est tout, hein. On a la définition, hein.

- Guillaume Meurice : c'est de la jalousie, quoi ?


- C'est de la jalousie. »
 Sur les régimes spéciaux :
« Scandaleux, c'est l'aspiration de tous les médiocres. Je pense que les cheminots et la RATP sont des privilégiés, bon.

- Guillaume Meurice : Est-ce que les privilégiés, c'est pas plutôt les actionnaires qui empochent des dividendes sans rien faire ? 

- Mais sans rien faire tout en risquant leur patrimoine. Le cheminot ne risque pas son patrimoine. »
 Sur la réforme des retraites :
« Dans la réforme, ben, y a... J'ai pas tout en tête. Si vous voulez, heu, ben, bon, que je vous dis, il faut aller de l'avant, il faut faire les choses et y a un effort à faire, il faut le faire. »

Un argument qui fait prospérer de nombreux politiciens concerne l'immigration maghrébine. Nombre de citoyens reprennent l'argumentation : « il y en a trop, ils nous envahissent, ils nous supplantent ». Et sans plus se poser de question, ils votent en conséquence.
Pourtant il est facile de savoir que ce sont leurs grands-parents pour la plupart français qui sont venus participer à la reconstruction de leur pays, la France, puisque l'Algérie, le Maroc et la Tunisie étaient des départements ou protectorats français à leur époque. Parmi eux il y avait les harkis qui ont combattu pour la France contre l’Algérie. Et ces envahisseurs dont ils parlent aujourd'hui sont en très grande majorité leurs enfants et petits-enfants, français, parce que nés en France comme l’auvergnat de souche, de troisième voire quatrième génération.

Voilà sur quoi beaucoup fondent leur choix.
Sachant qu’ils engagent le mode de vie de 67 millions de français, ai-je le droit et peut-être le devoir de dire que c’est insuffisant ?
Ne pourrait-on pas faire un effort d’information ? Ne le devrait-on pas ?

Oui il est facile de s'informer un peu pour vérifier, jauger, confronter les idées répandues par la litanie des éléments de langage appris et répétés, ressassés par les leaders et élus de certains partis politiques, tous les ministres et beaucoup de « journalistes ».
Consulter AgoraVox, regarder les débats télévisés, lire des magazines, des livres ou au moins des tracts, des professions de foi, discuter avec des militants et surtout ne pas se fier aveuglément, de manière grégaire aux démonstrations simplistes de ceux qui prétendent savoir pour nous comme les « journalistes » par exemple, mais pas qu’eux.
Chacun a son propre cerveau et peut s'en servir.

Trop souvent les citoyens découvrent les conséquences de leur vote bien plus tard après les élections. C'est ce qui explique le turn over des présidents de la république et de leur majorité. Les quatre derniers mandats, quatre présidents différents.
« Et pourquoi ne pas essayer ceux qu'on n'a pas encore vus à l'œuvre ? » Avec comme seule motivation qu'on ne les a pas encore vus à l'œuvre même s'ils proposent les pires âneries.


Imaginez que quelqu'un ait promis de sortir la monnaie du pays de l'euro sans être même capable d'expliquer pourquoi, et qu'une fois élu, il ait eu l'inconscience de le faire ; où en serions-nous aujourd'hui ?
Heureusement personne ne propose cela.

« L'autorité d'un seul homme compétent, qui donne de bonnes raisons et des preuves certaines, vaut mieux que le consentement unanime de ceux qui n'y comprennent rien. » Galilée
Je n'arrive pas à retrouver une citation et son auteur pour pouvoir la reproduire exactement ici. (Réplique d’un film, aphorisme d’un auteur ou autre ?)
Elle disait à peu près ceci : « demandez à cent savants opposés à mille imbéciles de trancher, ce sont les seconds qui auront démocratiquement raison. »
Sauf si les prétendus imbéciles se donnent la peine de se forger une opinion fondée et personnelle.

Ma mère avait dû abandonner l'école pour aider au ménage et à l'éducation de ses jeunes sœurs et frère sans atteindre la classe du certificat d'études ; mon père était plombier et il avait commencé à travailler à douze ans.
Pourtant ils ont été des militants éclairés et reconnus dans leurs divers engagements politique et syndical parce qu'ils se sont battus pour acquérir ce à quoi ils n'avaient pas eu droit enfant : l’instruction qui permet la culture politique et la capacité de penser par soi-même.
Ouvrier fraiseur à seize ans, Pierre Bérégovoy est devenu premier ministre de la France en 1992 ; René Monory, mécanicien automobile est devenu ministre de l’industrie, du commerce, de l’artisanat puis ministre de l’économie ; Jean-Claude Gayssot apprenti électricien à la SNCF est devenu ministre des transports ; etc.

En tout cas, ils étaient tous plus admirables que ces intellectuels gâtés qui vont dans les médias débiter leur ignorance de la vie des pauvres et leur donner des leçons de riches ou à minima, de nantis, ou que la plupart de ces « journalistes » soumis.
Parce qu’ils étaient experts de leur vie, les gilets jaunes ont bien su exprimé ce qui n’allait pas pour eux dans la politique conduite en France.

Vous voyez bien qu'il est possible de ne pas voter « au petit bonheur la chance » et la démocratie s'en portera mieux. Il suffit de se demander pourquoi devrais-je croire celui-ci ou penser comme celui-là et, identifier les arguments qui ont fondé ma propre conviction.
Dernier point de repère : s’ils y en a peu (des arguments), c’est que vous n’avez pas de vraie opinion personnelle. Vous risquez de faire comme les moutons de Panurge : suivre le troupeau des électeurs les plus nombreux seulement parce qu’ils sont les plus nombreux ou parce que ce sont ceux qu’on entend le plus à la télévision.

Pour finir, deux citations.

« Je ne m'occupe pas de politique. C'est comme si vous disiez : "Je ne m'occupe pas de la vie". » Jules RENARD
« Qui pense peu, se trompe beaucoup. » Léonard De Vinci

Mon blog

(Démocratie, du grec dêmos, peuple, et kratos, pouvoir, autorité.
Démocratie représentative : le pouvoir s'exerçant par l'intermédiaire de représentants désignés lors d'élections au suffrage universel.)



23 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 4 février 10:53

    Les limites de la démocratie représentative sont liées à la « représentativité » elle-même : la composition socioprofessionnelle des élus est toujours éloignée de celle du corps électoral, et les intérêts des élus ne coïncidant pas avec ceux des électeurs. Encore moins quand il s’agit de’élus « indirects » comme ceux du sénat, des régions et des com de com.

    Le clientélisme qui en résulte favorise la corruption et les conflits d’intérêts en commençant par le fait que les députés et les présidents de collectivités territoriales votent leur propre rémunération.

    Ajoutez à ça que le système électoral conduit aussi sûrement au bipartisme que l’économie de marché conduit aux monopoles ; et vous commencerez à vous demander si les mots « démocratie » et « représentative » juxtaposés ne produisent pas un oxymore.


  • Attila Attila 4 février 10:59

    «  « le halal dans les cantines scolaires » ! »

    Si on accepte le « bio » dans les cantines scolaires on ne peut pas refuser le halal. Le bio est à l’écologie ce que le cacher est au judaïsme et le halal à l’islam : une nourriture produite conformément à des dogmes religieux.

    .


    • Ruut Ruut 6 février 09:35

      @Attila
      Sauf si il y a reconnaissance par l’état que la nourriture industrielle actuellement sur le marché est néfaste a la bonne santé...
      Le bio et sa promotion c’est une sorte de reconnaissance officieuse mais pas a la porté de toutes les bourses.....

      Oui un lait issu de vaches qui broutent en majorité de l’herbe est plus bénéfique que le lait issus de vaches ne broutant JAMAIS d’herbes.

      Mais visiblement la science moderne semble polluée dés que des enjeux financiers non négligeables sont en jeux....


  • Attila Attila 4 février 11:24

    «  Ce qui pose question c’est la manière dont chaque électeur sélectionne celui pour qui il va voter »

    Dans la vie, nous avons des choix à faire, des décisions à prendre. Beaucoup de choix ou de décisions n’ont pas de conséquences importantes si on se trompe mais il y en a dont les conséquence peuvent faire peser des risques très importants sur notre avenir et surtout l’avenir de nos proches.

    Face à des choix et des décisions importants qui engagent l’avenir, l’adulte s’informe sérieusement pour ne pas prendre de risque déraisonnable. Par exemple, un jeune couple qui veut acheter son premier logement doit s’endetter pour de nombreuses années : il va donc beaucoup lire sur le financement du logement et il va consulter des professionnels pour établir sa capacité de financement tout d’abord.

    Le choix de la politique qui va s’occuper de nos problèmes collectifs est une décision importante qui engage l’avenir. Par exemple, un des facteurs importants de la pénurie catastrophique de médecins est l’instauration du numerus clausus en 1971.

    On reconnaît l’adulte à ce qu’il s’informe sérieusement avant de voter. On ne peut pas demander au citoyen d’être un expert en tout mais il y a un petit nombre de questions qui émergent et qui font consensus chez les adultes qui s’informent.

    Une des questions aux conséquences les plus importantes découle des modifications de la Constitution récentes et de lois votées qui ont modifié le fonctionnement de l’État : qui, aujourd’hui en France, décide de la politique économique et sociale du gouvernement ?

    On reconnaît l’adulte à sa réponses : conformément à la Constitution et aux lois votées, ce n’est plus le gouvernement qui décide mais une instance dont les lois ont une force supérieure aux lois nationales.

    .


  • Radix Radix 4 février 11:32

    Bonjour

    La citation que vous recherchez est la suivante :« Prenez 10 philosophes et 11 imbéciles, en démocratie ce sont les imbéciles qui gagnent »

    C’était, mais je n’en suis pas sûr, dans « Mon oncle benjamin », le héro était interpellé par deux nobles qui lui demandaient s’il était démocrate car il portait l’épée alors qu’il était roturier et la citation était sa réponse.

    Radix


    • Alain Alain Alain Alain 4 février 21:09

      @Radix

      Merci pour l’information. Il y a longtemps que j’en recherchais la source.


    • Ruut Ruut 6 février 09:37

      @Radix
      Si les 10 philosophes n’ont pas l’intelligence d’expliquer et de réussir a expliquer aux 11 imbéciles pourquoi ils ont tord, c’est que ce sont eux aussi des imbéciles.

      cqfd


  • Radix Radix 4 février 11:42

    Pour répondre à votre article, la démocratie est un bon système... sur le papier !

    Pour que cela fonctionne il est nécessaire que les élus se comportent honnêtement en respectant leurs engagements de campagne et que l’on interdise les lobbys qui servent essentiellement à court-circuiter le suffrage.

    Ceci dit si les gens au pouvoir étaient toujours honnêtes n’importe quel système politique fonctionnerait !

    Radix



  • Nicolas_M Nicolas_M 4 février 11:52

    Ouvrez un dictionnaire.

    Dans le mien, démocratie : Forme de gouvernement dans laquelle la souveraineté appartient au peuple.


    Si c’est un gouvernement qui prend les décisions, c’est un minorité qui gouverne, pas le peuple, donc ce n’est pas une démocratie. En Suisse ou au Liechtenstein, avec le referendum facultatif, on peut parler de démocratie. Pas en France. En France, au mieux, on peut parler de démocratie indirecte, au pire d’oligarchie.


    Au passage, le suffrage universel est la pire bouse qui soit, demandez à n’importe quel mathématicien pourquoi, de base, voter pour un seul candidat est un biais terrible qui fait que l’élu ne représente jamais le peuple.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 4 février 12:34

      @Nicolas_M

      dans le mien :
      notion politique et rhétorique désignant une autorité morale exercée par une ou plusieurs personnes sur les détenteurs réels ou supposés du pouvoir, le plus souvent en utilisant un discours flatteur à même d’attiser les passions « 

      euh non, pardon, je me suis trompé de ligne, ça, c’était »démagogie"
      remarquez, c’est presque pareil


  • Zolko Zolko 4 février 13:29

    La démocratie représentative est le moins mauvais des systèmes politiques.

     
    J’image que vous faites référence à Winston Churchill, mais ce n’est pas exactement ce qu’il a dit. Il est tout-à-fait passionnant de noter ce qui a été omis de son discours tenu le 11 novembre 1947 à la chambre des communes :
     
    « La démocratie est le pire système de gouvernement, à l’exception de
    tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l’Histoire
     »
     
    Même si je ne suis pas un fan d’un criminel de guerre ivrogne, force est de constater qu’il a laissé la porte ouvert à de nouvelles formes de gouvernement, celles qui n’ont pas encore été expérimentées. Donc non, Churchill n’a pas dit que la démocratie représentative est pas le moins mauvais des systèmes politiques.

  • tashrin 4 février 16:38

    Vous avez raison

    Mais ce que vous fustigez, à juste titre, c’est la betise crasse de la majeure partie de la population. La democratie n’a de sens que si le peuple souverain est suffisamment éduqué et instruit. Et c’est évidemment pas le cas, Agoravox en temoigne très regulierement.


  • Octave Lebel Octave Lebel 4 février 19:18

    Nous avons tous reçu une leçon en jaune. Oui, nous nous sommes laissés infantilisés et avons délégué nos droits et devoirs de citoyens à ceux qui nous ont expliqué qu’ils savaient mieux que nous. Nous avons été tentés aussi par la résignation. Un grand merci aux média tous subventionnés par nos impôts, médias qui , alors qu’ils ne sont pas directement rentables, sont possédés à 90% par 9 milliardaires. A la publicité qui nous accompagne du berceau au tombeau, qui est le moteur économique des médias et qui guide nos émotions et nos pensées bien plus que nous pouvons l’imaginer(c’est l’essence même du principe). Sans eux, aucun pouvoir n’aurait réussi à nous diviser ainsi et nous imposer cet arsenal juridique qui consacre à chaque fois le pouvoir du fort contre le faible. Une leçon : "Stop, cela suffit"

    Ce n’est pas pour autant que de l’intelligence collective, le courage et la détermination du mouvement des gilets jaunes, de leur habileté tactique et leur énergie qui tiennent du cœur et de la réflexion sortiront immanquablement des changements durables et un renouvellement profond du fonctionnement démocratique de notre société. La force de ce mouvement, c’est avant tout son indépendance, qui passe devant toutes  les affiliations ou sympathies qui préexistent et perdurent. Elle permet de mieux se comprendre et d’expérimenter la confrontation des points de vue, des analyses et des solutions, d’expérimenter aussi le processus de réflexions et de décisions démocratiques tant redoutés des élus qui servent des intérêts bien cachés à ceux qu’ils prétendent représenter en invoquant l’intérêt général et la légitimité de leur élection. Ils oublient d’évoquer le taux d’abstention et refusent obstinément de comptabiliser les votes blancs parmi les suffrages exprimés pour diffuser des statistiques plus favorables. 

    Les divisions de la gauche, les trahisons de certaines de ses composantes, l’assoupissement d’autres, les surenchères des extrêmes gauches toujours médiatiquement valorisées aux moments opportuns, le double jeu avec l’extrême droite « je te pousse ou je te provoque pour finalement me poser en recours », ont contribué au développement du libéralisme économique et son idéologie au sein de l’UE pour mieux contourner les peuples .Au profit de certaines élites (et non pas toutes les élites) qui abusent de tous les avantages qui leur sont octroyés et qui visiblement n’en ont pas encore assez. Qui ont l’outrecuidance de nous interpeller au nom de l’intérêt général pour nous expliquer que c’est nous le problème, notre niveau de vie et nos droits. Une dette causée par d’autres qui s’en sont enrichis et que nous laisserions à nos enfants.

    Le mouvement des gilets jaunes n’est pas un mouvement hors-sol qui peut avoir un effet durable en se coupant des savoirs, compétences, contributions dont chacun de ses membres et sympathisants est porteur et qui ne sont pas apparus en enfilant un gilet. Ces compétences et ces savoirs sont en effervescence bien au-delà du mouvement aussi étant donné l’ampleur du soutien. Même si chacun a pu les voir trop souvent bafoués, détournés, trahis dans le jeu syndical et politique. Savoir repérer et se préserver de ces détournements et abus de confiance, c’est un acquis qui nous rend plus forts et nous stimule. Contrairement à ce que disent les spécialistes de la désinformation et des manipulations, des sujets essentiels sont apparus : "Le partage équitable des richesses que nous produisons, c’est maintenant, pas d’abord pour vous puis on verra plus tard pour les autres.«  »La justice fiscale et la fin de la complaisance avec la fraude fiscale, c’est tout de suite dans l’intérêt de tous"  etc… Rien que ces deux points sont de nature à coordonner des mesures cohérentes et un projet viable contrairement à la caricature méprisante que font les "spécialistes en tous genres toujours en service commandé.


  • ticotico ticotico 4 février 20:22

    @ l’auteur

    « Heureusement personne ne propose cela ».

    Dites vous au sujet de la sortie de l’euro...

    En ce qui me concerne, je crains que l’euro ne passe à la poubelle, comme tous les objets qui, non seulement ne fonctionnent pas, mais dont l’utilisation est d’une nocivité avérée.

    Cette nocivité à été amplement démontrée, si vous voulez un argumentaire qui tient la route, demandez à Google « emmanuel Todd euro »...

    Un système où une décision aussi néfaste que l’adoption de l’euro est approuvée par une large majorité ne me semble pas militer en sa faveur.

    Le problème que vous ignorez dans votre raisonnement est que la « démocratie » à été détournée de son objet par ceux qu’on appelle les lobbies. Il n’en reste plus qu’une façade factice...


    • Alain Alain Alain Alain 5 février 00:08

      @ticotico
      Le seul intérêt de l’euro c’est de ne pas exposer un franc qui serait trop faible pour tenir sur le marché monétaire.
      "Le problème que vous ignorez dans votre raisonnement est que la « démocratie » à été détournée de son objet par ceux qu’on appelle les lobbies. Il n’en reste plus qu’une façade factice..

      "
      C’est pour cela que je propose à chacun d’essayer de penser par lui-même.


  • Dédé15 5 février 09:05

    Non, nous ne sommes pas en dictature. Bon, d’accord, nous ne sommes pas non plus vraiment en démocratie. Ou alors peut-être un peu les deux à la fois. Mais oui, bien sûr, c’est ça le « en même temps » !


    • Ruut Ruut 6 février 09:42

      @Dédé15
      Le simple fait que la réponse ne soit plus évidente implique un problème Réel.


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