lundi 2 décembre - par Martin de Wallon

Patrick et Isabelle Balkany rejugés en appel en février pour blanchiment de fraude fiscale

Patrick Balkany est incarcéré depuis le 13 septembre et restera en prison jusqu’à son procès en appel, prévu pour la période du 3 au 19 février. Sa première adjointe et épouse Isabelle, est aussi impliquée dans le volet blanchiment de fraude fiscale du dossier.

Une lourde condamnation

Le jeudi 13 juin, le parquet national financier avait requis sept ans de prison contre le baron de Levallois-Perret. L’élu de 71 ans était jugé pour corruption passive et blanchiment de fraude fiscale. Quatre ans avaient également été requis avec sursis contre son épouse Isabelle. 

Finalement, l’homme avait été condamné deux fois : à quatre ans de prison pour fraude fiscale avec incarcération immédiate le 13 septembre, puis à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé avec un nouveau mandat de dépôt le 18 octobre. Sa femme, s’en tirait à meilleur compte, à cause de son état de santé encore fragile. Elle avait été hospitalisée en mai dernier après avoir tenté de se suicider, alors que le scandale était à la une de tous les médias. Elle a été condamnée à trois ans de prison ferme, sans être incarcérée. 

Le couple a été sanctionné à dix ans d’inéligibilité et dix ans d’interdiction de gérer une société. Une saisie des biens et avoirs, a été également ordonnée par le tribunal, notamment celle de leur moulin à Giverny (Eure). C’est un véritable coup de massue pour les Balkany. Rappelons qu’ils sont accusés d’avoir dissimulé aux yeux du fisc, un patrimoine environnant les 13 millions d’euros, au minimum. Ils auraient masqué par un chapelet de sociétés offshore logées au Liechtenstein ou à Panama, des propriétés luxueuses (Pamplemousse aux Antilles et Dar Guycy au Maroc) ainsi que des comptes bancaires à l'étranger.

Le baron des Hauts-de-Seine et sa défense n’ont pas nié tous les faits reprochés. Ils ont reconnu certaines erreurs, en les minimisant et ont négocié une image de « fraudeur passif ».

En outre, ils avaient été éclaboussés par d’autres affaires. Patrick était soupçonné d'avoir employé des chauffeurs de sa mairie à des fins personnelles et d’avoir été impliqué dans une affaire de corruption avec le milliardaire saoudien Al Jaber. Il a réfuté cette dernière accusation et a été relaxé. Il a contesté aussi l’essentiel des accusations de blanchiment et a prétendu être ignorant quant au montage offshore ayant permis les acquisitions mises en cause.

Maintenu en prison

Le mercredi 13 novembre, la cour d’appel de Paris a à nouveau, rejeté la demande de remise en liberté de Patrick Balkany. Une première demande avait été validée le 28 octobre dernier, après sa condamnation pour fraude fiscale.

Cependant, le montant de la caution fixée à 500 000 euros, avait plongé le maire dans l’impasse. L’homme qui se déclare désormais sans le sou et l’association qui le soutient, n’ont pu réunir que 10 % du montant de ladite caution. Selon le parisien, le maire de Levallois-Perret, incarcéré à la prison de la Santé, n'aurait même plus les moyens de payer Éric Dupond-Moretti et Antoine Vey, ses conseils. Il aurait remplacé le duo par Romain Dieudonné.

De son côté, l’accusation s’était opposée à la mise en liberté de Patrick Balkany, avec comme argument des magistrats cités par l’OBS, le « risque de fuite possible, probable, prévisible » et jugeant « important de garantir sa représentation au procès en appel ».

Patrick Balkany devra donc attendre en prison, son procès en appel, quand bien même il rassemblerait la somme. Pour son avocat ainsi que son épouse, cette décision est absurde dans la mesure où l’accusé ne pourrait fuir : « Il est choqué, comme moi d’ailleurs (…) C’est paradoxal que la même cour et les mêmes juges prennent une décision totalement inverse à quinze jours d’écart », s’est indignée Isabelle, au micro de BFMTV.

De grands enjeux

Le couple Balkany sera rejugé en appel en février pour blanchiment de fraude fiscale. Pour ce procès, les élus seront seuls sur le banc des prévenus. Ils étaient été jugés en première instance aux côtés du milliardaire saoudien qui a été relaxé pour corruption, d’un avocat, d’un proche du maire et de leur fils Alexandre. 

En attendant, Patrick Balkany demeure maire de Levallois-Perret, puisque la demande d'appel de sa condamnation rend cette peine suspensive. Les enjeux du procès restent énormes. Candidat à sa propre succession, Patrick Balkany avait crié au complot. Si l’élu est libéré au terme d’une nouvelle demande, il pourrait se représenter aux élections municipales tout en restant sous contrôle judiciaire. S’il est maintenu en prison, il devrait être absolument relaxé. La dernière probabilité, moins évidente, serait que la cour d'appel confirme la peine de prison du détenu, tout en revenant sur sa peine d'inéligibilité.



6 réactions


  • kalagan75 2 décembre 08:45

    la seule question qui se pose et sans réponse actuellement est « d’où provient l’argent ayant permis leur train de vie ? » ...


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 décembre 09:51

    Et pendant ce temps-là, la gonzesse qui était déjà la première adjointe de son mari à la Mairie (ce qui s’appelle du népotisme) assure l’intérim pendant que son mec est en taule alors qu’elle a aussi été condamnée et que c’est pas fini.

    Mais c’est pas grave : les larbins font la manche pour sortir le parrain et le remettre sur le trône.

    S’il fallait une démonstration du mode opératoire de la mafia moderne dans une société avancée en technologie et arriérée dans ses structures sociologiques, ça serait pas la peine de payer un ethnologue pour faire une expédition d’exploration en Sicile : y a tout ce qu’il faut à Levallois-Perret. 


  • Waspasien Waspasien 2 décembre 11:25

    Je pense raisonnablement que ces gens sont très protégés sinon nous n’assisterions pas, impuissants, à ces pieds de nez continuels à la justice.

    Qu’y a t’il là-dessous ? Chantage ? Est-ce si énorme ?

    Pourquoi le monde politique ne s’offusque t’il pas ?

    (Le monde politique... du moins, la partie non encore atteinte par la pourriture...)

    Comment cette épouse peut-elle faire valoir des problèmes de santé un jour puis pérorer librement devant des caméras de TV le jour suivant, tout en continuant à exercer une charge administrative et avec le sourire ?

    Sauf erreur de ma part, elle devrait être en prison non ?

    Que sont ces administrés ? complices ? collabo ?


  • titi 2 décembre 16:53

    S’il en sait trop sur d’autres mafieux il se pourrait bien qu’on le retrouve comme Epstein...


  • ETTORE ETTORE 2 décembre 23:05

    Si on le laisse trop longtemps en prison....le risque est grand, que la corruption s’installe dans cet établissement pénitentiaire.


  • Waspasien Waspasien 3 décembre 16:55

    Qu’est-ce qu’on lui donne comme champagne dans son studio VIP ?

    Il n’y a pas « d’oreiller » dans ce VIP... peut-être que sa femme ?


Réagir