vendredi 9 décembre 2016 - par astus

Polémiques récentes sur l’autisme

Dans un temps lointain l’Église pouvait décider seule de la vérité scientifique ce qui mit en difficulté Galilée et entraina en 1600 la mort sur le bûcher de Giordano Bruno qui avait défendu des thèses cosmologiques iconoclastes. Quant à Galilée il ne fut vraiment réhabilité qu’au XXème siècle durant lequel les soviets avaient estimé la génétique mendélienne réactionnaire, car au service de l’idéologie bourgeoise, pour ne retenir que les thèses de Lyssenko, qui malheureusement étaient fausses.

Mais en France aujourd’hui c’est le député Fasquelle et ses collègues LR qui s’érigent en savants autoproclamés pour tenter de faire interdire la pratique psychanalytique dans l’accompagnement des enfants autistes, et ceci au nom de l’État. Cette dérive totalitaire, heureusement rejetée par un vote de l’Assemblée Nationale, est cependant préoccupante. Car le député Fasquelle n’en est pas à sa première tentative puisqu’il voulait déjà supprimer tout enseignement de la psychanalyse en France comme s’il n’avait jamais pris conscience que les concepts développés par Freud tels que « ça, moi, surmoi, Œdipe, refoulement, sublimation, inconscient, libido, pulsion …etc. », étaient entrés depuis longtemps dans le langage courant. Après que l’Église eut pendant de nombreuses années mis à l’index les travaux de psychanalystes faudrait-il aujourd’hui expurger des dictionnaires ces mots impurs et les extirper de force du discours de chacun ?

Il est vrai que certains psychanalystes ont commis des erreurs avec les autistes et leurs parents, et même s’ils ne sont pas les seuls à s’être trompés, ce serait malhonnête de ne pas le reconnaître. Mais un discours équilibré impose aussi de tordre le cou à cette doxa journalistique bien pensante dirigée contre Bettelheim et la psychanalyse en général permettant de passer sous silence le fait historique incontestable qu’il est la première personne à s’être intéressé de près à ces troubles en accueillant chez lui de 1932 à 1938 deux enfants autistes quand tout le monde s’en fichait éperdument, puis de créer l’Orthogénic School en 1947, quand il n’y avait alors aucune institution au monde pour s’ occuper de ces enfants. Bettelheim a fait honnêtement avec son équipe ce qu’il a pu, et de son mieux, avec les moyens et l’absence de connaissances de son époque. On notera d’ailleurs au passage que Kanner l’avait précédé dans la culpabilisation des parents avant de se ranger au dogme du tout génétique dont on connaît pourtant certaines limites. Par la suite les livres et les apports de Bettelheim ont été à l’origine des premières réflexions et prises en charge réellement humanistes des enfants autistes en France à une époque ou personne n’en parlait.

Car les parents des autistes d’aujourd’hui ne savent généralement pas que ces enfants, quand ils n’étaient pas tenus cachés autrefois à la maison par honte du voisinage, mourraient encore très jeunes d’hospitalisme dans les asiles jusque vers les années 1975, dans des conditions effrayantes de dénuement et de désespoir. Dans ces lieux mortifères ils ne bénéficiaient d’aucune relation humaine vraie et suivie, ni de jouets, ni d’activités d’aucune sorte, mais seulement de médicaments. Les lits en métal étaient fixés au sol et les paillasses qui servaient de matelas étaient nettoyées au jet pour enlever les matières fécales le matin. Toute la journée ces enfants inoccupés s’automutilaient en hurlant et en se frappant la tête contre les murs ou en se mordant les doigts jusqu’à la première phalange. Je peux avec d’autres témoigner de cela pour l’avoir personnellement observé moi-même à l’hôpital de Vauclaire, en Dordogne, (mais cela existait aussi ailleurs) entre 1970 et 1975, ce qui est certes ancien, mais tout de même pas de la préhistoire.

Et c’est grâce aux travaux de Bettelheim et à des psychanalystes courageux que ces enfants sont sortis de ces mouroirs indignes et que les premiers centres de consultation et hôpitaux de jour ont pu se créer pour les accueillir ainsi que leurs familles dans des conditions décentes. Après les observations de Fernand Deligny à Graniès dans les Cévennes dès 1967, Bonneuil en 1969 et La Borde, c’est en 1970 que s’est ouvert le premier hôpital de jour de province, à Bègles sous l'égide du Professeur Blanc, Président du CREAI d'Aquitaine, et du Docteur Jacques Loisy. Le soin de ces enfants a sans doute heureusement considérablement évolué depuis et doit certainement s’enrichir encore de beaucoup d’apport nouveaux, notamment pédagogiques, mais il serait malhonnête d’oublier cette dimension historique comme de penser qu’il n’y a qu’une seule cause possible à l’autisme. Car il n’existe pas un autisme mais une pluralité d’autistes, tous différents.

Publicité

Car lorsqu’on essaie de recenser les causes potentielles de ces troubles graves on se retrouve devant une multitude de facteurs très divers et pas toujours avérés : problèmes liés à la grossesse (stress, alimentation, infections, âge de la mère, médicaments consommés, notamment antidépresseurs), prématurité et traumas obstétricaux entrainant des troubles cognitifs, perturbations neuro biochimiques associées à des problèmes d’ordre génétique, trouble de la perception sensorielle entrainant une interprétation déficiente de l’environnement, difficultés relationnelles précoces pouvant être reliés à des dépressions post-partum, réactions à certains vaccins, anomalies dans le développement du cerveau (problème de plissement du cortex dans l’aire de Broca), « théorie de l’esprit », X fragile, syndrome de Rett, intoxications internes aux endorphines, pollution de l’air et autres facteurs environnementaux, mauvaise synchronisation des réseaux cérébraux altérant la pensée associative et l’autoreprésentation, intolérance au gluten ou à la caséine, présence de métaux lourds, prolifération anormale de neurones dans le cortex préfrontal durant la gestation, obésité et diabète de la mère durant la grossesse, hospitalisations précoces dès la naissance pour troubles de la périnatalité… On se retrouve alors bien démuni face à cette liste sans doute non exhaustive et critiquable, pour savoir avec certitude comment faire le tri entre ce qui est pertinent ou non pour chaque sujet désigné autiste… Quelqu’un connaît la vérité ?

En plus de l’absence de certitudes causales il est sans doute utile aussi de s’interroger sur la prévalence des troubles autistiques passés de 1/10.000 vers 1975 en France (dont 3 à 4 garçons pour une fille) à 1/100 actuellement soit une multiplication par 100 des cas recensés, ce qui questionne la fiabilité des diagnostics. Ne mélange-t-on pas certains autismes avec d’autres troubles ? Le DSM est-il une référence indubitable ? Pourquoi parle-t-on surtout des autistes Asperger et non des sujets déficitaires, pourtant plus nombreux ? N’y a-t-il pas des conflits d’intérêts sous-jacents derrière tout cela, autrement dit des lobbies actifs voulant faire prévaloir leurs thèses, agences de médicaments ou programmes éducatifs et rééducatifs concurrentiels ?

Alors plutôt que de vouloir faire voter des lois rétrogrades par des personnes incompétentes il serait peut-être enfin temps de reconnaître notre grande ignorance collective face à l’autisme en ouvrant de vrais débats pour continuer à chercher sans a priori. Ce qui plaide finalement en faveur d’approches sensibles et multi focales variées dans lesquelles tous les professionnels formés ont leur place en partenariat avec les parents, dans le respect de tous. Le temps des anathèmes et des excommunications doit à présent se terminer pour que toutes les personnes ouvertes à la recherche et au soin puissent se parler sans cesser d’évaluer honnêtement les résultats de leurs travaux.



23 réactions


  • Séraphin Lampion Jeussey de Sourcesûre 9 décembre 2016 11:52

    Malheureusement, ce genre de procès digne de l’inquisition trouve des justifications dans certaines dérives se réclamant de la formalisation par Freud de ladécouvertede l’inconscient.


    Le discrédit est dû pour une grande part à Lacan qui a cru bon d’introduire l’usage inapproprié de certaines conceptions structuralistes et mathématiques (topologie, théorie des nœuds)  donnant une apparence spécieuse d’objectivité mais confinant au non-sens ;

    • astus astus 9 décembre 2016 11:56

      @Jeussey de Sourcesûre


      Je souscris tout à fait à votre remarque de bon sens. Il est temps de revenir à l’essentiel.

  • ZEN ZEN 9 décembre 2016 12:37

    Bonjour astus,


    Je suis en gros en accord avec ton analyse et ta prise de position.
    Il y a ds formes variées et plus ou moins graves d’autisme et il est bien nécessaire de souligner les incertitudes liées à la multiplicité des facteurs.
    En attendant que la génétique éclaire un peut mieux le problème, il faut insister sur le fait que beaucoup de psychanalystes sérieux, modestement, se sentent utiles pour accompagner certains enfants atteints par des circonstances éducatives traumatisantes et les mères en souffrance, qui ont besoin d’accompagnement bienveillant et surtout pas de culpabilisation ou d’ indifférence.

  • astus astus 9 décembre 2016 12:46

    Bonjour Zen


    « Les incertitudes liées à la multiplicité des facteurs » n’empêchent pas, bien au contraire, un accompagnement attentif des familles et de ces enfants qui à lui seul peut déjà améliorer la situation de départ. Cela fait partie de l’essentiel.

    • velosolex velosolex 9 décembre 2016 18:15

      @astus

      Trop peu de place pour affiner une pensée, sans être caricatural, mais on peut s’interroger en effet sur l’augmentation prodigieuse des psychoses. Le thermomètre est il fiable ? A t’il changé ?...La maladie est elle innée ou acquise ? Vaste problème qui légitime les prises en charge. Il y a quelques années certains apprentis sorciers, persuadés que tout était social et éducatif, culpabilisaient beaucoup les parents de psychotiques, ce qui avaient pour effet d’en envoyer certains en psychanalyse....Un comble...Rappelons tout de même que même si cette technique, a rendu service à certains, ce n’est pas une science exacte...En tous cas, des études ont montré que dans certains cas, qui sont exponentiels, les facteur environnementaux sont en cause. 
      Autisme : les interactions entre gènes et environnement étudiées ...

    • velosolex velosolex 9 décembre 2016 18:31

      @astus
      En tous cas, cet problème d’environnement ne pourra pas être éternellement poussé sous le tapis. Rappelons que pour les problèmes respiratoires, récurent en ce moment, avec cette pollution aux particules fines, ce sont les enfants qui souffrent le plus. 

      Jamais autant de cancers en pédiatrie, de leucémies, de maladies dégénératives....Les cas d’exposition aux pesticides d’écoliers dont l’établissement était proche de vignes traités, dans le bordelais ont défrayé la chronique ; les exigences environnementales sont nulles, les lobbys sont tous puissants. 
      A preuve : Il suffit d’écouter le traitement de l’info sur un journal. ..Sur inter, à midi, l’accent était mis sur la toxicité des poêles à bois dans la région parisienne.....On parle de la grippe, pour ne parler de la peste : Le diesel et ses particules, et l’émission de carbone lié aux épandages agricoles.....Il est tout à fait clair et évident que le cerveau est tout autant impacté que les poumons chez les enfants. Dés lors, j’ai bien peur que la psychanalyse ne soit pour certains pas d’un meilleur recours, qu’un masque à poussières après une exposition à l’atome. 
      En tout cas, les études qui ont été faites en Californie et au Mexique, à propos des cas d’autisme chez les enfants mettent en évidence que la corrélation ne peut être liée au hasard : La grande majorité vivait près de champs traités aux pesticides.

  • tf1Groupie 9 décembre 2016 16:56

    Le mot autisme ne veut pas dire grand chose, utiliser ce mot c’est mettre plein de pathologies différentes dans le même sac sous pretexte qu’elles se ressemblent.

    Se préoccuper de l’autisme c’est presque aussi vague que se préoccuper de la maladie.


    • astus astus 9 décembre 2016 17:05

      @tf1Groupie

      C’est bien la raison pour laquelle je pose en effet la question de la fiabilité des diagnostics et de l’amalgame possible avec d’autres troubles du développement. L’augmentation considérable de la prévalence est aussi un signe qui pourrait aller dans le même sens. 
      Cdlt. 

  • Patrick Samba Patrick Samba 9 décembre 2016 17:49

    Bonjour,

    fort utile rappel historique, et synthèse aux petits oignons.

    Laissons donc notre réflexion s’épanouir et peut-être qu’un jour...

    Une pensée pour Pierre Delion, ce très respectable psychanalyste qui continue à être persécuté par les héritiers actuels de l’obscurantisme ayant toujours existé et reprenant plus de force par période, et par des parents souffrant le quotidien de l’autisme au point de se rabattre sur des boucs-émissaires.


  • velosolex velosolex 9 décembre 2016 18:14

    Vos propos sur la prise en charge des autistes en psychiatrie me parait caricatural. Il est de bon ton de tirer à vue sur cette institution, de mettre des barreaux aux fenêtres et de se complaire dans ce genre de détails pour obscurcir un peu plus le tableau, mais les institutions psy offrent une multiplicité d’exemples différents, dépendant des moyens qu’on leur insuffle, et de la personnalité du psychiatre.

    Mais il est vrai que souvent, les professionnels sont là pour pallier au pire, et faire face au manque de structures, l’obligation leur étant faite d’accueillir. Pour l’autisme, les choses étaient assez claires dans le temps, à une époque où la symptomatologie s’attachait surtout à distinguer les cas les plus graves et typiques, tel « l’autisme de Kramer »...Nous arrivons maintenant à des cliniques telle celle de l’autisme d’ Asperger, qui n’a vraiment plus rien à voir, et qui s’apparente plus à un trouble de la personnalité, et dans laquelle beaucoup trouveront des traits banaux liés à la crise d’adolescence. Pathologiser à tour de bras dans cette culture victimaire de la société, à l’heure actuelle, ne me semble pas sans risque. En tout nommer les choses au mieux doit être une exigence. Il y eut il y a quelques années une augmentation prodigieuse des cas d’anorexie, et maintenant, ce sont les maniaco dépressifs qui explosent, appellation d’ailleurs maintenant frauduleuse, puisqu’on a soustrait cette malade des psychoses...

  • Gérard Dahan Gérard Dahan 9 décembre 2016 18:39

    Je crois qu’il faudrait d’abord que vous commenciez par vous informer vous-même sur l’autisme, la position psychanalytique sur l’autisme (considéré par la psychanalyse comme une maladie mentale) et les autres positions sur l’autisme partagées par le reste du monde et le gouvernement hormis la psychiatrie française.

    Il n’y a rien de politique dans tout ça ; il y a simplement le retard de la France par rapport au reste du monde du fait du lobby psychanalytique et surtout du fait d’une grosse question d’argent pour que les traitements psychanalytiques inefficaces et culpabilisants cessent d’être financés par le contribuable.

    Allez donc jeter un oeil sur le site gouvernemental sur l’autisme qui condamne les approches psychanalytiques jugées inefficaces et dangereuses. Et arretez d’écrire des âneries sur un sujet dont vous ignorez tout.

    http://social-sante.gouv.fr/grands-dossiers/l-autisme/


    • velosolex velosolex 9 décembre 2016 19:42

      @Gérard Dahan
      D’accord avec vous. La psychanalyse en france est un lobby agissant, et qui ne repose sur aucun postulat scientifique. Commencer un article en parlant des obscurantistes qui se sont acharnés contre une pensée scientifique, au moyen âge, pour légitimer une technique qui n’en est pas une ne manque pas de sel. On peut sans doute croire en la psychanalyse, mais il faut utiliser les bonnes armes pour le faire, pas la légitimer en « science exacte », par un tour de passe passe, ce que Freud d’ailleurs a fait lui même, profitant de l’engouement du positivisme, pour pousser sa trouvaille dans le champ de la science. Avantage incomparable...Reste qu’un thérapeute peut soulager un patient , mais cela ne préfigure en rien la qualité de la technique qu’il emploie, juste sa qualité d’écoute, de prise en charge et de soutien. Ce qui est vieux comme le monde, et définit même le soin, qui est de soulager. Alors oui, la psychanalyse peut donner des résultats. Mais pour mesurer son efficacité, on ne peut se mettre au garde à vous devant l’assurance de pseudo spécialistes qui délimitent leurs intérets, et de patients sous influence. 


    • Gérard Dahan Gérard Dahan 9 décembre 2016 20:36

      @velosolex
      Je ne récuse pas la psychanalyse et son intérêt en matière de névrose. L’écoute et la parole ont toujours été positives. Je critique (et je suis loin d’être le seul) sa position sur l’autisme qui est tout simplement désastreuse, critiquée par le monde entier et par presque toutes les associations de parents d’enfants autistes et pour finir je critique son totalitarisme financièrement intéressé.

      De plus politiser un débat qui n’a même plus lieu d’être tellement la position de la psychanalyse est aujourd’hui mondialement reconnue comme néfaste est la meilleure façon de ne pas aider le traitement de l’autisme qui dans tous les autres pays progresse considérablement.


    • WALD 10 décembre 2016 00:14

      @Gérard Dahan, @ velosolex


      Merci pour vos interventions pleines de bon sens. Un ilôt au beau milieu d’une page remplie de beaucoup de contributions, il faut bien le dire, assez désespérantes. 



    • Bruno Jean PALARD Bruno Jean PALARD 10 décembre 2016 00:36

      @WALD

      Bah au moins ça vous fait une occasion supplémentaire de vous plaindre !

      C’est bon pour vous, ça, non ?


  • Gérard Dahan Gérard Dahan 9 décembre 2016 18:44

    Pour ceux qui doutent de ce que j’affirme, je vous recommande de voir le documentaires de 2013 « Le mur » de Sophie Robert bien plus efficace que moi et visible sur Dailymotion ici :
    http://www.dailymotion.com/video/x16d4fv_le-mur-ou-la-psychanalyse-a-l-epreuve-de-l-autisme_school


  • Bruno Jean PALARD Bruno Jean PALARD 9 décembre 2016 22:20

    .

    @Astus :

    Je vous invite à lire cet article :

    « De quoi »autisme« est-il le nom ? »


    • astus astus 10 décembre 2016 09:53

      @Bruno Jean PALARD


      Excellent texte revigorant qui incite à la modestie quant à nos savoirs...

  • Garibaldi2 10 décembre 2016 04:13

    Le traitement de l’autisme ne passe pas par la psychiatrie, mais très certainement par le traitement d’un déséquilibre intestinal.

    http://future.arte.tv/fr/guerir-des-maladies-mentales-en-soignant-lintestin

    http://www.autisme-france.fr/offres/file_inline_src/577/577_P_21064_88.pdf


  • Eschyle 49 10 décembre 2016 16:17

    Aujourd’hui , ce n’est plus « la fille de Brest » , c’est « le mec de Brest » : 

    Du coup , il a créé en Israël une start-up , Neurochlore , en attendant un prix Nobel pour ce pays : 
    Avec de 300 000 à 500 000 personnes atteintes d’un trouble envahissant du développement dont 60 000 autistes , et 8 000 naissances autistes par an , à 7 000 euros de frais mensuels , ça pèse un chiffre d’affaires annuel de 5 milliards , verrouillé par la justice . A cet étiage , suivez la piste du Grand Orient , bientôt on verra apparaitre les premiers décès inexpliqués .

  • Copper Lebrun Copper Lebrun 17 juin 2017 16:00

    Lorsqu’on adopte une base de troubles neurodéveloppementaux, il est possible d’isoler les symptômes de l’autisme et de les agencer selon une échelle de gravité. Ainsi sont nées la théorie du spectre de l’autisme et la triade autistique (1983) qui sert encore aujourd’hui de base au diagnostic de l’autisme (malgré les refontes successives de cette triade au sein des DSM-3-R, DSM 4 et DSM 5). Il est possible d’isoler les handicaps suscités par ce trouble et de les segmenter afin de rendre le spectre plus inclusif. C’est la raison d’être de catégories alternatives comme le PDD-NOS (Pervasive Developmental Disorder, Not Otherwise Specified) ou autisme atypique. Ces catégories sont inclusives et non exclusives (contrairement à ce qu’affirme Jacques Hochmann, psychanalyste).

    Actuellement les catégories exclusives en terme d’« autisme » sont celles qui restent propres à la France (psychose infantile, psychose précoce, psychose précoce déficitaire, dysharmonie psychotique et autres « traits et troubles autistiques ») qui interdisent de facto certains enfants de demander une aide gouvernementale (accès à des structures spécialisées TED, telles qu’écoles maternelles et IME). Ces catégories franco-françaises sont montrées du doigt par la classification de l’OMS (CIM 10) à laquelle la France adhère.

    Les concepts psychanalytiques ont autant qu’à faire en autisme que les concepts d’astrologie en astrophysique.

    Lorsqu’un enfant est placé en IME non spécialisé ou en hôpital de jour sous un de ces diagnostics mensongers (je dis bien mensongers car faire croire que la psychose est un trouble d’origine émotionnelle, alors que les anomalies du cerveau sont patentes, via l’imagerie cérébrale, chez les schizophrènes, c’est à peu près aussi honnête que de vouloir nous faire croire que la lune est en fromage suisse, genre emmental), il fait de l’« occupationnel ». C’est autant de temps perdu pour les méthodes d’éducation cognitives qui sont les seules à pouvoir traiter les autistes, et prévenir les troubles du comportement qui les empêchent de se faire accepter en société.

    Les années sont comptées quand vous êtes parent d’autiste sévère.


  • Copper Lebrun Copper Lebrun 17 juin 2017 21:51

    « Qui connaît la vérité ? »

    La réponse est simple : les autistes sévères.

    Que sont devenus les enfants du « réseau des Cévennes » de Fernand Deligny et ceux de l’école orthogénique de Bettleheim à votre avis ? Est-ce que ceux-ci disposent aujourd’hui des ressources pour exprimer leur point de vue ? Leur en a-t-on donné l’opportunité ? Reconnaissent-ils les mérites de la « parentectomie » ?

    Vous mélangez tout. Causes biologiques, cognitives, affectives. Vous n’opérez aucune hiérarchisation des processus adaptatifs de l’individu dans ses régulations émotionnelle et perceptive, et dans son développement cognitif. L’impact des causes toxémiques et virales dans le développement du système immunitaire et nerveux, vous n’en parlez pas. Vous parlez des supposées « difficultés relationnelles précoces pouvant être issues d’une dépression post-partum » : cette assertion, qui ne repose ni sur des données objectivées par des tests ni par des études comparatives, suffit à montrer la préeminence du psychique sur le physiologique dans votre paradigme. Sachez tout de même qu’aux Etats-Unis, avant les années 70, les termes « autisme », « psychose infantile » et « schizophrénie infantile » étaient mutuellement interchangeables. Regrettez-vous cet état de fait ?

    Pouvez-vous trouver une seule personne autiste qui puisse lier ses troubles relationnels à l’idée du « primum movens d’une dysfonction émotionnelle plurifactorielle » comme on peut lire sur le site de la CIPPA ?

    Vous parlez d’un discours élaboré sur les personnes autistes en l’absence des personnes autistes (c’est un procédé omniprésent chez les psychanalystes) basé sur des a-prioris idéologiques, et qui nous offre un numéro de jonglerie (un « listage ») entre des données issues de champs de connaissances totalement hétérogènes.

    La psychanalyse prétend mettre en valeur la subjectivité : je confirme, la subjectivité du thérapeute semble écrasante dans cette discipline, au point de se passer de toute rigueur et de toute objectivité.

    Les oeuvres d’autistes lourdement handicapés tels que Naoki Higashida (« sais-tu pourquoi je saute ») et Peyton Goddard (« I am intlgent ») peuvent suffire à montrer que l’autisme est un trouble des processus cognitifs et perceptifs. De ces deux causes (avec des facteurs agravants d’intensité variable intervenant au niveau développemental) découlent les autres symptômes.

    Lorsque nous donnerons à nos autistes les moyens de témoigner de leur ressenti (notez que les autistes sévères sont aujourd’hui parqués et que les médias ne leur donnent jamais la parole, de sorte qu’ils ne peuvent confirmer ou infirmer vos propos) vous pourrez vous épargner la peine de vous exprimer à leur place et de mettre les supposées causes de leur souffrance au profit de thèses douteuses. Ne sera-ce pas là la fin des « polémiques » que vous dénoncez ?


  • Copper Lebrun Copper Lebrun 18 juin 2017 18:35

    Je ne peux m’empêcher de prévenir face aux conséquences de ces approches pseudo-scientifiques dans des établissements financés par l’argent public.

    Meilleure référence : http://www.egalited.org/PsyKK.html

    Avec une importance spéciale devant les discours lénifiants (qui se parent de grandes valeurs telles que « liberté » et « tolérance » comme on peut le voir sur cette page) tels que l’illustre bien la phrase ci-dessous

    ((( ici nous n’avons pas d’a-priori, nous mélangeons toutes les approches )))

    Et comme on ne peut décemment pas en terminer avec l’apport indubitable de la psychanalyse en matière d’autisme sans parler de caca et de pipi, un article détaillé sur la « pataugeoire thérapeutique »

    http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/20450


Réagir