mercredi 21 août - par CLOJAC

Polynésie : Déconfiture au paradis

Des décors de carte postale, une desserte aérienne régulière des archipels, un choix de lieux de séjour adapté aux finances de chacun, du bed & breakfast au 5 étoiles en passant par les pensions traditionnelles, et maintenant des vols low cost Roissy Papeete... Et pourtant le tourisme peine à décoller.

 

Pour comparaison : Hawaï US (1) accueille 8 à 9 millions de visiteurs par an dépensant autour de 15 milliards de dollars boostant l'économie locale, avec des touristes qui reviennent... La Polynésie française reçoit bon an mal an dans les les 220.000 voyageurs (chiffre en diminution par rapport au pic de l'an 2000) pour un budget global de l'ordre de 45 milliards de Francs Pacifique soit 380 millions d'euros. Avec des voyageurs Nord Américains USA & Canada plus nombreux que les Français ! Mais aussi hélas, des gens qui reviennent rarement... Où est le problème ?

 

La Polynésie française est aujourd'hui plus proche d'un état associé que d'une colonie, avec son assemblée élue, son président, ses ministres, son drapeau et son hymne national. Même si un Haut Commissaire et le Conseil d'État veillent à ce que les lois locales soient conformes à la constitution, les gouvernants disposent d'une large autonomie, en particulier dans le domaine du tourisme. D'ailleurs, conscients de la nécessité de développer ce secteur stratégique depuis que la manne de Mururoa s'est tarie, ils impulsent des initiatives de formation hôtelière ou d'animation culturelle jusqu'à un niveau équivalent BTS. Et les structures d'hébergement bénéficient d'une fiscalité très douce qui ne suffit pas toujours à garder des investisseurs qui, comme partout, s'installent quand il y a des primes à récolter, et plient bagage quand on ne leur donne plus rien.

 

En outre, la culture polynésienne est ouverte au monde, et il est facile pour un Popaa (européen) de nouer de bons contacts avec les habitants d'un pays où les tensions raciales sont quasi inexistantes, un très grand nombre d'autochtones étant des "demis" (métis). Il suffit seulement d'oublier les critères de la culture occidentale et d'accepter une certaine nonchalance souvent teintée d'une familiarité naturelle.

Certes, les Mao'his ne proposent plus leur femmes et leurs filles aux étrangers... Même s'il s'agissait le plus souvent d'offrir des concubines royales aux explorateurs dont on craignait à juste titre les "bâtons de feu", ou des "Arioi", caste d'artistes partouzards, utilisés pour pacifier les conflits interculturels.

En toute hypothèse, l'entente et la bonne humeur partagées ne sont pas des mythes pour peu qu'on fasse le premier pas.

 

D'ailleurs il suffit de rappeler l'épisode de "l'Artémise" en 1839 quand Tahiti était sous influence britannique. Ce vaisseau échoué sur le récif de Tairapu fut réparé et remis à flot avec le concours des Tahitiens. Pendant les mois que dura le chantier, ils fraternisèrent avec les Français chez qui ils découvrirent bien des points communs : la spontanéité dans les contacts, une vêture minimaliste, les festins décontractés et le même goût de la fête, de la musique et de la danse. La bringue, le mot est resté. Loin, très loin du maintien méprisant des officiers anglais (Cook fut l'exception) et de la rigidité des pasteurs, engoncés dans leur intolérance et leurs habits cartonnés.

Cet épisode prépara le futur protectorat, mieux que tous les canons de marine, même si aux îles sous le vent d'aucuns se rebiffèrent. (2)

 

Quoi qu'il en soit, toute la bonne volonté du monde ne suffit plus à rendre attractif un pays qui a longtemps fait rêver... Pour moi, l'entrave principale aujourd'hui est une bureaucratie pesante qui peine à évoluer. Un vestige de l'époque coloniale. Ce que la France a réussi à exporter le mieux outre-mer, pourrait-on dire.

Quelques exemples parmi les plus affligeants :

 

Les visas des Nord Américains : Alors qu'ils sont les plus dépensiers des visiteurs, et les plus nombreux aussi, on leur accorde un visa de 3 mois, non-renouvelable sur place, quand nombre de retraités ou de "rentiers" (anciens chefs d'entreprises avec des capitaux et/ou des revenus confortables) souhaiteraient rester un peu plus. Certes, la réciprocité est de mise dans les relations diplomatiques. Mais on ne voit pas que si les Américains n'ont pas vraiment besoin de nous chez eux, il serait bon pour nous qu'ils restent plus longtemps, dépensent et investissent au Fenua. Bien sûr des dérogations sont possibles mais les procédures lourdes et lentes s'avèrent décourageantes.

Situation à comparer avec celle les Tinitos, Chinois naturalisés massivement dans les sixties, dont beaucoup ont gardé la double nationalité, et servent de tête de pont aux biens de consommation made in China, mais investissent rarement à long terme.

 

Le change des devises : À Tahiti, le bureau de change à l'aéroport de Faaa est ouvert le matin et lors des départs internationaux (mais pas aux arrivées !) Et la quasi totalité des banques qui ont pignon sur rue refusent de changer de l'argent si vous n'avez pas un compte chez eux. Mais pour ça, il faut être résident !

Dans les autres îles, la situation est assez floue : il arrive que le supermarché du coin, ou l'agence de voyages quand il y en a une, accepte les dollars et les euros, mais à des taux pas vraiment avantageux (moins 20 à 30% du cours officiel) On peut aussi recourir au black market à ses risques et périls (exercice illégal de la profession de banquier) en changeant auprès de particuliers qui, bien que disposant d'un compte bancaire local, se voient refuser ou limiter la possibilité d'acheter des devises étrangères à leur banque. Or, il se trouve qu'un nombre croissant de Polynésiens fortunés vont passer leurs vacances à Hawaï US. Où le franc pacifique concurrence la roupie népalaise.

Alors, penserez-vous peut-être, il y a les cartes bancaires. Oui mais...

 

Le système bancaire : Aussi étrange que cela puisse paraître dans notre monde numérique, alors que la 4G fibre optique se généralise en PF, les DAB (quand ils acceptent une Visa ou une Master card étrangère) limitent le montant des retraits en dessous de ce que votre compte permet, et ne vous acceptent à nouveau que 3 ou 4 semaines après. Or dans la majorité des îles, on paye tout en espèces, les petits commerces et les pensions de famille étant rarement équipés de terminaux bancaires.

Pour les visiteurs qui n'ont pas pris un package voyage + hébergement et n'ont besoin que d'"argent de poche" pour le bar et les souvenirs, c'est jouable. Mais ceux qui préfèrent musarder entre les îles, au gré des rencontres et de leur inspiration, se retrouvent très vite à court de numéraire. On ne compte plus les dépités obligés d'avancer la date de leur vol retour. Autant en moins pour l'économie locale.

 

La philosophie des dirigeants : S'ils semblent avoir compris l'intérêt d'accompagner et de subventionner le développement du tourisme, les hiérarques marchent souvent à côté de leurs savates.

Seuls semblent vraiment les intéresser les établissements 5 étoiles, hôtels ou villages de vacances, dont le summum serait l'atoll privatisé pour milliardaires genre Tetiaroa ou Nukutepipi. Avec un alibi écologique indiscutable : comme les ultra riches sont peu nombreux, ils abîment moins la nature que le populo, il fallait y penser !

Après tout pourquoi pas des happy few si ça faisait tourner l'économie ? L'ennui est que plus de la moitié des structures de luxe ont fermé au cours de ces 10 dernières années, abandonnant des ruines aux intempéries et à la végétation, quand les survivants tournent à présent au ralenti. Bradant leurs prestations haut-de-gamme pour ne pas déposer le bilan.

Aujourd'hui 90% de l'hébergement est concentré sur Tahiti, Moorea et Bora... Cela ne favorise guère les escapades aventureuses, indispensables pour crever la barrière dressée par les tour operators et leurs packages, entre les voyageurs et les autochtones.

Quant aux paquebots de croisière sous pavillon étranger, en les favorisant on tire une balle dans le pied des charters et des cargos mixtes locaux. Même si ces immeubles flottants drainent 20% des visiteurs, ce sont aussi de gros pollueurs.

 

En conclusion, le bon plan pour les Français et autres Européens pourrait associer un vol charter Roissy-Papeete autour de 1000 € maintenant, pas besoin de visas, et une hôtellerie haut de gamme à peine plus chère qu'une pension de famille.

Un circuit inter insulaire sur plusieurs semaines, avec hébergement dans des pensions du bout du monde, est aussi une option valable pour ceux qui ne veulent pas voyager idiots, cantonnés dans une seule île entre les paillotes, la piscine, le bar et des spectacles calibrés et édulcorés. À condition de changer tous ses euros à la descente d'avion et de les conserver entre peau et chemise car si les agressions violentes sont rares, les rats d'hôtels sont une plaie récurrente.

 

(1) Précision utile : Hawaï ou Hawaïki représente l'âge d'or dans la mythologie maorie et de nombreux lieux et îles portent ce nom ou un dérivé phonétique. Par ironie, on a aussi donné ce nom à la prison de Raiatea, c'est dire la sévérité des conditions de détention.

 

(2) Aux îles sous le vent (et tant pis si ça fait grincer des dents) la France est aussi légitime que les Chinois au Tibet, les Turcs à Chypre ou les Russes en Crimée. L'ONU nous le rappelle régulièrement. En effet, les traités de 1842 et 1880 avec les Anglais permettaient de coloniser les Marquises et les îles du vent, mais garantissaient l'indépendance des îles sous le vent. Malgré cela, en 1887, le dernier des Pomaré (roi de Tahiti) dépressif et alcoolique, vendit à la France les îles sous le vent sur lesquelles il n'avait aucune juridiction. Les Anglais, inquiets des prétentions germaniques dans le Pacifique, s'accommodèrent de la situation.

 

Ouvrages suggérés pour mieux s'imprégner du décor et de la culture :

Victor Segalen – Les immémoriaux

Alain Gerbault – Îles de beauté

 



49 réactions


  • jocelyne 21 août 11:44

    Bonjour, j’ai fait une seule fois dans ma vie un vol de 14heures, je ne le ferais plus jamais , le pire ce sont les 13heures avant l’arrivée.


    • elijahworld 22 août 11:59

      @jocelyne

      Bah, si vous y allez avec un tel état d’esprit, normal que ça ne vous satisfasse pas ! Prenez une bonne compagnie comme Air Tahiti Nui, vous verrez que de longues heures avec eux, et elles, c’est du gâteau !


  • Clocel Clocel 21 août 11:57

    Dans les pas d’Eric de Bisschop ? Vous voulez écrire le dernier chapitre de « Vers Nousantara » !? smiley

    Pour revenir à votre article, je ne vais pas vous rappeler le dernier bouquin de Gerbault, « Un paradis se meurt »...

    Ça ne date pas d’hier...

    A Tahiti, demandent-ils toujours l’équivalent d’un billet retour par avion lorsqu’on se pointe en voilier ?

    Un pote a fait un passage aux Marquises l’année dernière, ça ne s’est pas très bien passé avec l’administration, sans parler du prix des produits sur place.


    • CLOJAC CLOJAC 21 août 15:28

      Pour les voileux Français ou de l’union européenne, séjour de 3 ans pour le bateau, après il y a 7% de taxe sur la valeur vénale du bateau (papeetisation)
      Mais un aller-retour aux îles Cook remet les compteurs à zéro.
      Beaucoup de sites ne semblent pas au courant de la nouvelle réglementation.
      Pour les ressortissants d’autres pays, visa pour 3 mois et billet retour ou dépôt bancaire équivalent. 


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 12:32

    Aita pea pea ... Le tourisme a quand

    même remonté depuis les années noires suite à la crise de 08 .Le grand blême aura été la gestion Flosse et la folie des grandeurs, qui aura gaspillé l’argent Mururoa . Puis vint Temaru ...lol . Le retour de compagnies moins chères comme l’etait Corsair dans le temps est une très bonne chose, y compris pour les locaux. Pour les problèmes de change oui il faut trouver des solutions !


  • baldis30 21 août 13:00

    Vendez tout aux américains ... Las Vegas à Tahiti ..... voilà le progrès !

    Si Las Vegas ne suffit pas confiez certains intérêts à la Thaïlande ! Trop tard pour Epstein !


  • Raymond75 21 août 13:07

    Une société qui vit grâce aux rentes de la métropole n’a aucun effort à faire, et se fiche de développer quoi que ce soit. Mais si le ’développement’ consiste à transformer Tahiti en un océan de béton comme Hawaï, alors il vaut mieux ne rien faire.


    • CLOJAC CLOJAC 21 août 15:43

      Pour le moment les investisseurs ont privilégié les copies de farés et de farés potés pour faire couleur locale, répartis dans des structures 5 étoiles.
      Un nombre important de ces hébergements ont fermé ou tournent au ralenti. 
      Reste le cas épineux de la privatisation de facto de certains atolls et l’interdiction d’accès (toujours de facto) faite aux autochtones afin que les happy few restent entre eux.


    • Old Dan Old Dan 22 août 05:29

      @Raymond75

      Entre Mururoa, Flosse &C° et le tourisme industriel (un moment)...
      « Pauvres tropiques »
      .
      [ J’y ai bossé 3 ans... ]


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 21 août 14:22

    Des confitures au Paradis ?

    Peut-être...

    Mais question comme ça : Hawaï c’est beaucoup plus peuplé que Tahiti non ?

    Ceci explique sans doute cela, vous ne pensez pas ?


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 14:35

      @Olivier Perriet Tahiti n’ est pas la Polynésie comme Paris n’ est pas la France. 118 îles disséminées sur une surface grande comme l’Europe. Cinq langues maoh’i.


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 21 août 16:18

      @Aita Pea Pea

      Oui mais en ajoutant toute la population, par rapport à Hawaï ?

      Hawaï c’est peut-être plus petit et plus peuplé, la Polynésie vaste et moins peuplé.


    • elijahworld 22 août 12:01

      @Olivier Perriet

      Non, du tout. Parce qu’en reprenant votre argument, c’est la Chine qui aurait le plus de touristes, et non la France.


  • Julyo Julyo 21 août 15:27

    Cf. site de l’ISPF (Institut de la statistique de la Polynésie française)

    En 2010, l’indice « Big Mac » qui est une mesure simple de parité de pouvoir d’achat (PPA) en fonction du prix du Big Mac de chez Mac Donald, classe la Polynésie française en 4ème position des pays les plus chers, derrière la Suisse, la Suède et la Norvège.

    On peut en discuter. Étonnant, l’article n’en cause pas. 


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 15:35

      @Julyo

      Bouffe un poisson cru au lait de coco ...


    • CLOJAC CLOJAC 21 août 15:36

      Je passe tous les jours devant le Mac Do de Taravao, je n’ai jamais eu l’idée de m’y arrêter. Pour manger dehors je privilégie les « roulottes », et pour cuisiner je pêche mon poisson et j’achète l’épicerie en vrac là où c’est possible.


    • Clocel Clocel 21 août 15:39

      @Aita Pea Pea

      Cuit au citron ?


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 15:39

      @CLOJAC

      Ia orana . Tu habites sur la presqu’île...bon choix.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 15:44

      @Clocel

      Citron vert ...trente minutes maxi ...


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 18:34

      @Clocel

      Sinon tartare de thon rouge ... Miammm . Demande à l’auteur le prix où il l’achete ...tu vas être vert de jalousie.


    • Clocel Clocel 21 août 18:59

      @Aita Pea Pea

      J’ai bouffé des coryphènes « cuites » au citron avec du riz. C’est excellent ! smiley
      Les filles appelaient ça à la tahitienne.
      On en attrape assez facilement dès qu’on choppe l’alizé dans l’atlantique et qu’on avance assez vite pour la traîne.
      Un pote les bouffait cru carrément, j’ai essayé, c’est pas mauvais, mais je prends moins de plaisir qu’avec le citron.

      Thon rouge ? On peut encore en bouffer en France ?


    • CLOJAC CLOJAC 21 août 21:18

      Ia Orana, j’ai des amis pêcheurs à Tautira où la langouste pullule et où on peut, la nuit, harponner des carangues et des rougets. J’y ai même assisté à une pêche au caillou, mais c’était pour respecter la tradition pendant un heiva. 
      Tautira c’est le Fenua immuable, là où la route s’arrête et où il faut continuer au coupe-coupe dans la jungle ou en pirogue sur le lagon, en priant les tikis d’antan pour se protéger des toupapaous (esprits errants) n’en déplaise aux curés et aux pasteurs. 
      Quant aux blonds et roux aux yeux bleus ou verts, avec des noms à consonance slave ou anglo-saxonne, ce ne sont pas des touristes mais les descendants de marins déserteurs des siècles passés qui trouvaient là un sanctuaire inexpugnable.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 21:24

      @CLOJAC Maitai roa a toi .


    • CLOJAC CLOJAC 21 août 21:39
      Maururu.
      E aha to’oé huru ?

    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 21:51

      @CLOJAC

      Longtemps vécu au fenua . Une grande partie de ma famille y est . Tahiti et Raiatea. Suis revenu en métropole il y a 8 ans . Mais bon ...le fenua me manque...


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 21:57

      @CLOJAC

      D’ailleurs regarde mon pict en allant dessus...c’est Oscar ...


    • elijahworld 22 août 12:02

      @CLOJAC

      En même temps, le McDo que tu cites, et bien c’est un créateur d’emplois ! Faut arrêter de stigmatiser des endroits comme ceux-là ! S


    • CLOJAC CLOJAC 22 août 21:43

      Tu as parfaitement le droit d’aimer les Mac do, mais moi je préfère le poisson frais péché avec des fruits et légumes locaux, en plus du goût c’est meilleur pour la santé, moins de gras et moins de sucres transformés, et les pécheurs et les cultivateurs sont des travailleurs indépendants qui bossent quand ils en ont envie (concept mao’hi important) pas les larbins d’une multinationale.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 22 août 23:00

      @CLOJAC

      Eh oui ...là on a affaire à un troll flossien ...un de ceux qui ont dû se gaver des années.


    • alexis42 alexis42 25 août 11:14

      @Aita Pea Pea
      Fiu ?


  • alexis42 alexis42 21 août 20:59

    Il y a pas mal de temps que je n’ai pas mis les pieds à Tahiti (où je suis allé pendant 4 ans), mais je me rappelle le premier reproche des touristes américains :

    « C’est beaucoup plus cher qu’à Hawaï ! »


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 21:04

      @alexis42

      Vouais. Mais en allant au marché tu bouffait du poisson incroyable. Et a très peu cher.


    • CLOJAC CLOJAC 21 août 21:34

      C’est cher si on veut vivre et picoler à l’occidentale, les alcools à l’exception du rhum local sont hors de prix. Pour combattre l’alcoolisme, paraît-il, mais surtout pour engranger des taxes.

      Sinon il y a à Tahiti des centres commerciaux (supers et hypers de même nom qu’en métropole) où on peut s’approvisionner en PPN (produits de première nécessité) à prix fixés par arrêté, et en produits frais locaux ou provenant de Nouvelle Zélande. Il y a même des vaches laitières et une fromagerie sur les hauteurs de Tahiti Iti.

      Quant aux roulottes qu’on trouve sur toutes les îles, on y sert du maa mao’hi à prix très raisonnable, mais c’est comme pour les thons vendus le long des routes, je suppose que les Ricains doivent être atterrés par les conditions d’hygiene ! smiley


    • alexis42 alexis42 21 août 22:00

      Il m’étonnerait que les touristes américains fréquentent les super-marchés et achètent des « PPN » !


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 22:10

      @alexis42

      Tu vas au marché et prend une barquette de pua rôti ...ça coute moins cher qu’un burger et c’est largement meilleur.


    • CLOJAC CLOJAC 21 août 22:33

      Tous les Ricains ne sont pas millionnaires, au cours de l’année dernière, à Huahine, Raiatea et Tahaa, et bien sûr à Tahiti, j’ai servi de traducteur à des voyageurs US impécunieux, qui parlaient peu le français et encore moins le reo mao’hi.

      Ils me demandaient si le taro, l’igname ou le uru (fruit de l’arbre à pain) étaient vraiment comestibles, et ils avaient une véritable parano sur le poisson à cause de la ciguatera. Quant à le manger cru, ils avaient peur d’attraper le ténia !


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 août 22:43

      @CLOJAC

      Du pua avec de la patate douce ...comme ça peinard ...sinon le taro ...x années que je n’en ai plus mangé...sniff


    • alexis42 alexis42 22 août 05:49

      @CLOJAC
      Il y a plus de 10 ans que j’ai arrêté mon activité de grand voyageur, donc les mentalités ont peut-être changé.
      Quand j’étais gamin, j’avais rencontré un Français travaillant sur la base américaine de Châteauroux, et il m’avait affirmé que les Ricains faisaient venir leur eau potable des USA ! Alors ils doivent un peu se méfier des productions locales, de la même façon qu’à Bangkok, on évitait de manger n’importe quoi, aussi appétissant fut-il (j’y ai vu de sacrées intoxications alimentaires en vol, dont une sur un de mes copilotes, alors que les locaux n’auraient certainement pas eu de problème avec la même bouffe).


    • CLOJAC CLOJAC 22 août 08:12

      Excellent l’intoxication ! Si tu survis, il se produit une mithridatisation, ça fonctionne avec l’agent toxique comme le vaccin avec un microbe ou un virus.
      C’est pour ça que les locaux peuvent boire et manger leur tambouille sans risque.


    • révolQé révolQé 22 août 10:48

      @alexis42,
      la Thaïlande est un des pays où je n’ai jamais été malade à cause de la bouffe, bien sur, je ne vais jamais dans les restau à touristes, surtout sur Bangkok ( palais royal), mieux vaut manger dans la rue ou là où les locaux mangent eux mêmes.

      En ce qui concerne les zuniens, j’en ai connu une mariée à un ami qui, quand elle était invitée à manger chez sa belle famille Française,apportait ses propres couverts...
      Complétement barrés niveau peur des bactéries, et dire qu’avec le TAFTA leurs poulets à la Javel va se retrouver dans les rayons.


    • alexis42 alexis42 25 août 11:19

      @révolQé
      Statistiquement, de tous les pays que j’ai fréquentés, c’est à Bangkok qu’il y avait le plus d’intoxications alimentaires. Et il y avait chaque jour des dizaines de membres d’équipage dans cette escale. Mais cela ne veut pas dire qu’il y avait une hécatombe !
      Quant à manger pour quelques baths sur le trottoir, je n’ai jamais été tenté. Mais pourquoi pas ?


  • dr.jambon-beurre dr.jambon-beurre 22 août 03:19

    Avec des voyageurs Nord Américains USA & Canada plus nombreux que les Français !

    Ce n’est pas étonnant, regardez les distances.

    Tahiti, tout comme la Calédonie, possèdent deux inconvénients rédhibitoires concernant le tourisme.

      1. La vie y est très, très chère. Donc les vacances aussi.
      2. Ce sont des îles éloignées des flux entre pays riches, donc loin de tout.

    Donc ça ne s’arrangera pas pour ce secteur, surtout que les gens ont de moins en moins d’argent et l’avion est de plus en plus cher.

    Ces petites îles tropicales n’ont pas d’avenir si elles mise uniquement sur la mono économie touristique. Les pays dits riches sont industrialisés et tant qu’il n’y aura pas d’industrie sur ces îles, elles resteront pauvres ou subventionnées dans le cas de la France. Mais c’est presque mission impossible d’industrialiser ces paradis tropicaux, trop de transport, salaires élevés donc rentabilité industrielle faible... trop long, trop loin, trop cher.

    La seule solution économique serait de miser sur des productions faibles à très haute valeur ajoutée, comme les perles mais ce secteur est apparemment en déclin.


    • CLOJAC CLOJAC 22 août 03:47

      La vie est chère pour les Popaa qui veulent vivre comme en France. 

      Question éloignement, pour les Australiens et les Néo Zélandais qui disposent de bons revenus, c’est la porte à côté.

      Et l’Oregon et la Californie ne sont pas si loin à l’échelle planétaire.

      La bureaucratie lourde, sourde et gourde est le problème. 

      Je connais des Américains qui ont voulu faire prolonger leur visa sur place, on le leur a refusé car ce n’est pas prévu par les procédures. 

      Les perles c’est fini, mais nous disposons d’un espace économique maritime immense (200 NM depuis le trait de cote) avec des ressources halieutiques aujourd’hui, et demain peut-être l’exploitation des nodules polymétalliques.

      Mais la France ne défend pas ces richesses naturelles, pillées par les chalutiers-usines coréens, japonais et chinois.


    • elijahworld 22 août 14:35

      @CLOJAC

      Je ne sais pas où tu vas vu que les perles, c’était fini au Fenua ??? Bien au contraire, c’est toujours aussi créateur d’emplois et bénéfique pour l’économie polynésienne. Nous n’avons pas énormément de secteurs qui fonctionnent, mais la perliculture, de manière générale, est un secteur qui fonctionne, malgré la fluctuation des prix du marché !!

      De plus, la ZEE du Fenua, pillée par les Asiatiques ??? Hum, du tout, quelles sont tes sources ? Tes chiffres ?! Je comprends que les ZEE des pays voisins le soient, malheureusement, mais la nôtre, jusqu’à présent, on est épargné, grâce à la surveillance nationale !

      Et pourquoi voudrions-nous que les États-Uniens puissent prolonger au-delà des trois mois ? Surtout qu’il n’y a pas de réciprocité ! Ils peuvent tout à fait revenir quand bon leur semble.


    • elijahworld 22 août 14:42

      @dr.jambon-beurre

      Toi le ’’jambon beurre’’, tu connais le principe de la solidarité nationale ? C’est normal que Paris aide un de ses territoires. Jusqu’à preuve du contraire, la Polynésie française est...française.

      Éloignée des flux entre pays riches ?? Sur quelles bases est cette indication ?? Nous sommes dans un océan qui est parcouru par ces flux, et il suffit que les moyens soient mis pour qu’on soit justement connecté à ces flux.

      Tant mieux que nous n’ayons pas les masses de touristes comme Hawaii peut en connaître, regardez les locaux là-bas, ils sont moins nombreux d’année en année, par rapport aux étrangers et même par rapport aux compatriotes des autres États des USA, c’est un fait bien triste. Tahiti et ses îles sont encore un paradis, contrairement aux îles de nos cousins hawaiiens.


    • CLOJAC CLOJAC 22 août 22:19

      Chiffres officiels : si on attribue un indice 100 à la valeur de la perle noire en 2007, il n’est plus que de 42 aujourd’hui.
      Globalement, 12 milliards de F.CFP en 2007 pour un peu plus de 6 aujourd’hui.
      En 2015, année critique, on observe une baisse de près de 25% des personnels travaillant dans la perliculture, à tel point que le Territoire adopte en 2016 une loi locale pour protéger les perliculteurs de la concurrence étrangère. Quant au GIE chargé de commercialiser le produit, il reconnaît que la demande est très inférieure à l’offre… Même si Robert Wan a fait fortune dans ce négoce, il reste une exception.
      Difficile de qualifier le secteur de florissant malgré une légère remontée en 2017. 

      Quant aux chalutiers… Officiellement, les satellites surveillent leurs mouvements. L’astuce pour contourner la loi consiste à « pavillonner » les navires sur une société de droit français domiciliée au Fenua, embaucher un capitaine frani pour un équipage 100% asiatique, et vogue la galère !
      C’est un un des aspects de la « mondialisation heureuse » chère à Macron.
      Et tant pis pour les pirogues et autres poti marara dont les ressources diminuent de façon inquiétante.


  • goal ken 23 août 08:30

    Your feedback helps me a lot, A very meaningful event, I hope everything will go well basketball legends


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