mardi 29 août - par George L. ZETER

Pourboires : No Service No Cry !

Titre aujourd'hui : "Bientôt des pourboires obligatoires en France ?"

Là il faut rire... "Initier un cercle vertueux". Et pour cause : aux Etats-Unis, le pourboire est… obligatoire, puisqu'il fait partie du salaire des serveurs. De quoi donner des idées à l'Umih ?"[i] FAUX !!! Faux !!! J'ai été serveur aux states ; le client donne 15% s'il est content du service et 20% lorsque enthousiaste ! Et lorsque le client n'est pas content il laisse 1 cent, et demande à parler au patron, qui... Au bout de 2 ou trois clients mécontents te fout dehors !

Quant à l'Umih ou union des métiers et des industrie de l'hôtellerie... Un poème ! Toujours rien compris les gâtes marmites. Bouffe congelée, service déplorable, notes salées, sans le sourire du patron.

Et que veut l'Umih ?

Rendre le pourboire obligatoire... Mais il y a 30 ans, toutes les consommations avaient 15% de service, le serveur le soir rendait sa caisse et gardait les 15 % ; puis c'est tombé dans les mains des rapaces patron ce "service", et ils payèrent un salaire "net" smic, souvent en enlevant la bouffe et le logement pour les saisonniers ; avec des horaires style petit dej, pause, service déjeuner, pause, puis service du diner, bref pas de vie de 8 heures du matin à 23 heures et plus ; les heures sup peau de balle ; alors maintenant ils veulent ces rats retourner à l'ancien système bien sûr sur notre dos, car, ils ne trouvent plus assez de personnel sous-payé et bien souvent traité comme de la merde ; pourtant Chirac leur a octroyé la TVA à 5%, pour créer des emplois... d'autant que dans leurs gargotes c'est 88% de la bouffe surgelée qui est servie !!! bouffe de merde, salaires de merdes = désaffection des clients et des personnels !!! nous sommes passés d'un pays de bonne bouffe à "ça", des trucs de chez métro et même de chez leader Price ! Et pour la plupart des "professionnels", une incompréhension de la chute de fréquentation, foutre bastringue ! On trouve des causes : les attentats de Paris, le mauvais temps, la canicule, la crise, la, le, les... Sans jamais se dire qu'il faudrait revenir aux fondamentaux du métier : aller au marché pour acheter du frais, préparer en cuisine, donner à manger aux clients des produits frais, si possible bio, tout cela concocté par un vrai chef et non pas un pauvre loufiat qui sait se servir seulement de fours microondes, que la salle de restaurant sente la bonne chair, des serveurs, serveuses gagnants décemment leur vie et que les rires de satisfaction des clients repus fusent aux 4 coins de l'établissement (je viens de décrire ce qu'il se passe dans moins de 10% des restos de notre pays) merci à ces courageux frondeurs qui aiment leur métier et les gens...

Les pourboires "Ils se font rares. Et les Français donnent des sommes moins conséquentes." Le diagnostic sur les pourboires d'Hervé Becam, vice-président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), est sans appel." Ouais et 9 coups sur 10 devant nous un serveur de mauvais poil, sentant la transpiration de 3 jours, sale avec un tablier dégueu à pleurer... c'est certain que "les Français" ont pas envie de donner la pièce. Mais l'autre clampin de Becam nous sort plus loin : "La nouvelle génération est habituée au système virtuel, où elle achète davantage sur internet et ne dispose pas de l'opportunité de laisser un pourboire. La transmission de ce geste se perd"... Bien sûr c'est le Français qu'est radin, et pas toi et ta clique de mange merde ; mais quelle andouille surtout pas de Guéméné ce Becam.

Toujours le Hervé Becam science infuse qui ne connaît que pouic. Il souhaite "faire des propositions au législateur". Sans, forcément, passer par la contrainte. Mais en tentant d'inclure dans le système des pourboires d'autres acteurs que les serveurs, comme les cuisiniers et les réceptionnistes." Okay, pour ta gouverne, et comme presque tous les Américains excepté George W. Bush, trop bête pour être serveur, tous les autres une fois au moins dans leur vie ont bossé dans la restauration... Donc, les serveurs touchent un salaire horaire de 4 ou 5 dollars de l'heure + ces fameux 15 ou 20 % de pourboire donnés par des clients SATISFAITS ! ce serveur doit rémunérer son "busboy", c'est celui qui débarrasse les tables, dresse les tables, et est certain qu'il y a de l'eau, du pain sur la table, il doit aussi donner un % au maitre d'hôtel et sommelier... Quant aux cuistots rien à voir avec les salaires de misère et les horaires de France, un "chieft", un service, c'est 6 ou 8 heures, pas plus. 

J'ai aussi bossé comme réceptionniste le soir entre 18h et 24h ; là, on se fait plein de thunes car aussi concierge (excepté les 5 étoiles qui ont leur concierge), un réceptionniste doit tout savoir de l'hôtel, de la ville, il conseille les clients pour réserver un resto, un spectacle, un tour de la ville, une excursion, un shuttle pour l'aéroport et d'autres encore, à chaque fois le réceptionniste prend une commission, d'autant qu'il y a les "walk in", après 22 heures si un client de passage demande une chambre automatiquement le réceptionniste se prends 20% du prix de la chambre ; en clair, je me faisais entre 100 et 200 dollars par soir... En France, le patron depuis belle lurette aurait mis la main sur ce pactole et n'aurait redistribué que des miettes ; question de mentalité... Un employé heureux vient pour gagner de l'argent ! point ; ensuite s'il est payé correctement vient la passion du métier.

Le constat est : ils, les gens de la restauration vivaient sur un tas d'or, dû à une réputation mondiale de bonne chair... Mais ces 20 dernières années ils ont tordu le cou à la poule, qui ne produit plus que des œufs pourris. Il y a toujours autant de touristes, mais qui restent moins longtemps, qui dépensent moins, ils traversent notre pays pour aller en Italie (bonne bouffe, accueil sympa), ou Espagne, (bonne bouffe prix modestes), sans parler des pays de l'ancien bloc de l'est. Et pour finir les hôteliers qui pleurnichassent à cause de AIRBNB, de booking, de UBER de... sans jamais changer d'un iota... il est vrai de vrai que les idiots ne changent jamais, c'est ce qui fait leur charme aux fonds des gamelles !

Georges Zeter/ août 2017



28 réactions


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 29 août 12:05

    « Je ne suis pas un homme à vouloir rien pour rien,
    Je sais quand on me sert en garder la mémoire :
    Cependant par avance, Alain voilà pour boire,
    Et voilà pour t’avoir, Georgette, un cotillon.
    (Ils tendent tous deux la main, et prennent l’argent.) »


    Molière - l’école des femmes

    La mentalité de larbin a survécu à l’ancien régime......


    • Fergus Fergus 29 août 16:08

      Bonjour, Jeussey de Sourcesûre

      Un serveur n’est pas un « larbin », mais une personne qui rend un service à un client contre une rémunération, ce qui est parfaitement honorable et la base de toute activité commerciale. Mais peut-être avez-vous travaillé de manière bénévole ?

      Mon père s’est battu pour le service compris, en l’occurrence plus pour ses collègues serveurs que pour lui-même car il a eu la chance - lui le paysan - de travailler, après des débuts modestes dans des bistrots de quartier, dans des grandes brasseries parisiennes, et notamment à la Régence où il a côtoyé la plupart des grands acteurs de la Comédie française qui, presque tous, figurent dans son livre d’or où les dédicaces amicales voisinent avec des petits poèmes ou des dessins.

      Des « larbins » on en trouve beaucoup plus dans les allées du pouvoir ou dans le management des grandes entreprises que dans les cafés-restaurants !!!


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 29 août 19:20

      @Fergus

      Bonjour Fergus,Je n’ai jamais écrit ni pensé qu’un métier soit un travail de larbin.J’ai parlé de « mentalité » en pensant à ça : 

      SYNDROME DU LARBIN

    • Fergus Fergus 29 août 20:15

      @ Jeussey de Sourcesûre

      Désolé d’avoir mal interprété, mais comme cela venait sitôt après la lecture de l’article...


  • bob14 bob14 29 août 12:10

    moi pour boire, je prends un verre...


  • ZenZoe ZenZoe 29 août 13:48

    On vous sent en colère....
    Rassurez-vous, l’UMIH a battu en retraite face au tollé. Le pourboire ne sera pas rendu obligatoire, pas dans l’immédiat en tout cas.
    Les Français ne veulent plus en donner, ils ont bien raison.


    • V_Parlier V_Parlier 29 août 15:41

      @ZenZoe
      Ce ne serait d’ailleurs qu’un retour en arrière de 40 ans pour les employés de la restauration, peut-être encore pire que l’ubérisation.


  • njama njama 29 août 15:08

    pourquoi un pourboire en plus du « service compris » ?

    de mémoire le pourboire était de coutume lorsque le service n’était pas compris dans la note, et je crois que ce « service compris » avait été instauré en 1987 pour d’une part assurer un minimum de rémunération pour le service et d’autre part pour plus de transparence fiscale sur le revenus des serveurs qui devenaient de fait des « salaires » déclarés au moins en grande partie, car rien n’interdisait de donner plus


  • njama njama 29 août 15:15

    L’Umih remet le couvert

    « Service compris » : la duplicité des restaurateurs
    par Fergus
    jeudi 22 novembre 2012

    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/service-compris-la-duplicite-des-126295

    séparer le pourboire (« service compris ») de la note ça risque d’être très compliqué surtout si on paie en CB (en restos surtout)
    et donc il faudrait se trinqueballer du cash pour le serveur ?


    • V_Parlier V_Parlier 29 août 15:43

      @njama
      En Grande Bretagne (où ils sont forts pour ces trucs à la libérale) ils contournent facilement ce problème : Le terminal de paiement vous demande combien vous donnez de pourboire et ça vous fait le prix et la facture qui va bien. C’est même utilisable pour les notes de frais.


  • Alex Alex 29 août 16:11

    Cet article me rappelle 2 expériences perso :

    – premier petit-déjeuner pris dans ma chambre au Hilton de Chicago ; n’étant pas informé, je ne donne pas de pourboire ; le room-service m’appelle 5 min plus tard pour me dire que j’aurais dû laisser 15%.
    – deuxième expérience : lors d’un de mes premiers séjours à Tokyo, je m’arrête dans une brasserie pour me désaltérer ; je laisse un pourboire mais, alors que je suis sorti depuis plus d’une minute, j’entends courir derrière moi : c’est la serveuse qui, essoufflée, me rapporte les pièces que j’avais laissées, me disant qu’au Japon, cela ne se pratique pas. 
     En France, personne ne m’aurait couru après !

    • Fergus Fergus 29 août 16:41

      Bonjour, Alex

      « En France, personne ne m’aurait couru après ! »

      Allez savoir ! Un jour, dans un restaurant de Loches, un type du genre très imbibé avait laissé 30 francs de pourboire en croyant sans doute avoir laissé 3 francs. Le garçon est sorti dans la rue pour lui rendre ce pourboire manifestement dû à un état d’ébriété avancé.

      Autre anecdote concernant mon père : lorsqu’il travaillait à La Régence à Paris, il a eu pour cliente la reine-mère d’Angleterre accompagnée d’une amie. Ces braves ladies étant parties sans payer, c’est mon père qui a couru derrière elles pour se faire régler la note. L’explication : Mme Windsor était en général accompagnée d’une dame de compagnie qui s’occupait de ces questions triviales. Or, elle n’était pas là ce jour donné, et c’est donc le garde du corps qui a réglé la note. smiley


    • Alex Alex 29 août 17:56

      @ Salut Fergus,

      Il doit y avoir quantités d’anecdotes plus ou moins drôles, et j’espère que votre père a bénéficié de pourboires royaux !
      Dans ce domaine, il se disait que le bell captain du déjà cité Hilton de Chicago (le plus lugubre des hôtels que j’ai fréquentés) était l’employé le mieux payé, malgré le seul dollar que lui donnait chacun des membres d’équipage fréquentant cet hôtel. 
       (10 X 1$) X 10 équipages X 30 jours = 3000$ / mois, plus le fixe.
      Sans doute une misère pour ses confrères dans les palaces...

  • titi 29 août 16:48
    Le pourboire en restauration c’est comme la rémunération variable pour un commercial.

    Le bon commercial il veut un max de variable et pas de fixe.
    Le mauvais il veut un max en fixe et se fout du variable car il sait qu’il l’aura jamais.

    La disparition du pourboire, c’est la généralisation du service médiocre.





    • eddofr eddofr 29 août 17:09

      @titi

      bonjour,

      J’ai été commercial.

      Quand tu débute et qu’on te refile un secteur mort depuis deux à reconstruire de zéro, t’es bien content d’avoir un fixe, parce que les premières primes, tu les verra pas avant 6 mois ou un an, et encore, je suis optimiste.

      Pour ma part, au bout de six mois, j’ai flairé, hameçonné et ramené un gros coup ... quand j’ai vu que le « directeur commercial » qui m’avait envoyé tout seul au charbon se prenait autant que moi en commission, j’ai dit Bye Bye (après avoir touché ma comm).

    • Fergus Fergus 29 août 17:15

      Bonjour, titi

      Propos parfaitement caricatural !

      Si l’on suivaitt votre logique ô combien simpliste, il faudrait donc raboter le fixe et instituer le variable dans tous les métiers, de l’employé du gaz au cheminot en passant par l’éboueur, le postier, l’employé de boulangerie et le garçon-boucher !!!

      En limonade-restauration, il appartient au patron d’évaluer le comportement de ses employés et d’en tirer les conséquences. Leu intérêt n’est évidemment pas d’avoir des employés dont l’attitude fait fuir la clientèle.


    • Fergus Fergus 29 août 17:17

      Erratum : Lire « Son intérêt... » et non pas « Leu intérêt... »


    • titi 29 août 17:36
      @Fergus

      « Propos parfaitement caricatural ! »

      Bah prenez un verre dans un bar en France et au USA, et vous verrez comment vous êtes reçu par celui qui ne vit que grâce à votre satisfaction, et celui qui de toutes façons n’en a rien à foutre.

      Vous verrez où se trouve la caricature.
      Certainement pas dans mes propos.



    • titi 29 août 17:40
      @Fergus

      « il faudrait donc raboter le fixe et instituer le variable dans tous les métiers »

      C’est une évidence.




    • titi 29 août 17:47
      @eddofr

      « j’ai vu que le « directeur commercial » qui m’avait envoyé tout seul au charbon se prenait autant que moi en commission »

      Je sais pas si vous êtes toujours commercial...
      Si c’est le cas et qu’un jour vous devenez directeur commercial, vous trouverez la pratique tout à fait normale.



  • cevennevive cevennevive 29 août 17:40

    Tiens, en parlant en parlant de pourboire : 


    Il y a deux étés de cela, ma petite fille assurait un remplacement dans un restaurant d’Anduze (il a fermé depuis...). Dans cet établissement, les pourboires étaient mis dans un petit pot à côté de la caisse et était répartis entre les employés (ce qui peut se comprendre).

    Un soir après son travail, la patronne dit « pas de pourboires aujourd’hui, juste un euro que nous compterons pour demain. »

    Ma jolie Mélody, gracieuse et serviable, rencontre dans la rue un couple qu’elle a servis au repas. L’épouse lui dit en souriant : « j’ai laissé un gros pourboire pour vous. 5 euros, car je vous ai trouvé très gentille et avenante, alors que le repas était médiocre »...


    • rocla+ rocla+ 29 août 17:44

      @cevennevive


      Le monde est pourri Cevenevive . 

      Ça va pour Mélody  ? 

    • cevennevive cevennevive 29 août 18:06

      @rocla+


      Oui, capitaine, ça va. Toujours dans sa boulangerie à Aubignan.

      Elle a eu pas mal de patrons « Ténardier » au cours de ses jobs d’étudiante (qu’elle a quittés d’ailleurs dès qu’elle s’en est aperçue, pour aller chercher ailleurs)

      Là, elle a des patrons « normaux » et sympa. Mais un boulot « alimentaire ».

      Bien à vous.

    • ZenZoe ZenZoe 30 août 09:49

      @bonjour cevennevive
      Oui, je connais cette pratique. Dans un bar notamment, le patron avait interdit les tabliers à poche devant pour empêcher les serveurs d’y stocker les pourboires. Les pourboires allaient dans un pot commun vidé par le patron. C’est dégueulasse.
      Dans un hôtel aussi, la patronne passait dans toutes les chambres avant les femmes de chambre pour y prélever les pourboires laissés.

      PS : après ces voleurs viennent se plaindre qu’ils ne trouvent personne pour bosser pour eux, que les jeunes sont fainéants et bla bla bla.


  •  C BARRATIER C BARRATIER 29 août 20:55

    le service n’était pas compris autrefois, il l’est. Il fait partie du salaire depuis. Le pouboire n’a pas de sens, comment déclarer ce revenu aux impots ?


    • titi 29 août 21:06

      @C BARRATIER
      Ca pose la question de ce qu’est un salaire...

      Le salaire d’un serveur c’est de servir, ou d’être là ?


    • Spartacus Spartacus 29 août 22:26

      @C BARRATIER
      « Le pouboire n’a pas de sens, comment déclarer ce revenu aux impots ? » 


      Vous comprenez bonnes gens. Récompenser quelqu’un sans penser à remplir ma gamelle par l’impot. ça n’a pas de sens !.. 
      Le méritant c’est moi et ma gueule qu’on doit ne jamais oublier.. 
      Bon, pour les assurances sociales le fonctionnaire ne cotise pas au chômage. Mais il va pas dire que ça n’a pas de sens. 

  • Zolko Zolko 30 août 14:43

    Il manque une info dans cet article : la généralisation du payement par carte. Avant, on laissait un pourboire en arrondissant au supérieur, un peu plus ou un peu moins, en fonction de la qualité du repas. Mais quand on paye par carte, ce n’est plus possible.
     
    Et pourquoi on paye par carte ? Car c’est plus pratique pour le resto, ils n’ont plus à avoir de caisse, plus de monnaie .... et plus de pourboire.


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