jeudi 22 novembre 2018 - par Luc-Laurent Salvador

Pourquoi des réunionnais veulent-ils apparemment nuire à tous les réunionnais ?

Le regard d’un psychologue girardien sur les événements en cours à la Réunion

Beaucoup de personnes à la Réunion ne comprennent pas la stratégie de blocage employée par les « gilets jaunes ». Elles ne peuvent s’expliquer que certains réunionnais puissent volontairement créer autant de nuisances et même de souffrances pour les autres réunionnais, leurs semblables alors qu’ils ne sont nullement responsables de la situation actuelle et que des exploiteurs bien connus de la « France d’en bas » feraient des cibles plus appropriées pour une action militante.

Il existe à cela une raison toute simple et néanmoins fondamentale : le pouvoir vient du peuple qui le confère à une « autorité » dont le premier devoir est la sécurité. Pour menacer un pouvoir et le faire plier, il suffit de montrer aux yeux de tous qu’il n’en est pas un, c’est-à-dire, qu’il n’est pas une autorité parce qu’il n’en a pas, au sens où il n’est pas capable d’assurer la sécurité des personnes placées sous sa protection. Il convient donc, en toute logique, d’agresser la population pour faire comprendre à celle-ci que le « shérif » est un incapable.

Ce paradoxe est vieux comme le monde. On le retrouve déjà dans le règne animal. Le mâle alpha est contesté par ses rivaux quand ceux-ci menacent la population sous son autorité jusqu’à ce que, celle-ci, lassée de son incapacité, s’en détourne et fasse allégeance à l’agresseur qui devient alors le nouveau mâle alpha, le nouveau « shérif ».

Les gilets jaunes n’ont pas en tête de renverser le pouvoir mais afin de le rendre disponible à la négociation, ils s’inscrivent dans un rapport de force en le menaçant : ils montrent aux yeux de tous son incapacité à assurer l’ordre et la sécurité.

C’est peu de dire que, au moins pour le moment, ils y ont réussi dans les grandes largeurs. Les citoyens réunionnais, usagers, professionnels et même les enfants, se demandent : que font les autorités ? Où sont-elles ? On ne peut douter que les forces de l’ordre interviennent ici et là mais il est évident pour tous qu’elles ne répondent pas aux besoins de la situation et qu’elles n’ont donc pas la maîtrise du terrain.

Des citoyens confrontés à des barrages tenus par des marmailles alcoolisés, armés et cagoulés ne se sont-ils pas vu répondre par les forces de l’ordre qu’elles ne pouvaient intervenir ? Avec les incendies, les dégradations et pillages dorénavant innombrables, comment ne pas avoir le sentiment que tout le territoire est en train de devenir une zone de non-droit ?

Evidemment, ce n’est pas ce que recherchent les « gilets jaunes ». Mais, tout « bon enfant » qu’il se veuille, leur mouvement de contestation de l’ordre établi par simple entrave à la circulation est un modèle de transgression de la loi. Il ouvre donc de fascinantes perspectives au « côté sombre de la force » qui sommeille dans la jeunesse désœuvrée et frustrée qui désespère de l’avenir et d’elle-même. Comme chacun sait : « passé les bornes, il n’y a plus de limites ». Les « cagoules noires » se sont engouffrées dans la brèche ouverte par les gilets jaunes, elles sont entrées dans le territoire de la transgression et ont effectivement constaté qu’il n’y avait aucune limite puisqu’elles ont agi en toute impunité, en quasi absence d’intervention des forces de l’ordre ou simplement des adultes. On a ainsi vu des bandes de pré-adolescents, adolescents et jeunes adultes imiter en quelque sorte les « gilets jaunes » en bloquant les routes mais à la façon de bandits de grands chemins : en menaçant, rackettant ou détroussant. Le tout dans un état de grande alcoolisation.

Il est clair que même si, il faut le dire, les « gilets jaunes » voient l’impact de leur mouvement grandement renforcé par les agissements des « cagoules noires », ils ne sont aucunement responsables d’un tel état de fait. Par définition, les responsables sont nos responsables, c’est-à-dire, les autorités supposément compétentes qui ont mission de faire respecter la loi. Si elles ne redressent pas la barre très vite, elles auront prouvé leur incompétence à moins que ce ne soit déjà le cas, à moins qu’il ne soit déjà trop tard.

Car après avoir lâché la bride pendant cinq jours à cette jeunesse en déshérence, il va être difficile de faire rentrer le diable dans la boîte. Avoir suscité le déploiement de l’armée quand on a à peine plus de dix ans, c’est un motif de fierté qui pourrait vite donner la grosse tête. Nous sommes manifestement dans la « montée aux extrêmes » dont parle l’académicien René Girard dans son « Achever Clausewitz » et c’est un jeu dangereux. Les autorités le savent. « Etre implacable » peut vite présenter un coût politique insupportable si les choses devaient mal tourner, c’est-à-dire, s’il devait y avoir mort d’homme ou pire, mort d’un mineur.

La réussite des forces de l’ordre, qu’elles soient armées ou non, viendra de la capacité de leurs chefs à être des « agents de la paix ». Il s’agit donc de trouver une issue qui puisse mettre tout le monde d’accord. Ainsi que le propose notre évêque Mgr Aubry une grande conférence territoriale pourrait être la solution. Mais à la condition de ne pas y retrouver toujours les mêmes individus accoutumés aux ambiances feutrées qui avalisent des décisions laissant le bon peuple sur sa faim avec le sentiment d’avoir été trahi.

Plutôt que des représentants « élus » qu’on pourra toujours soupçonner d’être des « sous-marins » de tel ou tel groupe d’intérêts municipaux ou autres, je suggère d’y envoyer des personnes tirées au sort parmi les différentes parties prenantes, comme dans les jurys judiciaires destinés à représenter le peuple. Si chaque corps de métiers, chaque groupement d’usagers, chaque organisation, chaque institution tire au sort un ou plusieurs représentant(s) — avec pourquoi pas un mandat impératif — ce bon peuple, honnête et indépendant par construction, pourra être le garant de la rationalité et de l’équité des décisions prises.

Comme la paix ne peut venir que de l’accord de tous, il me paraît indispensable de faire une place à des représentants tirés au sort parmi cette jeunesse en déshérence par qui le scandale est arrivé mais que nous ne devons pas laisser retourner à son malheur quotidien. Leur permettre de s’inscrire dans un processus citoyen me paraît le meilleur moyen de les aider à se faire une place dans la société — voire même dans l’existence — car celle-ci commence quand on a la parole et qu’on se sait entendu, donc reconnu. Nos « racailles » ne sont jamais que des marmailles qui réclament notre attention.

 



66 réactions


  • JL JL 22 novembre 2018 12:37

    Bonjour Luc-Laurent Salvador,

     

    votre article, là, c’est du lard ou du cochon ? De la casuistique et du jésuitisme ?

     

     Parce que, avec ça, vous ne croyez pas que ça justifie aussi le terrorisme ?


    • Lucadeparis Lucadeparis 22 novembre 2018 13:19

      @JL

      Avant de lire ce commentaire, le début de l’article m’a fait d’abord penser au terrorisme par les faibles (à distinguer au terrorisme d’Etat, direct ou sous faux drapeau), puis à la prise d’otages, deux techniques pour faire ployer la volonté des forts.

    • JL JL 22 novembre 2018 13:48

      @Lucadeparis
       
       pour aller un peu plus loin, et puisque vous en parlez : un tel argumentaire pourrait servi à démontrer que les attentats sous faux-drapeaux ne peuvent pas être.


    • JL JL 22 novembre 2018 13:55

      @LLS,
       
      Le Girardisme ne serait pas une panacée ?


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 13:59

      @JL

      Pouvez-vous me précisez en quoi la présentation que je fais du principe du male alpha justicier (découvert par Frans de Waal) pourrait servir à justifier le terrorisme ? Et ainsi que le suggère le commentaire de Lucas, de quel terrorisme parlez-vous ?


    • JL JL 22 novembre 2018 14:14

      @Luc-Laurent Salvador
       
       de votre coté, du fait qu’il me semble avoir été clair sur ce sujet, pourriez vous préciser votre question ?
       
      nb. plaise à Lucasdeparis d’appeler « terrorisme par les faibles » ce qu’il ne classe pas dans la catégorie des "attentats sous faux-drapeaux ’’, ce n’est peut-être pas tout à fait ainsi que je vois les choses : sli a violence est la force des faibles elle n’en est pas l’apanage ; loin s’en faut.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 14:19

      @JL

      "Le Girardisme ne serait pas une panacée ?

      "

      Ah ben, vous m’intéressez ! Vous guérissez quoi avec ?


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 14:21

      @JL

      « du fait qu’il me semble avoir été clair sur ce sujet »

      Non, désolé, vous n’avez pas été clair. Vous avez seulement laissé entendre que « ça » pourrait justifier le terrorisme.

      Pouvez-vous remplacer « ça » par quelque chose qui soit explicite ?
      Je vous en remercie d’avance.


    • JL JL 22 novembre 2018 14:24

      @Luc-Laurent Salvador
       
       oui, mais plus tard.


    • Lucadeparis Lucadeparis 22 novembre 2018 15:04

      @JL
      Vous parlez d’argumentaire mais n’en communiquez aucun.
      Il suffit que des attentats sous vrai drapeau soient crédibles pour que des attentats sous faux drapeau soient possibles, si tel est l’intérêt du réel organisateur.


    • JL JL 22 novembre 2018 20:12

      @Luc-Laurent Salvador

      @Lucadeparis
       
       Ce que j’appelle argumentaire est ici appelé paradoxe par LLS :

      ’’ 

      Pour menacer un pouvoir et le faire plier, il suffit de montrer aux yeux de tous qu’il n’en est pas un, c’est-à-dire, qu’il n’est pas une autorité parce qu’il n’en a pas, au sens où il n’est pas capable d’assurer la sécurité des personnes placées sous sa protection. Il convient donc, en toute logique, d’agresser la population pour faire comprendre à celle-ci que le « shérif » est un incapable.

      ’’
       
      Cet argumentaire-paradoxe conduit à dire : les terroristes nous ouvrent les yeux : le pouvoir est incapable de nous protéger !
       
      Ni argumentaire ni paradoxe : c’est un sophisme.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 05:26

      @JL

      Je note qu’au moment d’expliciter en quoi « ça » justifie le terrorisme (je suppose que c’est ce que vous venez de faire), le terme « justifier » n’apparaît plus.
      Or c’est lui qui posait problème.
      Le mécanisme que je mets en avant (qui est parfaitement établi au plan éthologique et dont je veux penser qu’il y a bien quelque théoricien du politique qui l’a déjà thématisé) est une explication pas une justification car la dimension axiologique n’est pas abordée.
      Si vous avez motif à voir là une justification, c’est votre problème pas le mien. Interrogez vos motifs.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 05:42

      @JL

      Après cette mise au point, je peux bien l’avouer, en écrivant l’article j’ai bien vu qu’une analogie pouvait sans doute être faite avec le terrorisme mais comme je ne dispose pas de théorie aboutie du terrorisme, j’ai écarté ce possible lien car je savais ne pas pouvoir le traiter correctement.

      Par contre je suis toujours prêt à réfléchir et comme Lucasdeparis a aussi perçu cette similitude, on pourrait quand même essayer d’avancer un peu.

      Mon problème ici est que je n’ai pas d’exemple qui puisse servir de point de départ. Du terrorisme je ne connais grosso modo que le terrorisme d’Etat, soit dans sa version directe (la Terreur durant la Révolution, les faux drapeau) ou indirecte (via d’autres Etats ou des organisations étrangères).

      Je n’ai aucun exemple où du terrorisme soit réellement opéré dans la visée de renverser le pouvoir en démontrant son incapacité à assurer la sécurité (c’est pourquoi je m’étais autorisé à écarter le thème du terrorisme dans mon article).

      Si vous avez un tel exemple, cela pourrait faire un point de départ.


    • JL JL 23 novembre 2018 09:43

      @Luc-Laurent Salvador
       
       expliquer n’est pas justifier, ok. Mais je remarque en passant que la nuance est très subjective : une explication est un outil dont chacun use à sa manière.
       
      J’ai évoqué un sophisme plutôt qu’un paradoxe : je suppose que vous ne souhaitez pas en discuter ?
       
      Ps. par "Le Girardisme n’est pas une panacée’’ je voulais dire qu’il n’explique pas tout.

       


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 09:50

      @JL

      Nous sommes d’accord. C’est ce que je disais, chacun use d’une explication en fonction de ses motifs, de ses motivations et peut la prendre pour une justification alors qu’elle en est incapable.

      Quand vous m’aurez montré par a+b la présence d’un sophisme, je serai tout disposé en discuter

      Le girardisme n’explique pas tout ? Pourquoi avez-vous besoin d’affirmer cela ? Quelqu’un a-t-il prétendu que le girardisme expliquait tout ?


    • JL JL 23 novembre 2018 10:44

      @Luc-Laurent Salvador
       
       ’’Pourquoi avez-vous besoin d’affirmer cela ?

      ’’
       
      Désolé si j’ai touché une corde sensible.
       
      ’’chacun use d’une explication en fonction de ses motifs, de ses motivations et peut la prendre pour une justification alors qu’elle en est incapable.’’ 
       
      « elle » ? « Incapable » ? Vous en faites une généralité ? C’est vrai que si l’explication n’en est pas une mais seulement un sophisme, ce sera plus difficile.
       
      ’’Quand vous m’aurez montré par a+b la présence d’un sophisme, ’’
       
       de quoi s’agit-il ? ça : ’’Pour menacer un pouvoir et le faire plier, il suffit de montrer aux yeux de tous qu’il n’en est pas un, c’est-à-dire, qu’il n’est pas une autorité parce qu’il n’en a pas, au sens où il n’est pas capable d’assurer la sécurité des personnes placées sous sa protection. Il convient donc, en toute logique, d’agresser la population pour faire comprendre à celle-ci que le « shérif » est un incapable.’’
       
      Soit ! ce n’est pas un sophisme au sens formel C’est peut-être une tautologie ? En effet : ce que vous décrivez, c’est bien aussi une définition du terrorisme, non ?


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 11:49

      @JL

      Inutile de jouer au plus malin. Vous ne touchez aucune corde sensible. Je n’en ai pas en mode écrit. Et si vous me montrez le contraire, j’en serai le premier ravi. Donc je repose ma question : pour quelle raison jugez vous opportun d’affirmer que le girardisme n’explique pas tout ?

      Comme vous le dite si bien, il n’y a là aucun sophisme au sens précis du terme et même au sens vague, je ne vois pas trop. Ce que je comprends c’est que vous jetez des termes en vrac et vous laissez aux autres le soin de réaliser le travail de construction du sens que vous avez la paresse de réaliser. Avec moi vous n’irez pas loin sur ce mode là.

      J’étais prêt à une véritable réflexion sur la question de l’analogie avec le terrorisme mais il semble que ce ne soit pas votre cas. Je propose que nous nous en tenions là.


    • JL JL 23 novembre 2018 14:35

      @Luc-Laurent Salvador
       
       ’’vous jetez des termes en vrac ... ’’
       ’’ J’étais prêt à une véritable réflexion sur la question de l’analogie avec le terrorisme mais il semble que ce ne soit pas votre cas. Je propose que nous nous en tenions là. ’’
      ’’ Avec moi vous n’irez pas loin sur ce mode là.’’
       
      Bigre !
       
      Si vous êtes pressés d’en rester là, vous devriez vous abstenir de monter sur vos grands chevaux et de faire dans la provocation, vous n’croyez pas ?.
       
      Premièrement : contrairement à ce que vous dites, je n’ai pas ’’affirmé’’ que le girardisme n’explique pas tout

      ... C’est stupide ! J’ai écrit ça comme ça, comme ces choses qu’on dit sans trop y attacher d’importance quand on parle. N’en parlons plus, si vous voulez bien.
       
       
      Deuxièmement : je soutiens que l’explication  appelez ça paradoxe si ça vous chante - que vous donnez des débordements réunionnais est une définition possible du terrorisme, ce que vous pouvez toujours nier bien sûr. Et c’est là que le bât blesse, c’est pourquoi je trouve un peu fort de café que vous me proposiez une véritable réflexion sur la question de l’analogie avec le terrorisme !
       
      C’est à vous qu’il revient de me dire en quoi elle diffère. Ne renversez pas la charge de la preuve, svp.
       

       


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 15:03

      @JL

      "C’est stupide ! J’ai écrit ça comme ça, comme ces choses qu’on dit sans trop y attacher d’importance quand on parle. N’en parlons plus, si vous voulez bien.

      "

      Bel aveu, je vous en remercie. Restons en là si vous le voulez bien !


    • JL JL 23 novembre 2018 16:00

      @Luc-Laurent Salvador
       
      ’’ je vous en remercie. Restons en là si vous le voulez bien ! ’’
       
      Là ? Où ça ? Sur ce petit détail ? !!!

      Et le reste, le plus important, ce pourquoi vous m’avez agressé ?
       
      Probablement que, contrairement à votre déni, j’ai touché avec ma petie remarque en l’air, une corde sensible.
       
      Vous n’êtes pas allé bien loin ! Restons en là, en effet, puisque c’est ce que vous voulez !
       


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 17:38

      @JL

      Je vous ai agressé ?
      Vous m’en voyez désolé.
      Merci de signaler où j’ai fait ça afin que je puisse réparer comme il se doit et que surtout j’évite de reproduire cela.
       


    • JL JL 23 novembre 2018 18:02

      @Luc-Laurent Salvador
       
       ’’vous jetez des termes en vrac ... ’’
       ’’ ’J’étais prêt à une véritable réflexion sur la question de l’analogie avec le terrorisme mais il semble que ce ne soit pas votre cas. Je propose que nous nous en tenions là. ’’
      ’’ Avec moi vous n’irez pas loin sur ce mode là.’’

       
      On ne peut pas, en toute rigueur, parler d’agression ; pudeur de gazelle peut-être. Mais à pudeur de gazelle, pudeur de gazelle et demie, comme on dit !
       
      Vous signaler ? Vous êtes marrant. Il en faut plus, et rassurez vous, j’ai l’habitude de régler mes comptes tout seul.
       
      Ps. Je regrette cet incident : je ne m’attendais pas à ça venant de vous.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 24 novembre 2018 05:01

      @JL

      « vous jetez des termes en vrac » ne peut être une agression car je ne vise pas votre personne, je ne fais que décrire ce que je vois et que confirmez à nouveau en reconnaissant que « on ne peut pas, en toute rigueur, parler d’agression ».

      Depuis le début de notre échange, je n’ai eu droit qu’à cela de votre part : des mots lâchés sans aucune explication destinée à en légitimer l’emploi. Je vous demande une explication et là je n’ai droit qu’à des « on ne peut pas, en toute rigueur, parler de ».

      Bien que je doive reconnaître là une honnêteté louable, je n’ai pas vu que les conditions d’un dialogue fructueux étaient réunies.

      Ce n’est pas à moi de réfléchir pour savoir ce que vous avez bien pu vouloir dire en lâchant les mots, terrorisme, sophisme, agression, etc. Si vous ne jouez pas le jeu de la conversation, moi non plus.

      Enfin, quand je parle de signaler, c’est au sens premier de « faire signe », « désigner ». Vous l’avez fait mais en convenant de suite qu’il n’y avait pas d’agression. D’où le besoin que j’avais, justement, que vous me désigniez la chose.

      Moi non plus, je ne me sers pas du signalement. Je suis pour une totale liberté d’expression. Chacun assume ses propos et se discrédite pas ses excès.

      Sachez que moi aussi je suis surpris que les choses se soient passées ainsi avec vous, mais les raisons de cela sont assez claires à présent je crois.


  • Aristide Aristide 22 novembre 2018 13:15

    Nos « racailles » ne sont jamais que des marmailles qui réclament notre attention.


    Et ne sont-elles pas aussi une minorité qui monopolise l’attention au détriment d’une autre jeunesse qui désire autre chose, espère dans un avenir, ....


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 14:09

      @Aristide

      Bien sûr que différentes jeunesses sont en concurrence pour l’attention des adultes et les plus mal loties ne sont pas celles qui, par leurs frasques et excès de tous ordres, réussissent à attirer l’attention des adultes.
      Néanmoins, ces jeunes, issus de familles en grande précarité sociale et culturelle qui se trouvent dès lors complètement sous l’emprise des valeurs d’une société consumériste et hédoniste et se révèlent incapables d’éduquer leurs enfants, ce sont des êtres humains à qui il s’agit d’aider à trouver leur place dans la société des adultes.
      Quitte pour cela à leur faire connaître la Loi (je ne suis pas lacanien) et leur donner ensuite une seconde chance.
      Quoi qu’il en soit, on ne saurait se satisfaire de rotomontades consistant à se déclarer intraitables alors que cela fait cinq jours que toutes latitudes a été donnée à ces marmailles pour faire absolument n’importe quoi du fait de la troublante (quasi) absence ou inaction des forces de l’ordre.


    • Aristide Aristide 22 novembre 2018 16:36

      @Luc-Laurent Salvador

      Il ne s’agissait pas pour moi de nier l’existence de cette frange de jeunesse à l’abandon, sans aucune assistance familiale et souvent même souffrant d’énormes difficultés pour subsister, survivre. Le problème est bien là, la difficulté à atteindre ces jeunes à trouver les moyens de lier une relation et ensuite essayer de construire. 

      Est-ce que cela est possible ? Y a t’il des solutions ? Ou faut-il se satisfaire de cette situation et abandonner ces jeunes à leur sort en espérant que la vie les contraindra à rentrer dans le moule. Je suis de plus en plus pessimiste sur les chances de sortie de leur situation, tellement les problèmes s’accumulent. 

      Par expérience, à un niveau de gravité beaucoup moins important, j’ai constaté que toutes les actions de prévention, les demandes de collaboration des parents avec les éducateurs, ... ne trouvaient un écho que chez ceux qui justement en avait le moins besoin.

      Pour le reste, les gesticulations politiciennes des uns et des autres me conforte largement dans mon pessimisme.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 16:48

      @Aristide

      Je partage votre pessimisme que je tiens pour du réalisme.
      Malgré tout j’essaie de mettre de la lumière sur ce qui pourrait être une voie de réconciliation.


    • Aristide Aristide 23 novembre 2018 09:02

      @Luc-Laurent Salvador

      Réconciliation ? Il faudrait qu’il y ait une volonté partagée, et là je doute ... La ghettoïsation d’une partie de nos concitoyens est avérée, il suffit d’ajouter un communautarisme de plus en plus prégnant et on obtient une société où il n’y a aucun espoir pour tout une frange de la population. Est-ce viable à long terme ? Je crois que ce modèle américanisé devait interroger nos dirigeants mais bon ...

      Tout ce que l’on peut espérer c’est que ceux qui veulent en sortir ne soient pas comme actuellement victimes de cette image déformée de ce que l’on nomme les « quartiers », les « banlieues », ...


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 09:40

      @Aristide

      Je crois dans le principe démocratique authentique qu’on appelle le débat. La réconciliation à la Réunion pourrait, je crois, passer par un authentique débat citoyen au sein d’une assemblée dotée de réels pouvoirs décisionnaires.
      Ce qui me rend pessimiste est que les tristes sires qui tiennent les rennes du pouvoir ne voudront pas les lâcher comme ça, juste parce que ça pourrait servir la réconciliation des réunionnais avec eux-mêmes et avec la République.
      Il faut beaucoup de lucidité pour renoncer à tout ou partie de son pouvoir et le rendre à César, cad, le peuple.


  • Lucadeparis Lucadeparis 22 novembre 2018 13:30

    Comme slogan de Decidemos : la population décide (qui veut établir une réelle démocratisation), j’avais proposé :

    "Les manifestations publiques de rue sont un effet de notre impuissance politique. Élisons les émissaires chargés d’établir nos revendications de démocratie réelle."


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 14:17

      @Lucadeparis

      Merci pour ce rappel. Cette idée m’avait échappée, en particulier la mention d’un « émissaire ». Il me semble que c’est le terme approprié. Il est temps d’en finir avec la notion viciée et fallacieuse de « représentant ».

      Pour résumer ce que je comprends, notre impuissance politique nous fait constater que nous ne sommes pas en démocratie et, dès lors, nous en ressortissons à un comportement « régressif », le rapport de force direct avec le pouvoir, ou plutôt un rapport de force médiatisé par un tiers, le public, le « corps électoral », le peuple, source première du pouvoir.


    • alinea alinea 22 novembre 2018 14:53

      Bonjour Luc Laurent,
      « ’ régressif »,oui, bien sûr, mais... régresser, n’est-ce pas reculer, donc induire que nous avons été plus avancés ?
      Il me semble que la plupart reste « enfant » face au pouvoir ; enfant soumis, enfant talentueux, enfin je veux dire, comme macron quoi, enfant rebelle, etc.
      Ne plus jouer les rôles parents/enfants, s’émanciper, devenir adulte, et créatifs, on sait le faire non ? ou du moins aider à le faire.
      Je pense qu’on pourrait commencer par là !
      Émissaires, c’est à garder et remplacer « représentant » auquel nous ferons la chasse, c’est une bonne idée.
      mais tout de suite après, la priorité est de s’organiser de manière à faire une place à tout le monde ! là, c’est pas gagné ! parce que pour l’instant on en est encore à revendiquer pour soi, et les siens, de la part de papa !!


    • Lucadeparis Lucadeparis 22 novembre 2018 15:18

      @Luc-Laurent Salvador
      Oui : quand la population parviendra-t-elle à s’organiser, ou à utiliser une organisation pour contrecarrer son impuissance ?

      J’aurais pu parler de mandataire aussi, avec l’opposition entre mandat représentatif et mandat impératif.
      Les politiciens se sont accordés une grande souveraineté (hormis celle de leurs financiers commanditaires) en déclarant que « Tout mandat impératif est nul. » (article 27 de la Consitution de la Cinquième République) : il serait donc anticonstitutionnel de faire une loi punissant les politiciens trahissant leurs promesses, celles-ci n’engageant donc que ceux qui les écoutent (comme l’avaient dit Queuille, Pasqua et Chirac), la politique, aristocratie électorale, étant alors la compétition des meilleurs bonimenteurs.
      Avec Decidemos, il est statué (les statuts étant pour une association l’équivalent d’une constitution pour un Etat) que ce sont les membres en continu qui décident, les candidats et élus devant exécuter leurs décisions, sous peine d’exclusion (et d’autres sanctions légales si possible).


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 17:04

      Bonjour Alinea

      Je suis complètement d’accord. Nous sommes encore et toujours dans ces rapports de force parents/enfants. Macron qui veut être intraitable a d’abord été silencieux. Lui et tout l’appareil d’Etat a fermé les yeux comme des parents fatigués qui craignent la confrontation avec l’enfant turbulent. Le problème est qu’après la chose est bien plus difficile à rattrapper.
      Car ces « enfants » sont dans une volonté de puissance d’autant plus vigoureuse qu’elle a été constamment frustrée par leurs conditions de vie et qu’elle vient de trouver un terrain pour s’affirmer quasiment sans limite.
      Il ne fallait laisser le diable sortir de la boîte.
      Comme je viens de l’écrire plus haut, je suis pessimiste.
      Toutefois je veux croire à la vertu réconciliatrice du dialogue.
      Pour le coup, je pense que chacun peut légitimement exprimer ses besoins, seraient-ils égoïstes. L’important est que chacun soit disposé à écouter l’autre de manière à trouver un modus vivendi.
      Quant à faire de la place à tout le monde, il faudra s’entendre. Mais c’est un autre débat. Je laisse ça pour une autre occasion.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 17:06

      @Lucadeparis

      Nous sommes bien d’accord.
      Mandataire est pas mal non plus mais ça a moins de gueule qu’émissaire smiley


  • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 22 novembre 2018 14:20

    La situation de La Réunion est un peu la même que dans tout le territoire français, mais de façon beaucoup plus dramatique et beaucoup plus accentuée.

    Depuis des années, les réunionnais ont été encouragé par les politiciens de tous bords à tout attendre de l’état et ils ont suivi la pente de la facilité. Le rendement de la canne est en baisse, vite une aide. Il n’y a pas assez de travail, vite on réclame des contrats aidés en masse.

    Et petit à petit, cette région s’enferre dans une dépendance économique de plus en plus grande, et les gens se transforment en mendiants avec une mentalité infantile, bien révélée par la mesure préfectorale d’interdiction de vente d’alcool. Mais l’alcool n’est pas un déclencheur, il se contente d’ôter les inhibitions. Et dans une société qui se laisse aller, les jeunes deviennent violents, et c’est ce qui se passe.

    Tant que les réunionnais seront dans cette logique de déresponsabilisation, ces épisodes violents se succéderont comme les éruptions volcaniques de la Fournaise, même si des mesures sont prises pour calmer le jeu.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 14:42

      @Gilles Mérivac

      Globalement, le tableau que vous présentez semble correct. Il s’agit bien d’une population et d’une région sous perfusion en raison d’un chomage très important. Mais il y a des nuances à introduire qui concernent le niveau psychologique.
      La jeunesse ne devient pas violente à cause du laisser-aller général mais à cause du laissez-faire de la part des autorités.
      Je vous invite à lire un précédent article qui apporte des précisions sous ce rapport : https://www.zinfos974.com/Que-fait-la-police_a133919.html


    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 22 novembre 2018 14:54

      @Luc-Laurent Salvador
      Vous inversez les causes et les effets. Je vous rappelle que la nuit dernière, lors du couvre-feu, 18 policiers ou gendarmes ont été blessés, certains gravement.
      Il n’y a donc pas de laisser-aller de la part des autorités, mais dans beaucoup de cas, elles ne peuvent agir parce qu’elles sont débordées.

      Pourquoi voulez vous mettre en danger la vie de personnes qui ont aussi une famille, alors que le rapport de forces leur est défavorable ? Si des violences éclatent dans de multiples endroits, les forces de l’ordre sont dépassées. Il est trop facile de tout leur mettre sur le dos, je maintiens que la responsabilité première en revient aux familles et à la société.


    • cyberteam13 22 novembre 2018 15:30

      @Luc-Laurent Salvador
      Je lis depuis le début tous les commentaires de ceux qui veulent justifier ou expliquer ce mouvement , car c’est un mouvement.
      Mais tous et toutes en tirez des conclusions super bien cousues qu’est le dialogue , super mais il est un point que vous oubliez tous !!!!
      Le peuple français qu’il soit metro ou insulaire en a raz le bol des miettes (fausses) qui leur sont jetées a coté de ce qu’il voit , on vous donne (peu) à vous et a coté tout augmente , tout mais venez on va vous expliquer pourquoi !!!
      Le plus grave est le foutage de gueule qui n’est même plus caché on récupère le fruit des taxes que vous payez non pas pour l’éducation ou les hôpitaux (ce dont vous avez besoin) mais pour le budget général, nos ministres et députés et sénateurs et j’en passe tout le gratin d’en haut touchent des salaires écœurant avec des avantages ahurissant certains ne paieront pas la CSG.
      D’un autre coté certains ce distribuent des 3700 euros de cagnotte par mois hors fisc, plus loin un pauvre PDG gagnant que 16 million d’euros se permet de frauder le fisc ????
      Et Il n’y a pas que sa car c’est un ras le bol sur tous les maux mais le deux poids deux mesure est arrivé a sa date buttoire , et quand j’entend un ministre de l’intérieur pointer la menace terroriste excusez moi mais connaissant son pédigré ...... il se permet même de menacer a mot couvert un député (Lassale) des gents comme sa n’ont pas l’étoffe ni l’intégrités nécessaire pour représenter quoique se soit en France.
      Aller donc parler a vos émissaires mais tant que la ploutocratie régnera en haute sphère la cocotte sifflera toujours plus fort.
      La liste est longue , sans vouloir politiser la cause , elle s’agrandie depuis quelques générations faudrait peut être changer nos vieux sages dépassés ( ou dépensiers) et envoyer ceux qui en on l’age a la retraite arrêter de payer des vieux cumulards l’argent il y en a pour tous il suffit de le partager équitablement .......


    • Lucadeparis Lucadeparis 22 novembre 2018 16:17

      @Gilles Mérivac
      Il faudrait expliquer que La Réunion est une enclave douanière, avec une difficulté à commercer avec autre chose que le reste de la France.
      Et même avec le reste de la France, c’est complexe.
      Autant en métropole, je pouvais facilement commander et recevoir du matériel de partout sur la planète, autant un produit commandé de métropole était taxé et restait en douane un mois.
      Alors, la continuité territoriale n’est pas pleinement réalisée.
      Nombre assureurs ou opérateurs n’existaient pas là-bas.
      Il y a aussi une augmentation des prix à cause du surpaiement des fonctionnaires (comme en Afrique avec le surpaiement des humanitaires).


    • leypanou 22 novembre 2018 16:50

      @cyberteam13
      Le plus grave est le foutage de gueule qui n’est même plus caché 

       : de la part d’un multi-pseudo, c’est gonflé.


    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 22 novembre 2018 17:08

      @Lucadeparis
      Votre explication est trop simpliste, les taxes sur les produits importés cela s’appelle l’octroi de mer, et sert à financer énormément d’infrastructures et une partie est reversée aux communes qui peuvent ainsi aider socialement ceux qui en ont besoin, c’est donc loin d’être inutile.

      Mais cela participe à la cherté de la vie que vous attribuez généreusement à la surrémunération des fonctionnaires. Je peux vous affirmer que même si elle n’existait pas, le coût de la vie serait exactement le même, car les producteurs locaux alignent leurs prix sur ceux des produits d’importation. C’est le manque réel de concurrence et la taille de l’île qui en sont les causes principales.

      D’autre part, la conséquence de l’égalité avec les départements métropolitains fait que les produits réunionnais ne sont pas concurrentiels dans l’océan indien car il n’y a pas de région riche dans cette zone. Le seul commerce possible est donc avec l’Europe et il reste marginal.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 17:22

      @Gilles Mérivac

      Non désolé, je ne sais pas si vous pouvez écouter Radio Freedom mais il est très clair qu’il y a eu un déficit de présence policière dès le début et ce n’est pas parce qu’une intervention a mal tourné et qu’il y a eu des blessés chez les forces de l’ordre qu’on doit en conclure qu’ils sont soit débordés soit en danger.

      Je pense qu’on peut assez clairement parler d’un attentisme de la part des autorités qui n’ont pas mesuré le coût social et économique d’une telle posture.
      C’est toujours facile à dire après coup mais il faillait tout de suite, très tôt encadrer, réguler voire sanctionner les gilets jaunes afin qu’ils ne transgressent aucunement la loi. On aurait juste eu des ralentissements (tolérables) et AUCUN blocage. Nou avons eu tout l’inverse. Le modèle offert d’une transgression systématique et impunie de la loi a permis de lever toutes les inhibitions chez les jeunes (d’autant plus facilement que l’alcool pouvait y aider, c’est clair). Les « cagoules noirs » sont nées de cet attentisme.

      Dans un tel contexte, tout cagoulard aurait dû être interpellé. Les auditeurs de Radio Freedom n’ont cessé de constater avec étonnement l’absence de toute intervention policière alors qu’ils disposaient de l’information.

      Et quand ils sont intervenus, il semble que cela ait été fait surtout pour disperser, pas pour arrêter. 
      Bref, la réponse des autorités me paraît avoir été sous-dimensionnée et il est clair ici que je ne mets pas du tout en cause les forces de l’ordre elles-mêmes du fait que, j’y insiste, elles ne font qu’obéir aux consignes des « décideurs » qui sont, eux, les véritables responsables.

      Je ne sais à peu près rien de lui, mais je me dis que le préfet ne va pas faire long feu à la Réunion après un tel raté.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 17:44

      @cyberteam13

      Vous avez dit « ploutocratie » ? Alors nous sommes complètement d’accord. La ploutocratie, la mise en esclavage des peuples par la dette, voilà le problème. Réglons-le et nous aurons la paix. La question est toujours de savoir par où on commence. Vous avez une piste avec Chouard ou ici :
      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/manifeste-de-decidemos-pour-une-209265


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 18:06

      @Gilles Mérivac

      Je suis d’accord avec votre réponse donnée à Lucadeparis concernant la situation économique de l’île. Il y a un abus des producteurs locaux qui n’a d’égal que celui des importateurs. Encore une fois, que fait la police ? smiley


    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 22 novembre 2018 18:13

      @Lucadeparis
      J’ai écouté Freedom et ce que vous dites est vrai, les forces de l’ordre sont intervenues trop tardivement. Mais vu l’ampleur du mouvement, je ne crois pas du tout qu’ils auraient pu empêcher les débordements.

      Chaque événement majeur, climatique ou social, est d’ailleurs l’occasion de tels débordements, comme le pillage des magasins. La plupart prennent les devants en fermant boutique.


    • cyberteam13 22 novembre 2018 19:35

      @Luc-Laurent Salvador
      La première chose a faire est lors des élections de prendre en compte les bulletins blancs ; si majoritaire on renouvelle les candidats car aucun ne satisfait le PEUPLE/
      La deuxième chose on respecte le fait que si le candidat a eu un problème de justice avéré on le retire.
      la dernière on arrête de mêler ou plutôt de donner des cota d’audience tv selon la cote de popularité même chance a tous les candidats .
      et surtout on fait une vraie surveillance des compte de campagne , aucun donateur externe seul les dons de la population pour son candidat.
      et pour répondre sur mon pseudo anonyme je suis père de famille avec 4 enfants qui a vécu a la Réunion et baigné dans la Réunion authentique pas celle dorée mais la Réunion longtemps aujourd’hui je suis a la tete de cette belle famille et ce n’est pas rose tous les jours même en métropole surtout avec 2 enfants adultes qui galèrent pour trouver du boulot et deux enfants a qui il faut faire croire que de persévérer dans les études mène a un bon boulot !!!!


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 05:06

      @cyberteam13

      Je vote pour vos mesures, ça me va très bien et même si ça ne règle pas tout ça serait déjà un réel progrès.
      Je ne sais pour quelles raisons vous avez quitté la Réunion, j’espère qu’elles sont bonnes car je pense que ça doit être un crève-coeur de quitter ce beau pays. Moi je vis dans la Réunion traditionnelle (subventionnée par l’Europe quand même smiley) et je m’y sens beaucoup mieux qu’en métropole. On est plus proche du paradis ici. C’est ma Californie à moi smiley


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 06:17

      @Gilles Mérivac

      « Mais vu l’ampleur du mouvement, je ne crois pas du tout qu’ils auraient pu empêcher les débordements. »

      Là est l’erreur. Vous prenez pour une cause ce qui n’est qu’un effet. S’ils étaient intervenus immédiatement dès la première infraction d’entrave à la circulation, tous les gilets jaunes se seraient tenus à carreau, il n’y aurait eu au pire que des ralentissements (pas de blocage) et aucune cagoule noire ne serait apparue.

      Mais il fallait vraiment une réaction immédiate. Avec les téléphones et réseaux sociaux l’effet aurait été immédiat sur l’ensemble du territoire réunionnais.

      Bref il ne fallait pas lâcher la bride et sinon il ne faut pas s’étonner que ça s’emballe...
      Ma conclusion reste qu’il y a eu erreur d’appréciation des risques. Il y en avait beaucoup moins à intervenir qu’à laisser courir.


  • Gasty Gasty 22 novembre 2018 15:46

    Il y a un peu partout des zones de non droit qui finissent par se créer, sociétés en marges qui abritent le terrorisme et le banditisme que l’état ne semble pas vouloir éradiquer mais seulement contrôler et manipuler. Il est heureux de voir ( si je puis dire) qu’à la réunion ils ne sont pas encore dans une structure de grand banditisme. Assistons-nous dans cette région à un apprentissage du côté obscur plutôt que de l’apprentissage à la constestation...c’est possible. Avant que cela ne dégenere complètement un peu partout, un gouvernement responsable devrait à ce niveau de mécontentement présenter sa démission avant de ne plus rien contrôler du tout.


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 novembre 2018 15:54

    Merci, vos articles sont toujours bien venus. Car à toutes les fadaises et faux espoirs je préfère encore ceux qui gardent la tête au dessus de la foule aveugle et voit l’horizon, même s’il est noir, notre vision n’est pas atteinte ....c’était prévisible. PLUS DE ZUYDERZEE Freud : barrage contre la psychose,..... 


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 17:34

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Merci pour le compliment. Oui, c’est vrai, la vision, la lucidité, c’est très important pour moi. Même si l’horizon est sombre, brumeux, je veux en dégager les lignes. Mais c’est un sacré exercice de garder l’esprit clair et de ne pas verser dans la parano tout en regardant la réalité en face. J’ai peur qu’il faille constamment assécher la zuyderzee smiley


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 novembre 2018 16:40

    Ce n’est pas Moïse cassant les Tables de la Loi parce que le peuple adule le Veau d’Or. Non, c’est le veau qui fait une grosse chiasse. La colère qui vient du haut est salutaire. Jamais celle qui vient du bas.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 17:39

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Je ne sais pas ce qu’est la colère qui vient du haut mais c’est clair que la colère qui vient du bas connaît généralement une issue violente. Donc tout ça ne présage rien de bon sauf si un grand esprit de sagesse et de conciliation vient à inspirer nos autorités.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 novembre 2018 19:42

      @Luc-Laurent Salvador

      La colère qui vient du bas est celle de ceux qui râlent de ne plus pouvoir participer à la société que voulaient Reagan et Thatcher. Le fric et rejet de la culture. La classe moyenne,.....HOMO OECONOMICUS. Cette société que peu de personnes ont remise en question avec ses valeurs pourries : traders, viagra, pavillons en banlieue. Si vous avez vu le film ; AMERICAN BEAUTY. Une société du fric et de l’apparence. Volià ce que j’entends par colère du bas. Bien sûr, Dès 1985, je savais et n’étant pourtant pas riche, j’ai construit ma vie en fonction,...Autrement dit, ces personnes crachent sur ce que par ailleurs ils ont adulé. N’étant plus du bon côté du système,....


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 05:10

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Je pardonne à ceux-là car ils ne savent pas ce qu’ils font. Par contre je me dis que dans la France d’en haut beaucoup savent ce qu’ils font...


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 23 novembre 2018 09:41

      @Luc-Laurent Salvador

      J’avais lu en 1987 un excellent polar d’Herbert Lieberman que nous pourrions mettre en rapport avec l’affaire Nissan. Trois heures du matin à New-YORK. Extrait :

      On connaît le jeu du Kriegspiel, jeu de la stratégie qui prend pour prétexte la reconstitution d’une bataille célèbre. Certains esprits solitaires et ambitieux s’y livrent avec délectation. C’est le cas de Charles Daughtry, chef du service des changes de la New York Confederated Trust Bank. Un coup de téléphone qui le réveille à 3 heures du matin, provenant du milliardaire Sujimoto qui tire les ficelles de l’ensemble bancaire multinational, va déclencher et l’action — comment Daughtry va faire face à l’énorme escroquerie montée par Sujimoto et la guerre — l’affrontement féroce entre Daughtry et le Japonais réfugié dans sa forteresse du Liechtenstein. Avec un double enjeu : la folie (celle de Sujimoto, mégalomane dangereux, celle de son fils aussi, Kajumi, fou assassin) et l’amour (celui de Daughtry pour Mariko, la fille de Sujimoto).
      Le ressort dramatique, foisonnant de rebondissements, à l’égal des précédents livres de Lieberman, Nécropolis et la Traque, est celui du conte éternel : pour mériter la Femme qu’il aime, le Héros doit affronter le Dragon (le père) dans son château inviolable. Le château, ici, c’est évidemment la Banque, milieu sur lequel Lieberman a enquêté pendant plusieurs années, comme il l’avait fait auprès de la morgue centrale de Manhattan pour Nécropolis, comme il l’avait fait aussi en étudiant les réseaux nazis en Amérique du Sud pour la Traque.


  • zygzornifle zygzornifle 22 novembre 2018 16:59

    Macron est Français et il nuit bien a tous les Français .....


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 novembre 2018 17:37

      @zygzornifle

      Oui, très bien vu. Mais il ne sait pas encore. Il va devoir attendre les prochaines élections pour faire une prise de conscience...


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 22 novembre 2018 20:05

    Gilets jaunes acide contre or jaune. 


  • seken 22 novembre 2018 20:43

    Ca, tu le dis en posant 4 cartouche de fusil sur la table comme alternative.

    Ou tu nous conseille de nous faire a l’idée de toucher 1/80éme de notre part ?


  • gaijin gaijin 23 novembre 2018 09:24

    " Nos « racailles » ne sont jamais que des marmailles qui réclament notre attention.

    « 

    n’oublions pas que souvent dans ce genre de cas pas mal de racailles sont en fait des casseurs aux ordres ( voire même directement issu des forces de police ) pour pourrir les mouvements ...( ça avait même été dénoncé par certains syndicat de policiers qui s’étaient agacés de voir » un peu trop de leurs collègues " dans les rangs des casseurs .....)


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 09:43

      @gaijin

      Je ne doute pas que dans maintes situations cela ait été le cas, le pouvoir est assez pervers pour cela. Néanmoins, à la Réunion, ce n’est pas le cas, pour la bonne raison que la plupart des casseurs sont des mineurs.


    • gaijin gaijin 23 novembre 2018 10:34

      @Luc-Laurent Salvador
      ok


    • cyberteam13 23 novembre 2018 15:03

      @Luc-Laurent Salvador
      A prendre avec des pincettes car si vous écoutez nos anciens a la réunion et si vous sortez des balisages a touriste, on peu voir une jeunesse issue soit des comores ou autre ( j’ai pris en exemple) qui sont arrivé a la réunion pour vivre du vol et des trafics style Zamal ect.....
      En 30 ans la Réunion à tellement changée aujourd’hui on s’accroche au prix de la bouteille de gaz puis Colère car Macron a fait supprimer les aides diverses (prime de noel) a laquelle ils s’étaient habitués , zot y conais l’argent braguette ? Le seul endroit ou j’ai vu autant de fille mere !!! 
      Je suis parti de la Réunion car comme beaucoup de Réunionnais diplômés soit tu te contente de petit boulots sous rémunérés soit tu fais la queue a la CAF pour pleurer toutes les fins de mois !!
      Anecdote très réelle a la REUNION sur 97 maire de communes combien sont ils propre ? ......... Aucun et tout parti confondu partant de la comment espérer une quiétude dans le temps ???
      On multipli les contrôles routier, les radars on multiplie les contrôles fiscaux ect ..... et les gents de l’état ceux qui récupèrent les recettes issue de nos impôts ou taxes qu’elle est l’autorité intègre qui les contrôle  ??? Comment se fait il qu’a tour de rôle sortent des affaires de détournement de blanchissement etc ....et que vite elles sont étouffées ???? Un individu lambda détourne de l’argent au fisc il fini en prison et ces messieurs eux ont des parachutes dorés ou sont recasés et sa c’est le deux poids deux mesure.
      Pour en finir avec notre débat sur ce qui se passe aujourd’hui , on pourrait chercher pourquoi sa ! pourquoi maintenant et surtout comment l’arreter ??
      ben il y a eu une goute qui a fait déborder un gros vase qui a mis longtemps a se remplir et tant qu’il ne se sera pas vidé sa débordera il y a tant de chose a coriger qui ont été faite contre le peuple contre la France que ce mouvement risque de durer longtemps et ce n’est pas notre ado de président qui éteindra cette flamme jaune qui brille au porte de Paris surtout pas en y oposant quelques forces de l’ordre qu’il soit car pacifiquement en avance vers lui et pacifiquement elle lui reprendra sa cocarde de président.
      Si sa dérive se sera due a des éléments extérieur mais le but sera atteint !


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 novembre 2018 15:23

      @cyberteam13

      J’habite dans l’Est, je vois bien ce que vous décrivez. Je suis d’accord. Le tableau peut, en effet, être vu comme terriblement sombre par certains aspects.
      L’avenir immédiat me paraît très inquiétant car je pense que nos technocrasses n’ont peut-être plus les compétences pour gérer ce genre de situation et il est encore plus probable qu’ils n’aient plus les moyens.
      D’autant qu’ils sont eux aussi complètement sous l’emprise du « pas de vague » qui n’a jamais cessé de prévaloir dans l’administration.
      Le pire est que même s’ils avaient les moyens, on peut imaginer qu’ils pourraient ne pas les employer adéquatement de peur qu’on leur dise : « que ne l’avez-vous fait plus tôt ?! »
      Le monde est ubuesque, tout est sans dessus dessous et c’est pourquoi je me dis qu’un élan de folle sagesse pourrait intervenir et faire que tout le monde se retrouverait à la table d’une discussion démocratique, genre Etats généraux avec possibilité de remise à plat du système.
      Il suffit de porter le métal rigide à bonne température pour le rendre malléable. Pour le système, il en va de même.
      On pourrait dire que les « giles jaunes » ont la « flamme. » Il y a donc autant d’espoir que ça parte en vrille ou que ce soit, au contraire, porteur de réels changements.
      C’est précisément ça une situation de crise. Le pire mais aussi le meilleur peuvent advenir.
      A voir donc tout ce que cela va donner.


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