vendredi 7 novembre 2025 - par Hamed

Principe de causalité entre les accords de Doha de 2020, les accords d’Abraham et les guerres en Ukraine et à Gaza. Cessez-le-feu à Gaza ?

   Le 20 janvier 2025, Donald Trump a reçu l’investiture à la présidence des États-Unis d’Amérique afin de diriger pour la seconde fois le pays qui compte beaucoup pour le monde. Il a promis de mettre fin aux guerres en cours et de ramener la paix. Mais les conflits ne se sont pas arrêtées ; en Ukraine le conflit dure depuis plus de trois ans et demi, et très peu d’espoir qu’il se termine par une fin de guerre négociée à la lumière des rapports de forces et surtout un retour à la raison dans le sens que rien ne sert de perdurer une guerre qui n’a plus de sens tant est visible que l’Occident n’a plus de cartes pour retourner le conflit à son avantage.

Poursuivre la guerre c’est simplement ne pas prendre en compte les souffrances des deux peuples et prolonger une guerre que parce que l’on ne veut pas la perdre alors que tout se ligue pour qu’elle soit perdue pour l’Occident.

Même la guerre à Gaza ne s’est terminée par un cessez-le-feu que parce que les forces étaient contraires à la poursuite de la guerre menée par Israël contre le Hamas. Se rappeler ce qui s’est passé en septembre 2025, des événements historiques qui relèvent du principe de causalité et qui seront développés dans cette analyse.

Le monde reste de plus en plus chaotique, surtout avec le nouveau président qui a subi deux tentatives d’assassinat alors qu’il était seulement candidat. Pourtant le nouveau leadership portait des espoirs et des rêves des millions de personnes, aux États-Unis, qui ont voté pour lui, mais aussi aux millions de personnes dans le reste du monde qui voyaient en lui l’homme porteur d’espoir qui allait mettre fin aux guerres, comme il l’avait promis dans son discours d’investiture de prise de fonction.

Au vu des résultats, bien que beaucoup en ont conclu que M. Trump avait reçu carte blanche pour agir, les contours de son mandat, après dix mois d’exercice sont plus qu’incertains. Quant à l’économie, malgré les déclarations vantant les indicateurs économiques positifs, iles Américains constatent que ces derniers ne remplissent pas leur compte bancaire et ne leur permettent pas de payer des factures de plus en plus élevées.

Les Américains ne seront pas les seuls à observer le déroulement des événements. L’impact du changement de gouvernement aux États-Unis ne se limitera pas à la vie de ses propres citoyens. Ce pays est encore la première puissance mondiale, bien que l’écart se resserre avec les autres puissances. Après la Deuxième Guerre mondiale, la puissance et l’autorité de cette nation ont permis de favoriser la paix et la prospérité mondiales à des niveaux jamais atteints dans l’histoire de l’humanité, même si cette paix est parfois davantage un faux-semblant qu’une réalité.

Que les États-Unis soient ou non la nation indispensable d’autrefois, ils détiennent toujours une puissance, une richesse et une influence sur les affaires mondiales qu’aucune autre nation ne peut égaler. Si l’Amérique s’enrhume, le reste du monde éternue. Les changements aux États-Unis sont synonymes de changements pour le reste du monde.

Et c’est là le problème majeur pour les États-Unis. Malgré toutes les attentes des Américains pour leur nouveau gouvernement, comme pour leur gouvernement et les problèmes qu’il rencontre dans le monde, que peuvent les États-Unis face aux transformations en cours dans le rapport des puissances ? Des transformations géopolitiques et géostratégiques pour les États-Unis comme pour les autres nations du monde sont en marche ?

Tout d’abord la guerre en Ukraine. La réponse variera en fonction des dirigeants et des pays. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky demande toujours de l’argent et le soutien militaire américains qui continuent d’affluer, ce qui lui permet de continuer la guerre ; il ne veut pas céder les territoires ukrainiens annexés par la Russie ; même s’il n’a pas de cartes pour renverser le rapport des forces comme le lui a reproché le président Donald Trump au cours d’un entretien, à Washington, la position du président ukrainien reste inchangée.

Quant à son adversaire, le président russe Vladimir Poutine, il a espéré à trouver un président américain plus favorable aux intérêts de la Russie, soutenant une résolution du conflit plus en rapport à la realpolitik compte tenu du choix des populations russophones, par référendums, d’être rattaché à la mère-patrie, la Russie.

Au Moyen-Orient, beaucoup placent leurs espoirs dans la propension aux « grands accords » de M. Trump. Bien qu’il ait irrité de nombreuses personnes dans le monde arabe avec le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, les accords d’Abraham signés pendant son premier mandat (impliquant Israël, Bahreïn, le Maroc, le Soudan et les Émirats arabes unis) ont constitué les traités de paix les plus substantiels dans la région depuis la création d’Israël en 1948.

Cependant, nous ne pouvons ignorer le principe de causalité qui a dicté ces évènements dont en premier la première conséquence, les « accords d’Abraham ». La causalité par principe en histoire établit que les événements historiques sont liés les uns aux autres par des relations de cause à effet, permettant de comprendre un événement en remontant à ses causes et d'analyser ses conséquences. Et le principe causal permet d'aller au-delà de la simple description pour expliquer le « pourquoi » des événements.

Sur le principe de causalité, il est nécessaire de distinguer entre les causes immédiates (ou directes) et les causes profondes (ou à long terme), tout comme les conséquences immédiates et à long terme, qui sont souvent des conséquences de l'enchaînement des événements. 

Précisément l'« accord de Doha », signé le 29 février 2020, par l'administration Trump a rendu la fin de la présence militaire américaine inéluctable ; l’objectif de l'accord visait à mettre fin à la guerre en Afghanistan, le président Trump s'engageant à retirer toutes les troupes dans un délai de 14 mois.

Cette situation qui met fin à 20 ans d'intervention américaine en Afghanistan a constitué en fait un échec majeur sur le plan politique et militaire pour les États-Unis ; l’establishment américain a compris les défis de la guerre asymétrique : Les États-Unis ne pouvaient gagner la guerre asymétrique contre les talibans, qui se cachaient dans des zones rurales et qui ont pour eux, dans leur combat, le facteur temps et leur résistance à l’occupation qui reste constante, inébranlable.

Et c’est ce qui a amené l’administration Trump a anticipé les événements pour prévenir les conséquences de cette fin de guerre en Afghanistan sur le Moyen-Orient en mettant à exécution cette idée, appelée les « accords d’Abraham ». Ce qui nous fait dire que ces accords d’Abraham trouvent leur cause dans les accords de Doha de 2020 ; ils en sont les conséquences immédiates.

En effet, si, par exemple, la guerre en Afghanistan avait continué, les accords de Doha en 2020 n’ayant pas lieu, il en serait de même pour les accords d’Abraham. Ces accords n’auraient pas eu de pertinence, ni d’objectif.

Le but évident par anticipation, après le retrait des forces américaines d’Afghanistan, était de protéger le Moyen-Orient des conséquences de la victoire des Talibans sur les États-Unis, des conséquences qui auraient visé l’Asie centrale qui englobe le Moyen-Orient. Et cette région par ses gisements pétroliers les plus grands du monde est sous l’emprise américaine ; malgré un nombre important de bases militaires, la crainte de la déstabilisation du Moyen-Orient était retenue comme réelle, possible.

Les accords d’Abraham signés le 15 septembre 2020 seront suivis du désastre que l’armée américaine a vécu, lors de son retrait de Kaboul, la capitale afghane, en août 2021. Les conséquences profondes dues à cet événement majeur, le « désastre américain à Kaboul » qui s’enchaînait aux deux événements précédents ont « en premier » été l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022.

Le problème que les États-Unis n’ont pas pris en compte est que les « accords d’Abraham » relevaient aussi du principe de causalité dans l’histoire. S’ils ont permis de normaliser les relations entre Israël et quatre pays arabes (Bahreïn, Maroc, Soudan et Émirats arabes unis), il demeure que les États-Unis n’ont visé que leurs intérêts propres et ceux de leur allié, Israël. Ils ont voulu assurer la stabilité et la sécurité de la région proche et moyen-orientale au détriment des peuples arabes de la région en conflit avec Israël, en particulier le peuple palestinien.

Et de nouveau, une même récurrence des événements historiques, le 7 octobre 2023, le Hamas lance l’« opération Déluge d’Al-Aqsa » contre Israël ; cette opération rebat les cartes de l’ordre établi dans la région ; un processus qui n’est encore qu’à ses débuts, donc d’autres événements causaux attendus viendront remettre en question les fondements même de la situation régionale.

Bien que le cessez-le-feu du 10 octobre 2025 à Gaza est déjà une pierre dans l’édifice de l’histoire, il demeure que lui aussi relève du « principe de causalité ». Comment le comprendre ?

L’« événement causal » central qui a joué dans la décision du président Trump d’imposer un cessez-le-feu à Gaza vient de la situation de catastrophe humanitaire à Gaza qui a révulsé le monde. En effet, le monde entier était conscient qu'Israël menait des crimes de guerre, d'épuration ethnique, de génocide qui a été dénoncé mondialement.

D'où va venir l'événement causal qui mettra fin à cette situation inhumaine, situation qui fait honte aux grandes puissances, aux dirigeants du monde qui assistent sans réagir parce que les États-Unis opposent leur veto à chaque projet de résolution pour mettre fin à la guerre à Gaza. Le dernier, le 18 septembre 2025, au Conseil de sécurité de l'ONU.

« Les États-Unis ont une nouvelle fois bloqué, jeudi 18 septembre, l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'un texte réclamant un cessez-le-feu et l'accès humanitaire à Gaza, provoquant la colère d'États membres qui ne veulent pas renoncer à peser sur ce dossier malgré les vetos américains répétés. » (France 24)

Le même processus de cause à effet s’opère ; il viendra des dirigeants des pays d'Europe à influer par leur poids sur la guerre génocidaire que mène Israël contre le peuple palestinien de Gaza. Et c'est ce qui s'est opéré trois jours après la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU du 18 septembre et « le blocage du texte réclamant un cessez-le-feu et l'accès humanitaire à Gaza »

Le 21 septembre 2025, les gouvernements canadien, australien, portugais et britannique ont annoncé reconnaître officiellement l'État palestinien. Ces chefs de gouvernement affirment vouloir relancer la solution à deux États, menacée par les opérations de l'armée israélienne à Gaza.



Le 22 septembre 2022, c'est le tour de sept pays européens de reconnaître l'État de Palestine. Ces sept pays européens sont : la France, la Belgique, le Luxembourg, Malte, Andorre, Monaco et Saint-Marin.

Et parmi ces pays d'Europe, trois font partie du G7 : France, Royaume-Uni et Canada. Les conséquences sont immédiates ; une semaine après, le 29 septembre 2025, le président américain Donald Trump dévoile son plan de cessez-le-feu à Gaza en 20 points. Que peut-on dire de l'action du président américain Donald Trump par rapport à ce qu'il affirmait sur la guerre à Gaza, accordant son soutien total à Israël ? Et « bloquant une nouvelle fois, le 18 septembre, l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'un texte réclamant un cessez-le-feu et l'accès humanitaire à Gaza. »

La seule réponse vient de l’événement causal qui a amené Trump à opérer un virage à 180° ; ce sont « les reconnaissances de l'État palestinien par plusieurs pays d’Europe et le Canada ». Une situation qui a amené le président américain Donald Trump et son allié Israël « totalement isolé » sur la scène politique internationale. Et le plus grave, « il s'est trouvé isolé avec Israël dans son propre camp. »

On comprend la nécessité pour Trump de réagir en urgence. La seule riposte pour lui pour continuer de s'imposer sur le conflit, en tant que président de la première puissance du monde, c’est d’imposer un cessez-le-feu à Gaza ; et c’est ce qui explique le plan de cessez-le-feu en 20 points à Gaza. L’essentiel pour Trump était d’imposer ce plan à Israël qui refusait de mettre fin à la guerre tant que le Hamas ne rend pas les armes.

On comprend dès lors les événements qui ont suivi après le cessez-le-feu ; Trump s’est engagé personnellement à le garantir du fait de la défection d’une grande partie des nations européennes et canadienne ; c’était le seul moyen pour Trump de sortir de l’isolement international.

Aussi peut-on dire que ce sont des événements causaux qui « surviennent » et sont « inattendus » qui donnent une nouvelle trajectoire de l’histoire. Les puissances comme leurs nations alliées, dans leurs plans de domination, ne sont pas maîtres de la marche de l’histoire. Et cela montre le processus complexe de l’histoire qui est façonné par de multiples forces qui interagissent entre elles, et aucune nation même dominante, ne peut contrôler l’ensemble des interactions.

Cependant, dans le processus causal de la marche de l’histoire, en particulier des conflits et guerres qui opposent puissances et nations alliées contre des peuples, un facteur essentiel prédomine, celui de la résistance innée des peuples pour se libérer d’une domination extérieure, qui est inscrite dans l’essence même de la nature humaine des peuples ; tout peuple aspire à être un peuple libre, un peuple souverain de son destin à l’instar des autres peuples du monde.

Et c’est ce que ne comprennent pas les puissances obsédées par leurs plans de domination oubliant que la roue de l’histoire tourne ; qu’elle n’est jamais fixe. Les peuples ne peuvent être indéfiniment dominés ; sinon l’humanité se déshumanise, et perdrait son sens humain.

 

Medjdoub Hamed
Chercheur

 




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