mercredi 30 janvier - par Le Vautre Oméga

Qu’est-ce que le mythe ?

Les irrationalités nervurent vos existences. Saviez-vous qu'on ne peut s'y soustraire sans dommage ? Et à quoi bon ? Seriez-vous prêts à soutenir un tel effort, qui n'a (probablement) pas de fin ? Je veux vous aider en donnant la direction, après quoi vous aurez à prendre votre croix et à privilégier le développement de la vie intérieure. Car c'est une chose d'être instropectif, une autre de bien construire son Cosmos psychique. Bref : il s'agira ici de commencer la critique des critiques, première étape sur le sacré chemin de la Conscience.

Qu'est-ce que le mythe sinon un discours qui vous soutient ?

Enfin, on croirait l'information perdue. Mais de toute évidence on voit se structurer, de-ci de-là, de nouveaux mythes fragmentaires et fragmentairement exprimés par voie individuelle qu'on appelle assurément le discours...

Et le discours, qu'est-ce en effet sinon votre mythe personnel ou d'une clique parfois bagarreuse ?

Le plus drôle néanmoins quant au phénomène reste l'idée selon laquelle le détachement, d'une part, entre le discours et le mythe, et de l'autre, l'apparition de la critique du mythe comme discours violent sont des mouvements de l'esprit humain connaturels (fût-ce quelque peu) au sens de notre développement évolutif.

Or j'ai à dire que nous touchons là à un nouveau mythe qui se coupe l'herbe sous le pied. 

Pendant longtemps j'ai combattu avec verve le scepticisme parce que, pour diverses raisons, je le trouvais profondément insuffisant et inadéquat aux données de l'expérience de la vie intérieure. Aussi pensé-je l'inverse maintenant tout comme pensé-je, par conséquent, que les dires des sceptiques contemporains sont autant d'idioties. Force bêtises que j'ai donc écartées. Car le scepticisme atteste un nouveau développement, une nouvelle Révélation (c'est-à-dire Théophanie) jaillie dans l'esprit des hommes. C'est à savoir qu'on ne saurait évidemment émettre une critique d'une chose dont on ne sait rien, et que savoir critiquer quelque chose qu'on ne maîtrise pas, c'est au moins maîtriser la critique d'un tel objet serait-ce dans la forme seule. 

Voyez vous-mêmes : pour lors que vous dénoncez les conditions sociales de la femme ou de l'ouvrier, vous érigez (sans réflexion peut-être) ces conditions-là quelquefois misérables comme un Problème – voire comme le Problème κατ' εξοχήν... 

Mais pour qui vous prenez-vous ?

De quel droit décrétez-vous ceci ou cela ?

Vous vous prenez pour Galilée et faites d'un problème quelconque une vérité psychologique (puisque les faits mêmes matériels sont d'abord des vérités psychologiques).

Autrement dit : en décrétant le Problème féminin ou ouvrier, vous insérez dans le réel quelque chose d'auparavant inexistant (ma position n'étant pas, à la réflexion, idéaliste, puisque les faits psychologiques sont aussi vrais que les faits réels – parlons plutôt d'interdépendance). 

Le Problème n'existe que du moment que vous vous permettez son décret d'advenue à l'existence. 

On se crée de manière générale ses propres problèmes. 

Il est appert donc que le Problème du mythe fut conçu par les hommes de façon presque incongrue. Au fond, on pourrait également déclarer que le surnaturel joue son rôle puisque la réalité, qui dévoile, qui révèle, qui fait son Apocalypse, c'est-à-dire sa Révélation, tombe dans le domaine de la Théophanie. À partir de quoi peut-on également inférer le caractère positif du scepticisme, dont l'origine tient à une remuement intérieur moyennant l'Esprit et la Matière...

Et serait-il possible pendant l'espace d'un éclair de croire au déterminisme ? Rien n'est prévisible, et le sentiment de la liberté résiste coûte que coûte. Les assauts du positivisme n'ont su détruire ce solide sentiment intérieur, et la contrition (laquelle nous semble si nécessaire) faisant de toute vérité « agréable » une vérité fausse relève de l'article de foi. D'ailleurs, le lecteur avisé aura aussitôt reconnu ici la preuve volontairement placée de mon propos, comprendre : que la surcritique, critique des critiques, y compris de l'agréabilité intellectuelle par les scientistes, est le symptôme du diagnostic universel de la Violence contenue dans le Discours. Discours = Violence. Artificiellement on l'a su. Ne mentez pas à vous-mêmes. C'est le premier conseil. Soyez vigilants ; voilà mon second. En vérité, je dis que le discours est plein de pièges, comme on ignore à quel point il s'étend au-delà de la petite sphère des écoles et du cadre étatique... D'où vient que je pense toujours à prolonger les interrogations, en sus des primordiales, afin que les canons de la philosophie marmitent vos obstinées têtes oublieuses. Puis méfiez-vous des beaux parleurs et des parleurs beaux.

Le goût de Paradoxe est un art.

Un art aussi est la résistance phénoménale qu'on oppose aux constats les plus pointus.

On dit que c'est vain, vide, creux. Vain car vide, vide car creux. Creux car vide et vain. Or on ne sait pas que les mots sont des expériences et qu'au travers d'eux, à tout prendre lors même que les conditions de l'expérience sont irréalisables, on stimule l'esprit par des pétillements internes dans le crâne du lecteur. À savoir que si l'avancée s'amorce théophaniquement, je ne puis omettre de créer en vous (si j'ai à cœur d'être un bon scientifique) de quoi « tester » l'expérience nouvellement connue. 

Mais quoi de nouveau hormis la Surcritique ci-avant mentionnée ?

J'instille, en somme, ne sachant prêcher ni forcer. 

De quoi notre dégoût tient-il ? Je pense à la dichotomie des forces internes, je veux dire de l'opposition très fondamentale des pôles élémentaires que sont la Volonté de puissance et l'Amour. C'est-à-dire que la Surcritique, dont dépend le Nouveau Mythe, est un défi à relever.



7 réactions


  • Étirév 30 janvier 09:02

    Origine du Mythe…

    Commençons par rappeler que, de toute la Terre, la première organisation sociale basée sur la Gynécocratie (représentée par la Maîtresse ou la Reine), la première organisation religieuse basée sur la Théogonie (représentée par la Déesse), et la première organisation familiale basée sur le Matriarcat (représentée par la Mère), en un mot le régime féminin, a précédé le régime masculin.

    À l’époque de la première révolte religieuse, le Prêtre allait donc créer un système nouveau d’enseignement fait d’allégories, de paraboles, de symboles, de métaphores. Il allait créer des images, des comparaisons qui signifient autre chose que ce qu’elles expriment.

    Le feu fut mis pour l’esprit et pour l’amour, l’eau pour l’ignorance et l’erreur, le ciel pour le bonheur, etc., etc.

    Tout cela devint le vaste système qu’on appela la Mythologie.

    C’est un tissu d’imagination bizarre, un amas confus de faits destinés à cacher, en les embrouillant, les vérités de l’époque antérieure. Dans son ensemble, c’est un assemblage de contes misérables, presque toujours destitué de vraisemblance et digne de mépris. C’est ainsi que les anciennes croyances se perdirent dans les fables du polythéisme.

    Cependant on sait que sous le voile de l’allégorie quelque chose est caché. Ainsi il faut connaître la science primitive pour comprendre le symbole représentant un aigle à tête d’homme ou armé d’une faulx. Pour comprendre aussi le symbole représentant une femme avec un croissant ou une tour sur la tête.

    La Religion qui avait élevé les hommes, purifié les cœurs, nourri les intelligences, ne servit plus qu’à donner à ses ministres une arme de despotisme, une occasion de mensonge.

    Ce sont les premiers pontifes de la Religion, ainsi transformée, qui prirent le nom de « Hermès  », mot qui signifie « cacher ». Le Prêtre cacha, c’est-à-dire voilà ce que la Prêtresse avait dévoilé. Il revoila, et c’est de ce mot que, par antithèse, on fit révéler. Les Hermès cachèrent la vérité sous des paraboles et des allégories : c’est ce qu’on appela la « Fable ».

    On fit de tout cela une science : l’Homologie, qui est l’art de représenter les êtres de raison par des emblèmes, ou par des figures allégoriques. Cette science s’étend à l’explication des images et des monuments antiques.

    Suite, à propos de la Mythologie


  • Gollum Gollum 30 janvier 09:28

    Toujours aussi imbitables vos textes...

    Vous arrivez à vous comprendre vous-même au moins j’espère ?

    Et après on s’étonne que certains détestent les intellos... 


  • Taverne Taverne 30 janvier 11:13

    Vous écrivez d’une part ces conseils de sagesse  : « Ne mentez pas à vous-mêmes. C’est le premier conseil. Soyez vigilants ; voilà mon second. »

    Le génial Shakespeare a tout dit avant tout le monde et cela donne ceci : « Avant tout, sois loyal envers toi-même ; et aussi infailliblement que la nuit suit le jour, tu ne pourras être déloyal envers personne. » dit Polonius dans Hamlet (…) (“This above all : to thine own self be true, And it must follow, as the night the day, Thou canst not then be false to any man.”)« .

    Ne mens pas à toi-même et, par conséquent (logique), connais-toi toi-même. Car tu dois savoir à qui tu mens (qui est »je« ) et quelles ruses utilise le Moi pour s’abuser lui-même.

    Vous écrivez d’autre part :  »On dit que c’est vain, vide, creux. Vain car vide, vide car creux« 

    Mais le vain n’est pas le vide. Le vain est l’absence de sens ou la perte du sens. Le vide se traduit par le mot »inanité".


  • JL JL 30 janvier 14:40

    Le vice rédhibitoire du libéral consiste à réclamer quelque chose qu’on ne lui a pas pris.
     

    Robinson Crusoé est un mythe instrumentalisé par les libéraux pour contester l’impôt et exiger qu’on rende à l’individu Robinson les fruits de son travail.

     

    L’impôt est la part qui revient de bon droit à la communauté, des fruits de sa collaboration avec chacun des agents économiques du pays.


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