vendredi 16 décembre 2011 - par Paul Villach

Quid des chefs voyous qui évaluent les enseignants ?

 Lucrèce, le poète latin, soutient dans son « De rerum natura  » qu’il est doux (« Suave » !) de voir, de la montagne où l’on s’est retiré, s’agiter les hommes dans la plaine. Ainsi, regarde-t-on avec ironie le mouvement de révolte des enseignants qui ont manifesté, jeudi 15 décembre 2011, contre un projet conçu par un ministre de l’Éducation Nationale, ancien chef de produit et DRH chez l’Oréal, - ce qui a son prix ! - : il veut confier au chef d’établissement leur évaluation.

Ils n’ont pas tort, ces braves gens. Mais le système de notation en vigueur n’est pas plus défendable. On s’est escrimé à le dénoncer pendant une trentaine d’années. On a écrit des livres exprès. Mais les professeurs lisent-ils ? C’est pitié de les voir, privés de mémoire, ignorer ce qui s’est fait avant eux et ne pas savoir poser le vrai problème ! Or quel est-il ?

Un réquisitoire implacable de François Bayrou publié… en 1993

Ont-ils lu seulement « La décennie des malappris  » (1) ? C’est le livre sulfureux publié en 1993 par un dangereux révolutionnaire, … François Bayrou, professeur lui-même avant d’être ministre. Est-il réquisitoire plus implacable de ce système de notation ? L’inspecteur pédagogique y est dénoncé comme « un sommet d’infantilisation  » et le chef d’établissement comme un garde-chiourme ou peu s’en faut ! Qu’on en juge ! Voici un florilège.

- « Le proviseur, le principal, écrit François Bayrou, ne sont pas ou peu ressentis comme des collègues assumant des tâches d’organisation pour le compte de la collectivité, mais comme des surveillants, aussi intimidants que les surveillants de l’enfance et disposant des mêmes pouvoirs. Ils épient vos retards éventuels. On vient pareillement leur rapporter vos manquements réels ou supposés. (…)

- Chaque année, ils vous confèrent une note, de supérieur à inférieur. Cette note, à elle seule, mérite qu’on s’y arrête. Le chef d’établissement est censé apprécier vos cinq vertus cardinales, « assiduité », « ponctualité », « rayonnement » (rayonnez-vous un peu, modestement, beaucoup, énormément ?) « autorité », « efficacité pédagogique ». Vous êtes soumis – le mot ne manque pas de sens – à son jugement. Et naturellement, comme vous n’avez aucun moyen de juger réciproquement ses vertus à lui, vous êtes devant lui en état d’infériorité. (…)

- Au-dessus de tout cela, couronnant la pyramide, sommet d’infantilisation, l’inspecteur, régional, ou général, n’importe. (…) Pour la masse des profs de France, du haut en bas des qualifications académiques, l’inspecteur n’est ni un conseil, ni l’agent d’une évaluation objective et valide. Il n’en a d’ailleurs pas les moyens. Il fait peur. (…)

- Il est entré. (…) Bonjour Monsieur l’inspecteur général, bonjour mon cher collègue. C’est curieux, on use d’autant plus facilement du « collègue » que l’on se sent supérieur ; « collègue » est désormais un vocatif tendant à marquer avec condescendance une indiscutable supériorité. (…) Si un seul professeur de France peut soutenir devant moi qu’il a retenu un seul mot, en tout cas appris une seule chose qui ait changé quoi que ce soit à ses cours après une visite d’inspecteur, je le regarderai comme une rareté, en bonne voie pour devenir à son tour inspecteur, ou, plus probablement comme le délicieux bon élève qu’il n’a jamais cessé d’être. (…)

- Pour devenir inspecteur, il a fallu s’attacher des protecteurs, fréquenter à longueur de décennie les couloirs du ministère, appartenir à la bonne écurie, non seulement la coterie amicale, mais la plupart du temps le réseau idéologique ou scientifique, voire la maison d’édition, parcourir une à une les étapes du cursus, les grands lycées, les classes préparatoires, la publication pour les uns, les réunions pédagogiques, l’inspection régionale pour les autres. Honnêtement, gravir l’échelle-lettres (2) , c’est gravir un chemin de croix. (…)

- Le bruit courait autrefois dans les salles de profs que ne devenaient inspecteurs que ceux qui étaient incapables de demeurer professeurs.(…) Pour la plupart des enseignants, (le moment de l’inspection) est terrifiant. Terrifiant, avant, bien entendu, puisqu’il est entendu, qu’une fois passé, rien n’aura changé.  »

Un blâme académique flatteur infligé par des administrateurs voyous

Cette analyse de François Bayrou, est d’une grande justesse. On y souscrit d’autant plus facilement qu’on l’a soi-même développée dans trois ouvrages (3). Elle demande seulement pour le profane « étranger au service » à être complétée par un exemple qu’on tire de sa propre expérience.

Un nouveau chef d’établissement, ancien prof d’EPS, a débarqué au collège Jules-Verne de Nîmes en septembre 2003. Sa préoccupation immédiate a été de démolir le travail original mené depuis 15 ans par un professeur de Lettres classiques qui emmenait chaque année ses élèves sur les sites archéologiques de Campanie, autour de la baie de Naples dans le cadre de l’apprentissage du Latin et d’une initiation à l’archéologie gréco-romaine. Il les conduisait aussi à Venise pour y étudier « l’information par l’image ». Élèves et parents étaient ravis. Le cadet rêvait de suivre les pas de son aîné, comme le benjamin les siens. La preuve ? Ces projets pédagogiques auraient-ils duré si longtemps dans le cas contraire ?

Or, faute de pouvoir prendre en défaut ce professeur qui ne le connaissait pas, ce chef d’établissement a inventé, à peine un mois et demi après son arrivée, trois fautes de service, avec le soutien écrit de l’inspecteur d’académie du Gard. Le recteur a mis tout de même 5 mois avant d’ouvrir une procédure disciplinaire, le 30 mars 2004, qui l’a conduit à infliger un blâme à ce professeur le 12 mai 2004.

Deux ans et demi plus tard, le 7 décembre 2006, le tribunal administratif de Nîmes a annulé ce blâme comme illégal pour « inexistence matérielle de motifs », ce qui veut dire que les motifs du blâme étaient inexistants ! Un « vice de forme » a aussi été condamné par le tribunal. Les rusés personnages avaient modifié un grief entre le commencement et la fin de la procédure disciplinaire ! C’est dire si ces voyous étaient fixés de leurs accusations imaginaires. Chef d’établissement, inspecteur d’académie et recteur s’étaient mis pourtant à trois pour concocter cette sanction illégale ! Et le ministre François Fillon avec son administration centrale n’avait rien trouvé à redire à ce montage frauduleux malgré le recours hiérarchique argumenté du professeur.

Or, ces voyous courent toujours ! Le recteur sévit dans la région parisienne comme recteur et le chef d’établissement, après une virée en Nouvelle Calédonie, dirige aujourd’hui un collège dans les Alpes de Hautes Provence. L’inspecteur d’académie, lui, a pris depuis sa retraite, avec les honneurs dus à tout bon serviteur de l’État, évidemment. Quant à François Fillon…

 

Quelle leçon tirer de l’analyse de François Bayrou et de cette histoire de blâme illégal qui l’illustre ? Elle est très simple : des voyous hiérarchiques n’encourent aucune sanction quand ils violent la loi. Tout le problème est là ! « Chers collègues » qui défilez et vous époumonez, mais qui n’avez aucune mémoire faute de lire ce qui a été écrit pour vous, le problème n’est pas d’être noté ou évalué. Il est de pouvoir se défendre quand l’évaluateur se conduit comme un voyou. Or, aujourd’hui, un administrateur voyou sait qu’il jouit d’une impunité quasi totale. Pourquoi se gênerait-il ? Est-ce normal que des administrateurs restent en place après qu’un tribunal administratif a annulé pour inexistence matérielle de motifs et vice de forme un blâme infligé par leurs soins à un professeur ? Mais quels syndicats posent le problème en ces termes ? Pour le faire, encore faudrait-il qu’ils ne soient pas cul et chemise avec l’administration ! Bonne chance « chers collègues » ! Vu de la montagne de Lucrèce, le spectacle que vous offrez, est attendrissant et un peu affligeant ! On en reparlera dans 30 ans ! Paul Villach

(1) François Bayrou, « La décennie des malappris  », Éditions Flammarion, 1993.

(2) « L’échelle lettres  » est le supplément d’ échelons avec les rémunérations supplémentaires y afférant, au-delà des 11 échelons communs de la Fonction publique, mais auxquels n’accèdent que les favoris et courtisans du pouvoir.

(3) Paul Villach,

« Un blâme académique flatteur  », Éditions Lacour, 2008

« Les infortunes du Savoir sous la cravache du Pouvoir  », Éditions Lacour, 2003

Pierre-Yves Chereul, « Cher Collègue  », Éditions Terradou, Digne-les-bains, 1993.



48 réactions


  • LE CHAT LE CHAT 16 décembre 2011 10:17

    Les camarades enseignants voudraient que leur système se perpétue avec des notations par leurs copains et à l’ancienneté, sans obligation de résultats , ce qui a abouti à ce que l’enseignement français soit parmi les derniers au niveau qualitatif des pays de l’OCDE !

    au non de quoi ne seraient ils pas notés par leurs supérieurs comme tout un chacun ????

    aucune réforme n’a l’air possible tant que ses professionnels de l’absentéisme et des grèves à répétition pour préserver leur petite vie peinarde n’auront pas de comptes à rendre à quiconque !


  • lloreen 16 décembre 2011 11:06

    à l’auteur
    Bonjour.C’est la suite de la lente descende aux enfers du prétendu « mammouth » d’Allègre.
    Il faut selon nos élites, que cette institution soit privatisée.
    Malheureusement beaucoup d’ enseignants-surtout en cette période de Noël...- voient d’abord leur fiche de paie, et ensuite les enjeux...
    Faire ce mouvement de grève en décembre est la preuve que ce gouvernement se fout du monde et les syndicats aussi !Il est dommage que les enseignants soient tombés dans ce piège grossier.


  • non667 16 décembre 2011 11:16

    une réforme dans l’éducation nationale ?
    je ressors ma vieille réaction (30 ans ) toujours valable (certains passage sont particulièrement pertinents pour l’actualité ) et qui le sera encore pour la prochaine  !

     

    les mauvaises méthodes/ réformes 68tardes ne sont pas des erreurs mais font parti d’un COMPLOT qui vise a démolir l’éducation nationale et au delà la nation /société française

    l’école de jules ferry avant 1966 (début des réformes) permettait l’instruction et l’ascension sociale sans discrimination sociale je peux en témoigner étant dans une école ou il y avait 50% d’enfant d’origine polonaise . Des siècles (depuis Charlemagne comme dit la chanson )d’expérience ont permis d’affiner les méthodes pédagogiques a l’école et une bande de trouduc n’ayant jamais enseigné (ou s’étant planqués dans l’inspection , la direction , le syndicalisme pour fuir les élèves ! )viendrait tout démolir et imposer leurs élucubrations !!!!!!!!

    les ministres , les inspecteurs ,la hiérarchie , les pédagogues institutionnels (genre philippe meirieu ) n’étant pas des imbéciles cesréformes aberrantes (math moderne ,méthode globale ,notation par lettre ., suppression des notes , suppression du bepc , contrôle continue ,suppression du bac si,si il en a été question . ..etc .... ) ne peuvent êtres des erreurs mais un complot destiné a démolir l’école de jules ferry .
    la méthode pour les imposer étaient staliniennes, sorties au printemps ,formation d’une demie journée en juin , applicables à la rentrée suivante . les manuels n’étant pas encore sortis ., toutes remarques /contestations publiques valait a l’auteur une dénonciation et une visite de l’inspecteur et un rapport assassin à la clef et une note ( si,si il n ’est pas question de la supprimer celle là ).proche du renvoi pour incompétence !

    preuve/motif de ce complot : la déclaration de cohn bendit sur les universitésen mai 68 (revue à la télé en 2008 ) en substance :" inutile de promouvoir a classe ouvrière dans l’enseignement supérieur ils deviendront les plus fidèles valets du capitalisme "
    dansun contexte de rivalité capitalisme / communisme russe pour les rouges /roses il fallait en 68 faire échouer la société française pro-capitaliste en sapant l’éducation nationale de l’école à l’université , en formant les élèves a la revendication (délégués élèves ,délégués parents ) (aujourd’hui et en 2002 envoyés dans la rue ! )
    pendant toutes ces années les syndicats gauchistes pourtant tout puissant dans l’éducation nationale ne se sont jamais opposé à ces réformes (silence radio sur toute la ligne .,donc complices )
    après la disparition du communisme le travail de sape continuant de la part du ps (acquis au fmi .....) le motif ne peut être que :

     maintenir dans l’ignorance /abrutir la vile populace pour la rendre plus docile et plus servile

     démolir la nation française au profit du mondialisme judéo-américain .

     démolir l’enseignement public pour le refiler au privé mondialo-capitaliste N.O.M.
     volonté depuis toujours de la droite mais poursuivi après par la gauche insidieusement : (taper : autonomie des établissements 1983 ) autour de 1984 voulait sortir un projet ou les lycées auraient leurs bac propres répondant a un projet pédagogique spécifique avec recrutement /gestion des profs par le chef d’établissement  ! etc... le ps = ok ; pc = 0 , il a fallu toute l’énergie des trotskistes infiltrés dans F.O. pour mettre en échec ce projet !
    mesurettes par mesurettes insidieusement la privatisation se prépare elles ne servent qu’à démolir l’e.n. et a diviser les enseignants .


  • Scribe Scribe 16 décembre 2011 11:26

    Faut-il que l’idée démocratique soit peu naturelle pour que si peu de gens y aient recours quand-on évoque la notation ou l’évaluation d’un individu ? On pense à la hiérarchie (le chef), à l’expert (l’inspecteur) mais qui pourrait bien avoir l’idée (certain la jugeront saugrenue, voire inconvenante !) de demander leur avis aux principaux intéressés, ceux sans qui l’enseignant n’a aucune raison d’être, à savoir les enseignés : les élèves puisqu’il faut bien finir par parler d’eux. Cela serait-il si choquant de leur demander leur avis, ou celui de leurs parents dans le cas des classes primaires. Pardon si je vous l’apprends, mais ils ont un avis sur la qualité de leurs enseignants et cet avis n’est pas moins respectable que celui du chef d’établissement, ni que celui de l’inspecteur. La seule notation qui puisse avoir un sens et être respectable devrait être une synthèse de ces trois avis, synthèse dans laquelle l’avis des élèves de la classe ne devrait pas entrer pour moins de 50%.
    Certains professionnels (les notaires par exemple) vous demandent votre appréciation sur leur prestation, cela fait partie d’une « démarche Qualité » tout à fait louable, les enseignants ne pourraient-ils pas eux aussi accepter d’être évalués par « leurs clients » ? Plus généralement, ne trouveriez-vous pas constructif et facteur d’équilibre que chaque acteur de la vie titulaire d’une part de responsabilité et de pouvoir soit noté ou évalué à la fois et à parité par son supérieur hiérarchique mais aussi par le collège de ses subordonnés. Par exemple un agent de maîtrise serait noté par l’ingénieur qui l’encadre et par son équipe d’ouvriers, la note définitive étant la moyenne des deux notes.
    Aurions-nous plus peur de la démocratie que de la hiérarchie ?
    Scribe


    • cevennevive cevennevive 17 décembre 2011 10:51

      Monsieur Pluto,

      Votre raisonnement est valable, l’orthographe et la syntaxe sont de bon aloi...

      Cependant, l’ironie le mépris que vous destinez aux commentateurs et aux rédacteurs d’Agoravox viennent ternir votre commentaire et ne peuvent que m’amener à vous dire : allez lire et commenter ailleurs puisque nous n’avons pas l’heur de vous plaire.

      Adieu Monsieur le docte Trissotin.


  • lloreen 16 décembre 2011 11:33

    au chat
    Votre commentaire prouve votre complète ignorance du monde actuel de l’enseignement .
    J’ai dans ma rue une voisine qui travaille comme professeur (certifié) de français et voici ce que j’ai retenu du malaise.
    Les enseignants ont des comptes à rendre perpétuellement puisqu’ils sont notés par leur inspecteur pédagogique et leur chef d’établissement:c’est ce qu’elle m’a dit.
    Depuis la mise à mort programmée de l’éducation nationale, le malaise est de plus en plus perceptible et voilà ce qu’elle m’en a dit.
    Déjà d’une part, tous les problèmes sociétaux rejaillissent directement dans la salle de classe.
    Les enfants rois se comportent à l’école comme les mannequins sur les podiums:c’est à qui exhibera la marque la plus prestigieuse ou à la dernière mode.Les gosses sont conditionnés par la télévision et le comportement de leurs stars (ce qui est loin d’être un modèle...je ne cite personne, mais les mauvais exemples sont légion...).Quant à notre « représentant » et à son exemple nauséabond, je n’insiste pas.
    Face à cela, les professeurs luttent à armes inégales .Demander de la rigueur équivaut déjà à faire la révolution en cours et les gosses sont habitués à commander à la maison.

    Ils veulent faire comme les copains et parader entre eux.Cette voisine m’a raconté l’histoire d’un garçon dont les parents, malheureusement au RSA et en maladie n’avaient aucun moyen de payer des articles de marque à leur gosse. Face aux moqueries et vexations perpétuelles (clodo, gros nase...etc) l’enfant a changé d’école et est allé dans le privé (avec bourse).Sera t-il mieux là-bas, personne ne le sait, mais voilà ce qui se passe.

    Ces gosses ont le modèle de leurs parents (qui souvent n’en sont guère non plus....).Il suffit de voir l’impact de la publicité sur les routes:c’est à qui exhibera le plus gros 4x4, la berline de marque plus prestigieuse, les cylindrées les plus grosses....
    Elle m’a dit qu’elle connaissait un couple complètement fauché (en commission de surendettement) qui venait chercher le gamin en BMW parce que « ça fait classe »... (c’est le véhicule prêté par le grand-père, à la retraite...).
    Ce sont peut-être des exemples extrêmes, mais le malaise est « palpable en salle de classe » comme elle le dit si bien.
    Les fins de mois difficiles, le mal à payer la cantine, les enfants qui voient des parents en difficulté et se posent des question sur leur propre avenir...
    Quand on voit la situation économique de notre pays , tout cela rejaillit sur les enfants.

    Le piège grossier de la grève en décembre va permettre à Sarkozy de dire : tout est parfait dans l’éducation nationale:il y avait15% de grévistes....
    En effet, chacun a besoin de son argent (alors qu’un changement de système et l’abolition de l’article 123 du traité de Lisbonne permettrait de sortir de cette arnaque de l’argent dette...).

    Et un jour de grève est décompté de la fiche de paie.Le salaire des enseignants étant ce qu’il est (ma voisine m’a dit qu’après 18 ans d’ancienneté elle ne touchait pas 2000 euros), et la période de Noël conditionnant le comportement des gens (des professeurs aussi...), les professeurs n’ont pas été nombreux à vouloir encore perdre de l’argent.Elle m’a d’ailleurs dit que par rapport à la génération des professeurs d’après-guerre, les syndicats avaient calculé qu’ils perdraient l’équivalent mensuel de 320 euros (à statut égal et cotisations supérieures) à la retraite....

    Les lois Fillon n’arrangeant rien( pas pour les enseignants non plus...), on peut d’ores et déjà se demander ce que nous toucherons nous, non enseignants, à notre retraite.
    Ceux qui diraient que les enseignants sont bien payés n’auront pas tort et qu’ils ont la garantie de l’emploi auront raison aussi.
    Mais l’intelligence voudrait que ceux qui ont moins se battent pour avoir plus et non pas pour s’attaquer à ceux qui ont un meilleur traitement.
    Ceux qui ont toujours opposé le privé au public feraient bien de se demander ce qu’ils ont gagné aujourd’hui : privé misérable et public en passe de le devenir...


    • LE CHAT LE CHAT 16 décembre 2011 11:54

      @Lloreen
      que les profs aient à subir des gamins insolents , on est d’accord , mais eux m^me sont loin d’être exempts de tout reproche et pas mal d’entre eux ne sont là que parce ce qu’ils ont échoué à trouver un vrai job ailleurs ! et les enseignants ne sont pas les derniers à parader en 4X4 ......

      l’intelligence n’est pas contre que en tant que contribuables , ceux qui bossent dans le privé s’interrogent sur la façon dont leurs impôts sont dépensés dans l’éducation nationale et pour quelle efficacité .


    • Paul Villach Paul Villach 16 décembre 2011 12:07

      @ le Chat

      Pourquoi faites-vous diversion ?

      Je pose une question à la fin de cet article : est-il normal que des administrateurs qui ont vu leur évaluation d’un professeur condamnée par le tribunal administratif pour une raison aussi grave que l’imputation de fautes de service imaginaires, restent en place et continuent à sévir ?
      Quelle est votre réponse ?
      Le crédit d’une évaluation dépend du crédit de l’évaluateur. Le reste n’est que diversion ! Paul Villach


    • LE CHAT LE CHAT 16 décembre 2011 13:51

      @paul Villach

      parce que dans la fonction publique , il faut avoir tué père et mère et violé la fille pour être vraiment sanctionné ! le petit juge de l’affaire d’Outreau a t il été sanctionné pour son inconpétence aux conséquences dramatiques par exemple ?


  • ZEN ZEN 16 décembre 2011 11:38

    Derrière ces problèmes d’évaluation, qui peuvent paraître secondaires, se profilent d’inquiétantes dérives et un projet, dans le contexte actuel, comme le suggère ce témoignage
    Les petits chatons sont concernés smiley


    • Paul Villach Paul Villach 16 décembre 2011 11:51

      @ Zen

      Vous trouvez secondaire que des chefs voyous peuvent rester impunis.
      Tout le crédit d’une évaluation repose sur le crédit de l’évaluateur !
      Quand l’évaluateur use de méthodes de voyous dûment constatées comme le prouve l’exemple donné dans mon article, ne jette-t-il pas le discrédit sur l’institution ?
      Qui pose de problème ? Tout le monde s’en fout ! Et pourquoi ? La corruption entre l’administration, les syndicats et une majorité d’enseignants est générale ! Le clientélisme est la règle ! Vogue la galère ! Paul Villach


    • LE CHAT LE CHAT 16 décembre 2011 12:02

      Salut Zen ,
      je sais bien que l’éducation nationale est en déliquescence , comme la plus part des services publics , mais on ne peut pas faire sans une évaluation pertinente des enseignants , dont certains ne sont pas à la hauteur (c’est comme partout ) .


    • Paul Villach Paul Villach 16 décembre 2011 12:11

      @ Le Chat

      Dans l’exemple donné par cet article, qui est à la hauteur de la mission du service public d’éducation, la bande de voyous qui a imputé des fautes de service imaginaires ou le professeur qui en a été victime selon le jugement du tribunal administratif ?


    • ZEN ZEN 16 décembre 2011 12:14

      Paul, ce n’est pas ce que j’ai dit
      Je suis d’ailleurs en accord avec beaucoup de tes remarques, même si je n’apprécie pas trop les généralisations (j’ai connu des chefs d’établissement avec lesquels j’ai eu plaisir à travailler) et le terme de « voyou » n’est pas pertinent.
      Je voulais suggérer, par les deux liens, dont je partage l’essentiel du contenu, que les enjeux sont devant nous, un changement radical de la conception de l’enseignement. Que va devenir l’école avec des patrons-managers qui se profilent et une conception du savoir telle que le souhaite les instances européennes évoquées ?
      Il ne faut pas être en retard d’une guerre.


    • Paul Villach Paul Villach 16 décembre 2011 12:46

      @ Zen

      De quelle généralisation m’accuses-tu ?

      1- Je ne dis pas que tous les administrateurs sont des voyous.
      2- Je demande seulement si des administrateurs dont l’évaluation d’un professeur a été condamnée par le tribunal administratif - comme le montre le cas d’espèce décrit dans cet article - peuvent continuer à rester en poste.
      3- À mes yeux, ils commettent une faute lourde qui jette le discrédit sur l’institution. Donc ma réponse est « DEHORS ! »

      Quelle est ta réponse ? Quelle règle générale appliquer à ces cas d’espèce qui ne sont pas rares. Et quand bien ils le seraient, ces voyous en poste nuisent au crédit de l’institution. Paul Villach


    • LE CHAT LE CHAT 16 décembre 2011 14:02

      @paul Villach

      DEHORS

      je suis bien d’accord pour que les incompétents soient virés les profs comme les administratifs de l’éducation nationale ! être au service de l’Etat ne doit pas être une sinécure garantie à vie !


    • Paul Villach Paul Villach 17 décembre 2011 17:16

      @ Liberté

      Hélas si ! Pour des chefs voyous, évaluer peut nécessiter d’inventer des fautes de service. La preuve ! Ces voyous dont je parle et que l’administration du ministre Fillon a couverts, sont toujours en poste, à l’exception du voyou d’inspecteur d’académie qui a pris sa retraite. C’est donc qu’ils ont bien fait leur travail... aux yeux d’une administration voyou, comme il existe des patrons voyous !

      Je vous accorde volontiers que, vu le degré de corruption atteint aujourd’hui par l’institution judiciaire française, que la condamnation du délinquant Chirac ne modifie pas - bien au contraire - la voyousse de principale adjointe que vous évoquez, condamnée en 1997 par la Cour de Cassation, serait relaxée aujourd’hui : la calomnie n’est-elle pas une prérogative de la fonction ?

      Je vous avoue même que je n’en suis pas revenu d’avoir vu ce blâme annulé en décembre 2006. Il existe sans doute dans les coins quelques juges honnêtes qui traînent encore ! Paul Villach


    • LE CHAT LE CHAT 17 décembre 2011 18:09

      @alchimie

      au poste que j’occupe , il y a longtemps que j’aurais été viré si je n’y avais pas ma place !


  • ZEN ZEN 16 décembre 2011 11:46

    D’ailleurs, on ne parle plus de savoir, notion dépassée selon certaines instances européennes, dont on peut supposer que Chatel est un fidèle relai.
    Les missions de l’école changent de sens
    Il est temps que les enseignants se réveillent...


  • lloreen 16 décembre 2011 11:48

    scribe
    Je suis d’un avis réservé sur l’avis des enfants vu leur conditionnement.
    Ma voisine m’a parlé d’une pétition d’élèves pour faire partir une enseignante....qui est partie.Cela m’interpelle.Pourquoi ?
    La démarche est atroce parce qu’elle transforme une salle de classe en terrain de bataille.
    Est-ce le but ?
    Je pense aux salariés qui se sont suicidés.Même constat.Sommes-nous condamnés à nous entredéchirer parce que les conditions de travail se sont tellement détériorées que ça en dévient un combat quotidien.
    Est-ce le but ?

    Ne serait-il pas plus sain de se « battre » (si déjà on doit être condamnés à cela...en tant que salariés) pour des conditions HUMAINES au travail et dans la société ?

    Nous allons voter en 2012.Battons nous pour faire véritablement changer les choses à notre niveau.
    On fera d’une pierre des milliers de ricochets.


  • lloreen 16 décembre 2011 12:08

    zen
    Vous avez excellemment mis le doigt sur le problème par la voix de ce professeur documentaliste : par les quatre mots magiques en -ing... (coaching, learning...).
    Notre société française est devenue l’annexe de la société américaine.Il suffit de se renseigner sur le système éducatif pour être horrifié.
    A part les écoles d’élite, le reste est un désert et un paysage de désolation à l’image de ce qu’est la société américaine elle-même.


  • lloreen 16 décembre 2011 12:14

    Il faut être conscient que notre société est boiteuse.Une avance technologique et scientifique phénoménale et la société qui ne suit pas.
    Pourquoi ?
    Parce que cette « élite » fait front par vents et marées (ouragans, même) pour rester aux commandes avec un modèle désuet de « managing » (pour rester dans le ton....).

    Si déjà on veut étendre le e-learning (pourquoi pas ?) il faut aussi que nous puissions, nous les citoyens, imposer que le changement se fasse tout aussi conséquemment à ceux qui se croient indispensables.
    A ce moment, imposons un revenu universel en même temps que le e-learning.Ce qui aurait l’avantage de permettre la culture du challenge sans les ravages financiers qu’elle entraine avec notre système de l’arnaque de l’argent-dette.


  • lloreen 16 décembre 2011 12:28

    le chat
    Oui, bien sûr PERSONNE n’est exempt de reproches !
    « échoué à trouver un vrai job ailleurs » ? !!!!! enseignant n’est pas un vrai job, selon vous ?
    Qu’est-ce qu’un vrai job, pour vous ?
    Ce n’est pas l’éducation nationale, selon moi qui est en déliquescence, mais toute notre société.
    Et cela rejaillit sur l’école, qui est un lieu de vie comme un autre.
    La solution est d’agir en citoyens responsables, avec les lacunes des uns et des autres et de transformer cela pour que cela soit plus vivable pour TOUT le monde, ne croyez-vous pas ?


    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 16 décembre 2011 15:43

      Quelqu’un ne pourrait-il pas relire et corriger vos messages, qu’on puisse les lire ?


    • antonio 16 décembre 2011 17:29

      C’est sans doute à cause de l’école que votre orthographe est si déplorable...
      Sans doute aussi à cause d’elle que ,maintenant pianatant sur votre ordinateur, vous n’avez pas le courage d’ouvrir un dictionnaire , un bled, un Besherel, etc...pour éliminer la plupart des grossières erreurs qui « émaillent » vos commentaires...


    • Rosalu Rosalu 17 décembre 2011 08:58

      Non, vous aurez une bonne évaluation si le chef d’établissement a obtenu pour ses enseignants une enveloppe (un crédit / quota) suffisante d’évaluations positives par l’administration pour vous augmenter en fin d’année (et si vous lui êtes « sympathique »).

      C’est ainsi que cela se passera avec cette réforme.
      Jusqu’à présent, nous savions tous avant une inspection que l’avis et le rapport de l’inspecteur ne dépendaient pas (ou que très peu !) de notre prestation mais des points d’augmentation ( + 0,25 ou +0,10 sur 20) qui lui restaient dans sa musette, après avoir très bien évalué tous les copains et collègues « bien en vue » pour raisons politiques ou autres....


  • lloreen 16 décembre 2011 13:25

    de la heuteur
    « usine à singes »
    Oui.Mais tout le système n’en est-il pas une ?


  • njama njama 16 décembre 2011 14:43

    En bonne logique, et par équité et esprit d’équipe, si les directeurs évaluent les enseignants, les enseignants évaluent les directeurs ...

    Une notation des directeurs sur le ouèbe, ça vous dit pas ... smiley


  • lloreen 16 décembre 2011 15:39

    zen
    « que va devenir....européennes évoquées » ?
    Ma voisine m’a dit que de plus en plus , des chefs d’établissement sont issus du monde de l’entreprise.
    Ce n’est peut-être pas un mal en soi, car ils permettent une ouverture d’esprit qui fait défaut à de nombreux enseignants, qui n’ont jamais connu autre chose dans leur vie que l’école.Je ne parle que pour cette espèce particulière et je ne généralise pas !
    Cependant vouloir calquer un établissement sur le modèle d’une entreprise est un tel non sens , mais cela ne m’étonne pas venant de cerveaux déséquilibrés.
    Ce sont des « produits » issus du marketing et non des êtres humains, malgré leur apparence.
    Ce sont ceux pour lesquels le monde et l’humain avec, sont une marchandise.
    Ceux qui trouvent géniale l’idée de ravaler l’être humain à une « ressource humaine »:de telles personnes méritent tout au plus une place de chef de rayon(cela dit, sans dévaloriser la fonction), mais pas de ministre de l’éducation nationale ou de chef d’établissement.


    • Abou Antoun Abou Antoun 16 décembre 2011 23:40

      Il existe dans tous les établissements publics des ’gestionnaires’. C’est par exemple le cas des hôpitaux civils où le ’directeur’ est chargé de superviser (en collaboration avec des comités d’experts) l’utilisation des fonds publics, les projets d’extension, etc. etc.
      Mais choisit-il pour autant les chirurgiens et autres spécialistes ?
      Un établissement scolaire est en général bicéphale l’intendant ayant un grand rôle à jouer dans toutes les questions budgétaires et la gestion du personnel enseignant. Il a en général une formation de gestionnaire et sait gérer l’argent public.
      Le proviseur ou le principal fait office de chef de l’équipe pédagogique. Cette position lui permet d’émettre des avis sur le comportement ’administratif’ de son personnel enseignant. Il n’a évidemment pas compétence pour évaluer techniquement ce personnel et encore moins pour le choisir.
      Rien n’est parfait, mais le partage des rôles et des responsabilités était simple et compréhensible. Mais :
      « Qui veut noyer son chien dit qu’il a la rage ! »
      Ce point de vue part du principe que les enseignants, diplômés et recrutés par concours, sont des spécialistes (de l’enseignement et de leur discipline). Il est clair que si on est convaincu que tout le monde peut enseigner n’importe quoi à n’importe qui, alors on peut demander au Principal de devenir recruteur, mais pourquoi pas à l’ adjoint au maire chargé des affaires culturelles ? On fera ainsi l’économie d’un cadre et de son adjoint. Et s’il s’agit d’évaluer les enseignants en écoutant les ragots, les élus toujours à l’affut d’une mesure démago seront les mieux placés.
      Ne nous arrêtons pas en si bon chemin, virons le personnel administratif de nos écoles. Administration directe par les Associations de parents d’élèves sous mandat du Maire.


    • Abou Antoun Abou Antoun 16 décembre 2011 23:45

      Erreur :
      et la gestion du personnel enseignant
      je voulais dire la gestion du personnel NON-enseignant.


  • lloreen 16 décembre 2011 15:48

    njama
    Bien évidemment ;mais vous êtes assez fin pour avoir compris que de cela, il n’en est nullement question....
    La même chose pour « l’évaluation » de nos politiciens.
    Rien que l’idée d’être « évalués » par le corps électoral leur donne des boutons...
    La preuve ici :
    http://www.liberation.fr/economie/01012368975-le-referendum-grec-fait-tomber-les-bourses

    En ce qui nous concerne, notre referendum de 2005 a été rapidement « plié » aussi, par l’article 49-3 de la constitution ....

    C’est la raison pour laquelle cette problématique de l’éducation nationale n’est pas anodine.
    Le monde de l’école était encore un espace privilégié, idée qui est insupportable à ceux qui sont eux-même des privilégiés (« l’élite ») et qui ne supportent pas la concurrence entre eux.

    D’ailleurs, n’est-ce pas Rothschild lui même qui interdisait l’idée de concurrence ?
    Ses affidés l’ont bien compris, eux qui sont régulièrement pris la main dans le sac pour entente illicite et entrave à la libre concurrence...


  • lloreen 16 décembre 2011 16:02

    mr villach
    La réponse à votre question est évidemment non.
    Il semble qu’à l’éducation nationale aussi, les chefaillons indignes et incompétents aient le vent en poupe, tout comme certains indéboulonnables à tous les niveaux (surtout politique...), pourvu que le copinage soit sauf.


  • KeVal ? 16 décembre 2011 16:56

    Très bon article
    qui prend les enseignants au mot.
    et écrit ainsi ce qu’ils pensent dans d’autres termes qu’ils ne veulent pas faire apparaître.


  • antonio 16 décembre 2011 18:14

    Les extraits du livre de M.Bayrou sont excellents : c’est exactement ce que j’ai vu et vécu pendant des années.
    Quelques remarques brèves :
    Il faudrait beaucoup plus d’inspecteurs ; beaucoup d’entre eux sont surchargés par les tâches administratives ; certains, pour des langues dites « minoritaires » (italien par exemple) ont plusieurs académies à leur charge. Plus d’inspecteurs ayant les moyens de proposer des stages, des formations en fonction des besoins des enseignants...mais vous savez bien que les enseignants n’ont, depuis des années, quasiment aucun accès à des stages leur permettant de s’améliorer et de progresser ( économies, économies...)

    La « solution » préconisée par M.Chatel est bien pire que ce qui prévaut actuellement : j’ai connu peu de chefs d’établissements compétents ; vous savez bien qu’ils sont là pour exécuter à la lettre les Directives du Ministère de l’Education ( réunions fréquentes au Rectorat où on leur intime la ligne à suivre...) Ils n’ont aucune compétence pour « évaluer » le travail d’un professeur dans sa classe, ne connaissant rien ni à la matière, ni à la pédagogie qui sous-tend l’acte d’enseigner.

    Il est des inspecteurs compétents et désireux d’enrichir les enseignants qu’ils viennent voir ;
    Ce sont pour beaucoup des fonctionnaires dévoués, soucieux d’accomplir leur charge le mieux possible . Qu’il y ait parmi eux quelques brebis galeuses n’étonnera personne, il y en a dans toute profession.

    Que le système actuel demande à être grandement amélioré, j’en suis convaincue mais ce
    que « propose » M. Chatel est effrayant : avec lui, l’école déjà à demi-morte est en train de trépasser !


    • Abou Antoun Abou Antoun 16 décembre 2011 23:20

      Les extraits du livre de M.Bayrou sont excellents : c’est exactement ce que j’ai vu et vécu pendant des années.
      D’accord avec cette remarque, Antonio, comme avec celles qui suivent.
      Mais il y a les paroles et il y a les actes.
      Aujourd’hui F.B. veut se (re)faire une virginité mais on l’a vu à l’œuvre en tant que Ministre, a-t-il montré l’exemple ?
      Bayrou est en cela, comme les autres, un parfait politicien, très fort pour dire aux gens ce qu’ils aiment entendre, beaucoup moins pour passer à l’action.


  • clostra 16 décembre 2011 19:32

    N’y a-t-il pas moyen de prendre (perdre ?) une heure ou deux en début d’année pour demander aux « enfants » ce qu’ils attendent, en faire la synthèse et leur demander d’évaluer en fin de chaque trimestre, à partir de ce qu’ils ont exprimé ?

    De la pédagogie sans associer les bénéficiaires, n’est-ce pas un peu étonnant dans un lieu d’enseignement ?

    Un souvenir précis me vient de l’étonnement d’un « jeune » à la fin d’un module de formation lorsque je lui ai demandé, comme aux autres, d’évaluer la formation et la formatrice (de façon anonyme). Il me semble qu’en quelques secondes il avait progressé de 10 ans ! Jamais cette question ne lui avait été posée !
    Je lui ai dit que c’était normal : je fournissais une prestation pour laquelle j’étais rémunérée.


    • Abou Antoun Abou Antoun 16 décembre 2011 20:04

      J’attends de mon médecin qu’il me soigne, pas qu’il prenne une heure de mon temps pour me demander si la chirurgie c’est mieux que la chimio ou je ne sais quoi, le spécialiste c’est lui.
      J’attends de mes professeurs qu’ils m’enseignent, pas qu’ils me demandent quel programme ils doivent suivre et quelle méthode ils doivent employer.
      A quoi cela sert-il de former des spécialistes pendant 5 ans, 7 ans, 10 ans, si les ados en savent autant qu’eux et doivent leur dire comment procéder.


  • Abou Antoun Abou Antoun 16 décembre 2011 19:58

    Il s’agit d’un pur détournement d’attention (comme toutes les réformes entreprises dans l’E.N.).
    Que veut-on en fait ?
    Supprimer l’Inspection Pédagogique Régionale et par suite les Inspections Générales qui n’auront plus lieu d’être, pour faire des économies sur le budget de l’éducation.
    Par la suite, les chefs d’établissements, souvent recrutés à l’époque récente avec un niveau universitaire assez bas, s’étant toujours montrés extrêmement dociles (pour ne pas dire serviles) il n’y aura plus aucun frein aux ’réformes’ successives. D’autant plus qu’avec leur bagage souvent léger ils sont opposés par nature à tout ce qui ressemble à de l’élitisme et favorables à l’accroissement de ce qu’ils croient être leur pouvoir.
    De fait ils ont toujours été de simples boîtes aux lettres avec un certain pouvoir exclusivement de nuisance (heureusement pas absolu).
    On va donc vers le maire chef de la police ’municipale’ et le principal du collège véritable responsable local de l’éducation.
    Bref, la disparition de l’État à tous les niveaux.
    C’est la suite logique d’un mouvement commencé il y a plusieurs décennies et qui s’accélère terriblement.


  • arsinoe 16 décembre 2011 20:41

    Un ministre ex-DRH chez l’Oréal est sans doute le mieux placé pour transformer en une entreprise privée l’Education Nationale si mal traitée au fil des ans. Résultat : celle-ci souffre de la privatisation rampante qui touche l’ensemble des services publics.

    La grève d’une journée, si peu médiatisée, est bien insuffisante. Espérons d’autres formes de lutte plus efficaces.


  • velosolex velosolex 16 décembre 2011 21:47

    Une réforme serait évidemment constructive et novatrice.
    On se dépêchera de la caricaturer pour la mettre en pièce.

    Le chef d’établissement est effectivement le mieux placé pour juger de la qualité des enseignants, du moins sur certains sujets : Travail d’équipe, assiduité, et engagement dans les projets pédagogiques.

    Sur la spécificité de l’enseignement, c’est une autre affaire : Une double appréciation serait la bienvenue, mais déchargerait les inspecteurs d’une partie de leur mission, qu’on pourrait concevoir plus légère.

    Bien sûr, toute véleité de changement est toujours aussi bien reçu dans l’enseignement, dont on assiste pourtant à la faillite, avec creusement des inégalités, qui ont font le cancre maintenant de l’Europe, pour tout de même un budget conséquent.

    Il faut quand même le dire, les enseignants qui n’ont pas les qualités, ( ils en existent évidemment et il faudrait être d’une mauvaise foi totale ou ne pas avoir d’enfants) n’ont malgré les résultats décevants, les plaintes des parents, aucune crainte de devoir quitter l’éducation nationale.
    Tant pis pour les gosses

    C’est crevant de dire toujours la même chose, et de voir le bateau s’enfoncer, de se faire tirer dessus à vue penché sur leur clavier.
    J’abrège donc.
     Malgré tout dire encore que la france est devenu une exeption.
     Des lycées avec de profs imposés, c’est dans ce pays, où aucun recrutement interne n’est possible. Juste des mutations permises grâce à leur points banania patiemment .rassemblés.
    Une caricature qui passe de plus en plus mal au yeux du public.
    Rappelons que d’ autres fonctionnaires, comme dans les hopitaux par exemple, on est recruté par le DRh et notés chaque année selon leur engagement et leurs qualités.


    • Abou Antoun Abou Antoun 16 décembre 2011 23:15

      engagement dans les projets pédagogiques.
      La voilà bien la tarte à la crème ; projet pédagogique, projet d’établissement. Comme si le projet pédagogique évident et unique n’était pas d’instruire, comme si le projet médical n’était pas de soigner.
      Cela fait bientôt 20 ans que l’on entend ces conneries.
      Des lycées avec de profs imposés
      Ben voyons, continuons sur cette lancée, choisissez les flics dans vos commissariats, les toubibs dans vos hôpitaux, sur leur tronche.
      Et choisissez également les ingénieurs chargés de la sécurité des centrales nucléaires en fonction de la blancheur de leur dents, de leur marque de dentifrice.
      On vous le dit, les diplômes universitaires, les concours de recrutement cela ne sert à rien. Monsieur Le Principal pourra tout aussi bien choisir le professeur Cosinus sur les conseils de Madame Machu.


    • velosolex velosolex 18 décembre 2011 08:53

      Sophismes à la pelle, refus de changer un système stalinien bien que prenant l’eau de toutes parts ;
      défense des acquis, disent-ils....Les leurs uniquement.
      Crispés sur leur petit monde, ils ne voient pas que leurs interlocuteurs ont changé, et refusent de se mettre au garde à vous.
      Incroyable de voir tout de même des enseignants soutenir un système aussi archaïque que celui dont ils se sont tant plaints par ailleurs. Mais il semble bien que la peur du changement l’emporte sur toute remise en question de leur pré carré.
      Le système actuel a bien des défauts, mais on les connait, voilà la raison pour laquelle on ne veut pas en changer.

      Il faut que monsieur le sous préfet au champ puisse continuer ses inspections.


    • Abou Antoun Abou Antoun 18 décembre 2011 19:07

      Sophismes à la pelle, refus de changer un système stalinien bien que prenant l’eau de toutes parts ;
      C’est vrai, les profs sont aussi psycho-rigides que les boulangers qui depuis des siècles, des millénaires, font le même pain avec de la farine, de la levure, de l’eau et du sel.
      Ils n’ont pas cette ouverture d’esprit des prostituées qui se sont mises aux bas résilles et à l’internet ou bien des policiers qui ont troqué le képi pour la casquette et le bâton pour le flash-ball.


  • PANDORERH 17 décembre 2011 10:49

    Cher Monsieur VILLACH,

    Pour ce qui me concerne je réponds directement à votre question : DEHORS ! dehors ces incompétents et honte à l’Administration qui les maintient alors qu’ils ont été désavoués par une décision de justice.
    Donc PAIX aux malfaisants....et bien entendu aux incompétents.

    Pour notre Procureur COURROYE, il en est de même : TOUT VA BIEN ! il a été très lourdement désigné par la Cour de Cassation comme l’auteur d’actes illégaux et évidemment il reste en place...tout comme les deux dirigeants de la police mis en examen dans la même affaire.

    Pour en revenir ou rester dans le domaine de notre chère éducation nationale, comment expliquez-vous le nombre anormalement élevés de proviseurs issus de la filière profs d’EPS ??? Les autres ne veulent-ils pas de ces postes ?


    • Abou Antoun Abou Antoun 17 décembre 2011 11:06

      comment expliquez-vous le nombre anormalement élevés de proviseurs issus de la filière profs d’EPS ???
      Je m’étais également fait cette remarque. Je n’ai rien contre les profs d’EPS je me suis toujours bien entendu avec eux (dans le cadre de leurs fonctions d’origine et en tant que collègues), mais sans avoir accès aux statistiques officielles il me semble que cette remarque est juste, et je me pose aussi cette question.


    • Paul Villach Paul Villach 17 décembre 2011 17:07

      @ Pandorehr

      Nous sommes bien d’accord, un administrateur qui a violé la loi, n’est plus digne de représenter le Service Public ! Mais vous le savez comme moi, l’administration française a dérivé vers ce mode de management où la violation de la loi est devenue une modalité d’action usuelle pourvu qu’elle y trouve intérêt.

      Que cette conduite désastreuse se fasse au prix d’une démoralisation de la nation, les ploutocrates au pouvoir n’en ont cure. Ce qu’ils veulent, ce sont des hommes et femmes prêts à tout, dès lors qu’ils sont « COUVERTS ».

      Quand à votre question sur les profs d’EPS qu’on voit accéder aux postes de direction dans l’Éducation nationale, j’avancerais une hypothèse qui s’inscrit dans ce contexte.
      1- Ces individus sont parmi les plus frustes du corps enseignants, car il y en a d’autres ;
      2- ils ont un appétit de revanche peu commun, car leurs collègues des autres disciplines les méprisent un peu ;
      3- ils sont les candidats rêvés pour occuper des postes de direction, en devant leur élévation sociale à une hiérarchie qui attend d’eux en échange qu’ils fassent tous ses caprices. Ils ne se font pas prier, ils ont une revanche à prendre sur leurs collègues.

      L’individu dont je fais état dans mon exemple, est un inculte de première ! Il ne sait pas écrire le Français correctement : « Il va s’en dire », écrit-il deux fois, par exemple, dans une lettre secrète de dénigrement d’un prof, adressée au président d’une fédération de parents d’élèves.
      Quand il s’exprimait en public, il régurgitait « les éléments de langage » - comme disent « les vaseux communicants » - qui devaient lui être servis dans des réunions de formation permanente accélérée et qu’il apprenait par coeur. Le mot « professionnel » était répété à tout bout de champ : il fallait être « professionnel », disait-il sans cesse sans se rendre compte que la première manière d’être « professionnel » dans un établissement scolaire, c’est de commencer par parler et écrire correctement le Français.
      Quand vous mettez un inculte de ce tonneau à un poste de direction, vous disposez d’un homme lige prêt à tout pour vous satisfaire : il vous est si reconnaissant de l’avoir élevé socialement malgré ses carences criantes qui auraient dû lui interdire d’accéder à ce poste.

      Voilà l’Éducation nationale aujourd’hui ! Paul Villach


Réagir