mardi 4 mai - par Daniel MARTIN

Régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, un vaudeville politique surréaliste

Le vaudeville politique pour le moins surréaliste en PACA, en regard des défis que suppose la situation écologique, climatique et sociétale va certainement laisser des traces au sein de LR et de LREM. C’est à croire que la recette de la ratatouille, spécialité des cuisines niçoises, a inspiré Renaud Muselier et LREM, tout en donnant des indigestions à LR.

Additionner « deux faiblesses » ne rend pas forcément plus fort l’une ou l’autre, voire les deux, mais peut aussi les affaiblir encore d’avantage

La première des faiblesses pour LR prend son origine dans l’abandon progressif des valeurs qui fondaient sa doctrine politique « Gaulliste ». Ces valeurs étaient fondées, sur des idées de droite libérale, toutefois Keynésiennes avec intervention de l’État dans l’économie, mais aussi sociales. L’échec lamentable aux présidentielles de 2017 de François Fillon, avec des règlements de compte évident au sein de LR, fut le point culminant qui allait enraciner sa faiblesse dans la vie politique Française, aggravé par le ralliement à Emmanuel Macron de certains de ses « ténors », avec la bénédiction discrète de Sarkozy…

La faiblesse de LREM réside dans son organisation et son absence d’implantation locale qui réduit ce parti à une fonction exclusive « d’écurie présidentielle », que ne peut compenser le travail de ses parlementaires avec des débats, locaux, nationaux ou conférences nationales diverses, notamment, celle portant sur le climat. Outre certaines réformes envisagées ou réalisés qui soulevèrent de nombreuses protestations, le début du mandat présidentiel fut marqué par des phrases jugée méprisantes à l’égard du « bon peuple », telles » : « les premiers de cordée » ( sous entendu, Ils méritent les privilèges, parfois exorbitants qui sont les leurs et auxquels on ne touche pas), ou encore « ceux qui ne sont rien » et qui ont voulu être quelque chose en inondant les carrefours et places des villes du pays, couverts d’un gilet jaune. Cela ne pouvait que rejaillir sur LREM, dont on a eu un aperçu lors des Municipales de Mars et Juin 2020. Mais aussi les mesures prises, parfois,« cahin caha » dans le cadre de la pandémie sanitaire Covid-19, même si la situation n'était pas facile, n’ont pas arrangé l’image de LREM et de son « commandant » suprême.

La droite Française serait-elle toujours la plus bête du monde ?

La droite Française démontre une fois de plus qu’elle est « la plus bête du monde », car en se déchirant comme des débutants, en exhibant leurs chamailleries internes, une fois de plus, les responsables de LR ont raté une occasion de reprendre la main. LR poursuit ainsi avec application sa lente descente aux enfers. Entre une partie de son électorat attirée par la sirène Le Pen et l’autre sensible au « Césarisme » de Macron, à LR, il ne lui restera à terme « que les yeux pour pleurer »…

Par rapport au RN de Marine Le Pen, qui n’a pas abandonné le berceau familial idéologique du patriarche, soit on s’y oppose, soit on le soutien, éventuellement en s’y associant, mais en aucun cas il ne faut le singer pour espérer le doubler en reprenant ses thématiques, comme le fait LR. Consciemment ou inconsciemment, depuis des années, LR perd ainsi une parti de son électorat au profil de RN.

Si l’opération de Renaud Muselier présentait un avantage pour LREM, elle pouvait être une chance politique pour LR

Alors, qu’avec l’opération Renaud Muselier aux régionales de Provence Côte d’Azur en Juin qui n’a fait que conclure un accord de principe dès le premier tour et non une fusion de liste, ils avaient une occasion unique de gonfler les muscles, d'expliquer aux Français que la "combinazione" opérée dès le premier, au lieu du second tour, au pays des santons, était une victoire et de clamer que les Bourgeois de Calais, dans cette affaire, étaient bien les amis du chef de l’Etat, ils ont fait tout le contraire. Ce coup politique de Renaud Muselier et de barons locaux de LR, entre Canebière et promenade des Anglais, révélait pourtant l’infinie faiblesse de LREM que ne peut masquer l’argument « d’un front républicain » fut-il partiel, contre le péril RN... Mais la politique est un art que ceux qui se réclament du gaullismes semblent avoir ignoré en ces circonstances.

Faut-il rappeler que ce n’est pas au niveau des collectivités territoriales, municipales, départementales, régionales que se décide la politique générale de santé, d’éducation, de défense, de justice, de relations internationales, de sécurité intérieure, d’environnement… Dès lors on ne voit pas pourquoi des formations politiques de sensibilités différentes, voire opposées politiquement au niveau national, ne pourraient pas s’entendre dès le premier tour sur un projet exclusivement territorial.

Certes la logique de nos institutions veut qu’avec des élections à deux tours, au premier tour chacun y va sous sa bannière et des accords de fusion se font pour le second tour. Le problème c’est pour qu’une formation politique puisse fusionner au régionales, elle doit obtenir entre 5 et 10 % de vote valablement exprimé de l’électorat ayant voté. Pour l’instant les votes blancs ou nul ne sont pas comptabilisé. Il est évident que les petites formations qui souhaitent exister sur le terrain politique, voire avoir quelques élu(e)s elles sont obligées de passer sous « les fourches caudines » des partis les plus importants. Il en est de même pour les partis politiques ayant obtenu entre 5 et 10%, sauf qu'ils sont en capacité d'être plus exigeants.

En regard de l’électorat, pour LREM, le vaudeville politique en PACA avec LR risque d’avoir des effets contraires à ses espérances.

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Ce vaudeville politique en Paca démontre à l’évidence que LREM apparaît comme un parti politique enclin à tous « les arrangements » , à droite comme à gauche, pour ne pas totalement disparaître de l’échiquier politique, comme le constate la plupart des observateurs politiques. Le parti LREM s’est constitué pour servir, d’abord, « d’outil » de campagne présidentielle à Emmanuel Macron, tout en étant contraint d’être présent aux élections territoriale pour s’efforcer d’exister et préserver le noyau dur de l’électorat de 2017.

Mais, vu son fonctionnement interne, en dehors des parlementaires, son absence d’encrage sur le terrain, LREM est contraint à faire de la figuration active en obtenant, au plus, une simple présence dans les conseils des collectivités territoriales… C’est ce qui se dessine en PACA et ailleurs pour les régionales de Juin...

Si LREM ne reste qu’une organisation de campagne électorale, essentiellement présidentielle au service de son géniteur, comme cela semble être le cas depuis 2017, en cas de défaite ou à l’issue de ses deux mandats présidentiels (par la Constitution un(e) président(e) de la république ne peut faire plus de trois mandats successifs), elle est condamnée à s’effacer de la vie politique. Au plus, de poursuivre son chemin en servant d’appoint électoral à d’autres formations, tout en espérant renaître de ses cendres, selon le bon vouloir d’Emmanuel Macron.

Urgence écologique, dérèglement climatique, sixième extinction des espèces en cours, avec les défis du XXIe siècle que cela suppose, le vaudeville politique en PACA est pour le moins surréaliste

La gravité de la situation écologique, économique, sociétale, et les défis du XXIe siècle qu’elle suppose doivent être placés au coeur des débats et des politiques à conduire. Comme les découverts écologiques se sont ajoutés d’une année sur l’autre à l’instar des déficits publics qui se cumulent dans la dette, la dilapidation du capital naturel commence de plus en plus tôt. Or Les difficultés financières et économiques de l’Europe et de la France sont à la fois reliées aux difficultés d’approvisionnement en énergie, à la menace du réchauffement climatique, au décalage entre les ressources, l’espace vital disponibles et une croissance démographique continue.

Avec la destruction de la Biodiversité et l’extinction de plus d’un million d’espèces animales qui est en cours par la seule faute de l’Homme, cette situation gravissime ne peut être désormais éludés de nos choix politiques et ce à tous les niveaux, notamment des collectivités territoriale, en particulier quand il s’agit de la gestion régionale…

Un nombre croissant de données montre également de façon irréfutable que les changements climatiques récents résultent essentiellement de l'activité humaine, dont le mode d'influence est certes complexe. Qu’il s'agisse de ce que nous consommons, des types d'énergie que nous produisons et utilisons, du lieu où nous vivons, du pays, ville, périphérie ou zone rurale, riche ou pauvre, de notre âge, jeunes ou vieux, de notre nourriture et même de la mesure dans laquelle femmes et hommes jouissent de l'égalité des droits et des chances.

Pour tout projet territorial il faut désormais raisonner en terme de MENAGEMENT du territoire plutôt qu’en terme d’aménagement du territoire, ce qui supposerait l’arrêt des densifications de l’habitat des centres urbains, générateurs d’étalement continu. Mais aussi agir pour une maîtrise démographique et un meilleur équilibre territorial entre les villes et les campagnes

Avec la nouvelle révolution numérique, vers une nouvelle mutation anthropologique se précise, mais le vaudeville politique en PACA intéresse plus les responsables politiques

Nous devons également prendre acte que nos sociétés sont également confrontés à une nouvelle révolution numérique des « intelligences artificielles » qui est entrain de provoquer une nouvelle mutation anthropologique, telle que celle qui suivit, la découverte du moteur à vapeur et l’électricité, mais aussi le moteur à explosion.

Dans tous les domaines : entreprises, services, santé, hôpitaux, enseignement, transports, militaires etc. désormais l’Intelligence artificielle s’installe partout avec des applications de substitution totale de l’intervention humaine aux robots par phases successives. Il est évident que l’intelligence artificielle va susciter des espoirs, parfois surréalistes, mais aussi des craintes apocalyptiques, dont certaines peuvent être justifiées….

Un avenir, dont la consommation ne passera plus par les grands espaces commerciaux, vitrines de la société de consommation et des méthodes d’achat d’hier

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Avec le changement de statut des robots par internet et l’interconnexion entre eux où aujourd’hui on peut faire fonctionner des entreprises (dites entreprises 4.0) sans peu d’intervention humaine, ce qui va s’amplifier demain avec la 5 G et le développement de l’informatique quantique… Avec les conséquences sociales et sociétales que l’on peut imaginer....

Avec les nouvelles habitudes d’achat et de livraisons via les plateformes numériques qui ne vont cesser de se développer, avec le risque de voir surgir de puissants groupes monopolistiques et les risques que cela peut présenter, faute d’avoir pris « certaines clés » préalables. A terme les entreprises de la grande distribution ne seront très probablement plus des vitrines de la société de consommation regorgeant de produits mais des aires de stockage avec plateformes numériques. Dans un futur proche, les plateformes de stockage qui se substitueront aux actuelles « grandes surfaces commerciales » seront entièrement gérées par des robots interconnectés entre eux et à internet pour les diverses opérations d'acheminement, stockage et distribution des produits, ainsi que pour la gestion, mais cela n’empêchera pas pour autant la tentation consumériste. Il n’y aura d’ailleurs pas que les entreprises de la grande distribution qui seront concernées par la nouvelle révolution numérique, avec internet et l’interconnexion des robots entre eux.

Nul doute que pour les usages domestiques, des efforts par les pouvoirs publics, comme des collectivités territoriales, devront être fait pour encourager, voire imposer une réduction de la multiplicité actuelle des objets interconnectés. L’interconnexion de ces objet entre eux et internet étant très souvent inutiles, alors que tout cela a un coût énergétique et environnemental élevé.

Des tâches pour des décisions très simples, confiées aujourd’hui aux robots numériques vont progressivement se complexifier

Aujourd’hui on est en mesure de confier des tâches sélectives de décision aux robots numérique, notamment, pour la justice, la médecine, l’enseignement, mais aussi faire déplacer des véhicules sans chauffeur ou des drones-taxis sans pilote, y compris faire fonctionner des usines sans aucune intervention humaine grâce aux interconnexions de l’intelligence numérique entre les machines, avec toutes les conséquences d’éthique que cela suppose. Par exemple, s’agissant de la justice pour désengorger les tribunaux, lorsque cela ne relève pas de décisions concernant des jugements dans des situations complexes, où elles doivent être prises en « son âme et conscience », les robots peuvent très bien suppléer les magistrats pour prononcer des sanctions en fonction de critères très précis. Demain, ce ne sera plus dans des situations simples, mais dans des situations complexes que les robots numériques pourront remplacer la décision humaine.

Des avantages, mais aussi des inconvénients et non des moindres

Cette « nouvelle révolution numérique » peut offrir des avantages incontestables pour la réduction des mobilités par le télétravail ou toutes autres activités diverses à distance, ce qui évite de nombreux déplacements quotidiens, donc moins de rejets de gaz à effet de serre et des économies liées aux frais de déplacements non effectués, ainsi que l’énergie avec le carburant également économisé. Elle présente également des avantages non négligeables, en particulier par rapport aux nouvelles méthodes d’achat, via les plateformes numériques, ce qui évite aussi des déplacements. Par contre, malgré les avantages qu’offre le télétravail, cela soulève quelques inquiétudes justifiées par rapport au vécu professionnel des personnes exerçant une activité contrainte par télétravail à domicile, ainsi qu’au fonctionnement à venir des entreprises 4.0 ( demain 5.0 ) sans intervention humaine. L’interconnexion des robots entre eux eux et internet va avoir un impact social incontestable avec de nombreuses suppressions d’emplois (le forum économique mondial de Davos évoque le chiffre de 5 millions à l'horizon 2025 et cela hors pandémie), en particulier pour les personnes de faible niveau d’étude. Certes, de nouvelles activités, que l’on ne peut imaginer aujourd’hui verront le jour, telles les plateformes numériques que l’on ne pouvait imaginer dans les années 1980/1990, encore faut-il anticiper une réflexion et prendre des mesures préventives, notamment par la formation… Mais il est plus simple pour les dirigeants politique d’amuser le bon peuple avec un vaudeville politique en PACA que de prendre à bras le corps ces problématiques...

Par ailleurs, la nouvelle révolution numérique va nécessiter de plus en plus de besoins en production d’électricité, mais surtout des métaux rares issus des terres rares (elles ne le sont pas toutes) qui sont indispensables pour les diverses applications numériques et sont une matière fossile qui n’est pas inépuisable. L’extraction des terres rares a un impact considérable sur l’environnement et la santé des salariés, ainsi que sur celle des riverains, et va devenir de plus en plus coûteuse. Le fait que la Chine détienne plus de 90 % de la production mondiale ne va pas faciliter la situation.

Pour conclure

Vu les perspectives, que la pandémie du Covid-19 assombrit, on peut regretter que, lors des élections politiques précédents, une réflexion et un débat sur ce sujet pour prendre des mesures préventives n’ait ps eut lieu, sachant que les régions ont un rôle essentiel de terrain à jouer, en liaison avec les entreprises concernées ou qui vont être concernées .… Mais vu le vaudeville politique actuel en PACA qui concentre toute l’attention de la plupart des responsables politiques sur le plan national, et demain probablement dans d’autres régions, on ne peut qu’être très pessimiste ...



12 réactions


  • samy Levrai samy Levrai 4 mai 10:50

    pipolitique de bazars 


  • ticotico ticotico 4 mai 14:35

    Faut pas chercher très loin... Le petit manu, le diable de l’Elysée, cherche à élargir sa base électorale pour 2022. Officialiser ses intentions de fusion acquisition avec le parti de droite canal historique lui semble le bon moyen d’y parvenir.

    Pour cela, il suffit de corrompre quelques professionnels de la profession politique avec la promesse de sièges électoraux...

    Un coup pas trop difficile à réussir quand on a affaire à des gens qui « s’engagent en politique » plus par ambition que par conviction. Et même si la manoeuvre ne se trahit pas par une liste commune, l’objectif sera atteint de démontrer que voter macron ou LR c’est quasi pareil.


    • Fergus Fergus 4 mai 17:25

      Bonjour, ticotico

      C’est en effet très exactement ce qui se passe : Macron a définitivement passé par pertes et profits ses quelques soutiens venus de la gauche en 2017 ; depuis des mois, il est clairement en train, en vue de 2022, de phagocyter la droite, et LR est impuissant à empêcher cette offensive : trop de caciques de ce parti ont d’ores émigré vers LREM ou sont sur des listes d’attente de prochains maroquins.


  • ticotico ticotico 4 mai 14:38

    @ additif correction

    « ne se trahit pas »

    il faut lire

    « ne se traduit pas »... quoique, trahir ne soit pas un mot déplacé dans ce contexte


  • superyeti superyeti 4 mai 16:39

    Cela prouve une nouvelle fois que LR, Le Modem et les socialistes sont sur la même ligne européiste ultralibérale.


    • Fergus Fergus 4 mai 17:30

      Bonjour, superyeti

      Ce n’est pas exact pour les socialistes qui sont clairement scindés en deux camps : les libéraux et les progressistes. Les premiers ont, dans le sillage de Valls, voté Macron en 2017 ; les autres ont voté Hamon ou Mélenchon.


  • Les suiveurs et criminels Macronistes de la gauche-écolo crétinos

    Une petite nuée d’intelligence de Maître Fabien Di VIZIO

    https://www.youtube.com/watch?v=n8M65n9Yp8s&t=8s

    00:00​ - Intro
    02:13​ - La mise en danger de la vie d’autrui
    11:58​ - Les BTS et les examens en présentiel
    23:38​ - Le cabinet McKinsey


  • ETTORE ETTORE 4 mai 23:23

    Le marché aux Judas est ouvert !

    Le Festival de la Crassitude, vas faire un tabac .

    Dommage, que ce soit le peuple qui en finalité se prenne toujours, les plis du tapis rouge dans les dents !

    Mais bon, tout ce barnum, élimineras le corona, bien plus efficacement que les piccouses.

    Ben oui, faut de la disponibilité dans les cerveaux.....Encore un peu de patience.


  • zygzornifle zygzornifle 5 mai 08:50

    Foutez les tous au SMIC et ils se tailleront comme des rats pendant un naufrage .....


  • nemesis 5 mai 22:46

    C’est pour encourager l’Abstention !


  • Macron et ses sbires de peur d’une guerre civile souhaitent désarmer les français même si ils se font tuer par des dealer surarmés ..

    https://lesobservateurs.ch/2021/05/01/justice-un-citoyen-francais-en-regle-a-le-droit-de-posseder-une-arme/

    Au moment où les « islamo-truands » des banlieues des grandes villes, de Grenoble à Marseille, possèdent et utilisent des kalachnikovs....


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