mercredi 10 octobre - par christophecroshouplon

Remaniement ou le combat hémisphère gauche contre hémisphère droit

Cacophonie, pas de deux et hésitations tergiversations au sommet de l’Etat. Jupiter et son premier obligé, à savoir Emmanuel Macron et Edouard Philippe, nous jouent au combat entre hémisphère gauche et hémisphère droit à propos de ce remaniement ministériel. Le Président voulait une démission de son gouvernement et un nouveau discours de politique générale. Accroché à son boulier comme un bulot, le premier ministre refuse. De peur d’être soutenu par moins de députés que lors de son premier oral au Palais Bourbon. Susceptible, Edouard Philippe, car quoi ! Avoir 470 oui au lieu de 485 entre nous ça change quoi, rien. Mais, vous me direz, le diable, celui qui s’habille en Prada, se niche dans les détails.

Les journalistes et les micros ont donc fait le pied de grue toute la matinée sur les trottoirs de la rue du Faubourg Saint Honoré pour rien, on a fait monter la mayonnaise BFM pour accoucher d’un report, ces messieurs-dames de la Presse Grand Siècle s’en sont allés la mine grise se disperser dans les boutiques de luxe des alentours sans le moindre entrefilet. Obligés de broder sur du vide, ma foi nos éditorialistes sont dans leur cœur de compétences.

L’amusant c’est le Name dropping auquel on assiste, à savoir le nombre de ceux qui pour rien au monde alors qu’on leur fait clairement des appels du pied veulent monter sur le Titanic gouvernemental. On ne peut pas dire, pourtant le job est extrêmement bien payé et tout est écrit d’avance, ministre sous Macron, il suffit d’avoir un costard de marque, savoir lire un prompteur et palper à la fin du mois. Mais même ca, les postulants déclinent, c’est dire la force d’attraction de l’employeur.

Philippe a, nous dit-on, lâché sur le coin du bureau présidentiel des noms d’anciens collaborateurs de Nicolas Sarkozy, au hasard Frédéric Péchenard à l’Intérieur, Monsieur Basses Œuvres de l’ancien président. A peine débarrassé de l’ancien édile de la capitale des Gaules, notre jupitérien monarque a, nous assure-t-on, fait la moue à l’énoncé du nom de ce Fouché des temps modernes, et récusé les Beach Boys du mari de Carlita. Trop bling-bling, sans doute. Trop à droite, surtout, Philippe, lui, sait d’ou il vient, et Macron, maitre des horloges déréglées, a envie de conserver le contrôle sur la navigation, si la coque penche trop à droite ou à gauche, on va se prendre l’iceberg, Edouard, alors écoute, je vais faire un saut de puce en Arménie écouter de l’Aznavour, ca détendra l’atmosphère, en attendant tu réfléchis, tu ranges ta chambre et on en reparle à mon retour, d’accord …

Rarement – jamais en fait – casting aura été aussi compliqué à faire, pourtant on parle de quoi, trois à cinq ministères pas davantage. A part la comédie de Sarkozy autour du limogeage et du remplacement de Fillon par Borloo, on n’avait encore jamais vu ca. Reconnaissons, dans l’amateurisme et la pusillanimité, Macron innove, avec lui, pur débutant en politique, c’est cours préparatoire tous les jours, séquence avant le discours de la méthode. Ses supporters de la presse des neuf milliardaires ont beau broder, les plumitifs de salon s’égosiller sur le cas Michel Onfray en poussant des cris de hyènes, il n’empêche que les gens, eux, c’est-à-dire vous et moi, taclent le ridicule de la précieuse qui nous sert de monarque et se désintéressent totalement de ce jeu de fauteuils Louis XV musicaux. Que ce soit Tartempion, Guignol ou Gnafron à l’intérieur, vu que le gouvernement de la France c’est Le Manège enchanté pour le Haut de la Pyramide seul, comme dit l’ami George Clooney, what else !



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