mercredi 26 février - par Robin Guilloux

Retour sur l’affaire Matzneff

J'ai modifié mon article initial à la suite de discussions sur Agoravox. Je remercie les participants pour leurs remarques, ainsi que le site.

"Malheur à celui par qui le scandale arrive !" (Matthieu,18.1)

Marion Sigaut avait parfaitement compris, pas la semaine dernière, mais il y a 20 ans !... le « système Matzneff » et elle était une des rares personnes dont il avait peur.

Mais Marion Sigaud n'a pas été une victime de Gabriel Matzneff. C’est le livre de Vanessa Springora qui a mis le feu aux poudres. Sans lui Matzneff aurait coulé des jours heureux jusqu’à sa mort, ponctués de soupers fins avec les représentants de « l’élite » parisienne et de séjours proustiens sur la Riviera italienne. 

Jusqu’à présent, nous n’avions que son point de vue à lui et pas celui d’une de ses victimes. 

La psychologie de ce genre de personnages est difficile à saisir (on me dit que c'est un "pervers narcissique" et que les psychiatres et les juges d'instruction connaissent bien, eux, ce genre de profil). Il semble incapable d’éprouver du remords, de réfléchir aux conséquences de ses actes, de se mettre à la place des autres. Il se vante de ce dont on devrait avoir honte. J’ai lu trois livres de lui (Le taureau de PhalarisLa diététique de Lord ByronIvre du vin perdu et quelques extraits assez insupportables d'autres œuvres sur Internet) et je me suis lassé.

L'espèce d’indulgence dont bénéficient les écrivains dans ce pays a été dénoncé par Denise Bombardier dans les années 90, rappelant opportunément que la littérature n'excusait pas tout, lors d'une mémorable séquence d'Apostrophe chez Bernard Pivot,

Mais le fait est que Matzneff a échappé à des poursuites qu’auraient déclenchées le même comportement venant, mettons, d’un plombier, d’un garagiste ou d’un professeur. 

Je trouverais son comportement « dégueulasse », quoi qu’il ait écrit et bien sûr s'il n'avait jamais rien écrit, mais l'écriture me semble une circonstance aggravante car elle relève de l'apologie. Il y a un lien chez lui entre ce qu’il a écrit et ce qu’il a fait et il s’agit de comprendre ce lien autrement qu’en répétant, comme Cécile Dutheil de la Rochère dans L'hibernation (smiley !), qu’il est « répétitif » (après tout, Shakespeare, Flaubert, Dostoïevsky... disent ou semblent dire, eux aussi, toujours la même chose)

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Ce qui est répétitif chez Matzneff, ce n'est pas le fait qu'il parle toujours de la même chose (ce qu'il appelle "l'amour"), mais qu'il en parle toujours de la même manière, c'est l'évocation répétée d'actes sexuels stéréotypés avec des centaines de partenaires interchangeables (des filles et des garçons mineurs) que l'on retrouve chez un écrivain presque aussi médiocre, mais fou authentique et authentique réprouvé : le marquis de Sade.

Ce qu'il faut bien appeler le "système Matzneff", c'est le réinvestissement au sens boursier du terme de ses aventures pédophiles dans ses écrits et en particulier dans ses Carnets noirs et s'il fallait mettre un terme à ce système, c'était non seulement au nom de la morale, mais aussi au nom de la littérature.

Car Matzneff n'est ni Shakespeare, ni Flaubert, ni Dostoïevski, ni même, quoi qu'il en pense, Lord Byron et il n'aura jamais la dimension tragique d'un Oscar Wilde parce qu'il n'a jamais été capable d'une vraie relation passionnelle relativement égalitaire avec une personne adulte, comme celle d'Oscar Wilde avec lord Alfred Douglas et qu'il s'est toujours arrangé pour faire souffrir en souffrant le moins possible.

Ce que Matzneff appelle "l'amour", ce n'est pas la rencontre d'un ou d'une autre, c'est la domination de l'autre, sa négation en tant qu'autre, c'est le fait d'exiger de l'autre qu'il joue un rôle écrit d'avance, toujours le même, dans un scenario pervers écrit par lui et dont il a touché pendant des années les droits d'auteurs chez Gallimard.

Si le fond et la forme sont inséparables en littérature, le côté narcissique, fabriqué, superficiel, poussif et faisandé devrait se vérifier dans la forme.

Le rôle d’un critique littéraire qui voudrait étudier Matzneff, serait donc de s’attacher à montrer que la prose de Matzneff ressemble à ces dragées empoisonnées que le marquis de Sade donnait aux prostituées qu’il rencontrait dans la rue et d’en faire l’analyse chimique.

A propos de Gabriel Matzneff, comme, en son temps de Louis-Ferdinand Céline, se pose l'éternelle question des rapports entre la littérature et la morale.

Les uns voudraient que la littérature soit au service de la morale, comme la philosophie, du temps de saint Thomas d'Aquin était au service de la théologie, les autres que les deux n'aient rien à voir.

Mais si on ne doit pas juger une oeuvre en fonction de la vie de l'auteur et de son caractère plus ou moins "édifiant", on peut et on doit juger le contenu de l'oeuvre et faire la part, par exemple, entre les écrits ouvertement antisémites de Céline et Le voyage au bout de la nuit ou qui font ouvertement l'apologie de la pédophilie chez Matzneff et les autres, pour autant qu'il y en ait.

Il faut distinguer le comportement des auteurs et les œuvres qui font ouvertement l'apologie d'une grave déviance condamnée par la Loi parce qu'elle détruit des vies humaines et qui relèvent du droit pénal et leurs autres écrits qui relèvent de l'appréciation personnelle esthétique et/ou morale et de la critique littéraire. Gide, Montherlant (hormis sa correspondance avec Roger Peyrefite, Les Garçons évoquant des relations amoureuses assez "soft" entre mineurs), et même Goethe, paraît-il, étaient attirés par les "moins de seize ans", mais leurs œuvres ne font pas explicitement l'apologie de la pédophilie et parlent en général d'autre chose. Il n'en est pas de même de l'oeuvre de Gabriel Matzneff ou de Tony Duvert où tout gravite, comme une obsession, autour de ce thème.

Louis-Ferdinand Céline et Lucien Rebatet étaient antisémites et ont collaboré avec les nazis, mais Le voyage au bout de la nuit, ou Les Deux étandards ne sont pas ouvertement antisémites.

Il y a des limites légales à ce qu'on appelle "la liberté d'expression" parce qu'il y a aussi des limites morales et je ne suis pas de ceux qui réclament la liberté absolue pour les écrivains.

Mais ce qu'il faut bien appeler une campagne de lynchage médiatique autour de Gabriel Matzneff prend une tournure qui en dit long sur le milieu intellectuel parisien et sur une partie de l'opinion.

Après s'être rendu complice d'un écrivain qui faisait l'apologie de la pédophilie et du tourisme sexuel, la quasi totalité du milieu éditorial, journalistique, littéraire et intellectuel, avec une hypocrisie et une lâcheté qui donnent la nausée, se détourne désormais de lui en se bouchant le nez et laisse, quand elle ne l'incite pas, l'opinion publique qu'elle a contribué à égarer, réclamer sa mort sociale, voire son élimination physique.

J'ai écrit ici même un article que je crois sans équivoque sur le témoignage de Vanessa Springora dans lequel je condamne fermement le comportement passé de Gabriel Matzneff, mais je refuse de m'associer à cette campagne.

Pourquoi ? Parce que rien n'est plus suspect que l'unanimité. Car derrière l'unanimité, il y a les accusation rituelles et derrière les accusations rituelles, il y a le lynchage... Il y a une communauté humaine rassemblée contre un seul pour régler ses conflits, ses haines, ses violences et pour chercher à s'en délivrer miraculeusement. 

Le mouvement d'indignation autour de Gabriel Matzneff ne fait que confirmer le rôle que joue l'imitation dans les collectivités humaines et qui explique ces mouvements de balancier entre apologie et condamnation, aussi violents qu'irrationnels.

"La vraie morale se moque de la morale", disait Pascal. La sexualité et le plaisir ne sont pas condamnables. Ce qui est immoral, c'est de violer ce que Kant appelait "le principe d'humanité", c'est-à-dire de traiter l'autre comme un moyen et non comme une fin. C'est en cela que Gabriel Matzneff a mal agi.

Il faut le dire et le redire et on a raison de le faire. Mais doit-on pour autant réclamer sa déchéance sociale, voire sa mort ?

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La condamnation de Gabriel Matzneff doit-elle servir à faire oublier les errances passées de toute une génération et à absoudre ceux qui se sont rendus complices de l'auteur des Moins de seize ans ?

Son cas doit-il servir à résoudre les problèmes collectifs par la violence sacrificielle dont René Girard a bien expliqué le mécanisme dans La violence et le sacré ?

Peut-on réduire un être humain à ses errances, peut-on le condamner en lui refusant toute chance de se racheter ? Notre société laïcisée ignore ce qu'est le péché, mais aussi le pardon.

Même s'il est fort possible qu’il soit encore en train de rouler tout le monde dans la farine avec ses airs de chien battu.

Même s'il n'a pas conscience de la conséquence de ses actes et qu'il ne le sera jamais. Même s'il n'est pas capable d'éprouver des regrets, voire des remords et de demander pardon et bien que sa conduite relève d'un système et non d'un égarement.

Doit-on enfermer Matzneff dans une catégorie psychique comme le font certains experts-psychiatres, une essence qui expliquerait tout (pervers narcissique) ou au contraire lui accorder, comme à tout un chacun, une part de libre-arbitre et de conscience morale ?

Comme le dit Vassili Grossman, cité par Alain Fienkelkraut dans Un cœur intelligent, "condamner un homme est une chose redoutable, même s'il s'agit du plus redoutable des hommes." (Tout passe)

La régulation de la sexualité dont Jean-Claude Guillebaud a montré dans La Tyrannie du plaisir qu'elle n'était pas le monopole du christianisme, existe dans toutes les sociétés (on la retrouve chez les Grecs, chez les Romains, chez les Amérindiens, dans les codes babyloniens, etc), à cause des dangers réels qu'elle implique - notamment la rivalité, la contagion de la violence et les traumatismes liés à la séduction précoce - et de la nécessité de poser des limites, ou pour employer un mot interdit par la modernité triomphante  : des interdits.

En cela, Gabriel Matzneff, comme la plupart des intellectuels "post-soixante huitards" s'est montré bien naïf et bien superficiel, comme il a joué avec le feu en se plaçant dans la situation sacrificielle de don Juan - et l'on sait comment finit ce "personnage de papier" dans Le Festin de Pierre de Tirso de Molina, la pièce de Molière et l'opéra de Mozart.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle son oeuvre me semble bien moins intéressante que celle d'un Michel Houellebecq.

Mais est-ce une raison de vouloir sa mort et en quoi le suicide éventuel de Gabriel Matzneff réglera-t-il le problème ?

Notre société deviendra-t-elle plus respectueuse des autres, protégera-t-elle mieux les plus fragiles ? Y aura-t-il moins d'incestes dans les familles, moins de pédophilie, moins de féminicides ?

Le vent de retour à la "common decency", chère à George Orwell, en espérant qu'il ne tourne pas au pire : l'ordre moral et le puritanisme, qui souffle désormais en Amérique et en Europe, au risque de jeter la suspicion sur l'ensemble des relations humaines et de les rendre impossibles, est-il le prélude à une nouvelle ère de respect entre les hommes et les femmes ou envers les plus fragiles ?

On voudrait bien le croire et on ne peut évidemment que le souhaiter, mais on ne peut que s'interroger sur le sens et la valeur de ce mouvement "unanime" d'indignation tardive.

Le livre de Vanessa Springora, et ce n'est pas le moindre de ses mérites, aura révélé les effets désastreux de l'absence du père dans sa vie personnelle et dans la société contemporaine en générale. Il est grand temps de réhabiliter la figure non pas uniquement symbolique comme le voulait Lacan (une sorte d'opérateur algébrique), mais réelle du père et de l'aider à jouer tout son rôle au sein de la société et de la famille, sans en revenir pour autant au patriarcat.

Qu'est-ce qu'un pédophile ? Le contraire d'un père. Si le mouvement d'indignation actuel constitue le prélude à un retour des pères, alors je m'associe de tout cœur, mais sans vouloir ni demander pour autant la peau de celui par qui "le scandale est arrivé", à ce mouvement d'indignation.

 



51 réactions


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 février 14:06

    Merci pour vos articles. Je n’ai pas encore osé en écrire car je défendrais un point de vue TRES délicat. L’anti-Oedipe( élimination du père du triangle Oedipienn) fait le nid de l’antisémitisme et du nazisme. Raison pour laquelle j’ai manifesté contre le mariage homosexuel. J’avais perçu la pente que prendrait notre civilisation (déjà en 2002 en Belgique). Et tout se vérifie. Je suis donc moins optimiste que vous. quoique, le vent tourne). Lire ce que dit Attali sur le coronavirus. Le virus remet l’Oedipe à l’avant-plan.

    Pour reprendre les derniers mots d’Oedipe avant de mourir : "Mes filles, c’est maintenant mon tour de vous guider. Suivez-moi, mais ne me toucher pas (interdit de l’inceste — le coronavirus force la distance,....). Je trouverai tout seul la tombe sainte qui gardera mon corps dans ce pays... Lumière, si longtemps invisible pour moi, mon corps sent ta caresse pour la dernière fois. ToiTthésée, hôte inestimable et vous ses compagnons, et toi d’attique, je vous souhaite de jours heureux. Conservez ma mémoire et vous conserverez ainsi votre bonheur. Oedipe et psychanlayse d’aujourd’hui (PRIVAT— 1978). Merci à ces Cassandre qui avaient vu clair dans le monde d’aujourd’hui. Je vais me pencher sur Jean-Luc Guillebaud. Merci encore.


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 26 février 21:51

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Les Grecs ne lisaient pas du tout le mythe d’Oedipe comme nous le lisons aujourd’hui et comme le lisait Freud. Freud lit le mythe de façon tronquée. Il omet volontairement ou involontairement (il serait important de se demander pourquoi) le fait que Laïos, le père d’Oedipe était un pédophile et un assassin, qu’il avait violé et tué le fils de son hôte, ce qui est le pire forfait que l’on puisse accomplir dans la civilisation grecque).
      La faute initiale n’est pas le fait qu’Oedipe ait tué son père et épousé sa mère, mais le fait que ses parents (son père à la suite de l’oracle) l’ait abandonné en le laissant pour mort. Abandonner un enfant en pleine nature en le pendant à un arbre par les pieds (« Oedipe veut dire »pied enflé" est bien un assassinat, ni plus ni moins).
      Freud condamne Oedipe et absout Laïos et il revoit sa théorie de la séduction à cause de son propre père. Et voilà sur quelle imposture nous vivons encore.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 février 08:54

      @Robin Guilloux, Bonjour, n’oublions que l’histoire d’Oedipe est un Mythe qui a inspiré de nombreux écrivains, surtout de romans policiers. Le fait qu’Oedipe avait le pied enflé symbolise sa castration. Qui dit mythe dit « fantasme » qui subit un refoulement chez le névrosé. Si Freud n’avait pas eu une histoire de famille complexe, il n’aurait pas été le génie qu’il fut...Et à l’époque des grecs, l’homosexualité était « intégrée ». Cf : Platon. Par contre, je n’ai lu nulle part que Freud excusait Laïos. Par ailleurs, ne peut-on faire un similaire avec le coronavirus et la peste sur Thèbes ?...A méditer,...


    • gaijin gaijin 27 février 12:28

      @Robin Guilloux
      « (il serait important de se demander pourquoi) » 
      mais la réponse est connue : freud lui même a plein de problèmes avec son père et c’est a sa mort qu’il renverse sa théorie sur l’hystérie passant de celle de l’agression sexuelle a celle du fantasme produit par l’enfant ...
      freud comme beaucoup d’autres est un imposteur qui théorise dans le sens qui l’arrange pour des raisons variables ...


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 2 mars 10:24

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Freud n’excuse pas Laïos, mais il a tendance à le couvrir et à passer sous silence sa responsabilité dans l’affaire, en tant que père. Il s’intéresse essentiellement à l’histoire d’oedipe, mais pas ou peu à celle de son père qui est pourtant très éclairante. Il y a un mystère sur tout ce qui touche au propre père de Freud qui aurait été un père incestueux, ce qui expliquerait, entre autres, les revirements de la théorie freudienne de la séduction. La mythologie ne nous intéresse que dans la mesure où elle peut éclairer la réalité des relations familiales. Biswanger reprochait à Freud sa conception objectale du désir qu’il appelait « le cancer de la psychanalyse ». Il est beaucoup plus vraisemblable en effet de considérer que l’enfant ne fait que copier (imiter) le désir des parents, le fils, le désir du père et la fille, celui de la mère, qui va déboucher sur la rivalité dont le père seul peut être conscient et non l’enfant qui est beaucoup trop jeune pour conceptualiser un tel sentiment.Cf. Marie Balmary : Le sacrifice interdit.


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 février 14:09

    Moîse de l’ancien testament représente le Père et le Christ, le fils. L’enfant préféré de la mère (Quid de Joseph ???). Le Chris était à sa manière aussi un DON-JUAN Et l’on sait comment il a fini. A développer,....Tout Don-Juan est un homosexuel refoulé.


  • rogal 26 février 14:10

    Pédophilie ou pédomanie, d’ailleurs ?

    Approbation, en tout cas, de votre position mesurée, sous réserve d’adhésion à ce qui n’est qu’une principe de conduite, une règle, malgré ses allures de théorème :

    « Ce qui est immoral, c’est de violer ce que Kant appelait "le principe d’humanité", c’est-à-dire de traiter l’autre comme un moyen et non comme une fin. »


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 27 février 05:29

      @rogal

      Il est difficile de fonder la morale, d’où les discussions interminables à ce sujet. Matzneff est (était ?) un admirateur de Nietzsche (« Par-delà le Bien et le Mal »), formule que l’on peut comprendre comme on veut (les nietzschéens vous accusent toujours de comprendre Nietzsche de travers).
      Lui a compris Nietzsche comme un philosophe du plaisir et du refus des interdits, ce qui est contraire aux textes (Nietzsche condamne le plaisir, notamment sexuel).
      Pour en revenir à la formule de Kant, je suis bien d’accord avec vous sur son caractère abstrait, mais j’avais besoin d’arrimer ma réflexion à un principe moral.
      Il faut toujours partir d’une expérience concrète. La mienne a été la lecture du livre de Vanessa Springora et l’expression d’une souffrance que l’on ressent à toutes les pages.
      J’ai cherché une référence philosophique (puisque le « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ne nous suffit plus, malheureusement) et j’ai pensé à ce principe de Kant dans le Fondement de la métaphysique des mœurs : refuser de prendre autrui comme un moyen, mais toujours comme une fin.
      C’est en effet un principe de conduite possible et la condition d’un monde vivable.


    • Gollum Gollum 27 février 12:14

      @Robin Guilloux

      Nietzsche condamne le plaisir, notamment sexuel

      Heu.. curieux j’ai gardé le souvenir inverse.. Nulle condamnation..

      https://www.lexpress.fr/culture/livre/le-sexe-selon-nietzsche_814016.html


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 28 février 17:00

      @Gollum

      « Les porcs se vautrent dans la jouissance et quiconque prêche la jouissance, vois s’il ne porte pas un groin de porc. » (Zarathoustra)  « La froideur sexuelle chez les esprits supérieurs est essentielle à l’économie de l’humanité. » (Humain trop humain)  « L’instinct sexuel écarte les hommes les uns des autres. C’est un égoïsme furieux » (Œuvres philosophiques complètes, IV, 472)  « Lorsqu’un peuple dégénère (...) il en résulte la luxure (Crépuscule des idoles)
      Misogynie de Nietzsche : »La femme constitue la deuxième bévue de Dieu« (L’Antéchrist) »On ouvre un livre écrit par une femme et bientôt on soupire : « encore une cuisinière qui s’est fourvoyée ! » (Oeuvres philosophiques complètes, XI, 419) (cité par Jean-Claude Guillebaud, La tyrannie du plaisir, p.465-466)


    • Gollum Gollum 29 février 10:56

      @Robin Guilloux

      Je ne vois pas dans ces citations une condamnation du sexuel. Simplement de la luxure, ce qui est très différent. Autrement dit l’abandon sans frein à des pulsions non maitrisées. Or N. a toujours voulu gérer ses pulsions comme un cavalier qui maitrise sa monture. Il y a donc pour lui des phases où il faut se réserver (phases de création) et les autres..

      Sur la nécessité pour le créateur de se réserver, les sportifs de compétition d’aujourd’hui en font une règle pour beaucoup d’être eux..

      Bref, aucune condamnation du sexuel je maintiens. Le sexuel ne se ramène pas à la luxure..

      Sur la misogynie je serai déjà plus en accord avec vous. Bien que beaucoup de phrases de N. que l’on considérerait aujourd’hui scandaleuses, sont en fait assez justes (selon moi)..


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 2 mars 10:35

      @Gollum

      Oui, vous avez raison. Nietzsche ne vise pas l’éros en général, mais la luxure. Les analyses de Nietzsche sont toujours très subtiles, au point qu’on a l’impression qu’il se contredit. Il ne se contredit pas,mais montre que la réalité (la vie) elle-même est contradictoire, notamment la réalité des relations humaines et de l’éros : « Et avec quel air gentil la chienne sensualité sait mendier un morceau d’esprit quand on lui refuse un morceau de chair. » (Zarathoustra).


    • Gollum Gollum 3 mars 12:01

      @Robin Guilloux

      Il ne se contredit pas,mais montre que la réalité (la vie) elle-même est contradictoire,

      C’est tout à fait juste. D’une certaine manière on ne peut pas dire qu’il fut un disciple d’Aristote..


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 3 mars 14:25

      @Gollum

      Le logique d’Aristote est fondée sur le principe de non contradiction, celle de Hegel sur la synthèse (dépassement dialectique) de la thèse et de l’antithèse. La logique de Nietzsche sur la prise en compte du caractère contradictoire de la vie, mais sans synthèse, ni dépassement possible. Je pense à une phrase de Nietzsche (dans Le Gay Savoir ?) qui qualifie bien sa pensée : « Je suis une nuance ».


    • Michel Donceel Michel Donceel 4 mars 13:20

      @Robin Guilloux
      Avant de dire n’importe quoi, on pourrait vous conseiller de lire l’un ou l’autre ouvrage de Wilhelm Reich.
      Mais, curieusement, et bien qu’il soit censé faire le miel des bobos progressistes, ses livres n’ont jamais été réédités ( à part peut-être « Psychologie de masse du fascisme », dont la lecture peut largement permettre de comprendre ce qui se passe avec l’islamisme, basé sur la négation totale de toute sexualité naturelle - comme d’ailleurs, et ce n’est pas un hasard, même si cela s’exprime différemment, la théorie du genre si chère aux progressistes )
      Reich, s’il n’était mort du fait de la bienveillance des libéraux américains à son égard, aurait sans nul doute milité fermement contre le désordre sexuel qui sert de norme aux élites modernistes.


  • Pierre Régnier Pierre Régnier 26 février 14:16

    Dans cet excellent article je relève tout particulièrement ceci :

     

    « Les uns voudraient que la littérature soit au service de la morale, comme la philosophie, du temps de saint Thomas d’Aquin était au service de la théologie, les autres que les deux n’aient rien à voir ».

     

    Cette phrase me fait espérer qu’on verra bientôt la philosophie contemporaine cesser d’apporter son soutien persistant à la composante criminogène de la théologie, laquelle est actuellement toujours adoptée, enseignée et justifiée par les trois grandes religions abrahamiques.


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 février 14:21

    Toute la vie de Don-Juan est déterminée par sa confrontation à la Statue du Commandeur. Père, pourquoi m’as tu abandonné. La mort pour Don-Juan, paradoxalement est aussi sa rédemption,...par le père.


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 février 14:29

    Le Christ était un anti-Oedipe. Représenté les cheveux longs (refus de la castration), entouré d’hommes et n’accordant son crédit qu’à une prostituée, il faisait des miracles (le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière, pourquoi se fatiguer,...). Masochiste (position victimaire, les autres sont mes ennemis). A développer.... Ne lui jetons pas la pierre, il a inspiré tant de peintres. 


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 26 février 20:32

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Il y a tout un chapitre dans le livre de Jean-Claude Guillebaud sur l’importance de Wilhelm Reich dans la culture occidentale contemporaine eu égard à la place qui y est donnée au désir et à la sexualité.
      Reich a été une référence bien plus importante dans les années 68 que Marcuse, pour les étudiants. C’est sur des revendications sexuelles qu’est parti le mouvement du 22 Mai à Nanterre en 1968.
      Reich a écrit un livre sur le Christ : Le meurtre du Christ où il développe le thèse d’un Jésus vitaliste, « hippie » avant la lettre, incarné et sexuellement actif.
      La dimension vitaliste et cosmique de la sexualité chez Reich remplace la dimension sociale, avec ses inévitables limites, ce qui est terriblement naïf et irresponsable.
      Nous en sommes là et les esprits lucides, sans pour autant vouloir revenir en arrière, s’inquiètent (banalisation de l’avortement, généralisation de la GPA pour tous, multiplication des familles mono-parentales, refus d’inscrire l’enfant dans une généalogie et dans un récit familial...). Il suffit de dire ça pour passer pour un horrible réactionnaire et la messe est dite.
      La désocialisation de la sexualité, l’individualisme, le délitement de la famille, la disparition de la figure du père, les excès des « avancées sociétales » qui ne sont jamais assez « excessives » (mon désir est mon droit) sont tout à fait dans la pensée de Reich. Vous savez qu’il est devenu complètement fou à la fin de sa vie.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 février 21:55

      @Robin Guilloux Sa boîte à orgone relève d"un délire paranoïaque lire Smirgel ; Freud ou Reich.


  • Francis JL 26 février 14:32

    ’’Notre société laïcisée ignore ce qu’est le péché, mais aussi le pardon ’’

     Ce n’est pas parce que dieu est mort que la morale a disparu.

     

     ’’Gabriel Matzneff, comme la plupart des intellectuels "post-soixante huitards" s’est montré bien naïf et bien superficiel, comme il a joué avec le feu en se plaçant dans la situation sacrificielle de don Juan ’’

     GM naïf ? Vous plaisantez ? Il ne faut pas confondre se « placer en situation sacrificielle » et être devenu bouc émissaire


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 février 14:38

    Nombreux éléments de sa biographie donnent à penser que Matzneff était d’origine juive. 


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 26 février 19:23

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Il pratiquait la religion orthodoxe, mais on ne sait pas grand chose en fait sur son enfance et son adolescence. Vanessa Springora suggère qu’il aurait été victime d’un proche pédophile dans son enfance.
      En ce qui concerne le judaïsme ou les origines en général, je pense qu’il est très important de se mettre au clair (quelles sont mes origines, ma provenance, ma généalogie ?). S’il a des origines juives et qu’il fait croire qu’il est un russe orthodoxe, c’est un juif (ashkénaze) honteux. Le judaïsme interdit l’inceste et la pédophilie (Décalogue, Lévitique) ; mais aucune religion n’écarte la morale, sans s’y réduire pour autant et je n’en connais aucune qui autorise la pédophilie et l’inceste.
      Matzneff s’était fabriqué une sorte de religion à lui qui aurait autorisé la pédophilie, en la qualifiant d’orthodoxe et en y intégrant tout le folklore orthodoxe.


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 27 février 11:52

      @Robin Guilloux

      Oui, comme vous le dites, « En ce qui concerne le judaïsme ou les origines en général », « il est très important de se mettre au clair ».

       

      Dans un commentaire à un autre article publié sur Agoravox le même jour que le vôtre, je demande plus précisément au rabbin Delphine Horvilleur et au Mouvement Juif Libéral de France (MJLF) qu’ils se mettent au clair sur la théologie criminogène juive. Et je la rappelle ainsi :

       

      Dieu a « donné » la terre qu’il a promise à Moïse en commandant à son armée, dirigée par Josué, d’aller massacrer systématiquement tous les Cananéens qui refuseraient de laisser leurs terres et leurs cités aux « propriétaires désignés par Dieu » venant « chercher cette terre promise ».


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 février 15:01

    Les vrais responsables sont bien sûr les pères absents qui n’ont pas su protéger leur fille. Matz n’a fait que profiter de la brèche. Il est le TRICKSTER, le révélateur (JUNG).


    • velosolex velosolex 26 février 19:17

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
      C’est vrai en partie, mais les ados sont parfois difficiles à gérer. Si des carences familiales sont parfois évidentes, il y a parfois simplement la mauvaise rencontre, au mauvais moment. Beaucoup d’écrivains, comme Simenon, auront eu la certitude d’être passé tout juste à coté de la délinquance à l’âge tendre, où tout est possible. Etre parent, à un certain moment, c’est moins facile à gérer qu’à l’époque de la maternelle. Et cela fait repasser par ces moments charnières de la vie, où l’on s’aperçoit qu’on a frôlé le vide, et que l’on a été un enfant se prenant pour un adulte. Pire même : Le juge des adultes, dans une posture prométhéenne . 
       J’ai lu cet été un très beau roman. « Plus haut que la mer » de Francesca Melandrihttps://bit.ly/3c7EYK1 Un prof de philosophie vient rendre visite à son fils, sur une ile pénitencier. Il n’exerce plus. Il a arrêté d’enseigner le jour où un de ses élèves plutôt brillant, est venu à la fin du court lui dire son admiration, et son soutien pour son fils emprisonné. Ce soutien est pour lui accablant, le déni de son enseignement, de ses cours de philo, car son fils a été arrêté après avoir tué plusieurs hommes en temps que membre actif des brigades rouges. 
      Un livre magnifique, et rédempteur que j’ai prêté à une amie. Peut être l’aidera t’il. Son fils purge une peine de prison pour être « passé par la Syrie »….C’est une psychologue, qui comme ce prof a tout fait pour tenter de donner une bonne éducation à son gamin, tout en pensant avoir aidé aussi les autres. 


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 février 08:57

      @velosolex, et aussi des mères qui ne savent pas garder le père,...


    • Francis JL 27 février 09:49

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
       
      « n’ont pas su garder » ? Encore aurait-il fallut qu’elles en eussent envie !
       
      Pfiou ! j’suis pas sûr de mes zaccords ; on peut critiquer.
       
       smiley
       


  • femene3093 femene3093 26 février 15:59

    A la lanterne !


  • sls0 sls0 26 février 16:31

    A force de réchauffer le même plat ça risque d’accrocher et de crâmer.

    Bon c’est putaclic, c’est bon pour l’égo.


  • velosolex velosolex 26 février 17:32

    Original de revenir sur la scène du crime après avoir pris l’avis des lecteurs. Tranquillisez vous, Matzneff tient le coup. Ses ventes s’envolent. Il n’a rien du chien battu mais de celui qui plutôt fait le beau. Ca serait un comble de se sentir coupable en pensant participer « au lynchage ». J’ai entendu les mêmes propos pour Griveaux...Le scandale après le silence est salvateur ! Si nous perdons notre capacité à nous scandaliser de peur d’être taxé de réac ou de puritain par ceux qui bafouent la morale et les codes élémentaires, sous prétexte qu’on porte atteinte à leur liberté de prédateur, c’en est fait de nous. 

    Attention aux mots, aux grandes phrases. Il faut bien nommer. Il n’y a pas de lynchage, juste une juste colère, dont il est difficile de régler le bouton de thermostat, mais qui en tout cas ne le déboulonne pas de sa posture satisfaite. 

    Pour sa littérature, celle ci tient de la biographie, il n’y a donc pas de le mettre dans la même catégorie que Georges Bataille, et des auteurs de fiction. Le problème en le lisant c’est que ces livres ne sont pas en effet des romans, mais des scènes de crime. Très manipulateur, ce genre de type excelle pour abuser ceux qui tentent de les comprendre. On peut dire qu’Anna Arendt a été victime de Eichman, qui a réussi à lui faire croire qu’il n’était qu’un fonctionnaire zélé tout simplement. Ca tombait bien car elle avait déjà sa théorie toute faite sur la banalité du mal. Heureusement, le bien est tout aussi banal. Ca nous réconcilie avec l’espèce humaine. 

    J’avais écris il y a quelque temps un article sur les naufragés du « Batavia », ou un type jusqu’alors anonyme, s’est déchainé sur les passagers, après avoir subjugué une partie de l’équipage, en s’investissant d’une mission diivine ; l’histoire m’avait intéressé car elle me semblait pouvoir être mise en parallèle avec les psychopathes de Daesh https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-la-psychopathie-des-pirates-du-185354


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 26 février 20:03

      @velosolex

      Tout à fait d’accord, en particulier en ce qui concerne Hannah Arendt à propos de la « banalité du mal ». Adolf Eichmann était tout sauf un homme banal : « je rirai et sauterai dans ma tombe, car j’ai le sentiment d’avoir tué cinq millions de Juifs. »


  • Yann Esteveny 26 février 19:14

    Message à Mr Robin Guilloux,

    Mr Matzneff n’est en rien un cas à part de notre société. Son traitement médiatique est digne de ces faux-médias serviteurs du pouvoir. Vous avez eu une révolution sociétale en 1968 qui vise à détruire le pays et qui a promu pleinement en conscience quantité d’individus de son genre sous prétexte de culture, de scientificité, de progrès ou d’autres fadaises du même type.

    Pour abuser de la mère et violer les enfants, il faut « tuer les pères » ou si vous voulez il faut les effacer de la famille. Comment faire cela ? C’est de l’ingénierie sociétale de base. Dénoncer un patriarcat dictatorial et prétendre libérer les femmes et les enfants. C’est les même mensonges utilisés que pour promouvoir ses guerres : on ne va jamais occuper un pays pour tuer les hommes mais toujours pour libérer le pays et pour le bien des petites filles ! Pour tuer le père, il faut convaincre de leur victimisation les femmes et les enfants. La figure du père doit leurs apparaître ringarde et c’est eux même qui vont participer à son élimination ! Ensuite il faut promouvoir un féminisme arrogant et débridé, il faut flatter tout en infantilisant la jeunesse, il faut promouvoir les transgenres, etc.... C’est le tableau de notre société occidentale actuelle. Bien entendu, il faut conspuer du terme de « réactionnaire » tous les hommes qui n’approuveraient pas cela.

    L’apologie pour la perversité est commune à la Révolution Française de 1789 et à la révolution sociétale de 1968. Elles visent toutes deux d’abord à tuer le père pour exploiter et abuser femmes et enfants. Le liméralisme moral et économique marchent dans la main depuis longtemps. La révolution française de 1789 tue Dieu (Père de la création) et le Roi Louis XVI (Père de la nation), tandis que celle de 1968 efface le père dans chaque foyer.

    Je me permets de vous conseiller la lecture des auteurs qui traitent de ce sujet plutôt que perdre le temps de votre vie avec la « littérature » de Mr Matzneff.

    Respectueusement


  • Robin Guilloux Robin Guilloux 26 février 19:40

    @Yann Eveny

    Rassurez-vous, je ne passe pas mon temps à lire Matzneff ! Je n’ai lu que trois livres de lui et j’ai trouvé ça répétitif et narcissique.

    Il y a beaucoup de vrai dans ce que vous dites. Toutes les Révolutions s’accompagnent d’une levée des interdits (française, russe et, horribile dictu : nationale-socialiste) et au début, d’une frénésie sexuelle et il y a ensuite un coup d’arrêt (Robespierre avec le culte de la vertu, Staline avec la reprise en main de la Révolution, Hitler avec la liquidation des SA et la persécution des homosexuels, etc.)

    L’idée qui structure la culture de notre temps est que l’assouvissement du désir n’a pas et ne doit pas avoir de limites, ce qui est un pléonasme car le désir est inassouvissable par essence, qu’il rencontre ou non des interdits, que ce qui est techniquement possible est moralement et juridiquement légitime. La tyrannie du désir est au cœur de l’idéologie néo-libérale et il y a évidemment une contradiction rarement explicitée entre l’exaltation de l’enfant, cœur de cible de la publicité et la lutte contre la pédophilie.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 février 19:46

      @Robin Guilloux Sans oublier Savonarole...


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 26 février 21:35

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      On retrouve évidemment le même mouvement de balancier dans l’histoire du christianisme. Mais on voit bien que ceux qui prétendent que la religion catholique était répressive sur le plan sexuel ont tort. Ça n’est pas toujours vrai. L’Eglise admettait le plaisir dans le mariage, ce qui n’était pas le cas du paganisme.
      Savonarole,farouche adversaire de la culture (il a fait brûler des tableaux magnifiques), de la chair et du plaisir, a été condamné, ainsi que les « encratistes » et les Cathares.
      J’ai de la compassion pour les cathares, mais l’idée de pureté, le refus du mariage, de l’enfantement et de la sexualité aboutissait à une destruction de toute vie sociale. L’église qui en était à l’époque la garante ne pouvait pas l’accepter.
      Avec Savonarole, on en revient au platonisme : « d’ici bas vers là-haut s’évader au plus vite » (Socrate dans le Phédon) et à l’idée que le corps est un tombeau (soma=séma).


    • Yann Esteveny 27 février 00:13

      Message à Mr Robin Guilloux,

      Chez les chrétiens, le désir et le plaisir doivent être soumis à l’Amour. L’Amour dans un couple exige que l’homme et la femme travaillent conjointement pour aider l’autre à s’édifier. Les enfants du couple donnés par Dieu aident aussi en cela.
      La vie et l’oeuvre de Mr Matzneff se détourne de l’Amour.

      Respectueusement 


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 27 février 05:36

      @Yann Esteveny

      Oui, Matzneff se dit chrétien orthodoxe mais il a passé sa vie à bafouer les principes fondamentaux du christianisme authentique. Tout est pose chez lui, marchandise de pacotille. 


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 27 février 05:36

      @Yann Esteveny

      Oui, Matzneff se dit chrétien orthodoxe mais il a passé sa vie à bafouer les principes fondamentaux du christianisme authentique. Tout est pose chez lui, marchandise de pacotille. 


    • Francis JL 27 février 08:14

      @Robin Guilloux
       
       Matzneff est aux principes fondamentaux du christianisme authentique

      ce que Macron et ses pareils sont aux principes fondamentaux de la République.
       
       Qui s’en étonnera ?


    • Yann Esteveny 27 février 13:54

      Message à Mr Robin Guilloux,

      Dans la pratique, un chrétien reconnaît d’abord un autre chrétien par ses actes en conformité avec la volonté de Dieu. Il y a les chrétiens uniquement de nom. Il y a également des « chrétiens » qui noyautent sciemment l’Eglise avec une volonté contraire au Père.

      « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. »
      Evangile selon Matthieu (Chapitre 7, Versets 21 à 23)

      Respectueusement


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 février 19:57

    Tout est parfaitement représenté dans le film : Cabaret : l’effacement de la différence sexuelle, le principe de plaisir immédiat avec l’idée qu’il suffit d’avoir de l’argent, perversions diverses,....et à l’arrière plan...parfaitement intégré dans les différents plans : la montée inexorable du nazisme. Avec le « juif » dans la figure de l’étranger qu’il faut éliminer (le père de l’ancien testament qui garde pour lui toutes les femmes,et risque de pervertir les gretchen...). Relire Totem et Tabou.


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 26 février 21:54

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Quand on parle du nazisme, on ne devrait pas oublier la déliquescence économique, mais aussi morale de la société allemande sous la République de Weimar et dont le film (et la comédie musicale) Cabaret parle effectivement très bien.


  • Djam Djam 27 février 12:18

    Très intéressant et utile article. Merci René.

    J’ajouterai une observation personnelle faite dans les très nombreuses multinationales où j’interviens depuis des années.

    Voilà ce que j’observe depuis la destruction de la fonction symbolique du Père et par conséquent du père réel dans les familles dans tous les pays où l’idéologie de l’horizontalité fut imposée.

    Horizontalité = organisation dite « matricielle ». En clair, des organisations qui se veulent non hiérarchisée et où, sans surprise, les femmes sont de plus en plus nombreuses. Le pouvoir est devenu maternaliste en lieu et place du... paternaliste.

    Cette idéologie à tout fait pour faire croire aux nouvelles générations que toute hiérarchie portait en elle la domination et jusqu’à la fascisation (carrément !).

    Tout mâle serait donc un dominant de fait, irrécupérable et donc à neutraliser. Et l’on vit progressivement se mettre en place dans les multinationales un « management » de plus en plus féminin, censé opérer avec plus de « bienveillance », une psychologisation des fonctions productives dont est absente toute hiérarchie classique. Les femmes allaient faire le boulot et... s’en réjouir.

    Et l’on vit en effet partout se mettre en place, après quelques années de cette nouvelle organisation horizontale, de plus en plus de malaise, de perversion (masquée sous un masque de pseudo bienveillance et d’écoute bidon).

    Même les hommes durent s’aligner sur cette psychologisation généralisée des fonctions de management, cette dernière notion n’étant qu’un concept fumeux par lequel les « acteurs » de l’entreprise devaient s’auto régulier, s’auto encourager, s’auto corriger. Bref, une saloperie manipulatoire qui commença à faire des dégâts visibles.

    Et je vis dans les multinationales, un peu partout, des lois universelles remplacées par des « valeurs » et des discours truffés de mots bidons, détournés de leur sens et par conséquent, manipulateurs à souhait. L’envahissement de mots anglais et d’acronymes y jouant un rôle central générant de plus en plus d’incompréhension quant au sens des actions et des décisions. D’abord embrouiller, puis manipuler sans en avoir l’air. C’est le « nouveau management matriciel » actuel.

    La première conséquence fut les pertes de sens des salariés mais aussi la perte de confiance en soi. Je ne comprends pas très bien ce qu’on me demande mais je n’ose pas exprimer mon malaise... je vais de plus en plus mal.

    Le Père, n’en déplaise aux adeptes de la société plate (égalitaire et donc égalisée, abrasée, aplanie) est porteur de la Loi. La Loi contient l’ensemble des lois universelles qui ont permis précisément d’élaborer des civilisations et de les faire tenir.

    La phalocratie, qui a bien existé et plus particulièrement au 19ème siècle, n’est qu’une dérive de la fonction du Père. Dérive qui fut encouragée par le début de l’ère industrielle où les hommes trouvèrent un sens fort à toute action. Normal, l’industrie c’est du lourd, de l’action et de l’ingénierie mécanique... un terrain naturel pour les hommes dont le fonctionnement est largement de l’ordre de l’action physique. Là encore, ce n’est pas du constructivisme mais tout simplement de l’organique.

    Qu’il ait été nécessaire de combattre cette phallocratie (qui alla jusqu’à hiérarchiser la valeur masculine et féminine en mode décroissant) cela est indiscutable.

    Mais... assimiler la phallocratie d’une époque à la totalité des hommes et jusqu’à l’évacuation des lois de verticalité relève d’une idéologie parfaitement bancale et destructrice pour toute civilisation. L’Histoire des civilisations le démontre systématiquement. Et les tribus féminines (les amazones) n’ont jamais déboucher sur des... civilisations ni des empires.

    Le progrès n’est pas par la négation des polarités (jour / nuit froid / chaud masculin / féminin....) mais leur complémentarité. Et c’est cette complémentarité que refusent, pathologiquement, les théoriciens du genre, de l’univoque, de l’indéfini, du tous-pareils qui cherchent à imposer une nouvelle société féminines où les valeurs masculines seraient à neutraliser. Simple inversion du processus initialement détesté et non progrès.

    Sans Loi de verticalité (hiérarchie humaine ontologique, moyens de transcendance), toutes les civilisations s’effondrent et en général dans le chaos et la barbarie. Le sans limite et le nivellement artificiel libèrent les pulsions régressives, et le syndrome bien nommé du « big mama » en est la funeste conséquence.


    • Francis JL 27 février 13:09

      @Djam
       
       ’’Le pouvoir est devenu maternaliste en lieu et place du... paternaliste.’’
       

      « Que veut la mère ? « Que nous n’ayons aucun désir, seulement des besoins à combler ! » 
       Les gouvernants ne sont pas, n’ont jamais été et ne seront jamais proches ; c’est un déni du pouvoir de masquer la nécessaire distance face à tout mandat impératif de satisfaction des besoins. Comme les mères abusives qui fouillent l’intimité de leurs enfants, l’État pénètre dans le détail des nôtres et entend régler à notre place nos affaires. L’homme politique doit être séparé de ceux qu’il représente et qu’il dirige, comme la mère de l’enfant qu’elle élève.
       Alors que l’acquis de la démocratie, comme le souligne Hannah Arendt, c’est la séparation du domaine privé d’avec le domaine public, la politique actuelle s’évertue à les confondre !
       » (Big Mother, Michel Schneider)
       
       
       Un essai que j’avais lu à sa sortie : beaucoup d’analyses pertinentes, mais il y a à prendre et à laisser.
       


  • eddofr eddofr 27 février 12:52

    Qu’il aille en prison s’il le doit. Moi, je me contenterai de le mépriser.

    Que ceux qui l’ont encensé et « couvert » demandent pardon.

    Et qu’on l’oublie.

    Pour ma part, c’est déjà fait.


  • Toutes les jeunes filles des années 70 étaient « initiées » parle fameux film : Emmanuelle. Cessons de jouer les vierges effarouchées,....


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