jeudi 20 février - par CHALOT

Sauf que c’étaient des enfants

« Sauf que c'étaient des enfants »

livre de Gabrielle Tuloup

168 pages

éditions Philippe Rey

janvier 2020

 

 

L'histoire se situe au Collège André-Breton à Stains.

C'est une fiction, un collège avec ce nom n'existe pas à Stains mais malheureusement les faits et surtout les méfaits décrits sont encore actuels dans de nombreuses localités.

Fatima, jeune collégienne a été agressée sexuellement pas huit garçons.

Publicité

C'est un viol manifeste.

Fatima, soutenue par sa mère a décidé de porter plainte.

C'est l'expression d'un courage hors norme car l'omerta règne souvent sur ces actes et d'ailleurs pour beaucoup d'enfants et même d'adultes, elle l'aurait cherché (!)

Ce type de réflexion est inacceptable mais tellement encore dans l'air du temps.

La police déboule au collège chez le Principal et les « enfants » sont arrêtés et conduits pour un interrogatoire dans le cadre d'une garde à vue.

Emma, la professeure de français est indignée mais aussi troublée car elle connaît ces garçons, elle en a eu certains en 6 ème quand ils étaient encore des petits à qui il lui arrivait de raconter des histoires.

Comment ont-ils pu devenir des monstres ?

« Emma s'assombrit, dans les films les monstres se transforment en princes charmants. Dans la vraie vie, c'est l'inverse, exactement l'inverse. Mais ça, ils ne sont pas en âge de le savoir. »

Le Collège est dans tous ses états, les professeurs hésitent, le Principal commence à prendre conscience qu'il lui faut assumer ses responsabilités et les surveillants s'inquiètent.

Ces jeunes « pions » vivent,eux, dans la cité ….Ils connaissent bien les familles et sont à la merci des réactions de leurs « petits frères ».

C'est vrai, mais qui a eu cette très mauvaise idée de recruter des grands frères pour en faire des co-éducateurs ?

Publicité

 

L'auteure aborde la question de l'abus sexuel dans cette société, la distinction entre la loi qui enfin a évolué et la réaction du commun des mortels.

Son héroïne, Emma, nourrie par son expérience personnelle s'interroge et pose aussi le problème de la violence au sein du couple.

Elle reçoit alors en plein visage cette réponse d'une adulte proche :

« Enfin, Emma, tu ne peux pas dire une chose pareille. Il y a deux poids, deux mesures ! On ne compare pas un « vrai » viol et un devoir conjugal mal compris » !

 

D'un côté ce ne sont que des enfants (?) et de l'autre un « devoir conjugal mal compris » !?

Il y a encore du chemin à faire !

 

Jean-François Chalot

 



6 réactions


  • lala rhetorique lala rhetorique 21 février 10:47

    Ah lalalala, le problème est donc toujours actuel. Du temps où ma fille fréquentait le collège (elle a presque 40 ans maintenant), elle m’avait dit qu’il y avait du trafic de drogue qui se passait dans les wc. De fait, pensant avoir une bonne idée, je m’adresse à l’école des parents et des éducateurs qui me trouve une association dont le but est d’expliquer, dans les classes de collèges, les méfaits de la drogue et comment l’éviter. Heureuse, je vais voir le proviseur, qui change de couleur et me dit "mais il n’y a pas de drogue dans l’établissement, mais à la sortie, hors collège. J’affirme donc le contraire alors il me dit : de toutes façons pour laisser cette association entrer et faire sa prévention, il faut douze parents qui approuvent. Je dis ok, je suis sûre même d’en obtenir beaucoup plus. Au final, fin de recevoir MAIS il n’y a pas de drogue DANS le collège, donc le sujet est clos. De fait, ai poussé plus loin mon information et appris que le proviseur d’un établissement où il y aurait des perturbations, style drogue ou autres, verrait une de ses primes supprimée ! Et suis prête à parier que c’est encore le cas actuellement !


  • totof totof 21 février 11:40

    Un sujet très original qui montre que les hommes sont vraiment très très méchants alors que les femmes sont, elles, très très gentilles.


  • JC_Lavau JC_Lavau 21 février 12:29

    « Il y a encore du chemin à faire ! ». Mais toi, heureusement pour les foules ignares, tu sais  !


  • quijote 21 février 13:00

    Donc la victime s’appelle Fatima. Si les violeurs ont tous un prénom tiré du calendrier chrétien, il ne s’agit pas d’un livre mais d’un manifeste idéologique affirmant que l’autochtone occidental est par nature une ordure qu’il faut faire disparaître. Qu’il faut remplacer ?

    On peut connaître les prénoms des méchants ? Merci.


Réagir