samedi 6 juin - par Le Cri des Peuples

Sergueï Lavrov : la pandémie de Covid-19 sonne le glas de l’hégémonie occidentale

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Réflexions sur la pandémie de COVID-19

Par Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires Etrangères de la Fédération de Russie

Source : Global Times, le 28 mai 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

Le nouveau coronavirus s’est propagé si rapidement qu’il a bouleversé le rythme du globe. Que ce soit du point de vue d’un seul pays ou au niveau multilatéral, la solidité des relations internationales a été mise à l’épreuve. Les conséquences les plus évidentes sont la récession économique, une crise de la gouvernance mondiale, le protectionnisme commercial et un sentiment isolationniste croissant. Les échanges interpersonnels, culturels et de voyage ont tous été limités. Néanmoins, tout cela n’est que la pointe émergée de l’iceberg.

Lorsque nous aurons surmonté la pandémie, ce qui se produira inévitablement, nous devrons procéder à une évaluation complète de la capacité du monde à maintenir la stabilité face à des défis similaires à l’avenir. Nous devons également élaborer des mesures pour relever ensemble ces défis. Mais peut-être qu’à la phase actuelle, nous pouvons déjà tirer quelques conclusions.

Une pandémie n’est pas quelque chose de nouveau dans l’histoire humaine. Mais ce qui rend la pandémie de COVID-19 spéciale, c’est qu’elle se déroule dans un contexte sans précédent, dans lequel l’inter-connectivité et l’interdépendance entre les personnes, entre les pays et entre les continents sont si profondes. Les réalisations des hommes dans les domaines de la technologie, du renseignement et des transports les rendent mondialisés à la fois physiquement et psychologiquement.

La conséquence est que les problèmes d’un pays deviendront mondiaux. Il y a longtemps, nous avons lancé des avertissements à ce sujet, et nous ne pouvons pas sous-estimer le danger des menaces multinationales, du terrorisme aux cybercrimes.

De même, si l’on s’isole et qu’on compte sur les autres pour résoudre ses propres problèmes, c’est tout simplement impossible. L’effet du virus l’a clairement prouvé. La pandémie nous rappelle que nous devons rester humbles face aux catastrophes. Tout pays ou individu, quelle que soit sa géographie, sa fortune ou ses ambitions politiques, est égal. La nouvelle crise du coronavirus arrache toutes les illusions fantaisistes et les choses superficielles et montre la valeur durable de la vie humaine.

Voir Khamenei : la pandémie de covid-19 a démontré la faillite morale de l’Occident

Tout le monde n’était pas préparé pour le test de la pandémie [mais certains pays étaient prêts, contrairement aux mensonges de Macron]. Même dans les circonstances actuelles, alors que les défis mondiaux sont supposés unir les gens et les pousser à oublier ne serait-ce que temporairement leurs divergences, certains ont encore recours à l’exploitation et à l’instrumentalisation des crises. Tout le monde ne peut résister à la tentation d’être égoïste. D’autres profitent également de la situation pour faire avancer leurs cartes sur le plan géopolitique en poursuivant leurs propres intérêts et en se vengeant contre leurs rivaux [en particulier les Etats-Unis contre l’Iran ou le Venezuela, voire contre la Chine et la Russie]. Une fois cultivé dans un tel environnement, le virus intensifiera les conflits et intensifiera la concurrence déloyale.

Ainsi, certaines conséquences « créées par l’homme » ont été ajoutées à l’effet naturel causé par le virus. Ces conséquences « créées par l’homme » sont le résultat de la mentalité à somme nulle que les humains, ou précisément certains humains, refusent d’abandonner même lorsqu’ils sont confrontés à des catastrophes communes. Néanmoins, pour surmonter les conséquences visibles causées par le COVID-19, les pays sont instamment priés de rester plus unis que jamais et de rassembler toutes leurs forces et ressources.

Nous devons admettre que la pandémie de COVID-19 nous a montré des exemples qui manquent d’humanité. Cela peut être dû au chaos provoqué par la propagation de la menace. Cependant, ce manque d’humanité semble être profondément enraciné. Cela est dû à l’égoïsme incurable de certains pays et de leurs élites dirigeantes. Ceux qui se proclament comme les leaders moraux de tradition démocratique [les Etats-Unis] n’ont pas uni toutes les parties pour rechercher la compréhension mutuelle. Au lieu de cela, ils ont commencé à agir selon la loi de la jungle, indépendamment des règles d’étiquette et des contraintes éthiques.

guerre des masques

Ils blâment la Chine pour la propagation du virus, ou calomnient malicieusement la Russie parce que nous avons fourni une assistance à certains pays en réponse à leurs demandes. Ils ont même soulevé des allégations absurdes contre la Russie, nous accusant de profiter de l’aide humanitaire et médicale pour renforcer notre influence géopolitique. Ils ne se souciaient pas de la gravité de la pandémie et interdisaient aux autres de demander l’aide médicale et humanitaire de la Russie. Cela viole les règles diplomatiques de base et est insultant.

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Certains pays occidentaux politisent les problèmes humanitaires et tentent d’utiliser la pandémie pour punir les gouvernements qu’ils n’aiment pas. Sinon, comment expliquer que ces pays occidentaux, qui parlent toujours de respect des droits de l’homme, ne veulent pas renoncer à leurs sanctions économiques unilatérales à l’encontre des pays en développement (au moins tant que la situation pandémique mondiale n’est pas apaisée) ? En effet, ces sanctions ont affaibli la capacité des citoyens ordinaires à exercer leurs droits sociaux et économiques, causant de graves difficultés pour protéger la santé des résidents et frappant les personnes les plus vulnérables.

Dans ce Tweet du 30 mai 2020, le ministre des Affaires Étrangères iranien Javad Zarif cite un rapport du Département d’Etat américain contre l’Iran et le rature en remplaçant Iran par Etats-Unis. Ainsi, ce qui décrivait une situation imaginaire (de pseudo-révoltes en Iran) décrit une situation réelle (les émeutes anti-racistes aux Etats-Unis). Voici les remarques de Zarif, suivies du texte original de Mike Pompeo, avec les corrections de l’Iran.

Certains ne pensent pas que #BlackLivesMatter (les vies des Noirs comptent). Pour ceux d’entre nous qui le pensent : il est grand temps que le monde entier mène une guerre contre le racisme. Il est temps pour un #MondeContreLeRacisme.

Manifestations récentes en Iran aux Etats-Unis

Déclaration à la presse

Michael R. Pompeo, Secrétaire d’Etat M. Javad Zarif, Ministre des Affaires Etrangères de la République Islamique d’Iran

27 juin 2018 30 mai 2020

Le gouvernement iranien américain gaspille les ressources de ses citoyens, que ce soit son aventurisme en Syrie, Asie, en Afrique ou en Amérique latine, son soutien au Hezbollah, au Hamas et aux Houthis à d’innombrables dictateurs ou ses ambitions d’étendre son programme d’armement nucléaire en vain, cela ne fera qu’ajouter aux souffrances du peuple iranien américain. Comme je l’ai déjà dit, cela ne devrait surprendre personne que les manifestations se poursuivent en Iran aux Etats-Unis. Le peuple iranien américain exige que ses dirigeants partagent les richesses du pays et répondent à leurs besoins légitimes. Nous condamnons les mêmes tactiques gouvernementales futiles de répression, d’emprisonnement de manifestants et de déni des frustrations des Iraniens Américains. Le peuple iranien américain est fatigué du racisme, de la corruption, de l’injustice et de l’incompétence de ses dirigeants. Le monde entend leur voix.

La Russie s’est toujours fermement opposée à une telle approche inhumaine, ce qui est totalement inacceptable lorsque l’humanité entière est confrontée à une catastrophe. Pour cette raison, lors de la réunion virtuelle des dirigeants du G20 le 26 mars, le Président Vladimir Poutine a proposé d’établir « des couloirs verts sans guerres commerciales et sans sanctions » qui garantiraient l’approvisionnement en médicaments, nourriture, équipement et technologie.

Il est très dangereux d’essayer d’utiliser la situation actuelle pour saboter les principes de base de l’ONU. Pour résoudre efficacement les problèmes auxquels l’humanité est confrontée, les agences des Nations Unies doivent rester le principal mécanisme de coordination de la coopération multilatérale. Dans ce contexte, la population est profondément préoccupée par la campagne de diffamation contre l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La plupart des pays conviennent que l’OMS se bat en première ligne depuis le déclenchement du COVID-19. Certes, comme toutes les autres institutions multilatérales, l’OMS devrait améliorer son travail et s’adapter à diverses situations nouvelles. Mais pour y parvenir, l’OMS ne doit pas être sapée. Tous les États membres de l’OMS devraient maintenir leurs dialogues constructifs les uns avec les autres, afin de formuler conjointement des solutions pour faire face aux nouveaux défis.

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La pandémie a une fois de plus démoli le mythe de longue date en Occident sur la « fin de l’histoire », un modèle tout-puissant de développement hyper-libéral, basé sur les principes de l’individualisme, et une ferme croyance en la capacité de résoudre tous les problèmes seulement grâce à la loi du marché.

Aujourd’hui, il est clair pour tous que les principaux acteurs sur la scène internationale sont toujours ceux qui défendent leurs propres intérêts. Mais cela ne signifie pas, et ce n’est pas censé suggérer, que tout le monde va se séparer et entrer dans un état de concurrence. Le potentiel doit être combiné pour répondre efficacement aux problèmes clés de notre temps.

Ce qu’il faut, c’est un concert mondial de symphonies diplomatiques, l’ONU continuant de jouer son rôle central de guide. Nous espérons que la crise actuelle aidera les gens à réaliser que l’ordre mondial centré sur l’ONU, formé après la Seconde Guerre mondiale, a résisté à l’épreuve du temps et est très résistant aux pressions. C’est la seule alternative possible. Les principes consacrés dans la Charte des Nations Unies restent, dans les circonstances actuelles, une base inébranlable pour établir des échanges entre les États.

Comme tout corps vivant, l’ONU doit procéder à des ajustements constants et subtils et, ce faisant, peut mieux s’adapter aux réalités d’un monde multipolaire. Bien entendu, le potentiel des mécanismes de gouvernance mondiale tels que le G20 et l’Organisation mondiale du commerce doit continuer à être maximisé.

Les alliances, initiatives et idées internationales fondées sur les valeurs d’inclusion, de coopération et d’égalité ont de bonnes perspectives de développement. La coopération dans le cadre des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), que la Russie préside cette année, est basée sur cette philosophie et sur le principe du respect de la culture-civilisation et des caractéristiques et traditions nationales, des voies et modèles de développement. Dans les moments difficiles que connaît le monde d’aujourd’hui, un dialogue de respect mutuel est un filet de sécurité important qui peut aider tout le monde à prendre une direction constructive.

http://www.dailymotion.com/video/x7t01j3

Lorsqu’un virus attaque quelqu’un, il affecte l’architecture économique collective. La stagnation de l’activité commerciale et la perturbation des chaînes de production mondiales ont eu un impact énorme sur l’économie mondiale. Nous devons aider l’économie mondiale à surmonter les difficultés et travailler collectivement pour assurer sa reprise progressive après la crise. Dans le même temps, nous ne devons pas laisser la morosité économique saper la coopération internationale, aggraver la crise de confiance ou provoquer un nouveau cycle de conflits dans les affaires internationales.

Idéalement, une telle mission devrait nous unir – car le bien-être de tous les peuples, sans exception, dépend d’une solution réussie à cette tâche. Ensemble, nous devons trouver de nouvelles sources de croissance qui peuvent aider à surmonter la récession globale. L’intégration du potentiel de divers projets d’intégration mis en œuvre dans les régions paneuropéennes et asiatiques peut contribuer à ce travail à l’échelle mondiale. C’est pourquoi le Président Poutine a appelé à un plus grand partenariat eurasien. Le partenariat est basé sur le droit international et les principes de transparence, et il est ouvert à tous les pays du vaste continent, y compris les membres de l’Union économique eurasienne, de l’OCS et de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est. La réalisation pas à pas du Partenariat eurasien élargi favorisera non seulement activement la connectivité économique et améliorera la compétitivité de tous les pays participants, mais servira également de base solide pour la construction d’un espace de paix et de stabilité de Lisbonne à Jakarta.

Je pense que si les pays de l’UE peuvent se joindre à ce travail, ils en bénéficieront également. En participant à des efforts communs, ils pourront assurer leur place légitime dans un nouvel ordre mondial multicentrique plus équitable et démocratique. Il est temps que les Européens cessent de se séparer de leur propre continent, cessent de jeter un œil sur les sites de survie du monde et cessent d’inviter une présence militaire extérieure. Cette présence militaire extérieure ne fait pas que mettre en péril leur sécurité, elle prive également l’UE de la possibilité de devenir un centre indépendant d’influence internationale dans un monde multipolaire. En tout cas, c’est le choix des partenaires européens eux-mêmes.

Tout le monde veut tourner la page du COVID-19 dès que possible. Mais les leçons sont inévitables. Et c’est à chacun de nous de décider d’en tirer ou pas les bonnes leçons.

http://www.dailymotion.com/video/x7tj8nf

Tout au long de sa longue histoire, la Russie a été confrontée à plusieurs reprises aux défis les plus dangereux qui menaçaient sa survie. Et à chaque fois, non seulement la Russie a démontré sa capacité à renaître de ses cendres et en est ressortie plus forte, mais elle a également donné l’exemple à d’autres nations en termes d’humanité et d’altruisme.

C’est pourquoi notre pays, en tant que centre international important, exportateur et garant de la sécurité, continuera de faire avancer un programme constructif et unifié et de jouer un rôle équilibré et de coordination dans les affaires internationales. Nous sommes prêts à coopérer avec tous ceux qui sont disposés à travailler ensemble sur les principes de sincérité et de considération des intérêts et des préoccupations de chacun. Nous commençons par l’indivisibilité de tous les aspects de la sécurité et nous sommes prêts à aider les autres gouvernements, quelles que soient leurs politiques.

Il est temps d’abandonner la pensée conventionnelle basée sur les stéréotypes et enfin de commencer à agir dans une perspective morale. Après tout, notre meilleur pari est un avenir heureux pour tous ceux qui vivent sur Terre, notre maison commune.

Voir également : Après Youtube & Facebook, Vimeo bannit les vidéos de Nasrallah et ‘Le Cri des Peuples’

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9 réactions


  • Sinbuck Sinbuck 6 juin 13:29

    C’est certain que l’occident devra mettre le genoux à terre et s’excuser face à l’orient.

    Et les USA auront un lourd karma a payer.

    Mais je trouve encore étrange avec tout ce que l’on sait, que la France ou l’Europe restent asservis aux USA.

    C’est la différence avec les peuples d’orient, simplement au Caucase ou plus près de nous en Albanie, Roumanie, Bulgarie, Turquie, les gens ont plus l’habitude de penser par eux-mêmes indépendamment des administrations en place. Cela peut surprendre, mais je ne parle pas d’études sociologiques, je parle de mes voyages, de mes rencontres...

    Et la réflexion russe de Lavrov est un exemple de lucidité (comme celle de Gorbatchev en son temps), comme celle de Khamenei (merci pour le lien) à sa manière (circonscrite par une tradition anachronique) mais très juste pour aligner des arguments contre l’occident, son matérialisme, son hégémonie et son manque de loyauté.

    A l’échelle mondiale, la gouvernance est inévitable à l’avenir mais les administrateurs devront élever, en conscience, l’acceptation de l’autre et de toutes sortes de différences...


  • Samson Samson 6 juin 15:33

    Douché par l’hostilité contre-productive et l’incurable vassalité €uropéenne et atlantiste aux intérêts des lobbies qui dictent leur loi à Washington, Poutine semble si même il garde la porte ouverte à la promotion d’intérêts communs — avoir en grande partie renoncé à se rapprocher encore de l’€urope.

    L’Occident s’effondre : il lui suffit donc d’attendre et, sachant qu’un fauve n’est jamais aussi dangereux que dans les spasmes de son agonie, veiller à préserver son peuple et le territoire russe de toute velléité atlantiste d’aventurisme militaire.


  • BA 6 juin 18:51

    Samedi 6 juin 2020 :


    Chloroquine : le scandale de la revue médicale « THE LANCET » ne fait que commencer. Un article exceptionnel publié sur France Info :


    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/enquete-franceinfo-chloroquine-sur-les-traces-de-surgisphere-la-societe-au-coeur-du-scandale-de-letude-du-lancet_3993379.html





  • Sylv1 6 juin 21:42

    Le nouveau coronavirus s’est propagé si rapidement qu’il a bouleversé le rythme du globe. [..]

    Les conséquences les plus évidentes sont la récession économique, une crise de la gouvernance mondiale, le protectionnisme commercial et un sentiment isolationniste croissant. Les échanges interpersonnels, culturels et de voyage ont tous été limités. Néanmoins, tout cela n’est que la pointe émergée de l’iceberg.


    Aïe, ça part très mal. Le ton de l’article est donné : « un dangereux virus qui a frappé le monde de façon violente... les conséquences seront désastreuses. » Malheureusement, les chiffres officiels montrent que c’est tout faux : c’est tout sauf un virus dangereux, ni même plus contagieux qu’un virus grippal.

    SI les Etats ont quasiment tous joué le jeu de l’OMS par rapport à cette pandémie qui n’en est pas une, c’est donc qu’ils connaissaient déjà les conséquences avant même l’arrivée du virus, voire qu’ils vont les créer ces conséquences. Et je ne parle même pas des différentes conférences internationales qui eu lieu juste avant cette fakedémie.


  • caillou14 rita 7 juin 07:27

     La façon dont le Kremlin gère la crise du coronavirus n’échappe pas complètement à ce questionnement à l’heure où la Russie se dirige vers un « scénario à l’européenne » – pour reprendre les termes du maire de Moscou, épicentre de l’épidémie

     
    .
    Comme ailleurs, la communication des pouvoirs publics a pu sembler hésitante et insuffisamment claire, pesant un temps sur le comportement des citoyens face à l’injonction de restreindre leurs déplacements. Beaucoup d’analyses mettent en avant la volonté du « système » de préserver le chef de l’Etat des effets de la crise. Il a d’ailleurs été beaucoup reproché à Vladimir Poutine de ne pas s’investir suffisamment dans sa gestion.
    La gestion de la crise de la Covid-19 par les autorités russes, au-delà d’un ajustement permanent aux réalités créées par l’évolution de la pandémie observé dans bien d’autres pays, suggère que, dans un contexte économique déjà obéré par la dégringolade des prix du brut (ils étaient dans le négatif le 20 avril), réduisant les marges budgétaires de l’Etat russe pour une durée difficile à prévoir, les autorités russes ont voulu limiter l’impact économique de la pandémie en évitant le plus longtemps possible des mesures trop strictes.
    La Russie, qui aborde une nouvelle phase de difficultés intérieures fortes, ne se pose pas moins qu’hier la question de sa place, comme grande puissance, dans cet environnement très fluide.
    En Russie, la crise de la Covid-19 intervient dans un contexte de transition politique qui, même si elle semble annoncer une grande stabilité sur le plan politique (Vladimir Poutine jusqu’en 2036 ?), est source de tensions et de remous au sommet du pouvoir.


    • vraidrapo 8 juin 09:30

      @rita

      Je n’ai aucune idée du vécu du citoyen russe lambda mais, s’il s’imagine que notre société mondialisée, désindustrialisée, désouverainisée... c’est le pied. Il risque d’être fort déçu. Il lui faudrait penser à ce classique « L’herbe est plus verte ailleurs ».
      J’écoute régulièrement nos économistes, pour savoir où on va... Hé bien, il faudra bien passer à la caisse, tôt ou tard, pour rembourser l’helicopter monney !


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