mercredi 23 janvier - par Le Vautre Oméga

Sex Education - la série d’une violence inouïe

Sex Education (2019), série britannico-américaine de Laurie Nunn diffusée depuis le 11 janvier sur la plateforme Netflix, narre l'historiette de trois ados, témoins et soutiens de leurs camarades victimes de déboires sexuels, ceci en huit épisodes de presque une heure... On est de façon générale habitué à ce genre de série-là. En revanche, nous ne sommes pas encore au point quant à leur critique, puisque nous glissons opportunément sous le tapis le « Problème ». Toujours le même, comprendre : la propension qu'ont les Américains à dire Oui & Amen.

  • La Néotrinité netflixienne. Crédit : Jon Hall/Netflix

 

La nouvelle série de Netflix donne du biscuit encore au constat selon lequel, unanimement, l'humanité est violente et ne désir rien d'autre que d'oublier la violence que, par-ci par-là, elle commet. 

Grosso modo, la série britannico-américaine Sex Education suit l'histoire de trois jeunes qui vont aimablement aider leurs camarades à régler divers problèmes d'ordre sexuel. Or la réalité profonde d'un tel acte occulte son caractère soi-disant bienfaiteur, puisque (ainsi qu'on l'ignore) l'angle sous lequel la sexualité est ici abordée recèle d'énormités navrantes. 

C'est à savoir que les Américains nous injectent des séries comme ça depuis longtemps. Pourquoi ? Parce que ça les soutient, entendre : le propos derrière justifie les mauvaises habitudes. Ainsi les jeunes en particulier en raffolent-ils, car ils eux-mêmes sujets à la terreur de grandir et d'assumer les fardeaux de l'âge adulte. 

En fait, on croit à tort qu'assumer la sexualité revient à prendre en compte sa part d'ombre. Or, au contraire ! Qu'est-ce en effet qu'assumer sa sexualité sinon d'accepter cyniquement son propre mode de vie ? Il y a accepter et accepter. Et les jeunes, qui vivent de sexualité, auront tendance à la célébrer justement en raison de leurs liens avec elle. Ils sont embarqués. La sexualité nervure déjà leur existence... Par conséquent il s'agit pour eux de défendre leur paroisse existentielle en produisant des films ou des séries, lesquels ont été conçus comme des remèdes pour avoir bonne conscience. Mais le bât blesse sur ce point, lors même qu'ils savent (au fond d'eux-mêmes) combien cette solution est artificielle, et relève plutôt d'une tactique sournoise dans l'optique de « combattre la violence ». Car que défend l'Américain au moment où il défend aussi la sexualité ? Il défend l'idée d'un pays de Cocagne au sein duquel toute la violence sera anéantie. Cependant sait-il également qu'on peut malfaire avec de bonnes intentions ?

Et sait-il qu'on prétexte souvent de quelque chose pour parvenir égoïstement à ses fins ?

Car dire « je veux rendre la sexualité propre pour détruire toute oppression » peut être le blanc-seing pour une politique d'ordre moral, agissant au nom de ceci ou de cela, imposant ses vues sur le monde. Quitte à plier en trois les séditieux. Voire à instaurer un Etat fasciste.

L'Etat fasciste est un Etat dans lequel certains penchants peuvent (et doivent) être pardonnés.

Il a la même démarche que les films hollywoodiens. Faire du sexe quelque chose de « normal », de « naturel », c'est perdre d'office 1500 ans d'introspection civilisationnelle. Les nazis de même ont voulu exterminer tous les juifs au nom du « pays réel », ainsi que les Américains qui font des « opprimés du sexe » le nouveau « pays réel » dont les tenants de la justice sociale sont autant de défenseurs.

Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est illégitime et que, en somme, il n'y a pas eu d'oppression contre eux. Peut-être qu'il y en a eu.

Néanmoins on se doit de prendre d'infinies précautions.

On a vite fait de défendre nos intérêts. Partant, nous devons avoir à l'idée notre faute, une faute morale permanente, que nous nommons rapidement (et malheureusement avec un peu de dédain) la « mauvaise conscience ». Or la mauvaise conscience unie l'humanité autour d'une faute supposée commise et, ce faisant, participe à l'élévation spirituelle des hommes sempiternellement déchirés entre et le devoir de conscience et le confort de l'obscurité utérine de l'Oubli... L'objectif n'est pas d'avoir coûte que coûte un rapport sain avec sa sexualité, mais (à l'inverse) d'embrasser par la lumière toutes les concrescences névrotiques amalgamées et orbitant autour du Monstre Sexe et de la Reine Amour. 

Peut-être qu'un jour apprendrons-nous à vivre avec la conscience du mal, non pas pour le faire disparaître, mais pour qu'il puisse (le mal) devenir un moyen de progrès – sans quoi, je le crains, nous n'avancerons pas. De toute évidence on déplorera cet état de fait selon lequel il y a une Porte Étroite pour atteindre la Totalité (autrement dit pour être inscrit dans le Bon Chemin). C'est difficile. La réalité est difficile.

Sex Education, donc, c'est de bon nazisme.



10 réactions


  • Clocel Clocel 23 janvier 09:47

    Ah.. ! Il a fait du chemin le Mayflower !

    Bon, cela dit, Babylone n’a pas attendu Netfix pour refourguer sa débauche to the rest of the world, partant du principe qu’un système capitaliste bien compris, c’est avant tout un système avec des baiseurs et des baisés plus ou moins consentants.

    Hollywood est longtemps resté le cheval de Troie de cette production.

    Une amie sociologue avait analysé les sociétés à partir de leurs productions de films pornos, c’était assez édifiant ma foi.

    Il en ressortait que les anglo-saxons, les allemands, les japonnais avaient de gros soucis dans leurs relations intimes, ses analyses superposées à celles de Todd, qui lui, analysait les systèmes familiaux pouvait expliquer bien des choses.

    La bonne nouvelle, les débauchés ne se reproduisent pas et s’ils le font, leur bien nommée descendance fait des choix de vie différents.


    • Paul Leleu 23 janvier 11:21

      @Clocel

      oui... hollywood... le jazz, le rock, le rap, la pub, la télé... et maintenant internet... rien de neuf... cette série n’est qu’un ultime avatar du catéchisme sexuel américain...

      par exemple, il y a des gens qui veulent nous faire croir qu’il y a eu une « libération sexuelle » en Mai 68... comme si les jeunes gens avaient attendu Daniel Cohn-Bendit pour s’envoyer en l’air dans les foins ou dans les mansardes !!! C’est n’importe quoi !!!

      Comme si les gens avaient attendu le Yé-Yé pour danser... alors qu’on danse dans les villages tous mélangés depuis la nuit des temps... et que tous les vieux rythmes paysans sont souvent bien plus chaloupés et gaillards que les ritournelles mièvres du rock...

      Mais le phénomène curieux, comme vous dites, c’est effectivement un effondrement de la natalité... il y a peut-être un lien...

      Je cois que le problème c’est pas la morale sexuelle... après tout, un écart ou une jeunesse tumultueuse ça se surmonte, et ça participe parfois de bonnes expériences... mais c’est plutôt le degré de connerie culturelle intégrale, qui agit à la baisse sur le désir d’enfants...


  • Pie 3,14 23 janvier 18:25

    Rien compris à cet article qui se termine avec « la conscience du mal » et « la porte étroite pour atteindre la Totalité ». 

    J’ai vu cette série et l’ai trouvée très réussie, bien écrite, bien jouée, souvent drôle avec une excellente bande son, très anglaise. Dans l’esprit elle est assez proche de la série Skins (2007/2013), une autre bonne série anglaise.


  • Sergio Sergio 23 janvier 19:14

    « ...Or la mauvaise conscience unie l’humanité autour d’une faute supposée commise ... »

    https://www.youtube.com/watch?v=evt_8hluLww


  • osiris 23 janvier 21:42

     Moi aussi je n’ai pas très bien compris cet article.


  • Ruut Ruut 24 janvier 07:46

    Pour faire des enfants, il faut des parents qui s’écoutent et se respectent.

    Le reste vient tout seul.

    Mais dans un couple l’écoute et le respect c’est le plus difficile. Surtout a notre époque où les médiats font tout pour détruire les couples équilibrés.


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