mardi 13 février - par Michel J. Cuny

Sigmund Freud au départ d’un grand jeu de piste…

Au moment où s’achève le cas Emmy von N…, et alors que Sigmund Freud s’apprête à en établir une « analyse critique  », deux éléments significatifs apparaissent encore :

« L’expérience m’avait appris qu’un récit incomplet fait en état d’hypnose ne provoquait aucun effet curatif et je tenais, dès lors, pour insuffisant tout récit n’ayant fourni aucun progrès. Peu à peu j’avais appris à discerner d’après l’expression des malades la dissimulation d’une partie essentielle de leurs conflits. » (pages 929-930 du PDF)

Deux questions peuvent dès lors se poser : de quelle nature doit être ce progrès ? de quelle vérité peut-il s’agir ?

D’une certaine façon, Sigmund Freud vient de pénétrer dans un univers délesté de tout système d’orientation… Il s’agit donc, pour lui, de fournir les tout premiers jalons, en essayant de ne pas se fourvoyer dès le départ, puisque – sait-on jamais ? – ce qu’il s’apprête à faire ici engagera tout un avenir de recherche, et peut-être pas seulement pour lui.

Or, chacun de ces jalons doit porter un nom… qui va lui venir de la décision que Freud s’apprête à prendre à partir d’une expérience qui ne se limite bien sûr pas au cas Emmy von N… Nous n’avons pas oublié le séjour qu’il a fait à Paris auprès de Jean-Martin Charcot en 1885-1886, et nous pouvons imaginer ses constantes discussions avec Josef Breuer, ainsi que toutes les lectures qu’il a pu accumuler au-delà de ses travaux de neurologie, de neuropathologie…., ainsi en psychologie, en philologie, etc.

Voici la première ligne de son « Analyse critique » du cas Emmy von N… Elle montre que Sigmund Freud a bien conscience de la gravité de l’instant :
« Il n’est guère facile, sans entente préalable, de décider de la valeur et de la signification des termes. » (Idem, page 936)

Le premier de ceux-ci, dont il essaiera de définir le périmètre d’application, ne saurait nous surprendre :


« Il n’est pas aisé de savoir si un certain état morbide doit être tenu pour hystérique ou rangé parmi d’autres névroses (non purement neurasthéniques). » (Idem, pages 936-937) 

Pour sa part, Sigmund Freud considère que l’affection présentée par Emmy von N… est tout à fait typique de ce qui se trouve rangé très couramment sous le nom d’hystérie, et il nous rappelle les principaux symptômes qu’il y a rencontrés :
« L’apparition facile des délires et des hallucinations avec une activité mentale pourtant intacte, les modifications de la personnalité et de la mémoire au cours du somnambulisme artificiel, l’insensibilité des extrémités douloureuses, certains faits d’anamnèse, les troubles ovariens, etc., ne permettent pas de douter de la nature hystérique de la maladie, ou tout au moins de la malade. » (Idem, page 937)

Mais ensuite, et avant de s’engager plus avant, Sigmund Freud éprouve le besoin de s’appuyer sur un document qui figure au tout début des Etudes sur l’hystérie (1895). Il s’agit d’une « Communication préliminaire » que Josef Breuer et lui-même avaient rédigée en décembre 1892 et publiée dès l’année suivante. Il en retient tout d’abord ceci :
« […] nous considérons les symptômes hystériques comme des affects et des séquelles d’émotions qui ont agi à la manière de traumatismes sur le système nerveux. Ces résidus ne persistent pas quand l’émoi initial a été liquidé par abréaction ou élaboration mentale. » (Idem, page 937)

À partir de cette problématique de « résidus » qui se seraient installés dans le système nerveux et qu’il conviendrait d’éliminer totalement, mais dont, parfois, subsistent encore quelques restes, un premier repérage peut se mettre en place. Freud s’y précipite :
« Il est devenu impossible de ne pas prendre en considération la question de la quantité (même si elle n’est pas mesurable). » (Idem, page 937)

Nous détenons donc un premier critère, une première façon concrète de saisir les enjeux de la thérapie qui va devoir intervenir, et du sens des résultats qu’elle va devoir obtenir. En effet ces « quantités », même non mesurables directement, correspondent à une double issue :


« Il faut comprendre que tout se passe comme si une certaine somme d’excitation abordant le système nerveux se trouvait transformée en symptôme durable dans la mesure où elle n’est pas, suivant son importance, utilisée sous forme d’action extérieure. » (Idem, page 937)

Face à un choc émotionnel, les quantités mises en jeu peuvent être dépensées physiquement ou dans la préparation d’une réaction adéquate. Elles peuvent aussi ne pas trouver de débouché immédiat, et persister sous la forme d’un état de tension… qui peut quitter la seule dimension psychique pour glisser vers telle ou telle partie du corps. Freud écrit :
« Nous avions accoutumé de penser que, dans l’hystérie, une partie considérable de la « somme d’excitation » du traumatisme se transformait en symptôme somatique. C’est ce dernier caractère de l’hystérie qui, pendant si longtemps, a empêché qu’on considérât cette maladie comme une affection psychique. » (Idem, page 937)

Or, ainsi que nous l’avons vu, l’un des soucis de Sigmund Freud – et de Jean-Martin Charcot avant lui – avait été de démontrer que, dans le cas des paralysies hystériques, les différents segments des membres atteints n’étaient pas frappés dans le même ordre que lorsqu’on se trouvait en présence de paralysies organiques… Ainsi était-il démontré de l’affection psychique manifestée par l’hystérie pouvait se saisir, d’une façon très spécifique, de la structure corporelle… et, en quelque sorte, y imprimer son nom.

Evidemment, Sigmund Freud a de la suite dans les idées… Mais ce n’est qu’un tout petit début, n’en doutons pas.

NB. Pour comprendre dans quel contexte politique de fond se situe ce travail inscrit dans la problématique générale de l'amour courtois...
https://freudlacanpsy.wordpress.com/a-propos/



16 réactions


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 février 19:04

    Pluton est vraiment la planète de l’inconscient et se trouvait..comme par hasard dans le signe du taureau au moment de sa naissance un 6 mai (lié au signe du scorpion, l’ascendant de Freud. Pluton, celui qui déjoue tous les pronostics et vous surprend là où vous vous attendez le moins. Quelle belle aventure que la psychanalyse. Cours après moi que je t’attrape,...


    • Gollum Gollum 14 février 10:42

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


      Pluton est vraiment la planète de l’inconscient

      Faux.

    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 14 février 12:19

      @Gollum

      Pluton, est l’octave supérieure de Saturne (les obstacles ou Principe de réalité qui aident à mûrir,....). c’est le l’immanence, le lapsus révélateur,... la marche d’escalier ratée,...Autrement, plutôt que d’écrire : FAUX. Donnez votre explication,...

    • Gollum Gollum 14 février 12:31

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Faudrait déjà que vous appreniez la discipline au lieu de balancer des trucs que vous ne maitrisez pas…

      Pluton octave supérieure de Saturne voilà encore un beau délire. C’est Uranus l’octave supérieure de Saturne, et Pluton est celle de Mars..

    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 14 février 12:36

      @Gollum

      Votre agressivité et sentiment de supériorité vous disqualifie,...

    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 14 février 12:39

      @Gollum


      Je rajouterais, une certaine : arrogance,...Là ce n’est plus l’astrologue qui parle, mais la psy,...

    • Gollum Gollum 14 février 13:22

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


      Je suis d’accord avec vous. smiley

      Et franchement je m’en tape.. Cela ne change strictement rien à vos délires…

      De toute façon ce n’est pas l’humilité qui vous étouffe sinon vous ne balanceriez pas des posts en rafale sur quasi tous les sujets, et en particulier parler de vos lubies même quand le texte ne s’y prête pas.. smiley

      Et de jouer à l’astrologue alors qu’on n’a même pas les notions de base : 


      Je ne connais pas cette sylvie mais il m’a suffit de taper pluton octave supérieure de saturne pour obtenir le lien ci-dessus… smiley


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 14 février 13:39

      @Gollum

      Jai lu presque tout Sylvie Tribut. Comme quoi, tout n’est pas exact. Elle écrit que si vous rencontrez quelqu’un qui a son soleil sur votre lune, c’est le GRAND AMOR". Je lui ai écrit que c’était surtout lafusion mortelle. Valentin 1989,... Mieux vaut un trigone,...

  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 février 19:07

    Et d’ailleurs le chien Pluto, celui qui a du flair, a inspiré celui qui donna son nom à la planète PLUTON,..


    • Gollum Gollum 14 février 10:41

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      C’est exactement le contraire… smiley

      En 1931, dans le film La Chasse à l’élan, Walt Disney baptise un de ses personnages de films d’animation en l’honneur de la planète récemment découverte. C’est le chien Pluto.

      Pour ce qui est du nom de la planète : La planète est nommée à la fois en référence au dieu romain des enfers et à Percival Lowell dont les initiales forment les deux premières lettres de Pluton. Ses initiales forment le symbole astronomique de Pluton : ♇17,18 (à ne pas confondre avec son symbole astrologique, ). Le nom fut suggéré par Venetia Burney, une jeune fille de onze ans d’Oxford, en Angleterre. Passionnée de mythologie et d’astronomie, Venetia Burney trouva approprié d’associer le nom du dieu du monde souterrain à ce monde obscur et glacé. Son grand-père qui travaillait à la bibliothèque universitaire d’Oxford en parla à l’astronome Herbert Hall Turner, qui transmit l’idée à ses confrères américains19. Le nom de Pluton fut officialisé le 24 mars 1930


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 14 février 12:14

      @Gollum


      L’important est d’échanger, jamais d’imposer,... smiley)

  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 14 février 12:34

    Planètes dominantes de Freud : Soleil (le père) et PLUTON, suivi de Neptune. Quelle signature !!!! Au moment de sa naissance se trouvaient en TAU reau (les stade anal, oral, la sexualité, les pulsion et j’en passe, dont la collectionnite) conjoints : mercure (l’intellect), Pluton, le soleil, Uranus (transgression-révolution), Vénus, la lune en maison SEPT (associée aux juifs) et le monde des relations aux autres,...https://www.astrotheme.fr/astrologie/Sigmund_Freud. Milieu du ciel en LION : LE père de la psychanalyse, en maison neuf (philosophie, enseignement). Ascendant en scorpion opposé au soleil. Son appoche sexuelle lui fut longtemps reprochée (nombreuses inimitiés et rivalités).


    • Gollum Gollum 14 février 13:25

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


      la lune en maison SEPT (associée aux juifs)

      Oh misère… smiley

      L’astrologie qui vous dit si vous êtes ou pas... juif… Là on atteint le summum de la connerie.

    • arthes arthes 14 février 16:51

      @Gollum

      Bah de toutes manieres je capte rien a l astrologie alors on peut me dire que la maison ou le noeud de la lune est associe aux juifs(pourquoi pas les hebreux ? ) ou a tartampion, que Freud il a sa 8eme maison dans la constellation du scorpion, et que du coup je vais gagner au loto, ca m en touche une sans faire bouger l autre.


    • arthes arthes 14 février 21:53

      @Gollum

      Neanmoins merci pour vos precisions apportees au baratin habituel au cours de ce fil ,concernant cette discipline.







    • Gollum Gollum 15 février 09:19

      @arthes

      Ben ça n’a pas d’autre but.. Comme l’autre dit des conneries, soit on laisse passer, soit on rectifie…

      Je parle peu d’astrologie car je sais pertinemment que cela sera mal reçu ici sur Avox…

      Je ne me sers pas de celle-ci pour me faire mousser et bien montrer aux autres que j’ai des connaissances pas banales et jouer à l’initiée de pacotille… De toute façon, globalement, cela sera toujours mal reçu… Alors autant éviter… 

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