mardi 29 mars 2011 - par NICOPOL

Soral, l’Empire et Satan

Alain SORAL fait partie (avec Alain de Benoist) des intellectuels français contemporains que je considère comme les plus importants, dont je partage assez largement les idées, et dont j’apprécie qui plus est le personnage volontiers provocateur, narquois, haut en couleur, tout particulièrement redoutable dans un débat (avec ou sans interlocuteur, cf le démontage en règle du postier de la LCR). Et dont, cerise sur le gâteau, le passage du Parti Communisme au Front National est symptomatique de ce que je considère comme l’actuelle « tendance lourde » (bien qu’encore hésitante) du paysage politique français. Je le suis un peu moins, certes, dans une certaine phobie à l’égard de ce « lobby sioniste » qui contrôlerait les manettes mondiales, ainsi que sa sympathie douteuse pour Chavez, Tarik Ramadan et plus largement la mouvance trouble de la liste « antisioniste (parmi laquelle son ami Dieudonné, humoriste que j’apprécie énormément mais qui commence vraiment à déconner lorsqu’il soutient Kadhafi). Je n’ai malheureusement pas encore pu lire son dernier livre, Comprendre l’Empire (pas trouvé au Mexique, où je réside…), mais j’en ai lu des extraits, des critiques, et j’ai visionné certaines interviews relatifs à sa sortie, sans parler des articles d’Agoravox qui en ont traité, pour m’en faire une petite idée…

Au cours de cette petite revue de presse médiatique, je suis notamment tombé sur la vidéo d’une conférence donnée récemment en Bretagne dans le cadre de son association « Egalité et réconciliation », et dans laquelle, avec la verve, parfois à la limite de l’exaltation, mais toujours sincère, qui le caractérise, il précise et développe certains éléments de son analyse sociopolitique, contribue à dissiper certaines contradictions apparentes de ses prises de position, et se lance dans l’étonnantes digressions sur le satanisme...
 
Petit tour d’horizon et commentaires personnels…
 
L’analyse sociopolitique du monde moderne par Soral
 
Je vais être bref là-dessus, je pense que ses idées sont assez bien connue pour ne pas avoir à les présenter plus en détail. En gros, selon Soral, depuis à peu près la Révolution française, une sorte de « caste » progressivement mondiale a acquis un pouvoir occulte et malfaisant sur le monde. Cette caste, c’est avant tout celle des banquiers, des argentiers, aujourd’hui des actionnaires et autres « financiers », qui, par cercles concentriques d’influence, contrôlent le monde des affaires, l’économie, la politique, la presse, et finalement la société dans son ensemble. Occupant une place centrale, prééminente, dans cet « Empire », les réseaux sionistes (comme il le dit dans cette conférence, par une formule qui perso m’a bien faite rire - je cite de mémoire, qu’il me pardonne- : « je ne peux pas donner des noms, mais ce serait un peu la Liste de Schindler »). Il associe également à cette caste mondiale le protestantisme anglo-saxon tendance « néocons » (analyse rejoignant celles d’Alain de Benoist sur le millénarisme puritains américain, des premiers colons américains jusqu’aux néoconservateurs actuels, et le « sionisme chrétiens » ; je vous renvoie à un article précédent abordant justement ce sujet).
Sur cette analyse, on ne peut, je pense, qu’être à peu près d’accord, même si, personnellement, je trouve son obnubilation pour le lobby sioniste un peu outrancier (notamment en tenant compte de la recomposition actuelle des lignes de force politiques au Moyen-Orient : perte de confiance des israéliens envers les américains, rapprochement avec la Russie et l’Arabie Saoudite…). En même temps, je vois moi-même dans les idéologies juives et puritaines, reposant sur le fantasme d’être un « Peuple Elu », supérieur au reste du monde et choisi par un « Dieu unique » pour une sorte de « combat divin » millénariste, la source de violences et de désordres extrêmes qui expliquent bien des malheurs actuels de notre pauvre espèce… J’aurais tendance, donc, à nuancer un peu sa description d’une réalité par essence complexe et irréductible, tout en le retrouvant plus ou moins sur le fonds « théorique » de son modèle d’analyse.
 
Je me demande au passage si on peut qualifier Soral de « complotiste » ou « conspirationniste ». Le titre de son ouvrage est à cet égard évocateur : lorsqu’il désigne par le mot d’« Empire » cette nouvelle caste mondialisée, il sous-entend consciemment ou non que derrière tout cela il y a un « Empereur », ou du moins une sorte de « centre de pouvoir centralisé », une assemblée de puissants siégeant régulièrement dans l’un ou l’autre de ces « cercles » informels bien connus des lecteurs d’Agoravox. Personnellement, je ne partage pas cette vision des choses : je vois plutôt la situation comme le recoupement (l’intersection, comme on dirait en géométrie des ensembles) d’un grand nombre de cercles de pouvoirs juxtaposés dans l’espace et le temps, de réseaux d’influence, de lobbys, de groupes d’intérêts, tantôt luttant, tantôt coopérant, tantôt s’évitant, sur l’échiquier mondial du capital. Je partage donc davantage les propos d’un Emanuel Ratier lorsqu’il dit dans Le Choc du mois (citation reprise sur la page Wikipedia qui lui est consacrée) :
« Je ne me considère pas du tout comme complotiste, c'est-à-dire que, d'après les informations dont je dispose (...), je n'ai jamais trouvé aucun document récent, ou jamais eu d'entretien avec des personnalités haut placées, qui me permettraient de démontrer qu'il y ait une espèce d'organisation pyramidale, qui serait dirigée par un marionnettiste puissant qui aurait fait du monde un théâtre où il manipulerait les gens à sa guise. Je pense plutôt qu'il y a un système de cercles concentriques, avec des satellites autour, qui regroupent des gens puissants ou qui cherchent à avoir plus de pouvoir. Et bien sûr, et ça peut paraître une évidence, des groupes de pression et des lobbys. »
 
Choc des civilisations et rapprochement catholiques - musulmans
 
A cet Empire « protestant-juif » (auquel, pour être complet, il rajoute les réseaux francs-maçons), il oppose les catholiques de la « France traditionnelle » et les musulmans « modérés », qu’il semble tous respecter, même s’il se déclare athée. Soral établit en particulier une distinction assez nette entre des immigrés musulmans travaillant honnêtement pour faire vivre leur famille et s’intégrer dans la société française, et ces « islamo-racailles » qui « chient sur la France » et autres amabilités, et qui, au fond, loin d’être des « rebelles du système », ne font que reproduire sous un vernis religieux le modèle ultra-libéral du « rappeur américain » avec ses grosses voitures et ses gonzesses en string ; et, surtout, participent, par leurs provocations et leurs insultes à l’égard des populations autochtones, à la montée du racisme et de l’islamophobie (Soral propose au passage une petite analyse presque levis-straussienne de l’appel à l’inceste que constitue le nom d’un groupe de rap bien connu…).
 
Pour Soral, l’une des armes de domination de l’Empire, fidèle à l’adage « diviser pour mieux régner », est la méfiance et l’antagonisme des « peuples » sur des motifs ethniques ou religieux. A ce titre, pour lui, la montée des tensions communautaires en France entre « autochtones » majoritairement catholiques et « immigrés » majoritairement musulmans est créé de toute pièce et instrumentalisée par une mouvance politico-médiatique aux ordres de l’Empire ; montée de la tension dans laquelle occupent un rôle essentiel les pseudo-associations dites « antiracistes », les rappeurs du 9-3 et autres intellectuels et journalistes bien-pensants, qui jouent habilement sur la culpabilité de l’homme blanc, ce « salaud de colonisateur », face aux revendications de plus en plus outrancières d’une minorité de barbus...
 
Là-dessus, Soral a un message très clair : il est français, patriote, fier de ses racines ; il refuse de culpabiliser pour les méfaits d’une colonisation à laquelle ni lui ni ses ancêtres n’ont participé, mais qui fut le fait d’une petite minorité de francs-maçons socialistes ne représentant pas le « peuple français » ; dont il n’a tiré aucun bénéfice, mais dont il a du au contraire subir le coût (la « décolonisation » n’étant finalement qu’une forme déguisée de colonisation en gardant les bénéfices mais s’épargnant les dépenses « de prestige » style routes, hôpitaux et garnisons…). Comme il l’explique à un public dans lequel on devine une forte composante de la « diversité », comme on dit : pas plus que les Tunisiens ne se réduisent à Ben Ali, les Egyptiens à Moubarak, les Malgaches à leurs différents présidents corrompus, le peuple français ne peut être tenu collectivement responsables de la colonisation (de même d’ailleurs que de Vichy et de la collaboration). Le « français » moyen est un honnête travailleur, un paysan, fort et fier d’une histoire et d’une culture que les élites transnationales contrôlant le système éducatif et les médias n’ont eu de cesse de salir et déconsidérer. Dès lors, au lieu de tomber dans le piège tendu par l’Empire en se laissant aller à des dérives communautaires de plus en plus violentes, les « français de souche » et les immigrés musulmans devraient faire front commun contre les puissances protestantes-sionistes-maçonniques.
 
Personnellement, je ne rejoindrais pas Soral dans sa sympathie apparente pour les « gentils » catholiques et les musulmans, opposés aux « méchants » juifs et protestants. Pour moi, comme je l’ai développé dans une série d’articles (inachevé pour l’instant...) sur le millénarisme, tous font partie de la même constellation psychique du « Dieu unique » monothéiste, source des plus grandes intolérances et violences de l’histoire de l’humanité, y compris et peut-être surtout, celles perpétrées au nom de ces versions « laïcisées » du millénarisme judéo-chrétien qu’ont pu être le marxisme, le communisme, le nazisme, et plus largement toutes les idéologies appelant à une « fin de l’histoire » et un « homme nouveau ». Je considère en ce qui me concerne toute personne se prétendant dépositaire de la seule et unique « Vérité » révélée, et ayant pour mission d’en instruire, par la force s’il le faut, le reste de l’humanité, voire d’éliminer physiquement les « infidèles » ou « déviants », comme un malade mental des plus dangereux, à mettre sans délai hors d’état de nuire. Là-dessus, je rejoins donc entièrement les analyses qu’a pu faire, parmi d’autres sans doute, Alain de Benoist dans ses réflexions sur le millénarisme et le paganisme ; je rejoins également son invitation à retrouver ou régénérer les racines d’une identité européenne pré- ou a-chrétienne, et plus largement à une « sagesse » grecque qui n’avait pas encore été pervertie par les délires « métaphysique » de Platon et les nouvelles religions, intolérantes, totalitaires, violentes et prosélytes, venues d’orient (qu’elles soient juives ou chrétiennes), et leurs dérivés idéologiques profanes. 
En revanche, je le rejoints davantage lorsqu’il explique (en bon marxiste qu’il est) que les véritables luttes ne sont pas « horizontales », entre peuples, mais « verticales », entre les peuples pacifiques et laborieux et les élites transnationales prédatrices. Pour Soral, la réussite fondamentale de l’ « Empire », qui lui vaut aujourd’hui ce pouvoir de plus en plus solide et tentaculaire sur le monde, est justement d’avoir su transformer cette violence verticale réelle de dominant / dominé en violence horizontale artificielle entre « peuples », « religions » ou « civilisations ». La nouvelle élite mondiale n’est qu’une petite minorité, qui serait vite balayée si les peuples savaient s’unir contre elle, comme à l’échelle d’un pays une population peut se soulever soudainement pour chasser un dictateur que l’on pensait indéboulonnable. Seule notre incapacité à sortir du formatage mental méfiant et hostile que nous impose l’Empire nous empêche de faire front commun et nous débarrasser de ce « parasite » ou de ce « virus » qui va finir par achever de nous vider de notre substance vitale (là, l’image est de moi, pas de Soral).
 
2012
 
Sur le plan politique, Soral, comme beaucoup, voit dans la clique « UMPS » le même visage de l’Empire, dans Sarkosy une sorte de « raté », dans Strauss-Kahn le « remplaçant programmé », et dans Marine Le Pen une sorte d’épouvantail destiné à effrayer le « bon peuple » et conduire à une élection triomphale pour le « candidat de l’Empire ».
Sa source d’optimisme résiderait dans la capacité de Marine Le Pen à fédérer derrière elle le « peuple » contre les élites représenté par l’UMPS : selon Soral, la seule chance de Le Pen d’être autre-chose qu’un faire-valoir électoral, si tant est qu’elle en est l’ambition (mais il la considère a priori comme une « patriote » sincère, libre et ambitieuse pour son pays), est justement de rallier à sa cause le « peuple », indifféremment catholique ou musulman, contre l’ « Empire » incarné par les candidats interchangeables de l’UMPS. Or, pour cela, il lui faudrait modifier son discours sur l’Islam en faisant clairement la différence entre les « musulmans modérés », qui n’aspirent qu’à une vie paisible, républicaine et laïque, et les extrémistes ou islamo-racailles manipulés par l’Empire pour faire monter la haine, le racisme et l’islamophobie. En gros, dit Soral, le FN ne peut l’emporter que s’il parvient à mobiliser l’électorat musulman : voilà qui ne pourra que plonger les habituels chroniqueurs de la vie politique dans des abymes de perplexité (déjà que l’entourage gays de Marine…) !
A ces considérations, s’ajoute une analyse sur l’immigration qui n’a pas été tout à fait claire pour moi : Soral est-il favorable, ou pas, à un contrôle, voire un arrêt, de l’immigration ? De façon corolaire, quelles sont ses conceptions en matière d’intégration / assimilation des populations immigrées ? J’avoue ne pas avoir bien saisi, ni avoir eu le temps de creuser, si un aimable lecteur veut bien m’informer ou me renvoyer à un lien exposant la pensée soralienne en la matière, je lui en serai reconnaissant (de même que ce qu’il pourrait penser de Mélanchon…)
 
Satan
 
Pour finir, quelques mots sur ces étonnantes digressions sur le Diable et le Satanisme… Soral établit en cours de conférence un parallèle entre la description de l’Apocalypse dans la Bible et le Coran et la situation internationale actuelle (je ne sais pas si ce parallèle apparaît dans son bouquin ou pas…). Pour lui, les prédictions apocalyptiques sont en train de se réaliser : l’Empire, littéralement, est d’essence « satanique » et s’apprête à détruire l’humanité. Soral précise toutefois bien que pour lui ce rapprochement, ou ce cadre d’analyse, est tout aussi valable que l’on croit à la « réalité » des textes sacrés ou qu’on les interprète de façon « symbolique ».
 
J’avoue être un peu réservé sur cette facette de la pensée, ou de l’expression, soralienne. En décrivant les évènements actuels sous un angle apocalyptique, Soral reste, me semble-t-il, dans un cadre mental hérité du judéo-christianisme, à savoir le fait qu’il y a des « bons », des « mauvais », une lutte manichéenne entre un camp du « bien » et un camp du « mal » : du coup, toute son analyse prend le risque de rester enfermée dans les limites de cette idéologie particulière qu’est le judéo-christianisme et ses dérivés « profanes » modernes, dont elle ne propose aucun dépassement, aucune porte de sortie. Sur ce point, là encore, je me sens davantage proche d’un Alain de Benoist, reprenant à son compte l’analyse Heideggérienne de la pensée de Nietzsche présentant celle-ci non pas comme un dépassement mais comme un renversement et un achèvement de la « métaphysique » platonicienne et chrétienne. Cette grille de lecture marxiste et apocalyptique de l’histoire, finalement, marque la limite de la pensée de Soral, son enfermement dans une logique duale, manichéenne, millénariste, de la lutte du « bien » incarné par une poignée de « résistants » ou « prophètes » contre le « mal » incarné par la « puissance occulte » d’un petit groupe bien identifié (les juifs, les protestants, les francs-maçons…) ; sa difficulté, en fait, à sortir de l’idéologie qu’il tente pourtant de combattre dans ce qu’il conçoit comme un « Empire » : sous-entendu, un « Empire du Mal », différent en degré mais non en nature de l’ « Empire du mal » des Bush Père et Fils...
 
Dans son explication du recours à la notion de « satanisme », Soral a en revanche posé un point qui me semble fondamental, essentiel, au-delà de toutes ces considérations politiques et sociales : est « satanique », pour Soral, celui qui est prêt à faire le mal à son prochain, consciemment et volontairement, dans la recherche de son propre intérêt. Est ainsi « satanique » celui qui (pour reprendre son exemple) vend des crédits subprimes à de malheureux ouvriers pour s’acheter une plus grande maison ou une voiture plus puissante, en sachant très bien qu’ils ne pourront jamais les rembourser ; est « satanique » celui qui occulte un scandale médical ou environnemental potentiellement mortel pour des milliers ou millions de personne pour protéger un revenu, une situation ; est « satanique » celui qui considère la vie humaine comme négligeable ou nulle dans des calculs de profits ou de rentabilité. Est « satanique » finalement l’hyper-individualisme, le matérialisme, la perte du sens du « sacré » (Alain de Benoist, après Heidegger, parlerait de l’occultation de l’ « Etre ») ; est « satanique », donc, cette idéologie moderne prise dans son ensemble et dont la généalogie, allant de Platon à Adam Smith, en passant par Descartes et Hobbes, fait de la subjectivité, de la volonté individuelle et de la recherche de l’intérêt égoïste le moteur ultime de nos comportements...
 
Là-dessus, même si ce n’est pas le mot « satanique » que j’emploierais, car pour moi trop connoté religieusement et idéologiquement, je partage la même stupéfaction et le même dégoût en pensant qu’un être humain peut en toute conscience, sciemment, menacer ou sacrifier le bien-être d’un autre être humain dans la recherche de son seul intérêt. Et ce d’autant plus qu’il ne s’agit même pas d’une sorte de « lutte pour la survie » où la mort de l’autre est la seule condition de ma survie (ce qui pourrait avoir un sens), mais du seul appétit déraisonnable, démesuré (pour reprendre ce concept grec essentiel de la « démesure »), pour plus de fric, plus de luxe, plus de pouvoir économique, politique et (au fonds de choses…) sexuel. J’ai tendance à voir, sans doute comme Soral, l’une des origines « généalogiques » de cette abjection dans la Réforme protestante, qui valorise désormais la réussite, la puissance et la fortune comme une marque d’élection divine, de supériorité sur les autres, et finalement d’autorisation implicite à traiter le reste de l’humanité comme des « objets » inférieurs, indignes du respect et de la compassion des « élus ». Mais je ne fais pas de cette grille de lecture une explication « ultime » ; il me semble que de tout temps, sans attendre les protestants, et même les judéo-chrétiens, des hommes se sont montrés violents envers d’autres hommes pour plus de possessions, de domination, de pouvoir, et que la problématique fondamentale de chaque civilisation a justement été de mettre en place des mécanismes de régulation et de contrôle de cette violence intra-spécifique (dont on a pu dire qu’elle constituait le vrai « propre de l’homme »). Le caractère inédit du monde moderne est peut-être d’avoir « inventé » une idéologie qui, au lieu de rendre condamnable cette violence de l’homme sur l’homme et de fournir des valeurs et critères moraux permettant de juger de façon négative ceux qui s’y adonnent, la justifie, la décomplexe, la déculpabilise, et donc la déchaîne, si l’on peut dire, dans des proportions inédites. Mais en disant cela, il faut se garder de tomber dans la déformation intellectuelle si courante qui consiste à considérer son époque comme « exceptionnelle » ou incomparable avec le passé : disons, a minima, que la « mondialisation » et les progrès technologiques ont donné à ces êtres « sataniques » un pouvoir géographiquement et industriellement démultiplié qu’ils n’avaient jamais eu dans l’histoire...
 
Il me semble surtout que cette caractérisation du « satanisme » ne permet pas de découper au sein de l’humanité une frontière entre des « bons » et des « mauvais » : en effet, les racines psychologiques des comportements de cette nouvelle caste supérieure que Soral juge comme sataniques ne constituent pas une propriété spécifique et exclusive des membres de l’Empire, mais bien le « bain » mental et idéologique dans lequel croit l’ensemble de la société moderne ; l’ultralibéralisme ne fonctionne que parce qu’il flatte nos instincts et nos schémas mentaux ; l’élite mondiale n’est pas différente par nature du reste de l’humanité : elle n’en est que la couche supérieure qui a « réussit », et à laquelle tant d’entre nous ne rêverait que de participer. C’est une vision assez pessimiste de l’humanité, j’en suis conscient, mais elle me semble nécessaire pour traiter le mal à la racine, c’est-à-dire en nous : sinon, on triomphera trop tôt de la destruction d’un Empire pour le voir remplacer, si rapidement, par une nouvelle élite s’élevant des masses du peuple vainqueur… 
 
Mais tout ceci, pour conclure, ne fait que me conforter dans ma conviction, rejoignant la pensée d’Alain de Benoist, qu’on ne pourra sortir de l’Empire qu’en rompant avec l’univers mental hérité, pour schématiser, du croisement de la métaphysique platonicienne (et sa descendance cartésienne) et de la religion Abrahamique. Il ne s’agit pas ici de verser dans le factice d’un « néo-paganisme » de pacotille, de prétendre ressusciter un monde Antique fantasmé (la société grecque ayant été, malgré l’extrême niveau de son élévation philosophique, et à côté d’une grande tolérance en matière religieuse, une société violente, raciste, esclavagiste et particulièrement peu favorables à l’émancipation féminine…), de se perdre dans des pseudo-spiritualités artificielles et complaisantes ne reprenant des pensées orientales que ce qui nous conforte dans notre égocentrisme et notre auto-complaisance (cet « auto-érotisme » dont a pu parler Jean-Paul II) : il s’agit de retrouver en premier lieu et de façon tout à fait concrète, charnelle, une solidarité et une fraternité (ce beau mot au fronton de nos édifices publics, hélas, hélas, tellement écrasé par le totalitarisme destructeur des 2 premiers…) entre nous, les humains : d’abord au niveau local, puis régional, puis, un jour, mondiale. Il s’agit pour cela de nous aimer tels que nous sommes, comme des frères et des sœurs avec leurs qualités et leurs défauts ; de ne plus nier stupidement les différences de chacun au travers d’un antiracisme absurde, mais au contraire de les valoriser en voyant en elles l’expression de la diversité et de la beauté du monde ; de ne plus se courber au nom d’un relativisme moral qui n’est que l’arme de domination des puissants, mais repenser les bases d’une nouvelle « éthique », c’est-à-dire littéralement d’un ensemble de coutumes ou de règles sociales, c’est-à-dire finalement d’une justice, adaptée à la dimension « mondiale » de l’humanité moderne confrontée aux limites de son environnement (et donc incluant la nature comme un « sujet » et non plus un « objet », comme le propose le Contrat naturel de Michel Serre), et dans laquelle les « satanistes » de l’Empire soralien se verraient tout simplement privés de la possibilité morale et matérielle d’existence…


46 réactions


  • jondegre jondegre 29 mars 2011 10:17

    Bonjour,

    J’ai trouvé votre analyse pertinente, en fait, j’ai les mêmes critiques et interrogations sur Soral : ses exagérations sur les lobby sionistes et franc-mac, 2012 et le satanisme.

    Son discours sur le satanisme et 2012 montre AMHA qu’il fait une lecture des « livres » un peu trop litérale et qu’il manque à son arc (il se plait à se présenter comme qq de complet) un cheminement spirituel.

    « (et donc incluant la nature comme un « sujet » et non plus un « objet », comme le propose le Contrat naturel de Michel Serre) »

    Cela implique de sortir du corpus idéologique des religions des « livres », gros boulot, et c’est pour ça que le rapprochement soralien chretiens-musulmans est à côté de la plaque.


    • Nouri Nouri 29 mars 2011 13:46

      Je trouve au contraire le rapprochement chretiens-musulmans tres pertinent car il me semble que l’Islam n’a pas ete etabli en reaction au christianisme mais plutot en tant que prolongement de celui-ci.

      Je vais peut-etre faire un raccourci un peu trop simpliste mais, pour moi, les musulmans ne sont rien d’autre que des chretiens ayant connu un prophete supplementaire puisque tous les prophetes precedents (Noe, Abraham, Moise et Jesus, pour ne citer que les plus importants) sont explicitement reconnus par l’Islam. Et comme par hasard, Issa (Jesus dans le coran) joue un role capital en Islam.

      Soral parle de l’etablissement d’un « front de la foi » pour faire barrage a l’Empire babelien. Ceci pour redonner plus de preponderance a l’esprit par rapport a la matiere. Je trouve le terme « front de la foi » tres juste car il s’agit bel et bien d’opposer la foi a l’ideologie mercantile quasi-deifiee. Tout aurait ete plus ambigu s’il avait parle de « front des religions ».
      Il ne reste plus qu’a integrer les juifs ainsi que tous les hommes de foi non-religieux (certains athes) dans son discours et alors Soral aura bon sur quasiment toute la ligne. Son message de reconciliation y gagnerait en portee et la difference antisionisme/antisemitisme serait claire comme de l’eau de roche.

      Soral note par ailleurs la convergence des textes eschatologiques bibliques et coraniques (retour non-incarne de Jesus sur Terre, lutte commune contre l’Antechrist, periode de souffrance pour l’humanite et etablissement du nouveau monde libere de l’Antechrist).

      En outre, je pense que Soral est tout sauf manicheen. Pour cela, « il suffit » d’ingurgiter les nombreuses heures de video du bonhomme sur Dailymotion pour se rendre compte que, dans chaque debat, il fait l’effort de ramener de la complexite la ou les simplifications deviennent dangereuses. Mais si le personnage vous horripile, je peux comprendre que vous soyez incapables de bouffer toutes ces videos...

      Quelle est veritablement la difference entre bien et mal sinon la capacite de discernement ?
      L’Antechrist (appelons-le comme ca...) voudrait nous faire croire qu’il suffit d’avoir l’intention de faire le bien pour effectivement le realiser (fatal error !).
      L’Islam insiste fortement sur le fait que les hommes ne doivent jamais s’abstenir d’etudier et doivent toujours faire preuve du discernement le plus pointu.
      Dans les faits, on en est loin, c’est vrai, mais le message est juste.


    • Nouri Nouri 29 mars 2011 23:45

      Salut barre_de_rire, toujours la pour donner le contre sur Soral ! Sauf que la derniere fois, c’etait un peu plus consistant.

      A ma connaissance, Soral ne fait pas de distinstion catholique/chretien dans son discours (j’en vois pas l’interet non plus, d’ailleurs). Finalement, catholiques ou chretiens, peu importe, il s’agit de se reconnaitre dans les valeurs du Christ (je parle pas de l’Eglise, hein !) puisqu’a la fin du raisonnement de Soral, il s’agit de combattre l’Antechrist symbolise par la domination de la matiere sur l’Esprit (ideologie sioniste, mercantile, apatride...).

      Barre_de_rire, cette fois, j’ai l’impression que tu chicanes un peu...


    • Nouri Nouri 30 mars 2011 14:23

      Je vais essayer d’eliminer les mal-entendus entre nous :

      « Le catholicisme et le protestantisme sont tres differents dans le rapport a l’argent. »
      Peut-etre... Il faudrait eclairer ma lanterne sur ce point, car a priori, je ne saisi pas la difference.

      Etant donne que protestants et catholiques se reconnaissent dans les valeurs du Christ, je ne voyais pas l’interet de faire le distingo, alors qu’a l’origine, on parlait de rapprochement chretien/musulman (justement pour les memes raisons : rapprochement autour du Christ).

      "Ce que tu designes, avec Soral, comme Satan (ce qui est une pensee tres religieuse) sont aussi des religieux et ne concoivent pas vraiment la science, l’homme et l’evolution de la facon dont tu le decrits.« 

      Pour resumer, ce que je designe comme Satan est un ensemble de comportements regi par une ideologie qui mene a la decheance puis a la destruction de l’humanite. Je ne pointais pas specialement du doigt des religieux. Ces comportements sont en nous tous (religieux ou non) et donc c’est a chacun de se referer a sa propre morale pour pouvoir y faire face.

       »Si les droits de l’Homme existent c’est justement pour depasser les frontieres et les limites archaiques des institutions religieuses car c’est aller un peu vite en besogne d’accuser la Franc-maconnerie de complot sans signaler les guerres de religion catholiques/protestants et le pouvoir empirique du royalisme.« 

      Je suis globalement d’accord avec ca meme si je prefererais que l’on parle des »droits de l’Homme et du Citoyen« puisqu’a la base, ces fameux droits de l’Homme ne sont concevables que dans le cadre d’une citoyennete, elle-meme rattachee a la notion de Nation.
      Dans »Comprendre l’Empire« , Soral explique rapidement comment et pourquoi la franc-maconnerie est nee (portant des valeurs plutot saines a l’origine). Soral veut justement montrer que la franc-maconnerie, en tant que religion non revelee, a finalement suivi le meme parcours proselytique et guerrier que toutes les religions auparavant ont suivi (catholicisme et islamisme y compris, on peut y ajouter le communisme en tant que dogme). A mon sens, ce sont des derives inherentes a ces institutions (toutes) dogmatiques.
      Je pense donc qu’il est tres important de voir les nuances entre ce qui releve de la religion elle-meme, des intitutions religieuses, de la politique et de la foi.
      Pour moi, la foi est inattaquable car elle decrit notre relation personnelle a Dieu. A contrario, religions et politique sont tres critiquables car elles sont le fait de groupe d’individus.

       »Pour ce qui est de ta definition de Satan, a savoir "ideologie sioniste, mercantile, apatride", cela designe directement le cliche sur les juifs.« 

      Cela designe peut-etre le cliche que tu veux bien y voir, mais ce n’est pas ce que je voulais dire.
      Pour moi, la ligne est tres nette entre judaisme et sionisme. Pour Soral, j’admets qu’il n’insiste pas suffisamment sur les differences fondamentales entre l’un et l’autre.

       »Visiblement cela te gene et sous entends directement leur disparation physique par rejet fondamental de « la chose ».« 

      Mais bien sur... !!!
      On va faire clair : je ne sous-entends la disparition physique de personne et je n’ai rien contre les juifs. Au contraire, je me rejouis que ces gens aient trouve leur foi. Que cela puisse les aider dans leur vie et leur apporte bonheur et tolerance.
      Je suis moi-meme croyant (deiste) mais je me soustrais aux religions et je suis capable d’accepter que toutes les religions, sans exception, sont de »bonne foi«   smiley

       »Cela demontre la xenophobie de Soral et ses fans comme toi [...]« 

      Etant donne que tu as mal interprete mes propos et ceux de Soral, il va de soi que ta conclusion soit completement fausse.

       »[...] les musulmans ne se rendent pas compte que leur prophete a cree leur religion dans un seul but d’embrigadement des « fideles » de facon raciste et communautariste dans le seul but de rejeter les autres qui pourtant etaient la bien avant eux.« 

      Je te renvois a la distinction qui est a faire entre foi et religion. Etant donne que toutes les religions ont eu des severes tendances proselytiques et guerrieres, je ne vois pas pourquoi les musulmans (ou les juifs) seraient plus attaquables que les autres sur ce triste aspect de leurs histoires.
      Oui, les religions peuvent etre employees a des fins politiques et imperialistes. La foi non. D’ailleurs tout homme de foi se devrait de refuser la guerre faisant du proselytisme.

       »Islam et reste du monde c’est comme melanger de l’eau avec de l’huile.. Ca ne marche pas.« 

      Remplace Islam par Bouddhisme, Chamanisme ou Franc-Maconnerie et tu verras que ton assertion n’a aucun sens. L’Islam fait deja partie du monde a ce que je sache, pourquoi vouloir l’en extraire a tout prix ?!?
      Il serait sain que les musulmans de France respectent les lois imparfaites de la Republique tout comme il serait encore plus sain que »laicite« signifie »tolerance de toutes les religions« et non pas »destruction de toutes les religions". Car le danger est que cette mauvaise laicite devienne tueuse de Dieu (de foi). Et que restera-t-il alors pour orienter la morale des Hommes sinon Satan ?!?


    • NICOPOL NICOPOL 30 mars 2011 17:54

      Bonjour,

      Comme j’ai tenté d’en rendre compte dans mon texte, Soral établit bien une distinction très nette entre les Protestants, qu’il associe à l’Empire avec les Juifs/Sionistes/Franc-maçons, et les Catholiques, qu’il invite à entrer en résistance avec les Musulmans.

      C’est l’aspect de la pensée soralienne qui me semble le plus contestable, ou du moins que, plus modestement, je ne partage pas. Autant je suis d’accord que la véritable violence actuelle est entre cette élite mondiale financière et le « peuple », autant je ne pense pas que l’on puisse faire aussi facilement des « cases » en disant telle religion ou ethnie est dans telle ou telle case. Je suppose qu’il y a beaucoup de catholiques et de musulmans qui participent à ces cercles du pouvoir (je préfère cette représentation à celle d’ « Empire »), tout comme il y a beaucoup de protestants et de juifs qui, faisant partie du « petit peuple », souffrent des égarements du monde moderne.

      Comme je l’ai également indiqué dans l’article, il y a un bien un rapport différent à l’argent, au business et à la réussite entre catholiques et protestants : tandis que pour les premiers (fidèle à l’ « esprit chrétien » des origines) le pouvoir, l’argent, sont négatifs, pour les derniers, c’est au contraire une marque d’élection divine, et donc éminemment positif : la réussite est en quelque sorte la condition du salut. Je vous renvois à ce sujet aux analyses bien connues de Max Weber sur le protestantisme et l’esprit du capitalisme.

      Il y a aussi une continuité entre le protestantisme, le puritanisme et le millénarisme actuel des néocons : lire cet article d’Alain de Benoist à ce sujet.

      Cordialement,


    • Nouri Nouri 30 mars 2011 21:24

      Merci pour ce commentaire fait de discernement.
      J’adhere a 100%.

      Je pense aussi que Soral devrait integrer les protestants, et plus largement encore, les juifs, dans son « front de la foi » sinon il y double langage :
      Pardonner aux catholiques et aux musulmans leurs « croisades et conquetes » tout en condamnant protestants et juifs parce qu’ils seraient ideologiquement a l’origine de ce qu’il appelle l’Empire.

      Autant Soral est souvent tres bon pour eviter de simplifier les raisonnements qui mettent les uns dans des « cases » et les autres dans d’autres « cases », autant la, je prends mes distances par rapport a lui.


    • NICOPOL NICOPOL 30 mars 2011 22:50

      Et moi je pense que Soral devrait arrêter de parler de « foi », « dieu » ou « religion ». Tant qu’il fera cela il restera enfermé dans l’univers mental qu’il partage avec ceux qu’il prétend combattre (en cela, je suis davantage un « disciple » d’Alain de Benoist).

      Merci en tout cas pour vos interventions courtoises et argumentées ! 


    • Rounga Roungalashinga 29 mars 2011 13:52

      En regardant la télé et en entendant les conneries qui y sont proférées, qui n’a jamais souhaité se retrouver transporté sur le plateau pour couper la parole aux intervenants et leur rabattre leur caquet ? En attendant, moi je me contente du salutaire « Ta gueule » en appuyant sur le bouton Off de la télécommande.


    • NICOPOL NICOPOL 29 mars 2011 18:08

      Non, moi non plus. Je crois que c’est un gars passionné, sanguin, limite exalté, mais animé de la volonté sincère d’expliquer et convaincre ; et qui ne devient vraiment (très très) méchant que quand on l’attaque ad nominem (cf les vidéos jouissives où il casse Besancenot, Ledantec...).


  • DG. DG. 29 mars 2011 12:17

    permettez moi d’apporter quelque complément.

    sur l’empire : l’empire n’a pas de lieux, il prend place dans l’Etat militairement le plus fort, et il y a de ce fait consubstantialité entre les deux, a un moment donné de l’Histoire. l’Etat est au service de l’empire, c’est son bras armé. Dire ça n’est pas une définition ; il agit en court-court-circuitant le pouvoir politique du souverain (le prince ou le peuple), et agissant de même sur différent territoire et en réseau. l’empire est donc composite et unifié, bien qu’ayant un centre de stratégie globale.

    L’empire est le pouvoir unifié derrière le voile du pouvoir politique légalement établie. 

    comment se déploie-t-il ?

    par l’action militaire (soit directement soit par menace se qui revient au même) et par le tribut économique. ce dernier s’applique également au résistant vaincu par les armes, il paiera un tribut. le tribut peut être payé directement, sans recourir, à la force des armes simplement par le paiement d’intérêt (il faut distinguer le prêt réel qui entraine dépossession du prêteur, qui peut être payé, c’est une location, du crédit, abusivement appelé prêt, qui lui n’entraine aucune dépossession, ce qui n’est donc ni une location ni une vente). dans un tel cas, le paiement d’intérêt est un enrichissement sans cause, il n’y a aucun échange, c’est un tribut.

    l’empire est donc fondé sur un centre vivant du tribut d’autrui (la périphérie), soit par le recours à la force ou la ruse.

    sur Satan ; Soral identifie Satan a Mammon. bien explication ;

    le sens caché de l’intérêt, contrairement a ce qu’on répète partout l’intérêt n’est pas la rémunération du banquier (cela ne l’est qu’en partie). en raison, d’une logique économique lié au progrès, l’humanité produit des biens qui croissent en nombre, mais qui s’usent en qualité, du fait de temps. ce qui fait qu’au fil du temps, un bien perd de la valeur par la combinaison ces deux facteur. il en va ainsi pour tous les produit y compris l’immobilier (sauf ceux qui on valeur historique en raison de leur rareté, et qui témoigne d’un patrimoine architectural).

    on comprend donc que la tendance naturelle de tout produit est la perte de valeur, laquelle ne peu être compensé que par l’augmentation de la masse monétaire (en unité). dans notre système actuel, cela ce produit par l’intérêt, qui produit de l’argent dette. (payer 200000 euros se qui vaut a l’achat 150000, constitue bien une injection de 50000 dans le système). et ici, nous sommes dans le domaine du crédit et non du prêt.

    il faut alors rentrer dans le domaine du symbole. la volonté de compensé l’usure de la valeur des choses, par l’intérêt (appeler aussi usure, étrange non !) est la volonté de rattaché à la matière l’homme, au détriment du spirituel. c’est un tribut payé à la matière, au delà du cout réelle des chose (matière première, travail et science), le renchérissant artificiellement. 

    c’est en cela que l’usure est satanique, elle focalise l’esprit sur la matière au détriment du spirituel.

    l’empire est d’essence satanique car il place la matière au dessus de l’esprit,


    remarque ; je ne comprend pas comment vous pouvez placer Platon dans la même ligné que Smith. l’oeuvre de Platon s’attachant a aller au delà des sens et de visible, tout l’inverse de la doctrine de Smith et de libéraux qui considèrent les réaction sensitive comme l’aspect fondamentale du comportement. 


    concernant l’immigration : Soral a une certaine neutralité, il prend acte de leur présence, bien que n’encourageant a rien des flux supplémentaire, et dit qu’il faut faire avec du mieux possible en trouvant des point de convergence.




    • NEPNI NEPNI 29 mars 2011 16:11

      « l’usure est satanique, elle focalise l’esprit sur la matière au détriment du spirituel »

      les gens peuvent éviter le piège et choisir la simplicité volontaire et découvrir la joie d’être simplement vivant, ça demande réflexion et déconditionnement volontaire


    • NICOPOL NICOPOL 29 mars 2011 18:12

      A DG

      Votre lien entre perte de valeur d’un bien et intérêts me semble économiquement un peu obscur. La perte de valeur d’un bien, c’est ce qu’on appelle l’amortissement ou la dépréciation : cela n’a RIEN à voir avec l’intérêt sur un emprunt (par contre ça a à voir avec la reconstitution du capital).

      Et encore moins avec l’accroissement de la masse monétaire !


    • NICOPOL NICOPOL 29 mars 2011 18:39

      "remarque ; je ne comprend pas comment vous pouvez placer Platon dans la même ligné que Smith. l’oeuvre de Platon s’attachant a aller au delà des sens et de visible, tout l’inverse de la doctrine de Smith et de libéraux qui considèrent les réaction sensitive comme l’aspect fondamentale du comportement. « 

      Euh, c’est plutôt Smith qui serait dans la même lignée que Platon !

      Il n’y a pas la place ici de vous rendre compte en détail des analyses Heideggerienne sur le sujet, disons, au risque de schématiser à l’outrance, qu’il voit une »continuité« entre Platon, Descartes et Nietzsche dans le déploiement d’une »métaphysique de la subjectivité« dans laquelle il n’y a plus de »Vérité« en soi, mais une vérité dépendant d’un »Bien en soi« (chez Platon et les Métaphysiciens), puis de ma pensée (chez Descartes et les rationnalistes), puis enfin de ma seule volonté en tant que volonté (chez Nietzsche et les nihilistes). Smith, en considérant comme moteur essentiel du comportement le »désir égoïste« des individus, se situe bien dans cette continuité subjectiviste dans laquelle il n’y a plus de »valeurs collectives« mais seulement des »utilités individuelles".

      Je vous renvoie au site d’Alain de Benoist sur lequel vous trouverez plusieurs textes passionnants abordant ces sujet (notamment celui-ci sur la critique heideggerienne de Nietzsche qui propose une sorte de synthèse). 


    • DG. DG. 29 mars 2011 18:47

      la part de l’intérêt se retrouve dans chaque bien produit et consommé. Selon l’ouvrage « Libérer l’argent de l’inflation et des taux d’intérêts » de Magrit Kennedy cette part est estimé de 20% a 40% de leur prix selon les secteur d’activité en fonction de leur concentration en capital.
      ainsi, sans cette part, la dépréciation du produit serait encore plus rapide, d’un point de vue comptable et exprimé en monnaie, en dépit de son utilité.

      autre point d’attaque, si on suppose une masse monétaire stable et que la production augmente en raison d’un progrès technique, il est évident que, combiné avec les économie d’échelle, l’offre augmente mais la demande globale reste circonscrit au limite de la masse monétaire. autrement dit les prix baisse structurellement. ainsi en augmentant la masse monétaire, via l’intérêt, la dépréciation est soit ralentit (prix de départ plus haut) soit contrecarré (typique de l’immobilier, puisque ce je paye 200000, ce qui coute au départ 150000, si je revend, je le revendrais probablement pas a moins de 200000)


    • NICOPOL NICOPOL 29 mars 2011 19:13

      Franchement, je ne comprends rien à ce que vous racontez. La durée d’amortissement d’un bien (de sa « perte de valeur », si vous voulez) n’a rien à voir avec son prix d’acquisition, elle dépend seulement de sa durée de vie (technique ou comptable). SI vous avez un ordinateur qui vaut 1000, vous allez l’amortir sur (disons) 5 ans, soit 200 par an ; si vous rajoutez dans le prix de cet ordinateur une part d’intérêt de 20% et qu’il vaut maintenant 1200, vous allez toujours l’amortir sur 5 ans, soit 240 par an, et non 200 par an sur 6 ans !

      Votre explication sur le lien entre masse monétaire et intérêts est tout aussi baroque. Effectivement, si la production augmente à masse monétaire constante, il y a déflation ; si au contraire la masse monétaire augmente à production constante, il y a inflation ; et si on veut maintenir les prix constants, il faut que la masse monétaire augmente au rythme de la production (bon, c’est un peu plus compliqué que cela, il faut tenir compte du taux d’épargne et de circulation de la monnaie...). Mais je ne vois vraiment pas ce que l’intérêt a à voir la-dedans : ce mécanisme fonctionnerait tout aussi bien s’il n’y avait pas d’intérêt (emprunts à taux 0) !

      Enfin bon, ceci n’a pas grand chose à voir avec les moutons soraliens...


    • DG. DG. 29 mars 2011 20:28

      vous avez répondu vous même, il n’y plus qu’a en tirer les conclusions

      je regarderais vos liens d’Alain de Benoit, probablement pas aujourd’hui, par contre


    • gloc 29 mars 2011 23:14


      La nature satanique de l’empire selon Soral provient (sauf erreur d’interprétation) d’un concept qu’il a incorporé dans sa compréhension des choses, mais qui préexistait longtemps avant lui.
       
      En gros, ce concept nie toute essence divine des choses, et en particulier de l’homme. L’Homme est donc l’égal de Dieu, et est même son propre dieu. En d’autre terme, s’il y a quelque chose à célébrer, c’est lui-même. Il se voue donc un culte à lui-même, qui consiste à jouir de la vie par la recherche permanente de la satisfaction de ses sens physiques. Cette absence de dimension spirituelle conduit inévitablement à l’individualisme, et à l’absence de notion d’intérêt général, puisque cela reviendrait à admettre qu’un principe supérieur unirait l’existance d’un ensemble d’individus. C’est le règne du « matérialisme » (l’immanence), qui peut se définir comme une « absence de spiritualité ». Cette philosophie est très bien incarnée par le système marchand, à travers la recherche du profit sans limite, et avec comme seule règle d’or pour décider comment doit être gérée la vie des gens, l’équilibre des marchés et sa fameuse « main invisible », ce terme tentant de lui donner une dimension supérieure qu’elle n’a évidemment pas, étant un concept totalement scientiste.
       
      Nul ne peut nier que ce principe domine le monde. Or selon Soral et d’autre avant lui, ce principe correspond aux valeurs de la franc-maçonnerie. Ces valeurs découlent de l’Humaniste, signifiant que l’homme prend la place de Dieu, et dont la franc-maçonnerie a fait en quelque sorte sa religion. Car la franc-maçonnerie, pragmatiquement selon Soral, est bien une église (sans révélation), avec ses doctrines, ses rituels, ses symboles, sa morale et ses grand maîtres. Elle diffuse des idées violemment anti-cléricales (anti catholique), ultra-matérialistes et scientistes. Donc par identification, la franc-maçonnerie est d’essence satanique, car l’application de ses valeurs contrarie fortement la recherche d’une émancipation spirituelle. C’est pour cela que certains auteurs l’on même qualifié de synagogue de satan. Le lien avec le judaïsme viendrait selon Soral que la franc-maçonnerie est devenu une émanation du protestantisme (qui selon certains serait à l’origine du capitalisme), lui-même puisant ses valeurs dans le judaïsme.

  • Guido Falxius 29 mars 2011 13:02

    Soral est sûrement le penseur actuel qui a la plus grosse factulté de conceptualisation et de synthèse. A lui tout seul il est Asselineau, Nabe, Drac, Todd, Colon, etc.

    Il faut se faire à son ton direct, comme un uppercut en pleine face (Soral est boxeur), mais c’est le plus pertinent et de loin.

    Bien sûr, ceux pour qui l’adoration d’Israël est l’alpha et l’oméga ne pourront jamais comprendre Soral. Il est antisioniste et fier de l’être. Je vois venir les cons : antisioniste [pas égal] antisémite. Il y a beaucoup de juifs antisionistes, et d’arabes aussi d’ailleurs (qui sont sémites, jusqu’à preuve du contraire).

    J’ajoute que E&R est un site très complet, bourré d’infos importantes, de vidéos passionnantes.

    De toute façon, que vous le vouliez ou non, la vague Soral-Zeitgeist-anti impérialiste est en marche. Avec internet, les masses prennent conscience qu’il se passe quelque chose.






    • King Al Batar King Al Batar 29 mars 2011 16:50

      Lui comme vous ferez mieux de s’interesser à Rockin Squat,

      C’est lui le penseur actuel qui a la plus grosse capacité analytique, bien au dela d’un Soral aveuglée par la haine.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Rockin’_Squat

      http://www.dailymotion.com/video/xdaxow_rockin-squat-le-pouvoir-secret_music

      http://www.dailymotion.com/video/x9at92_rockin-squat-la-lutte-du-siecle-cli_music

      http://www.youtube.com/watch?v=cKkGbPrlvcI

      http://www.youtube.com/watch?v=Z0Ikk9JUJEc ca c’était en 1991

      http://www.youtube.com/watch?v=OjBqo2PJmok

      Et encore ce ne sont que des brefs passage de sa carrière d’artiste longue de plus de 20 ans...

      Alors quand Alain Soral critique le Rap en pensant que ce n’est qu’abrutissement, et qu’il ne sait pas qu’il existe des auteurs, qui détiennent des discours au moins aussi précis que le sien si ce n’est mieux, la haine et le racisme anti juif en moins... PArce qu’on a beau dire ce que l’on veut Soral a raison quand il critique ISrael, et tort quand il parle des juifs, et de la soit disante imposture culturelle depuis plus de 2 siècles...Ca aussi c’est a voir dans ses interviews, quand il parle de l’influence juive sur la culture, littéraire philosphique etc, et qu’il dit qu’en gros c’est de toute façon de la merde, ca va un peu plus loin qu’une critique d’Israel...


    • NICOPOL NICOPOL 29 mars 2011 18:14

      King,

      Merci pour ces liens, je n’avais jamais entendu parler de ce Rockin Squat...

      Je trouve moi aussi la critique du rap par Soral un peu caricaturale ; néanmoins, quand il dénonce les dérives commerciales d’un certain rap « médiatique » (il cite volontiers NTM, Doc Gyneco...), je ne pense pas qu’il ait complètement tord.


    • DG. DG. 29 mars 2011 19:00

      Soral critique davantage la culture associé au rap, plutôt que le genre musical, si on peut vérifier cette nuance ?


    • King Al Batar King Al Batar 29 mars 2011 21:58

      Bonjour à l’auteur,

      Rckin Squat est pourtant tout sauf un inconnu dans le RAp puisqu’il fait parti des trois groupe qui l’ont fondé. En l’occurance IAM NTM et Assassin, ce dernier ayant préféré resté dans l’ombre pour communiquer un message purement politique et anticonformiste et ce depuis le début des années 90.

      C’est une figure particulièrement repsecté dans le rap pour plusieurs raison. D’abord c’est certainement l’un es seuls rappeurs qui concoit sa musique comme un vecteur d’information (contre la desinformation) au travers de ses paroles. Et d’autre part parce que pendant plus de 15 ans, ils n’ont jamais montré leurs visages, preférant le fond à la forme.

      La démarche est totalement artistique mais ultra crédible, et ceux qui pensent que c’est parce que c’est le fils de JP Cassel et donc le frère de Vincent Cassel, qu’il n’a pas à parler aux jeunes du ghetto, n’ont strictement rien compris au hip hop.


    • gloc 29 mars 2011 15:01


      Vous ne connaissez pas Soral et ne l’avez jamais lu, mais portez un jugement définitif sur lui. Bravo !!

      Et ce simplement sur la base de ce que d’autre en on dit. Mais il est vrai que l’on est pas obligé de penser par soit-même, la pensée unique est là pour apporter des réponses par défaut.


    • Rounga Roungalashinga 29 mars 2011 16:17

      L’auteur ne parle pas du livre, mais base son analyse sur les conférences et les discours de Soral qu’il a visionnés. Lui reprocher de ne pas avoir lu le livre est donc déplacé.


    • NICOPOL NICOPOL 29 mars 2011 18:19

      A Alchimie,

      Vous êtes un comique ou quoi ?

      Après avoir écrit ceci :

      « Je n’ai pas lu le livre ... mais je fais un article dessus !! Bravo l’auteur. »

      Vous écrivez cela :

      "je ne connais pas en détails Soral, mais le simple résumé de son dernier bouquin, où il nous fait part des ses délires sur la révolution française, suffit de monter que « intellectuellement » le mec est à l’ouest.« 

      Donc moi, je n’ai pas le droit d’écrire un article sur un livre que je n’ai pas lu »dans le texte« mais que j’ai lu ou vu à plusieurs reprises son auteur présenter et défendre, tandis que vous vous avez le droit de traiter Soral d’ »intellectuellement à l’ouest« à partir d’un simple résumé ? smiley

      Comme je l’ai précisé, je ne parle pas du livre, mais de mes réactions à l’une de ses conférences, dans laquelle il présente et explicite la pensée dudit livre. Je ne vois pas ce qui vous choque.

      A part ça, quelle est votre définition d’ »intellectuel«  ? Il faut avoir un corps de bonsaï et des grosses lunettes pour être »intello" ? smiley


    • NICOPOL NICOPOL 29 mars 2011 23:13

      Penser que passer de l’extrême-gauche à l’extrême-droite consiste à « balayer » l’échiquier politique montre que vous avez une vision assez simpliste de l’histoire politique de notre pays. L’ « échiquier », comme vous dites, est beaucoup plus un cercle qu’un demi-cercle, et les exemples de passage de l’extrême-gauche à l’extrême droite et vice-versa sont assez courants, que ce soit pour des hommes politiques (notamment pendant la collaboration) ou des électeurs. Je vous invite à lire « les 2 Républiques françaises » de Philippe Nemo.

      Ensuite, vous avez commencé votre intervention sur ce post par un inutilement désobligeant « Je n’ai pas lu le livre ... mais je fais un article dessus !! Bravo l’auteur. » qui était à côté de la plaque (à moins qu’il ne s’agisse d’humour, voire d’un compliment sincère smiley) puisque je ne parlais pas du livre mais d’une de ses conférences, pour ensuite avouer que vous étiez dans le même cas, donc on ne voit pas très bien ce qui vous a inspiré cette entrée en matière.

      « et vous n’êtes pas le seul ici à avoir écrit sur Soral et sur le dernier bouquin de Soral »

       ?? Que voulez-vous dire par là ? Je n’ai jamais prétendu être le seul ici à avoir écrit sur Soral, puisque précisément je faisais référence à plusieurs articles traitant de lui publiés sur AV. Vous avez décidément le chic pour émailler vos interventions de sorties assez difficiles à comprendre. 


  • King Al Batar King Al Batar 29 mars 2011 15:12

    Au lie de critiquer bêtement le RAP, Mr Soral ferait bien d’écouter Rockin Squat, ancien membre fondateur du très vuex groupe Assassin.

    LE discours de Soral, il le tient depuis plus de 10 piges, en beaucoup plus conscruit et precis, car il donne des noms, dans ses morceaux et est beaucoup plus intelligent, et pacifiste que ce cher essayiste.

    Le probleme de Soral est qu’il dispose d’un discours et d’une capacité analytique très nettement supérieur à la moyenne des intelelctuels francais (dissident ou non) mais qu’il se laisse trop aveugler par une haine, dont lui seul doit connaitre la source.

    Ce mec me parait être un très grand intellectuel, trop haineux pour être reconnu. Un celine moderne quoi !


    • NEPNI NEPNI 29 mars 2011 16:27

      Quand on est au dessus de la moyenne, qu’on arrive pas à rentrer dans le système pour une question de valeurs (je suppose) et que celui essaie de vous abattre, il y a de quoi être un peu agressif non ?

      Cette agressivité ne lui sert pas d’ailleur (j’apprécie Soral mais sa dernière émission chez Taddéi n’est pas sa meilleure performance à mon sens, il a donné par la forme des arguments aux adversaires)

      Enfin, je préfère ça a une langue de bois consensuelle qui abuse plus qu’elle n’informe.

      Son message doit être comprit par le plus grand nombre pour sortir de l’asservissement et du mensonge. Sorale n’est pas le seul ( Pierre Hillard, Paul Grignon, Asselineau...) mais il est une belle synthèse pour comprendre le système pervers dans lequel nous vivons


  • Hijack Hijack 29 mars 2011 16:16

    @ l’auteur ...

    Je suis tout à fait d’accord avec l’introduction que tu fais de ton article ... sur Soral !!!

    Mais dès que tu cites Chavez ... tu changes de ligne( quitte à dérailler), tu tombes dans la critique anti Chavez que l’on aboie partout et gratos ... sans savoir de quoi il en est au juste.

    On peut bien analyser une situation même compliquée, mais si on a mal analysé une petite donnée (ma foi facile à vérifier) ... tout tombe à l’eau et tu joues contre ce que tu disais au début.


    • NICOPOL NICOPOL 29 mars 2011 18:23

      A Hijack,

      Je vous serais reconnaissant de ne pas utiliser le tutoiement, je ne pense pas qu’on se connaisse.

      Par ailleurs, je critique Chavez en toute connaissance de cause, non pas par ce que j’en lis dans les journaux (quoi que, le changement de ligne éditoriale du Courrier International est assez amusante...), mais en fonction de ce que je connais de la situation au Venezuela (j’y ai quelques amis, donc témoignage « direct »). Ceci dit, je ne suis pas un « anti-Chavez » primaire, j’essaye de juger l’homme et son action de façon objective et sans préjugés. Il est hélas rare de voir des « pro-Chavez » mesurés...


    • Hijack Hijack 29 mars 2011 23:16

      @ l’auteur,

      Je te serai reconnaissant quant à Toi de noter ... que sur un forum, le tutoiement est de mise et de rigueur  !!!

      Ce n’est ni un manque de respect, ni une mal-politesse ou quoi que ce soit dans ce genre ... mais simplement une règle acquise depuis belle lurette !!! Et encore moins une familiarité, vu qu’on ne se connait pas , comme je ne connais pas la grande majorité des très nombreux membres écrivant sur AgoraVox !  smiley
      La règle du tutoiement est même un lieu commun dans ce genre de discussions. Bref !

      Je connais aussi assez bien Chavez ... et des gens au Vénézuela ... qui disent le contraire de ceux que tu me cites.

      Je confirme donc ce que je disais et ne mets pas en doute ta bonne foi, mais tes connaissances du problème.
      Tu connais peut être un peu Soral, mais pas assez ... tout comme Chavez.. Sûrement influencé par les mensonges ambiants ... allant tjrs dans la même direction et eux, vraiment de très mauvaise foi !
      Et je ne tiens même pas à polémiquer ... vu le niveau.
      J’ai ce que je pensais.


    • Hijack Hijack 29 mars 2011 23:16

      Heu ... j’ai dit, ce que je pensais.


    • NICOPOL NICOPOL 30 mars 2011 01:46

      "Je connais aussi assez bien Chavez ... et des gens au Vénézuela ... qui disent le contraire de ceux que tu me cites.

      Je confirme donc ce que je disais et ne mets pas en doute ta bonne foi, mais tes connaissances du problème.« 

      Ah ! Tiens donc ! Nous avons donc tous les 2 des »correspondants« sur place qui nous donnent une vision de la situation contradictoire... Et forcément, les vôtres sont dans le vrai et les miens dans le tord (sans doute des agents de la CIA) ? Bien sur, en partant de ce principe, la discussion est vite close...

      Plus sérieusement, comme je l’ai précisé, je ne considère pas Chavez comme l’incarnation du mal ; il a manifestement contribué à l’amélioration des conditions de vie de son peuple par certaines mesures politiques et économiques (notamment sa reprise en main de certains secteurs de l’économie nationale comme le pétrole, ce que les mexicains avaient également su faire en leur temps). Je comprends aussi que son anti-américanisme et anti-capitalisme farouche puisse séduire certains milieux. Mais je trouve tout aussi stupide de verser dans la critique primaire de Chavez (ce que je ne fais pas) que d’en faire une sorte de parangon de la démocratie et de l’humanisme exempt de tout reproche (ce que vous semblez faire) : le personnage a de nombreuses zones d’ombre, une pratique pour le moins curieuse de la démocratie, des opposants honnêtes et des prises de position qu’on a le droit de trouver contestable.

      Enfin bon, si de votre côté vous le trouvez absolument parfait et irréprochable et considérez toute critique de son action comme le résultat d’une désinformation ou d’un mensonge... Que voulez-vous que je vous dise... 

       »Tu connais peut être un peu Soral, mais pas assez ...« 

      C’est dans doute le cas... Est-ce que ça m’interdit de partager quelques réflexions à l’écoute attentive d’une de ses conférences ? Agoravox serait-il réservé à une poignée d’éminents »spécialistes soraliens« (dont je ne doute pas que vous fissiez partie) ?

       »Et je ne tiens même pas à polémiquer ... vu le niveau.« 

      Que voulez-vous dire par là ? Qu’ayant osé critiqué Chavez je ne suis pas digne de votre attention ?

      Il me semble, cher Hijack, que vous seriez plus sympathique si vous adoptiez un ton moins arrogant et supérieur, genre »vous répétez comme un mouton les mensonges de telle ou telle entreprise de désinformation ou de propagande, alors que moi, vous comprenez, je détiens LA vérité....".

      Sur ce, au plaisir de vous lire (ou pas).


    • Hijack Hijack 30 mars 2011 14:23

      @ NICOPOL,

      Je n’ai pas dit que j’avais des correspondants au Venezuela ... mais j’ai eu des amis qui sont partis là-bas en pensant comme toi et sont revenus fans de Chavez ... ce n’est pas mon cas.

      Je ne me fie pas à ce qu’on m’a rapporté, mais à ce que j’ai constaté de moi même.

      Je n’ai pas pris d’air condescendant envers toi ... chacun est libre de parler de tout.

      Désolé si je t’ai paru arrogant, ce n’est pas le cas ... je suis simplement agacé par toutes les bêtises que je lis un peu partout, comme je l’avais lu sur Cuba avant et le Venezuela à présent... J’avais perdu du temps ... pour rien, pourtant, sur Cuba ...même Amnesty International a reconnu avoir été obligé de mentir ... (trop long pour en parler).

      Si tu avais fait une critique qui m’aurai interpellé sur Chavez, je l’aurai pris en compte et j’aurai essayé de comprendre ... mais ce que tu me dis sur lui, ce n’est pas une critique, mais un condensé de TF1/FR2/C+ ... et comme chacun sait, c’est des détenteurs de vérité !

      Je ne veux pas te convaincre, mais comme tu es tout aussi sympa, je te prie d’étudier le Cas Chavez depuis le tout début et tout analyser en t’enlevant toutes les barrières ... Je dirai la même chose sur Fidel, Sur Ahmadinejad.


    • NICOPOL NICOPOL 30 mars 2011 17:34

      Bonjour Hijack,

      Merci de ce ton plus courtois !

      Ceci dit, je ne comprends pas très bien vos propos. Vous dites d’une part que vous ne vous fiez pas à ce qu’on vous rapporte mais seulement à ce que vous constatez vous-même ; puis vous dites que vous êtes en mesure de savoir ce qu’est VRAIMENT le régime de Chavez, en tout cas mieux que les amis que j’ai là-bas et qui y vivent depuis 25 ans : dois-je en déduire que vous vivez vous-mêmes là-bas, ou bien faut-il voir une certaine contradiction dans vos propos ? En clair, comment SAVEZ-VOUS ce qui se passe vraiment au Venezuela ?

      Je pourrais aussi vous citer malicieusement ces intellectuels rentrés d’un petit séjour en URSS et qui se répandaient dans les journaux : « Ne croyez pas la désinformation impérialiste américaine, nous, nous sommes allés voir, et c’est VRAIMENT le paradis là-bas »...

      Je précise à nouveau que ce que je pense, moi, perso, de Chavez, ne vient pas du tout de TF1/FR2/C+ (et pour cause je n’ai pas la TV, ne lis jamais les journaux, et ne suis l’actualité que sur le web), mais d’informations relayées par des amis que j’ai là-bas, et que je n’ai aucune raison de soupçonner de vouloir me « désinformer » (même si, bien entendu, dans leur façon de décrire et analyser la situation il y a forcément une part de subjectivité). Donc, ne pensez pas un peu hâtivement que, sous prétexte que VOUS, vous avez la certitude d’avoir accès à la VRAI info, tous ceux qui ne voient pas les choses exactement comme vous sont forcément désinformés et lobotomisés. C’est tout aussi présomptueux que méprisant.

      Cordialement,


    • Hijack Hijack 30 mars 2011 18:29

      @  NICOPOL,

      Y’a pas de quoi ...
      En général suis très poli même avec mes pires contradicteurs ...

      J’insiste sur le fait que sur les forums, le tutoiement est de mise ... et donc que tutoyer est passé dans le langage courant et le vouvoiement oublié ... logique, vu qu’on ne sait pas à qui l’on s’adresse ... et si tout le monde te tutoie, inutile de vouvoyer dans un seul sens.

      Je te parlais d’amis venant de là-bas, en réaction à ce que tu disais ... que tu connaissais des gens là-bas, sinon, je ne voyais pas l’utilité de le dire, vu je fais mes propres analyses, quitte à me tromper, mais aussi à une très forte intuition et habitude.

      Je n’ai jamais été au Venezuela ... je connais Chavez d’après ce qu’il dit et réalise ... et juge ceux qui le critiquent par ce qu’ils disent, font, mentent, trichent, désinforment et ... tuent !!!

      Je veux bien parler du Venezuela autant que tu veux … mais j’ai l’impression qu’on ne parle pas de la même chose.

      Aussi, si tu le veux bien, je préfère te citer quelques articles que j’ai trouvé vite fait, ce qui m’évitera de passer trop de temps : (articles qui correspondent en grande partie à ce que je pense)

      Lis le 1er ci-dessous, de préférence ...

      - Venezuela : le flot de mensonges - par Tim Anderson

      http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16021

      - Que de mensonges sur le Venezuela de Chavez, Gianni Mina.

      http://www.legrandsoir.info/Que-de-mensonges-sur-le-Venezuela-de-Chavez-Gianni-Mina.html

      - Assez de mensonges sur le Venezuela ! (Nadine Gordimer Prix Nobel de Littérature, Adolfo Pérez Esquivel Prix Nobel de la Paix)

      http://www.gauchemip.org/spip.php?article3519


    • NICOPOL NICOPOL 30 mars 2011 18:54

      Salut Hijack,

      Bon, pour le tutoiement, vous aurez constaté que je ne vous en tiens pas rigueur, même si, à titre personnel, je ne souhaite pas l’utiliser à votre égard (je suis un peu « old shool », des fois !). N’y voyez pas une marque de suffisance, à part en Amérique Latine, je n’ai jamais tutoyé personne que je ne connaisse personnellement, quelque ce soit l’âge, la fonction et le lieu.

      Sur le Venezuela, j’en déduis donc que nous nous en remettons tous les 2 à des infos de seconde main, donc je ne vois pas pourquoi les miennes seraient moins fiables que les vôtres. Mais ceci me semble assez naturel : Chavez est un personnage ambigu, haut en couleur, contradictoire, il est donc normal que suivant la facette du personnage que l’on choisit il apparaisse comme un grand démocrate ou comme un sordide dictateur... De toute façon, entre ses partisans acharnés et ses opposants tout aussi acharnés, il n’y a pas de réconciliation possible. N’étant moi-même ni Vénézuelien, ni résidant au Venezuela, ni concerné de près ou de loin par ce qui s’y passe, je me contente d’avoir un vague « feeling » sur lui sans en faire une affaire de principe (et encore moins d’idéologie) et en étant prêt à changer d’avis si on m’en donne de bonnes raisons. 

      Et pour cela, bien sûr, il faudra autre chose que des tribunes publiées sur des sites idéologiquement partisans ! Vous m’avez bien fait rire avec vos liens !! « www.legrandsoir.info » smiley franchement, ce n’est pas crédible ! Imaginez que moi je vous mette un lien vers un article à charge contre lui, cosigné par un Prix Nobel de la Paix (Barack Obama), publié sur un site genre « newamericancentury.org » ? Quelle serait votre réaction ?? Sacrez vous !

      Tout ça pour dire que de toute façon ce qui m’intéresse ici c’est de parler de Soral (enfin, plus précisément de ses idées), et pas de Chavez, et que j’aurai du me douter qu’en évoquant ce dernier en intro je m’attirerai la foudre de certains agoranautes (je suis même surpris que vous soyez le seul... Mais l’article n’a pas attiré les habituels groupies du Lider Bolivarien smiley).

      Au plaisir de vous lire,


    • Hijack Hijack 30 mars 2011 23:41

      NICOPOL,

      Salut.
      Les liens que je t’ai donné, c’était pour m’éviter d’écrire ce que j’ai écris mille fois ... mes idées ne viennent pas de là, mais ils disent pareil. Il y a une différence entre être influencé et avoir les mêmes idées.

      Le tutoiement, ce n’est pas de la malpolitesse sur la toile, mais une règle tout simplement.


  • NICOPOL NICOPOL 29 mars 2011 18:05

    Ah, merci à l’équipe d’Agoravox pour la photo extraite de la vidéo ! Cool !


    • NICOPOL NICOPOL 29 mars 2011 18:30

      Je ne suis pas totalement en désaccord avec vous. C’est moi aussi ce qui me gène dans le personnage : la tendance à essayer de « récupérer » ce qui lui semble aller dans le sens de ses convictions idéologiques (ici, les catholiques et musulmans « modérés »), le besoin de s’ancrer à un « groupe » sur lequel il projetterait ses aspirations, quitte à se faire manipuler par des « amis de circonstance » peu recommandables...

      Comme je l’ai écrit dans l’article, je pense qu’il se trompe fondamentalement de combat en voulant allier musulmans et catholiques contre juifs et protestants. Le véritable combat est celui de la sortie de l’univers mental platonico-abrahamique tel que le théorise Heidegger et à sa suite Alain de Benoist. 

      Par contre je ne suis pas d’accord avec vous lorsque vous dites qu’il n’a aucune capacité d’analyse, bien au contraire, il en a peut-être trop, ce qui le conduit un peu loin dans ses développements...


    • Rounga Roungalashinga 30 mars 2011 08:47

      la tendance à essayer de « récupérer » ce qui lui semble aller dans le sens de ses convictions idéologiques

      Ca s’appelle faire de la politique, ça, non ? De réunir les gens selon l’idéologie qu’ils ont en commun...

       je pense qu’il se trompe fondamentalement de combat en voulant allier musulmans et catholiques contre juifs et protestants.

      Ce n’est pas ça.


  • Kalevala 29 mars 2011 20:32

    A lire votre article, je préféré Pierre Hillard est beaucoup sérieux, Alain de Benoist par contre la dernière fois que les entendue il na parrue radoter avec des ponsifs vieux de 30ans.


  • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 29 mars 2011 21:12

    Certains aspects de Benoist ou Soral me conviennent parfaitement. Malheureusement ils restent tous deux engoncés dans un intellectualisme façonné (chez Soral surtout) dans les pires bouges des idéologies post 1789.


    La Vérité est pourtant simple, elle réside dans l’Homme Vrai, sa pureté et sa force.

  • Le Hérisson Le Hérisson 30 mars 2011 00:38

    Le bouquin de ce type ne présente aucun intérêt. D’une part, car d’un point de vue psychopathologique, Soral représente un parfait cas de magalomane/paranoïaque... Les deux allant ensemble comme chacun sait chez les psychiatres.
    D’autre part, sa contruction intellectuelle correspond à ce système maladif : « j’ai une idée préconsue, par exemple que les juifs et les libertaires sont la cause de tous nos maux, et je vais me débrouiller pour le prouver, quoiqu’il en coûte »... Cela ne présente aucun intérêt.
    Enfin, Soral écrit très mal, ce qui devrait finir de confirmer qu’il est plutôt à ranger du côté des gens sans intérêts.


  • agent orange agent orange 30 mars 2011 08:56

    Nicopol

    Ce que je pense de Melanchon ?
    J’avoue ne pas avoir « creusé » à son propos. Certains l’accusent d’être un franc-mac ou d’avoir fait partie de la franc-maçonnerie.
    Mais ce qui me parait troublant - venant d’un des rares politiciens français critique de la guerre d’Afghanistan -, est qu’il ait voté l’intervention militaire en Libye au parlement européen, qui dois-je rappeler est une guerre coloniale ?
    Une telle contradiction ne peux que renforcer ma perplexité à son égard.


    • NICOPOL NICOPOL 30 mars 2011 17:35

      « Ce que je pense de Melanchon ? »

      Excusez-moi si je débarque mais Agent Orange = Alain Soral ou quoi ?


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