mardi 22 août - par rosemar

Spinoza, le philosophe de la liberté...

Sommes-nous libres ? En fait, tous les êtres humains sont soumis à des contraintes diverses qui entravent leur liberté : nous ne choisissons pas de naître, nous ne choisissons pas nos parents, notre pays d'origine, notre caractère, nos propres gènes....
 
Nous ne choisissons rien, nous sommes déterminés par de nombreux facteurs qui nous façonnent...
L'être humain apparait, ainsi, peu enclin à connaître ce qu'est la liberté.
Or, Spinoza, philosophe du 17 ème siècle nous donne des clefs pour tenter d'échapper à ce déterminisme...
Pour retrouver une forme de liberté, la connaissance du monde permet à l'homme de s'épanouir.
Pour se libérer, pour vivre mieux, l'homme doit refuser les passions, les préjugés, les superstitions : on perçoit toute la modernité de ce philosophe...
Spinoza exalte la joie de vivre... vivre, c'est observer, c'est éprouver du bonheur devant des oeuvres d'art, toutes sortes de spectacles, c'est pratiquer toutes sortes d'exercices physiques.
 
Le bonheur et l'épanouissement passent par la connaissance qui est essentielle pour l'être humain...
Spinoza nous invite à une connaissance de la totalité de la nature, la réflexion, le savoir élèvent l'âme humaine et nous font accéder à une joie nouvelle.


L'homme peut gouverner ses désirs, ses passions par la raison et la réflexion.
 
Ainsi, le savoir est valorisé, il est l'essence même de l'être humain, il devrait être son moteur.
Dans un monde où le désir est permanent, Spinoza nous montre une voie pour échapper à cette domination des passions, telles que l'ambition, la soif du pouvoir et de l'argent, la jalousie, le mépris, la haine.
 
Cette voie qui passe par la connaissance, le savoir, n'est-elle pas évidente ?
C'est par l'apprentissage, la découverte permanente que l'homme avance, s'épanouit dans sa vie.
Oui, la culture est le propre de l'humanité... elle est fondamentale et il faut préserver cette valeur de nos sociétés.
La culture est si vaste, si riche qu'elle nourrit l'homme, à l'infini : les arts, la littérature, les sciences, l'histoire sont sources de découvertes sans cesse renouvelées....
Notre passé est riche de tant d'ouvrages, de livres, de savoirs si divers.
Spinoza nous invite à apprendre, à nous enrichir de connaissances pour nous libérer de toutes les entraves qui nous cernent et nous emprisonnent.
Ainsi, chaque journée devrait être pour chacun, une occasion de nouvelles découvertes et de nouveaux savoirs.

On conquiert, ainsi, des libertés nouvelles : celles de la réflexion, de la connaissance du monde, de l'épanouissement personnel...

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2015/10/spinoza-le-philosophe-de-la-liberte.html

 
 
Une biographie de Spinoza : 
http://atheisme.free.fr/Biographies/Spinoza.htm
 
Ses idées philosophiques : 
http://coursphilosophie.free.fr/philosophes/spinoza.php
 



40 réactions


  • Robert Lavigue Robert Lavigue 22 août 12:24

    Là c’est du lourd !


    • Sozenz 22 août 13:02

      @Robert Lavigue
      comme quoi vous avez un point commun avec l article ^^

      j’ aimerais que tout le monde remercie rosemar qui nous donne tout les jours l opportunité de nous étreindre joyeusement . 


    • rosemar rosemar 22 août 13:24

      @Sozenz

      Pour mieux découvrir Spinoza :



    • mmbbb 22 août 20:08

      @rosemar et je ne connaissais pas Spinoza par ailleurs je ne connaissais pas les termes ontologique immanence ( Taverne ) ma maman ma dit de ne pas dire des gros mots .


  • Julien Julien 22 août 13:08

    Merci pour votre article. J’ai lu un peu Spinoza, et je trouve que la phrase suivante n’est pas forcément bien choisie :

    l’homme doit refuser les passions

    En effet, si je ne me trompe pas, Spinoza dit qu’à un instant donné, on ne peut pas résister aux affects dus à des éléments extérieurs à nous-mêmes. C’est la causalité. Donc il ne sert à rien de les « refuser ». Une chose qu’on peut faire pour guérir est de chercher un affect contraire de même nature (évidemment, cela fonctionne).

    Ce qui ne veut pas dire qu’effectivement, on ne puisse prévenir de nouvelles occurrences de cet affect, par la connaissance du monde. Cela va dans le sens de votre article.

    Au passage, je n’ai jamais réussi à comprendre ce qu’est le stade ultime de la joie de Spinoza, ce que les traducteurs appellent « science intuitive » ou « connaissance intuitive »...


    • rosemar rosemar 22 août 13:59

      @Julien

      Merci pour ces précisions : je commence à découvrir Spinoza...

    • philippe baron-abrioux 22 août 16:24

      @julien ,

       Bonjour ,

       selon la source que j’ai en mains, « philosophie de la connaissance » de Roger Mucchielli

      Spinoza , dans le « de emendatione intellectus » , pense que l’erreur est dans la subjectivité de la connaissance .

      selon les trois degrés nous passerions de 1 la connaissance vague à 2 la connaissance rationnelle pour aboutir à 3 la connaissance intuitive

      . le premier degré de la connaissance serait la« connaissance vague » (perception des choses de notre propre point de vue ) .

       le deuxième degré de la connaissance serait « la connaissance rationnelle » (où nous voyons les choses dans leurs rapports ,du point de vue objectif )

       le troisième degré de la connaissance, celui de« la connaissance intuitive » (,où nous comprenons les choses du point de vue de leur être même) .

      seul le premier degré est source d’erreur .
       
       si vous me le permettez, j’ajoute ces quelques lignes strictement personnelles .

        Spinoza défend l’idée d’un « ordre universel » que seule la connaissance permet de percevoir , qu’il convient d’accepter et de s’y soumettre une fois dégagé de ses passions qu’il faut étudier pour s’en libérer.,

       c’est , selon Spinoza ,dans l’accès à cette « connaissance intuitive » , le niveau le plus élevé dans la connaissance( la plus fine) que l’homme trouverait enfin la Paix qui le rapproche de la perfection et donc de Dieu .

       bonne fin de journée !

       P.B.A

      .


    • Julien Julien 22 août 21:11

      @philippe baron-abrioux

      Merci pour votre explication. Cela rejoint d’autres choses que j’ai pu lire.
      Autant je comprends les trois âges d’Auguste Comte, autant j’ai du mal avec ces degrés de connaissance de Spinoza. En effet, je ne vois pas ce qui différencie qualitativement ces trois degrés de connaissance. Dans ce que vous écrivez, est-ce que dans le deuxième degré, il y a l’idée de « relativité » (observation des choses en les comparant les unes aux autres), alors que dans le troisième degré, il y a l’idée d’« absolu » (compréhension d’une chose sans comparaison à d’autres choses connues) ?

      En tout cas, voilà ce qu’écrit l’« atlas de la philosophie », et l’on n’y retrouve pas ce que je viens d’écrire (différence relatif/absolu), mais l’« idée de Dieu » :

      <<<
      Spinoza distingue trois types de connaissance :
      * l’opinion ou l’imagination qui provient d’affections et peut produire des notions générales confuses et désordonnées.
      * la raison, dans laquelle on opère déductivement avec des notions communes.
      * la science intuitive, qui connaît sub specie aeternitatis, c’est-à-dire à partir de l’idée de Dieu.
      Seul le premier genre de connaissance peut être source d’erreur.

      >>>

      Personnellement, je ne sais pas ce qu’est « l’idée de Dieu ».

      Donc personnellement, je préfère me référer aux trois âges d’Auguste Comte, c’est beaucoup plus concret...


  • Graal 22 août 14:55

    "Spinoza nous montre une voie pour échapper à cette domination des passions, telles que l’ambition, la soif du pouvoir et de l’argent, la jalousie, le mépris, la haine."

    Spinoza a réellement voulu dire ça ? Pouvez-vous citer un écrit précis dans ce sens ?

     

    Pour ce qui est de la liberté, en me référant au lien figurant au bas de votre billet, vous me paraissez accommoder bien librement et à votre façon, la liberté selon Spinoza


  • francois 22 août 16:51

    @Graal

    Pour une fois où Rosemar tombe « presque » juste, il ne faudrait pas nous gacher le plaisir.

    La liberté suppose le libre arbitre et Spinoza :

    « Nous croyons souvent le contraire, mais c’est par ignorance des causes. Ainsi le libre arbitre, faculté prétendue d’agir sans y être déterminé, est-il une illusion*. Les hommes se croient libres parce qu’ils sont conscients de leurs actions et de leurs désirs, et ignorants des causes qui les déterminent à vouloir. »

    Rosemar, il faudrait remplacer liberté par conscientisation.



    • rosemar rosemar 22 août 18:13

      @francois

      Ce qui me plaît aussi dans la philosophie de Spinoza, c’est ce qu’on peut appeler son panthéisme : la nature est dieu, elle est d’essence divine...

    • mmbbb 22 août 20:55

      @rosemar « La nature est Dieu » non ce n ’est pas du pantheisme mais du monotheiste D ailleurs l idee n est pas nouvelle puisqu au Moyen Dieu etat au centre de tout


    • rosemar rosemar 22 août 20:59

      @mmbbb

      Je vous invite à écouter cette vidéo :https://youtu.be/Mce2xj9q4jY




      Vous comprendrez mieux...

    • mmbbb 22 août 21:35

      @rosemar Je suis un matérialiste, et l argent etant le nerf de la guerre, mon bonheur ne peut que s ’acheter dans ce bas monde. J aspire a la paix au calme et être en retrait de ce monde trop bruyant et turbulent Un de mes philosophe preferes est Montaigne C’est un philosophe qui marchait Il est alle en italie D ailleurs la ville d URBINO lui a érigé une statue . J e respecte ces philosophes qui ont eu a affronter l humaine condition . Les autres je suis trop sot pour comprendre , ces mots trop savant et ces phrases trop complexes . ILs turbinent trop de l intellectuel . Par ailleurs c etait la mode dans les années 1970 . Une logorrhée : plus il y avait des phrases complexes plus c’etait chic plus c etait inconpréhensible plus cela paraissait savant. La philosphie n a pas empecher Althusser d etrangler sa femme et de dérailler La philosphie, n a pas Heidegger de ne pas etre au parti nazi . Annah Arendt fut sa confidente mais comme c ’est une intello n elle eu droit a la clemence de la critique Je n ai pas lu Sartre Deleuze et je m en passe tres bien . La philosophie de Spinoza comme tant d autres philosophies ne sont que des distractions intellectuelles lorsque que l on est bien assis au calme dans un fauteuil de Voltaire . . In fine la mort sourit a tous le monde et c est le clap de fin ! et les boyaux de la tete se vide ! Tout ceci n aura ete qu une construction intellectuelle .


    • Graal 22 août 22:09

      @francois

      Désolé, mais j’ai un peu du mal à vous suivre (ne le prenez pas mal).

      "Rosemar tombe « presque » juste"

      Alors, qu’elle s’explique ! Elle me renvoie à une vidéo de presque une heure.

      Comme à son habitude, elle répond de façon insipide ou à côté.

      Quand on écrit un article, c’est qu’on connaît le sujet. C’est quand même elle qui a écrit "Spinoza, le philosophe de la liberté".


    • rosemar rosemar 22 août 23:39

      @Graal

      Pas assez curieux et patient pour être un « spinoziste »... !

    • francois 23 août 08:11

      @rosemar
      Disons que vous lisez de travers comme Camus


  • jjwaDal jjwaDal 22 août 19:25

    Je connais un peu Spinoza (via ce qu’en dit Lordon) et votre article me donne envie de le découvrir par moi-même.
    Je le pense prisonnier de son époque et donc sa pensée est forcément contenue dans les limites de l’entendement autorisée par elle, notamment les connaissances en physiques. Par ex. sa réflexion sur « Dieu » ne peux en aucun cas contenir la possibilité que la « Nature et ses Lois » soit en fait une simulation numérique et les « règles du jeu », donnant au créateur absolue de « notre univers » la possibilité de nous ressembler bien plus qu’il ne pouvait l’imaginer...),
    Avec la logique pure on peux créer une infinité de chimères n’ayant qu’un vague rapport avec le monde réel, le savait-il ?
    Par contre sur notre monde intérieur, j’ai dû redécouvrir des choses qu’il savait. J’ai pris possession de moi à 15 ans quand j’ai dû m’extérioriser pour comprendre comment mon propre cerveau pouvait avoir une opinion radicalement différente de la « mienne » (en fait c’était « un mâle » et il s’intéressait aux filles et « moi » pas du tout...). Une occasion en or de faire le tour du propriétaire pour découvrir les nombreuses manipulations dont nous sommes l’objet et les limites étroites de notre « libre arbitre ». Il faudra que je le lise pour voir jusqu’où il a pu aller éventuellement plus loin que moi sur certains chemins peu fréquentés...


    • rosemar rosemar 22 août 21:04

      @jjwaDal

      Je pense qu’il est difficile de lire l’Ethique : cet ouvrage est rédigé comme un véritable traité de mathématiques...

    • Julien Julien 22 août 21:33

      @jjwaDal

      J’ai essayé de lire l’Ethique commentée par Robert Misrahi. Je pense qu’effectivement Spinoza était prisonnier de son époque. S’il avait pu, il aurait été physicien.

      Voir un exemple flagrant p.147 (dans la partie II de son ouvrage : “De la nature et de l’origine de l’esprit”), où Spinoza s’essaie à faire de la physique : “Tous les corps sont ou en mouvement ou au repos” puis “Un corps se meut parfois plus lentement et parfois plus rapidement”, pour finalement utiliser ces principes dans la théorie des affects ! Le passage de l’un à l’autre par un enchaînement mathématique est bien sûr impossible dans l’état actuel des connaissances ; on n’en est pas encore à la psycho-histoire de Hari Seldon ! Donc ce qui est présenté par Spinoza comme une déduction ne peut être qu’une opinion.


  • Taverne Taverne 22 août 19:25

    Réponse à La « norme infinie » ? Il faut nous expliquer...(rosemar 22 août 14:00)

    Voici la transcription résumée de la vidéo dont le lien est donné par Ricola

    Alain Badiou : les modes infinis

    (Paris 8 - Alain Badiou 18 mai 2017 Lien)

    Le mode infini, pour Badiou, est « un vide impossible à forclore ».

    On a besoin des modes infinis pour démontrer que l’infini ne peut pas produire directement du fini et que tout ce qui résulte immédiatement (1) d’une cause infini reste infini." Mode fini = cause finie. La causalité est la base de la distinction entre fini et infini. Le miracle est l’intervention de l’infini dans la chaîne des causalités.

    (1) en termes de causalité, pas d’immanence.

     L’infini bat tous les domaines de l’existence.

     Qu’est-ce que les attributs ?

     Deleuze : l’interprétation par l’expressivité. A l’opposé : la stricte immanence ontologique selon d’autres philosophes. Expressivité contre productivité immanente. L’attribut est-il interprétation de la substance ou composition de la substance ?

     Des choses singulières ne sont pas toutes intrinsèquement finies. Spinoza donne l’exemple de la figure de tout l’univers. L’opposition entre mode est attribut, l’opposition entre mode et substance, n’ont pas de raison de coïncider avec l’opposition entre fini et infini.

     Badiou se situe dans le point de vue de Spinoza pour lequel les attributs sont des corrélations ontologiques immanentes à la substance et non pas des perspectives ou des points de vue. Mais Badiou propose la vision d’une pensée du multiple et non de l’Un comme Spinoza.

    (...)


    • Taverne Taverne 22 août 19:27

      Qu’en est-il du mode infini ?

       « Théorème magnifique » : « s’il existe un plongement élémentaire non trivial (s’il existe des attributs de l’absolu) alors il existe un type d’infinité qu’on ne connaissait pas avant, plus grand que tous ceux qu’on connaissait avant » : le mode infini. Un « témoin de l’existence des attributs » (en termes mathématiques). Lien constitutif.

       Possibilité d’une création pure. Introduire dans le monde quelque chose qui ne le détruit pas mais qui le conserve dans la différence, ni dans la figure de la destruction ni dans la figure de la conservation, une expression intérieure différenciée : un chef-d’œuvre en témoignera.

      Politique (dans le sens déploiement effectif de l’action dans l’attribut de ce qu’il y a) et quelque chose qui témoigne de cet effort et qui, lui, est témoignage d’une intensité sans précédent. La réciproque est vraie pour les mathématiciens : si vous êtes dans le sentiment d’une intensité sans précédent, c’est probablement qu’il y a quelque part un effet structural expressif et différencié. Il ne faut pas se laisser enfermer dans l’idée qu’il n’y a que conservation ou destruction. 


    • Taverne Taverne 22 août 19:29

      Les attributs sont une classe

      Les attributs ne peuvent pas être un ensemble, sans quoi ce serait un mode. Ce sera une classe qui n’est pas un ensemble. Ce qui exprime la substance sans s’identifier avec elle. Une partie vaut pour le tout, mais en n’étant pas ce tout. Elle ne lui appartient pas comme un élément à un ensemble. Elle est « partie de » et non « élément de ». Transfert descendant de la vérité d’un tout vers la partie et pas seulement de l’existence. Ce n’est pas une corrélation quantitative mais une corrélation de vérité : ce qui est vrai au niveau de l’absolu reste vrai. L’attribut exprime de façon singulière l’absolu. C’est l’identité propre, identité au sens de non identique avec l’absolu et de différent des autres attributs. Corrélation expressive de vérité. Non une vérité de répétition mais une vérité conservée aussi dans la différence.

      Les mathématiciens appellent le plongement de l’identité un « plongement trivial ». Un attribut de l’attribut, c’est une classe de l’absolu telle que, entre l’absolu et cette classe, il existe un plongement élémentaire non trivial. Voilà la définition intégrale d’un infini. C’est un peu comme si un attribut était quelque chose qui représente la substance à l’intérieur même de différences au niveau des vérités. Une chose et une idée, ce n’est pas pareil.


    • rosemar rosemar 22 août 20:54

      @Taverne

      Merci pour ces précisions qui sont assez complexes et j’avoue que j ’ai des difficultés à les assimiler...
      Je n’ai pas de formation mathématique.
      Je trouve remarquable l’influence qu’a eue Spinoza sur plusieurs générations de philosophes... lui qui n’a vécu que jusqu’à 44 ans...



    • Julien Julien 22 août 21:15

      @rosemar

      Moi je suis ingénieur, et je pratique encore les mathématiques pour la physique, et je ne comprends pas non plus... Mes mathématiques à moi sont beaucoup plus concrètes.


    • rosemar rosemar 22 août 21:17

      @Julien

      Merci : me voilà un peu rassurée...

    • Taverne Taverne 22 août 22:01

      @rosemar

      Une pièce de moteur est un élément du moteur. Ce n’est qu’une fois assemblée à d’autres éléments qu’elle forme un tout : le moteur. Un bout de ciel (celui que vous voyez par la lucarne) est une partie du ciel et non un élément. Il exprime le ciel : la partie exprime le tout. Pareil pour l’être humain.

      Montaigne s’exprime clairement : « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition » (« Du repentir », livre 3 chap. 2). La partie est ce qui « part de » : on va dire pour faire simple que l’Homme part de Dieu. La pièce du moteur, elle, ne part pas du moteur : elle est conçue en vue de constituer un ensemble appelé « moteur ».

      En revanche, les individus peuvent être vus comme des éléments comptables ne formant pas un tout absolu et permanent. Ils sont comme les pièces d’un moteur ou plutôt d’un jeu de construction puisqu’ils peuvent former divers types d’ensembles (une famille, une foule, un peuple, une bande d’imbéciles). Contrairement à l’exemple du moteur, les êtres humains ne sont pas conçus pour fabriquer une humanité ou pour former Dieu.


    • francois 23 août 08:49

      @rosemar
      Spinoza avait 400 ans d’avances.


    • Taverne Taverne 23 août 11:32

      @Ricola

      « Le ciel est bleu pour nous il est noir en l’Absolu »

      Ne compliquez pas ! Il y a déjà des lecteurs qui se plaignent qu’ils n’y comprennent rien !

      Dans mon exemple, qui est imagé, cela se tient. Et puis, le sujet c’est Spinoza. Ce que vous écrivez n’est plus Spinoza. Même si je l’ai moi-même un peu interprété en simplifiant.

      L’homme est, pour moi, liberté et vérité. C’est aussi ce que disent les philosophes qui insistent sur l’existence de l’Etre comme Descartes, Leibniz et Spinoza. Les philosophes modernes qui donnent la primauté à l’existence du néant ont une idée tout autre de la liberté. La liberté, pour eux, est absurdité et non plus nécessité comme chez Spinoza. Et la vérité se trouve principalement, selon eux, dans l’idée de néant et non dans celle de l’être.


    • rosemar rosemar 23 août 11:39

      @Ricola

      Tout cela est très abstrait et risque de rebuter les néophytes...


      Voici un lien intéressant : Spinoza et le bonheur :http://laplusquevive.canalblog.com/archives/2012/09/09/24613878.html

    • jjwaDal jjwaDal 23 août 11:57

      @Julien

      Il faut se méfier au dernier degré des dissertations philosophiques sur ce qu’on appellerait la physique ou par extension la cosmologie. Impossible de déterminer par la logique qu’il ne peux exister de vitesse infinie ou de température infiniment basse (dans nos unités de mesure, s’entend). Impossible tout autant de supputer l’apparence quantification à tous niveaux de notre monde, au point qu’il semble « pixellisé ». Est-ce qu’on peux par la logique pure imaginer, qui de la poule ou l’oeuf était premier dans l’ordre temporel et la causalité, sans les apports majeurs des sciences dures ? Doutons-en...
      Comment les hommes sont apparus a été un sujet majeur de réflexion infructueuse pendant des milliers d’années (voir l’ancien testament par ex, la Torah). Nous manipulons probablement des notions comme le « néant » sans même comprendre que ce pourrait n’être qu’un concept aussi vide de sens qu’une vitesse d’un million de km/sec ou une température de -10 000 °C... De là nos difficultés avec les origines, insolubles dans une logique hypothéco-déductive de philosophe (qui doit tenir pour acquis que le néant, le rien absolu, doit ou a dû exister).
      La philosophie serait bien en peine de nous dire, ce qu’est le Temps par ex, en produisant des hypothèses validées ou non par le monde réel, par ex sa quantification, voire son « inexistence » ,au sens où il pourrait être un terme pour quantifier une évolution, sans existence propre. En ex. la chaleur n’est qu’une expression trahisant l’énergie cinétique cumulée des particules bombardant le point de mesure.
      Donc je pense retenir de Spinoza son regard sur notre monde intérieur, bien plus que sur le monde physique (disons).


    • Taverne Taverne 23 août 16:54

      Pour Spinoza, les idées qui sont rapportées à Dieu sont adéquates et vraies. C’est ainsi que l’être connaît les idées vraies de façon claire et distincte.

      La vérité est à elle-même sa propre norme et n’a aucun autre critère en dehors d’elle-même : « veritas norma sui et falsi est ».

      J’ai souligné les termes qui ont donné lieu à de grandes discussions sur leur définition.


  • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter - Snoopy86 22 août 22:38

    Je sors de Carrefour


    Les pizzas Spinoza garanties sans OGM sont en tête de gondole en promotion 

  • Vraidrapo 23 août 08:12

    Encore merci pour cet Article. J’ai fini par savoir découvrir quelque peu ce Spinoza qui est cité trop rarement à mon avis. Je comprends pourquoi « Lagarde et Michard » du XVIIè fait l’impasse sur le personnage. Six pages sont généreusement consacrées à Descartes !!!
    Voici un lien découverte que j’ai parcouru avec plaisir :
    Les Lumières Radicales

    La philosophie, Spinoza et la naissance de la modernité (1650-1750)

    par Jonathan ISRAEL
    http://wodka.over-blog.com/article-2480149.html


    • Taverne Taverne 23 août 12:13

      @Vraidrapo

      Quelques points qui posent question quand même dans l’article que vous visez (bien trop succinct) : certains pensent que la vision de Spinoza est panthéiste (l’article ici dit que non). Il y a débat sur ce point.

      « L’esprit et le corps bien distingués dans le dualisme cartésien, sont ici une seule et même chose. » lis-je sur la page. Mais on n’explique pas pourquoi. Pour Spinoza le corps et l’esprit sont, du point de vue de dieu, une seule et même chose : la substance. La dualité corps-esprit n’a donc pas de sens dans l’absolu, ni les autres formes d’opposition que l’on connaît. L’existence de dieu ne peut être être contredite car il n’existe rien en dehors de Lui.

      Comme je vois que vous vous intéressez à la question dont j’ai fait un article en 2016, je vous en donne le lien. Spinoza, célèbre victime de l’obscurantisme.


  • laertes laertes 23 août 17:04

    @Rosemar : j’ai cru que Spinoza était plutôt un sceptique vis à vis du concept de « liberté ».
    Perso, je ne pense pas que l’homme ait accès à ce que Spinoza (selon ce que vous dites) nomme liberté. C’est de la pure spéculation qui ne repose bien sûr sur aucune réalité observable ou en état d’être observé.
    La connaissance de la liberté et du monde ne fera pas un homme libre............... Elle ne fera qu’un homme qui croit avoir la connaissance de la liberté et du monde et rien de plus.
    L’homme ne peut pas se libérer des passions tout comme l’homme Spinoza n’a jamais pu se libérer de la passion de réfléchir, de penser (je pense à Newton et au magnifique livre « la malle de Newton » sur le lien émotion et pensée). Spinoza est comme Freud, il croit que ce qui s’applique à lui s’applique aux autres. Bien sûr ce n’est qu’une pure illusion. Il aura beau exalter « la joie de vivre » l’observation et tutti quantti cette exaltation (passion ?) n’est en rien synonyme de liberté pour la simple raison qu’elles sont mues par des passions et par les occasions qui permettent à ces passions de pouvoir se canaliser.
    Pour paraphraser Shakespeare un peu bêtement je dirais : qu’il y a qqchose de pourri dans le royaume de la liberté.


  • Cateaufoncel 23 août 20:31

    « L’homme peut gouverner ses désirs, ses passions par la raison et la réflexion. »

    On le constate effectivement tous les jours.

    Juif lui aussi, Trotski voyait les choses bien différemment. Il remettait cela à plus tard, à beaucoup plus tard :

    L’homme devenu libre cherchera à atteindre un meilleur équilibre dans le fonctionnement de ses organes et un développement plus harmonieux de ses tissus ; il tiendra ainsi la peur de la mort dans les limites d’une réaction rationnelle de l’organisme devant le danger. Il n’y a pas de doute, en effet, que le manque d’harmonie anatomique et physiologique, l’extrême disproportion dans le développement de ses organes ou l’utilisation de ses tissus, donnent à son instinct de vie cette crainte morbide, hystérique, de la mort, laquelle crainte nourrit à son tour les humiliantes et stupides fantaisies sur l’au-delà. L’homme s’efforcera de commander à ses propres sentiments, d’élever ses instincts à la hauteur du conscient et de les rendre transparents, de diriger sa volonté dans les ténèbres de l’inconscient. Par là, il se haussera à un niveau plus élevé et créera un type biologique et social supérieur, un surhomme, si vous voulez.

    On l’attend évidemment toujours. Hitler aurait bien voulu, il n’a pas eu le temps.

    Dans l’Eloge de la fuite, Henri Laborit écrit :

    La sensation fallacieuse de liberté s’explique du fait que ce qui conditionne notre action est généralement du domaine de l’inconscient, et que par contre le discours logique est, lui, du domaine du conscient. C’est ce discours qui nous permet de croire au libre choix. Mais comment un choix pourrait-il être libre alors que nous sommes inconscients des motifs de notre choix, et comment pourrions-nous croire à l’existence de l’inconscient puisque celui-ci est par définition inconscient ?

    Spinoza apparaît bien vieilli, tout d’un coup... Mais toujours plus rassurant pour l’humaine fatuité.


    • laertes laertes 26 août 20:00

      @Cateaufoncel Je suis tout à fait d’accord avec vous. Depuis que j’ai lu Laborit, tout a changé pour moi et les concepts philosophiques tels que liberté, conscience, inconscience et autres absurdités sont partis avec le grand coffre des oeuvres fictives.
      Je me rappellerai toujours de la fin du film « mon oncle d’Amérique » tiré des théories de Laborit :
      « tant qu’on n’aura pas diffusé la connaissance de la manière dont fonctionne notre cerveau , la façon dont on l’utilise, tant qu’on n’aura pas dit que jusqu’ici ça a été pour toujours dominer les autres, il y a peu de chances qu’il y ait qqchose qui change ».
      Toutes les notions dites « philosophiques »(liberté etc) ne sont que des constructions raisonnables illusoires qui servent à masquer la véritable nature de l’homme et justifier la domination.


    • rosemar rosemar 27 août 09:17

      @laertes


      Et vous ne pensez pas que ce désir de domination peut être jugulé par la culture, le bonheur de la connaissance ?

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