jeudi 11 janvier 2018 - par Méchant Réac

Tribune contre Tribune : mais où est donc passée la démocratie ?

Le débat ce n’est pas un match de boxe qui doit se terminer par le K.O. de l’un des contradicteurs.

L’affaire Weinstein est très certainement le scandale sexuel de la décennie. Les révélations qui se succèdent contre le producteur américain. Le nombre des victimes, les actes reprochés à l’auteur et la complicité de son entourage (par son silence) lèvent le voile sur des pratiques barbares.

Chaque jour, une nouvelle victime libère sa parole. La honte passée, la pression sociale ayant (enfin) changé de bord, les violeurs et agresseurs de toutes sortes ont du mauvais sang à se faire. Des acteurs, des hommes politiques, des dirigeants d’entreprises vont se voir confronté à leurs « proies ».

Mais l’Occident, ayant perdu ses valeurs et le sens de la proportionnalité, confond tout, mélange tout, oublie tout. On confond tout, dénonciation et délation, victimisation et respect des victimes, présomption d’innocence et droit des victimes, viols et relations sexuelles !

Le scandale s’étend et submerge la société.

 

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L’hashtag #BalanceTonPorc sur Twitter en France, mais aussi les dénonciations publiques en Grande-Bretagne illustrent la désintégration de la société occidentale. Républiques ou Monarchies constitutionnelles, les nations européennes se vantent d’être des sociétés démocratiques. Mais l’un des fondements de la Démocratie c’est la Justice. Et une Justice démocratique doit se préoccuper de la protection des victimes et assurer les droits de la défense. Le déballage médiatique sur la place publique n’assure ni l’un ni l’autre. Les victimes vont devoir affronter les actions défensives de leurs bourreaux et peut-être ainsi détruire des années de reconstruction psychologiques. Les accusés (au sens général du terme) sont jetés en pâture à la populace. Des vies vont être à nouveau brisées. La vengeance prend le pas sur la condamnation. La rumeur supplante la preuve.

Quel que soit le « crime », la présomption d’innocence doit être respectée. Cette présomption doit s’appliquer tout en assurant les droits des victimes.

Dans la même idée, la notion de proportionnalité doit être redécouverte. Quel rapport entre les exactions d’un Weinstein (ou à un autre temps celui de DSK), qui, il y a encore un mois, brisait des carrières ou a soumis des jeunes femmes à ces fantasmes sexuels et un ministre britannique qui a posé, il y a 35 ans, une main sur un genou ? Entendons-nous bien, dans un cas comme dans l’autre il y a faute. Cette faute doit être condamnée. Mais les actes reprochés ne sont-ils pas à relativiser entre eux ?

En refusant cette relativité, en généralisant les comportements, le risque est de faire de gestes intolérables envers des femmes, des pratiques courantes, habituelles. De là à voir un système de défense d’un harceleur de faire de ses pratiques des « coutumes » sociales il n’y a pas loin. Ce manque de relativité est, dans un autre débat, celui de la laïcité, de brouiller les règles.

Par la faute de quelques-uns, on crée un climat de suspicion et de division entre les hommes et les femmes. Comme aux Etats-Unis, on verra des hommes éviter de prendre seul un ascenseur avec une femme. Dans un monde qui ne communique plus que par réseau sociaux interposés, où l’individualisme est érigé en système, où il faut appartenir à un clan ou nier les différences, le clivage homme-femme marquerait l’ultime rupture de notre société.

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Face aux accusations de harcèlement d’agressions sexuelles, une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie, ou Catherine Millet, ont écrit une tribune, publiée dans le journal Le Monde de mardi pour laisser les hommes libres d'«  importuner  ».

Rejetant le «  puritanisme  » et dénonçant le viol comme étant un crime (sujet qui ne fait pas débat), elles défendent « une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle. » Le collectif déclare que « la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste. »

 «  Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle. Nous sommes aujourd’hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle  » poursuivent les signataires de ce texte.

«  En tant que femmes, nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité  ». Cette phrase va susciter le courroux des féministes bien-pensantes menées par Caroline De Hass, les journalistes Lauren Bastide et Giulia Foïs, la présidente des Chiennes de garde Marie-Noëlle Bas et la psychiatre Muriel Salmona.

«  Dès que l’égalité avance, même d’un demi-millimètre, de bonnes âmes nous alertent immédiatement sur le fait qu’on risquerait de tomber dans l’excès.   », écrivent les signataires d’un texte publié sur le site France Info en «  réponse  » à cette tribune.

Tel Fouquier-Tinville, de leurs doigts accusateurs, avec des arguments sans fondement, elles condamnent les auteures pour avoir osées émettre un avis différent. Au nom de l’égalité absolue homme femme, la liberté d’expression doit se taire.

Car au-delà du bien fondé de l’une ou l’autre des positions, la violence des propos dans les réactions des deux camps doit nous amener à nous interroger sur le droit de pensée et la liberté d’exprimer cette pensée.

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Agissons en société civilisée.

N’oublions pas que nous avons tous une mère qui peut (ou a pu) être une victime et un père qui peut (ou a pu) être injustement dénoncé.

N’oublions pas que sans liberté d’expression, il n’y a pas de démocratie ; et que cette liberté d’expression ne peut être limitée que par la loi.

A défaut, tout le monde sortira perdant. 



5 réactions


  • McGurk McGurk 11 janvier 2018 16:28

    Même dans le cas d’un agresseur avéré, les médias en font beaucoup trop car ils se substituent à la Justice en les exposant des semaines entières - avec tous les articles sur chacune de ses femmes qui les dénoncent. Ils font exactement comme au Moyen-âge où on sortait l’échafaud pour le mettre sur la place publique.

    On en a pas un sujet à ce propos, mais une avalanche. Dans les articles de presse, la télévision, la radio, etc. Que ce soit DSK, Weinstein, Trump, Fillon, Johnny...tout est dans la démesure et c’est pire à chaque fois.

    On essaye de légiférer sur tout en disant que « cette fois-ci ce sera effectivement la dernière », mais en réalité on perd en humanité et en liberté. Personne ne pourra faire de mauvaises blagues sexistes, les gens ne disent plus « noir » (vu comme « raciste ») mais « black » parce que ça fait « plus tolérant », les « fake news » vont être interdites, etc.

    Ces soi-disant « féministes » crient au scandale pour tout et n’importe quoi, provoquent des réactions totalement exagérées et débats violents qui divisent la société encore plus qu’elle ne l’est déjà. Pourquoi pas une loi pour interdire le féminisme politique qui ravage notre société et entame notre liberté d’expression ?


  • Samy Levrai samy Levrai 11 janvier 2018 19:44

    Encore un qui ne connait pas le sens des mots... que vient faire « democratie » dans ce truc  ? 


    Le vrai problème étant que parce que les marionnettes que nous élisons n’ont plus de pouvoirs... il leur reste les sujets de sociétés tel que le mariage gay, la PMA , la drague,... et des pigeons pour disserter avec eux.



    • jeanpiètre jeanpiètre 11 janvier 2018 20:10

      @samy Levrai
      Démocratie, liberté ,spiritualité etc... que des mots valises qui font rêver les vaches persuadées qu elles en possèdent un petit bout


    • Samy Levrai samy Levrai 11 janvier 2018 23:51

      @jeanpiètre
      Non, pas democratie, il y a une définition, ce n’est pas une croyance, la racine est grecque demos + cratos : le pouvoir conquit par le peuple , elle présuppose un peuple ( une nation) et la souveraineté de celui ci ( 4 piliers à souveraineté : lois, justice, paix et guerre, monnaie ).


      Que la novlang s’amuse à délirer dessus pour en detourner le sens, n’est que pour cacher le fait que nous n’avons plus rien à voir avec une democratie...

      Il existe sinon d’’autre terme politique pour chaque organisation... oligarchie, ploutocratie, gérontocratie, aristocratie, monarchie, dictature,..., il est plus utile d’ouvrir un dictionnaire que d’écouter les experts en expertitude politique de la télévision...

  • Pierre 12 janvier 2018 12:36

    Vive la dictature des pouffiasses hystériques !!


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