mardi 19 avril 2011 - par Paul Villach

Un film « oscarisé » au point d’en perdre son titre : la soumission aveugle à l’autorité

Peut-on trouver meilleur exemple de l’extrême docilité attendue d’un troupeau bêlant de spectateurs que cette affiche répandue récemment dans le métro parisien et reproduite ci-contre ? On cherche quel film est ainsi promu. Ce n’est pas banal : le titre du film a quasiment disparu au profit des prix remportés et empilés de façon répétitive pour inculquer dans les esprits sa prétendue excellence.

Un film sans titre sous les Oscars
 
La mise hors-contexte, procédé structurel propre à l’image, accroît la confusion si on n’a pas entendu parler du film : encadrant le palmarès, le bas d’un visage en très gros plan, à gauche, et un mystérieux appareil circulaire, à droite, sont, pour qui ignore tout de lui, des métonymies incompréhensibles, offrant la partie pour un tout énigmatique, soit le roi britannique Georges VI parlant à un micro.
 
On finit tout de même par découvrir le titre du film, mais en minuscules majuscules, tout au bas de l’affiche, tandis que s’étalent en son milieu et en gros caractères blancs sur fond rouge les « 4 OSCARS » décernés par l’académie américaine de Los Angeles : « Meilleur film  », « Meilleur acteur  », « Meilleur réalisateur  », « Meilleur scénario original  ».
 
En somme, le sujet du film, « Le discours d’un roi  », n’intéresse pas, et son auteur encore moins. Seul importe le jugement porté par une académie américaine qui s’arroge une autorité absolue pour décider du beau et du laid, du bien et du mal, de la vérité et de l’erreur : l’addition des récompenses devient quasiment le nouveau titre du film : « 4 Oscars pour un roi » !
 
Des palmarès déraisonnables
 
En fait, cette autorité n’a que l’existence que le troupeau de spectateurs auquel elle s’adresse, lui reconnaît sans rechigner contre toute raison. Car qu’y a-t-il de plus déraisonnable que de faire concourir des œuvres de l’esprit entre elles comme s’il s’agissait d’athlètes sur la cendrée d’un stade ? Au moins en athlétisme, les lanceurs de poids ou de marteau ne concourent pas avec les coureurs de cent mètres ni ceux-ci avec les marathoniens.
 
On n’établit pas davantage de palmarès entre les légumes, les fruits ou les viandes. Tous présentent une excellence qui ne leur confère aucune préséance sur celle des autres. Comment a-t-on réussi à mettre dans la tête des gens qu’un film ou un livre puisse être supérieur à un autre quand beaucoup atteignent l’excellence dans leur registre particulier et que le tri que l’on opère, dépend exclusivement des inclinations de chaque lecteur ou spectateur ?
 
La folie est de décréter que tel livre ou tel film est le meilleur de tous. On en a eu récemment un exemple calamiteux avec la Palme d’or du Festival de Cannes décernée en 2008 au film très ordinaire mais édifiant toutefois pour mesurer le degré de déchéance où a sombré dans certains de ses établisssements l’Éducation nationale, « Entre les murs  » (1).
 
La soumission aveugle d’une majorité à l’argument d’autorité
 
Ce n’est un secret pour personne : tous ces prix sont l’objet de marchandages entre divers groupes de pression échangeant, les uns, le séné et, d’autres, la rhubarbe pour vendre leurs produits que sont devenus livres et films et en tirer bénéfice. Les choix sont parfaitement arbitraires. Seul compte le retour sur investissement et les opérations d’influence qu’un livre ou un film peuvent permettre. Le dernier auteur à avoir reçu le Prix Goncourt en 2010, M. Houellebecq, a même prétendu en 2000, quand le prix lui était passé sous le nez malgré les pronostics, que son attribution dépendait de l’argent que l’éditeur mettait sur la table pour « acheter les jurés » ! (2) Il faut croire que, cette fois, en 2010, son propre éditeur n'a pas lésiné  ! 
 
Mais ces carnavals de remises de prix n’auraient pas lieu d’être s’il n’existait pas un public sur lequel ils exercent une puissante influence. L’affiche rouge du film « Le discours d’un roi  », avec, placardés en blanc, ses titres remportés, montre malheureusement ses attentes. 
 
À l'évidence, la soumission aveugle à l’autorité est un des réflexes les plus efficaces qu’il convient de stimuler chez ce public pour obtenir de lui la conduite attendue. On en revient toujours aux expériences de Stanley Milgram, effectuées entre 1960 et 1963 (3), qui ont établi que les deux tiers des sujets étudiés sont soumis aveuglément à l’autorité, même quand elle est malveillante au point d’ordonner de faire souffrir gratuitement une personne innocente. 
 
Une course à l’usurpation d’une autorité
 
On comprend dès lors que l’usurpation d’une autorité soit la préoccupation première des marchands, quoi qu’ils vendent. Ils mobilisent, par exemple, les stars les plus incompétentes qui soient pour bénéficier du réseau d’incitations préférentielles qu’elles entretiennent avec leurs fans tétanisés dans un réflexe d’identification à leur égard.
 
Les médias se sont eux-mêmes arrogés arbitrairement une autorité : ils prétendent ne donner la parole qu’à des experts : ils en déclinent minutieusement la titulature (grade universitaire, oeuvres, fonctions) qui est presque aussi ridicule que celle d’un empereur romain inscrite dans la pierre. Les braves gens en sont à ce point impressionnés qu’ils en viennent à justifier sans rire les pires inepties par des arguments sans répliques du genre : je l’ai lu dans le journal, ou entendu à la radio, ou vu à la télé  !
 
Les marchands de livres ou de films ont vu très tôt, de leur côté, le parti à tirer d’académies ou de festivals fantaisistes qui classeraient selon leurs qualités les livres et les films, pourtant inclassables par définition. Qu’importe ! Il existe des clients autoritariens suffisamment nombreux qui ne trouvent leur équilibre psychologique que dans la soumission aveugle à l’autorité. Ils ont besoin qu’on leur dicte leur choix. C’est ainsi qu’ils se précipitent vers les produits primés, persuadés, les malheureux, d’accéder à la fine fleur de la culture.
 
Cette affiche du film « Le discours d’un roi  » est inquiétante. Car elle révèle que loin de fléchir, la soumission aveugle à l’autorité tendrait à s’amplifier et à se répandre. Ce n’est pas par hasard que ses auteurs vont jusqu’à escamoter le titre du film. Celui-ci n’est même plus utile pour l’identifier. Ce qui importe avant tout, c’est le label conféré arbitrairement par une académie américaine, érigée en autorité absolue, dont la statuette offerte en récompense est pourtant d’une parfaite laideur digne de feu « le Réalisme socialiste ». Quant à son nom « Oscar » qu’il doit, semble-t-il, au hasard, il fait penser au prénom d’un domestique que l’on sonne pour l’avoir à sa botte comme dans un film de Molinaro, plutôt qu’au patronyme d’une autorité méritant déférence. Paul Villach
 
 
(1) Paul Villach
- « La Palme d’or du Festival de Cannes : un blâme académique et une gifle pour les enseignants ? », Agoravox, 29 mai 2008 ;
- « Entre les murs : une opération politique réfléchie pour un exorcisme national ? », Agoravox, 29 septembre 2008.
- « « Entre les murs » vu du CNDP de l’Éducation nationale : un déni de la réalité tragique mais sans doute stratégique  », AgoraVox, 14 octobre 2008.
 
(2) Paul Villach, « Acheté ou vendu, un "Con gourd" pour "clouer l’bec" ?  », AgoraVox, 12 novembre 2010.
 
(3) Stanley Milgram, « Soumission à l’autorité  », Éditions Calmann-lévy, 1974.
 
 


45 réactions


  • Ariane Walter Ariane Walter 19 avril 2011 11:20

    Cher paul,
    ce film que j’ai vu, excellent, a déjà fait un tabac et tout le monde , sur la planète cinéma en a entendu parler et connaît l’affiche.
    je trouve donc que vous vous excitez à tort.
    je ne pense pas que le public de cinéma soit un troupeau bêlant. cela coûte trop cher d’aller voir un film. Avant de se déplacer tt le monde consulte sur le net les critiques spectateur..
    Ensuite, les oscars font partie, justifiés ou pas, parfois oui, parfois non, de la légende du cinéma et qu’une production soir fière d’avoir été ainsi distinguée cela s’explique.

    cette affiche signifie : "notre film a déjà été un succès, voilà pourquoi vous reconnaissez l’affiche sans que nous mettions le titre.
    Et nous avons la joie de vous annoncer, puisque vous l’avez aimé , qu’il a été couronné aux Oscars , donc aimé par d’autres encore.

    ce n’est pas plus méchant que ça.
    il y a pire.
    Et ceux qui ne connaissent pas l’affiche, ma foi, par curiosité ,ils cherchent à savoir.

    En ce qui concerne le film, de facture classique, il est émouvant et humain ce qui n’est pas un défaut. En fait une histoire d’amitié et d’amour avec, pour ceux qui ne connaissent rien à l’histoire un rappel d’une période sombre de l’Angleterre.

    Vous êtes peut-être passé à côté de ce film quand il est sorti mais il a été ô combien vu et commenté.


    • Paul Villach Paul Villach 19 avril 2011 11:34

      @ Ariane Walter

      Désolé, vous, vous passez à côté du sujet de l’article. Le titre est pourtant explicite. Mais il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
      Libre à vous d’aimer les palmarès ridicules ! Paul Villach


    • Ariane Walter Ariane Walter 19 avril 2011 12:12

      Mais je n’aime pas les palmarès ridicules ! Puisque j’ai aimé ce film avant qu’il ne soit oscarisé !

      Je vous dis seulement que le public de cinéma est bcp plus informé que vous ne le pensez. Un oscar ou une palme d’or ne fait pas le succès. 


    • Bovinus Bovinus 19 avril 2011 12:37

      Eh bien, sur le film, je resterais beaucoup plus réservé. Il n’est pas mauvais, mais il est loin, très loin d’être excellent. En tout cas, il ne vaut clairement pas les éloges dithyrambiques dont il a fait l’objet. C’est un bon film grand public, sur un sujet intéressant et même quelque peu original ; à part cela, rien de transcendant. Je pense que M. Villach n’a pas tort de souligner le phénomène qui fait l’objet de l’article, à savoir, la soumission aveugle à l’autorité, et non le film proprement dit.


    • french_car 19 avril 2011 16:18

      Ariane vous aussi venez de vous faire oscariser par notre grand méprisant. Bienvenue à bord.
      Son article n’a pas trait au film mais à l’affiche.
      Du coup il nous ressert un petit coup de Milgram mais le Villach adore la « mise hors contexte », il nous fait souvent du hors-sujet et en tant que professeur de lettres j’espère que vous allez le coller smiley


    • Fergus Fergus 19 avril 2011 19:01

      Bonjour à tous.

      D’accord avec Ariane Walter. Bien que fort peu sensible à la vie des altesses, j’ai trouvé ce film remarquable de bout en bout, et les acteurs formidables.


    • Emmanuel Aguéra LeManu 19 avril 2011 20:04

      D’accord évidemment, avec Ariane (quel courage, Ariane, de contester l’inamovible pilier du site...)

      Encore du Paul Villach. Du Paul Villach tout-craché : mon nombril, mon nombril, qu’il est beau mon nombril... Un jour, Paulo s’intéressera à ses sujets (plus qu’à lui-même). Et ce jour-là, peut-être cessera son auto satisfaction, hautaine et méprisante. Une insulte à ses semblables... s’il existent... lol... la barre est placée si haut qu’il ne les voit plus.

      Article nul sur un sujet nul, sauf que ça en fait un de plus au tableau. Bravo. Remarquez, on comprend de mieux en mieux la différence entre le passionné et le doctoral.
      Quel bon prof... allez hop ! en ZEP !


    • Emmanuel Aguéra LeManu 19 avril 2011 20:09

      @ French Car... je ne vous avais pas lu... J’avais seulement lu la réponse du docte professeur Villach à l’impudente élève Walter, écœurante s’il en est... Alors j’ai commenté... vous paraphrasant... alors forcément y’a redite.
      Bienvenue au club des cancres Ariane.


    • thaumaetopea 20 avril 2011 06:11

      Faut le voir en V.O. (sous titré)... le doublage bousille 80% des films.... C’est beaucoup plus grave que la colorisation (réversible) des film Noir et Blanc tant décriée à l’époque.


    • Paul Villach Paul Villach 19 avril 2011 12:12

      @ Christian Navis

      Je souscris à vos observations avec une réserve cependant : vous évoquez sans doute avec 2005 la date du « NON » au référendum européen.
      Je crains que ce moment d’indépendance d’esprit soit limité strictement à ce cas de figure. Paul Villach


  • Vilain petit canard Vilain petit canard 19 avril 2011 11:45

    « On en revient toujours aux expériences de Stanley Milgram » : Non, vous en revenez toujours à elles !


    • sisyphe sisyphe 19 avril 2011 13:33

      Exact. 

      Eh oui : l’auteur ne peut se sortir de ses obsessions, au travers desquelles il croit trouver le seul moyen de « décrypter » SA réalité. 

      Quant à ceci : 
      Cette affiche du film « Le discours d’un roi  » est inquiétante. Car elle révèle que loin de fléchir, la soumission aveugle à l’autorité tendrait à s’amplifier et à se répandre.

      Bigre ! 
      Une affiche inquiétante !!! smiley smiley 
      Et entraînant une « soumission aveugle à l’autorité » ; on est en plein symptômes paranoïaques...

      Comme si l’affiche d’un film obligeait qui que ce fut à aller le voir.... smiley 

      ... sauf Monsieur Villach, bien sûr, à qui on ne la fait pas.... 

      Personnellement, je me fous pas mal des Oscars ; je suis allé voir le film, bien avant la cérémonie, et je l’ai trouvé excellent..

      Mais c’est vrai que du film, il n’est ici point question...
      Quand le cinéphile va voir le film, l’exégète se bloque sur l’affiche.... 

    • Hadj Ahmed 19 avril 2011 13:37

      Très juste VPC mais je dois reconnaitre que PV a déjà confirmé entendre « je » par « on » vous ne faites donc que confirmer ce qu’il avoue déjà. Le « on » étant chez lui une sorte de ... allez je vais appeler ça comme ça : coquetterie littéraire smiley


    • Hadj Ahmed 19 avril 2011 13:45

      Un des derniers exemples en date, « On n’en croit pas ses yeux, on se les frotte ». Oui seul PV parle le PV classique

      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/contagion-surrealiste-ou-islamiste-91723

      PS : Il vous en prie


    • french_car 19 avril 2011 17:59

      Je plains les anciens élèves de « on », « on » reflète bien la tendance de la corporation.


  • Paul Villach Paul Villach 19 avril 2011 12:19

    @ Vilain petit canard

    Eh oui, « On en revient toujours aux expériences de Stanley Milgram » !
    Vous n’avez pas l’air d’aimer regarder la réalité en face ! Paul Villach


    • Vilain petit canard Vilain petit canard 19 avril 2011 16:41

      Ce n’est pas tellement la réalité qui me chagrine (Quelle réalité, d’ailleurs ? Celle de votre texte ?), mais votre interprétation. En effet, pour qu’il y ait argument d’autorité (ou leurre, ou machinchose), il faut qu’il y ait autorité, et là je ne vois pas où les Oscars peuvent être donnés comme autorité.

      L’argument sous-jacent à cette affiche me semble être plutôt : ils ont aimé, donc vous aimerez. Un argument tribal, si vous voulez : ce que les autres aiment, vous l’aimez aussi.

      Mais en fait, je trouve ça assez simpliste comme sujet de discussion.

      Ah et pour vos réponses, je n’en fais pas un drame (à vrai dire, personnellement, je m’en fous, mais d’autres, non...), faites un peu attention au ton que vous employez. Si j’avais voulu vous répondre comme vous venez de le faire, j’aurais écrit : « Vous n’avez pas l’air de vouloir regarder en face ce qui contrarie votre péroraison ». Comme vous voyez, ça ne fait pas le même effet.


  • Annie 19 avril 2011 12:23

    Le film est anglais, dirigé par un metteur en scène anglais travaillant surtout pour la télévision britannique, donc peu connu des Français si ce n’est inconnu, avec des acteurs anglais et australiens, et traitant d’un sujet typiquement anglais et historique, un roi qui bégaye. De quoi en décourager plus d’un, alors qu’il s’agit d’un très bon film qui mérite d’être vu. L’affiche anglaise n’avait pas besoin d’être aussi explicite puisqu’elle s’adressait à un public averti :


    • Ariane Walter Ariane Walter 19 avril 2011 12:33

      Merci, chère Annie, de partager mon avis. Je me sentais seule !


    • Vipère Vipère 19 avril 2011 12:35

      A Annie

      En l’occurence, l’affiche est destinée à la France, à un public non averti, dans des lieux publics français. 

      Le cinéma est un produit comme un autre, le titre et la bande annonce font défaut. Comment savoir de quoi, il retourne ?
       


    • Annie 19 avril 2011 12:49

      @Vipère,
      L’affiche montrée avec l’article ne permet pas de voir le titre, donc je juge sur ce que je vois. Sinon, vous avez tout à fait le droit de ne pas aimer le film, le fait qu’il ait été récompensé par des oscars ne devrait pas affecter le jugement, d’un côté comme de l’autre.


    • Annie 19 avril 2011 12:58

      @Ariane,
      Les deux principaux acteurs qui jouent dans ce film sont absolument extraordinaires (je ne parle pas du film ici) et sont avant tout des acteurs de théâtre, et il faut donc voir le film en version originale. Je ne sais pas si vous avez jamais vu le film Quills, la plume et le sang qui raconte les derniers mois du Marquis de Sade interprété par Geoffrey Rush, qui est un « must ».


    • Ariane Walter Ariane Walter 19 avril 2011 13:36

      Oui, Annie, les deux comédiens étaient extraordinaires.
      Non ,je n’ai pas vu ce film. Je le note sur mes tablettes. merci.


  • Vipère Vipère 19 avril 2011 12:26

    Bonjour à tous

    Pour ce qui ceux et celles qui n’ont pas encore vu le film, l’affiche vendant le film à grand renfort d’oscars, sans aucune autre force d’attraction, ne mérite pas le détour.


     

     


    • Ariane Walter Ariane Walter 19 avril 2011 12:32

      excuse Vipère mais je ne suis pas d’accord avec toi. A mon goût, très bon film. mais à voir,évidemment, en VO.


    • Vipère Vipère 19 avril 2011 13:13

      A Ariane Walter

      Point n’est besoin de s’excuser d’ affirmer ses goûts et inclinations, c’est ce qui fait la marque de la maturité.

       


    • sisyphe sisyphe 19 avril 2011 13:36

      Pour ceux et celles qui n’ont pas encore vu le film, 


      je le leur recommande chaudement ; sujet historique et intéressant, très bien traité, magnifiquement joué, sobrement réalisé : indispensable à tout cinéphile. 

    • Ariane Walter Ariane Walter 19 avril 2011 13:37

      Vipère, I’m a baby....


    • Emmanuel Aguéra LeManu 19 avril 2011 20:12

      Ariane, zéro de conduite !
      lol (bravo)


  • gaijin gaijin 19 avril 2011 12:28

    la question que je me pose c’est de savoir quels seraient les scores si on refaisait ces expériences aujourd’hui (celles de Milgram )
    intuitivement il me semble que notre société est beaucoup plus soumise qu’a l’époque


    • Paul Villach Paul Villach 19 avril 2011 12:43

      @ gaijin

      C’est la crainte que j’exprime en conclusion de mon article. Paul Villach


    • Annie 19 avril 2011 13:38

      Je réagissais en quelque sorte à votre commentaire avant que vous l’ayez fait : films oscarisés, pas bien, films indépendants : merveilleux. Il y a une myriade de films indépendants qui sont de complets navets, et l’on peut dire la même chose des films dits commerciaux. Opposer les uns aux autres ne mène pas à grand chose, il faudrait plutôt parler des réseaux de distribution.
      Je viens de revoir la liste des films qui ont remporté l’oscar du meilleur film. La majorité sont des films américains, certains sont tombés dans l’oubli, d’autres resteront des classiques, le fait qu’ils soient américains et oscarisés n’y changeant absolument rien.


    • sisyphe sisyphe 19 avril 2011 13:42

      Par Musima (xxx.xxx.xxx.63) 19 avril 13:23

      Il ne faut jamais allé voir un film qui fait l’objet d’un battage médiatique total(itaire !). Ce ne sont que des produits marchands dont le fond ne constitue jamais un sujet de réelle réflexion si ce n’est de se revendiquer comme un super divertissement.

      Toute la « culture » occidentale post-moderne s’est alignée sur la machinerie industrielle façon hollywood : prétentieuse, truffée d’effets de lumière, d’effets spéciaux, de numérisation, castée par des « noms bankables » et réalisés par des noms de grands commerçants.

      Sauf que ce n’est absolument pas le cas, en l’occurence. 

      Ni machinerie industrielle, ni effets de lumière, ni effets spéciaux, pas de numérisation, acteurs pratiquement inconnus ailleurs qu’en Grande Bretagne, et pas de « nom de grand commerçant ». 

      A côté de la plaque. 

      Quant au « battage médiatique totalitaire », s’il suffit d’une affiche, on est en plein 1984 partout dès que l’on sort dans la rue ! 



  • Dominitille 19 avril 2011 14:31

    Bonjour,
    J’ attendrai sans impatience que ce film sorte à la télévision. Aller au cinéma et entendre les craquements des paquets de pop corn les bruits de succion de bonbons, les téléphones portables qui couinent les spectateurs rirent bêtement quand l’action est grave !
    L’ affiche est assez explicite et assez parlante il s’agit evidemment de Colin Firth.
    Puisqu’ il s’agit d’un sujet historique je suis allée sur google entendre la version originale de ce discours, beaucoup plus réel qu ’un film dont l’histoire est romancée.


  • LeGoJac 19 avril 2011 18:39

    Rien à voir avec Milgram ! Ce n’est pas une soumission à l’autorité voyons c’est agaçant ces références à Milgram pour tout et n’importe quoi.
    Il ne s’agit pas ici de transgresser une règle en reportant les responsabilités (et ses conflits intérieurs) vers « l’autorité » qui en donne l’ordre et qui indique « prendre » la responsabilité de l’acte. (dans l’expérience la torture, la douleur, et le risque de mort pour une autre personne).

    Pour cette affiche, personne n’impose de comprendre l’affiche, et il n’y a aucune transgression à la comprendre. Pas de conflit intérieur etc..
    Aucun rapport donc.

    Par contre vous pouvez toujours fouiller du côté de Solomon Asch..
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Influence_sociale#Le_conformisme_:_l.27exp.C3.A9rience_de_Solomon_Asch_.281956.29

    C’est beaucoup plus proche, mais reste toutefois différent car dans cette expérience le sujet finit par dire « autre chose » que ce qu’il perçoit parce qu’il a besoin devant les autres (et lui même) de dire comme eux, comme tout le monde.

    Là, pour cette affiche, on ne pense pas « autre chose » avant d’adhérer, il n’y a pas de bascule de la réalité perçue vers la croyance générale.
    Ce n’est donc toujours pas ça, c’est seulement plus proche à mon avis.

    Bref il n’y a rien d’autre qu’une pub genre il est beau il est frais on poisson.


  • Paul Villach Paul Villach 19 avril 2011 19:57

    @ Legojac

    Vous paraissez confondre les expériences de Milgram et celle de Solomon Asch.

    1- Qui attribue ici les prix ? Une autorité, l’académie de Los Angeles. On attend donc que ceux qui la reconnaisse, s’inclinent devant ses décisions et se précipitent pour voir un film aussi célébré par cette autorité.

    2- Même si elle est collective, l’académie ne représente pas un groupe qui ferait pression sur l’individu, mais une autorité qui tranche et attribue les « valets de pique » ou les « oscars ». Il ne s’agit donc pas ici de la pression du groupe qui, sans avoir une autorité reconnue, s’exerce sur l’individu à son corps défendant, et qui a été étudiée par Asch. Paul Villach


    • Cyprès Cyprès 20 avril 2011 03:30

      Bonsoir M. Villach

      Il me semble que vous confondez l’autorité de pouvoir ou de fonction avec celle de compétence
      Ainsi pour un cinéaste, les Académies et Jurys, peuvent faire ou défaire la réputation d’une oeuvre et ainsi influencer son succès commercial et ainsi être considérées comme une autorité de fonction.
      Pour le publique, par contre il n’en est rien tout juste un Autorité de compétence qui n’a d’influence que celle que l’on veux bien lui donner, les palmes et titres ayant ainsi la même fonction qu’un autocollant « Vu a la Télé » ou « sélection du magasin » sur un produit.


    • Cyprès Cyprès 20 avril 2011 03:37

      Désolé pour les répétitions « d’ainsi », l’heure tardive et le click trop preste...


    • Paul Villach Paul Villach 20 avril 2011 09:21

      @ Cyprès

      Si vous aviez lu de plus près, Cyprès, mon article, cette phrase ne vous aurait pas échappé et vous aurait dispensé de ce commentaire inutile :
      "En fait, ai-je écrit, cette autorité n’a que l’existence que le troupeau de spectateurs auquel elle s’adresse, lui reconnaît sans rechigner contre toute raison." Paul Villach


  • ourston 20 avril 2011 03:42

    Avec cette affiche, on est en plein dans une invitation à se soumettre à une autorité artistique. Des gens qui font « autorité » en matière cinématographique ont estimé que ce film était un chef d’oeuvre. On peut prendre leur avis en considération ou pas. Le film mérite ces éloges ou pas. Là n’est pas le problème. La question soulevée par l’auteur se limite à la seule affiche du film, ce que certains internautes n’ont visiblement pas compris. Quel est le message de l’affiche : « Faites confiance aux gens compétents qui ont oscarisé ce film. Pas besoin de savoir de quoi il retourne, c’est un film qu’il faut voir. »
    Combien d’oeuvres artistiques sont mises sur un piédestal par la volonté de personnes bien placées pour exercer leur influence et ériger leur goût en dogme . Ca marche également en sens inverse, et il est de bon ton de ne pas aimer telle production que les maitres à penser ont rejetées.


    • Cyprès Cyprès 20 avril 2011 04:04

      Oui mais là il est question du parallèle avec les expériences de Milgram
      dont les étudiants étaient soumis a une autorité de fonction (cadre universitaire hiérarchisée, maitre..etc)
      Les expériences de Solomon Asch font elle plus référence a une volonté nominative
      qui s’apparentent plus effectivement a une soumission d’une autorité de competence ( fausse) mais déterminée par la majorité d’un groupe.


    • Cyprès Cyprès 20 avril 2011 04:24

      Euh..autant pour moi,..Ourston, je n’avait pas vu le décrochement dans les coms.. et pensait que vous répondiez a l’échange entre PV et Legojac... bon il est temps que je me couche...


    • Paul Villach Paul Villach 20 avril 2011 09:23

      @ Ourston

      Merci de rappeler aux aveugles le sujet précis de mon article. Mais il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ! Paul Villach


  • kitamissa kitamissa 20 avril 2011 09:48

    moi ,la seule question que je poserais à Villach : avez vous vu le film ?


Réagir