samedi 5 août - par rosemar

Un vieux village de Provence...

Oppède, tel est le nom de ce vieux village de Provence bâti, comme on le faisait, autrefois, sur un éperon rocheux, sur les contreforts du Luberon... Le nom même de ce village évoque ses origines anciennes, puisqu'il est probablement issu du mot latin "oppidum", la place forte.

On aperçoit de loin, sur la hauteur, l'église ancienne rénovée, les ruines d'un château qui date du Moyen Age.
 
Le dédale des rues qui conduit au sommet du village est pittoresque : de vieilles maisons de pierres, des portes aux décors anciens, des poutres, des échauguettes, des voûtes, des gargouilles s'offrent au regard des visiteurs.
 
Les toits de tuiles des habitations font voir des teintes variées d'ocre, de rose, de rouille...
 
La montée vers le village permet de découvrir une multitude d'essences variées : pins, cyprès, cistes, aubépines, genévriers, lauriers tins, acacias... Lors de la promenade, en plein été, l'odeur des pins s'exacerbe et emplit l'air d'une saveur prégnante et enivrante.
 
Dans le lointain, entre deux cyprès, on peut entrevoir le Mont Ventoux et ses sommets enneigés...
 


Lors de l'ascension, on ne peut que s'émerveiller devant ces bâtisses de pierres, aux formes variées, aux portes en bois, voûtées... Les rues pavées à l'ancienne se hissent vers le sommet du village, d'où l'on découvre un ruissellement de cèdres et de pins qui dévalent la colline, dans un murmure incessant de cigales.
 
La vue est vertigineuse, éblouissante, étourdissante : on entre dans un monde nouveau, on est bercé par une vision de bleus et de verts...
 
L'église, Notre-Dame d’Alidon, a traversé les siècles. On ignore la date exacte de la construction de l’église primitive, probablement, vers le Xème ou XIème siècle.
Elle est désignée par le vocable "beata Maria dolidonis", issu de l' adjectif du latin tardif "dolidus"qui signifie douloureux. Notre Dame Dolidon est la Vierge des douleurs, que l'on implorait quand on souffrait moralement ou physiquement.
 
Les ruines du Château médiéval dominent sur le piton. L’édifice révèle quelques pans de murs et n'est plus ouvert à la visite, en raison d'éboulements dangereux.
 
L'histoire de ce village fut tumultueuse : sous l'autorité du Pape, les Oppédois n'en n'apprécièrent pas la lourde fiscalité... Lors du schisme de la papauté, Oppède accueillit l'antipape Benoit XIII, Pedro de Luna, mais ce dernier dut fuir en sautant par une fenêtre du château, pour se réfugier en Espagne. Plus tard, Oppède revint, à nouveau, au Pape de Rome.
 
En 1501, le pape Alexandre VI concéda la seigneurie d'Oppède à l'avignonnais Accurse Maynier, juge-mage de Provence, pour une redevance annuelle de 230 florins. Les Oppédois s'y opposèrent, et n'acceptèrent leur nouveau seigneur qu'en 1511, après la garantie que leurs droits seraient maintenus.

 
C'est son fils Jean Meynier qui s'illustra, tristement, dans le massacre des Vaudois du Luberon, en 1545.
 
Village marqué, autrefois, par des luttes religieuses, des rivalités, Oppède est ,aujourd'hui, un lieu de paix, d'harmonie : les maisons de pierre révèlent tout un art, une élégance, un charme des solides constructions d'autrefois.
 
Village pittoresque perché sur la hauteur, Oppède attire tous les regards : on voit, de loin, les hautes maisons de pierres sèches, le château aux murs délabrés, l'église qui surplombe l'ensemble.

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/article-un-vieux-village-en-provence-124371962.html

L'épopée des vaudois en vidéo : 

http://www.info-bible.org/histoire/vaudois/vaudois.htm



6 réactions


  • Fergus Fergus 5 août 14:08

    Bonjour, Rosemar

    D’Oppède à Roussillon en passant par Ménerbes, Bonnieux et Gordes, de bien jolis villages en effet.

    Tous auraient pu figurer dans L’extraordinaire diversité des villages de France.

    Le seul inconvénient de cette région est la chaleur suffocante qui y règne l’été. A visiter de préférence au printemps, lorsque les arbustes sont en fleurs, ou en automne, lorsque les arbres caduques rougissent du plaisir de cet environnement privilégié.


    • rosemar rosemar 5 août 22:28

      @Fergus

      Il est vrai que la canicule sévit ces jours-ci en Provence. Mais la météo prévoit des températures plus modérées pour la semaine qui vient. Pour ma part, j’ai visité Oppède en été et la promenade était très agréable.


      Bonne soirée

  • Aristide Aristide 5 août 16:12

    Il existe dans les Alpes Maritimes sur les hauteurs de Cannes, Antibes et proche de Grasse, un village qui porte le nom d’OPIO. Son nom à la même origine, « opidium ». Une histoire millénaire, etc ... 


    Je passe donc sur la carte postale des villages de ce pays béni, oliveraies, pinèdes, villas de vacances, 20 km de la mer et 50 km de la première station de ski... Valbonne, Le Rouret, Roquefort-les Pins, Biot, ... et quelques autres villages du coin hébergent la population active de Sophia Antipolis, quelques dizaines de milliers d’emplois de haute technologie. C’est loin du cliché du lieu exclusif de vacances d’une catégorie de rentiers friqués.

    Un climat assez exceptionnel, entre mer et montagne, lui fait perdre quelques degrés du printemps à l’automne et l’inverse dés le début des premiers froids. Quelques autres avantages par la pureté de l’air et aussi la beauté des paysages. 

     

  • velosolex velosolex 5 août 19:36

    J’ai connu Oppéde en 77, à l’époque où je faisais les saisons. Le camping du village fut notre villégéa ture avant que nous ne trouvâmes refuge pendant trois mois dans une grotte à flanc de collines..

    .Oh...Les beaux jours...La traversée du Lubéron pendant six jours, avec pour seules provisions, des pots de cerise confites et du pain en miche.La nuit couché dans les borris où à regarder les étoiles. Le bord de la Durance avec ses demoiselles.
    .« La vie comme une fenêtre ouverte ! » Au temps suspendu des trois primaires Luxe-calme et volupté Et le feu de bois dans l’entrée de la grotte Terre de sienne brûlée ....
    Il ne faut jamais revenir sur les lieux de son enfance, ou de sa jeunesse, comme disait en quelque sorte Barbara. J’ai eu tort de revenir là bas il y a une poignée d’années. J’ai cherché du regard choucats des ruines dOppède le vieux, le chateau fantôme du divin marquis de Sade dans les mauves du soir..
    Sans doute pour ceux qui voient Oppède pour la première fois, la magie s’opère. Mais j’ai trouvé les lieux profanés par le tourisme, l’endiguement des parkings payants. 
    Maintenant les parisiens articulent au mieux Lubeuron, au lieu du Lubéron qu’ils lachaient avec l’accent parigot. Mais ces terres sont pourtant de plus en plus conquises par une certaine classe de people, comme on dit, ou comme on ne dit plus. Je ne connais plus trop les convenances. 

    Ocre brûlée, terre de Sienne et vermillon

    Outre le bleu turquoise du ciel

    Il y avait dans l’air de Provence

    Une vibration de couleurs

    Semblables à cette terre de Roussillon

    Qui rougissait les chaussures

    Et nous enflammait les sens


    • rosemar rosemar 5 août 22:43

      @velosolex


      Le tourisme fait des ravages partout mais le paysage sur les hauteurs du village reste époustouflant, les maisons de pierres, les toits de tuiles chaotiques sont remplis de charmes.

      Merci pour ces jolis souvenirs.

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