vendredi 14 janvier - par Bernard Dugué

Une « Nouvelle Science » émerge quatre siècles après Descartes

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L’émergence d’une nouvelle science requiert, pour son développement et sa diffusion, la mobilisation des acteurs du monde de la science, de l’édition, de l’enseignement, ainsi que des moyens matériels. Les personnes souhaitant soutenir cette aventure, y participer, sont invitées à me contacter. J’ai un projet de création (à Bordeaux) d’une école dédiée au développement des approches nouvelles et transversales dans les trois champs du savoir, physique, biologie, sciences dites humaines.

 

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 0) Si une nouvelle science doit advenir, elle se développera en utilisant les résultats de la science moderne mais sans elle ne se limitera pas à la maîtrise et la manipulation de la Nature et se refusera à n’être qu’une technoscience. La science dite fondamentale étudie les objets, élabore des théories ; elle conduit vers les applications technologiques mais aussi un savoir sur ces objets, ce qu’ils sont, d’où ils viennent, où ils vont et pour quoi. La nouvelle science devra expliquer l’origine et l’existence des choses (matérielles, vivantes) qui nous entourent et que nous pouvons observer, sentir, expérimenter, analyser. Connaître le sens et l’essence des choses. La vie n’est-elle que le résultat du hasard ou bien un principe directeur joue-t-il de son influence subtile pour finaliser le jeu de la matière, de la vie, de la civilisation humaine ? Vivre, est-ce uniquement lutter et survivre ou bien voir, produire un point de vue sur l’environnement ?

 La méthode de Descartes a fait son temps ; élaborée comme un chemin pour résoudre un problème en plusieurs parties, elle a été érigée comme principe directeur pour la science expérimentale. Elaborée pendant le dernier tiers du XXe siècle, la méthode d’Edgar Morin a montré son intérêt heuristique et herméneutique, permettant de rompre avec les schémas simplistes de la science mécaniste. Elle a aussi montré ses limites et signé l’échec de la systémique centrée sur le paradigme de l’auto-organisation. Le temps est venu pour fonder une seconde systémique. Qui ira de pair avec la refonte du modèle synthétique de l’évolution contesté par les scientifiques lancés dans la quête d’une troisième voie. La physique est elle aussi en crise. La gravité quantique n’a pas été résolue.

 

 1) L’homme est la seule espèce capable d’inventer et de façonner des outils pour un usage technique précis et efficace. Le silex, l’écriture, le fer, la roue, la catapulte, le char, l’épée, la flèche, la liste est interminable. Les grandes inventions signent les âges de la civilisation, s’invitant parfois dans les mythes (Eliade). Les religions et les régimes politiques s’enchainent et signent aussi les âges en se superposant aux inventions techniques. Parmi les grandes innovations, les unes renforcent les capacités physiques, mécaniques, matérielles de l’homme, les autres amplifient et même transforment les capacités de calcul du cerveau humain. Un instrument technique manipulé a un effet sur le cerveau ; les bricoleurs savent pertinemment qu’en étant appliqué à une tâche, ce n’est pas tant la main mais le cerveau qui fonctionne. La technique influence la pensée humaine à des degrés insoupçonnés, car elle modifie l’appréhension du monde et même elle est suivie de mythes. Mircea Eliade a remarqué que les religions antiques épousent le cours des inventions matérielles (interprétées comme puissance magique sans doute)

 

 2) Au XVIIe siècle, une innovation majeure a changé le cours de l’histoire des civilisations, d’abord en Europe puis à l’échelle de la planète. Cette innovation ne peut être séparée de la mutation de civilisation opérée en Europe entre la guerre de cent ans et la Renaissance tardive. Cette invention n’est autre que la Science moderne, qu’il faudrait désigner comme sciences au pluriel tant le nombre de spécialités est devenu imposant, reposant sur la combinaison d’une chose et d’un dispositif instrumental pour l’étudier. Trois grandes figures annoncent la science moderne, le philosophe anglais Bacon qui prophétise l’utilisation de la nature, Descartes qui propose une méthode pour découvrir la solution à des problèmes en décomposant les parties et Galilée qui, après la loi céleste des aires de Kepler, découvre que les phénomènes mécaniques terrestres sont eux aussi réglés par des formules mathématiques. Si urbi et orbi est une formule définissant l’étendue de l’empire romain, à la terre comme au ciel serait la devise de la synthèse moderne réalisée par Newton qui, en un coup de génie, unifie la « gravitation céleste  » et la gravité sur terre. La science moderne est sur les rails, les découvertes vont suivre à un rythme soutenu.

 

 3) Descartes savait qu’il inventait un nouveau savoir, qu’il instaurait une sorte de commencement, et du reste, il fut plutôt secoué et même inquiet, comme en attestent ses trois rêves dans la nuit du 10 novembre précédant la saint-Martin. Newton codifia pour les siècles à venir la méthode dite inductive permettant de produire une théorie à partir des expériences, méthode parachevée par Popper. Depuis, des milliers d’ouvrages ont tenté d’expliquer ce que représente la Science dans nos existences et la production de transformations majeures amorcées pendant l’époque moderne et amplifiées avec les multiples révolutions industrielles après 1800. En vérité, plus nous utilisons la science, plus nous la pratiquons, plus son efficacité nous échappe, autant que son influence secrète sur nos âmes alors que la Nature finit par être comprise de manière superficielle et même fausse (comme un objet ou alors une chose objectivée, prolongement épistémologique de la res extensa cartésienne). Dans son étude sur les civilisations, Philippe Descola a expliqué que l’Occident moderne refuse d’accorder une intériorité à la Nature (contrairement à la doctrine scolastique médiévale ou aux cultures animistes). Pourtant, les découvertes de la physique quantique inclinent à penser que la matière possède une sorte d’intériorité.

 

 4) Avec la force, le concept central de la mécanique rationnelle, c’est la masse. Le concept central de la philosophie, c’est la chose. Newton, Lagrange ou Laplace mesurent les forces, installent les masses dans un espace-temps et calculent les trajectoires. Kant, Hegel, Nietzsche, Husserl ou Heidegger interrogent la chose, la « chair » et « l’esprit » du monde. La masse est une représentation, une grandeur attribuée à la chose matérielle. La chose philosophique cherche à coïncider avec la chose réelle, avec son essence, sa qualité, ce qu’elle est. La masse, l’espace-temps, les forces, sont les notions fondamentales d’une science qui a perdu ses fondements métaphysiques. Cette science étudie non pas ce qu’est la Nature en son essence (comme c’était le cas dans la scolastique médiévale) mais ce que l’homme peut faire et fait de la Nature, comment il la manipule, la mesure, la calcule. La science moderne a triomphé dans le « faire », elle a perdu le sens de l’être et des essences. Ce triomphe a un prix, la méconnaissance de la Nature ramenée à un ensemble de composants dont l’essence est de faire, d’agir, d’interagir en utilisant des mécanismes physiques, chimiques, biologiques. Composants réglés par la cybernétique, fille cadette de la métaphysique selon Heidegger.

 

 5) La notion de chose n’a pas disparu à la modernité. En réalité, la science repose sur la chose moderne, définie comme objet et la chose pensante, ou l’entendement, définit le sujet. La science moderne repose sur une mise à distance, une rétractation, une distanciation du sujet placé alors en position décalée pour manipuler et mesurer des choses en utilisant les outils mathématiques et les instruments, comme en d’autre temps les anciens se servaient du silex puis du burin, ensuite de la forge ou de la scie dentée. A l’époque de la thermodynamique et de la biologie moléculaire, la chose est devenue un système complexe. Avec un Tout et des parties.

 

 (Aparté. Le principe de la science moderne a influé sur la politique. L’Etat est devenu une instance séparant la gouvernance de la société gouvernée, mise à distance, prise comme un ensemble de sujets de droit. Et maintenant, comme choses humaines soumise au calcul, aux statistiques, aux objectifs, à la santé. La nouvelle science érigée par les savants et philosophes du XVIIe siècle coïncide avec une période de troubles, guerres de religions à la fin du siècle précédent, guerre de Trente Ans, civile et politique, maladies, famine, Fronde en France. Les travaux d’Einstein ont accompagné la crise des empires puis la mécanique s’est développée avant la grande déflagration consécutive à 1929. Quid de la science dans les années 2020, en pleine crise Covid ?)

 

 6) Il est impossible de séparer la science de la conception du monde qu’elle induit. Deux inductions doivent être considérées, la première, épistémologique, conduit des expériences aux théories, notions, concepts, lois, la seconde, ontologique, mène des théories vers le dévoilement des principes générant et gouvernant les êtres et les phénomènes. La science antique et la scolastique médiévale sont des ontologies ; elles visent la connaissance de la Nature en se fondant sur l’expérience immédiate. En revanche, la science moderne introduit une séparation (mesures et instruments) entre l’expérience et la connaissance. Les modèles théoriques de la science moderne sont intermédiaires et introduisent un filtre entre le phénomène et le réel. Entre la chose manifestée et la chose-en-soi. Cette énigmatique chose-en-soi que Kant avait décrétée comme inconnaissable. Si la scolastique a cru achever la connaissance, la science moderne repose sur le principe d’un savoir en construction, provisoire, perfectible. La scolastique cherche l’accord (définitif) entre la chose et son concept, la science moderne repose sur l’ajustement du modèle à l’expérience. Descartes comprit très tôt comment certaines observations physiques ne collaient pas avec les principes dont se servaient les savants de la scolastique. Popper énonça trois siècles plus tard le principe de réfutabilité comme règle universelle gouvernant la science ; si les observations contredisent (réfutent) une théorie, alors il faut la remplacer et formuler une nouvelle théorie. 

 

 7) Est-il envisageable de voir émerger une nouvelle science, ou alors une nouvelle manière de penser et concevoir les choses de (dans) la nature ? Nous pouvons être certains que la conception de la matière et surtout de la vie ont évolué au fil des découvertes scientifiques. La question est de savoir si la Science suit un cours progressif, graduel, ou si la connaissance des choses acquise avec la science subira une disruption, affectant les trois grands domaines du savoir. Matière et cosmos, Vie, Homme et société.

 

 Les processus quantiques, l’ordre dans la matière, les phases, les cristaux temporels.

La gravité quantique, ordre matériel aux échelles cosmologiques.

La Vie, les molécules, les cellules, les organismes, l’évolution.

L’homme, le cerveau, les sociétés, la technique ; civilisations, arts, religions. Autrement dit, les sciences de l’homme au sens le plus large, englobant les neurosciences, la sociologie, l’histoire et la philosophie de l’esprit.

 

 La physique moderne a connu plusieurs crises pendant sa courte histoire, de 1600 à nos jours. La conception mécaniste héritée de Newton s’est effondrée avec la découverte de la physique des champs dont le principe est simple. Les sources disent au champ comment il doit varier, le champ dicte aux sources comment elles doivent réagir. Les phénomènes électromagnétiques furent les premiers à être capturés par une physique des champs. Puis, en transposant le principe au cosmos, Einstein établit l’absence d’une scène fixe de l’univers sur laquelle les masses seraient disposées. L’existence de la scène cosmologie est façonnée par les masses qui y jouent. La mécanique quantique a réfuté le modèle planétaire de l’atome. La thermodynamique du non-équilibre a fini par rendre caduques les principes de la physique newtonienne (Prigogine, La fin des certitudes). Lorsque les systèmes sont hors équilibre (qu’ils ont une quantité de progression), la troisième loi de Newton n’est plus respectée. La réaction n’est pas égale à l’action, une asymétrie se produit. La troisième loi de Newton découle des forces mécaniques de la matière, des corps qui se repoussent mutuellement, ne pouvant occuper une même position. Deux billes s’entrechoquant produisent des forces répulsives générées par un processus de type source, alors qu’une bille en chute libre est soumise à une force de gravité générée par un processus de type champ (la gravité produite par toutes les sources et dont on cherche le support physique). L’existence des champs et des sources dépend ainsi d’un principe fondamental d’asymétrie.

 La nouvelle science établira les principes et règles gouvernant l’asymétrie entre source et champ, étant entendu qu’une source est du genre singularité (topologique, ontologique) alors que le champ est un espace de continuité, d’étendue, de communications, de liens existentiels. Dans le champ, les signaux se propagent et dans les sources, ils sont sous formes complexes, combinées, sémantisées, condensées. Si la première systémique issue des années 1960 reposait sur la conjecture du Tout et parties, la nouvelle systémique sera fondée sur le doublet source et champ. Les sources se constituent, agissent, communiquent avec le champ qui est leur espace commun, en envoyant et réceptionnant des signaux. Les sources hors équilibre produisent une action mécanique et elles interprètent le champ. Elles sont des sources mécaniques et sémantiques, émettant des signaux se propageant de manière diffuse dans l’environnement ou alors en utilisant des « canaux moléculaires ». Les sources constituées dans le vivant produisent du sens, elles orientent l’action dans l’environnement, elles sont à l’origine du « sens commun » partagé entre diverses sources. Les sources dans un système inerte ne produisent pas d’action, elles sont réglées par le principe de moindre action, principe valable en mécanique rationnelle, électrodynamique quantique mais aussi thermodynamique de l’équilibre (voir les travaux de Louis de Broglie) et cosmologie (principe d’action stationnaire). Le principe de moindre action gouverne un monde inerte, obéissant de surcroît à la troisième loi de Newton, alors que les systèmes situés hors de l’équilibre sortent de ce cadre et son capables de créer une action sous forme de structure dans les matériaux. C’est surtout le Vivant qui invente ces actions sous diverses manifestations, la division des premières cellules, la croissance lente des végétaux pouvant atteindre les dizaines de mètres, ou alors la force mécanique des animaux aux tailles impressionnantes, alligator, éléphant, baleine.

 

 8) Le paradigme du doublet source et champ englobe les avancées dans plusieurs sciences, physique, biologie et bientôt, les sciences sociales, sans oublier la métaphysique. Faire varier un champ, c’est envoyer dans l’environnement un signal, recevoir une instruction du champ suppose de recevoir par une interface un signal et l’interpréter, le décoder. Une transformation des savoirs est en marche et se dessine progressivement jusqu’au moment où l’accumulation des observations, des interprétations, des modélisations, engendre une rupture. Ce qui se dessine, c’est l’émergence d’une science des codes et des significations, cette science englobant alors l’ancienne science des mécanismes et des régulations. Des dizaines de scientifiques œuvrent dans le domaine de la biologie sémantique, désignée aussi comme biosémiotique (Kull) ou alors comme biologie des codes (Barbieri http://codebiology.org/). L’étude des codes montrent qu’ils ont été conservés au cours de l’évolution, ce sont des sortes d’invariants, à l’image des bosons qui dans le monde physique, sont les codes permettant aux interactions fondamentales de se transmettre d’un lieu à un autre. Cette biologie des codes permet d’enrichir les réflexions sur les ressorts de l’évolution. Elle s’inscrit résolument dans la voie alternative développée par une diversité de scientifiques, biologistes, évolutionnistes, philosophes des sciences (James Shapiro, Denis Noble https://www.thethirdwayofevolution.com/) De mon côté, j’ai explicité le rôle de l’information et des communications dans les différents mondes, physique, biologiques, sociétaux, avec des hypothèses sur le temps et les émergences (Dugué, 2017 http://www.iste.co.uk/book.php?id=1199 et 2018 http://www.iste.co.uk/book.php?id=1332)

 La nouvelle science sera accompagnée d’une nouvelle vision du monde, de la matière, de la Vie et du cosmos, avec l’homme en position médiane. A la matière mécanique se combine une Matière sémantique, qui communique, un ensemble de sources insérées dans un champ. L’interface sémantique permet de recevoir et d’émettre les signaux devenus des codes. Ces interfaces sont en relation avec vers le cœur de la matière, source de l’encodage, de la mémoire et du décodage. Nous qui sommes en quête du sens de la Vie, nous allons comprendre la vie du Sens, la Vie comme puissance sur terre mais aussi ouverture vers le monde et décodage des situations. L’homme est non seulement un animal parlant et rationnel selon l’énoncé d’Aristote, un producteur selon Hegel, mais aussi un animal sémiotique, qui cherche du sens en cheminant le long de l’existence, qui veut donner du sens à son action, qui espère et se tourne vers l’avenir. Certains prétendent même décoder l’invisible, les dieux, le Dieu, ce qui est caché dans la nature, le cosmos, ou bien enfoui dans l’inconscient. 

 Avec la vie, la matière se met à voir le monde, l’environnement. L’homme est un animal qui voit et cherche à interpréter ce qu’il voit. Seul l’homme est capable de saisir la beauté du monde et de dire qu’un coucher de soleil, une fleur ou un papillon sont de belles « choses ». L’homme peut aussi observer, classer les animaux, les placer dans des ensembles phylogéniques, insectes, mollusques, reptiles, oiseaux, mammifères. Enfin, l’homme est l’animal qui s’efforce de décoder le monde et ce que font et disent ses congénères ; il observe et cherche des formes pouvant être pris comme signes et codes d’un monde qui a été créé ou se crée, ces codes pouvant être interprétés comme les indices d’une intention en œuvre dans l’univers. Ces codes définissent une situation ou alors permettent d’envoyer des instructions si bien que la recherche des codes dans la Nature permet aussi son exploitation, son utilisation, ainsi que le proposèrent deux philosophes décisifs pour la Modernité, Bacon et Descartes. Et pour utiliser la Nature, le plus efficace c’est de la mesurer et d’établir si des régularités gouvernent la série des mesures effectuées, ces régularités devenant alors les lois des modèles représentant la nature.

 

 9) En guise de conclusion, une vue d’ensemble sur la Science et la vision du monde avec la grande controverse en vue. Il est indéniable que la méthode scientifique a produit des résultats en masse mais aussi induit une vision du monde axée autour des interactions, des mécanismes, avec une matière quasiment aveugle. En fait, le Mécanisme est plus une méthode qu’une vision du monde. Pour le théoricien de la biologie Marcello Barbieri, le Mécanisme suppose que la connaissance scientifique est obtenue en construisant des machines qui imitent ce que l’on observe dans la Nature. Et comme l’imitation ne coïncide pas avec l’original, alors les modèles mécanistiques sont forcément incomplets et amenés à évoluer en permanence. Un nouveau challenge émerge avec l’introduction en biologie des concepts d’énergie, d’information, de code et à terme, de significations. Barbieri reconnaît alors la pertinence des recherches effectuées en biosémantique deux décennies, recherche où il fut l’un des principaux acteurs dans ce domaine assumant l’héritage des thèses de Jacob von Uexküll. En revanche, il prend ses distances avec la conception « organiciste », autrement dit non-mécanistique, des processus biosémantiques (Barbieri, 2014).

 Les codes sont associés aux transitions évolutives majeures, ils ne créent pas les disruptions évolutives, mais ils y participent, en les rendant possible, en façonnant un champ favorable à ces évolutions. Par exemple, le code histone a accompagné l’émergence des cellules eucaryotes dont l’ADN est compacté sous forme de nucléosomes et combiné à des protéines pour former la chromatine, mégastructure qui avec la séparation nucléaire, marque une différence colossale avec l’univers des bactéries. Les eucaryotes se sont assemblés pour former les deux grands règnes que nous observons avec nos sens, les végétaux et des animaux.

 Les entités vivantes ou inertes se manifestent comme phénomènes avec des formes, des structures, des signes, des codes. Un code n’est pas une forme anodine ou arbitraire, il est émis lorsqu’il obéit à une intention à l’égard des entités occupant un environnement.

 Les initiés à l’histoire des sciences verront dans ces débats contemporains une reformulation de l’ancienne controverse entre vitalisme et mécanisme héritée du XIXe siècle. Cette controverse mobilise cependant des moyens considérables et une somme de savoir sur les composants du vivant. Le mécanisme est plus complexe et intègre maintenant l’étude des codes et des déchiffrages. Le vitalisme est devenu en partie un sémantisme. La grande controverse concerne les processus de décodage et d’interprétation du vivant. Cette controverse s’explicite avec une question fondamentale, celle de la différence ontologique entre les formes, codes, signes, champs et les sources codantes et sémantiques. Pour le dire autrement, tout n’est-il que mécanismes ou bien faut-il envisager des processus échappant à une description mécanistique ? Dans la seconde option, l’hypothèse de processus physiques non conventionnels doit être envisagée. Ces processus intervenant dans la production des interprétations et s’il y a lieu, d’anticipations et de transformations au niveau le plus profond. Alors que pour le fonctionnement des mécanismes et des transmissions de codes, l’interaction électromagnétique est mobilisée, ainsi que dans les mécanismes électromécaniques observés depuis les bactéries et les cellules ciliées jusqu’aux animaux.

 La nouvelle science n’a pas encore sa méthode mais elle dispose d’une vision, d’une conception des choses dépassant les cadres modernistes. Elle distingue deux pôles, source et champ. Ces deux pôles obéissent à des principes différents. La distinction source et champ est accompagnée d’une différence ontologique, ontophysique, ontosémantique. Les sources ont une mémoire expérientielle, elles codent pour transmettre des instructions, envoyer des signaux pour communiquer et réciproquement mais de manière asymétrique, elles réceptionnent des signaux pris comme codes d’une situation, d’un réel qu’il faut interpréter pour y participer. Les sources sont insérées dans un champ qui représente le lieu où les choses se manifestent comme objets, formes, et envoient des signaux transmis par les interfaces entre sources et champ. La rupture avec la science moderne est affirmée. Il n’y a pas de « continuité physique » stricte entre les sources et les champs, entre le monde manifesté et le monde invisible intériorisé des sources. Le monde de la vie, comme celui de la matière, est le reflet du sujet humain, constitué par une partie externe exprimée, manifeste, et une intériorité cachée, un monde intime, avec une mémoire stratifiée, ordonnée.

 (Persona et anima disait Jung. La différence ontologique a comme conséquence une différence observée dans les expressions contemporaines, à travers les œuvres et les discours. La forme domine, la « com » disent les experts en communication, le contenu tend à disparaître et la forme se fait passer pour du contenu (Dugué, 2017, chap. 3). La communication sert à montrer que l’ego existe, occupe une place, influe, sans se préoccuper de la signification du message et de sa valeur intellective. Cela traduit la perte du sens profond de l’existence, l’occupation du champ sémantique par du bavardage).

 

 La nouvelle science devra expliquer comment fonctionnent les sources, les archétypes, la mémoire, avec quelles règles physiques ou métaphysiques.

 

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 Barbieri, M. From Biosemiotics to Code Biology. Biol Theory 9, 239–249 (2014). https://doi.org/10.1007/s13752-013-0155-6

 

 Barbieri, M. Evolution of the genetic code : The ambiguity-reduction theory, Biosystems, Volume 185, (2019) https://doi.org/10.1016/j.biosystems.2019.104024

 

 Dugué B. Information and the world stage, Wiley, 2017. (Dugué B. ; L’information et la scène du monde, Iste éditions, 2017)

 Dugué B. Time, emergences and communications, Wiley, 2018. (Dugué B. ; Temps, émergences et communications, Iste éditions, 2017)

 

 Dugué, B. Après le SARS-CoV-2, la révolution biosémantique en virologie

https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/apres-le-sars-cov-2-la-revolution-231185

 

 

 Annexe, extrait du discours de Descartes

 

 « Mais, sitôt que j’ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que, commençant à les éprouver en diverses difficultés particulières, j’ai remarqué jusques où elles peuvent conduire, et combien elles diffèrent des principes dont on s’est servi jusques à présent, j’ai cru que je ne pouvois les tenir cachées sans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer autant qu’il est en nous le bien général de tous les hommes : car elles m’ont fait voir qu’il est possible de parvenir à des connoissances qui soient fort utiles à la vie ; et qu’au lieu de cette philosophie spéculative qu’on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connoissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connoissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. » (Descartes, Discours de la méthode, livre VI)



22 réactions


  • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 14 janvier 09:48

    Il serait prudent que vous étudiez la théorie du modèle de l’atome à électrons statiques de Roger Robert avant de vous lancer dans une nouvelle physique.

    https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/une-preuve-de-plus-par-les-filtres-234691#forum6125529


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 14 janvier 10:09

      @Daniel PIGNARD
      Pardon : Que vous étudiiez


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 14 janvier 10:23

      @Daniel PIGNARD Le modèle de Roger Robert est de l’ancienne physique qui ne prend pas en compte la révolution quantique. C’est une théorie régressive, à l’image des épicycles de Ptolémée. Robert ne comprend pas les orbitales. Pourtant, cette compréhension est accessible. J’en donne quelques éléments ici http://www.iste.co.uk/book.php?id=1332
      Sinon, je préfère étudier Dirac, Schrödinger, Pauling


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 14 janvier 10:34

      @Bernard Dugué

      Roger Robert voit dans la physique quantique une des grandes erreurs de la science.


    • robert 14 janvier 11:09

      @Daniel PIGNARD
      Moi j’aime bien les « doutants » et je n’apprécie pas les « croyants »


    • robert 14 janvier 11:10

      @daniel j’ai oublié de citer mes sources : Luc 18 2-6


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 14 janvier 11:22

      @robert
      Vous doutez donc que votre mère est bien votre mère et pour votre père itou.
      Et pour toutes les lois physiques que vous n’avez pas personnellement expérimentées itou.
      La lune autour de la terre ? Oui ou non ?
      La théorie de l’évolution ? Oui ou non ?


    • robert 14 janvier 11:43

      @daniel j’ai oublié de citer mes sources : Luc 18 2-6
      la theorie de l’evolution est surement correcte mais comporte des lacunes, comme on dit « des trous dans la raquette »


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 14 janvier 11:53

      @robert
      Citez-nous une ou deux choses propre à l’évolution qui soit recevable à vos yeux.


  • Jean Keim Jean Keim 14 janvier 10:00

    << Le silex, l’écriture, le fer, la roue, la catapulte, le char, l’épée, la flèche, la liste est interminable.,, >>

    8 exemples d’inventions, 4 sont (devenues) des armes, que dire de plus, il n’y a probablement pas de disciplines scientifiques qui ont échappé à l’économie de guerre.

    La pensée est devenue la chose la plus importante au monde, de simple outil pratique elle est devenue abstraite et spéculative, la morale remplace la vertu, la religion asphyxie la spiritualité, le plaisir étouffe le bonheur, les philosophes ergotent, les idéologies occupent toute la place, la psychanalyse se pense être une science, la science est scientiste, l’actualité le prouve tous les jours, mais personne ou si peu ne s’en émeut.


    • Arogavox Arogavox 14 janvier 14:06

      @Jean Keim
      « Personne ou si peu ne s’en émeut » ? !

      bis repetita : 
      Les fondements de la politique jupiterieuse se résument factuellement à des flux d’injections et de déjections !

      Avons-nous encore le droit d’espérer que cette dérive ne reflète pas les fondements culturels de toute la ou toutes les générations auxquelles appartiennent nos actuels ’Représentants’ français ?!

      Car ces orgueilleux commettent autant un contre-sens profond sur la notion de pouvoir politique, que sur la notion de science.

      Comment ne pas s’effarer du risque qu’ils aient ’pédagogisé’ ces contre-sens aux générations suivantes ?! Ils n’ont pas (encore ?) compris que la notion d’Intérêt Général ne peut être envisagée qu’après celle de Volonté Générale, dont elle ne peut que dépendre ! Voilà pour le contre-sens politique.

      La Science (supposée savoir calculer un Intérêt Général ?!) ne peut par ailleurs, en aucun cas, prétendre se fonder sur une éthique ou une morale, dans un absolu décrété de façon arbitraire par ... qui ?


      Cette double nullité (voire noyade négative) sur le plan politique autant que ’scientifique’ ne con-duit qu’à une irresponsabilité indigne, huée heureusement par une proportion grandissante de ’Gaulois réfractaires’ !


  • Decouz 14 janvier 10:01

    Dans la conception moderne de la science, et malgré les évolutions récentes, il y a un passage brusque entre ce qui est du domaine de la loi et ce qui est du domaine des évènements, il y a les lois explicatives (elle sont dans la science moderne « ancienne » linéaires et segmentées, elles ne visent pas à unir le sujet et l’objet), et il y a les phénomènes, ce qui est du psychisme est rarement pris en compte dans une interréaction avec le réel « objectif ».

    Or dans la cosmologie traditionnelle il n’y a pas deux mondes, du moins pas systématiquement, celui des principes spirituels et celui des faits matériels, mais trois, avec au centre un monde intermédiaire qui correspond pour le cosmos à ce qu’est le psychisme pour l’homme.

    Maintenant les évolutions récentes suggèrent même si c’est timidement, que le monde n’est pas uniquement un objet posé que l’on regarde froidement, mais que c’est aussi le monde que nous façonnons ou que nous traduisons avec nos instruments, codes et langues divers.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 14 janvier 10:29

      @Decouz La conception monadologique tend à revenir, avec en science de la vie : Barbieri reconnaît alors la pertinence des recherches effectuées en biosémantique deux décennies, recherche où il fut l’un des principaux acteurs dans ce domaine assumant l’héritage des thèses de Jacob von Uexküll. En revanche, il prend ses distances avec la conception « organiciste », autrement dit non-mécanistique, des processus biosémantiques (Barbieri, 2014).

      La matière est faite de formes et d’énergie
      Les cosmologies traditionnelles sont trop nombreuses pour être discutées. La plupart reconnaissent deux réalités, menok et getik dans la gnose ismaélienne, sensible et intelligible chez Platon, purusha et pratriki dans le Vedanta etc. 


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 14 janvier 10:35

      @Bernard Dugué
      correctif de la coquille : lire

      Prakriti

    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 14 janvier 11:02

      @Bernard Dugué

      «  Qui est causée par l’âcreté des humeurs engendrées dans la concavité du diaphragme, il arrive que ces vapeurs…Ossabandus, nequeis, nequer, potarium, quipsa milus. Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette » nous expliquait déjà « Le médecin malgré lui ».


  • Djam Djam 14 janvier 12:33

    @Bernard 

    « L’homme est la seule espèce capable d’inventer et de façonner des outils pour un usage technique précis et efficace »

    Ben je crois bien que non il n’est pas le seul... la science, précisément, n’a-t-elle pas constaté depuis des années déjà que pas mal d’animaux que nous croyions sans intelligence créative savaient fabriquer des « outils » pratiques, précis et surtout efficaces ?

    Les corbeaux, les poulpes « ouvreurs de couvercle », les chimpazés joueurs sur écran et autres ingéniosités animales inattendues ne sont, certes, pas de la fission nucléaire ni de l’information sur ondes portées, mais peut-on imaginer que la « science moderne » soit l’unique moyen de rendre les gens heureux ou du moins moins malheureux ? 

    A quoi sert une science doublée d’une technologie omnipotente qui accouche d’une évidente aliénation généralisée, de masses dépressives en dépit de tous les conforts modernes et technologiques ?

    A quoi pourra bien servir une « nouvelle science » dans un monde d’esprits majoritairement hémiplégiques (essentiellement rationnels, technos, matérialistes, conceptuels, abstraits, mathématiques) ? La vie est-elle vraiment réductible à un ensemble d’équations fussent-elles de plus en plus nano-dimensionnées ?

    Malheureusement, en dépit des discours très tendances depuis, curieusement, l’ère du covidisme perpétuel, la science ne nous apportera ni le bonheur et encore moins l’immortalité... dommage pour le délirant Laurent Alexandre smiley

    Bien sûr, il ne m’a pas échappé que vous étiez, cher Bernard, passionné par la notion de science et vos articles sont toujours fort précis et captivants pour qui aime comprendre. Mais de vous à moi, n’est-ce pas devenu une religion ?

    Merci pour vos apports et bonne poursuite de recherche smiley


  • Yann Esteveny 14 janvier 13:06

    Message à tous,

    Comme beaucoup, je n’ai pas lu cet article interminable. Un passage mérite une lecture attentive : "La communication sert à montrer que l’ego existe, occupe une place, influe, sans se préoccuper de la signification du message et de sa valeur intellective. Cela traduit la perte du sens profond de l’existence, l’occupation du champ sémantique par du bavardage "

    C’est très bien formulé. La communication peut facilement devenir une pollution et Agoravox est une synthèse intéressante de ce phénomène.


  • PascalDemoriane 15 janvier 11:26

    Ayant lu attentivement trois fois ce panorama stimulant d’introduction à l’idée d’une « nouvelle science », lecture riche qui va demander à ma modeste culture maintes recherches de clarification,
    et sans prétendre en avoir compris l’inspiration ni le détail des étapes, sans prétendre en faire la moindre critique, non, il n’en reste pas moins ceci :

    J’ai l’impression que l’auteur y enfonce une porte ouverte, réinvente un déjà là en concluant sur ce qui en aurait pu en être le point de départ : que toute pensée, toute intellection codifiée et codifiante est fondée sur la dualité, en part et y revient irrépressiblement, ici avec la dualité source et champs. Mais c’est ma lecture.

    Je cite : « La nouvelle science n’a pas encore sa méthode mais elle dispose d’une vision, [...]. Elle distingue deux pôles, source et champ […]. Le monde de la vie, comme celui de la matière, est le reflet du sujet humain, constitué [1.] par une partie externe exprimée, manifeste, et [2.] une intériorité cachée, un monde intime, avec une mémoire stratifiée, ordonnée. »

    Donc retour à la dualité, au duel classique sujet-objet et à ses mille instances (statique-dynamique, structure-fonction, matière-énergie, signifiant-signifié, etc...), au risque de re-commettre ce que j’appelle « l’erreur transitoire de Descartes » qui s’imagine être (ergo ego sum) parce qu’il pense alors qu’on peut renverser l’expression à 180° en proposant l’hypothèse méthodique que ce moi codifiant subjectif référentiel ne serait qu’une instance instable pré-pensée du Tout cosmique, du milieu, qui seul penserait, seul ferait automouvement auto-référentiel de lui-même. Cogitamus ergo summus (personne ne pouvant « penser individuellement par lui-même », ni « être par lui-même » !). Proposition qui résout bien plus de problèmes en physique, en biologie comme en sciences humaines qu’elle ne semble en poser.

    J’y travaille, je ne pense donc rien, sinon qu’il serait temps et urgent pour faire science nouvelle de repenser en commun à fond que oui, tendanciellement « La communication sert [juste] à montrer que l’ego existe, […] sans se préoccuper de la signification […] et de sa valeur intellective. » parce qu’en fait, tout bien observé, le langage commun nous fait toujours plus parler, bavarder, beaucoup plus que nous ne croyons le faire de nous même sur nous-même, l’intellection consciente n’étant surtout qu’un jeu vertigineux de métaphores ou de métonymies impensées, imbriquées, fabriquées. C’est sans doute pour échapper à cela que les mathématiques s’imposent comme seul langage tendanciellement a-subjectif.
    Affaire à suivre.


    • Ecométa Ecométa 15 janvier 18:34

      @PascalDemoriane

      Je partage entièrement votre point de vue sur le « dualisme cartésien » qui n’apporte rien ,car ce n’est pas la, réalité de la nature ; celui de l’esprit scientifique certes , qui est en totale négation de la Nature et des états de nature !

      Totalement indépassable, c’est la raison qui fait la logique, qui, elle-même, fait le savoir qui fait la culture, qui, elle-même, fait la civilisation dans laquelle nous vivons ; et, à raison et logique paranoïaque et schizophrénique : savoir, culture et civilisation forcément paranoïaque et schizophrénique !

      Pour ma part il y a trois façon de raisonner : la première, la deuxième te la troisième ; ouf jusque là je suis cohérent ! 

      •  Raisonner par le « un » C’est le « dogmatisme » et l’on y trouve la « religion » et la « science » ! Pour la religion pas besoin d’explication ! Pour la science, avec « l’individualisme méthodologique », méthode de la science, qui confine à l« épiphénoménologie, à la chose pour la chose ; cette méthodologie consiste à raisonner par le »un« 
      • Raisonner par le »deux«  :on est dans la »dichotomie« sans nul doute veille résurgence de l’antédiluvienne lutte entre le bien et le mal ! Tout s’oppose quand tout collabore (principe cognitif de Pascal). Il y a aussi le »tiers exclus des mathématiques« tellement pratique pour éluder la complexité ! 
      • Raisonner par le trois ou plus  : l’ouverture d’esprit au stricte opposé deux premiers ! Tout est en interaction complexe et dynamique : aucune chose, rien absolument rien n’existe par lui-même et pour lui-même. Tout est lié par un lien .... »écosystémique« qui lie les plus proches comme les plus éloignées : tout s’entretient, tout participe, et tout collabore ! 

      Actuellement la science et son corollaire la technoscience ne sont pas dans l’ouverture d’esprit : elles entendent modifier l’HUMAIN trop complexe... inadapté au »rationalisme« de l’artificiel qui convient mieux !

      La science et la technoscience, plus excarnent le »scientisme, et le « technoscientisme », qui sont en totale négation de la « Nature » et des « états de nature » ; du moins les tenants et aboutissants ploutocrates du scientisme et du technoscientisme, tout ce petit monde de l’affairisme, entend bien nous envoyer tout droit vers le « transhumanisme » et la fin de l’Humanité ! 

       


  • Ecométa Ecométa 15 janvier 17:56

    Il faudrait déjà tenir comte du « principe cognitif »de Pascal, quasi contemporain de Descartes et tellement plus intuitif sur la nature des choses !Aussi des « acquits intellectuels du 20 è siècle » issus de la physique quantique !

    Interroger Google sur ces deux sujets : vous ne trouverez rien !

    C’est que c’est donc une très bonne voie !

    Pour moi Pascal avait tout compris de la complexité des chose quand Descartes cherchait encore et encore sans jamais avoir trouver et compris de cette complexité. D’ailleurs, après le chantier de la science, chantier permanent, puit sans fond, il a ouvert celui de la « morale provisoire » qu’il n’a pu ou su concrétiser !

    "Werner Heisenberg, un des pères et pairs de la physique quantique, s’exprimant au sujet de la vision cartésienne du monde, écrivait au cours des années 50 dans un livre, intitulé « Physique et philosophie », que « la limitation cartésienne a profondément pénétré l’esprit humain durant les trois derniers siècles qui ont suivi Descartes et, il faudra longtemps avant qu’elle ne soit remplacée par une attitude vraiment différente à l’égard du problème de la réalité. »

    Il conviendrait déjà de déterminer : qu’est-ce que la science ? 

    Faire le point : 

    C’est un savoir ; un ensemble de savoirs qui doivent se tenir : être dans l’entendement !

    Mais savoir pour faire quoi ? 

    Pour réellement bien comprendre, en termes d’entendement, de bonne intelligence, de « bon sens », d’un sens commun accessible et acceptable à tout un chacun ; ou en termes de « dogmatisme », technoscientiste, religieux… afin de mieux tout manipuler  ?

    Il nous fallait, selon Descartes, nous rendre maître et possesseur de la Nature et des états de nature, les posséder… quelle arrogance (on retrouve la même arrogance dans la religion) ; c’est ainsi que nous avons développé un savoir en totale négation de la Nature et des états de nature dont notre propre nature humaine !

    C’est une évidence, rationalisme oblige, du « ratio » des mathématique, paroxysme de rationalité, et non raison raisonnable ; aussi individualisme méthodologique de la science cartésienne oblige ; tout ceci étant, nous avons développé une civilisation de la chose pour la chose et de la chose imbécile.

    Epiphénoménologique dans ses approches, paroxysmique dans ses applications, nous avons développé une civilisation paroxysmique et nous abusons tout  ; pour preuve tous ces mots en « isme » qui ont fleuris depuis deux siècles, qui sont comme autant de paroxysme : libéralisme paroxysme de liberté, nationalisme paroxysme de nationalité, économisme, libre-échangisme, capitalisme, financiarisme, rationalisme… 

    C’est simple, on pourrait même dire simpliste, mais pour notre époque moderne au modernisme, celle du changement pour le changement, véritable paroxysme de modernité et plus simple modernité, la science est devenue générique de savoir et du « SAVOIR » et, il n’y aurait plus de « Savoir » comme d’ailleurs de « valeurs », même de « PRINCIPES », que de nature scientifique et technique… c’est ce qu’on appelle l’humanisme qui nous envoie droit vers le transhumanisme et la fin du principe d’humanité et donc de l’Humanité ! Au diable l’Ontologie, la Déontologie, l’Ethique et l’Altérité : tous ces acquits intellectuels humains ! Renvoyée, aux calendes grecques et aux oubliettes de l’histoire, la « métaphysique », cette « épistémologie » première philosophie et première interrogation sensée qui sortait l’humain de l’état de pure croyance religieuse.

    Une question se pose : sommes-nous plus intelligent avec notre pléthore de savoirs technoscientifiques ? Non, il semblerait que non  ; il semblerait même que nous soyons toujours au fond de la caverne avec les ombres qui s’agitent car toujours aussi ignorant de la « Nature », comme des «  états de nature » qui ont émergés, dont la nature humaine : nous sommes de plus en plus ignorant de l’humain et du principe d’humanité ! Ou encore au fond de la taverne de Bacchus ivre de scientisme et de technoscientisme ; de ce positivisme « comtien » du comment sans le pourquoi ? Du « comme si que » ! Peu importe la nature changeons-là scientifiquement et que vive le « transhumanisme  » !

    Il ne s’agit pas d’être contre la science et la technique, qui sont utiles et nécessaires à l’humain et à l’Humanité, mais de les civiliser, non pas exclusivement en termes d’un rationalisme humaniste voué à un technoscientisme dogmatique, mais en fonction du "principe d’humanité" : des concepts d’Ontologie, de Déontologie, d’Éthique et d’Altérité !

    Deux éléments seraient utiles à notre compréhension et ensuite à nos actions. Il s’agit, en premier du principe cognitif de Pascal : « Toutes choses étant causées et causantes, constituées et constituantes, englobées et englobantes et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens pour impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties ». Pascal préfigurait l’écologie par ce « lien écosystémique » qu’il évoquait, et même la physique quantique, par la complexité, qu’il entrevoyait, ceci, en lieu et place de la simplification au simplisme, le tout division, souhaité par Descartes,

    Les acquits intellectuels du 20 è siècle ? Qui, dans cette époque de fuite en avant rationalo économico technoscientiste, totalement paranoïaque et schizophrénique ; qui se soucie de ce nouveau savoir, de ces acquits intellectuels, combien lucides, éclairés, issus de la nouvelle physique, la quantique ? Des acquits intellectuels qui bientôt auront un siècle, et qui limitent la connaissance, tant dans le domaine du « raisonnement  » avec le « théorème d’incomplétude » de Gödel et Chaitin, ou le « théorème d’incertitude » d‘Heisenberg, que dans celui de « l’action » avec le « théorème d’impossibilité » d’Arrow ! Il y aurait ainsi une impossibilité de poser un algorithme d’optimisation dans les problèmes humains car la recherche de l’optimisation dépasse toute puissance de recherche disponible et rend finalement non optimale, voire pessimale, la recherche d’un optimum. On est ainsi amené à une nouvelle incertitude entre la recherche du plus grand bien et celle du moindre mal.

    À l’impossibilité de la perfection ! La perfection que recherche la science, du moins celle scientiste, est impossible dans un monde complexe, qu’il soit « physique », « métaphysique » ou « artificiel », car cette perfection serait le signe de la fin : d’un écroulement ! La seule possibilité, dans un monde complexe, c’est l’entendement : l’écosystémie ! 

    Ce savoir doit être « métaécosystémique » ! 

    La science ou son corolaire la technoscience qui font que l’humain scie la branche sur laquelle, il s’assied, qui n’accepte pas le « tel quel », une « réalité fondamentale »

    est une science imbécile qui sonne le glas de l’HUMANITE ! 

    Nous sommes hélas bien parti pour la fin de l’Humanité ! 


  • EL Yagoubi 15 janvier 22:18

    Bonjour et meilleurs vœux ;

    J’ai lu attentivement le texte de Bernard Dugué dans lequel des idées puissantes font surface dans une régularité signifiante. Bien que le projet d’une école pour une Nouvelle Science soit le démarreur qui ouvre vers une vision articulée dont le paradigme doublet source et champ constitue un renversement de perspectives, l’idée de l’école risque de susciter des interrogations sur le principe de l’autonomie du projet. Je préfère à la place de l’école, l’idée de l’espace pour dissiper des malentendus et le risque d’institutionnalisation à l’instar de ce qui se passe ailleurs. Si je peux dire un mot sur ce projet, je n’hésiterai pas à reconnaître qu’il répond à une référence manquante dans les champs des savoirs scientifiques surtout dans les sciences de l’homme ou humaines : Le sens et la signification.

    Une initiative qui mérite un renforcement et du carburant non polluant.


  • jefresi 16 janvier 22:44

    En fait, comme semble l’insinuer l’auteur de l’article, le projet de l’école de la "nouvelle science" consisterait à insérer une main invisible entre "la source et le champ" ou, autrement dit, entre « le vide et la matière » base de la quantique. Dit d’une autre façon, la main invisible d’Adam Smith, par exemple, s’insérerait entre l’usine et le marché, la nouvelle offre scientifique.

    Bienvenue à l’école !

    Cette école ne ferait que reprendre les vieilles prétentions de la cléricaillerie toujours aux abois pour restaurer le Saint Esprit dans la matière vidée de son sens. Cette « nouvelle science » arrivera certainement à faire rendre gorge à Galilée son reniement voire à remettre au travail Descartes à étudier le tout avant les parties, ou le Dieu des étagères à bigots avant la matérialité de ce cruel et bas monde. A l’exemple d’aujourd’hui une science destructive arrive à prétendre anéantir un virus à coup d’injections répétées de toxines morbides à des milliards d’êtres humains.

    Bienvenue dans la nouvelle science !


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